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Livres 2011

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à grand-lieu, village de pêcheurs - Passay se raconte

 

Livre de l'Association Parole de Passis (Jacques André, Marie-Jo Coulon, Claude Naud)  [réédition 2018]

Voici l’histoire de Passay par ses habitants. Si rares sont les villages qui racontent leur histoire. Ce sont les spécialistes – historiens, ethnologues, journalistes – qui, le plus souvent, retracent le passé de ces communautés. Et pourtant, chaque femme, chaque homme a des connaissances, vit des expériences qui éclairent l’histoire de son village. Les Passais dévoilent ici ce qu’ils veulent bien de la culture de leur communauté au bord du lac de Grand-Lieu. Jacques André, Marie-Jo Coulon et Claude Naud ont su avec une grande finesse se faire les passeurs de ces récits simples et pudiques des familles, paroles singulières qui, suscitant l’émergence d’une parole plurielle, engagent un processus de réappropriation collective de l’histoire du lieu.

[extraits]

Virginia Woolf - Carnet inédit 1907-1909

 

Livre de Mireille Duchêne

Entre 1907 et 1909, Virginia Woolf, qui n’est pas encore l’auteure mondialement connue, tient un carnet de lectures resté jusqu’à ce jour inédit. Ce cahier rempli par une jeune femme de 25 ans est particulièrement précieux. Ces pages illustrent le rapport que la romancière a entretenu toute sa vie avec l’Antiquité. Elles jettent un éclairage biographique sur une période que le Journal de l’écrivaine passe largement sous silence. Elles restituent, sous l’apparence de la prise de notes, le portrait d’une intellectuelle qui, double de la narratrice d’Une Chambre à soi, ne trouve pas sa place dans les institutions universitaires.
Ce texte, écrit alors que se constitue le groupe de Bloomsbury, permet d’explorer les liens que Virginia Woolf, à l’ombre du père et du frère disparus, tisse entre le monde des humanités classiques et les expérimentations littéraires contemporaines.

Dites-lui que je l'aime

 

Livre de Clémentine Autain

« L’autre jour, ma fille m’a demandé si on pourrait te voir quand tu ne seras plus morte. Elle est encore petite, tu sais, alors elle a insisté - et pourquoi ton cœur s’est arrêté, et pourquoi tu es morte dans ta salle de bain... Mourir à 33 ans, elle ne comprend pas, et elle a peut-être senti dans ma réponse mon aversion à parler de toi, à penser à toi. J’avais tout emmuré mais te revoilà sans cesse… »
 
Il aura fallu trente ans pour que Clémentine Autain écrive sur sa mère, la comédienne Dominique Laffin, morte en 1985. Clémentine en avait 12 et déjà un long et douloureux chemin avec cette mère en souffrance, égarée, incapable de prendre soin de sa fille. Clémentine Autain s’est construite en fermant la porte aux souvenirs, en opposition avec cette mère dont, petite fille, elle avait parfois dû s’occuper comme d’un enfant. Aujourd’hui, elle n’occulte rien, dit avec justesse le parcours tragique d’une femme radieuse et brûlée, passionnée de vie, actrice magistrale, féministe engagée mais dévorée par ses angoisses et prise au piège d’une liberté dangereuse.
Dites-lui que je l’aime : dans ce récit poignant dont le titre rappelle le film éponyme, Clémentine Autain rend justice à une figure oubliée des uns, culte pour les autres. Elle retrouve ce qu’elle lui doit, son féminisme, sa propre maternité peut-être. Et malgré l’âpreté des souvenirs, elle écrit un récit d’une grande douceur, une lumineuse lettre d’amour.

82 rêves pendant la guerre 1939-1945

 

Livre d'Emil Szittya (réédition)

Préfacé par Emmanuel Carrère, écrit dans une langue magnifique, un roman de guerre qui ne ressemble à aucun autre et un portrait saisissant de l'inconscient en temps de guerre.

" Pendant une guerre, on rêve de guerre, et Emil Szittya a cherché à savoir sous quelle forme la guerre s'insinuait dans le sommeil des gens. Il a noté ce qu'on lui racontait aussi fidèlement que possible, en comptant sur l'éloquence de la transcription brute. Le résultat est saisissant, à la fois d'une grande unité de style et d'une grande variété de tonalités et d'affects. Il n'y a pas d'interprétation, mais chaque rêve est précédé par une brève présentation du rêveur, et ces 82 vignettes ne sont pas ce que le livre offre de moins précieux. Il y a quelque chose de Perec dans ces vies déroulées en quelques lignes. On y reconnaît le ton d'un véritable écrivain. " Emmanuel Carrère
Sorti en 1963, devenu introuvable, 82 rêves pendant la guerre 1939-1945 est enfin réédité. Emil Szittya y fait le récit des rêves de Français ordinaires, de miliciens, de Juifs pourchassés ou de soldats allemands pendant l'Occupation.
En dévoilant la part la plus intime des hommes et femmes pendant cette nuit de six longues années, il signe une œuvre littéraire et historique de premier plan. Un portrait saisissant de l'inconscient en temps de guerre.

[Note de lecture parue dans EAN]

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Eugène Carlu - La vie pleine d'un autodidacte

 

Livre de Jean-Marie Carlu, Geneviève Henguelle - Posteface de Gaston Pineau

 Ecrit à plusieurs mains par des membres de sa famille et d'anciens collaborateurs, cet ouvrage est consacré à un personnage atypique, visionnaire, autodidacte, généreux, volontiers critique qui, durant toute sa vie, s'est engagé auprès d'associations et d'organisations professionnelles. Né dans une famille de paysans en 1925 dans le canton de Hucqueliers, Eugène Carlu a fondé avec d'autres la première Maison Familiale Rurale du Pas-de-Calais. A travers sa biographie familiale et socioprofessionnelle, c'est aussi l'évolution de l'agriculture et les transformations du monde rural et sociétal du XXe siècle qui se dessinent.

EugeneCarluEugeneCarlu [109 Kb]

Sur les ailes de la chance

 

Livre de Georgia Hunter

Si la vie était une question de probabilité, la famille Kurc n’aurait pas dû survivre à la Seconde Guerre mondiale. Seul 1% des juifs de leur ville de Radom, en Pologne, a survécu et 90% des juifs du pays ont été massacrés. Sur les ailes de la chance raconte l’extraordinaire histoire de cette famille.

Séparés par six années de guerre et cinq continents, des jazz clubs du Paris des années 30 au Rio de Janeiro de l’après-guerre en passant par le goulag sibérien et le ghetto de Varsovie, les héros de ce roman choral sont poussés par la même rage de survivre et l’espoir, immense, qu’un jour, ils seront à nouveau réunis.

À l’âge de quinze ans, Georgia Hunter a appris qu’elle appartenait à une famille de survivants de l’Holocauste - un véritable choc pour cette jeune Américaine du Connecticut. Sur les ailes de la chance est né de la quête qu’elle a menée depuis lors pour remonter le fil de cette histoire familiale extraordinaire. Ce roman, fruit d’un méticuleux et tentaculaire travail de recherche, a immédiatement connu un immense succès international.

terminus Berlin

 

Livre d'Edgar Hilsenrath

Écrivain de la Shoah et de l’exil, Edgar Hilsenrath livre avec Terminus Berlin son roman le plus poignant, celui du retour désenchanté en Allemagne. Son héros retrouve, comme lui, le pays natal près de trente ans après avoir quitté l’Europe et ses fantômes. Le temps est venu de faire le bilan d’une vie tourmentée.

Fidèle à son humour, Hilsenrath raconte avec un sens aigu de la dérision le destin de son alter ego littéraire. Lesche, traumatisé par son expérience du ghetto, peine à trouver sa place dans un Berlin marqué par le consumérisme et la chute du Mur. Les rencontres improbables et la résurgence glauque du fascisme forment la trame de ce roman publié en Allemagne en 2006.

Lapidaire et ironique, ce texte émeut par la figure de clown triste que l'auteur y révèle. Après l’avoir écrit, Edgar Hilsenrath décida que son œuvre était close. Il n’a plus rien publié depuis.

TerminusBerlinTerminusBerlin [240 Kb]

Regarder

 

Livre de Serge Mestre

En 1933, à Leipzig, Gerta Pohorylle ne s’appelle pas encore Gerda Taro. Arrêtée à tort, la jeune juive de Galicie répond avec dédain à la brute nationale-socialiste qui l’interroge, laissant son esprit vagabonder vers ses deux amoureux du moment. Dans la cellule où elle est jetée, son aplomb et son élégance détonnent. D’abord méfiantes, ses codétenues sont vite conquises par la générosité et l’inaltérable joie de vivre de cette jeune fille si libre, audacieuse et séduisante.

La personnalité de la future photo-reporter est tout entière dans cette première scène, qui donne le ton du portrait tendre et résolument féministe qu’en cisèle Serge Mestre. Celle dont l’histoire a surtout retenu le tandem qu’elle a formé avec Robert Capa – à Paris où ils se sont rencontrés, puis pendant la guerre civile espagnole –, apparaît, sous la plume complice du romancier, comme une femme singulière, dont le talent, le panache et la modernité firent l’admiration de ses contemporains, parmi lesquels Aragon et José Bergamín.

Jusqu’à sa mort absurde à vingt-sept ans – écrasée par un char républicain, elle qui avait tant rêvé de photographier la déroute fasciste –, Gerda Taro a mené sa courte trajectoire comme elle l’entendait : si elle affirmait qu’elle ne serait jamais la femme d’un seul homme, elle a marqué la mémoire de chacun d’une trace lumineuse et indélébile.

RegarderRegarder [69 Kb]

La vie devant nous - récits de jeunes privé·e·s d’emploi

 

Livre de Patrice Bride

Neuf récits, neuf photographies : neuf jeunes adultes s’exposent pour raconter leur entrée difficile dans le monde du travail. Ils ont voulu partager leur histoire, parce qu’elle nous concerne. Ils nous disent le chômage vécu, tel qu’il est essentiel d’en parler au-delà des statistiques ou des débats économico-politiques. Leurs récits, c’est notre société.

Anna, Clotilde, David, Jossian, Julie, Manon,Mohamed, Sébastien, Valoucka: elles et ils sontplus ou moins diplômé·e·s, ont plus ou moins d’expériences de stages, de petits boulots, de vraisemplois précaires, dans la restauration, la manutention, la communication, le nettoyage, le médical. Elles et ils voudraient devenir animateur, avocat, ingénieur, et pourquoi pas paysan, ou bien s’essayer à l’humanitaire, à la création d’entreprise.Mais pour l’heure, elles et ils sont confronté·e·s à la privation d’emploi, et tout ce que cela entraine:faire avec le regard des autres, de la famille, des amis, qui comprennent plus ou moins, qui soutiennent tant bien que mal, qui s’apitoient, qui s’éloignent ; faire avec les injonctions à la disponibilité, à l’adaptabilité, à la performance. Ils doivent trouver leurs marques dans un monde où ils ne sont pas attendus, où rien ne va de soi. Est-ce qu’on a le droit, lorsqu’on est jeune et privé·e d’emploi, d’avoir des rêves, de faire parfois ce qui nous plait, de prendre des pauses dans ses recherches ? D’être soulagé de pouvoir enfin faire la grasse matinée, quand on a été licencié ? D’espérer avoir enfin une raison de mettre le réveille-matin, quand on aura décroché une mission ? Écouter leurs paroles, c’est découvrir des personnalités et des trajectoires de vie singulières, inattendues, épatantes même. Ces jeunes sont bousculé·e·s par les duretés de la vie sociale, mais toujours en mouvement, toujours s’efforçant de comprendre ce qui leur arrive, guettant l’opportunité à saisir. Ils regardent l’avenir avec leurs envies et leurs impatiences, leurs inquiétudes et leurs espoirs. Leur destin est un peu aussi le nôtre.

LaVieDevantNousLaVieDevantNous [251 Kb]

Port-Au-Prince : Aller-Retour

 

Livre de Georgia Makhlouf

L'émigration vers les Amériques est en marche dès la fin du XIXe siècle. Port-au-Prince Aller-Retour explore celle, peu connue, des Syro-Libanais qui s'établissent en Haïti et raconte l'histoire hors du commun du jeune Vincent-Mansour qui, à vingt ans, quitte son village de la montagne libanaise sous domination ottomane pour aller vers l'inconnu et s'établit à Port-au-Prince. Le roman s'ouvre sur son second départ pour Haïti, après un mariage au Liban. Vincent a hâte de fonder une famille et de continuer à développer ses affaires à Port-au-Prince. Il est pourtant encore amoureux de l'admirable Louisa, Haïtienne de souche, qui a partagé sa vie pendant les quinze années de son premier séjour. Georgia Makhlouf dessine la fresque familiale en donnant voix à chacun des protagonistes : Vincent, Louisa, Edma, Joseph, Fatek et Anis, chacun déployant sa version de l'histoire, son vécu, ses sentiments et sa part d'ombre, au coeur de la beauté envoûtante de l'île. Si Vincent réussit son pari professionnel, la pérennité de tout ce qu'il a construit avec force et rudesse vacille au regard des événements. Il doit concilier ses deux vies, faire face à l'instabilité politique, à l'occupation américaine qui s'annonce et à la montée du sentiment anti-syrien, lui qui n'imagine pas un instant devoir quitter cette île qui est devenue sienne... Dans ce roman fascinant, exil, identité, intégration et tensions raciales font écho aux questionnements du temps présent.

Une embuscade dans les Aurès

 

Livre d'Anne Guillou-Riou

Affecté au poste militaire de T’Kout dans les Aurès (Algérie) en 1960, le sous-lieutenant Raymond Messager, promotion « Terre d’Afrique » à Saint-Cyr-Coëtquidan, n’atteignit jamais sa destination.
Le 12 septembre 1960, une embuscade tendue par les rebelles l’arrêta net. Il avait 22 ans.
Anne Guillou-Riou, sa fiancée au moment du drame, revient aujourd’hui sur le parcours du jeune officier et sur les jours sombres de l’Algérie d’alors dans un récit autobiographique sur fond de guerre.
Liant les éléments sociologiques à la presse de l’époque, les travaux des historiens à l’expérience personnelle, l’auteur livre ici un ouvrage sensible fondé sur la mémoire, retraçant la lente maturation d’un être durement frappé à 20 ans.
L’ouvrage donne un éclairage particulier sur le conflit algérien que les appelés du contingent et les cadres militaires de l’époque ont préféré couvrir d’une chape de silence.

[rencontre avec l'auteure à la librairie DIALOGUES de Brest, le 5 mars 2019 à 18h00 - Parvis Marie-Paul Kermarec, 29200 Brest - Tél : 02 98 44 88 ]

Isaac

 

Livre de Léa Veinstein

Autrefois, lorsqu’on lui demandait si elle était juive, Léa Veinstein répondait  :  «Mon arrière-grand-père était rabbin  !  »  De ce dernier pourtant, elle ne savait rien, pas même le prénom  : Isaac. La mémoire familiale avait préféré l’effacer… Pourquoi  ? C’est ce que Léa décide un jour d’élucider, alors que tout dans sa vie la ramène vers un judaïsme qu’elle avait longtemps tenu à distance  : ses études de philosophie, sa rencontre avec Solal, la naissance de son fils…
Isaac chantait à l’époque où il n’était encore que ministre officiant à la synagogue de Neuilly. Tous ceux qui l’ont connu se rappellent sa voix magnifique. Mais lorsque Paris fut occupé, et le rabbin de Neuilly contraint de fuir, Isaac prit sa relève. Le régime de Vichy lui octroya une carte de légitimation - découverte bouleversante pour Léa : ce papier signifiait-il qu’Isaac avait collaboré, ou choisissant de rester, ne s’était-il engagé à protéger sa communauté?
Dans ce récit très personnel, Léa Veinstein ébauche des réponses comme on se fraye un chemin, tantôt indignée, inquiète, ou apaisée. Grâce aux témoins d’hier et d’aujourd’hui, grâce aux documents qu’elle retrouve au cours de son enquête, elle parvient à nous offrir un texte tendre et sans complaisance  : hommage à l’aïeul effacé, hommage à la famille… Et tentative de comprendre, à une époque où l’antisémitisme ressurgit de façon terrifiante, ce que signifie «  être juif  » : une identité bien sûr, une transmission - une liberté, surtout.

[Note de lecture de Corinne Bacharach sur son blog]
IsaacIsaac [114 Kb]

Shiloh

 

Livre de Shelby Foote

 "Le ciel s'était éclairci, les nuages s'effilochaient, et à quatre heures le soleil perça ; le vert vif de l'herbe et des feuilles vira à l'argent, les flaques de la route se remplirent d'or." Dans la nature luxuriante du Tennessee, la violence règne en maître. Nous sommes en 1562 : depuis un an, la guerre de Sécession meurtrit le pays. Shiloh raconte cette blessure profonde à travers les voix de six soldats des deux camps. Shelby Foote approche au plus près l'âme humaine, l'absurdité des combats, la détresse et la peur. Dans ce roman déchirant, le bien et le mal se confondent, les certitudes vacillent. Publié en 1952, ce trésor retrouvé de la littérature américaine est traduit pour la première fois en français.

[pour s'y retrouver dans les causes, la chronologie et le conséquences de cette guerre, lire utilement "La guerre de Sécession" de Farid Ameur, PUF Que sais-je?]

[L'intégralité d'un article paru dans LA CAUSE LITTERAIRE]

ShilohShiloh [88 Kb]

Les bacheliers perdus

 

Deux livres inédits de Jules Vallès

À côté des manuscrits du Bachelier et de L’Insurgé, le fonds Jules Vallès de la Bibliothèque nationale renferme les manuscrits de deux étonnants romans d’apprentissage inachevés et inédits. Ils racontent les déboires de deux bacheliers pauvres.

Le premier, Aristide Gerdy, fils d’un proviseur de province, échoue successivement au concours de l’École Normale Supérieure et à la licence.

Le second, André Gerdit, issu d’une famille de petits paysans propriétaires, obtient la licence de droit pour s’apercevoir trop tard qu’il n’a pas les moyens matériels d’exercer le métier d’avocat.

En dépit du soutien de parents aimants, tous deux sont voués à la misère tant par leur origine modeste que par la vacuité de leurs diplômes. Leur parcours présente de nombreux points communs avec celui du jeune Vallès. « Victimes du livre » comme lui, Aristide et André ne sont cependant pas des « réfractaires » – le premier surtout – mais des « réguliers » que leur innocence et la malchance, tout autant que leur origine modeste, condamnent. Probablement rédigées sous l’Empire entre 1866 et 1868, ces « Mémoires d’un naïf » préfigurent les « Mémoires d’un révolté », titre original du Bachelier, dont ces manuscrits, chargés de ratures, de corrections et d’ajouts, éclairent singulièrement la genèse.

[un article paru dans EN ATTENDANT NADEAU n° 74-février 2019]

L'indésirable

 

Livre de Louis Guilloux

1917 : la guerre s’éternise dans la boue des tranchées. À Belzec, une ville de l’arrière, les autorités ont établi un camp de concentration où sont parqués les étrangers indésirables. Un professeur d’allemand, M. Lanzer y sert d’interprète, s’attirant, par sa tolérance, la sympathie des prisonniers. Lui et sa famille ont d’ailleurs secouru une vieille Alsacienne, échouée là par hasard. En retour, elle leur lègue, peu avant sa mort, ses maigres économies et quelques bijoux en sa possession.
Une rumeur, orchestrée par un collègue de Lanzer, accuse à tort le professeur d’avoir profité des largesses de la « boche ». Quand le fils du principal, revenu blessé du front, découvre la mise au ban de son ami, il prend sa défense, au risque de devenir le nouvel indésirable…
Écrit en 1923 et resté inédit à ce jour, ce roman de jeunesse de Louis Guilloux brosse le tableau saisissant d’une humanité en guerre perpétuelle. L’auteur du Sang noir y révèle déjà un talent remarquable pour dire l’impensé de l’époque : que la barbarie, loin d’être circonscrite aux champs de bataille, peut surgir en chaque individu.

LIndesirableLIndesirable [163 Kb]

Le tunnel

 

Livre d'Avraham B. Yehoshua

Zvi Louria commence à perdre la mémoire. Il a 73 ans, ingénieur à la retraite depuis cinq ans. D’abord, ce sont seulement les prénoms des uns et des autres qui lui échappent, mais quand il manque de repartir du jardin d’enfant avec un garçon qui ressemble à son petit-fils, il consulte un neurologue. Le diagnostic – une atrophie du lobe frontal – est certes sévère, mais assorti de quelques encouragements du médecin : ce dernier conseille à Zvi et son épouse de ne pas baisser les bras. D’après lui, il faut redoubler d’activité, et ne pas négliger le désir dans le couple, pour lutter contre ce début de démence qui risque de l’engloutir.
Sa femme Dina, une pédiatre encore en activité, le pousse alors à proposer son expertise d’ingénieur à son ancien employeur, pensant qu’une activité professionnelle même bénévole lui permettrait ce sursaut volontaire encouragé par le neurologue. Ce sera donc au jeune Assaël Mimouni, l’ingénieur en charge de la construction d’une route secrète dans le désert du Négev et fils d’un ancien collègue de Louria, de gérer le vieil homme. Mais quand tous deux arrivent sur l’emplacement du chantier et découvrent le campement d’une famille de Palestiniens réfugiés sur la colline par laquelle la route devait passer, le projet se complique, et Zvi Louria propose alors de creuser un tunnel plutôt que d’aplatir la butte et de déloger la famille…  
Le nouveau roman du grand conteur israélien mêle habilement la question de la perte de mémoire à celle des identités israélienne et palestinienne. A.B. Yehoshua parvient à évoquer avec une justesse infinie la tendresse d’un couple vieillissant face à l’épreuve de la maladie tout en dépeignant une fois de plus la société israélienne dans toutes ses contradictions.

LeTunnelLeTunnel [124 Kb]

à la ligne

 

Livre de Joseph Ponthus

À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.
Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

[Auteur interviewé à La Grande Librairie du 6 février 2019]

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« Un moi sans masque ». L’Autobiographie au Vietnam (1887-1945)

 

Livre de Doan Cam Thi

Longtemps, pour l’opinion publique comme les sciences sociales et humaines, l’Occident moderne a été la matrice de l’individu. Nombre de travaux récents sur les aires dites « extra-occidentales » ont heureusement bousculé les oppositions simplistes : individualisme/holisme, modernité/tradition, Occident/Orient, entre autres.

Dans cette veine, le présent essai interroge la période qui s’étend de 1887 – date de la parution du premier roman vietnamien du « je », L’Histoire de Lazaro Phien de Nguyen Trong Quan – aux années 1925-1945, marquées par trois autobiographies fondatrices. Si dans Le Grand Rêve (1928) Tan Dà retrace son parcours singulier, de sa formation mandarinale à son accès au statut d’écrivain moderne tout en revendiquant l’empreinte de Zhuangzi et de son fameux rêve de papillon, Jours d’enfance (1938) et Herbes folles (1944) sont, quant à eux, l’œuvre de Nguyên Hông et de Tô Hoài, issus de l’école franco-indigène, lecteurs passionnés de Rousseau, Freud, Gide, Marx, Trotski, et futurs révolutionnaires.

Comment l’autobiographie, ce genre littéraire spécifique, s’est-elle inscrite dans une longue tradition vietnamienne de l’écriture de soi ? L’ouvrage explore ici la manière dont la littérature du moi s’est élaborée en tissant un lien direct avec un projet national indissociable de la modernisation et de la décolonisation.

[voir également la page consacrée à la lttérature vietnamienne contemporaine]

UnMoiSansMasqueUnMoiSansMasque [255 Kb]

La guerre des pauvres

 

Livre d'Eric Vuillard

1524, les pauvres se soulèvent dans le sud de l’Allemagne. L’insurrection s’étend, gagne rapidement la Suisse et l’Alsace. Une silhouette se détache du chaos, celle d’un théologien, un jeune homme, en lutte aux côtés des insurgés. Il s’appelle Thomas Müntzer. Sa vie terrible est romanesque. Cela veut dire qu’elle méritait d’être vécue ; elle mérite donc d’être racontée.

 

[Un article de la revue belge POLITIQUE - 27/01/2019,un entretien sur FRANCE CULTURE - 26/01/2019, un article de MEDIAPART - 21 janvier 2019]

[Interview d'Eric Vuillard dans L'HUMEUR VAGABONDE", le 23 février2019]

west

 

Livre de Carys Davies

John Cyrus Bellman, jeune veuf inconsolé, vit avec sa petite fille de dix ans, Bess, dans leur ferme de Pennsylvanie. Un entrefilet dans la gazette locale, faisant état d’une découverte stupéfiante, va le sortir de sa mélancolie et de son désœuvrement : de mystérieux ossements gigantesques auraient été déterrés, quelque part dans le Kentucky. Nous sommes au dix-neuvième siècle, et le continent américain demeure pour une large part inexplorée. Qu’y a-t-il donc à l’ouest ? Se pourrait-il que des créatures fantastiques rôdent dans les terres inconnues qui s’étendent au-delà du fleuve Mississippi ? Bellman décide d’en avoir le cœur net et, s’improvisant aventurier, part à la recherche des bêtes sauvages, en compagnie d’un jeune éclaireur indien répondant au nom de Vieille Femme de Loin.

Bess, livrée à elle-même et aux bons soins d’une tante revêche, passera de longs moments, penchée sur les atlas de la bibliothèque, à suivre en imagination le périple de son père – sans se douter que les monstres n’existent pas que dans les songes ou aux confins du monde, mais qu’ils sont aussi là, bien réels, à notre porte

[Note de lecture de Pierre Ahnne]

WestWest [190 Kb]

Dévotion

 

Livre de Patti Smith

C’est une histoire d’obsession qui anime Patti Smith, d’obsession créatrice, que l’on retrouve sous différentes formes dans cet ouvrage très personnel. De passage à Paris, l’artiste observe tout et absorbe tout. À la manière d’un journal intime, elle retranscrit ses impressions qui viendront nourrir « Dévotion », la nouvelle qui compose le cœur du livre et lui donne son titre, conte poétique et glaçant qui revisite le Faust de Goethe au féminin.
Patti Smith nous offre ici un aperçu émouvant de son processus d’écriture mais aussi une réflexion sur ce qui la pousse à écrire, encore et toujours.

DevotionDevotion [132 Kb]

je ne parle pas la langue de mon père

 

Livre de Leïla Sebbar (réédition)

Je ne parle pas la langue de mon père et L’arabe comme un chant secret sont deux récits qui se répondent et donnent la clé de l’œuvre de Leïla Sebbar.
Ils témoignent de son obstination d’écrivain face à cette question pour elle lancinante, depuis l’Algérie coloniale où elle est née d’un père algérien et d’une mère française, jusqu’à Paris où elle écrit son père dans la langue de sa mère : comment vivre séparée du roman familial de « l’étranger bien-aimé » qui, par son silence, l’a tenue à distance ?
Cette question que l’exil exacerbe, peu l’ont explorée avec autant d’acuité que Leïla Sebbar dans ces récits devenus des classiques, ici réédités avec des textes d’écrivains et universitaires, des aquarelles de Sébastien Pignon et des images de sa mythologie affective.

Blue book

 

Livre d'Elise Fontenaille - N'Diaye

Il est une chose dont peu se souviennent, c’est que l’Allemagne fut une puissance colonisatrice. De 1883 à 1916, elle occupa ce qu’on appelait alors le Sud-Ouest africain, l’actuelle Namibie. Il en est une autre que beaucoup ignorent, c’est que cette colonie fut le théâtre du premier génocide du XXe siècle. Un génocide oublié, occulté même, car le premier rapport officiel – le fameux Blue Book – sur le massacre des Hereros et des Namas fut soustrait à la connaissance du public en 1926.
Élise Fontenaille-N’Diaye, alors qu’elle enquêtait sur son aïeul, le général Mangin, a retrouvé ce rapport disparu. Dès lors, elle se devait de raconter.

Si ce livre vise à ranimer le souvenir de cette sombre page de l’histoire du colonialisme, il ne se veut pas un ouvrage de spécialiste. L’auteur y donne son point de vue d’écrivain, son point de vue personnel.

Quelque part entre le désert du Kalahari et la presqu’île de Shark Island, au large de Lüderitz, s’est déroulée une macabre répétition générale, préfiguration des exterminations à venir.

[Un dossier sur le 1er génocide du 20è siècle]

BlueBookBlueBook [104 Kb]

RÉCITS DE VIE EN MILIEU CARCÉRAL - Des vies cabossées des identités blessées

 

Livre de Marie-Hélène Verneris (Préface de Hans Clause)

Cet ouvrage s'inscrit dans la continuité des expériences de recherche formation associée à la recherche biographique menées depuis plusieurs années dans l'univers très fermé de la prison en y occupant une place originale dans le champ des récits de vie. L'auteure nous fait découvrir dix personnages, dont les histoires de vies « cabossées » sont le reflet de leurs nombreuses blessures identitaires, sous la forme d'autoportraits d'instants de vie.

Jours de travail / les journaux des Raisins de la colère

 

Livre de John Steinbeck 

John Steinbeck a écrit Les Raisins de la colère entre juin et octobre 1938, dans un moment de bouillonnement et de tension extraordinaire. Tout au long de cette période, il a tenu un journal qui retrace scrupuleusement son expérience et le révèle dans les affres de la création. Face à la page blanche, aux doutes, aux obstacles qui le ralentissent, l'empêchent de penser, l'écrivain tient avec obstination le fil de l'écriture. Il défend ses personnages, son intrigue, guette le miracle qui pourrait lui offrir ce chef-d’œuvre dont il est le premier à questionner la possibilité… En 1941, après le succès colossal du roman, après les controverses et les menaces, tandis que la guerre fait rage et que l'argent afflue, John Steinbeck reprend la plume. Seul son journal pourra le guider vers le nouveau livre d'une vie nouvelle

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Falafel sauce piquante

 

BD. Dessinateur / Scénariste / Coloriste : Michel Kichka

L'Israël dessinée dans les médias, trop souvent réduite au conflit israélo-palestinien qui exacerbe le monde entier ne correspond pas toujours à l'Israël de Michel Kichka dont il connaît le peuple, Falafel sauce piquante est le récit autobiographique romancé de son rapport à ce pays. Quarante et une années de vie adulte à Jérusalem racontées à travers ses rencontres, ses souvenirs, les événements politiques, une vie dans une Terre de conflits, mais aussi Terre de miracles.

Tout cet hier à l’intérieur de moi

 

Livre d'Antoine Silber

Un voyage à Cracovie, où l'auteur, retrouvant les maisons familiales à l'abandon et les tombes profanées, rend hommage à ses ancêtres. Mettant ses pas dans les leurs, il trouve enfin sa place dans cette lignée de Juifs magnifiques. Être l'arrière-petit fils de Lazare, le petit-neveu de Samuel, le petit-fils d'Ernest, le neveu de Roger, descendre de ces hommes-là, au fond, m'obligeait. Pour Antoine Silber est venu le temps de trouver sa place dans sa lignée familiale. Après un livre sur sa mère, Le silence de ma mère, et un livre sur son père, Ton père pour la vie, il décide de remonter plus loin, de suivre pas à pas cette famille de juifs polonais, natifs de Cracovie, qui, bientôt, se disperseront, au début du vingtième siècle, rejoignant en cela l'histoire de tant de juifs contraints à l'exil, fuyant les pogroms puis plus tard, l'horreur nazie. L'Amérique pour certains, Anvers et le quartier des diamantaires, les plages d'Ostende ou la France pour les autres, tous viennent de Cracovie, de Kazimierz, le quartier juif de la ville où son arrière grand-père était rabbin. C'est là que l'auteur décide de retourner, là où il ne reste que des adresses imprécises et des tombes profanées, dans cette ville qui immédiatement lui paraît familière et connue, dans ces rues pleines de froid et de glace où il lui semble apercevoir les silhouettes de ses ancêtres, dont il raconte avec émotion, les histoires, les choix, les succès et les échecs, tout cet entrelacs de vies et de destinées qui feront de lui une partie de ce qu'il est aujourd'hui. D'où vient-on ? Quel rôle joue-t-on dans la transmission de ce qui est l'histoire d'une famille mais aussi, plus largement l'histoire d'un peuple entier. Mais ce voyage initiatique vers le passé, Antoine Silber ne le fait pas seul. Il est accompagné de Laurence, la femme aimée, celle qui écoute, comprend, tient fort la main dans les moments de trop grande émotion. Et c'est aussi l'histoire d'un couple qui fait écho à celle d'une famille. Antoine Silber nous donne là son livre le plus accompli, celui qui, par sa densité et sa sincérité, mêle avec profondeur et justesse la grande Histoire et son histoire particulière. En redonnant vie à ces âmes enfuies, en leur prêtant sa voix et ses mots, il nous les donne à voir et à aimer.

La blessure

 

Livre de Jean-Baptiste Naudet

1960. Il a tout juste vingt ans. Alors qu'il patrouille dans le djebel algérien, le sergent Robert Sipière est tué d’une seule balle. A Paris, Danièle, sa fiancée, est dévastée. Toute sa vie, elle gardera sur son cœur les lettres d’Algérie. Et sombrera dans la folie.
Des années plus tard, son fils, Jean-Baptiste, devient reporter de guerre. Pourquoi affronte-t-il lui aussi l’horreur des conflits  ? A tant fixer la mort, la folie le guette à son tour. Jusqu’au jour où il découvre la correspondance entre sa mère et un jeune sergent mobilisé en Algérie, son premier fiancé. Il commence à comprendre qu’il est prisonnier d’un destin qui n’est pas le sien.
De ces trois vies sacrifiées, Jean-Baptiste Naudet tresse une même blessure. Et livre un grand récit sur la guerre, la filiation, l’amour.

["La Blessure" de Jean-Baptiste Naudet : le récit magistral d'une quête de vérité et de pardon - France inter 5 janvier 2019]

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idiss

 

Livre de Robert Badinter

J'ai écrit ce livre en hommage à ma grand-mère maternelle, Idiss.
Il ne prétend être ni une biographie, ni une étude de la condition des immigrés juifs de l'Empire russe venus à Paris avant 1914.
Il est simplement le récit d'une destinée singulière à laquelle j’ai souvent rêvé.
Puisse-t-il être aussi, au-delà du temps écoulé, un témoignage d'amour de son petit-fils.

[Vidéo Robert Badinter à LA GRANDE LIBRAIRIE]

[Vidéo Robert Badinter au Mémorial de la Shoah]

 

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Suzanne

 

Livre de Frédéric Pommier

Un récit fort et personnel qui est à la fois une traversée du siècle dernier et une dénonciation terriblement actuelle des conditions de vie dans les EHPAD (les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes).

« Elle s'appelle Suzanne et elle a 95 ans. Malgré les drames, elle a toujours aimé la vie.
A l'école, c'était la première en sprint. Puis, elle est devenue une grande joueuse de tennis. Elle adorait rouler vite et rêvait de faire des rallyes automobiles. Elle a toujours voulu tout voir, tout faire, tout lire, tout visiter. Elle dit tout haut ce qu'elle pense, et tant pis si ça vexe. Elle ne sait pas mentir. Elle ne sait pas pleurer non plus. Sauf quand elle est heureuse. . Jamais quand elle a mal ou qu'elle a du chagrin. Elle a du caractère et ne se laisse pas faire. Elle déjeune en terrasse, quelle que soit la saison. Elle ne boit jamais d'eau, que du rosé ou de la bière, c'est plus désaltérant. Elle aime les plats en sauces et la cuisine à la crème – on ne renie pas ses origines, Suzanne est née en Normandie.
Elle est née le 5 juin 1922 rue de la Solitude, à Sainte-Adresse, près du Havre. Sa mère ne l'aimait pas, et c'était réciproque. Avec son père, c'était la passion. Lui était artiste ; ils se comprenaient. Elle s'est mariée pendant la guerre. Un très beau mariage à Laval, en pleine occupation. Son mari était avocat à Laval. Ils allaient au théâtre, ils recevaient, beaucoup. La petite bourgeoisie de province des années 50. Elle avait le goût du spectacle et de la mise en scène. Elle rêvait de New-York et de Jérusalem. Elle rêvait d'être comédienne. Elle a connu des tragédies.
Un à un, Suzanne a perdu tous les hommes de sa vie. Son petit frère, son fils, son père, son mari. Elle avait quarante ans, et elle dit que, pour elle, tout s'est arrêté ce jour-là. Après, il n'y a plus eu de fêtes, il y a eu moins d'amis. Seule, Suzanne a élevé ses quatre filles, auxquelles elle a tenté d'inculquer l'essentiel : faire bonne figure, toujours, et en toutes circonstances, garder le sens de l'humour.
Mais il y a quelque temps, elle a commencé à perdre l'équilibre. Elle est tombée plusieurs fois. Impossible de se relever. Impossible de rester chez elle. Elle a dû tout vendre ou donner. Adieu l'appartement, les meubles et les souvenirs. Après avoir vaillamment traversé les tourments du siècle, elle vit maintenant dans un EHPAD, un Etablissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes.
Là-bas, son existence ressemble à une bouillie insipide servie dans des plateaux en plastique. Des remarques infantilisantes, des humiliations, des objets qui disparaissent... Elle sait qu'il y a pire ailleurs : des surdoses de médicaments, des injures voire des coups – des coups sur le petit papy, des coups sur la petite mamie... Comme si la fin de la vie n'était déjà plus de la vie. Suzanne ne mange presque plus. Elle a beaucoup maigri. " Il est très efficace, leur programme minceur ", souffle-t-elle avec ironie.
Depuis qu'elle a quitté son domicile, elle a perdu près de vingt kilos. Et moi, quelques grammes d'humour, parce que cette vieille dame de 95 ans, Suzanne, c'est ma grand-mère. »

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Vivre ma vie - Une anarchiste au temps des Révolutions

 

Livre d'Emma Goldman

Née en 1869 dans l’Empire russe, Emma Goldman s’exile aux États-Unis à 16 ans. Pauvreté, exploitation et désillusions l’y attendent. Elle plonge alors à corps perdu dans le chaudron politique et intellectuel. Activiste et conférencière anarchiste aussi célèbre que redoutée, elle sillonne au gré des luttes une Amérique en pleine ébullition. Expulsée en 1919 vers la Russie, accueillie chaleureusement par Lénine, elle découvre une réalité qu’elle ne cessera de dénoncer avec courage tout en poursuivant son inlassable combat pour l’émancipation.
Son époustouflante épopée mêle morceaux de bravoure et moments d’intimité, grands affron­tements politiques et vie d’une femme hors du commun, poésie et quotidien, espoir et désenchantement. Ce texte magistral est à la fois une fresque historique qui donne le vertige, tant on y croise toutes les grandes figures révolutionnaires, une œuvre puissante d’une rare sensibilité et l’un des plus beaux chants d’amour à la révolte et à la liberté. Un monument de la littérature anarchiste enfin traduit intégralement en français.

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13 à table !

 

Un livre acheté = 4 repas distribués par Les Restos du Cœur

Des nouvelles de Philippe BESSON • Françoise BOURDIN • Maxime CHATTAM • François d'EPENOUX • Éric GIACOMETTI • Karine GIEBEL • Philippe JAENADA • Alexandra LAPIERRE • Agnès MARTIN-LUGAND • Véronique OVALDÉ • Romain PUÉRTOLAS • Jacques RAVENNE • Tatiana de ROSNAY • Leïla SLIMANI • Alice ZENITER

Cette année, c'est la fête !
C'est la fête qui est à l'honneur dans ces 12 nouvelles, rédigées par 13 auteurs (Giacometti & Ravenne sont de nouveau en binôme).
On célèbre les 5 ans de cette collection dont les bénéfices vont aux Restos du Coeur.
Comme les années précédentes, il y en a pour tous les goûts : du bling-bling, de l'épate, de la bonne franquette, de la fête à Neuneu, de la fête neuneu, de la fête qu'on boudera (par contrainte ou par choix), des bulles dans les flûtes, des petits-fours, des victoires à célébrer, des déguisements de Carnaval, de la foule qui - au contraire de celle de Piaf - vous rapproche.

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60 ans de journalisme littéraire - t.1 Les années "Combat"

 

Articles de Maurice Nadeau

Ce premier tome, préfacé par Tiphaine Samoyault, rassemble l’intégralité des textes littéraires de Maurice Nadeau parus entre 1945 et 1952 dans le journal Combat d’Albert Camus, La Revue internationale de Pierre Naville, l’hebdomadaire Gavroche et la revue du Mercure de France. Soixante ans de journalisme littéraire relate un itinéraire hors du commun où édition, journalisme littéraire et batailles d’idées sont étroitement mêlés pour définir en creux une personnalité. Les années Combat c’est Sade, Gide, Léautaud, Artaud, Giono, Malraux, Céline, Cendrars, Sartre, Camus, Miller, Queneau, Blanchot, Genet, Cioran, Beckett, Barthes, Bataille, Char ou Michaux. Plus qu’un recueil, c’est la première étape de l’évolution du monde littéraire qui s’affiche au lendemain de la Libération.

Un tome II sera prochainement consacré aux années de la revue Les Lettres Nouvelles (1953-1966).

Le tome III couvrira les années de La Quinzaine littéraire (1966-2013).

[Recension sur le site EAN - 19 décembre 2018]

Les Passeurs de livres de Daraya - Une bibliothèque secrète en Syrie

 

Livre de Delphine Minoui

De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd'hui d'étouffer. Ce récit, fruit d'une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.

En Compagnie des Indes

 

Le nouveau roman de Catherine Malard doit paraître fin janvier 2019

Trente cinq ans après, Anouk refait le voyage pour éprouver à nouveau L’Expérience de l’Inde. C’est alors que lui revient en mémoire le film dont elle ne put plus interrompre les images : le labyrinthe affolant des villes, les odeurs, les couleurs, les rencontres avec les hommes et les dieux, ses amours, ses peurs et ses questions.

A chaque page, Anouk fait vibrer cette Inde des paradoxes, continent mythique et réel qui inquiète et fascine toujours autant le voyageur occidental

ETHIOPIE, MON SILENCE - Les blessures de Moyalé

 

Livre de Michèle Bauve Caviglia  - Préface de Marc Fontrier

Éthiopie 1976. Depuis deux ans, une révolution a balayé la monarchie. Entre espoir et désarroi, le pays ne mesure ni les profonds changements internes qui se dessinent, ni les lourdes menaces qui pèsent sur les équilibres régionaux. Au mois d'août, un groupe de jeunes enseignants, établis en Éthiopie au titre de la coopération, entreprend un voyage vers le sud. Or, au passage de la frontière à Moyalé, le village est attaqué, par des soldats somaliens selon toute vraisemblance. L'auteure, grièvement blessée, tente de rapporter ici la somme de ses ressentis. De l'incompréhension chaleureuse des uns au silence cruel des systèmes, comment procéder à l'exorcisme, comment répondre au fil des ans, dans l'intimité du vécu, à la somme des « pourquoi » ?

La Cartomancie du territoire

 

Livre de Philippe Ducros (texte de sa pièce de théâtre)

Hiver 2015 : Philippe Ducros parcourt le Québec et ses réserves autochtones. Il veut voir ces peuples en bordure des villes et de l'immensité, mesurer le déracinement et les ravages de l'endoctrinement. Il écoute, tente de déchiffrer les blessures du passé et la force tranquille de ces survivants de l'Histoire, avec l'intuition qu'à travers eux, il apprendra à guérir, lui aussi. En résulte un récit polyphonique, entre road trip, carnet de voyage et témoignages.

Uniques. Cahiers écrits, dessinés, inimprimés

 

Livre de Jacques Berchtold, Christophe Imperiali, Thierry Davila  

Uniques. Cahier écrits, dessinés, inimprimés est consacré aux cahiers et aux carnets d'artistes, d'écrivains, de philosophes, de scientifiques... qui n'ont jamais été imprimés.
Beaucoup plus que des brouillons ou des esquisses, les documents présentés dans cet ouvrage sont des œuvres à part entière, des livres faits à la main (souvent foliotés, parfois accompagnés d'un sommaire, ils sont pour la plupart le fruit d'une mise en pages construite effectuée à main levée), voire des livres édités et retravaillés pour devenir des œuvres inimprimées.
Richement illustré des plus belles pages de chacun, cet ouvrage permet de découvrir entre autres les cahiers, carnets et manuscrits de Stefan Zweig, Arthur Schopenhauer, Robert Droguet, Frédéric Bruly Bouabré, Claude Rutault, Jorge Luis Borges, Marcel Miracle, Robert Filliou, Michel Butor, Marcel Proust, Anatole France, Isaac Newton, Stéphane Mallarmé, Yann Sérandour, Johann Wolfgang von Goethe, Walter Benjamin, Philippe Lacoue-Labarthe, Henri Michaux, Claude Ptolémée, Jean-Jacques Rousseau... le livre de cuisine de Dorothy Iannone, un carnet de tranchée, un manuscrit aztèque, un incunable, une tablette cunéiforme, l'édition originale de Tristram Shandy, un palimpseste.

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Le diariste est dans l'escaler

 

Livre de Jean Desmier

Jean Desmier est un peintre-dessinant. Comme un peintre, il travaille l’espace, la lumière, la matière, la composition. Les noirs, les blancs, le papier sont ses matériaux. Il ne représente pas, il extrait et le dessin se fait corps. La bataille qui se livre donne naissance à une œuvre singulière, ‘inclassable’ : c’est ainsi qu’était qualifié son travail dès ses premières expositions.

Ne pas faire le dessin, le laisser advenir… Se retirer pour approcher un peu plus le cœur de cette question : celle de la nécessité du langage qui maintient le lien à soi et au monde.

Les 70 dessins de la série Mythologies intimes présentée dans ce livre sont le travail le plus récent (2017-2018) de l’artiste. Des textes, extraits de ses écrits quotidiens, les accompagnent.

L’écriteur, ainsi se définit-il, est l’autre versant du peintre-dessinant ; ‘J’écris pour vérifier ma vie’. Pour la première fois, le livre met en résonance ces deux champs d’interrogations que sont pour lui le dessin et l’écrit.

Parfum d'Irak

 

BD de Feurat Alani. Illustrations de Léonard Cohen.

Roman graphique d'un genre singulier, Parfum d'Irak est constitué des 1000 tweets que Feurat Alani a postés sur Twitter durant l'été 2016, poussé par la nécessité de raconter "son Irak". L’auteur nous livre ses souvenirs avec émotion, depuis son premier séjour en Irak à l'âge de 9 ans jusqu'à sa décision de devenir journaliste pour couvrir la guerre sur place. Ce témoignage puissant et unique, illustré par les magnifiques dessins de Léonard Cohen, offre un autre regard sur un pays trop souvent résumé par les images qu’en renvoient les médias.

Journaliste franco-irakien, Feurat Alani livre un récit intime de son expérience de l’Irak depuis les souvenirs de son enfance à la fin des années 1980 jusqu’à ses reportages lors de l’invasion puis de l’occupation américaine. Entre Bagdad et Falloujah en passant par le Kurdistan irakien, il propose un regard vivant sur ce pays déchiré par la guerre et évoque tour à tour sa famille, ses rencontres, ses expériences culinaires, la vie dans les rues, l’organisation des tribus, les angoisses et les attentes de la population. 

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Là où les chiens aboient par la queue

 

Livre d'Estelle-Sarah Bulle

Dans la famille Ezechiel, c’est Antoine qui mène le jeu. Avec son « nom de savane », choisi pour embrouiller les mauvais esprits, ses croyances baroques et son sens de l’indépendance, elle est la plus indomptable de la fratrie. Ni Lucinde ni Petit-Frère ne sont jamais parvenus à lui tenir tête. Mais sa mémoire est comme une mine d’or. En jaillissent mille souvenirs-pépites que la nièce, une jeune femme née en banlieue parisienne et tiraillée par son identité métisse, recueille avidement. Au fil des conversations, Antoine fait revivre pour elle l’histoire familiale qui épouse celle de la Guadeloupe depuis la fin des années 40 : l’enfance au fin fond de la campagne, les splendeurs et les taudis de Pointe-à-Pitre, le commerce en mer des Caraïbes, l’inéluctable exil vers la métropole…

Intensément romanesque, porté par une langue vive où affleure une pointe de créole, Là où les chiens aboient par la queue embrasse le destin de toute une génération d’Antillais pris entre deux mondes.

Le Français a-t-il perdu sa langue ?

 

Livre sous la direction d’Eric Fottorino

Regards croisés sur la langue française : évolutions et débats

Qu'est-ce qu'une langue ? Quels sont les signes de sa vitalité ou de sa déperdition ? Qui décide de sa substance, de ses usages, de ses emprunts ? Le débat récent sur l'écriture inclusive destinée à abroger la domination du masculin sur le féminin afin de ne plus " invisibiliser " les femmes à travers la langue relance une fois de plus un des débats les plus passionnels qui soient dans notre pays : l'enseignement, l'évolution, la protection voire l'expansion du français. Dans ce nouveau tome des 1ndispensables, les plus grands spécialistes du langage expriment un point de vue historique, philosophique, linguistique mais aussi géopolitique sur les évolutions tantôt nécessaires, tantôt contraintes, de notre langue. Depuis que le français s'est détaché du latin, il a vécu une vie à la fois autonome et liée à la culture de ses locuteurs d'outre-mer, sans oublier les pénétrations heureuses ou plus souvent dommageables de l'anglais, de l'américain et, plus récemment avec le triomphe de l'informatique et du numérique, de termes californiens, de datas à mails en passant par arobase. Faut-il s'en inquiéter, faut-il réagir, est-ce au contraire un signe de dynamisme, sachant qu'une langue figée est une langue morte ? L'époque est loin où la langue anglaise était composée à plus de 60% de termes français. Pour autant, notre langue a de beaux jours devant elle, et tant qu'on s'étripera sur la façon de l'écrire et de la parler, gageons qu'elle sera sauvée !

Beautiful America

 

Livre de Jerry Berndt

Beau livre de photos. Textes d’accompagnement en anglais

Jerry Berndt a documenté l’Amérique de 1968 à 1980. Personnellement engagé dans les manifestations anti guerre du Vietnam, son travail alterne le photojournalisme documentaire et la street photography qui montre le visage d’une Amérique sociale en évolution ; photos en noir et blanc.

[des photos sur le site de la Howard Greenberg Gallery]

La chambre de derrière - Pechbonnieu 1940-1944

 

Livre de Laurent Robène - Lettre-préface d'Edgar Morin

Dans ses textes publiés, Edgar Morin a plusieurs fois évoqué son long séjour en 1943 dans la maison des époux Robène à Pechbonnieu. Clara Malraux et Emeric Epstein ont également laissé des écrits relatifs à leurs passages récurrents dans ce refuge. Croisant les témoignages des divers acteurs de cette période encore vivants et exploitant diverses sources d'archives, l'auteur a reconstitué la chronique de la vie quotidienne de ce village de Haute-Garonne et des nombreux pensionnaires clandestins de la maison Robène.

Des tirailleurs sénégalais se racontent

 

Livre d'Abdoul Sow

Cet ouvrage du Pr Abdoul Sow est un saisissant plaidoyer pour la reconnaissance du rôle joué par les tirailleurs sénégalais lors des deux grandes guerres mondiales et lors des guerres coloniales d'Indochine, de Madagascar et d'Algérie. L'auteur y dénonce l'ingratitude de la France vis-à-vis de ceux-là qui l'ont secourue alors qu'elle était à genoux devant le régime nazi allemand.

Zola, l'amoureux

 

Livre de Cécile Delîle 

"On connaît le romancier, le naturaliste, le journaliste, l’humaniste mais connaît-on Zola l’amoureux ? L’homme sillonne à bicyclette la campagne du côté de Médan avec son appareil photographique en bandoulière, pris entre deux cœurs… Celui de Jeanne et celui d’Alexandrine. Lequel choisir ? Il vacille, la route des sentiments est un chemin incertain qu’il a tant parcouru dans ses romans.

« Je fais le tour du jardin, les murs de la maison m’appellent, je rentre à l’intérieur et grimpe l’escalier du grenier. Enfin j’ose, j’ouvre la fenêtre, les volets, le soleil inonde le parquet et laisse flotter une lumière rosée. Alexandrine est sortie la première, la poitrine imposante et le regard lointain, puis Jeanne, la jolie Jeanne à la chevelure miraculeuse et la peau parfumée. Tout sourire, il s’est précipité dehors avec son box 7 pour les photographier. »

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Berlin finale

 

Livre de Heinz Rein

" Nous tenons entre nos mains un témoignage historique absolument unique. " Fritz J. Raddatz, essayiste et journaliste

Publié en 1947 en Allemagne, vendu à plus de 100 000 exemplaires, Berlin finale est l'un des premiers best-sellers post-Seconde Guerre mondiale. Une œuvre passionnante, haletante, audacieuse, qui a su, alors que l'Europe se relevait à peine de la guerre, décrire dans toute sa complexité le rapport des Berlinois au nazisme.
Jusqu'alors inédit en France, un roman-reportage brillant qui nous raconte, à travers les destins d'une poignée de résistants, les derniers jours de Berlin avant sa chute. Un texte majeur, un Vintage événement.

" Berlin finale est une incroyable redécouverte, à la hauteur du roman de Hans Fallada Seul dans Berlin... Très peu de livres restituent d'une manière aussi cauchemardesque et intense l'enfer qu'a été la fin de la Seconde Guerre mondiale. "  Frankfurter Allgemeine Zeitung

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Les Livres de Jakob ou le grand voyage

 

Livre d'Olga Tokarczuk

Hérétique, schismatique, Juif converti à l’islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, tour à tour misérable et richissime, vertueux et abominable, Jakób Frank a traversé l’Europe des Lumières comme la mèche allumée d’un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n’y avait qu’un pas et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant des plus simples : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect d’autrui. Il voulait l’égalité. La vie de ce personnage historique, qui fut considéré comme le Luther du monde juif, est tellement stupéfiante qu’elle semble imaginaire. Un critique polonais, saluant la réussite absolue de ce roman de mille pages, dit qu’il a fallu à Olga Tokarczuk une « folie méthodique » pour l’écrire. On y retrouve les tragédies du temps, les guerres, les pogroms et la ségrégation, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les cuisines, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l’on peine, l’étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu’on raconte aux petits enfants, les mariages où l’on danse, les rires et les premiers baisers. Ainsi que le dit le père Chmielowski, l’autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est « la perfection des formes imprécises ».   Au milieu du XVIIIe siècle, dans le royaume de Pologne et bientôt à travers toute l’Europe des Lumières, le singulier destin de Jakób Frank : mystique, habile politique, débauché, chef religieux ou charlatan, il fut pour les uns le Messie de la tradition juive, pour les autres un hérétique, ou pire, un traître. Pour conserver à son héros toute son ambiguïté, sa complexité et la polysémie de son apparition, la romancière a choisi de ne le montrer qu’à travers les yeux et les propos d’une foule de personnages de tout milieu et de toute condition. Cette épopée universelle sur l’appartenance, l’émancipation, la culture et le désir, est une réussite absolue : elle illustre la lutte contre l’oppression, en particulier des femmes et des étrangers, mais aussi contre la pensée figée, qu’elle soit religieuse ou philosophique.

à son image

 

Livre de Jérôme Ferrari

 Par une soirée d’août, Antonia, flânant sur le port de Calvi après un samedi passé à immortaliser les festivités d’un ma­riage sous l’objectif de son appareil photo, croise un groupe de légionnaires parmi lesquels elle reconnaît Dragan, jadis rencontré pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Après des heures d’ardente conversation, la jeune femme, bien qu’épuisée, décide de rejoindre le sud de l’île, où elle réside. Une embardée précipite sa voiture dans un ravin : elle est tuée sur le coup.
L’office funèbre de la défunte sera célébré par un prêtre qui n’est autre que son oncle et parrain, lequel, pour faire rempart à son infinie tristesse, s’est promis de s’en tenir stric­tement aux règles édictées par la liturgie. Mais, dans la four­naise de la petite église, les images déferlent de toutes les mémoires, reconstituant la trajectoire de l’adolescente qui s’est rêvée en photographe, de la jeune fille qui, au milieu des années 1980, s’est jetée dans les bras d’un trop séduisant militant nationaliste avant de se résoudre à travailler pour un quotidien local où le “reportage photographique” ne sem­blait obéir à d’autres fins que celles de perpétuer une collec­tivité insulaire mise à mal par les luttes sanglantes entre clans nationalistes.
C’est lasse de cette vie qu’Antonia, succombant à la tenta­tion de s’inventer une vocation, décide, en 1991, de partir pour l’ex-Yougoslavie, attirée, comme tant d’autres avant elle, dans le champ magnétique de la guerre, cet irreprésentable.
De l’échec de l’individu à l’examen douloureux des apories de toute représentation, Jérôme Ferrari explore, avec ce roman bouleversant d’humanité, les liens ambigus qu’entre­tiennent l’image, la photographie, le réel et la mort.

[Note de Pierre Ahnne sur son blog]

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François, portrait d'un absent

 

Livre de Michaël Ferrier

Une voix blanche, surgie au milieu de la nuit, annonce à Michaël Ferrier la mort de son ami François et de sa fille Bahia.
Dans la dévastation, la parole reprend et les souvenirs reviennent : comment deux solitudes, jeunes, se rencontrent, s’écoutent et se répondent ; les années d’études, d’internat ; la passion du cinéma, de la radio : la mémoire se déploie et compose peu à peu une chronique de l'amitié, un tombeau à l’ami perdu.
Entre France et Japon, Michaël Ferrier redonne vie aux fantômes, aux absents, aux disparus. Il confère aux choses et aux êtres une sombre beauté, celle de la passion de l’amitié.

[La note de Pierre Ahnne sur son blog]

Frère d’âme

 

Livre de David Diop

Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l'attaque contre l'ennemi allemand. Les soldats s'élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d'Alfa, son ami d'enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s'enfuit. Lui, le paysan d'Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l'effroi. Au point d'effrayer ses camarades. Son évacuation à l'Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d'ultime et splendide résistance à la première boucherie de l'ère moderne.

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Quel soulagement : se dire « j’ai terminé »

 

Livre de Virginia Woolf

Qu’est-ce qui distingue le journal qu’a tenu Virginia Woolf de tant d’autres journaux intimes ? On le lit comme un roman, car il est bien écrit. Comme un roman policier, car le suspense est là : année par année, on assiste sur le vif à la naissance de ses livres. À partir de quelques mots… Presque rien. Ensuite, on l’accompagne dans la plus belle des aventures artistiques. Jusqu’au dénouement, Oh, quel soulagement, se réveiller et se dire : « j’ai terminé ». Comme dans une série on a envie de vivre les prochains épisodes. Heureusement il y en a. La Chambre de Jacob, Mrs Dalloway, Vers le Phare, Orlando…
De plus on n’est jamais lassé car Virginia Woolf en dit beaucoup – et on a l’impression que c’est à nous, lecteurs, qu’elle le dit – sur elle, ses hésitations, sa confiance dans les mots, les bonheurs qu’elle sait nous faire partager, son angoisse au moment de la publication, qui la rend littéralement malade. Et en parallèle, elle écrit des centaines de lettres où, là encore, elle dévoile inlassablement les secrets de son travail. C’est le journal d’un écrivain et, plus encore, le journal d’une vie. Qu’elle a poursuivi jusqu’au mot fin de cette vie.

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Camille contre claudel

 

Livre d'Hélène Zidi [texte de sa pièce]

CAMILLE âgée, c’est l’exploitation de la femme, l’écrasement de l’artiste à qui l’on veut faire suer jusqu’au sang. Tout cela au fond sort de ton cerveau diabolique Rodin. Tu n’avais qu’une peur, c’est que toi, étant mort, je prenne mon essor comme artiste et que je devienne plus que toi ! Il fallait que tu arrives à me tenir dans tes griffes après ta mort comme pendant ta vie. Il fallait que je sois malheureuse toi mort comme vivant. Tu as réussi en tout point car pour être malheureuse, je le suis ! Camille Claudel se dédouble, l’une à 20 ans, avec tous ses espoirs, sa fraicheur, son insouciance, sa fougue et sa passion. L’autre à 79 ans, à l’aube de sa mort avec l’expérience et le recul sur son existence. Elles s’aiment, se détestent, s admirent et se confrontent dans un dialogue intense et profond sur l’amour, l’art, la solitude, la création, les peurs et les regrets. Le chemin parcouru, l’une vieillissant, l’autre rajeunissant, au fil du récit, dessine les contours de cette artiste passionnée, avant-gardiste et révolutionnaire dans la société de l’époque, le monde des hommes et celui de l’art !

Heimat - loin de mon pays

 

BD de Nora Krug

Depuis longtemps, Nora Krug ressent que le simple fait d'être citoyenne allemande la relie à l'Holocauste, lui interdisant tout sentiment de fierté culturelle. Après douze ans passés aux États-Unis, et alors qu'un non-dit plane sur la participation de sa famille à la guerre, elle part à la recherche de la vérité...

Entre bande dessinée et album photo, une enquête intime stupéfiante au cœur de l'Allemagne nazie.

[Un article des Inrocks]

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