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Livres 2011

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tous les livres depuis 2013

Ils ne m’auront pas

 

Titre complet : Ils ne m’auront pas. Capture, travail forcé, évasion d’un prisonnier français durant la Seconde Guerre mondiale (juin 1940-février 1942)

Livre de Jean Hélion

Le peintre Jean Hélion (1904-1987), engagé dès la fin des années 1920 dans la non-figuration, prit une part active aux mouvements Art concret (1930) et Abstraction-Création (1932-1934), puis il s’installa en Virginie (USA) où il amorça un retour vers le réalisme pictural, interrompu par la Seconde Guerre mondiale. Son rapatriement volontaire en France en janvier 1940 pour com­battre les troupes allemandes, la débâcle et la capture de sa compagnie à l’heure de l’armistice, son internement dans un camp de prisonniers à Orléans, le travail forcé dans un Kommando agricole de Poméranie, son action décisive en tant qu’« homme de confiance » sur le Nordenham, un bateau-prison du port de Stettin, son évasion d’Allemagne le 17 février 1942 et son difficile retour vers Paris occupé forment la trame de They Shall Not Have Me (Ils ne m’auront pas). Rédigé pendant l’hiver 1942-1943, ce texte est resté inédit en français jusqu’à aujourd’hui. Rares sont les témoignages à la fois littéraires et réalistes sur la rude vie quotidienne des prisonniers de guerre français en Stalag. Encore plus rares sont ceux qui ont été écrits à chaud, pour soutenir la France libre en exil et l’effort de guerre américain. Dans cette perspective, il fallait que le récit de Hélion demeurât au plus près des choses vues en tant qu’artiste, et subies en tant qu’homme : « À mon arrivée par une nuit glaciale, des mois auparavant – ou plutôt des siècles – le bateau sentait le vernis et le bois neuf. Il dégageait maintenant une odeur de corps mal lavés, de fromages pourrissant dans des cartons et de tout ce que les vêtements avaient absorbé dans les tunnels, les ateliers ou les quais : charbon, fuel, goudron, engrais. / Les ampoules au carbone éclairaient de moins en moins bien. On devinait, plutôt qu’on ne voyait, les étranges constructions faites de cordes, de bâches, de papiers, de caisses démontées, de vieux cartons qui envahissaient le bateau comme des toiles d’araignées, mais avec fantaisie. Les étroits passages entre les châlits étaient devenus impraticables. / De temps en temps, l’officier de con­trôle piquait une colère et ordonnait le démontage du tout. Mais les échafaudages baroques, les crochets et les paravents repoussaient irrésistiblement. Ils répondaient à un besoin de rangement des vêtements et de la nourriture, mais plus encore à un besoin psychologique. Plus que jamais, uniformité signifiait soumission. Grâce à ses installations bizarres, entre paillasse et plafond, le prisonnier pouvait se persuader qu’il préservait sa précieuse individualité. »

Jean Hélion revint vivre à Paris en 1946 et peignit alors de grandes compositions allégoriques, révélant cette « figure du monde » dont son expérience de la guerre a été le catalyseur, sinon la clef.

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Deux pères juifs

 

Livre de Catherine Francblin 

Deux pères juifs est un récit autobiographique qui évoque l'enfance de l'auteure, confrontée à l'absence de son père, disparu dans la Shoah quelques semaines avant sa naissance. Doté de remarquables qualités littéraires, le texte mêle habilement, en un va-et-vient permanent, le récit personnel et l'histoire collective. Élevée par une mère réfugiée dans le silence et un beau-père, rescapé d'Auschwitz, qui aspire à aller de l'avant, l'enfant ne trouve aucune réponse à ses interrogations sur le drame vécu par les siens. Bien des années plus tard, les écrits des historiens et des témoins du génocide viennent emplir ce vide. Ils alimentent un besoin de savoir inassouvi dont la violence sous-tend l'écriture de ce livre, composant une chronique du martyre bouleversante qui s'agrippe au lecteur de toutes parts pour ne plus le lâcher. Profondément originale tant par la position de l'auteure « entre deux pères » que par sa quête des traces de son histoire intime à la lumière des faits et événements relevant de la grande Histoire, la démarche de Catherine Francblin interpelle chacun avec vigueur. Son rappel détaillé, martelé, de la barbarie nazie a valeur de mise en garde dans un monde au sein duquel le travail de civilisation s'avère sans fin.

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fragments d'exil - Les Carnets D’un émigré (1914-1946)

 

Livre d'Alain Sobel

Le chemin de l'exil dans l'Europe en lambeaux des années 20, débute pour Maurice Gros dans les collines de Transylvanie et traverse un empire Austro-Hongrois démembré après la défaite. L'émigration est la seule réponse possible au chambardement politique et social, empreint d'antisémitisme. A Paris, le jeune émigré, qui se croyait conquérant, affronte la solitude, la langue nouvelle, l'étrangeté d'être un intrus dans la cité, sans racines, sans histoire, sans culture commune. Les difficultés des études et de la vie quotidienne éphémère sont les premières épreuves de l'exil parfois suspendu par la rencontre de photojournalistes géniaux, presque tous juifs hongrois.  Jeune médecin, Maurice Gros raconte avec étonnement les évènements politiques majeurs, également commentés par les prévisions apocalyptiques de Joseph Roth qu'il écoute, fasciné. L'émigration c'est la précarité et le travail sans répit. Mais aussi l'expérience de la xénophobie et de l'antisémitisme, les changements de noms et l'intégration progressive qui fait de l'étudiant solitaire le chef de famille à l'identité changeante. Tout est à refaire pendant la deuxième guerre mondiale et l'Occupation qui transforment l'homme mûr et enfin enraciné, en un réfugié à nouveau méprisé et menacé. L'émotion et le lyrisme sont constamment maîtrisés dans ce récit précis et efficace où les compromis successifs sont des conditions indispensables au combat acharné pour survivre. A chaque tourmente, répond une « salve d'avenir », une résistance nouvelle.

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Retour à Lemberg

 

Livre de Philippe Sands

Invité à donner une conférence en Ukraine dans la ville de Lviv, autrefois Lemberg, Philippe Sands, avocat international réputé, découvre une série de coïncidences historiques qui le conduiront de Lemberg à Nuremberg, des secrets de sa famille à l’histoire universelle.

C’est à Lemberg que Leon Buchholz, son grand-père, passe son enfance avant de fuir, échappant ainsi à l’Holocauste qui décima sa famille ; c’est là que Hersch Lauterpacht et Raphael Lemkin, deux juristes juifs qui jouèrent un rôle déterminant lors du procès de Nuremberg et auxquels nous devons les concepts de « crime contre l’humanité » et de « génocide », étudient le droit dans l’entre-deux guerres.

C’est là enfin que Hans Frank, haut dignitaire nazi, annonce, en 1942, alors qu’il est Gouverneur général de Pologne, la mise en place de la « Solution finale » qui condamna à la mort des millions de Juifs. Parmi eux, les familles Lauterpacht, Lemkin et Buchholz.

Philippe Sands transcende les genres dans cet extraordinaire témoignage où s’entrecroisent enquête palpitante et méditation profonde sur le pouvoir de la mémoire.

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Poser le Sac - Journal de Grève Cheminot 1995

 

Livre de Christian Verrier

Poser le sac est un journal tenu par un conducteur de train lors de la grève SNCF de 1995, qui s'est propagée à de nombreux secteurs de l'activité économique et des services publics français. Relatant la grève au jour le jour dans la plus grande gare d'Europe, la gare du Nord, il donne à suivre une lutte dans l'instant présent, qui débute, s'intensifie, gagne son combat, puis décline. C'est l'occasion de constater combien le présent et le passé social peuvent s'entremêler avec le souvenir de grandes grèves d'hier comme celle de 1986 dans la même gare. Combien également l'action revendicative rapproche des univers sociaux éloignés, qui peuvent se rencontrer le temps de quelques semaines de mise entre parenthèses du quotidien habituel. Ce texte est un exemple de « journal d'intensité » qui capte les moments forts d'une « période chaude »

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Leurs enfants après eux

 

Livre de Nicolas Mathieu

Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l'Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour mer l'ennui, il décide de voler un canoë et d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sen le drame de la vie qui commence. Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d'une vallée, d'une époque, de l'adolescence, le récit politique d'une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l'entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d'Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.

La mâove de Coutances

 

Livre de Marie-Françoise Lecourt

Lorsqu’Adrien naît en 1917 à Coutances, son père est à la guerre et sa mère cherche du réconfort dans la prière. Adrien va grandir dans cette petite ville manchoise où l’attend une voie qui semble toute tracée, fidèle à l’éducation chrétienne qu’on lui inculque et dont il est fier. Mais Adrien, sans toutefois la renier, ne la suivra pas. Il mènera sa propre vie. Le cours Germain, le vélo, le ping-pong. La guerre et l’Occupation, puis la vie qui reprend. La vie de famille et ses joies, ses silences et ses effondrements. Adrien marchera sur sa propre route, guidé par ses valeurs de paix et de justice, son engagement social passera avant tout le reste.

Des dizaines d’années après sa disparition, sa fille tente de comprendre par quels chemins il est passé. Elle le cherche dans les rues de Coutances et aux alentours avec le vif désir de recouvrir de mots les kilomètres de silence sur lesquels il l’a laissée marcher, de lutter contre la disparition de sa trace, d’effleurer le mystère d’une vie.

Elle le fait, une mouette à ses côtés. Selon ceux qui n’osent en parler, cet oiseau, que certains appellent mâove, porte en lui l’âme des disparus.

Mais que reste-t-il d’un être qui n’est plus ? Coutances se souvient-elle de lui ?

[La presse en parle]

Quinze voyages de Varsovie à Londres, 1940-1945

 

Livre de Jasia Reichardt

Jasia Reichardt a six ans quand la guerre éclate et bouleverse l'heureuse vie familiale. Préservée puis séparée des siens restés dans le ghetto de Varsovie, elle dut s'adapter à toutes sortes de situations.

Cinquante ans après, elle parvient enfin à lire les lettres de sa mère (assassinée à Treblinka) et de sa grand-mère (suicidée à Otwock) adressées à sa tante, Franciszka Themerson, qui suivit le gouvernement polonais en exil.

L'auteure mêle ses mots de petite fille et d'adulte pour évoquer les événements et l'odyssée initiatique qui lui font quitter un monde pour un autre, la mort pour la vie, la sienne et celle des êtres chers, autour de lettres, d'images et de souvenirs. Défilent ainsi visages et lieux, résonnent les voix, de Varsovie à Londres.

Le langage inclusif : pourquoi ? comment ?

 

Livre d'Eliane Viennot

La violente polémique surgie en France à l'automne 2017 autour de “l’écriture inclusive” a conduit Eliane Viennot à élargir la question au “langage inclusif”. Intervenue à de multiples reprises dans les débats qui ont opposé les “puristes” aux progressistes, l'autrice de Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin ! expose dans ce petit guide les bonnes raisons de débarrasser la langue des normes et des règles masculinistes pour dire et écrire un monde où chacun·e aurait sa place, à égalité. Les outils qui le permettent existent : il suffit de les redécouvrir pour suivre, en toute simplicité, les logiques du français, avec l'inventivité que permet aussi sa souplesse. L'acccord de proximité, les féminins des noms de fonctions, le point milieu, la création de néologismes opportuns, le choix de réserver le mot “homme” au mâle de l'espèce et de parler désormais de “Droits humains”, sont autant de moyens détaillés dans ces pages, à la portée de toustes.

« On ne nait pas femme, on la devient. » Telle est la phrase que Simone de Beauvoir aurait écrite si, fille de l’école, elle n’avait assimilé les règles concoctées depuis le xviie siècle pour donner au « genre le plus noble » la place qu’il occupe aujourd’hui dans la langue française.

Contestée dès l’origine, longtemps négligée, finalement imposée par des institutions puissantes, cette entreprise a commencé d’être démantelée dans les pays francophones depuis une quarantaine d’années. D’une controverse à l’autre – et elles sont particulièrement vives en France – la démasculinisation du français a déjà fait des progrès notables, avec l’abandon progressif des noms masculins appliqués aux femmes occupant des fonctions prestigieuses.

Ce travail se poursuit désormais plus largement avec le langage inclusif, qui intègre des exigences propres au temps présent : celles de pays résolument décidés à réaliser l’égalité entre tous les êtres humains. Ce guide donne à la fois les bonnes raisons que nous avons d’approfondir cet effort, et les moyens simples qui sont à notre portée pour le soutenir.

La marcheuse

 

Livre de Samar Yazbek

Rima aime les livres, surtout Le Petit Prince et Alice au pays des merveilles, le dessin et… marcher. La jeune fille, qui ne parle pas, souffre d’une étrange maladie : ses jambes fonctionnent indépendamment de sa volonté, dès qu’elle se met à marcher elle ne peut plus s’arrêter.
Un jour d’août 2013, alors qu’elle traverse Damas en bus, un soldat ouvre le feu à un check-point. Sa mère succombe sous les balles et Rima, blessée, est emmenée dans un hôpital pénitencier avant que son frère ne la conduise dans la zone assiégée de la Ghouta. Et c’est là, dans cet enfer sur terre, que Rima écrit son histoire.
À travers la déambulation vive et poétique de cette adolescente singulière dans l’horreur de la guerre, Samar Yazbek continue son combat pour exposer aux yeux du monde la souffrance du peuple syrien.

[Une rencontre avec l'auteure aux "BOUILLONS" d'Angers le 27/09/2018]

LaMarcheuseLaMarcheuse [115 Kb]

Imbibé de leur sang, gravé de leurs noms ...

 

Titre complet : Imbibé de leur sang, gravé de leurs noms - Témoignage d’un survivant du génocide des Tutsi du Rwanda

Livre de Philibert Muzima

Mon père fut emprisonné, torturé et exilé au début des années 60. À son retour au pays, il a vécu dans la peur et l’injustice. En octobre 1990, encore la prison, puis il est tué en avril 94. Mon père est ainsi mort assassiné, avec ma mère, mes quatre sœurs et mes deux frères. Pour quel crime ? Être Tutsi. Ils sont victimes d’un génocide contre les Tutsi du Rwanda. Le Tutsicide.

Je survis quant à moi à la décapitation, deux coups de machettes m’ayant fracturé l’os du crâne. Je me vide de mon sang, mais je cours quand même.

Un militaire tire sur moi à l’arme automatique sans m’atteindre. Je m’engage encore dans une course contre la mort. Une meute de Hutu me pourchasse comme un gibier. Ils mettent le feu au buisson qui me cache. Il ne brûle pas. Ils déchaînent alors des chiens entrainés à la chasse pour qu’ils me débusquent et me dévorent. Rien n’est fait. Ils passent la forêt au peigne fin. Ils sont décidés à en finir avec moi, une fois pour toutes.

Des cadavres jonchent les rues…

[Note de lecture sur le site "Entre les lignes, entre les mots"]

[Une interview de l'auteur]

George Orwell, écrivain des gens ordinaires

 

Livre de Kevin Boucaud-Victoire
... cet « homme presque génial », comme le qualifiait son principal biographe Bernard Crick, échappe aux étiquettes politiques communément admises. … Dans un format court et dense, s'appuyant sur des biographies qui ont fait autorité, l'auteur livre une approche rafraichissante à rebours des interprétations biaisées, faisant tour à tour d'Orwell un conservateur patenté et un socialiste dans les rangs.

My absolute darling

 

Livre de Gabriel Tallent

À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie. My Absolute Darling a été le livre phénomène de l’année 2017 aux États-Unis. Ce roman inoubliable sur le combat d’une jeune fille pour devenir elle-même et sauver son âme marque la naissance d’un nouvel auteur au talent prodigieux. 

[Lire la note de lecture de Florence sur le site LES LISEUSES DE BORDEAUX]

Insoumises

 

Livre de Conceição Evaristo

Treize histoires, treize femmes dans un portrait magistral de la « sororité noire », la fraternité entre femmes noires.

Fil directeur de ces portraits pleins d’empathie : une narratrice en visite, qui toque aux portes pour écouter des histoires. Elle rencontre ces femmes qui acceptent de se conter et de se confier, librement, parfois pour la première fois. Et nous découvrons Shirley, Régina, Maria… Aux prises avec leurs rêves, angoisses, sexualités, défis et amours…

La résignation ne trouve aucune place dans les vies de ces femmes : elles résistent, insoumises aux pressions et aux agressions du racisme, du sexisme et des conventions sociales d’une société encore patriarcale.

Sur France Culture, le 26 juin 2018

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Le bracelet

 

Livre d'Andrea Maria SCHENKEL

Munich, 1938. Le petit Carl Schwarz doit quitter l’Allemagne avec ses parents et sa sœur. Sa mère est catholique, mais le pays est devenu trop dangereux pour son père juif. La famille déniche des billets de bateau pour Shanghai via Gênes, mais au dernier moment le père décide de rester à quai. Lui qui a défendu son pays dans les tranchées de la Première Guerre mondiale ne peut pas croire que l’Allemagne s’en prenne à sa personne.
Au même moment, une jeune fille tombée enceinte d’un soldat sans être mariée est envoyée chez sa tante, faiseuse d’anges ; celle-ci s’occupe d’elle et la recueille. Une femme du monde qui a eu plusieurs fois recours à ses services vient lui demander une nouvelle fois son aide. Mais à présent, elle voudrait adopter un nourrisson – c’est à cette seule condition que Himmler lui accordera le droit d’épouser l’homme avec qui elle vit.
En 2010, aux États-Unis, Carl Schwarz coule une retraite paisible avec Emmi, la femme qui partage son existence depuis plus de soixante ans. Un après- midi, le téléphone sonne. Un homme, mandaté par le musée de l’Holocauste, aimerait lui poser des questions. Soudain tout le passé resurgit…
Saga du plus haut romanesque, Le Bracelet verse une lumière bouleversante sur l’une des périodes les plus sombres de notre histoire.

[Une note de lecture]

LeBraceletLeBracelet [128 Kb]

Lettres de prison

 

Livre de Nelson Mandela

" Le nouveau monde ne sera pas construit par ceux qui restent à l'écart les bras croisés, mais par ceux qui sont dans l'arène, les vêtements réduits en haillons par la tempête et le corps mutilé par les événements. "

Arrêté en 1962 par le gouvernement d'apartheid d'Afrique du Sud, Nelson Mandela a passé vingt-sept ans en prison – du 7 novembre 1962 au 11 février 1990. Au cours de ces 10 052 jours de détention, il fut un épistolier prolifique, écrivant des centaines de lettres aux autorités inflexibles, à ses compagnons de lutte, aux gouvernements officiels, mais aussi à sa femme Winnie, à ses cinq enfants et, plus tard, à ses petits-enfants.
Les 255 lettres choisies dans ce livre, pour la plupart inédites, offrent le portrait le plus intime qu'on ait lu de Nelson Mandela et un aperçu exceptionnel sur la façon dont il a vécu cet isolement. Elles révèlent l'héroïsme d'un homme qui a refusé tout compromis sur ses valeurs, l'humanité de l'une des plus grandes figures du XXe siècle.

" Les mots de Madiba sont une boussole dans une mer de changements, une terre ferme au milieu de courants agités." Barack Obama

France Culture - 13/07/2018

La véritable histoire de Marianne qui vécut la grève de mai 1968

 

Livre de Pascale Bouchié (auteure) & Elisa Laget (illustratrice)

à partir de 8 ans

Les événements parisiens de mai 68 se déroulent sous les yeux de Marianne, une fillette de CM2 entichée d’un lycéen de terminale, actif sur les barricades.
Un récit + des pages documentaires avec des photos d’archives légendées.

MAI 1968 À DAKAR OU LA RÉVOLTE UNIVERSITAIRE ET LA DÉMOCRATIE

 

Titre complet : MAI 1968 À DAKAR OU LA RÉVOLTE UNIVERSITAIRE ET LA DÉMOCRATIE - Le Sénégal cinquante après

Livre d'Abdoulaye Bathily

En mai 1968, Dakar, la capitale du Sénégal, a été le théâtre de manifestations d'étudiants et de travailleurs sans précédent dans l'histoire de ce pays d'Afrique noire francophone. Abdoulaye Bathily propose, documents inédits et originaux à l'appui, l'explication des origines, du déroulement et des conséquences de mai 68. Cet ouvrage retrace les trajectoires de nombreuses figures du syndicalisme étudiant africain ou de la vie politique, sociale et civique sénégalaise et constitue un outil de référence utile à la compréhension des problèmes qui secouent de nos jours les Etats africains.

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JULES DURAND - Lettres de prison - septembre 1910 - février 1911

 

Livre de Jean-Pierre Castelain & Christiane Marzelier

Jules Durand, docker charbonnier, va sortir de l'anonymat des quais du port du Havre en 1910. Reconstituant le syndicat et animant une grève, il devient l'homme à faire taire. Victime d'une machination orchestrée, il est condamné à mort le 25 novembre 1910 pour un crime qu'il n'a pas commis. L'affaire provoque des réactions de solidarité dans le monde entier mais les recours tardent et la Cour de cassation ne le reconnaît innocent qu'en 1918.
En cette année du centenaire du prononcé de son innocence, l'association "Les amis de Jules Durand" publie ses lettres de prison accompagnées de contributions contemporaines.

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mon autre famille

 

Livre d'Armistead Maupin

« Tôt ou tard, où que nous vivions, il nous faut partir en diaspora, nous aventurer loin de nos parents biologiques pour découvrir notre famille logique, celle qui pour nous fera véritablement sens. Il le faut, si nous ne voulons pas gâcher nos vies. »

Cette famille dont Armistead Maupin s’est éloigné est une famille du Sud américain, volontiers conservatrice, parfois réactionnaire. Et la « famille logique » qu’il a longtemps cherchée, il l’a trouvée à San Francisco, au début des années 1970. Là-bas, la libération sexuelle et amoureuse se conjugue aux expérimentations narcotiques. Autant d’années folles qu’il a consignées dans ses Chroniques de San Francisco.

Mais entre le moment où il a quitté sa Caroline du Nord natale et celui où il est « devenu ce qu’il est », il lui aura fallu remettre en cause les idées qu’il avait reçues en héritage. Il aura dû se réinventer plusieurs fois.

Cette autobiographie n’est pas que le récit d’une lente acceptation de soi. C’est aussi l’exploration d’un demi-siècle d’histoire américaine, de la guerre du Vietnam à l’émergence des mouvements gays et lesbiens. Avec l’humour et le talent qu’on lui connait, Armistead Maupin fait revivre une ville en ébullition, et entrouvre la porte du cabinet d’écriture où sont nés le 28 Barbary Lane et Anna Madrigal. C’est une vie bigger than life, et c’est tout un roman.

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Comment j'écris

 

Livre de Leïla Slimani

Leïla Slimani est la douzième femme à avoir reçu le prix Goncourt. Quel écrivain est-elle ? Comment écrit-elle ? Quelles sont ses inspirations ? Quel est son rapport à la langue ? Dans cette conversation avec le journaliste Éric Fottorino, l'auteure se dévoile et raconte son processus créatif.
"Au moment où je me mets à ma table de travail, je ne suis plus vraiment moi. Je ne suis plus une femme, je ne suis plus marocaine ou française, je ne suis même plus à Paris ni nulle part, je suis complètement affranchie de tout. Je pense que quand on s’engage en littérature, on est obligé de s’engager totalement. On est obligé d’aller jusqu’au bout et d’explorer parfois des choses désagréables pour soi. On doit faire confiance au lecteur."

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Carnets – Montparnasse 1971-1980

 

Livre de Shirley Goldfarb

Shirley Goldfarb, peintre américaine, s'installe à Montparnasse en 1954 dans un atelier minuscule. Elle fréquentera assidûment Saint-Germai-des-Prés et en connaîtra un crépuscule qui offrait encore les derniers reflets de la bohème. De 1971 jusqu'à sa mort elle tiendra un journal intime où, de Butor à Barthes, de Lagerfeld à Saint Laurent, de Hockney à Giacometti, on voit défiler le Tout-Paris des arts, de l'écriture et de la mode.
S'y mêlent les mondanités les plus futiles, les portraits percutants, les notations poignantes sur l'isolement, les rêves de succès, la crainte de l'échec, les difficultés ou les passions du métier, la maladie qui la mine, la mort si proche enfin.

Le Mai 68 des historiens : entre identités narratives et histoire orale

 

Livre d'Agnès Callu (dir.)

Réédition

À l'écart des commémorations du cinquantenaire de Mai 1968 et, en oxymore, en son centre, l’ouvrage rouvre un dossier entamé dix ans plus tôt. La démarche, à l’intersection du témoignage et du storytelling, offrait alors, un rendu des travaux d’une équipe de recherche, dirigée par Agnès Callu et soutenue par l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP/CNRS) travaillant, pendant trois ans, sur la perception autant que l’analyse d’une génération d’historiens – ceux nés entre 1923 et 1940, soit la classe d’âge précédant celle des Baby Boomers – de « leur Mai ». Privilégiant le dialogue « d’entre soi » car les entretiens étaient ceux d’historiens majeurs fabriqués par de jeunes historiens, l’objectif consistait à faire surgir le « retour d’expériences » d’experts, témoins oculaires ou auriculaires, d’un évènement basculant les habitus sociaux sur le temps court, réinventant à l’échelle du temps moyen, les pratiques et les usages de l’histoire. La nouvelle convocation, celle de 2018, entreprend une réactualisation critique de l’ouvrage livré à l’issue du colloque-bilan tenu au Collège de France en 2008 en même temps qu’il se demande s’il faut commémorer 68 et si oui, de quelles manières et dans quelles perspectives.

Poèmes et chansons

 

Livre de Georges Brassens

(réédition mai 2018)

C'est de la " mauvaise herbe ", un copain de Brel et Ferré ; c'est un portraitiste d'exception aux mélodies décalée ; un poète, qui chante Ronsard et Villon ; un timide aussi, qui fredonne " sous un coin de parapluie ". Plus de deux cents chansons scandent cette ballade du temps jadis, menée par le parolier génial qu'était Brassens, l'éternel " polisson de la chanson ".

Les Flamboyants de Kaliurang

 

Livre de Jean Malingreau

Arrivé en Indonésie au début des années 1970, un jeune agronome européen découvre les innombrables beautés naturelles de l'archipel et la formidable résilience de son peuple. Il tombe éperdument amoureux d'une princesse javanaise mais le sort leur est défavorable. À la recherche de nouvelles terres à cultiver, il participe à de nombreuses explorations dans les îles extérieures. La dictature militaire régnante l'entraîne dans des situations aventureuses et parfois dangereuses...

Vous écrivez ? Le roman de l'écriture

 

Livre de Jean-Philippe Arrou-Vignod

« Ce petit livre n'est pas un cours. Moins encore une boîte remplie de clefs. Son ambition : tenter de décrire ce qu'est le travail du romancier. Que fait-il lorsqu'il est à sa table ? Comment invente-t-il une histoire, des personnages ? Comment parvient-il à les faire voir, agir et parler au point de nous donner l'illusion, à nous lecteurs, qu'ils ont une existence ?
Cette entreprise à laquelle vous vous promettez, que vous avez peut-être entamée déjà – écrire un livre –, en quoi consiste-t-elle ? »

Jean-Philippe Arrou-Vignod ne donne pas ici de recettes pour écrire un bon roman, mais partage un savoir-faire et le goût de son métier. En s'appuyant sur des exemples concrets qui parleront à tous, il examine les grands mécanismes à l'œuvre dans l'art romanesque. Pour celui qui se lance, c'est un chemin vers le plaisir d'écrire et l'espoir de réussir. Pour les autres, qui n'écrivent pas mais qui aiment les histoires, c'en est une passionnante : celle de l'écrivain qui les invente.

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Mai 68 en Alsace

 

Livre de Benoît Wirrmann, Geoffrey Girost, Jacques Ernewein, Jean-Claude Richez, Richard Kleinschmager

Ce livre est le catalogue de l'exposition qui se tient en Alsace (Strasbourg)

Avec Mai 68, Paris a occupé le devant de la scène et a bien souvent occulté ce qui s'était passé en province. Dans l'imaginaire collectif, Mai 68 évoque d'abord des images en noir et blanc de manifestations et de barricades au Quartier latin. Si Paris est bien l'épicentre du mouvement, ces seules images passent sous silence une réalité plus complexe qui touche l'ensemble des régions françaises. Loin des cigognes et des colombages des cartes postales, l'Alsace de 1968 apparaît elle aussi traversée par le vent de la contestation. Dans une région réputée conservatrice, Mai 68 sème le trouble. Dès 1966, à l'université de Strasbourg, les situationnistes et leurs partisans, qui ont pris le contrôle de l'AFGES, principale association étudiante, remettent en cause les fondements de la société. Grâce à la publication du pamphlet De la misère en milieu étudiant qui fait scandale, les thèses situationnistes sont diffusées pour la première fois à grande échelle. Leurs théories subversives inspirent la contestation étudiante à Strasbourg comme ailleurs. En Mai 68, l'université de Strasbourg est à la pointe de la révolte. Réunis en Conseil, les étudiants strasbourgeois sont les premiers à proclamer l'autonomie de leur université. Ils mènent un intense travail de réflexion sur son avenir et plus largement sur l'évolution de la société. Gagnée par la contestation, une partie des salariés se joint au mouvement par des grèves et des manifestations, transformant la crise étudiante en une crise sociale sans précédent. Si la mobilisation des salariés en Alsace apparaît plus modeste que dans le reste du pays, elle inspire et prépare des mouvements plus durs pour les années à venir. Crise étudiante, crise sociale, crise politique enfin, qui voit partisans et opposants au général de Gaulle s'affronter dans la rue puis dans les urnes à la faveur des élections législatives de juin 68. "Et ça ne fait que commencer" avertissait un tract situationniste à Strasbourg en 1966. Au-delà du printemps 68 et malgré la victoire écrasante des gaullistes aux élections législatives de juin, la contestation se prolonge en effet tout au long des années 70 sous de nouvelles formes.

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Une histoire de France

 

Livre de Nathalie Heinrich

 « Si j'ai décidé d'arracher à leur intimité cette histoire de deux familles, c'est parce que l'une et l'autre m'ont paru emblématiques de ce qui fait mon pays. Une mise en relation constante de la petite histoire familiale avec la grande histoire nationale : c'est ce qui a guidé l'écriture de cette histoire de France à hauteur d'individus, contée à travers les efforts déployés par Jacob, par Bentzi, par Stacia, et aussi par Jean, par Charles, par Madeleine, pour arriver dans un pays, et pour ne pas en être exclus - le récit du prix à payer pour devenir, et pour rester, français.

Cette narration en images est le fil qui relie tous ces morceaux de vie hérités du passé afin de leur donner, sinon un sens, du moins une continuité, le sentiment qu'il y a bien là une histoire ordonnée, avec un début et une fin : l'histoire d'une famille juive émigrée d'Ukraine, puis enrichie ; l'histoire d’une famille protestante exilée d'Alsace, puis appauvrie - l'une et l'autre unies, après trois guerres, par les liens d'un mariage improbable dans la lumière de Marseille... Deux lignées, deux exils - et, au final, deux façons d'être de son pays. »

 

Sur France Culture, le 17/06/2018

La voix de ceux qui crient

 

Livre de Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky

Si des hommes et des femmes demandent l'asile à la France, c'est parce qu'ils cherchent un lieu inviolable où se réfugier. En danger de mort, ils ont dû quitter leur pays après avoir été pourchassés, persécutés, emprisonnés, torturés.
Désormais, ils vivent auprès de nous, et nous ne connaissons pas leur histoire. Autour d'eux comme en eux règne un désert de parole : personne ne prend le temps de les écouter, et s'ils crient dans leurs cauchemars ou lorsque leurs tragédies surgissent à leur conscience, leur voix singulière est perdue, étranglée de violence, de peur et de fatigue.
Depuis 2010, à l'hôpital Avicenne de Bobigny, Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky rencontre ces hommes et ces femmes à bout de souffle. Elle rapporte ici les paroles qui lui ont été confiées dans le vif de la consultation. Et révèle comment, dans ce cadre, les demandeurs d'asile se mettent en quête de retrouver leur voix. Conquérant peu à peu la capacité de raconter leur vie, ils regagnent alors celle d'en avoir une...
Le migrant n'est pas une figure transitoire de notre société. Sa présence questionne la mise en pratique de nos valeurs. Par son ampleur éclairante, la pensée de l'anthropologue et psychologue clinicienne s'impose pour aborder la question du lien social et politique et celle de la place de l'étranger dans la France du XXIe siècle.

Vienne avant la nuit

 

Livre de Robert Bober

Dans les premières années du siècle dernier, l’arrière-grand-père de Robert Bober,  Wolf Leïb Fränkel, tenta d’émigrer aux Etats-Unis, en avant-garde de sa famille restée en Pologne. Refoulé à Ellis Island, il décida de s’installer en Autriche, à Vienne, où la vie était pour les Juifs plus facile qu’en Pologne, et il y fit venir sa femme et ses enfants.  Wolf Leïb Fränkel est mort en 1929, avant que la nuit nazie ne tombe sur l’Europe. A l’époque, Vienne était une ville cosmopolite, ouverte, une capitale intellectuelle et artistique, effervescente. Modeste ferblantier, il est peu probable que Wolf Leïb Fränkel ait jamais croisé les grands écrivains qui en fréquentaient les célèbres cafés, mais, pour Robert Bober dont l’œuvre se nourrit de cette culture d’Europe centrale qui éclaira le monde, ils sont indissociables. C’est à la recherche de cet arrière-grand-père et de la Vienne d’alors, et pour faire un film de cette recherche, que Robert Bober s’est lancé en 2012.  Abondamment illustré, notre livre reprend des images du film ainsi que son titre, des documents historiques, le texte écrit par Robert Bober lui-même et qu’il dit en voix off, mais augmenté par rapport au film. Vienne avant la nuit, le film, réalisé par Robert Bober et produit par « Les Films du Poisson », sortira en salles, comme notre livre, début octobre 2017.

L'églantine et le muguet

 

Livre de Danièle Sallenave

"Ce livre est un récit de voyage. Le voyage que j'ai fait dans ma région natale, l'Ouest conservateur et clérical de l'Anjou, pour retrouver ce qui caractérisait l'éducation républicaine que j'y ai reçue, de parents instituteurs, au milieu du siècle dernier. C'est une certaine idée de la république, forgée au XIXe siècle dans la retombée des révolutions, la contre-offensive catholique et les débuts de l'expansion coloniale. En revisitant les lieux familiers à mon enfance, en explorant leur histoire, j'ai vu renaître les personnages et les grands moments de cette république guerrière. Ses symboles, son école dressée contre le pouvoir de l'Eglise et des châteaux. Ses idéaux de justice, d'émancipation. Son combat pour le progrès. Mais aussi ses limites, et ses aveuglements. Le lourd passé de la guerre de Vendée. La contradiction entre les principes républicains et la réalité coloniale. Son universalisme abstrait. Sa défiance continuée envers "la sociale". Aujourd'hui, une frange très combative de néo-conservateurs a choisi de réveiller ces traits négatifs dans une surenchère de laïcité et de nationalisme identitaire. Faisons plutôt le pari généreux d'une république postcoloniale, consciente de ses fautes passées, ouverte aux différences. Une république sociale, placée sous le signe de l'églantine rouge, autrefois fleur du 1er mai ouvrier, chassée sous Vichy par le muguet, fleur de la Vierge Marie". Danièle Sallenave.

[Note de lecture de Georgia Makhlouf, parue dans L'ORIENT LITTERAIRE n°146-août 2018]

 France Culture - 30/04/2018

13 ans à Paris en 1942

 

Livre de Maurice Lustyk

Dans ce livre, l’auteur raconte, avec sa gouaille de titi parisien, sa pudeur, mais aussi avec beaucoup de sobriété, son quotidien de gamin du Faubourg Saint-Antoine, pendant l’Occupation allemande.

Doté d’une mémoire stupéfiante, il nous fait vivre au jour le jour les dénonciations, les rafles, toutes les lois anti-juives et, surtout, l’arrestation de sa mère qui sera gazée à Auschwitz. Mais il nous parle aussi de ses copains qui lui resteront fidèles et qui l’aideront à traverser cette tragique période.

Toute sa vie, très régulièrement, il retournera dans son quartier du XIIe arrondissement qu’il adorait.

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L'AVEU HOMOSEXUEL DANS LES OEUVRES AUTOBIOGRAPHIQUES D'ANDRÉ GIDE ET DE ...

 

Titre complet : L'AVEU HOMOSEXUEL DANS LES OEUVRES AUTOBIOGRAPHIQUES D'ANDRÉ GIDE ET DE JULIEN GREEN - Confession et réticence

Livre d'Enrico Guerini

Les autobiographies d'André Gide et de Julien Green peuvent être considérées comme de véritables modèles de confession homosexuelle ; mais s'il est vrai que les deux écrivains se mettent à nu dans ces textes, il faut bien reconnaître qu'ils le font de manière très biaisée, à travers de multiples détours. Cet ouvrage propose une analyse de ces stratégies.

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Pittsburgh

 

BD autobiographique de Frank Santoro

Originaire de la ville de Pittsburgh (Pennsylvanie) où il habite toujours, Frank Santoro tente avec ce nouveau livre de comprendre comment ses parents, divorcés depuis près de 30 ans, en sont arrivés à ne plus s'adresser la parole alors qu'ils travaillent dans le même endroit.

Il retrace l'histoire compliquée de sa famille, irlandaise du côté de sa mère et italo-écossaise du côté de son père en remontant aux prémices de la relation de ses parents, mariés très jeunes en pleine guerre du Vietnam. La vie de cette famille aux relations très conflictuelles tournait autour de la petite boutique du grand-père, dans cette ancienne ville industrielle dont la population est passée de près de 700 000 habitants dans les années 1950 à tout juste 300 000 habitants de nos jours, une ville ruinée par les différentes crises économiques qui ont frappé la Rust belt américaine.

Narration poétique, effets de collage, mélange des registres graphiques et des techniques de dessin Frank Santoro continue d’expérimenter avec la grammaire de la bande dessinée, explosant les procédés narratifs et visuels habituels de l’autobiographie en bande dessinée, pour raconter l’histoire de ce divorce qui a bouleversé sa vie.

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Fief

 

Livre de David Lopez

Quelque part entre la banlieue et la campagne, là où leurs parents ont eux-mêmes grandi, Jonas et ses amis tuent le temps. Ils fument, ils jouent aux cartes, ils font pousser de l’herbe dans le jardin, et quand ils sortent, c’est pour constater ce qui les éloigne des autres.

Dans cet univers à cheval entre deux mondes, où tout semble voué à la répétition du même, leur fief, c’est le langage, son usage et son accès, qu’il soit porté par Lahuiss quand il interprète le Candide de Voltaire et explique aux autres comment parler aux filles pour les séduire, par Poto quand il rappe ou invective ses amis, par Ixe et ses sublimes fautes d’orthographe. Ce qui est en jeu, c’est la montée progressive d’une poésie de l’existence dans un monde sans horizon.

Au fil de ce roman écrit au cordeau, une gravité se dégage, une beauté qu’on extirpe du tragique ordinaire, à travers une voix neuve, celle de l’auteur de Fief.

[Une note de lecture de Pierre Ahnne - 19/08/2017]

[Un interview de l'auteur par Pierre Ahnne - 05/09/2017]

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qui a tué mon père

 

Livre d'Edouard Louis

4è de couverture :

« L’histoire de ton corps accuse l’histoire politique. »

[Note de lecture de Pierre Ahnne]

 

 

 

 

 Edouard Louis parle de son livre à La Maison de la poésie

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A 18 ans demandons l’impossible : mon journal de Mai 68


 

Livre d'Adeline Regnault & et Elsa Neuville

à partir de 13 ans 


Nous suivons la vie de Madeleine, venue à Paris suivre des études à la Sorbonne. Elle évoque au départ ses relations avec ses parents, le conformisme de sa mère et son désir d'être reconnue comme adulte à une époque où la majorité est à 21 ans. 

Mais le récit est principalement tourné vers la montée des mécontentements avec l'arrivée massive d'étudiants, dont l'auteur esquisse quelques portraits, et le manque de professeurs. 

La rencontre avec Jean va marquer le début des manifestations mais aussi des lectures et groupes de paroles. Le temps de la violence policière et étudiante n'est pas oubliée avec les morts. 

L'histoire complète n'occulte pas la fin progressive de cette révolte de la jeunesse, des étudiants, des femmes et des ouvriers contre les carcans qui les étouffent.  

De si longues nuits - La solitude des épouses d'émigrés en Afrique de l'Ouest

 

Livre d'Aurélie Fontaine & Laeila Adjovi (photographies)

En Afrique de l'Ouest, en Europe, on parle souvent de ceux qui tentent d'atteindre les côtes européennes, de ceux qui réussissent et de ceux qui, tragiquement, meurent sur le chemin. Mais on oublie les épouses de ces émigrés, celles qui restent au pays, qui attendent. Elles se retrouvent face à la solitude, à leur rêve d'argent envolé, à la maltraitance, morale, parfois physique. Après avoir attendu de longues années, certaines parviennent à se délier d'un mariage, de ces longues nuits dont elles ne veulent plus. Mais le chemin est compliqué et douloureux, tant la pression familiale reste forte.

Interview d'Aurélie Fontaine :    [Texte de l'interview] 

Une rencontre à Pékin

 

Livre de Jean-François Billeter

Dans ce récit, le sinologue raconte sa rencontre avec une jeune femme médecin, durant ses études à Pékin dans les années 60, avant la Révolution culturelle, et les obstacles qu'ils ont dû surmonter pour pouvoir se marier. Ce texte saisissant, aux épisodes rocambolesques, est aussi une façon d'évoquer une Chine qui n'existe plus. Il est en même temps l'histoire d'un apprentissage de la découverte progressive d'une réalité politique et sociale qui devait rester cachée.
Dans une deuxième partie du récit, l'auteur évoque leur premier retour à Pékin, en 1975, dans une Chine exsangue et paralysée. Le dernier chapitre relate comment ils en apprennent beaucoup plus sur la réalité chinoise, à la faveur des fréquents retours qu'ils y font à partir des années 80, et comment ils découvrent enfin, bien après leur mort, la remarquable histoire de ses parents à elle, sous l'ancien régime. De ce fait, les trois chapitres forment à la fois un bref roman entièrement véridique et, de proche en proche, une initiation à un siècle entier d'histoire chinoise.

Là où vont nos pères

 

BD de Shaun Tan

Le parcours d'un émigrant en route pour un pays nouveau, une terre promise, aussi attirante que mystérieuse : une nouvelle version de cet album poétique au graphisme époustouflant. Un homme fait sa valise. Il quitte sa femme et sa fille. Il embarque à bord d'un navire pour traverser l'océan. Destination : la terre promise, un pays inconnu. Cet homme est un émigrant. Là-bas, dans ce pays nouveau et étrange où il doit réapprendre à vivre, il rencontrera d'autres gens, exilés comme lui, eux aussi perdus dans ce monde nouveau... Le récit poétique d'un exode qui touche à l'universel. Prix du meilleur album au festival d'Angoulême 2008, Là où vont nos pères est un album inclassable, qui parle de l'émigration avec une poésie et une délicatesse incomparable.

 

LaOuVontNosPeres LaOuVontNosPeres [53 Kb]

La fissure

 

BD de Carlos Spottorno et Guillermo Abril

 Depuis décembre 2013, les photographe et journaliste espagnols Carlos Spottorno et Guillermo Abril parcourent le monde afin de raconter la crise des réfugiés. Ils ont ramené quelque 25 000 clichés et 15 carnets de notes de leur périple, de l’Afrique à l’Antarctique, des Balkans à la Scandinavie. De cette matière première en partie publiée sous forme de reportages dans les colonnes d’El Pais Semanal (et primée aux World Press Photo Awards), ils ont également produit une bande dessinée tenant du “roman photo” - sauf que rien n’est romancé ici, tout est vrai

[Pour feuilleter quelques pages]

 

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Les étrangers sont nuls

 

Livre de Pierre Desproges

" Observons un Grec ancien : il est enveloppé dans un drap, il tient un parchemin et il apporte au monde la civilisation : les colonnes, les olives, le "i' sont grecs. Observons un Grec moderne : sur ses jeans est marqué : "Levi's'. C'est nul. "
Ce recueil de textes cocasses et délicieusement provocants, écrits en 1981 par Desproges pour l'hebdomadaire Charlie-Hebdo, est illustré par Edika.

 

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Marseille, porte du Sud

 

Livre d'Albert Londres

Livre intégralement reproduit ici

"Je dédie ce livre à mon grand ami inconnu pour qui longtemps je fus ingrat, au gardien du phare du Planier qui, à chacun de mes départs, de mes retours, semble balancer la lampe à la fenêtre, pour me dire au revoir ou bonjour !

I. Mes bateaux vont partir

C’est un port, l’un des plus beaux du bord des eaux. Il est illustre sur tous les parallèles. À tout instant du jour et de la nuit, des bateaux labourent pour lui au plus loin des mers. Il est l’un des grands seigneurs du large. Phare français, il balaye de sa lumière les cinq parties de la terre. Il s’appelle le port de Marseille.

Il a plus de cinq kilomètres de long. Il n’en finit pas. Peut-être bien a-t-il six, ou même sept kilomètres. Môle A, Môle B, Môle C. Il va presque jusqu’au milieu de l’alphabet, le port de Marseille… C’est le marché offert par la France aux vendeurs du vaste monde. Les chameaux portant leur faix vers les mahonnes d’au-delà nos mers, sans le savoir, marchent vers lui. Port de Marseille : cour d’honneur d’un imaginaire palais du commerce universel.

Tous les vieux noms connus des hauts barons de la mer sont affichés là, aux frontons de ces môles, comme une courtoise invitation au voyage. La Paquet, la Transat, la Cyprien Fabre, les Chargeurs Réunis, les Transports, les Messageries..."

 

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Migrant

 

BD de Eoin Colfer, Giovanni Rigano, Andrew Donkin

C'est une histoire tragique, malheureusement devenue "banale", de migrants qui fuient leur pays pour échapper à la misère et à la guerre. L'Europe fait figure d'El Dorado, mais la route est longue et semée d'embûches. Un roman graphique dont on ne sort pas indemne...

Présentation dans Le Monde :

Parce que plus aucun sujet d’actualité n’échappe au périmètre de la bande dessinée, le drame des migrants se devait d’être raconté graphiquement dans un album. Les scénaristes irlandais et anglais Eoin Colfer et Andrew Donkin ont épluché la presse pendant plusieurs années et recueilli de nombreux témoignages avant d’imaginer le destin d’Ebo, un Nigérien de 12 ans que l’on découvre, aux côtés d’autres candidats au départ, sur une frêle embarcation ballottée au milieu de la Méditerranée. Fiction inspirée d’un ensemble de faits réels, ce récit est mis en image par le dessinateur italien Giovanni Rigano.

 

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Certaines n’avaient jamais vu la mer

 

Livre de Julie Otsuka

Ces Japonaises ont tout abandonné au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis, sur la foi d'un portrait, un inconnu. Celui dont elles ont tant rêvé, qui va tant les décevoir. Chœur vibrant, leurs voix s'élèvent pour raconter l'exil : la nuit de noces, les journées aux champs, la langue revêche, l'humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l'oubli.

D'une écriture incantatoire, Julie Otsuka redonne chair à ces héroïnes anonymes dans une mosaïque de la mémoire éblouissante. Un roman bouleversant.

 

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Dans la mer il y a des crocodiles - l’histoire vraie d’Enaiatollah Akbari

 

Livre de Fabio Geda

Dix ans, ou peut-être onze. Enaiat ne connaît pas son âge, mais il sait déjà qu’il est condamné à mort. Être né hazara, une ethnie haïe en Afghanistan par les Pachtounes et les talibans, est son seul crime. Pour le protéger, sa mère l’abandonne de l’autre côté de la frontière, au Pakistan. Commence alors pour ce bonhomme «pas plus haut qu’une chèvre» un périple de cinq ans pour rejoindre l’Italie en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce. Louer ses services contre un bol de soupe, passer les frontières dissimulé dans le double-fond d’un camion, braver la mer en canot pneumatique, voilà son quotidien. Un quotidien où la débrouille le dispute à la peur, l’entraide à la brutalité. Mais comme tous ceux qui témoignent de l’insoutenable, c’est sans amertume, avec une tranquille objectivité et pas mal d’ironie, qu’il raconte les étapes de ce voyage insensé


 

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Bleu naufrage - élégie de Lampedusa

 

Livre de Denis Heudré

Le 3 octobre 2013, des centaines de migrants trouvent la mort en Méditerranée tout près de Lampedusa. Le 3 octobre 2013 et les jours suivants, j'ai ressenti comme un dégoût d'être là devant ma télé dans mon petit confort. Des corps sont étalés par terre dans des linceuls en plastique. Des corps devenus choses, déposés sous nos regards blasés. Des femmes, des enfants, des hommes dont on ne saura jamais rien de leur vie, pas même leur nom.
J'ai voulu écrire et continuer de ressentir. Sans m'imposer de forme, ni de contraintes. Un des petits cercueils blancs portait le numéro Quinze, c'est le nom que j'ai gardé pour cet enfant à qui je pense régulièrement.
Et puis en rien coupable, néanmoins témoin, tout ce bleu pour accompagner le malheur...

[L'intégralité du livre]

[Une note de Régine de La Tour - 09/10/2017]

 

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à ce stade de la nuit

 

Livre de Maylis de Kerangal

Lampedusa. Une nuit d'octobre 2013, une femme entend à la radio ce nom aux résonances multiples. Il fait rejaillir en elle la figure de Burt Lancaster- héros du Guépard de Visconti et du Swimmer de Frank Perry- puis, comme par ressac, la fin de règne de l'aristocratie sicilienne en écho à ce drame méditerranéen : Le naufrage d'un bateau de migrants. Ecrit à la première personne, cet intense récit sonde un nom propre et ravive, dans son sillage, un imaginaire traversé de films aimés, de paysages familiers, de lectures nomades, d'écrits antérieurs. Lampedusa, île de littérature et de cinéma devenue (épicentre d'une tragédie humaine. De l'inhospitalité européenne aussi. Entre méditation nocturne et art poétique A ce stade de la nuit est un jalon majeur dans le parcours littéraire de Maylis de Kerangal.

[Une note de Régine de La Tour - 09/10/2017]

 

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atlas des migrations

 

Livre de Madeleine Benoit-Guyod

Plus de 100 cartes et infographies pour comprendre les phénomènes migratoires et interroger nombre d'idées reçues. Les migrations concernent 220 millions de personnes dans le monde et continuent d'augmenter. Pauvreté, conflits, économie, tourisme : quels sont les facteurs réels de cette mobilité ? Pays émergents, droit d'asile, main-d'œuvre, déplacés environnementaux et apatrides, développement des bidonvilles à travers le monde : impact et conséquences des flux migratoires. Dans cette nouvelle édition entièrement mise à jour, Catherine Wihtol de Wenden souligne la nécessité de regarder les migrations à l'échelle planétaire et esquisse l'idée d'un nouvel équilibre mondial à inventer.

 

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Les trois vies de l’écrivain Mort-Debout

 

Livre d'Emmanuel Godo

Un homme se jette dans l’écriture d’un journal comme on saute dans le vide pour échapper aux flammes.

Pas de parachute, juste des mots qui tissent une corde à laquelle se cramponner.

Cet homme est fou. Fou de tous ces livres lus qui l’habitent si intensément qu’il ne reste plus de place en lui pour faire vivre sa propre voix.

Il est un écrivain Mort-Debout que visitent les fantômes.

Cette folie, il l’analyse peu à peu au fil de pages déchirantes, érudites et intimes. Il est « victime d’une intoxication littéraire ».

L'écriture d'Emmanuel Godo nourrie de toutes ces oeuvres qui le bouleversent et l'éloignent, est d'une évidente virtuosité. Et l'on se plonge avec délice dans le flux d'une langue sensuelle, riche de tant de livres aimés qui, à l'ombre tutélaire de René Char, fait surgir la beauté.

Au bois dormant

 

Livre de Marie Desplechin & Thierry Thieû Niang

Rencontre inédite entre un chorégraphe, un auteur, un musicien et un metteur en scène. Thierry Thieû Niang, chorégraphe va écrire et danser un solo chorégraphique, à partir d’une expérience de temps de danse partagés, en duos, avec quatre adolescents autistes de l’Institut médicoéducatif Les Parons à Aix-en-Provence.
Marie Desplechin, écrivain va suivre le processus de création, écrire sur ce qu’elle aura ressenti et compris de la démarche, observer le travail d’atelier d’improvisation avec les adolescents et écrire un texte.
Le propos est de faire vivre sur un même espace et en parallèle le travail dansé du chorégraphe, la perception de l’auteur sur l’acte artistique de ce dernier et les ponts secrets et imaginaires qui les relient encore, en creux, aux quatre adolescents.

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Humains : La Roya est un fleuve

 

BD d’Edmond Baudoin (Avec la contribution de), Troubs (Avec la contribution de), Jean-Marie-Gustave Le Clézio (Préface)

La Roya est un fleuve qui prend sa source en France, au col de Tende et se jette dans la Méditerranée à Vintimille, en Italie. Durant l'été 2017, Baudoin et Troubs ont parcouru cette vallée, à la rencontre des membres du collectif "Roya Citoyenne", des gens qui, comme Cédric Herrou, viennent en aide aux migrants qui tentent de passer la frontière. Comme à leur habitude (Viva la vida, Le Goût de la terre) ils ont rempli leurs carnets de portraits et ils interrogent avec bienveillance et simplicité, la violence du monde et l'humanité qui en jaillit. Cette fois ils sont ici, dans le sud de la France, confrontés au racisme et à la solidarité, et cette question qui ne les quitte pas : "pourquoi pour moi c'est possible et pas pour un Afghan, un Soudanais, un Erythréen, un ?".

Mai 68, la veille du grand soir

 

BD Patrick Rotman (textes) & Sébastien Vassant (dessins)

Cinquantième anniversaire oblige, les ouvrages sur Mai 68 ont la côte auprès des éditeurs. La bande dessinée n’échappe pas à la règle. En témoigne cet album que publient conjointement Le Seuil et Delcourt et qui est signé par Patrick Rotman et Sébastien Vassant. Rotman, qui était étudiant à la Sorbonne, s’est basé sur ses propres souvenirs pour imaginer un récit où l’autobiographie se mêle à la fiction, où la petite histoire se marie à la grande. Ce procédé s’avère des plus pertinents, l’auteur ne s’intéressant pas seulement à la manière dont le mouvement s’est organisé mais aussi à la façon dont l’Etat a réagi. L’écrivain-réalisateur, qui s’est largement documenté sur le sujet, apporte ainsi un point de vue distancé sur le sujet et permet de mieux appréhender cet évènement qui a abouti à de nombreux changements sociaux. Pour mettre en image ce roman graphique, Rotman s’est associé à un spécialiste de la BD documentaire, à savoir Sébastien Vassant, nantais d’adoption à qui l’on doit notamment des œuvres telles que Juger Pétain ou encore Politique Qualité. Un atout qui achève de faire de cette Veille du Grand Soir, un ouvrage de grande qualité.

[Pour visualiser quelques pages]

La ville gagne toujours

 

Livre d'Omar Robert Hamilton 

2011 au Caire. Des cris et des plaintes s'élèvent dans les rues. Des cailloux, des grenades et des slogans pleuvent sur l'armée. Des femmes sont violentées. Les hôpitaux débordent, tout comme les morgues. Le peuple égyptien se dresse contre le régime de Moubarak. Khalil, Mariam, Hafez et les autres organisent la résistance. Khalil a quitté les Etats-Unis pour venir se battre auprès des siens. Mariam soigne les blessés, ravitaille les infirmeries, aide à faire libérer les opposants qui ont été arrêtés. Hafez documente les combats et poste ses photos sur les réseaux sociaux. Ensemble, ils animent le collectif Chaos, une arme de communication multi-supports qui leur permet de diffuser informations, émissions, vidéos et appels à manifestation. Chaque fois qu'ils descendent dans la rue, ils sont portés par le même espoir d'un avenir meilleur dans un monde plus juste. La révolution est en marche, qui changera pour toujours le sens de leurs vies. Le sentiment d'urgence, la bravoure et l'intensité qui traversent de part en part « La ville gagne toujours » en font un premier roman remarquable. Aussi poétique qu'engagé, l'hymne à la liberté d'Omar Robert Hamilton se fait l'écho d'une révolution - qui a tant promis et tant compté - et celui de toute une génération.