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Livres 2011

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tous les livres depuis 2013

à son image

 

Livre de Jérôme Ferrari

 Par une soirée d’août, Antonia, flânant sur le port de Calvi après un samedi passé à immortaliser les festivités d’un ma­riage sous l’objectif de son appareil photo, croise un groupe de légionnaires parmi lesquels elle reconnaît Dragan, jadis rencontré pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Après des heures d’ardente conversation, la jeune femme, bien qu’épuisée, décide de rejoindre le sud de l’île, où elle réside. Une embardée précipite sa voiture dans un ravin : elle est tuée sur le coup.
L’office funèbre de la défunte sera célébré par un prêtre qui n’est autre que son oncle et parrain, lequel, pour faire rempart à son infinie tristesse, s’est promis de s’en tenir stric­tement aux règles édictées par la liturgie. Mais, dans la four­naise de la petite église, les images déferlent de toutes les mémoires, reconstituant la trajectoire de l’adolescente qui s’est rêvée en photographe, de la jeune fille qui, au milieu des années 1980, s’est jetée dans les bras d’un trop séduisant militant nationaliste avant de se résoudre à travailler pour un quotidien local où le “reportage photographique” ne sem­blait obéir à d’autres fins que celles de perpétuer une collec­tivité insulaire mise à mal par les luttes sanglantes entre clans nationalistes.
C’est lasse de cette vie qu’Antonia, succombant à la tenta­tion de s’inventer une vocation, décide, en 1991, de partir pour l’ex-Yougoslavie, attirée, comme tant d’autres avant elle, dans le champ magnétique de la guerre, cet irreprésentable.
De l’échec de l’individu à l’examen douloureux des apories de toute représentation, Jérôme Ferrari explore, avec ce roman bouleversant d’humanité, les liens ambigus qu’entre­tiennent l’image, la photographie, le réel et la mort.

[Note de Pierre Ahnne sur son blog]

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François, portrait d'un absent

 

Livre de Michaël Ferrier

Une voix blanche, surgie au milieu de la nuit, annonce à Michaël Ferrier la mort de son ami François et de sa fille Bahia.
Dans la dévastation, la parole reprend et les souvenirs reviennent : comment deux solitudes, jeunes, se rencontrent, s’écoutent et se répondent ; les années d’études, d’internat ; la passion du cinéma, de la radio : la mémoire se déploie et compose peu à peu une chronique de l'amitié, un tombeau à l’ami perdu.
Entre France et Japon, Michaël Ferrier redonne vie aux fantômes, aux absents, aux disparus. Il confère aux choses et aux êtres une sombre beauté, celle de la passion de l’amitié.

[La note de Pierre Ahnne sur son blog]

Frère d’âme

 

Livre de David Diop

Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l'attaque contre l'ennemi allemand. Les soldats s'élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d'Alfa, son ami d'enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s'enfuit. Lui, le paysan d'Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l'effroi. Au point d'effrayer ses camarades. Son évacuation à l'Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d'ultime et splendide résistance à la première boucherie de l'ère moderne.

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Quel soulagement : se dire « j’ai terminé »

 

Livre de Virginia Woolf

Qu’est-ce qui distingue le journal qu’a tenu Virginia Woolf de tant d’autres journaux intimes ? On le lit comme un roman, car il est bien écrit. Comme un roman policier, car le suspense est là : année par année, on assiste sur le vif à la naissance de ses livres. À partir de quelques mots… Presque rien. Ensuite, on l’accompagne dans la plus belle des aventures artistiques. Jusqu’au dénouement, Oh, quel soulagement, se réveiller et se dire : « j’ai terminé ». Comme dans une série on a envie de vivre les prochains épisodes. Heureusement il y en a. La Chambre de Jacob, Mrs Dalloway, Vers le Phare, Orlando…
De plus on n’est jamais lassé car Virginia Woolf en dit beaucoup – et on a l’impression que c’est à nous, lecteurs, qu’elle le dit – sur elle, ses hésitations, sa confiance dans les mots, les bonheurs qu’elle sait nous faire partager, son angoisse au moment de la publication, qui la rend littéralement malade. Et en parallèle, elle écrit des centaines de lettres où, là encore, elle dévoile inlassablement les secrets de son travail. C’est le journal d’un écrivain et, plus encore, le journal d’une vie. Qu’elle a poursuivi jusqu’au mot fin de cette vie.

QuelSoulagementQuelSoulagement [158 Kb]

Camille contre claudel

 

Livre d'Hélène Zidi [texte de sa pièce]

CAMILLE âgée, c’est l’exploitation de la femme, l’écrasement de l’artiste à qui l’on veut faire suer jusqu’au sang. Tout cela au fond sort de ton cerveau diabolique Rodin. Tu n’avais qu’une peur, c’est que toi, étant mort, je prenne mon essor comme artiste et que je devienne plus que toi ! Il fallait que tu arrives à me tenir dans tes griffes après ta mort comme pendant ta vie. Il fallait que je sois malheureuse toi mort comme vivant. Tu as réussi en tout point car pour être malheureuse, je le suis ! Camille Claudel se dédouble, l’une à 20 ans, avec tous ses espoirs, sa fraicheur, son insouciance, sa fougue et sa passion. L’autre à 79 ans, à l’aube de sa mort avec l’expérience et le recul sur son existence. Elles s’aiment, se détestent, s admirent et se confrontent dans un dialogue intense et profond sur l’amour, l’art, la solitude, la création, les peurs et les regrets. Le chemin parcouru, l’une vieillissant, l’autre rajeunissant, au fil du récit, dessine les contours de cette artiste passionnée, avant-gardiste et révolutionnaire dans la société de l’époque, le monde des hommes et celui de l’art !

Heimat - loin de mon pays

 

BD de Nora Krug

Depuis longtemps, Nora Krug ressent que le simple fait d'être citoyenne allemande la relie à l'Holocauste, lui interdisant tout sentiment de fierté culturelle. Après douze ans passés aux États-Unis, et alors qu'un non-dit plane sur la participation de sa famille à la guerre, elle part à la recherche de la vérité...

Entre bande dessinée et album photo, une enquête intime stupéfiante au cœur de l'Allemagne nazie.

[Un article des Inrocks]

HeimatHeimat [168 Kb]

Indélébiles

 

BD de Luz

De 1992 à 2015, Luz a dessiné toutes les semaines pour Charlie Hebdo.

Jeune provincial puceau arrivé à Paris, il rencontre Cabu qui le prend sous son aile et l'entraîne à La Grosse Bertha, qui devient Charlie Hebdo. Avec le temps il devient l'un des piliers du journal. Dans un long rêve, il égrène ses souvenirs : ses amis, Charb, Tignous, Gébé, Catherine Meurisse..., le premier reportage en banlieue, aux USA, la tournée en Bosnie en guerre avec le chanteur Renaud, son infiltration au RPR, les manifs... Et la vie de bureau, les bouclages, les unes, Johnny. Enfin, il y a surtout la présence de Cabu, le mentor, jamais avare de conseils, qui essaie par exemple de lui apprendre à dessiner discrètement dans sa poche.

[Interview dans les INROCKS – 29/10/2018]

IndelebilesIndelebiles [100 Kb]

Gloire incertaine

 

Livre deJoan Sales

Ce texte polyphonique et littéraire, dont les personnages se répondent au gré de leurs aventures et idéaux, se déploie sur plusieurs périodes de la guerre d’Espagne, entre échanges épistolaires, dialogues travaillés à la serpe et prose philosophique d’une grande portée. On y suit Lluís, jeune soldat sur le front républicain ; Trini, sa compagne anarchiste restée à Barcelone avec leur enfant ; Soleràs, personnage qui fascine tous ceux qui le croisent ; et Cruells, jeune séminariste et confident des guerres intérieures de ses compagnons de tranchée. « Des héros – combattants, volontaires ou non, sur le front d’Aragon – en proie à une situation qui les dépasse et les transforme en pions d’un jeu qu’ils ne maîtrisent pas. Leurs souffrances, leurs doutes, leurs héroïsmes, leurs sacrifices, incarnent “the uncertain glory of an April day”, phrase de Shakespeare qui donne au livre son titre », comme le souligne l’auteur Juan Goytisolo, qui a permis de faire connaître ce roman majeur de la culture catalane.
Gloire incertaine, œuvre multiple et existentielle, est donc une perle rare qui a vécu de multiples vies au gré des coupes chirurgicales imposées par la censure franquiste, de ses différentes publications et du développement du texte jusqu’à la mort de son auteur en 1983. Premier roman écrit par un républicain espagnol sur la guerre civile, il se réapproprie ces combats dont Malraux, Hemingway, Bernanos, Orwell avaient fait un sujet mythique.

CORRESPONDANCE COMPLÈTE

 

Livre d'Emily Dickinson. (Traduite de l'américain par Françoise Delphy)

Née en 1830 à Amherst où elle y meurt en 1886, Emily Dickinson, est devenue, dans le premier tiers du XXe siècle, un des grands mythes des Lettres américaines et, sans doute, l’un des poètes majeurs de la littérature universelle.

La publication de ce fort ouvrage, contenant sa Correspondance complète, est un événement majeur de l’édition française : jusque lors, ses missives ont donné lieu à quelques éditions très incomplètes ou thématiques.

Hormis les lettres vraisemblablement détruites, toutes celles écrites par Emily Dickinson ont été ici assemblées. Autant que possible, elles ont été classées selon un dispositif chronologique. 

Nous devons la publication de cet imposant recueil à Françoise Delphy qui avait déjà traduit, en 2009, les Poésies complètes de Dickinson (Flammarion). Une biographie, Emily Dickinson poète, dans la poche du kangourou, parue dans la collection « Cardinales/Documents », (Orizons) au début de 2016, parachève le parcours exemplaire d’une dickinsonienne qui a, en outre, dispensé en Sorbonne et ailleurs ses cours sur la Dame d’Amherst.

Carnets de Kiev, 1941-1943 ...

 

Titre complet : Carnets de Kiev, 1941-1943 : journal d'une bibliothécaire russe pendant l'occupation allemande 

Livre d'Irina A. Khorochounova

Si notre perception de l’occupation allemande de Kiev pendant la Seconde Guerre mondiale s’est affinée à la lumière de nombreux documents exhumés récemment, elle cerne surtout les aspects militaires, politiques et administratifs de la présence ennemie. Ces Carnets de Kiev donnent au contraire à voir la vie des habitants et de la ville entre 1941 et 1943. 

Jeune bibliothécaire issue de la bourgeoisie russe traditionnelle, Irina Khorochounova a consigné dans son journal, rédigé dans un style sobre et précis, les événements survenus dans la Kiev occupée. Travaillant au contact des Allemands, elle décrit avec force détails des épisodes douloureux tels que la collaboration, le pillage des bibliothèques, les prisonniers de guerre, le marché noir, lesexpulsions et la terreur qu’inspirent dans toute la population les rafles pour le travail forcé en Allemagne par les forces d’occupation.  Comme l’arbitraire qui y préside. En leitmotiv revient, depuis le premier massacre dans le ravin dit de Babi Yar (29-30 septembre 1941), le martyre spécifique des Juifs, leur sort singulier dans cet océan de violences, et leur disparition d’un monde empreint de leur présence séculaire et familière.

Compte-rendu au jour le jour de la vie de Khorochounova et de ses compatriotes au cours de ces sombres années, ce journal, conservé dans les Archives des Organes du pouvoir et de direction de la République d’Ukraine et inédit en français, livre un témoignage sensible de la guerre telle que l’ont vécue les civils de Kiev.

[Une note de lecture : L’Ukraine sous la botte allemande - Sur le site NONFICTION.FR – 22 octobre 2018]

CarnetsDeKievCarnetsDeKiev [132 Kb]

LA RASE-CLOISON

 

Livre de Christiane Malet

Née dixième enfant au sein d'une fratrie qui en comptera onze, Christiane Malet décrit ses premières aventures familiales, amicales avant de se lancer dans « sa » vie de femme, de mère et dans le monde du travail. Le récit oscille entre douleurs et douceurs. Sa discrétion lui vaudra ce surnom de La Rase-cloison. Et pourtant ce n'est pas « parce qu'on ne dit rien qu'on n'a rien à dire ». La découverte de l'écriture l'amènera vers ce témoignage attachant, émouvant. C'est le récit d'une vie de femme qui conquiert pas à pas son identité et affirme sa présence au monde.

LaRaseCloisonLaRaseCloison [65 Kb]

Chef de guerre – Autobiographie

 

Livre de Black Hawk

En 1832, sur le cours du haut Mississippi, Black Hawk, chef des Indiens Sauks, refuse d’abandonner ses terres aux colons américains. Il se lance dans une guerre éphémère mais violente avant d’être contraint à capituler.
Durant sa captivité, il rédige avec l’aide d’un interprète son autobiographie, qui deviendra un best-seller et fera de lui une figure tragique de grand chef indompté. Bien avant les fameuses Mémoires de Geronimo, il y expose une autre vision du monde et de l’histoire, et fait entendre la voix des Amérindiens écrasés.
Mais, en racontant ses combats depuis le temps de sa jeunesse jusqu’à la guerre qui fera sa renommée, il porte aussi un dernier coup, par l’écrit cette fois, à ses ennemis victorieux. Son autobiographie n’avait jamais été traduite en français.

La splendeur des Brunhoff

 

Livre d'Yseult Williams

La saga des Brunhoff à l’aide d’archives inédites, grande famille dont on apprendra qu’on lui doit plus que la création de Babar. Elle exerça une grande influence sur la vie artistique dans l’entre-deux-guerres et résume sur 4 générations le XXe siècle français.

Des Brunhoff, l’histoire a surtout retenu deux noms : celui de Jean, le génial créateur de Babar dans les années 1930, et celui de son fils, Laurent, qui fera du roi des éléphants un des personnages les plus célèbres de la littérature enfantine.

Si Jean se tenait hors du tumulte du monde, il en allait tout autrement pour les autres membres d’une famille qui a marqué son temps. Son frère Michel et son beau-frère Lucien Vogel furent à la pointe dans la presse, l’édition, la mode, la photographie ou encore l’art moderne. Ces éditeurs de génie ont créé les premières revues de mode au croisement de tous les arts :  La Gazette du bon ton, Le Jardin des modes, Vogue – dont Cosette, l’épouse de Lucien, sera la première rédactrice en chef – mais aussi Vu, l’illustre magazine de photoreportage, le premier à publier des photographies de camps de concentration. Guillaume Apollinaire, Pablo Picasso, Lee Miller, Salvador Dalí, Robert Capa, Jean Cocteau et tant d’autres ont tous participé, à un moment de leur carrière, à ces revues.

Innovants dans les arts, les Brunhoff furent aux avant-postes de la lutte contre le fascisme durant toute la tragédie européenne, à l’image de Marie-Claude Vogel, future Vaillant-Couturier, héroïne bouleversante de la Résistance. De la Belle Époque jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la famille de Babar a traversé les tempêtes avec le panache des grands explorateurs de notre temps.

Pour écrire la saga inouïe de cette famille de talent, Yseult Williams a eu accès à des archives familiales inédites et s’est entretenue notamment avec Marion de Brunhoff, la fille de Michel, avec Mathieu, le fils de Jean, et avec Thomas Ginsburger, le fils de Marie-Claude Vaillant-Couturier.

Correspondance 1981-2017

 

Livre de Pierre Bergounioux & Jean-Paul Michel

«Un grave penseur a suggéré que l'âge adulte ne sert à rien qu'à exaucer les désirs irréalisés de l'enfance. La nôtre a coïncidé avec le grand aggiornamento du début de la deuxième moitié du siècle dernier, le printemps du monde auquel a succédé, très vite, l'automne qui pèse toujours sur la terre. Nous semblions voués, comme nos devanciers, à ne rien entendre à ce qui se passait et nous concernait. Que nous ayons été les contemporains d'une conjoncture d'exception, c'est, rétrospectivement, l'évidence. Encore fallait-il un détonateur pour libérer les énergies soudain rassemblées, fendre la muraille, briser les barreaux de l'isolement, de l'ignorance, du silence. Le sort, les puissances occultes ont désigné Jean-Paul, qui s'est mis aussitôt en chemin. Il n'était plus que de le suivre. Mais l'aventure était à ce point déconcertante et neuve que ses échos roulent toujours plus d'un demi-siècle plus tard, ce qui explique ce besoin d'y revenir, cette correspondance.» Pierre Bergounioux

Lettres de Mathurin Méheut à Yvonne Jean-Haffen

 

Denise Delouche & Anne de Stoop - Préface de Philippe Le Guillou.

Cette correspondance s’échelonne de 1926 à 1954. On connaît ainsi 1400 lettres auxquelles s’ajoutent près de deux cents cartes postales, le tout précieusement conservé par Yvonne Jean-Haffen dans sa propriété, aujourd’hui La Maison d’artiste de la Grande Vigne, léguée en 1987 à la Ville de Dinan. Mathurin Méheut détruisait les réponses de son élève, très chère égérie et active collaboratrice, ces échanges épistolaires ayant lieu à l’insu de Marguerite Méheut, l’épouse de l’artiste.
Les illustrations à la gouache sont d’une exceptionnelle qualité, l’image primant toujours sur le texte qui sert de toile de fond graphique.

Cette correspondance est composée de 150 lettres choisies, et de nombreuses reproductions.

Algérie 1956 : Pacifier. Tuer - LETTRES D'UN SOLDAT À SA FAMILLE

 

Livre de Jean Martin

Deux millions de jeunes Français ont effectué leur service militaire en Algérie entre 1955 et 1962. Au plus fort de la guerre 400 000 militaires français quadrillent l'Algérie.
Au début de la guerre d'Algérie, un appelé du contingent raconte, benoitement, dans des lettres adressées à sa famille, les basses besognes de l'armée française. Ce livre donne à lire un document, apparemment banal, pendant des mois, les lettres que Jean Martin adresse à sa famille. Il n'a aucune distance critique de ce qu'il fait. Bien au contraire. Il est fier de servir, satisfait de savoir faire le boulot, un peu condescendant vis-à-vis des corps de troupes réputés moins aguerris, moins efficaces dans la réalisation des missions. Au fil de quatorze mois, ces lettres décrivent ce que Hannah Arendt a pu nommer la « banalité du mal ».
Dans la même lettre on le voit demander des nouvelles d'une petite voisine, « qui a du bien grandir » depuis qu'il ne l'a vue ; et quelques lignes après expliquer « demain je suis de corvée de torture… que voulez-vous, même pas agréable, on le fait à chacun son tour ». Un autre jour, il explique à la famille que pour la nourriture « ça va » et que «ce n'est vraiment plus la peine de lui envoyer des colis : maintenant “ils” se font assez respecter dans la région où il est cantonné, et les “bougnoules” se sentent bien forcés de leur donner tout ce qu'ils exigent: “Que voulez-vous, il faut bien leur faire comprendre qui est le maître !”»
Il raconte avec force détails une opération de représailles : un village s'était réjoui qu'une mine ait fait sauter un camion de l'armée française, tuant plusieurs soldats. « On leur a fait creuser des trous pour enterrer tous les morceaux de ferraille, et un trou plus grand. Puis on les a tous tués, des plus âgés au plus jeunes. » À peine sent-on parfois une sorte de lassitude, à la veille d'une permission qu'il attend depuis des semaines.
L'auteur de ces lettres sentait bien qu'elles laissaient ses parents perplexes ou tristes. Il les « rassure » à plusieurs reprises en reprenant, vraisemblablement, les arguments donnés par les officiers au sujet de la guerre, de son bien-fondé contre les terroristes, du rôle de la France, de tout ce qu'il faudra faire après la « pacification ». Il s'agit-là d'un document, au ras de la vie quotidienne d'un soldat.
Jean Martin est un nom d'emprunt, choisi pour rendre ce témoignage anonyme. Par égard pour la famille, qui ne souhaite pas une publicité déplacée, nous avons choisi le nom propre le plus répandu en France et l'un des prénoms des plus diffusés.

N'importe quel soldat d'Algérie, mobilisé pour la guerre coloniale, aurait pu faire et écrire cela.

Journal intime d’un poilu

 

Livre de Jean-Pierre Biscay

« C'est pour vous, les compagnons survivants, que j'ai repris quelques épisodes
de mon carnet de route et aussi (...) pour rendre hommage à ceux, muets, dont la parole fut étouffée, à nos côtés, dans la terre froide de Craonne ou de Verdun.
À tous ces anonymes qu'une famille pleure quelque part dans une campagne lointaine et qui ne laisseront de trace dans la mémoire collective qu'un simple nom gravé sur la pierre d'un monument de village (...) Et parce que nos corps meurtris nous interdisent l'oubli, nous gardons avec quelque fierté, dans une urne secrète, les cendres de ceux qui méritaient de vivre, parce qu'ils savaient mourir. »

Carnet de guerre de Louis Barthas (1914-1918)

 

BD de FREDMAN (Auteur), Rémy CAZALS (Préface)

Cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale, et quarante ans après la première publication des Carnets de Guerre de Louis Barthas, Fredman propose une remarquable adaptation graphique de cet ouvrage mythique.

Tonnelier originaire de l'Aude, Louis Barthas est envoyé au front dès 1914. Démobilisé en 1919, il met au propre ses notes prises tout au long du conflit. Militant socialiste et écrivain à son insu, le caporal Barthas a observé jour après jour la vie dans les tranchées : les rats, la boue, les bombes...
Avec une plume extraordinaire et un étonnant sens de l'humour, il décrit les poilus livrés en masse à une mort anonyme, les chefs assoiffés de gloire, mais aussi les Allemands, qu'on appelle " ennemis " mais avec lesquels on fraternise à l'abri des regards.
Publiés aux éditions Maspero en 1978, les Carnets de guerre de Louis Barthas sont devenus un classique, traduit dans de nombreux pays. Fredman met son trait au service de cette œuvre unique. Composée d'extraits soigneusement sélectionnés, respectant l'esprit et la lettre des Carnets originaux, son adaptation graphique donne une nouvelle vie à ce témoignage exceptionnel.

la folie elisa

 

Livre de Gwenaëlle Aubry

Elles cherchent la chair de la perte, la chair du vide, la chair de l'abandon, elles l'ouvrent comme un fruit, elles y plantent leurs dents. Mourir est un art, comme tout le reste : elles le savent aussi. Elles contrarient leur chute par la vitesse. Elles se quittent avec passion. Elles ont en commun un art de la fugue intérieure, de multiples tangentes. Elles sont mortes plusieurs fois (je les regarde tomber). Elles vont finir par se relever (je les vois qui se battent). Elles sont construites sur des sols instables, glissants, poinçonnés. Leur volume intérieur est impressionnant, du dehors on ne pourrait le soupçonner. Janvier 2015-janvier 2016. Quatre femmes quittent la scène, prennent la fuite : Emy Manifold, une rock star anglaise, Irini Santoni, une sculptrice grecque, Sarah Zygalski, une danseuse berlinoise, Ariane Sile, une actrice française. Grandes amoureuses, "petites folles" , comme Duras le disait de Lol V. Stein, elles ne se connaissent pas mais sont reliées par un graffiti énigmatique, SMA. Une maison les accueille, des chambres claires où recomposer les figures de leur vie, une chambre noire où résonne la fureur du monde. Que faire quand on porte en soi des ruines et des gravats et que la terre se couvre de murs et de barbelés ? Où est l'asile ? Comment construire l'hacienda ?

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Le guetteur

 

Livre de Christophe Boltanski

Mais qui guette qui ? Lorsque le narrateur découvre dans l’appartement de sa mère le manuscrit d’un polar qu’elle avait entamé, « Le Guetteur », il est intrigué. Des recensements de cigarettes fumées, les pneus des voitures voisines crevés - comment vivait cette femme fantasque et insaisissable ? Elle qui aimait le frisson, pourquoi s’est-elle coupée du monde ?
Elle a vécu à Paris avec pour seul compagnon son chien Chips. Maintenant qu’elle est morte, le mystère autour d’elle s’épaissit. Alors il décide de la prendre en filature. Et de remonter le temps. Est-ce dans ses années d’études à la Sorbonne, en pleine guerre d’Algérie, où l’on tracte et l’on se planque, que la jeune femme militante bascule ?
Le Guetteur est le roman bouleversant d’une femme qui s’est perdue. La quête d’un fils qui cherche à retrouver sa mère. La confirmation d’un grand écrivain.

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Un piton séparé du monde

 

Livre de Claude Georges Picard

Claude Georges Picard apporte ici le témoignage d’un soldat « appelé », chasseur alpin, envoyé, en 1961, lors des « événements d’Algérie » sur un piton de Kabylie, dans un poste militaire isolé au cœur de la zone rebelle, à 1200 m d’altitude dans la neige hivernale et sous le soleil accablant de l’été, remplissant à la fois son devoir de soldat et celui d’instituteur-infirmier-écrivain public improvisé dans un village kabyle entièrement acquis à la rébellion.
« Encore un accrochage dans le village avec les fells. Leur pouvoir d’évanouissement est magique. Ne dit-on pas disparaître par enchantement. A la première rafale ils se fondent dans la nuit, se volatilisent et nous restons comme des cons, seuls et désemparés sur le terrain. Ils doivent bien rire, planqués dans la forêt, enterrés dans leurs caches invisibles... Les lendemains d’accrochage, toujours beaucoup d’appréhension en descendant dans le village. Entre le soldat de nuit, qui n’hésiterait pas à tirer et le gentil soldat qui soigne, apprend à lire et compter, je m’y perds. Lequel est le vrai ? »

Un témoignage unique, sans la moindre concession sur les faits et une interrogation profonde sur le drame de conscience qui fut celui de la jeunesse de l’époque.

Témoignage qui a fait l’objet en avril 1984, de cinq émissions à France-Inter : « Le Passé singulier », de Michel Winock et en 1992 d’une lecture de certains passages par Richard Berry sur France 2 dans « Envoyé Spécial ».

« Ce manuscrit édité par les EDITIONS DU NET est unique en son genre. J’ai déjà publié trois de ses prédécesseurs au CNRS. À ma connaissance il est un des rares à dire ce qu’il tente de faire pour saisir sa hiérarchie contre l’abus des tortures et autres exactions. » (Préface Jean-Charles Jauffret)

 

[Une note de lecture de Véronique Leroux-Hugon]

[Chez le même éditeur : "Retour en Kabylie"]

Le monarque des ombres

 

Livre de Javier Cercas

Un jeune homme pur et courageux, mort au combat pour une cause mauvaise (la lutte du franquisme contre la République espagnole), peut-il devenir, quoique s’en défende l’auteur, le héros du livre qu’il doit écrire ? Manuel Mena a dix-neuf ans quand il est mortellement atteint, en 1938, en pleine bataille, sur les rives de l’Èbre. Le vaillant sous-lieutenant, par son sacrifice, fera désormais figure de martyr au sein de la famille maternelle de Cercas et dans le village d’Estrémadure où il a grandi. La mémoire familiale honore et transmet son souvenir alors que surviennent des temps plus démocratiques, où la gloire et la honte changent de camp. Demeure cette parenté profondément encombrante, dans la conscience de l’écrivain : ce tout jeune aïeul phalangiste dont la fin est digne de celle d’Achille, chantée par Homère – mais Achille dans l’Odyssée se lamentera de n’être plus que le “monarque des ombres” et enviera Ulysse d’avoir sagement regagné ses pénates.
Que fut vraiment la vie de Manuel Mena, quelles furent ses convictions, ses illusions, comment en rendre compte, retrouver des témoins, interroger ce destin et cette époque en toute probité, les raconter sans franchir la frontière qui sépare la vérité de la fiction ?
L’immense écrivain qu’est Javier Cercas affronte ici ses propres résistances pour mettre au jour l’existence du héros fourvoyé, cet ange maudit et souverain dont il n’a cessé, dans toute son œuvre, de défier la présence.

[Interview dans L'Orient Littéraire - septembre 2018]

[Sur France Inter le 7 septembre 2018]

dictionnaire de l'autobiographie. écritures de soi de langue française

 

Livre de Françoise Simonet-Tenant

Réédition en livre de poche à un prix plus abordable

Dix-sept ans

 

Livre d'Eric Fottorino

"Lina n'était jamais vraiment là. Tout se passait dans son regard. J'en connaissais les nuances, les reflets, les défaites. Une ombre passait dans ses yeux, une ombre dure qui fanait son visage. Elle était là mais elle était loin. Je ne comprenais pas ces sautes d'humeur, ces sautes d'amour". Un dimanche de décembre, une femme livre à ses trois fils le secret qui l'étouffe. En révélant une souffrance insoupçonnée, cette mère niée par les siens depuis l'adolescence se révèle dans toute son humanité et son obstination à vivre libre, bien qu'à jamais blessée. Une trentaine d'années après Rochelle, Eric Fottorino apporte la pièce manquante de sa quête identitaire. A travers le portrait solaire et douloureux d'une mère inconnue, l'auteur de Korsakov et de L'homme qui m'aimait tout bas donne ici le plus personnel de ses romans.

[Interview de l'auteur par Georgia Makhlouf - L'Orient Littéraire août 2018]

DixSeptAnsDixSeptAns [65 Kb]

Ils ne m’auront pas

 

Titre complet : Ils ne m’auront pas. Capture, travail forcé, évasion d’un prisonnier français durant la Seconde Guerre mondiale (juin 1940-février 1942)

Livre de Jean Hélion

Le peintre Jean Hélion (1904-1987), engagé dès la fin des années 1920 dans la non-figuration, prit une part active aux mouvements Art concret (1930) et Abstraction-Création (1932-1934), puis il s’installa en Virginie (USA) où il amorça un retour vers le réalisme pictural, interrompu par la Seconde Guerre mondiale. Son rapatriement volontaire en France en janvier 1940 pour com­battre les troupes allemandes, la débâcle et la capture de sa compagnie à l’heure de l’armistice, son internement dans un camp de prisonniers à Orléans, le travail forcé dans un Kommando agricole de Poméranie, son action décisive en tant qu’« homme de confiance » sur le Nordenham, un bateau-prison du port de Stettin, son évasion d’Allemagne le 17 février 1942 et son difficile retour vers Paris occupé forment la trame de They Shall Not Have Me (Ils ne m’auront pas). Rédigé pendant l’hiver 1942-1943, ce texte est resté inédit en français jusqu’à aujourd’hui. Rares sont les témoignages à la fois littéraires et réalistes sur la rude vie quotidienne des prisonniers de guerre français en Stalag. Encore plus rares sont ceux qui ont été écrits à chaud, pour soutenir la France libre en exil et l’effort de guerre américain. Dans cette perspective, il fallait que le récit de Hélion demeurât au plus près des choses vues en tant qu’artiste, et subies en tant qu’homme : « À mon arrivée par une nuit glaciale, des mois auparavant – ou plutôt des siècles – le bateau sentait le vernis et le bois neuf. Il dégageait maintenant une odeur de corps mal lavés, de fromages pourrissant dans des cartons et de tout ce que les vêtements avaient absorbé dans les tunnels, les ateliers ou les quais : charbon, fuel, goudron, engrais. / Les ampoules au carbone éclairaient de moins en moins bien. On devinait, plutôt qu’on ne voyait, les étranges constructions faites de cordes, de bâches, de papiers, de caisses démontées, de vieux cartons qui envahissaient le bateau comme des toiles d’araignées, mais avec fantaisie. Les étroits passages entre les châlits étaient devenus impraticables. / De temps en temps, l’officier de con­trôle piquait une colère et ordonnait le démontage du tout. Mais les échafaudages baroques, les crochets et les paravents repoussaient irrésistiblement. Ils répondaient à un besoin de rangement des vêtements et de la nourriture, mais plus encore à un besoin psychologique. Plus que jamais, uniformité signifiait soumission. Grâce à ses installations bizarres, entre paillasse et plafond, le prisonnier pouvait se persuader qu’il préservait sa précieuse individualité. »

Jean Hélion revint vivre à Paris en 1946 et peignit alors de grandes compositions allégoriques, révélant cette « figure du monde » dont son expérience de la guerre a été le catalyseur, sinon la clef.

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Deux pères juifs

 

Livre de Catherine Francblin 

Deux pères juifs est un récit autobiographique qui évoque l'enfance de l'auteure, confrontée à l'absence de son père, disparu dans la Shoah quelques semaines avant sa naissance. Doté de remarquables qualités littéraires, le texte mêle habilement, en un va-et-vient permanent, le récit personnel et l'histoire collective. Élevée par une mère réfugiée dans le silence et un beau-père, rescapé d'Auschwitz, qui aspire à aller de l'avant, l'enfant ne trouve aucune réponse à ses interrogations sur le drame vécu par les siens. Bien des années plus tard, les écrits des historiens et des témoins du génocide viennent emplir ce vide. Ils alimentent un besoin de savoir inassouvi dont la violence sous-tend l'écriture de ce livre, composant une chronique du martyre bouleversante qui s'agrippe au lecteur de toutes parts pour ne plus le lâcher. Profondément originale tant par la position de l'auteure « entre deux pères » que par sa quête des traces de son histoire intime à la lumière des faits et événements relevant de la grande Histoire, la démarche de Catherine Francblin interpelle chacun avec vigueur. Son rappel détaillé, martelé, de la barbarie nazie a valeur de mise en garde dans un monde au sein duquel le travail de civilisation s'avère sans fin.

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fragments d'exil - Les Carnets D’un émigré (1914-1946)

 

Livre d'Alain Sobel

Le chemin de l'exil dans l'Europe en lambeaux des années 20, débute pour Maurice Gros dans les collines de Transylvanie et traverse un empire Austro-Hongrois démembré après la défaite. L'émigration est la seule réponse possible au chambardement politique et social, empreint d'antisémitisme. A Paris, le jeune émigré, qui se croyait conquérant, affronte la solitude, la langue nouvelle, l'étrangeté d'être un intrus dans la cité, sans racines, sans histoire, sans culture commune. Les difficultés des études et de la vie quotidienne éphémère sont les premières épreuves de l'exil parfois suspendu par la rencontre de photojournalistes géniaux, presque tous juifs hongrois.  Jeune médecin, Maurice Gros raconte avec étonnement les évènements politiques majeurs, également commentés par les prévisions apocalyptiques de Joseph Roth qu'il écoute, fasciné. L'émigration c'est la précarité et le travail sans répit. Mais aussi l'expérience de la xénophobie et de l'antisémitisme, les changements de noms et l'intégration progressive qui fait de l'étudiant solitaire le chef de famille à l'identité changeante. Tout est à refaire pendant la deuxième guerre mondiale et l'Occupation qui transforment l'homme mûr et enfin enraciné, en un réfugié à nouveau méprisé et menacé. L'émotion et le lyrisme sont constamment maîtrisés dans ce récit précis et efficace où les compromis successifs sont des conditions indispensables au combat acharné pour survivre. A chaque tourmente, répond une « salve d'avenir », une résistance nouvelle.

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Retour à Lemberg

 

Livre de Philippe Sands

Invité à donner une conférence en Ukraine dans la ville de Lviv, autrefois Lemberg, Philippe Sands, avocat international réputé, découvre une série de coïncidences historiques qui le conduiront de Lemberg à Nuremberg, des secrets de sa famille à l’histoire universelle.

C’est à Lemberg que Leon Buchholz, son grand-père, passe son enfance avant de fuir, échappant ainsi à l’Holocauste qui décima sa famille ; c’est là que Hersch Lauterpacht et Raphael Lemkin, deux juristes juifs qui jouèrent un rôle déterminant lors du procès de Nuremberg et auxquels nous devons les concepts de « crime contre l’humanité » et de « génocide », étudient le droit dans l’entre-deux guerres.

C’est là enfin que Hans Frank, haut dignitaire nazi, annonce, en 1942, alors qu’il est Gouverneur général de Pologne, la mise en place de la « Solution finale » qui condamna à la mort des millions de Juifs. Parmi eux, les familles Lauterpacht, Lemkin et Buchholz.

Philippe Sands transcende les genres dans cet extraordinaire témoignage où s’entrecroisent enquête palpitante et méditation profonde sur le pouvoir de la mémoire.

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Poser le Sac - Journal de Grève Cheminot 1995

 

Livre de Christian Verrier

Poser le sac est un journal tenu par un conducteur de train lors de la grève SNCF de 1995, qui s'est propagée à de nombreux secteurs de l'activité économique et des services publics français. Relatant la grève au jour le jour dans la plus grande gare d'Europe, la gare du Nord, il donne à suivre une lutte dans l'instant présent, qui débute, s'intensifie, gagne son combat, puis décline. C'est l'occasion de constater combien le présent et le passé social peuvent s'entremêler avec le souvenir de grandes grèves d'hier comme celle de 1986 dans la même gare. Combien également l'action revendicative rapproche des univers sociaux éloignés, qui peuvent se rencontrer le temps de quelques semaines de mise entre parenthèses du quotidien habituel. Ce texte est un exemple de « journal d'intensité » qui capte les moments forts d'une « période chaude »

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Leurs enfants après eux

 

Livre de Nicolas Mathieu

Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l'Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour mer l'ennui, il décide de voler un canoë et d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sen le drame de la vie qui commence. Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d'une vallée, d'une époque, de l'adolescence, le récit politique d'une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l'entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d'Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.

La mâove de Coutances

 

Livre de Marie-Françoise Lecourt

Lorsqu’Adrien naît en 1917 à Coutances, son père est à la guerre et sa mère cherche du réconfort dans la prière. Adrien va grandir dans cette petite ville manchoise où l’attend une voie qui semble toute tracée, fidèle à l’éducation chrétienne qu’on lui inculque et dont il est fier. Mais Adrien, sans toutefois la renier, ne la suivra pas. Il mènera sa propre vie. Le cours Germain, le vélo, le ping-pong. La guerre et l’Occupation, puis la vie qui reprend. La vie de famille et ses joies, ses silences et ses effondrements. Adrien marchera sur sa propre route, guidé par ses valeurs de paix et de justice, son engagement social passera avant tout le reste.

Des dizaines d’années après sa disparition, sa fille tente de comprendre par quels chemins il est passé. Elle le cherche dans les rues de Coutances et aux alentours avec le vif désir de recouvrir de mots les kilomètres de silence sur lesquels il l’a laissée marcher, de lutter contre la disparition de sa trace, d’effleurer le mystère d’une vie.

Elle le fait, une mouette à ses côtés. Selon ceux qui n’osent en parler, cet oiseau, que certains appellent mâove, porte en lui l’âme des disparus.

Mais que reste-t-il d’un être qui n’est plus ? Coutances se souvient-elle de lui ?

[La presse en parle]

Quinze voyages de Varsovie à Londres, 1940-1945

 

Livre de Jasia Reichardt

Jasia Reichardt a six ans quand la guerre éclate et bouleverse l'heureuse vie familiale. Préservée puis séparée des siens restés dans le ghetto de Varsovie, elle dut s'adapter à toutes sortes de situations.

Cinquante ans après, elle parvient enfin à lire les lettres de sa mère (assassinée à Treblinka) et de sa grand-mère (suicidée à Otwock) adressées à sa tante, Franciszka Themerson, qui suivit le gouvernement polonais en exil.

L'auteure mêle ses mots de petite fille et d'adulte pour évoquer les événements et l'odyssée initiatique qui lui font quitter un monde pour un autre, la mort pour la vie, la sienne et celle des êtres chers, autour de lettres, d'images et de souvenirs. Défilent ainsi visages et lieux, résonnent les voix, de Varsovie à Londres.

Le langage inclusif : pourquoi ? comment ?

 

Livre d'Eliane Viennot

La violente polémique surgie en France à l'automne 2017 autour de “l’écriture inclusive” a conduit Eliane Viennot à élargir la question au “langage inclusif”. Intervenue à de multiples reprises dans les débats qui ont opposé les “puristes” aux progressistes, l'autrice de Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin ! expose dans ce petit guide les bonnes raisons de débarrasser la langue des normes et des règles masculinistes pour dire et écrire un monde où chacun·e aurait sa place, à égalité. Les outils qui le permettent existent : il suffit de les redécouvrir pour suivre, en toute simplicité, les logiques du français, avec l'inventivité que permet aussi sa souplesse. L'acccord de proximité, les féminins des noms de fonctions, le point milieu, la création de néologismes opportuns, le choix de réserver le mot “homme” au mâle de l'espèce et de parler désormais de “Droits humains”, sont autant de moyens détaillés dans ces pages, à la portée de toustes.

« On ne nait pas femme, on la devient. » Telle est la phrase que Simone de Beauvoir aurait écrite si, fille de l’école, elle n’avait assimilé les règles concoctées depuis le xviie siècle pour donner au « genre le plus noble » la place qu’il occupe aujourd’hui dans la langue française.

Contestée dès l’origine, longtemps négligée, finalement imposée par des institutions puissantes, cette entreprise a commencé d’être démantelée dans les pays francophones depuis une quarantaine d’années. D’une controverse à l’autre – et elles sont particulièrement vives en France – la démasculinisation du français a déjà fait des progrès notables, avec l’abandon progressif des noms masculins appliqués aux femmes occupant des fonctions prestigieuses.

Ce travail se poursuit désormais plus largement avec le langage inclusif, qui intègre des exigences propres au temps présent : celles de pays résolument décidés à réaliser l’égalité entre tous les êtres humains. Ce guide donne à la fois les bonnes raisons que nous avons d’approfondir cet effort, et les moyens simples qui sont à notre portée pour le soutenir.

La marcheuse

 

Livre de Samar Yazbek

Rima aime les livres, surtout Le Petit Prince et Alice au pays des merveilles, le dessin et… marcher. La jeune fille, qui ne parle pas, souffre d’une étrange maladie : ses jambes fonctionnent indépendamment de sa volonté, dès qu’elle se met à marcher elle ne peut plus s’arrêter.
Un jour d’août 2013, alors qu’elle traverse Damas en bus, un soldat ouvre le feu à un check-point. Sa mère succombe sous les balles et Rima, blessée, est emmenée dans un hôpital pénitencier avant que son frère ne la conduise dans la zone assiégée de la Ghouta. Et c’est là, dans cet enfer sur terre, que Rima écrit son histoire.
À travers la déambulation vive et poétique de cette adolescente singulière dans l’horreur de la guerre, Samar Yazbek continue son combat pour exposer aux yeux du monde la souffrance du peuple syrien.

[Une rencontre avec l'auteure aux "BOUILLONS" d'Angers le 27/09/2018]

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Imbibé de leur sang, gravé de leurs noms ...

 

Titre complet : Imbibé de leur sang, gravé de leurs noms - Témoignage d’un survivant du génocide des Tutsi du Rwanda

Livre de Philibert Muzima

Mon père fut emprisonné, torturé et exilé au début des années 60. À son retour au pays, il a vécu dans la peur et l’injustice. En octobre 1990, encore la prison, puis il est tué en avril 94. Mon père est ainsi mort assassiné, avec ma mère, mes quatre sœurs et mes deux frères. Pour quel crime ? Être Tutsi. Ils sont victimes d’un génocide contre les Tutsi du Rwanda. Le Tutsicide.

Je survis quant à moi à la décapitation, deux coups de machettes m’ayant fracturé l’os du crâne. Je me vide de mon sang, mais je cours quand même.

Un militaire tire sur moi à l’arme automatique sans m’atteindre. Je m’engage encore dans une course contre la mort. Une meute de Hutu me pourchasse comme un gibier. Ils mettent le feu au buisson qui me cache. Il ne brûle pas. Ils déchaînent alors des chiens entrainés à la chasse pour qu’ils me débusquent et me dévorent. Rien n’est fait. Ils passent la forêt au peigne fin. Ils sont décidés à en finir avec moi, une fois pour toutes.

Des cadavres jonchent les rues…

[Note de lecture sur le site "Entre les lignes, entre les mots"]

[Une interview de l'auteur]

George Orwell, écrivain des gens ordinaires

 

Livre de Kevin Boucaud-Victoire
... cet « homme presque génial », comme le qualifiait son principal biographe Bernard Crick, échappe aux étiquettes politiques communément admises. … Dans un format court et dense, s'appuyant sur des biographies qui ont fait autorité, l'auteur livre une approche rafraichissante à rebours des interprétations biaisées, faisant tour à tour d'Orwell un conservateur patenté et un socialiste dans les rangs.

My absolute darling

 

Livre de Gabriel Tallent

À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie. My Absolute Darling a été le livre phénomène de l’année 2017 aux États-Unis. Ce roman inoubliable sur le combat d’une jeune fille pour devenir elle-même et sauver son âme marque la naissance d’un nouvel auteur au talent prodigieux. 

[Lire la note de lecture de Florence sur le site LES LISEUSES DE BORDEAUX]

Insoumises

 

Livre de Conceição Evaristo

Treize histoires, treize femmes dans un portrait magistral de la « sororité noire », la fraternité entre femmes noires.

Fil directeur de ces portraits pleins d’empathie : une narratrice en visite, qui toque aux portes pour écouter des histoires. Elle rencontre ces femmes qui acceptent de se conter et de se confier, librement, parfois pour la première fois. Et nous découvrons Shirley, Régina, Maria… Aux prises avec leurs rêves, angoisses, sexualités, défis et amours…

La résignation ne trouve aucune place dans les vies de ces femmes : elles résistent, insoumises aux pressions et aux agressions du racisme, du sexisme et des conventions sociales d’une société encore patriarcale.

Sur France Culture, le 26 juin 2018

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Le bracelet

 

Livre d'Andrea Maria SCHENKEL

Munich, 1938. Le petit Carl Schwarz doit quitter l’Allemagne avec ses parents et sa sœur. Sa mère est catholique, mais le pays est devenu trop dangereux pour son père juif. La famille déniche des billets de bateau pour Shanghai via Gênes, mais au dernier moment le père décide de rester à quai. Lui qui a défendu son pays dans les tranchées de la Première Guerre mondiale ne peut pas croire que l’Allemagne s’en prenne à sa personne.
Au même moment, une jeune fille tombée enceinte d’un soldat sans être mariée est envoyée chez sa tante, faiseuse d’anges ; celle-ci s’occupe d’elle et la recueille. Une femme du monde qui a eu plusieurs fois recours à ses services vient lui demander une nouvelle fois son aide. Mais à présent, elle voudrait adopter un nourrisson – c’est à cette seule condition que Himmler lui accordera le droit d’épouser l’homme avec qui elle vit.
En 2010, aux États-Unis, Carl Schwarz coule une retraite paisible avec Emmi, la femme qui partage son existence depuis plus de soixante ans. Un après- midi, le téléphone sonne. Un homme, mandaté par le musée de l’Holocauste, aimerait lui poser des questions. Soudain tout le passé resurgit…
Saga du plus haut romanesque, Le Bracelet verse une lumière bouleversante sur l’une des périodes les plus sombres de notre histoire.

[Une note de lecture]

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Lettres de prison

 

Livre de Nelson Mandela

" Le nouveau monde ne sera pas construit par ceux qui restent à l'écart les bras croisés, mais par ceux qui sont dans l'arène, les vêtements réduits en haillons par la tempête et le corps mutilé par les événements. "

Arrêté en 1962 par le gouvernement d'apartheid d'Afrique du Sud, Nelson Mandela a passé vingt-sept ans en prison – du 7 novembre 1962 au 11 février 1990. Au cours de ces 10 052 jours de détention, il fut un épistolier prolifique, écrivant des centaines de lettres aux autorités inflexibles, à ses compagnons de lutte, aux gouvernements officiels, mais aussi à sa femme Winnie, à ses cinq enfants et, plus tard, à ses petits-enfants.
Les 255 lettres choisies dans ce livre, pour la plupart inédites, offrent le portrait le plus intime qu'on ait lu de Nelson Mandela et un aperçu exceptionnel sur la façon dont il a vécu cet isolement. Elles révèlent l'héroïsme d'un homme qui a refusé tout compromis sur ses valeurs, l'humanité de l'une des plus grandes figures du XXe siècle.

" Les mots de Madiba sont une boussole dans une mer de changements, une terre ferme au milieu de courants agités." Barack Obama

France Culture - 13/07/2018

La véritable histoire de Marianne qui vécut la grève de mai 1968

 

Livre de Pascale Bouchié (auteure) & Elisa Laget (illustratrice)

à partir de 8 ans

Les événements parisiens de mai 68 se déroulent sous les yeux de Marianne, une fillette de CM2 entichée d’un lycéen de terminale, actif sur les barricades.
Un récit + des pages documentaires avec des photos d’archives légendées.

MAI 1968 À DAKAR OU LA RÉVOLTE UNIVERSITAIRE ET LA DÉMOCRATIE

 

Titre complet : MAI 1968 À DAKAR OU LA RÉVOLTE UNIVERSITAIRE ET LA DÉMOCRATIE - Le Sénégal cinquante après

Livre d'Abdoulaye Bathily

En mai 1968, Dakar, la capitale du Sénégal, a été le théâtre de manifestations d'étudiants et de travailleurs sans précédent dans l'histoire de ce pays d'Afrique noire francophone. Abdoulaye Bathily propose, documents inédits et originaux à l'appui, l'explication des origines, du déroulement et des conséquences de mai 68. Cet ouvrage retrace les trajectoires de nombreuses figures du syndicalisme étudiant africain ou de la vie politique, sociale et civique sénégalaise et constitue un outil de référence utile à la compréhension des problèmes qui secouent de nos jours les Etats africains.

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JULES DURAND - Lettres de prison - septembre 1910 - février 1911

 

Livre de Jean-Pierre Castelain & Christiane Marzelier

Jules Durand, docker charbonnier, va sortir de l'anonymat des quais du port du Havre en 1910. Reconstituant le syndicat et animant une grève, il devient l'homme à faire taire. Victime d'une machination orchestrée, il est condamné à mort le 25 novembre 1910 pour un crime qu'il n'a pas commis. L'affaire provoque des réactions de solidarité dans le monde entier mais les recours tardent et la Cour de cassation ne le reconnaît innocent qu'en 1918.
En cette année du centenaire du prononcé de son innocence, l'association "Les amis de Jules Durand" publie ses lettres de prison accompagnées de contributions contemporaines.

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mon autre famille

 

Livre d'Armistead Maupin

« Tôt ou tard, où que nous vivions, il nous faut partir en diaspora, nous aventurer loin de nos parents biologiques pour découvrir notre famille logique, celle qui pour nous fera véritablement sens. Il le faut, si nous ne voulons pas gâcher nos vies. »

Cette famille dont Armistead Maupin s’est éloigné est une famille du Sud américain, volontiers conservatrice, parfois réactionnaire. Et la « famille logique » qu’il a longtemps cherchée, il l’a trouvée à San Francisco, au début des années 1970. Là-bas, la libération sexuelle et amoureuse se conjugue aux expérimentations narcotiques. Autant d’années folles qu’il a consignées dans ses Chroniques de San Francisco.

Mais entre le moment où il a quitté sa Caroline du Nord natale et celui où il est « devenu ce qu’il est », il lui aura fallu remettre en cause les idées qu’il avait reçues en héritage. Il aura dû se réinventer plusieurs fois.

Cette autobiographie n’est pas que le récit d’une lente acceptation de soi. C’est aussi l’exploration d’un demi-siècle d’histoire américaine, de la guerre du Vietnam à l’émergence des mouvements gays et lesbiens. Avec l’humour et le talent qu’on lui connait, Armistead Maupin fait revivre une ville en ébullition, et entrouvre la porte du cabinet d’écriture où sont nés le 28 Barbary Lane et Anna Madrigal. C’est une vie bigger than life, et c’est tout un roman.

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Comment j'écris

 

Livre de Leïla Slimani

Leïla Slimani est la douzième femme à avoir reçu le prix Goncourt. Quel écrivain est-elle ? Comment écrit-elle ? Quelles sont ses inspirations ? Quel est son rapport à la langue ? Dans cette conversation avec le journaliste Éric Fottorino, l'auteure se dévoile et raconte son processus créatif.
"Au moment où je me mets à ma table de travail, je ne suis plus vraiment moi. Je ne suis plus une femme, je ne suis plus marocaine ou française, je ne suis même plus à Paris ni nulle part, je suis complètement affranchie de tout. Je pense que quand on s’engage en littérature, on est obligé de s’engager totalement. On est obligé d’aller jusqu’au bout et d’explorer parfois des choses désagréables pour soi. On doit faire confiance au lecteur."

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Carnets – Montparnasse 1971-1980

 

Livre de Shirley Goldfarb

Shirley Goldfarb, peintre américaine, s'installe à Montparnasse en 1954 dans un atelier minuscule. Elle fréquentera assidûment Saint-Germai-des-Prés et en connaîtra un crépuscule qui offrait encore les derniers reflets de la bohème. De 1971 jusqu'à sa mort elle tiendra un journal intime où, de Butor à Barthes, de Lagerfeld à Saint Laurent, de Hockney à Giacometti, on voit défiler le Tout-Paris des arts, de l'écriture et de la mode.
S'y mêlent les mondanités les plus futiles, les portraits percutants, les notations poignantes sur l'isolement, les rêves de succès, la crainte de l'échec, les difficultés ou les passions du métier, la maladie qui la mine, la mort si proche enfin.

Le Mai 68 des historiens : entre identités narratives et histoire orale

 

Livre d'Agnès Callu (dir.)

Réédition

À l'écart des commémorations du cinquantenaire de Mai 1968 et, en oxymore, en son centre, l’ouvrage rouvre un dossier entamé dix ans plus tôt. La démarche, à l’intersection du témoignage et du storytelling, offrait alors, un rendu des travaux d’une équipe de recherche, dirigée par Agnès Callu et soutenue par l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP/CNRS) travaillant, pendant trois ans, sur la perception autant que l’analyse d’une génération d’historiens – ceux nés entre 1923 et 1940, soit la classe d’âge précédant celle des Baby Boomers – de « leur Mai ». Privilégiant le dialogue « d’entre soi » car les entretiens étaient ceux d’historiens majeurs fabriqués par de jeunes historiens, l’objectif consistait à faire surgir le « retour d’expériences » d’experts, témoins oculaires ou auriculaires, d’un évènement basculant les habitus sociaux sur le temps court, réinventant à l’échelle du temps moyen, les pratiques et les usages de l’histoire. La nouvelle convocation, celle de 2018, entreprend une réactualisation critique de l’ouvrage livré à l’issue du colloque-bilan tenu au Collège de France en 2008 en même temps qu’il se demande s’il faut commémorer 68 et si oui, de quelles manières et dans quelles perspectives.

Poèmes et chansons

 

Livre de Georges Brassens

(réédition mai 2018)

C'est de la " mauvaise herbe ", un copain de Brel et Ferré ; c'est un portraitiste d'exception aux mélodies décalée ; un poète, qui chante Ronsard et Villon ; un timide aussi, qui fredonne " sous un coin de parapluie ". Plus de deux cents chansons scandent cette ballade du temps jadis, menée par le parolier génial qu'était Brassens, l'éternel " polisson de la chanson ".

Les Flamboyants de Kaliurang

 

Livre de Jean Malingreau

Arrivé en Indonésie au début des années 1970, un jeune agronome européen découvre les innombrables beautés naturelles de l'archipel et la formidable résilience de son peuple. Il tombe éperdument amoureux d'une princesse javanaise mais le sort leur est défavorable. À la recherche de nouvelles terres à cultiver, il participe à de nombreuses explorations dans les îles extérieures. La dictature militaire régnante l'entraîne dans des situations aventureuses et parfois dangereuses...

Vous écrivez ? Le roman de l'écriture

 

Livre de Jean-Philippe Arrou-Vignod

« Ce petit livre n'est pas un cours. Moins encore une boîte remplie de clefs. Son ambition : tenter de décrire ce qu'est le travail du romancier. Que fait-il lorsqu'il est à sa table ? Comment invente-t-il une histoire, des personnages ? Comment parvient-il à les faire voir, agir et parler au point de nous donner l'illusion, à nous lecteurs, qu'ils ont une existence ?
Cette entreprise à laquelle vous vous promettez, que vous avez peut-être entamée déjà – écrire un livre –, en quoi consiste-t-elle ? »

Jean-Philippe Arrou-Vignod ne donne pas ici de recettes pour écrire un bon roman, mais partage un savoir-faire et le goût de son métier. En s'appuyant sur des exemples concrets qui parleront à tous, il examine les grands mécanismes à l'œuvre dans l'art romanesque. Pour celui qui se lance, c'est un chemin vers le plaisir d'écrire et l'espoir de réussir. Pour les autres, qui n'écrivent pas mais qui aiment les histoires, c'en est une passionnante : celle de l'écrivain qui les invente.

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Mai 68 en Alsace

 

Livre de Benoît Wirrmann, Geoffrey Girost, Jacques Ernewein, Jean-Claude Richez, Richard Kleinschmager

Ce livre est le catalogue de l'exposition qui se tient en Alsace (Strasbourg)

Avec Mai 68, Paris a occupé le devant de la scène et a bien souvent occulté ce qui s'était passé en province. Dans l'imaginaire collectif, Mai 68 évoque d'abord des images en noir et blanc de manifestations et de barricades au Quartier latin. Si Paris est bien l'épicentre du mouvement, ces seules images passent sous silence une réalité plus complexe qui touche l'ensemble des régions françaises. Loin des cigognes et des colombages des cartes postales, l'Alsace de 1968 apparaît elle aussi traversée par le vent de la contestation. Dans une région réputée conservatrice, Mai 68 sème le trouble. Dès 1966, à l'université de Strasbourg, les situationnistes et leurs partisans, qui ont pris le contrôle de l'AFGES, principale association étudiante, remettent en cause les fondements de la société. Grâce à la publication du pamphlet De la misère en milieu étudiant qui fait scandale, les thèses situationnistes sont diffusées pour la première fois à grande échelle. Leurs théories subversives inspirent la contestation étudiante à Strasbourg comme ailleurs. En Mai 68, l'université de Strasbourg est à la pointe de la révolte. Réunis en Conseil, les étudiants strasbourgeois sont les premiers à proclamer l'autonomie de leur université. Ils mènent un intense travail de réflexion sur son avenir et plus largement sur l'évolution de la société. Gagnée par la contestation, une partie des salariés se joint au mouvement par des grèves et des manifestations, transformant la crise étudiante en une crise sociale sans précédent. Si la mobilisation des salariés en Alsace apparaît plus modeste que dans le reste du pays, elle inspire et prépare des mouvements plus durs pour les années à venir. Crise étudiante, crise sociale, crise politique enfin, qui voit partisans et opposants au général de Gaulle s'affronter dans la rue puis dans les urnes à la faveur des élections législatives de juin 68. "Et ça ne fait que commencer" avertissait un tract situationniste à Strasbourg en 1966. Au-delà du printemps 68 et malgré la victoire écrasante des gaullistes aux élections législatives de juin, la contestation se prolonge en effet tout au long des années 70 sous de nouvelles formes.

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Une histoire de France

 

Livre de Nathalie Heinich

 « Si j'ai décidé d'arracher à leur intimité cette histoire de deux familles, c'est parce que l'une et l'autre m'ont paru emblématiques de ce qui fait mon pays. Une mise en relation constante de la petite histoire familiale avec la grande histoire nationale : c'est ce qui a guidé l'écriture de cette histoire de France à hauteur d'individus, contée à travers les efforts déployés par Jacob, par Bentzi, par Stacia, et aussi par Jean, par Charles, par Madeleine, pour arriver dans un pays, et pour ne pas en être exclus - le récit du prix à payer pour devenir, et pour rester, français.

Cette narration en images est le fil qui relie tous ces morceaux de vie hérités du passé afin de leur donner, sinon un sens, du moins une continuité, le sentiment qu'il y a bien là une histoire ordonnée, avec un début et une fin : l'histoire d'une famille juive émigrée d'Ukraine, puis enrichie ; l'histoire d’une famille protestante exilée d'Alsace, puis appauvrie - l'une et l'autre unies, après trois guerres, par les liens d'un mariage improbable dans la lumière de Marseille... Deux lignées, deux exils - et, au final, deux façons d'être de son pays. »

 

Sur France Culture, le 17/06/2018

La voix de ceux qui crient

 

Livre de Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky

Si des hommes et des femmes demandent l'asile à la France, c'est parce qu'ils cherchent un lieu inviolable où se réfugier. En danger de mort, ils ont dû quitter leur pays après avoir été pourchassés, persécutés, emprisonnés, torturés.
Désormais, ils vivent auprès de nous, et nous ne connaissons pas leur histoire. Autour d'eux comme en eux règne un désert de parole : personne ne prend le temps de les écouter, et s'ils crient dans leurs cauchemars ou lorsque leurs tragédies surgissent à leur conscience, leur voix singulière est perdue, étranglée de violence, de peur et de fatigue.
Depuis 2010, à l'hôpital Avicenne de Bobigny, Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky rencontre ces hommes et ces femmes à bout de souffle. Elle rapporte ici les paroles qui lui ont été confiées dans le vif de la consultation. Et révèle comment, dans ce cadre, les demandeurs d'asile se mettent en quête de retrouver leur voix. Conquérant peu à peu la capacité de raconter leur vie, ils regagnent alors celle d'en avoir une...
Le migrant n'est pas une figure transitoire de notre société. Sa présence questionne la mise en pratique de nos valeurs. Par son ampleur éclairante, la pensée de l'anthropologue et psychologue clinicienne s'impose pour aborder la question du lien social et politique et celle de la place de l'étranger dans la France du XXIe siècle.

Vienne avant la nuit

 

Livre de Robert Bober

Dans les premières années du siècle dernier, l’arrière-grand-père de Robert Bober,  Wolf Leïb Fränkel, tenta d’émigrer aux Etats-Unis, en avant-garde de sa famille restée en Pologne. Refoulé à Ellis Island, il décida de s’installer en Autriche, à Vienne, où la vie était pour les Juifs plus facile qu’en Pologne, et il y fit venir sa femme et ses enfants.  Wolf Leïb Fränkel est mort en 1929, avant que la nuit nazie ne tombe sur l’Europe. A l’époque, Vienne était une ville cosmopolite, ouverte, une capitale intellectuelle et artistique, effervescente. Modeste ferblantier, il est peu probable que Wolf Leïb Fränkel ait jamais croisé les grands écrivains qui en fréquentaient les célèbres cafés, mais, pour Robert Bober dont l’œuvre se nourrit de cette culture d’Europe centrale qui éclaira le monde, ils sont indissociables. C’est à la recherche de cet arrière-grand-père et de la Vienne d’alors, et pour faire un film de cette recherche, que Robert Bober s’est lancé en 2012.  Abondamment illustré, notre livre reprend des images du film ainsi que son titre, des documents historiques, le texte écrit par Robert Bober lui-même et qu’il dit en voix off, mais augmenté par rapport au film. Vienne avant la nuit, le film, réalisé par Robert Bober et produit par « Les Films du Poisson », sortira en salles, comme notre livre, début octobre 2017.