Tous livres à lire

Livres 2011

Livres 2011

Bonnes lectures

 

Les livres par année de présentation sur le site : 

Depuis 2013    Année 2012    Année 2011     Année 2010      Année 2009  

 

Liste alphabétique des 841 auteur.e.s et des 866 livres présentés sur le site depuis 2010.

Pour lire la fiche d'un livre, cliquer sur le titre du livre.

 

Le fichier des livres depuis 2010 (au format Excel) 

 

Attention

  • Les noms avec la particule DE ou D' sont classés à la lettre - D -
  • Le nom COLLECTIF compte à chaque fois pour un seul nom 
  • Quand un livre est dirigé par un ou plusieurs auteurs, seuls les noms des directeurs sont mentionnés et comptabilisés
  • Les 111 livres présentés en 2009 ne sont pas repris dans ce fichier Excel, mais sont disponibles directement dans la page de l'année 2009  

 Voir également

Livres 2011

Des livres pour l'été 2019

tous les livres depuis 2013

Les livres avant 2013 : Année 2012   Année 2011    Année 2010    Année 2009

Naissance d’une grand-mère

 

Livre d'Annemarie Trekker

Naître grand-mère, c'est ouvrir son regard sur un art de vivre, d'aimer et d'exister. Cette expérience intime se déroule au fil des jours et des pages à travers un récit pris sur le vif et animé par plusieurs voix. Un tremplin pour l'imaginaire, les désirs et les projets dans le cercle de famille. L'apparition de chaque nouveau pion sur l'échiquier des générations fait bouger le jeu et les enjeux tandis qu'une malicieuse intimité se tisse entre les partenaires.

Présentation par l’auteure : https://www.youtube.com/watch?v=idicxeyU1kE&feature=youtu.be

L'écrivain public

 

Livre de Dan Fesperman

New York, 1942. Alors que le pays marche vers la guerre, et que la ville est en proie à la paranoïa, des meurtres vont mettre l'inspecteur Woodrow Cain sur la piste de sympathisants nazis...

9 février 1942. Dès son arrivée à New York, Woodrow Cain, un jeune flic du sud des États-Unis, est accueilli par les flammes qui s'échappent du paquebot Normandie, en train de sombrer dans l'Hudson. C'est au bord de ce même fleuve que va le mener sa première enquête, après la découverte d'un cadavre sur les docks, tenus par la mafia. Là, il fait la connaissance d'un écrivain public, Danziger, obsédé par les migrants qui arrivent d'une Europe à feu et à sang, ces fantômes au passé déchiré et à l'avenir incertain. Celui-ci va orienter Cain vers Germantown, le quartier allemand, où, dans l'ombre, sévissent les sympathisants nazis. Alors que le pays marche vers la guerre, la ville est en proie à une paranoïa croissante. Et les meurtres continuent...

LEcrivainPublicLEcrivainPublic [135 Kb]

Une amie de la famille

 

Livre de Jean-Marie Laclavetine

« Le 1ᵉʳ novembre 1968, alors que nous nous promenions sur les rochers qui surplombent la Chambre d’Amour à Biarritz, ma sœur aînée a été emportée par une vague. Elle avait vingt ans, moi quinze. Il aura fallu un demi-siècle pour que je parvienne à évoquer ce jour, et interroger le prodigieux silence qui a dès lors enseveli notre famille. Je suis parti à la recherche d’Annie. Je l’ai vue revenir intacte dans sa fougue, ses doutes, ses enthousiasmes, ses joies et ses colères : une jeune femme d’aujourd’hui. » Jean-Marie Laclavetine.

Vanessa et Virginia

 

Livre de Susan Sellers

Dans la douceur d'un jardin anglais, deux jeunes filles s'éveillent au monde. Elles sont sœurs, fusionnelles mais rivales, toutes deux animées par l'art et le goût de la liberté. Vanessa veut être peintre, tandis que la fragile Virginia se destine à l'écriture. Virginia deviendra Virginia Woolf, une des plus grandes romancières du XXe siècle. Elle et Vanessa ne se quitteront jamais. Des blessures de l'enfance au célèbre cercle littéraire de Bloomsbury, des éclairs de génie aux tumultes des amours contrariées, Vanessa et Virginia met magnifiquement en scène les destins croisés de deux sœurs légendaires, Vanessa Bell et Virginia Woolf, portés par la passion et la tragédie.

Vincent qu'on assasine

 

Livre de Marianne Jaeglé (réédition)

Auvers-sur-Oise, juillet 1890.
Vincent Van Gogh revient du champ où il est allé peindre, titubant, blessé à mort. Il n’a pas tenté de se suicider, comme on le croit d’ordinaire. On lui a tiré dessus.
Inspiré par les conclusions des historiens Steven Naifeh et Gregory White Smith, ce roman retrace dans un style épuré les deux dernières années de la vie du peintre et interroge sa fin tragique.
Qui est responsable de sa mort ? Pourquoi l’a-t-on tué ? Comment la légende du suicide a-t-elle pu perdurer cent vingt années durant ?
En montrant Vincent Van Gogh aux prises avec son temps, avec ceux qui l’entourent et avec la création, le roman rend justice à un homme d'exception que son époque a condamné à mort.

Fugues

 

Livre d'Arthur H

« J’avais quinze ans, et un mois plus tôt j’avais fugué. Ça avait été beaucoup plus simple que je ne le croyais. On était à l’aéroport de Pointe-à-Pitre, pour rentrer à Paris, et j’avais fermement pris ma décision. Deux jours avant, il s’était passé une chose prodigieuse et après cette chose je ne pouvais plus revenir en arrière. »

Arthur H signe ici un bouleversant autoportrait, en trois fugues. Celle de sa mère, Nicole Courtois, à l’âge de dix-huit ans. La sienne, lorsqu’il avait quinze ans, pendant un séjour en Guadeloupe avec son père Jacques Higelin, dans la maison de Coluche. Et la dernière fugue de Bach, laissée inachevée : L’Art de la fugue.

FuguesFugues [121 Kb]

Les os des filles

 

Livre de Line Papin

« Tu avais dix-sept ans alors, à peine, et tu as pris l’avion, seule, pour retourner à Hanoï. Tu vois, j’en ai vingt-trois aujourd’hui, et je retourne, seule, une nouvelle fois, sur les lieux de ton enfance. Tu es revenue et je reviens encore, chaque fois derrière toi. Je reviendrai peut-être toujours te trouver, trouver celle qui naissait, celle qui mourait, celle qui se cherchait, celle qui écrivait, celle qui revenait. Je reviendrai peut-être toujours vers celle qui revenait, vers les différents coffrets d’os, vers les couches de passé qui passent toutes ici. »

« Après deux premiers romans fictionnels, je me suis trouvée face à la nécessité d’écrire un roman plus intime. L’écriture lyrique dont j’avais usé jusque-là laissa place soudain à une écriture plus directe, sans autre envie que celle de raconter la stricte vérité. Pourquoi ? Pour trouver, à travers la littérature, des réponses aux questions qui nous empêchent de vivre.
Les Os des Filles est l’histoire de trois femmes : Ba, sa fille et sa petite-fille – ma grand-mère, ma mère et moi-même. L’histoire commence dans les années 1960, pendant la seconde guerre d’Indochine, sous les bombes d’un village vietnamien. Seule, Ba y élève ses trois filles, avec l’intention de monter à Hanoi, la capitale, pour s’extraire des conditions de vie misérables. Si elle y parvient, le quotidien de cette famille est toutefois brisé en 2005 par le départ des filles en Occident. Tandis que la grand-mère reste à Hanoi, sa fille s’installe en France avec sa petite-fille. Cette dernière, arrachée à sa terre natale, garde dans son corps le souvenir des guerres, des famines et des bombes. Quand l’enfant tombe malade, quelques années plus tard, à l’hôpital où elle se retrouve, son corps fatigué se rappelle les combats d’une grand-mère pour survivre.
Ainsi, Les Os des filles est un roman sur trois générations de femmes qui ont traversé trois combats : celui de la guerre, celui de l’exil et celui de la maladie. Comment les événements historiques influent-ils sur les relations personnelles ? Comment le lien affectif entre une fille et sa mère peut-il être brisé par une bombe, un avion ou bien un hôpital ? De quoi sont donc faits les os qui nous soutiennent ? En 2018, j’ai voulu revenir sur le récit de cette filiation maternelle brisée, afin de réparer avec l’écriture, peut-être, des choses irréparables. » 

Vidéo de La Grande Librairie (mai 2019)

LesOsDesFillesLesOsDesFilles [174 Kb]

Une femme en contre-jour

 

Livre de Gaëlle Josse

« Raconter Vivian Maier, c’est raconter la vie d’une invisible, d’une effacée. Une nurse, une bonne d’enfants.

Une photographe de génie qui n’a pas vu la plupart de ses propres photos.

Une Américaine d’origine française, arpenteuse inlassable des rues de New York et de Chicago, nostalgique de ses années d’enfance heureuse dans la verte vallée des Hautes-Alpes où elle a rêvé de s’ancrer et de trouver une famille.

Son œuvre, pleine d’humanité et d’attention envers les démunis, les perdants du rêve américain, a été retrouvée par hasard – une histoire digne des meilleurs romans – dans des cartons oubliés au fond d’un garde-meuble de la banlieue de Chicago.

Vivian Maier venait alors de décéder, à quatre-vingt-trois ans, dans le plus grand anonymat. Elle n’aura pas connu la célébrité, ni l’engouement planétaire qui accompagne aujourd’hui son travail d’artiste.

Une vie de solitude, de pauvreté, de lourds secrets familiaux et d’épreuves ; une personnalité complexe et parfois déroutante, un destin qui s’écrit entre la France et l’Amérique.

L’histoire d’une femme libre, d’une perdante magnifique, qui a choisi de vivre les yeux grands ouverts.

Je vais vous dire cette vie-là, et aussi tout ce qui me relie à elle, dans une troublante correspondance ressentie avec mon travail d’écrivain. » G.J. 

Dix ans après la mort de Vivian Maier, Gaëlle Josse nous livre le roman d’une vie, un portrait d’une rare empathie, d’une rare acuité sur ce destin troublant, hors norme, dont la gloire est désormais aussi éclatante que sa vie fut obscure.

Entretien sur France Culture, le 4 mars 2019

Marcher jusqu’au soir

 

Livre de Lydie Salvayre

L’humeur railleuse et le verbe corrosif, Lydie Salvayre se saisit du prétexte d’une nuit passée au musée Picasso pour questionner le milieu artistique et ses institutions. Se tournant vers son enfance de pauvre bien élevée et abordant sans masque son lien à un père redouté et redoutable, elle essaie de comprendre comment s’est constitué son rapport à la culture et à son pouvoir d’intimidation, tout en faisant l’éloge de Giacometti, de sa radicalité, de ses échecs revendiqués et de son infinie modestie.

Une vidéo de MOLLAT

Harkis au Camp de Rivesaltes La relégation des familles (sept 1962-déc 1964)

 

Livre de Fatima Besnaci-Lancou

Au lendemain de la signature des Accords d'Évian, le 18 mars 1962, des harkis et leurs familles font l'objet de violences de la part de membres du Front de libération nationale (FLN). Dès l'indépendance de l'Algérie, le 3 juillet 1962, la situation s'aggrave. Des dizaines de milliers d'entre eux sont tués, d'autres milliers sont emprisonnés, quand presque tous les autres sont mis au ban de la société. Il est reproché aux hommes leur "engagement" sous le drapeau français. Par ordonnance française du 21 juillet 1962, ils perdent leur nationalité française.

Entre juin 1962 et fin 1963, malgré les mesures prises par les autorités françaises pour les maintenir dans l'Algérie indépendante, environ 90 000 personnes (hommes, femmes et enfants) traverseront la Méditerranée pour se réfugier en France. Accueillis par des militaires français, près de 43 000 vont transiter par des camps en Algérie, puis par ceux implantés en France. Ces familles seront traitées en "réfugiés" à surveiller et non en "rapatriés" comme les Européens qui, eux aussi, ont dû quitter l'Algérie. Autour de 22 000 personnes - soit plus de la moitié - seront reléguées dans le camp de Rivesaltes. Ce chiffre fait de Rivesaltes le lieu le plus emblématique dans l'histoire de l'exil des familles de harkis.

Cet ouvrage réunit dix-sept tranches de vie comme autant de témoignages qui illustrent la tragédie des familles de harkis à la fin de la guerre d'Algérie. Onze femmes et six hommes partagent l'expérience d'une vie de souffrances dans ce camp pour y avoir été relégués, entre quelques mois et deux ans.

Manuscrits de l’extrême - Prison, passion, péril, possession

 

Catalogue de l'expositon qui s'est tenue à la BNF jusqu'au 04/07/2019

" Je crois que les mots ne sont pas sans importance. Je crois qu'ils sont notre cirque et notre dignité. " Cette épigraphe, tirée du livre Croquis de Jean-Pierre Cescosse, ouvre l'introduction du catalogue de l'exposition " Manuscrits de l'extrême ".
L'usage des mots dans une situation extrême – détention, mission périlleuse, tournant critique, amour passionnel, deuil, aliénation mentale – prend souvent la forme d'un acte nécessaire, mais se heurte aussi à l'impasse du langage, à la difficulté à exprimer et à transmettre les émotions ou les tourments les plus vifs qui nous animent, sans les dévoyer, les amplifier ou au contraire les subvertir.
Cet ouvrage présente une centaine de manuscrits touchants, bouleversants et parfois glaçants : les lettres de Sade écrite lors de son emprisonnement à la Bastille, le Livre d'heures de Marie-Antoinette annoté avant son exécution, les notes prises par Victor Hugo sous la dictée des esprits lors de séances de spiritisme, les fragments du Journal de Marie Curie à la mort de Pierre, les dessins des enfants d'Izieu, un billet d'Alice Mangin, arrêtée en 1942, écrit avec son sang, les derniers mots de Pierre Guyotat alors qu'il sombre dans le coma,...
Il s'organise en quatre sections
- " Prison " : ce sont les manuscrits écrits dans des conditions de détention (prisons, camps, interrogatoire, isolement, déportation).
- " Passion " : les manuscrits écrits dans des états émotionnels extrêmes (transport amoureux, délire mystique, deuil).
- " Péril " : les manuscrits écrits dans des situations particulièrement périlleuses ou face à un danger de mort imminent (expédition, veille d'exécution, évasion, aventure incertaine).
- " Possession " : les manuscrits écrits sous emprise, qu'elle soit liée à la prise de psychotropes ou à un état psychique particulier (folie, drogue, délire, transe).

NUIT DE JUILLET - LA RAFLE DU VEL D'HIV - NOUVELLES

 

Livre de Philippe Lipchitz

L'auteur livre ici dix-neuf nouvelles sur la mémoire de la Grande Rafle.

" Bientôt les voix des témoins directs se seront éteintes. Alors, il faudra se poser la question : comment assumer le travail de mémoire ? Ce sera sans doute l'un des lourds héritages que nous devrons porter. Nous, c'est-à-dire ceux de ma génération, celle que j'appelle la génération du silence ".

Pas vu Maurice - Chroniques de l'infraordinaire

 

Parution le 14 août 2019

Livre de Laurence Hugues (Auteure), Claude Benoit à la Guillaume (Photographies)

À partir de petits carnets oubliés dans une maison abandonnée, Pas vu Maurice raconte la vie quotidienne d'un hameau du Haut-Forez dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, à 900 m d'altitude. Une histoire rurale disparue. Ces carnets, une quinzaine, de 1997 à 2000, ont été retrouvés parmi les matelas éventrés, les empilements de journaux et les bocaux de haricots périmés par le nouveau propriétaire de la maison, Claude Benoit à la Guillaume, photographe. Il les a montrés à sa plus proche voisine qui a bien connu la personne qui les remplissait. En découvrant et ouvrant ces carnets, Laurence Hugues a souhaité donner à entendre cette voix qui s'est tue. Elle a entrepris de transcrire ces textes de listes, très contemporains dans leur style, leur énoncé, leur répétition, sans affect même lorsque des morts surviennent et de les reprendre dans sa propre écriture, au sens de repriser, comme on répare un tissu.
Le récit repose sur une part d'histoire de vie. Marie, paysanne, consigne son univers quotidien dans ces petits agendas recyclés en carnet de bord dans une écriture de plus en plus serrée au fil des années qui passent et la solitude qui s'installe chez elle. Elle y inscrit les travaux et les jours, les visites du neveu, Maurice (tel jour " vu ", tel autre " pas vu "), le nombre de bocaux de confiture ou de haricots, le temps qu'il fait. Les notes se répètent à chaque saison, presque à l'identique, comme ces tâches répétées tout au long de sa vie et de la vie du hameau.
Cette vie rurale disparue, ou presque, a aussi sa noblesse et de nombreuses vertus. Ténacité, frugalité, accord avec les saisons... un sens du travail en commun, de la communauté, même.
À la lecture de ces chroniques de la vie ordinaire (infraordinaire aurait dit Georges Perec), Laurence Hugues a puisé dans ses souvenirs les motifs listés de la corvée de patates, la mise à mort du cochon, les slips qui battent au vent.
Autour d'extraits des carnets elle propose une écriture à deux voix des moments de la vie de deux femmes, à des années de distance.
Le photographe, de son côté, a documenté par l'image les carnets. Son travail, en contrepoint des écritures mêlées, donne à voir de très belles photographies au plus près du matériau même des agendas et des objets de l'univers de Marie.
Dans l'imbrication d'une approche intime, documentaire mais aussi littéraire et artistique, se dessinent en creux deux portraits de femmes, au tournant du millénaire, dans un même lieu mais avec des vies bien différentes. C'est aussi une manière très concrète d'évoquer la désertification des villages. Mais ce double témoignage n'a pas seulement caractère d'archive. Il peut faire écho chez celles et ceux qui aujourd'hui sont tentés par une vie plus simple, plus sobre, loin des grands centres urbains.

PasVuMauricePasVuMaurice [143 Kb]

Je suis le carnet de dora maar

 

Livre de Brigitte Benkemoun

Il était resté glissé dans la poche intérieure du vieil étui en cuir acheté sur Internet. Un tout petit répertoire, comme ceux vendus avec les recharges annuelles des agendas, daté de 1951.
A : Aragon. B : Breton, Brassaï, Braque, Balthus… J’ai feuilleté avec sidération ces pages un peu jaunies. C : Cocteau, Chagall… E : Éluard… G : Giacometti… À chaque fois, leur numéro de téléphone, souvent une adresse. L : Lacan…
P : Ponge, Poulenc… Vingt pages où s’alignent les plus grands artistes de l’après-guerre. Qui pouvait bien connaître et frayer parmi ces génies du xxe siècle ?
Il m’a fallu trois mois pour savoir que j’avais en main le carnet de Dora Maar.
Il m’a fallu deux ans pour faire parler ce répertoire, comprendre la place de chacun dans sa vie et son carnet d’adresses, et approcher le mystère et les secrets de la « femme qui pleure ». Dora Maar, la grande photographe qui se donne à Picasso, puis, détruite par la passion, la peintre recluse qui s’abandonne à Dieu. Et dans son sillage, renaît un Paris où les amis s’appellent Balthus, Éluard, Leiris ou Noailles.    B.B.

Ainsi fut Auschwitz - Témoignages (1945-1986)

 

Livre de Primo Levi

Les vérités les plus précises — et les plus terribles, tant elles sont précises — sur la machine d’extermination.
Quarante ans de témoignages, en grande partie inédits, d’une importance historique essentielle.


En 1945, au lendemain de la libération, les militaires soviétiques qui contrôlaient le camp pour anciens prisonniers de Katowice, en Pologne, demandent à Primo Levi et à Leonardo De Benedetti, son compagnon de détention, de rédiger un compte rendu détaillé sur les conditions sanitaires du camp. Le résultat est le Rapport sur Auschwitz, un témoignage extraordinaire, l’une des premières descriptions sur les camps d’extermination jamais élaborées. Publiée en 1946 dans la revue scientifique Minerva Medica, elle inaugure l’œuvre à venir de Primo Levi, témoin, analyste et écrivain. Dans les quatre décennies suivantes, Levi ne cessera jamais de raconter son expérience du Lager dans des textes de nature différente, qui, pour leur grande majorité, n’ont jamais été publiés ensemble. Des recherches entamées très tôt par Levi sur le destin de ses compagnons à la déposition pour le procès Eichmann, en passant par la « lettre à la fille d’un fasciste qui demande la vérité » et les articles parus dans des quotidiens et des revues spécialisées, Ainsi fut Auschwitz est une mosaïque de souvenirs et de réflexions critiques d’une valeur historique et morale inestimable.
Un recueil de témoignages, d’enquêtes et d’analyses approfondies qui, grâce à la cohérence, à la clarté de son style, à la rigueur de sa méthode, nous rendent le Primo Levi que nous avons appris à reconnaître comme un auteur classique de la littérature italienne.

Exilés d'une autre France - La saveur d'un fruit amer

 

Livre de Fairouz Nouari À l’école, l’histoire des Harkis est survolée. Alors, adolescente, j’essayais de comprendre cette grand-mère autrement qu’avec les mots. Je l’ai longtemps observée, regardée, imaginée, et j’ai pu attraper au vol, des mots, des phrases, des proverbes, puis j'ai tenté de tisser le fil de son histoire. Ce récit veut faire connaître cette période où des gens qui se sont battus pour la patrie, auxquels on a promis un avenir meilleur, qui ont cru et fait confiance, se sont retrouvés dans ces camps, à la périphérie des villes, jusqu’en 1975. Tout au long de leur existence, ils ont conservé ce goût si particulier que l’on éprouve lorsque l’on croque dans un fruit amer, cette déception que ma grand-mère a tenté de ne jamais transmettre à la génération qui l’a suivie. Je me sens garante d’une histoire qui doit se raconter, se savoir, afin qu’elle serve de réflexion pour l’avenir.
Parmi mes missions professionnelles, je suis amenée à m’occuper de jeunes issus d’autres camps, dans d’autres contextes. Cette histoire personnelle d'exil et de rejet éclaire les migrations d'aujourd'hui d'une manière toute particulière.

Les Goupille - Une famille tourangelle dans la Résistance

 

Livre de Jean-Gilles Dutardre

De 1940 à 1944, avec l'abbé Péan et la vicomtesse de Poix, André Goupille fut l'un des trois grands acteurs de la Résistance dans le sud de la Touraine. Ce vétérinaire de La Haye-Descartes fait partie de la génération qui, ayant connu la Grande Guerre, ne peut accepter la présence de l'occupant. Surtout, il ne s'engage pas seul, mais avec sa famille, qui lui apporte une aide précieuse autant que discrète. Des passages clandestins de la ligne de démarcation à la déportation, cette biographie d'une famille en Résistance présente un aspect méconnu de la lutte engagée par certains Français dès l'armistice de juin 1940. Et au-delà du cas particulier des Goupille, c'est toute l'histoire du sud Touraine occupé qui est évoquée, entre luttes, espoirs et répression.

LesGoupilleLesGoupille [46 Kb]

Un village pour aliénés tranquilles

 

Livre de Juliette Rigondet

Dans ce récit sensible, Juliette Rigondet restitue le quotidien d'une petite ville du Cher, Dun-sur-Auron, lieu depuis le XIXe siècle d'une expérience psychiatrique innovante désignée sous le nom de " colonie familiale pour aliénés ". Pour la première fois en France était tentée une solution alternative à l'enfermement des malades mentaux, qui aujourd'hui encore divise les plus grands spécialistes. 

À la fin du xixe siècle, face à la faillite de l’asile où l’on retient, plus qu’on soigne, les « aliénés » dans des établissements surpeuplés, des psychiatres réfléchissent à une solution alternative. Pourquoi ne pas faire sortir de ces hôpitaux les « incurables tranquilles » en les installant, contre rétribution, dans des familles, à la campagne ?
Le conseil général de la Seine décide, en 1891, de tenter l’expérience. Un an plus tard, la petite ville de Dun-sur-Auron, dans le Cher, est choisie pour accueillir, « à titre d’essai », la première « colonie familiale pour aliénés » en France. L’essai est si concluant que le nombre de familles prêtes à héberger des patients augmente de façon exponentielle. En 1913, la colonie de Dun compte plus de 1 000 malades mentaux pour environ 4 000 habitants. Appelé aujourd’hui « Accueil familial thérapeutique », ce mode de soins existe toujours à Dun, même si les patients y sont moins nombreux qu’autrefois.
En s’appuyant sur les archives hospitalières et sur des témoignages de patients, de familles d’accueil, de villageois, Juliette Rigondet raconte l’histoire de ce lieu à part dans la psychiatrie française et reconstitue l’existence de ces hommes et de ces femmes qui ont fait partie, jusqu’à leur mort, de la vie quotidienne des Dunois. Elle nourrit ainsi la réflexion sur ce que notre société fait des « fous » et de l’Autre.

Instituteur et insoumis - Un enseignant contre la guerre d’Algérie

 

Livre de Norbert Adam

C'est le récit d'un instituteur en classe unique, Pascal Corbet, qui refuse de cautionner la guerre d'Algérie qui endeuilla tant de familles pendant huit ans, de novembre 1954 au printemps de 1962, et dont nous éprouvons encore les conséquences négatives en France et en Algérie, malgré les années ; il s'agit pour notre héros d'assumer une décision bien difficile...

Bas la place y’a personne

 

Livre de Dolores Prato

Bas la place y’a personne n’est pas un récit d’enfance comme les autres. Il s’ouvre sur cette phrase : « Je suis née sous une petite table. » Dès lors le lecteur, saisi par la puissance et la singularité de cette prose légère et envoûtante, s’attache à cette petite fille abandonnée qui a trouvé là un refuge et une façon qui n’appartient qu’à elle d’appréhender le monde. Le lieu où l’on eut les premières alertes de la vie devient nous-mêmes, écrit Dolores Prato. 

Pour éviter les pièges de la mémoire, l’auteure décrit avec une précision scrupuleuse et une opiniâtreté généreuse la ville – il s’agit de Treja, dans les Marches –, les objets ou les personnages qui ont habité son enfance. 

Non seulement elle nous offre par-là de véritables tableaux d’un monde disparu (l’Italie rurale à la charnière du xixe et du xxe siècle) qui n’ont rien à envier aux écrits des anthropologues, mais elle donne ainsi à la narration toute son incandescence et sa vérité sensible. Le temps perdu de Dolores Prato est tout à la fois intime et public, et s’il est retrouvé, c’est parce que le parti pris des choses est aussi celui des mots. 

Dolores Prato a achevé son récit dans les années soixante-dix mais elle n’en a jamais connu l’édition intégrale. Tel fut le sort de ce texte que l’on peut aujourd’hui considérer comme un des classiques du xxe siècle et, à tout le moins, comme un des chefs-d’œuvre de la littérature italienne de l’après-guerre.

Barracoon : L'histoire du dernier esclave américain

 

Livre de Zora Neale Hurston

Barracoon désigne les bâtiments utilisés pour le confinement des Africains destinés à être vendus et exportés vers l’Europe et les Amériques. Ces bâtiments allaient du modeste « abri à esclaves » aux imposantes « maisons d’esclaves » ou « châteaux d’esclaves ». Les captifs y restaient souvent confinés pendant des mois entiers.  
En 1927, la jeune anthropologue Zora Neale Hurston, qui va devenir l’une des plus grandes écrivaines noires du XXe siècle part rencontrer en Alabama Cudjo Lewis.

A 86 ans, Cudjo est l’ultime survivant du dernier convoi négrier qui a quitté les côtes du Dahomey pour l’Amérique. Pendant des mois, Zora va recueillir sa parole, devenir son amie, partager ses souffrances et des fiertés. Le témoignage de Cudjo restitue comme nul autre la condition, la vie d’un esclave : de sa capture en 1859 par un village voisin à sa terrifiante traversée, de ses années d’esclavage jusqu’à la guerre de sécession, jusqu’à son combat pour son émancipation.
Un témoignage unique d’une sincérité et d’une précision bouleversante.

BarracoonBarracoon [166 Kb]

1938, nuits

 

Livre d'Hélène Cixous

C’est le quatrième livre qui me ramène à Osnabrück, la ville de ma famille maternelle. Je cherche. Je cherche à comprendre pourquoi Omi ma grand-mère s’y trouvait encore en novembre 1938. Ainsi que ses frères et sœurs. Cela faisait pourtant des années que les Monstres occupaient le ciel allemand et proféraient des menaces de mort à l’égard des Juifs, mais Omi continuait à penser qu’elle était allemande même après avoir été déclarée nonaryenne, même quand la langue allemande a formé de nouveaux abcès antijuifs tous les mois. Certes son mari était bien mort pour l’Allemagne en 1916 mais quand même.

Dans la rue le banc est interdit aux Juifs.

Quel courage lui faut-il pour rester dans la ville qui brûle les siens tandis que K. le grand ogre nazi passe en ricanant devant notre grand magasin boycotté, ou peut-être quelle terreur ? Ou peut-être la voix de l’angoisse est-elle plus forte que celle de sa fille, Ève ma mère, qui a pris la porte définitivement dès 1933 ?

Aucune explication.

Je ne comprends pas pourquoi je ne comprends pas.

Il y a tant de sortes de Juifs qui ne savent plus qui ils sont. Il y en a qui partent, mais pas assez loin, comme s’ils avaient peur de perdre – quoi ? Il y a des Juifs-qui-ne-partent-pas. Éri la petite sœur d’Ève ma mère est partie dès 1933 quand les piscines lui ont été interdites. Mais Siegfried est resté. Les Nussbaum aussi. Il y en a qui ont voulu partir quand on ne pouvait plus partir. Il y en a qui sont revenus se perdre. Qu’est-ce qui te ferait partir ? me demandé-je. Et vous, qu’est-ce qui vous ferait partir ? On ne peut pas dire qu’Omi soit partie finalement.

Elle ne m’a jamais parlé de la Nuit de Cristal. Il y avait de quoi être éclairée pourtant.

Comme je n’arrive pas à rentrer à l’intérieur de ma grand-mère je me décide à entrer dans la Nuit Décisive par l’intérieur de Siegfried K., un ami de ma mère. Il a 25 ans, il vient d’arracher son doctorat de médecine, la Grande Synagogue lui brûle devant la figure, le voilà naufragé à Buchenwald, pour l’inauguration par les Premiers Déportés. Je le suis.

Il ne sait pas ce qui lui arrive. C’est nouveau. Ça vient d’ouvrir. Ce n’est pas terminé. Buchenwald est à côté de Weimar. Weimar, c’était Goethe. Siegfried est un modeste Robinson juif aktionné en 1938. Avant, je ne savais pas ce que c’était, un juif aktionné. Suivons Siegfried dans la fameuse Nuit Nazie aux mille Incendies, prologue au temps de l’Anéantissement. J’aimerais tant pouvoir lui demander pourquoi, comment, il est encore là.

[un entretien avec l'auteure, paru dans FLORILETTRE n° 204]

Vidéo de la librairie MOLLAT

1938Nuits1938Nuits [138 Kb]

East Village Blues

 

Livre de Chantal Thomas

Au milieu des années 1970, Chantal Thomas, qui vient juste de soutenir sa thèse, décide de partir. Loin. À New York, alors cité de tous les dangers. Elle s’installe chez une amie d’amie. Le désir circule, les fêtes s’enchaînent. Un puissant souffle d’aventure anime la ville.

Aujourd’hui, amenée à séjourner dans l’East Village pour un été, elle retrouve un quartier totalement changé. Seules quelques traces demeurent de la marginalité d’autrefois, des graffitis sur les rares immeubles non encore « réhabilités » et dont Allen S. Weiss, partenaire de ce livre, va extraire des images photographiques qui rappellent un temps révolu.

Car l’East Village était un lieu d’immigration et de bohème pauvre, inventive, où tout le monde se rêvait poète, où se rencontraient Allen Ginsberg, William Burroughs, Herbert Huncke, et les fantômes bien vivants d’Andy Warhol, de Lou Reed et du Velvet Underground.

Au fil des pages, sur un mode à la fois précis et romanesque, Chantal Thomas évoque St. Mark’s Church, le Chelsea Hotel, les bars, les rues, les peurs, les amours, dans un flottement des genres qu’elle restitue à plaisir, comme portée par la grâce d’une mémoire à même de revivre et faire revivre l’intensité d’une époque ouverte à tout. Par les temps qui courent, ce livre est une merveilleuse évasion, et le rappel d’une chose : la liberté est possible, elle est même un excellent principe de vie…

I remember you well in the Chelsea Hotel

You were talking so brave and so free...

Leonard Cohen

Avec des photos d’Allen S. Weiss

 

Vidéo de la librairie MOLLAT

Récits de Mathieu Mestokosho, chasseur Innu

 

Livre de Serge Bouchard

" Il y avait parmi les Innus plusieurs Mathieu Mestokosho, des hommes magistraux, et autant de vieilles femmes parlantes, savantes et souriantes. Fut sauvé ce qui fut sauvé. Ils sont morts et elles sont parties. Mais il en reste quelque chose, une philosophie, des chansons, des sons, de la poésie. Ne reste qu'à écouter, entendre, comprendre, apprendre et apprécier. "
Serge Bouchard

En 1970, jeune anthropologue, Serge Bouchard recueillait les propos de Mathieu Mestokosho, chasseur montagnais de la Minganie. Grâce à la parole de Mathieu, c'est tout un monde qui revit, celui des enfants de la Terre de Caïn que les colons européens avaient choisi d'ignorer. Heureusement pour nous, la mémoire de Mathieu Mestokosho nous permet de nous réapproprier –; bien tardivement –; toute une part de notre héritage culturel que nous avons failli laisser perdre.

amiento, une histoire ouvrière

 

Livre d' Alberto Prunetti

« C’est un travail dangereux de souder à quelques centimètres d’une cuve de pétrole. Une seule étincelle est capable d’amorcer une bombe qui peut emporter une raffinerie. C’est pour cela qu’on vous dit d’utiliser cette bâche gris sale, qui résiste aux températures élevées car elle est produite avec une substance légère et indestructible : l’amiante. Avec elle, les étincelles restent prisonnières et vous, vous restez prisonnier avec elles, et sous la bâche en amiante, vous respirez les substances libérées par la fusion de l’électrode. Une seule fibre d’amiante et dans vingt ans vous êtes mort. »

Alberto Prunetti raconte l’histoire de son père, Renato, né en 1945 à Livourne. Soudeur dans les raffineries et les aciéries italiennes depuis l’âge de quatorze ans, Renato s’empoisonne lentement au travail : il respire de l’essence, le plomb lui entre dans les os, le titane lui bouche les pores de la peau, et finalement, une fibre d’amiante se glisse dans ses poumons. Il meurt à 59 ans, après plusieurs années passées à l’hôpital.

En contrepoint de ce récit tragique, l’auteur rapporte ses souvenirs d’enfance, entre parties de foot et bagarres, et décrit une époque, sa musique, ses dialectes, ses grands événements sportifs – dans cette Toscane ouvrière où les années 1970 furent une décennie de luttes sociales, avant que les restructurations des années 1980 n’y mettent bon ordre.

L’opposition entre le père, parfait représentant de l’idéologie stalinienne du travail, et le fils qui incarne très vite la figure du précaire, n’empêche pas que s’exprime le profond amour qui les lie, teinté d’agacement et d’amusement avant que la maladie ne s’installe. L’humour constant, la délicatesse des sentiments, l’érudition historique et technique se mêlent dans ce récit.

[Note de lectire sur le site "LE FIL DES COMMUNS"]

L'échappée

 

Livre de Francine Gautier

L’Échappée est un récit d’apprentissage au cours duquel la narratrice cherche à comprendre ce qui a rendu possible l’émancipation dont elle a bénéficié. Pour cela, elle part à la recherche de l’enfant d’autrefois, met au jour ses émerveillements dans une nature omniprésente, son appétit de connaissances et sa soif d’ailleurs. Grâce à l’écriture, des pans entiers de son histoire oubliée lui reviennent en mémoire, dans l’étonnement du chemin parcouru.
Mais, aussi forts soient l’optimisme et l’énergie de l’enfance, peuvent-ils suffire à contredire le déterminisme de classe et de genre ? Des relais seront nécessaires à la fillette puis à l’adolescente et la démocratisation de l’enseignement tiendra quelques-unes de ses promesses.
Dépassant l’histoire individuelle, la narratrice donne à voir une histoire collective, celle du milieu populaire dont elle est issue et qui fait intimement partie d’elle-même. Pas de sentiment de trahison dans ce parcours mais le désir de parler au nom de tous les obscurs qui ont jalonné son chemin, ceux qui ont pris les tragédies de l’Histoire de plein fouet ou ceux que les vicissitudes de l’existence ont propulsé dans la déraison.

LEchappeeLEchappee [154 Kb]

Le sujet écrivant son histoire - Histoire de vie et écriture en atelier

 

Un livre épuisé d'Alex Lainé et Marijo Coulon, mais disponible gratuitement au format PDF sur le site de l'institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP)

L’expérience relatée dans cet ouvrage est née d’une intuition partagée : entre écriture et histoire de vie en formation, il peut y avoir une rencontre fructueuse. Des formateurs se mettent en situation d’apprentissage, en explorant les relations entre leurs récits de vie et l’écriture. Réflexions théoriques, analyses de situation, récits sensibles, apports méthodologiques vont baliser cette aventure collective. Tout formateur y trouvera à son tour de quoi alimenter sa réflexion, enrichir ses pratiques et aborder la formation comme espace de mobilisation des sujets, dans une démarche d’éducation populaire.

Ont également participé à la rédaction : Cathie Barreau, Jean-Paul Dortel, Étienne Gallien, Catherine Liabastre, Alain Tartier, Catherine Tuchai

Pékin, place Tian An Men

 

Livre d'Eric Meyer (réédition 2019)

Lorsque la mort du vieux réformiste Hu Yaobang, le 15 avril 1989, marqua le commencement du “Printemps de Pékin”, Éric Meyer était sur place. Sinologue averti, chroniqueur indépendant, il a vécu d’un bout à l’autre le soulèvement étudiant, notant au jour le jour ses impressions, décrivant ses rencontres, prêtant l’oreille à toutes les informations. Quelque temps après le massacre des étudiants de la place Tian An Men, il a reconstitué le film complet des événements.
Ces choses vues, on jurerait qu’étudiants, badauds et autres gens de Pékin les ont écrites ensemble, tant la ville et ses émotions y bruissent d’une rumeur fiévreuse. Mais il fallait aussi – et ce journaliste y excelle – comprendre les enjeux, montrer à quels affrontements s’étaient livrés, dans les coulisses, les principaux acteurs du pouvoir.
Porté par une grande probité intellectuelle, enrichi d’un appareil critique dans lequel l’auteur met en perspective les événements de l’époque avec ce qu’est devenue la Chine aujourd’hui, Pékin, place Tian An Men constitue un document exceptionnel sur la tragédie chinoise.

Tiananmen 1989-2019. Hommages et récits

 

Livre collectif

Trente après les massacres de la place Tiananmen, des auteurs chinois et français utilisent les armes de la fiction pour mieux approcher ce drame, et sa place dans notre mémoire collective.

Des photographies inédites, prises sur place par Vincent Hein en 1989, scandent leurs textes.

L'échelle des Zagoria

 

Livre de Marie-Bernadette Mars

Léa ignore pourquoi sa grand-mère Stamatia, d'origine grecque, n'a jamais parlé de son passé. En fin de vie, Stamatia demande à Léa d'effectuer à sa place le voyage aux Zagoria où elle n'est jamais retournée. Avec en toile de fond la guerre civile et la dictature des Colonels en Grèce, ce roman inscrit une relation familiale dans l'histoire. Il évoque la marge de liberté de femmes face à l'oppression, l'importance de la transmission par les mots, par l'histoire, par la photo.

l'empreinte d'un frère

 

Livre de Jean-Bruno Kerisel

Il allait avoir quinze ans lorsque son frère, Patrick, s’est donné la mort. 

Quelles étaient les pensées de cet aîné secret et tyrannique ? Comment construire dans tous les domaines de la vie, et se charger de l’âme d’un frère ? L’auteur rassemble ses textes et quelques lettres adressées à l’absent. Il s’engage à l’association Suicide Écoute, et en divers mouvements d’aide aux démunis. Là est sa place. 

En quête du disparu, il le cherche dans sa navigation de vie, petite lumière, invisible aux autres. Au cœur de toute introspection, il y a le désir d’être absous.

Dans les bagnes du tsar

 

Livre de H. Leivick

H. Leivick décide à 71 ans de revenir sur les années de cachot qu’il a connues à 18 ans, de 1906 à 1912.

Dans une première partie, H. Leivick se souvient des six années passées dans un cachot obscur, de ses camarades de détention, révolutionnaires, juifs et non juifs. Il se souvient également des prisonniers de droit commun, dont certains avaient assassiné des Juifs. Des flash-back sur son enfance, son éducation traditionnelle puis son engagement politique parsèment le récit, alimentés par des dialogues intérieurs émouvants avec son père.

Dans la deuxième partie, H. Leivick raconte le voyage à pied, puis en bateau-prison vers la Sibérie, traversé par une galerie de portraits et de réflexions sur l’existence et la résistance à l’oppression.

[Un article de Carole Ksiazenicer-Matheron dans En Attendant Nadeau]

HISTOIRE DE VIE ET FORMATION DE LA PERSONNE

 

Bernard Honoré (Préface de Gaston Pineau)

 L'ouvrage présenté ici constitue un essai de mise en présence de deux notions, celle d'histoire de vie et celle d'autoformation existentielle, dans un parcours de recherche sur le sens de la formation reliée au soin dans l'existence. Il s'oriente vers la considération et la formation de la personne dans l'accomplissement de son humanité. Réfléchissant sur son expérience dans le champ de la formation et dans celui du soin, l'auteur est conduit aujourd'hui à comprendre la démarche d'histoire de vie comme démarche de découverte de la personne en sa formation, démarche en elle-même personnalisante de soi et des autres.

Le pays d'en haut

 

Livre de Marie-Hélène Lafon (entretiens avec Fabrice Lardreau)

"Ces lieux façonnent des gens un peu verticaux, austères et tenaces... C'est un fond dont je ne me suis jamais départie, et le travail d'écriture, depuis plus de vingt ans, m'y confronte constamment (...) ; ce nord du Cantal, ce pays perdu à mille mètres d'altitude, est fondateur ; et le sauvage n'est jamais loin ; il palpite sous l'écorce des choses."

Marie-Hélène Lafon a grandi dans une ferme isolée du Cantal, au coeur de la vallée de la Santoire, et ses livres s'en souviennent. A travers ces conversations, elle nous invite dans son pays perdu, ces terres volcaniques de moyenne montagne où la sauvagine, toujours proche, palpite sous l'écorce des choses. Voyage au coeur d'un monde intense, aux sources de la beauté.

LePaysDEnHautLePaysDEnHaut [148 Kb]

Solal et les Solal

 

Livre d'Albert Cohen (nouvelle édition)

Ce livre contient : Solal - Mangeclous - Les Valeureux - Belle du Seigneur. Annexes : Combat de l'homme - À propos de la première version de Belle du Seigneur.

Peu de lecteurs de Belle du Seigneur, en 1968, savaient que ce roman était le dénouement d’un cycle inauguré en 1930 avec un premier chef-d’œuvre, Solal, prolongé par Mangeclous en 1938 et achevé en 1969 avec la publication, à contretemps, des Valeureux… Quarante ans d’aléas éditoriaux avaient fait perdre de vue la continuité chronologique du récit et, plus encore, son unité d’inspiration. Rassemblant pour la première fois en un volume cette tétralogie avec le titre que son auteur aurait voulu lui donner, Solal et les Solal, cette édition Quarto invite à relire d’un œil neuf une œuvre d’exception, à mieux en mesurer le rythme, à savourer l’équilibre entre les volets dramatiques (le scénario obsédant de l’ascension et de la chute du héros) et comiques (l’univers burlesque de Mangeclous et des siens), la fantaisie baroque et la veine satirique, le souffle épique et la tentation lyrique. À travers la vie aventureuse de «Solal des Solal», enfant prodigue du ghetto à la poursuite d’un rêve d’Europe, se déploie une ample méditation sur le destin juif, la culture occidentale, l’amour et la condition humaine, servie par une prose généreuse et inventive qui ne se refuse aucune audace.

L’édition de Philippe Zard offre un important appareil critique qui reconstitue le contexte culturel de l’œuvre, et élucide, dans de riches notes, les références littéraires, bibliques, artistiques et religieuses, les allusions à des événements ou des personnages historiques, les mots rares et les régionalismes. Les présentations des romans mettent en lumière la teneur politique et philosophique de l’œuvre, ainsi que les tensions et les contradictions qui la nourrissent : «Cohen est un écrivain juif comme Césaire est nègre et Claudel catholique : ces adjectifs portent, idiomatiquement, le tout de la question humaine» («Solal et les Solal: le roman introuvable»).

Des vidéos sur France Culture :

« Cher, très cher, admirable et charmant ami… » – Correspondance 1956-1961

 

Livre de Georges Perec et Jacques Lederer (réédition augmentée)

Quand débute cette correspondance, en 1956, Georges Perec va avoir vingt ans. Lui et Jacques Lederer, tous deux étudiants, sont inséparables ; ils fréquentent fort peu la Sorbonne mais passent un temps considérable à hanter cinémas et boîtes de jazz, à lire, écrire et chercher l’âme sœur. Leur service militaire, en pleine guerre d’Algérie, met un frein à leurs activités nocturnes et diurnes ; l’éloignement qui en découle donne véritablement naissance à cette correspondance.

Débordant de jeux de mots, de citations plus souvent ironiques que déférentes et d’inventions langagières invraisemblables, ces 250 lettres font cohabiter André Gide, Apollinaire, Lester Young, Ingmar Bergman et Tex Avery. D’une vitalité irrésistible, elles sont un témoignage unique de la jeunesse d’un des écrivains les plus marquants et les plus singuliers du XXe siècle français.

L’ordinaire mésaventure d’Archibald Rapoport

 

Livre de Pierre Goldman (réédition 2019)

« La vie dépasse toujours l’écriture, ai-je pensé, même si l’écriture la transcende et c’est alors que j’ai vraiment décidé de ne jamais écrire qu’au contact immédiat de la mort. »

Un tueur fou suit le fil de ses angoisses métaphysiques en semant des cadavres sur son passage. Quatre policiers, deux magistrats, un avocat : tous assassinés de sang froid en l’espace d’une semaine. La terreur s’empare de la France. On suspecte un « gauchiste » s’attaquant aux signes du pouvoir. Le gouvernement convoque une réunion de crise, la police passe le pays au crible, mais l’enquête patine.
Pourtant, le meurtrier se rend de lui-même à un commissariat.
Archibald Rapoport est un révolutionnaire, un gangster, un Juif hanté par la Shoah, un (dés)agrégé de philosophie, un érotomane, un excentrique… Mais au fond, pourquoi est-il devenu un assassin ? Peut-être, tout simplement, par désir d’écrire… Écrire pour laisser une trace indélébile de son existence, écrire puis périr, afin « que le récit de sa vie pût être publié ».
Un texte iconoclaste, d’une absolue liberté, un chef-d’œuvre d’humour noir, dans lequel Pierre Goldman se jette au feu. Paru deux années avant la mort de son auteur, ce roman sulfureux était devenu introuvable. Quarante ans plus tard, il est temps de le relire pour ce qu’il est avant tout : un grand texte littéraire.

[Article dans En Attendant Nadeau]

[Article de Pierre Ahnne sur son blog]

MÉMOIRE D'OUBLIS - Antoine Acquaviva, une conscience rebelle

 

Livre de Michèle Acquaviva-Pache

Le parcours d'un Corse. L'expérience et la vision d'un journaliste citoyen du monde. Des périodes tumultueuses de l'Histoire à chaud, du Niolu au maquis du Morvan, de la Libération à la guerre froide, de l'Afrique coloniale au FLN algérien, de l'Amérique latine des années soixante à l'Europe de l'Est de l'ère soviétique, de la fin du franquisme à la révolution des Oeillets au Portugal, du Chili d'Allende à l'Italie de Berlinguer.
Antoine Acquaviva retourne sur son île natale, la Corse, et s'engage dans le mouvement nationaliste insulaire. Il prend la tête du Ribombu, hebdomadaire du parti A Cuncolta Naziunalista.
Une plume en accord avec des convictions.

MemoireOublisMemoireOublis [250 Kb]

Pourquoi écrire ?

 

Livre de Philip Roth

« Me voilà, sans mes tours de passe-passe, à nu et sans aucun de ces masques qui m’ont donné toute la liberté d’imaginer dont j’avais besoin pour écrire des romans. »

Cette compilation d’essais et d’entretiens a été conçue par Philip Roth comme le chapitre final de son œuvre, celui où le romancier, qui avait publiquement annoncé la fin de sa carrière littéraire, contemple le fruit d’une vie d’écriture et se prépare au jugement dernier. Il y dévoile les coulisses de son travail, revient sur ses controverses et livre de nombreuses anecdotes où le goût de la fiction le dispute à la stricte biographie.

Au fil des trois sections du recueil (dont la dernière, Explications, est inédite en France), chaque page démontre l’acuité et la force de persuasion de celui qui fut un des auteurs essentiels du XXe siècle. Et ne vous laissez pas berner par la promesse initiale : la sincérité avouée de Roth n’est pas la moindre de ses ruses.

Cahiers de mémoire, Kigali 2019

 

Livre : collectif

« En 1994, la parole a tué au Rwanda ». Les symptômes traumatiques sont aussitôt apparus. Ils ont duré des mois et des années. Ce dont ils témoignaient s’insère aujourd’hui dans le récit que délivrent les rescapés en participant à l’expérience inédite de l’Atelier de mémoire, à Kigali.

[Une note parue le 15 mai 2019 sur le site ENTRE LES LIGNES ENTRE LES MOTS]

Mon père, ce tirailleur nigérien

 

Livre de Fatimata Hamey-Warou

Ce livre rend hommage au père de l'auteure, à d'autres tirailleurs nigériens et à ces valeureux combattants noirs qui sont allés faire la guerre aux Allemands et livrer un combat extrêmement difficile et violent.
Il est aussi une volonté de rappeler aux jeunes générations que des hommes d'Afrique noire et particulièrement des Nigériens sont venus combattre aux côtés de l'Armée française. Nombreux sont ceux qui se sont illustrés lors des deux guerres. Ce travail de recherche et de mémoire se veut un outil de réflexion sur les tirailleurs et les guerres.

La solitude de l’écrivain de fond

 

Livre de Daniel Grenier

Spécialiste de littérature, auteur d’une thèse portant sur les représentations du romancier américain depuis Melville jusqu’à DeLillo, Daniel Grenier a soufflé tout le monde en 2015 avec L’année la plus longue. Après avoir ravi le Prix littéraire des collégiens, son premier roman a été traduit en anglais et ses droits ont été rachetés en France par la prestigieuse maison Flammarion. 

Dans La solitude de l’écrivain de fond, un essai minimaliste et bien personnel sur l’art de la fiction, il revient sur son parcours littéraire, sur les auteurs significatifs qui l’ont jalonné, dont un certain Wright Morris, le plus illustre des écrivains inconnus, double lauréat du National Book Award tombé aujourd’hui dans un oubli complet.

En un peu plus de 80 pages, l’auteur mène donc une réflexion portant sur deux principales préoccupations : l’écrivain Daniel Grenier et l’écrivain Wright Morris .

Daniel Pauly, un océan de combats - biographie

 

Livre de David Grémillet

Entre science et politique, la vie romanesque d'un des plus grands lanceurs d'alerte de notre temps C'est d'abord le récit épique d'une vie. Le destin imprévu de l'enfant né, au sortir de la guerre, des amours d'une ouvrière française et d'un GI afro-américain. Daniel Pauly défie toutes les statistiques. C'est aussi, au fil d'un parcours scientifique hors du commun, le combat d'une vie pour identifier et établir l'ampleur de la surpêche. C'est, enfin, la première grande fresque qui présente, de façon claire et abordable, la surpêche comme un enjeu global, à la fois écologique et géopolitique. Où l'on comprend notamment pourquoi les grands sujets de la crise écologique sont solidaires des questions politiques de justice Nord-Sud.

Le Récit de vie de la personne âgée en institution

 

Paru le 30 mai 2019

Livre de Catherine Schmutz-Brun

Avec la participation d'Hélène CASSIGNOL, Daniela HERSCH-TAUSKY, Anne-Marie NICOLE, Marie-Josèphe VARIN 

S’appuyant sur leurs expériences et leurs démarches novatrices, les auteures interrogent la pertinence du récit de vie auprès des personnes âgées en institution.

Fruit d’une rencontre de recueilleuses de récits de vie, cet ouvrage s'intéresse à la place du récit de vie des personnes âgées dans un contexte institutionnel. Les auteures ont rassemblé leurs expériences et partagé des visions nouvelles, des démarches novatrices dans l’objectif de développer la place du récit de vie en institution en suscitant l’envie des accompagnants, des responsables d’établissements et même des bénévoles. La diversité et la richesse des expériences relatées s’accompagnent d’apports théoriques qui viennent les étayer.

La vie n'est pas une biographie

 

Livre de Pascal Quignard

Voici le cœur de l’argument du livre que je voudrais consacrer à l’idée de biographie : les rêves n’émettent pas la moindre idée de cause.

Les rêves sont encore vivants, non les phrases.

Ils errent.

On ne saurait faire un tissu si continu de ses désirs, ni des actions où ils se projettent ou qu’ils inventent, qu’il puisse passer pour vraisemblable.

Le fait divers et ses fictions

 

Livre de Frédérique Toudoire-Surlapierre 

Un livre peut-il nous faire changer d’avis ? Le fait divers nous donne à le croire. En nous interrogeant sur les rôles respectifs de la littérature, de l’écrivain et du lecteur dans la société contemporaine, il nous montre à quel point nos opinions sont malléables, changeantes mais surtout réversibles. Dans cette rumeur collective que constitue la circulation des opinions, une voix résonne tout particulièrement, celle des faits divers parce qu’ils sont précisément un moment de prédilection du partage et de la manipulation des opinions. Le pouvoir de conviction du fait divers découle de sa puissance intrinsèquement fictionnelle. Et parce qu’il est un enchaînement, parfois horrible ou sordide mais toujours impressionnant, de péripéties inattendues et spectaculaires, le fait divers est la preuve que le réel est narrativement orchestré et que nous avons bien raison de nous représenter le monde comme une fiction.

Romain Gary dans "La Pléiade" (le 16/05/2019)

 

Le 23 mai 2019 à 18h30, à la librairie COMPAGNIE - 58, rue des Ecoles - 75005 Paris

En mai, La PLEIADE publie deux volumes d'oeuvres de Romain Gary ("Romans et Récits")  et un album.
A cette occasion une présentation en sera faite par ses éditeurs, Mireille SACOTTE, Maxime DECOUT et Denis LABOURET, sont invités par la librairie COMPAGNIE

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

 

En savoir plus sur Romain Gary

  1. Présentation de l’édition sur le site de la Pléiade
  2. Biographie de Romain Gary
  3. Vie et mort de Romain Gary (vidéo)
  4. Vidéos sur France Culture
  5. Cahier "Romain Gary" (Editeur L'HERNE)
  6. Le billet de la librairie "COMPAGNIE" 

Court vêtue

 

Livre de Marie Gauthier 

(vient de remporter le prix Goncourt du Premier roman 2019)

« Vive, légère, alerte, elle était comme un courant d’air dans la maison. Elle arrivait pour repartir une seconde plus tard. La nuit, elle filait sans prévenir. Puis soudain elle était dans sa chambre, dans son lit. Félix l’entendait respirer dans son sommeil. Il imaginait sa poitrine en train de se gonfler sous la chemise de nuit. Il faisait jour c’était dimanche ».
Félix, quatorze ans, en apprentissage dans un bourg poussiéreux et écrasé de chaleur, est hébergé par son patron. Dans la maison du cantonnier habite aussi sa fille de seize ans Gilberte, dite Gil. Gil travaille à la supérette, s’occupe avec une certaine légèreté des repas et du ménage. Dans le temps qui lui reste, elle s’éclipse avec des hommes. Beaucoup d’hommes, souvent plus âgés qu’elle. Fasciné par la jeune fille, Félix vit dans l’attente d’un regard de Gil, d’un signe. 
Marie Gauthier restitue avec une intensité magnétique l’atmosphère moite et oppressante du bourg en plein été, les sensations confuses du jeune garçon devant la sensualité troublante du corps de Gil.

[note de lecture de Pierre Ahnne, écrite des le 26/01/2019]

CourtVetueCourtVetue [102 Kb]

Philip Roth, l’œil de l’Amérique

 

Livre d'Éric Fottorino, Pierre Assouline, François Busnel, Philippe Labro, Josyane Savigneau, Karine Tuil 

 « Philip Roth était-il à lui seul un Complot contre l'Amérique ? Oui, assurément, si on accepte que la littérature soit ce cocktail explosif de mots qui vous saute à la figure et fait trembler tout un pays et ses élites bien-pensantes en même temps que les lignes de la page. La bêtise à front bas, les hypocrisies sociales, le politiquement correct, le rêve américain qu'il retournait comme un gant pour en révéler chaque déchirure : l'œuvre romanesque de Philip Roth peut être lue comme une entreprise politique, à condition (comme nous le dit François Busnel) de relier l'intime et le politique. [...] Élucider le réel avec les armes de la fiction, ce fut son combat en trente et un rounds. Chacun de ses livres fut une lutte contre lui-même et contre les démons de l'Amérique. » (Éric Fottorino, Directeur de l'hebdomadaire Le 1)

Chroniques d'un enfant du pays

 

Livre de James Baldwin (nouvelle traduction)

Dans ces essais écrits durant les années 1940 et 1950 alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’années, James Baldwin s’interroge sur ce que signifie être noir aux États-Unis. Ses réflexions sur la vie à Harlem, la politique, la religion, la presse, la littérature ou le cinéma, écrites dans une prose riche, dense et percutante, sont d’une profonde et vibrante actualité.
La force de ce recueil réside dans la virtuosité avec laquelle Baldwin entremêle sa critique d’une société injuste et clivante, et le récit très personnel de son expérience et de ses souvenirs. L’évocation de la mort de son père, figure insondable d’un pasteur guetté par la démence, l’entraîne à commenter les émeutes de 1943 à Harlem ; le témoignage de son emprisonnement injustifié dans la prison de Fresnes le conduit à poser un regard lucide sur le rapport de la France à la colonisation ; la chronique d’un voyage à Atlanta lui donne l’occasion de dénoncer le racisme systémique et le paternalisme des politiques qui infantilisent la communauté noire. Avec une justesse incomparable et une franchise désarmante, il détaille ainsi les comportements, explore les méandres des relations entre les Noirs et les Blancs et donne à voir une société aux prises avec ses contradictions.
Cette nouvelle traduction rend admirablement justice à l’intensité, la finesse et la perspicacité de l’œuvre de Baldwin, et permet de redécouvrir la voix unique d’une des figures les plus brillantes du XXe siècle.

[Note de Georgia Makhlouf dans L'ORIENT LITTERAIRE - mai 2019]

erev. à la veille de ...

 

Livre d' Eli Chekhtman

Erev est une fresque monumentale, à ce jour entièrement inédite en français, qui retrace l’histoire de la famille Boïar, du début du XXe siècle à la seconde guerre mondiale, puis à la création d’Israël. On y suit trois générations à travers les destins d’une galerie de personnages tour à tour confrontés au tzarisme, au stalinisme et au nazisme. Décimés par les violents soubresauts de l’histoire, les Boiars se battent sans relâche pour leur survie.   Témoignage historique et littéraire essentiel sur la culture des Juifs d’Europe de l’est, cette saga met en lumière la ferveur intellectuelle et les passions qui animaient les communautés rurales et urbaines de cette région de Polésie à la veille de l’Holocauste.   L’ampleur et le détail de cette fresque, les aspects peu connus de la vie communautaire qu’elle dévoile, en particulier le portrait qui est livré de l’intelligentsia de l’entre-deux guerres, en font un texte tout à fait à part dans la littérature yiddish. L’extermination tragique des Juifs d’Europe y est retranscrite dans une langue exaltée, pétrie de réalisme magique, et d’un lyrisme bouleversant.   Eli Chekhtman achève ici brillamment la mission qu’il s’était assigné : immortaliser et célébrer la culture yiddish anéantie.

[Note dans En Attendant Nadeau]

Patchwork de vies

 

Livre de Brigitte Kehrer

Voici le parcours de vie d’une voyageuse aux semelles de vent enlevée en Afrique australe au cours de sa carrière dans l’humanitaire.

Dans ce texte écrit sous forme de pièce de théâtre, différents personnages – religieux, journalistes, médecins, diplomates… – tissent avec la narratrice, assise dans la salle, à côté de son grand-père maternel, des liens nouveaux. Au fil des pages, ils offrent des éclairages variés sur son existence et présentent en filigrane une photographie de la société des cinquante dernières années du XXe siècle. Les thèmes de la religion, de la psychanalyse et de l’écriture sont largement présents. Apparaissent aussi les espoirs déçus, et les idéaux revus à la baisse des travailleurs en mission humanitaire en décalage complet avec la société occidentale après leur retour de mission.

PatchworkDeViesPatchworkDeVies [168 Kb]

I am, I am, I am

 

Livre de Maggie O’Farrell

Après le succès d’Assez de bleu dans le ciel, Maggie O’Farrell revient avec un nouveau tour de force littéraire. Poétique, subtile, intense, une œuvre à part qui nous parle tout à la fois de féminisme, de maternité, de violence, de peur et d’amour, portée par une construction vertigineuse. Une romancière à l’apogée de son talent.

Il y a ce cou, qui a manqué être étranglé par un violeur en Écosse.
Il y a ces poumons, qui ont cessé leur œuvre quelques instants dans l’eau glacée.
Il y a ce ventre, meurtri par les traumatismes de l’accouchement…

Dix-sept instants.
Dix-sept petites morts.
Dix-sept résurrections.

Je suis, je suis, je suis.
I am, I am, I am..

IamIamIamIamIamIam [128 Kb]