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Livres 2011

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Les livres avant 2013 : Année 2012   Année 2011    Année 2010    Année 2009

je ne parle pas la langue de mon père

 

Livre de Leïla Sebbar (réédition)

Je ne parle pas la langue de mon père et L’arabe comme un chant secret sont deux récits qui se répondent et donnent la clé de l’œuvre de Leïla Sebbar.
Ils témoignent de son obstination d’écrivain face à cette question pour elle lancinante, depuis l’Algérie coloniale où elle est née d’un père algérien et d’une mère française, jusqu’à Paris où elle écrit son père dans la langue de sa mère : comment vivre séparée du roman familial de « l’étranger bien-aimé » qui, par son silence, l’a tenue à distance ?
Cette question que l’exil exacerbe, peu l’ont explorée avec autant d’acuité que Leïla Sebbar dans ces récits devenus des classiques, ici réédités avec des textes d’écrivains et universitaires, des aquarelles de Sébastien Pignon et des images de sa mythologie affective.

Blue book

 

Livre d'Elise Fontenaille - N'Diaye

Il est une chose dont peu se souviennent, c’est que l’Allemagne fut une puissance colonisatrice. De 1883 à 1916, elle occupa ce qu’on appelait alors le Sud-Ouest africain, l’actuelle Namibie. Il en est une autre que beaucoup ignorent, c’est que cette colonie fut le théâtre du premier génocide du XXe siècle. Un génocide oublié, occulté même, car le premier rapport officiel – le fameux Blue Book – sur le massacre des Hereros et des Namas fut soustrait à la connaissance du public en 1926.
Élise Fontenaille-N’Diaye, alors qu’elle enquêtait sur son aïeul, le général Mangin, a retrouvé ce rapport disparu. Dès lors, elle se devait de raconter.

Si ce livre vise à ranimer le souvenir de cette sombre page de l’histoire du colonialisme, il ne se veut pas un ouvrage de spécialiste. L’auteur y donne son point de vue d’écrivain, son point de vue personnel.

Quelque part entre le désert du Kalahari et la presqu’île de Shark Island, au large de Lüderitz, s’est déroulée une macabre répétition générale, préfiguration des exterminations à venir.

[Un dossier sur le 1er génocide du 20è siècle]

BlueBookBlueBook [104 Kb]

RÉCITS DE VIE EN MILIEU CARCÉRAL - Des vies cabossées des identités blessées

 

Livre de Marie-Hélène Verneris (Préface de Hans Clause)

Cet ouvrage s'inscrit dans la continuité des expériences de recherche formation associée à la recherche biographique menées depuis plusieurs années dans l'univers très fermé de la prison en y occupant une place originale dans le champ des récits de vie. L'auteure nous fait découvrir dix personnages, dont les histoires de vies « cabossées » sont le reflet de leurs nombreuses blessures identitaires, sous la forme d'autoportraits d'instants de vie.

Jours de travail / les journaux des Raisins de la colère

 

Livre de John Steinbeck 

John Steinbeck a écrit Les Raisins de la colère entre juin et octobre 1938, dans un moment de bouillonnement et de tension extraordinaire. Tout au long de cette période, il a tenu un journal qui retrace scrupuleusement son expérience et le révèle dans les affres de la création. Face à la page blanche, aux doutes, aux obstacles qui le ralentissent, l'empêchent de penser, l'écrivain tient avec obstination le fil de l'écriture. Il défend ses personnages, son intrigue, guette le miracle qui pourrait lui offrir ce chef-d’œuvre dont il est le premier à questionner la possibilité… En 1941, après le succès colossal du roman, après les controverses et les menaces, tandis que la guerre fait rage et que l'argent afflue, John Steinbeck reprend la plume. Seul son journal pourra le guider vers le nouveau livre d'une vie nouvelle

JoursDeTravailJoursDeTravail [106 Kb]

Falafel sauce piquante

 

BD. Dessinateur / Scénariste / Coloriste : Michel Kichka

L'Israël dessinée dans les médias, trop souvent réduite au conflit israélo-palestinien qui exacerbe le monde entier ne correspond pas toujours à l'Israël de Michel Kichka dont il connaît le peuple, Falafel sauce piquante est le récit autobiographique romancé de son rapport à ce pays. Quarante et une années de vie adulte à Jérusalem racontées à travers ses rencontres, ses souvenirs, les événements politiques, une vie dans une Terre de conflits, mais aussi Terre de miracles.

Tout cet hier à l’intérieur de moi

 

Livre d'Antoine Silber

Un voyage à Cracovie, où l'auteur, retrouvant les maisons familiales à l'abandon et les tombes profanées, rend hommage à ses ancêtres. Mettant ses pas dans les leurs, il trouve enfin sa place dans cette lignée de Juifs magnifiques. Être l'arrière-petit fils de Lazare, le petit-neveu de Samuel, le petit-fils d'Ernest, le neveu de Roger, descendre de ces hommes-là, au fond, m'obligeait. Pour Antoine Silber est venu le temps de trouver sa place dans sa lignée familiale. Après un livre sur sa mère, Le silence de ma mère, et un livre sur son père, Ton père pour la vie, il décide de remonter plus loin, de suivre pas à pas cette famille de juifs polonais, natifs de Cracovie, qui, bientôt, se disperseront, au début du vingtième siècle, rejoignant en cela l'histoire de tant de juifs contraints à l'exil, fuyant les pogroms puis plus tard, l'horreur nazie. L'Amérique pour certains, Anvers et le quartier des diamantaires, les plages d'Ostende ou la France pour les autres, tous viennent de Cracovie, de Kazimierz, le quartier juif de la ville où son arrière grand-père était rabbin. C'est là que l'auteur décide de retourner, là où il ne reste que des adresses imprécises et des tombes profanées, dans cette ville qui immédiatement lui paraît familière et connue, dans ces rues pleines de froid et de glace où il lui semble apercevoir les silhouettes de ses ancêtres, dont il raconte avec émotion, les histoires, les choix, les succès et les échecs, tout cet entrelacs de vies et de destinées qui feront de lui une partie de ce qu'il est aujourd'hui. D'où vient-on ? Quel rôle joue-t-on dans la transmission de ce qui est l'histoire d'une famille mais aussi, plus largement l'histoire d'un peuple entier. Mais ce voyage initiatique vers le passé, Antoine Silber ne le fait pas seul. Il est accompagné de Laurence, la femme aimée, celle qui écoute, comprend, tient fort la main dans les moments de trop grande émotion. Et c'est aussi l'histoire d'un couple qui fait écho à celle d'une famille. Antoine Silber nous donne là son livre le plus accompli, celui qui, par sa densité et sa sincérité, mêle avec profondeur et justesse la grande Histoire et son histoire particulière. En redonnant vie à ces âmes enfuies, en leur prêtant sa voix et ses mots, il nous les donne à voir et à aimer.

La blessure

 

Livre de Jean-Baptiste Naudet

1960. Il a tout juste vingt ans. Alors qu'il patrouille dans le djebel algérien, le sergent Robert Sipière est tué d’une seule balle. A Paris, Danièle, sa fiancée, est dévastée. Toute sa vie, elle gardera sur son cœur les lettres d’Algérie. Et sombrera dans la folie.
Des années plus tard, son fils, Jean-Baptiste, devient reporter de guerre. Pourquoi affronte-t-il lui aussi l’horreur des conflits  ? A tant fixer la mort, la folie le guette à son tour. Jusqu’au jour où il découvre la correspondance entre sa mère et un jeune sergent mobilisé en Algérie, son premier fiancé. Il commence à comprendre qu’il est prisonnier d’un destin qui n’est pas le sien.
De ces trois vies sacrifiées, Jean-Baptiste Naudet tresse une même blessure. Et livre un grand récit sur la guerre, la filiation, l’amour.

["La Blessure" de Jean-Baptiste Naudet : le récit magistral d'une quête de vérité et de pardon - France inter 5 janvier 2019]

LaBlessureLaBlessure [150 Kb]

idiss

 

Livre de Robert Badinter

J'ai écrit ce livre en hommage à ma grand-mère maternelle, Idiss.
Il ne prétend être ni une biographie, ni une étude de la condition des immigrés juifs de l'Empire russe venus à Paris avant 1914.
Il est simplement le récit d'une destinée singulière à laquelle j’ai souvent rêvé.
Puisse-t-il être aussi, au-delà du temps écoulé, un témoignage d'amour de son petit-fils.

[Vidéo Robert Badinter à LA GRANDE LIBRAIRIE]

[Vidéo Robert Badinter au Mémorial de la Shoah]

 

IdissIdiss [117 Kb]

Suzanne

 

Livre de Frédéric Pommier

Un récit fort et personnel qui est à la fois une traversée du siècle dernier et une dénonciation terriblement actuelle des conditions de vie dans les EHPAD (les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes).

« Elle s'appelle Suzanne et elle a 95 ans. Malgré les drames, elle a toujours aimé la vie.
A l'école, c'était la première en sprint. Puis, elle est devenue une grande joueuse de tennis. Elle adorait rouler vite et rêvait de faire des rallyes automobiles. Elle a toujours voulu tout voir, tout faire, tout lire, tout visiter. Elle dit tout haut ce qu'elle pense, et tant pis si ça vexe. Elle ne sait pas mentir. Elle ne sait pas pleurer non plus. Sauf quand elle est heureuse. . Jamais quand elle a mal ou qu'elle a du chagrin. Elle a du caractère et ne se laisse pas faire. Elle déjeune en terrasse, quelle que soit la saison. Elle ne boit jamais d'eau, que du rosé ou de la bière, c'est plus désaltérant. Elle aime les plats en sauces et la cuisine à la crème – on ne renie pas ses origines, Suzanne est née en Normandie.
Elle est née le 5 juin 1922 rue de la Solitude, à Sainte-Adresse, près du Havre. Sa mère ne l'aimait pas, et c'était réciproque. Avec son père, c'était la passion. Lui était artiste ; ils se comprenaient. Elle s'est mariée pendant la guerre. Un très beau mariage à Laval, en pleine occupation. Son mari était avocat à Laval. Ils allaient au théâtre, ils recevaient, beaucoup. La petite bourgeoisie de province des années 50. Elle avait le goût du spectacle et de la mise en scène. Elle rêvait de New-York et de Jérusalem. Elle rêvait d'être comédienne. Elle a connu des tragédies.
Un à un, Suzanne a perdu tous les hommes de sa vie. Son petit frère, son fils, son père, son mari. Elle avait quarante ans, et elle dit que, pour elle, tout s'est arrêté ce jour-là. Après, il n'y a plus eu de fêtes, il y a eu moins d'amis. Seule, Suzanne a élevé ses quatre filles, auxquelles elle a tenté d'inculquer l'essentiel : faire bonne figure, toujours, et en toutes circonstances, garder le sens de l'humour.
Mais il y a quelque temps, elle a commencé à perdre l'équilibre. Elle est tombée plusieurs fois. Impossible de se relever. Impossible de rester chez elle. Elle a dû tout vendre ou donner. Adieu l'appartement, les meubles et les souvenirs. Après avoir vaillamment traversé les tourments du siècle, elle vit maintenant dans un EHPAD, un Etablissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes.
Là-bas, son existence ressemble à une bouillie insipide servie dans des plateaux en plastique. Des remarques infantilisantes, des humiliations, des objets qui disparaissent... Elle sait qu'il y a pire ailleurs : des surdoses de médicaments, des injures voire des coups – des coups sur le petit papy, des coups sur la petite mamie... Comme si la fin de la vie n'était déjà plus de la vie. Suzanne ne mange presque plus. Elle a beaucoup maigri. " Il est très efficace, leur programme minceur ", souffle-t-elle avec ironie.
Depuis qu'elle a quitté son domicile, elle a perdu près de vingt kilos. Et moi, quelques grammes d'humour, parce que cette vieille dame de 95 ans, Suzanne, c'est ma grand-mère. »

SuzanneSuzanne [138 Kb]

Vivre ma vie - Une anarchiste au temps des Révolutions

 

Livre d'Emma Goldman

Née en 1869 dans l’Empire russe, Emma Goldman s’exile aux États-Unis à 16 ans. Pauvreté, exploitation et désillusions l’y attendent. Elle plonge alors à corps perdu dans le chaudron politique et intellectuel. Activiste et conférencière anarchiste aussi célèbre que redoutée, elle sillonne au gré des luttes une Amérique en pleine ébullition. Expulsée en 1919 vers la Russie, accueillie chaleureusement par Lénine, elle découvre une réalité qu’elle ne cessera de dénoncer avec courage tout en poursuivant son inlassable combat pour l’émancipation.
Son époustouflante épopée mêle morceaux de bravoure et moments d’intimité, grands affron­tements politiques et vie d’une femme hors du commun, poésie et quotidien, espoir et désenchantement. Ce texte magistral est à la fois une fresque historique qui donne le vertige, tant on y croise toutes les grandes figures révolutionnaires, une œuvre puissante d’une rare sensibilité et l’un des plus beaux chants d’amour à la révolte et à la liberté. Un monument de la littérature anarchiste enfin traduit intégralement en français.

VivreMaVieVivreMaVie [146 Kb]

13 à table !

 

Un livre acheté = 4 repas distribués par Les Restos du Cœur

Des nouvelles de Philippe BESSON • Françoise BOURDIN • Maxime CHATTAM • François d'EPENOUX • Éric GIACOMETTI • Karine GIEBEL • Philippe JAENADA • Alexandra LAPIERRE • Agnès MARTIN-LUGAND • Véronique OVALDÉ • Romain PUÉRTOLAS • Jacques RAVENNE • Tatiana de ROSNAY • Leïla SLIMANI • Alice ZENITER

Cette année, c'est la fête !
C'est la fête qui est à l'honneur dans ces 12 nouvelles, rédigées par 13 auteurs (Giacometti & Ravenne sont de nouveau en binôme).
On célèbre les 5 ans de cette collection dont les bénéfices vont aux Restos du Coeur.
Comme les années précédentes, il y en a pour tous les goûts : du bling-bling, de l'épate, de la bonne franquette, de la fête à Neuneu, de la fête neuneu, de la fête qu'on boudera (par contrainte ou par choix), des bulles dans les flûtes, des petits-fours, des victoires à célébrer, des déguisements de Carnaval, de la foule qui - au contraire de celle de Piaf - vous rapproche.

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60 ans de journalisme littéraire - t.1 Les années "Combat"

 

Articles de Maurice Nadeau

Ce premier tome, préfacé par Tiphaine Samoyault, rassemble l’intégralité des textes littéraires de Maurice Nadeau parus entre 1945 et 1952 dans le journal Combat d’Albert Camus, La Revue internationale de Pierre Naville, l’hebdomadaire Gavroche et la revue du Mercure de France. Soixante ans de journalisme littéraire relate un itinéraire hors du commun où édition, journalisme littéraire et batailles d’idées sont étroitement mêlés pour définir en creux une personnalité. Les années Combat c’est Sade, Gide, Léautaud, Artaud, Giono, Malraux, Céline, Cendrars, Sartre, Camus, Miller, Queneau, Blanchot, Genet, Cioran, Beckett, Barthes, Bataille, Char ou Michaux. Plus qu’un recueil, c’est la première étape de l’évolution du monde littéraire qui s’affiche au lendemain de la Libération.

Un tome II sera prochainement consacré aux années de la revue Les Lettres Nouvelles (1953-1966).

Le tome III couvrira les années de La Quinzaine littéraire (1966-2013).

[Recension sur le site EAN - 19 décembre 2018]

Les Passeurs de livres de Daraya - Une bibliothèque secrète en Syrie

 

Livre de Delphine Minoui

De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd'hui d'étouffer. Ce récit, fruit d'une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.

En Compagnie des Indes

 

Le nouveau roman de Catherine Malard doit paraître fin janvier 2019

Trente cinq ans après, Anouk refait le voyage pour éprouver à nouveau L’Expérience de l’Inde. C’est alors que lui revient en mémoire le film dont elle ne put plus interrompre les images : le labyrinthe affolant des villes, les odeurs, les couleurs, les rencontres avec les hommes et les dieux, ses amours, ses peurs et ses questions.

A chaque page, Anouk fait vibrer cette Inde des paradoxes, continent mythique et réel qui inquiète et fascine toujours autant le voyageur occidental

ETHIOPIE, MON SILENCE - Les blessures de Moyalé

 

Livre de Michèle Bauve Caviglia  - Préface de Marc Fontrier

Éthiopie 1976. Depuis deux ans, une révolution a balayé la monarchie. Entre espoir et désarroi, le pays ne mesure ni les profonds changements internes qui se dessinent, ni les lourdes menaces qui pèsent sur les équilibres régionaux. Au mois d'août, un groupe de jeunes enseignants, établis en Éthiopie au titre de la coopération, entreprend un voyage vers le sud. Or, au passage de la frontière à Moyalé, le village est attaqué, par des soldats somaliens selon toute vraisemblance. L'auteure, grièvement blessée, tente de rapporter ici la somme de ses ressentis. De l'incompréhension chaleureuse des uns au silence cruel des systèmes, comment procéder à l'exorcisme, comment répondre au fil des ans, dans l'intimité du vécu, à la somme des « pourquoi » ?

La Cartomancie du territoire

 

Livre de Philippe Ducros (texte de sa pièce de théâtre)

Hiver 2015 : Philippe Ducros parcourt le Québec et ses réserves autochtones. Il veut voir ces peuples en bordure des villes et de l'immensité, mesurer le déracinement et les ravages de l'endoctrinement. Il écoute, tente de déchiffrer les blessures du passé et la force tranquille de ces survivants de l'Histoire, avec l'intuition qu'à travers eux, il apprendra à guérir, lui aussi. En résulte un récit polyphonique, entre road trip, carnet de voyage et témoignages.

Uniques. Cahiers écrits, dessinés, inimprimés

 

Livre de Jacques Berchtold, Christophe Imperiali, Thierry Davila  

Uniques. Cahier écrits, dessinés, inimprimés est consacré aux cahiers et aux carnets d'artistes, d'écrivains, de philosophes, de scientifiques... qui n'ont jamais été imprimés.
Beaucoup plus que des brouillons ou des esquisses, les documents présentés dans cet ouvrage sont des œuvres à part entière, des livres faits à la main (souvent foliotés, parfois accompagnés d'un sommaire, ils sont pour la plupart le fruit d'une mise en pages construite effectuée à main levée), voire des livres édités et retravaillés pour devenir des œuvres inimprimées.
Richement illustré des plus belles pages de chacun, cet ouvrage permet de découvrir entre autres les cahiers, carnets et manuscrits de Stefan Zweig, Arthur Schopenhauer, Robert Droguet, Frédéric Bruly Bouabré, Claude Rutault, Jorge Luis Borges, Marcel Miracle, Robert Filliou, Michel Butor, Marcel Proust, Anatole France, Isaac Newton, Stéphane Mallarmé, Yann Sérandour, Johann Wolfgang von Goethe, Walter Benjamin, Philippe Lacoue-Labarthe, Henri Michaux, Claude Ptolémée, Jean-Jacques Rousseau... le livre de cuisine de Dorothy Iannone, un carnet de tranchée, un manuscrit aztèque, un incunable, une tablette cunéiforme, l'édition originale de Tristram Shandy, un palimpseste.

UniquesUniques [130 Kb]

Le diariste est dans l'escaler

 

Livre de Jean Desmier

Jean Desmier est un peintre-dessinant. Comme un peintre, il travaille l’espace, la lumière, la matière, la composition. Les noirs, les blancs, le papier sont ses matériaux. Il ne représente pas, il extrait et le dessin se fait corps. La bataille qui se livre donne naissance à une œuvre singulière, ‘inclassable’ : c’est ainsi qu’était qualifié son travail dès ses premières expositions.

Ne pas faire le dessin, le laisser advenir… Se retirer pour approcher un peu plus le cœur de cette question : celle de la nécessité du langage qui maintient le lien à soi et au monde.

Les 70 dessins de la série Mythologies intimes présentée dans ce livre sont le travail le plus récent (2017-2018) de l’artiste. Des textes, extraits de ses écrits quotidiens, les accompagnent.

L’écriteur, ainsi se définit-il, est l’autre versant du peintre-dessinant ; ‘J’écris pour vérifier ma vie’. Pour la première fois, le livre met en résonance ces deux champs d’interrogations que sont pour lui le dessin et l’écrit.

Parfum d'Irak

 

BD de Feurat Alani. Illustrations de Léonard Cohen.

Roman graphique d'un genre singulier, Parfum d'Irak est constitué des 1000 tweets que Feurat Alani a postés sur Twitter durant l'été 2016, poussé par la nécessité de raconter "son Irak". L’auteur nous livre ses souvenirs avec émotion, depuis son premier séjour en Irak à l'âge de 9 ans jusqu'à sa décision de devenir journaliste pour couvrir la guerre sur place. Ce témoignage puissant et unique, illustré par les magnifiques dessins de Léonard Cohen, offre un autre regard sur un pays trop souvent résumé par les images qu’en renvoient les médias.

Journaliste franco-irakien, Feurat Alani livre un récit intime de son expérience de l’Irak depuis les souvenirs de son enfance à la fin des années 1980 jusqu’à ses reportages lors de l’invasion puis de l’occupation américaine. Entre Bagdad et Falloujah en passant par le Kurdistan irakien, il propose un regard vivant sur ce pays déchiré par la guerre et évoque tour à tour sa famille, ses rencontres, ses expériences culinaires, la vie dans les rues, l’organisation des tribus, les angoisses et les attentes de la population. 

ParfumDIrakParfumDIrak [123 Kb]

Là où les chiens aboient par la queue

 

Livre d'Estelle-Sarah Bulle

Dans la famille Ezechiel, c’est Antoine qui mène le jeu. Avec son « nom de savane », choisi pour embrouiller les mauvais esprits, ses croyances baroques et son sens de l’indépendance, elle est la plus indomptable de la fratrie. Ni Lucinde ni Petit-Frère ne sont jamais parvenus à lui tenir tête. Mais sa mémoire est comme une mine d’or. En jaillissent mille souvenirs-pépites que la nièce, une jeune femme née en banlieue parisienne et tiraillée par son identité métisse, recueille avidement. Au fil des conversations, Antoine fait revivre pour elle l’histoire familiale qui épouse celle de la Guadeloupe depuis la fin des années 40 : l’enfance au fin fond de la campagne, les splendeurs et les taudis de Pointe-à-Pitre, le commerce en mer des Caraïbes, l’inéluctable exil vers la métropole…

Intensément romanesque, porté par une langue vive où affleure une pointe de créole, Là où les chiens aboient par la queue embrasse le destin de toute une génération d’Antillais pris entre deux mondes.

Le Français a-t-il perdu sa langue ?

 

Livre sous la direction d’Eric Fottorino

Regards croisés sur la langue française : évolutions et débats

Qu'est-ce qu'une langue ? Quels sont les signes de sa vitalité ou de sa déperdition ? Qui décide de sa substance, de ses usages, de ses emprunts ? Le débat récent sur l'écriture inclusive destinée à abroger la domination du masculin sur le féminin afin de ne plus " invisibiliser " les femmes à travers la langue relance une fois de plus un des débats les plus passionnels qui soient dans notre pays : l'enseignement, l'évolution, la protection voire l'expansion du français. Dans ce nouveau tome des 1ndispensables, les plus grands spécialistes du langage expriment un point de vue historique, philosophique, linguistique mais aussi géopolitique sur les évolutions tantôt nécessaires, tantôt contraintes, de notre langue. Depuis que le français s'est détaché du latin, il a vécu une vie à la fois autonome et liée à la culture de ses locuteurs d'outre-mer, sans oublier les pénétrations heureuses ou plus souvent dommageables de l'anglais, de l'américain et, plus récemment avec le triomphe de l'informatique et du numérique, de termes californiens, de datas à mails en passant par arobase. Faut-il s'en inquiéter, faut-il réagir, est-ce au contraire un signe de dynamisme, sachant qu'une langue figée est une langue morte ? L'époque est loin où la langue anglaise était composée à plus de 60% de termes français. Pour autant, notre langue a de beaux jours devant elle, et tant qu'on s'étripera sur la façon de l'écrire et de la parler, gageons qu'elle sera sauvée !

Beautiful America

 

Livre de Jerry Berndt

Beau livre de photos. Textes d’accompagnement en anglais

Jerry Berndt a documenté l’Amérique de 1968 à 1980. Personnellement engagé dans les manifestations anti guerre du Vietnam, son travail alterne le photojournalisme documentaire et la street photography qui montre le visage d’une Amérique sociale en évolution ; photos en noir et blanc.

[des photos sur le site de la Howard Greenberg Gallery]

La chambre de derrière - Pechbonnieu 1940-1944

 

Livre de Laurent Robène - Lettre-préface d'Edgar Morin

Dans ses textes publiés, Edgar Morin a plusieurs fois évoqué son long séjour en 1943 dans la maison des époux Robène à Pechbonnieu. Clara Malraux et Emeric Epstein ont également laissé des écrits relatifs à leurs passages récurrents dans ce refuge. Croisant les témoignages des divers acteurs de cette période encore vivants et exploitant diverses sources d'archives, l'auteur a reconstitué la chronique de la vie quotidienne de ce village de Haute-Garonne et des nombreux pensionnaires clandestins de la maison Robène.

Des tirailleurs sénégalais se racontent

 

Livre d'Abdoul Sow

Cet ouvrage du Pr Abdoul Sow est un saisissant plaidoyer pour la reconnaissance du rôle joué par les tirailleurs sénégalais lors des deux grandes guerres mondiales et lors des guerres coloniales d'Indochine, de Madagascar et d'Algérie. L'auteur y dénonce l'ingratitude de la France vis-à-vis de ceux-là qui l'ont secourue alors qu'elle était à genoux devant le régime nazi allemand.

Zola, l'amoureux

 

Livre de Cécile Delîle 

"On connaît le romancier, le naturaliste, le journaliste, l’humaniste mais connaît-on Zola l’amoureux ? L’homme sillonne à bicyclette la campagne du côté de Médan avec son appareil photographique en bandoulière, pris entre deux cœurs… Celui de Jeanne et celui d’Alexandrine. Lequel choisir ? Il vacille, la route des sentiments est un chemin incertain qu’il a tant parcouru dans ses romans.

« Je fais le tour du jardin, les murs de la maison m’appellent, je rentre à l’intérieur et grimpe l’escalier du grenier. Enfin j’ose, j’ouvre la fenêtre, les volets, le soleil inonde le parquet et laisse flotter une lumière rosée. Alexandrine est sortie la première, la poitrine imposante et le regard lointain, puis Jeanne, la jolie Jeanne à la chevelure miraculeuse et la peau parfumée. Tout sourire, il s’est précipité dehors avec son box 7 pour les photographier. »

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Berlin finale

 

Livre de Heinz Rein

" Nous tenons entre nos mains un témoignage historique absolument unique. " Fritz J. Raddatz, essayiste et journaliste

Publié en 1947 en Allemagne, vendu à plus de 100 000 exemplaires, Berlin finale est l'un des premiers best-sellers post-Seconde Guerre mondiale. Une œuvre passionnante, haletante, audacieuse, qui a su, alors que l'Europe se relevait à peine de la guerre, décrire dans toute sa complexité le rapport des Berlinois au nazisme.
Jusqu'alors inédit en France, un roman-reportage brillant qui nous raconte, à travers les destins d'une poignée de résistants, les derniers jours de Berlin avant sa chute. Un texte majeur, un Vintage événement.

" Berlin finale est une incroyable redécouverte, à la hauteur du roman de Hans Fallada Seul dans Berlin... Très peu de livres restituent d'une manière aussi cauchemardesque et intense l'enfer qu'a été la fin de la Seconde Guerre mondiale. "  Frankfurter Allgemeine Zeitung

BerlinFinaleBerlinFinale [101 Kb]

Les Livres de Jakob ou le grand voyage

 

Livre d'Olga Tokarczuk

Hérétique, schismatique, Juif converti à l’islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, tour à tour misérable et richissime, vertueux et abominable, Jakób Frank a traversé l’Europe des Lumières comme la mèche allumée d’un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n’y avait qu’un pas et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant des plus simples : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect d’autrui. Il voulait l’égalité. La vie de ce personnage historique, qui fut considéré comme le Luther du monde juif, est tellement stupéfiante qu’elle semble imaginaire. Un critique polonais, saluant la réussite absolue de ce roman de mille pages, dit qu’il a fallu à Olga Tokarczuk une « folie méthodique » pour l’écrire. On y retrouve les tragédies du temps, les guerres, les pogroms et la ségrégation, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les cuisines, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l’on peine, l’étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu’on raconte aux petits enfants, les mariages où l’on danse, les rires et les premiers baisers. Ainsi que le dit le père Chmielowski, l’autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est « la perfection des formes imprécises ».   Au milieu du XVIIIe siècle, dans le royaume de Pologne et bientôt à travers toute l’Europe des Lumières, le singulier destin de Jakób Frank : mystique, habile politique, débauché, chef religieux ou charlatan, il fut pour les uns le Messie de la tradition juive, pour les autres un hérétique, ou pire, un traître. Pour conserver à son héros toute son ambiguïté, sa complexité et la polysémie de son apparition, la romancière a choisi de ne le montrer qu’à travers les yeux et les propos d’une foule de personnages de tout milieu et de toute condition. Cette épopée universelle sur l’appartenance, l’émancipation, la culture et le désir, est une réussite absolue : elle illustre la lutte contre l’oppression, en particulier des femmes et des étrangers, mais aussi contre la pensée figée, qu’elle soit religieuse ou philosophique.

à son image

 

Livre de Jérôme Ferrari

 Par une soirée d’août, Antonia, flânant sur le port de Calvi après un samedi passé à immortaliser les festivités d’un ma­riage sous l’objectif de son appareil photo, croise un groupe de légionnaires parmi lesquels elle reconnaît Dragan, jadis rencontré pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Après des heures d’ardente conversation, la jeune femme, bien qu’épuisée, décide de rejoindre le sud de l’île, où elle réside. Une embardée précipite sa voiture dans un ravin : elle est tuée sur le coup.
L’office funèbre de la défunte sera célébré par un prêtre qui n’est autre que son oncle et parrain, lequel, pour faire rempart à son infinie tristesse, s’est promis de s’en tenir stric­tement aux règles édictées par la liturgie. Mais, dans la four­naise de la petite église, les images déferlent de toutes les mémoires, reconstituant la trajectoire de l’adolescente qui s’est rêvée en photographe, de la jeune fille qui, au milieu des années 1980, s’est jetée dans les bras d’un trop séduisant militant nationaliste avant de se résoudre à travailler pour un quotidien local où le “reportage photographique” ne sem­blait obéir à d’autres fins que celles de perpétuer une collec­tivité insulaire mise à mal par les luttes sanglantes entre clans nationalistes.
C’est lasse de cette vie qu’Antonia, succombant à la tenta­tion de s’inventer une vocation, décide, en 1991, de partir pour l’ex-Yougoslavie, attirée, comme tant d’autres avant elle, dans le champ magnétique de la guerre, cet irreprésentable.
De l’échec de l’individu à l’examen douloureux des apories de toute représentation, Jérôme Ferrari explore, avec ce roman bouleversant d’humanité, les liens ambigus qu’entre­tiennent l’image, la photographie, le réel et la mort.

[Note de Pierre Ahnne sur son blog]

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François, portrait d'un absent

 

Livre de Michaël Ferrier

Une voix blanche, surgie au milieu de la nuit, annonce à Michaël Ferrier la mort de son ami François et de sa fille Bahia.
Dans la dévastation, la parole reprend et les souvenirs reviennent : comment deux solitudes, jeunes, se rencontrent, s’écoutent et se répondent ; les années d’études, d’internat ; la passion du cinéma, de la radio : la mémoire se déploie et compose peu à peu une chronique de l'amitié, un tombeau à l’ami perdu.
Entre France et Japon, Michaël Ferrier redonne vie aux fantômes, aux absents, aux disparus. Il confère aux choses et aux êtres une sombre beauté, celle de la passion de l’amitié.

[La note de Pierre Ahnne sur son blog]

Frère d’âme

 

Livre de David Diop

Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l'attaque contre l'ennemi allemand. Les soldats s'élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d'Alfa, son ami d'enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s'enfuit. Lui, le paysan d'Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l'effroi. Au point d'effrayer ses camarades. Son évacuation à l'Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d'ultime et splendide résistance à la première boucherie de l'ère moderne.

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Quel soulagement : se dire « j’ai terminé »

 

Livre de Virginia Woolf

Qu’est-ce qui distingue le journal qu’a tenu Virginia Woolf de tant d’autres journaux intimes ? On le lit comme un roman, car il est bien écrit. Comme un roman policier, car le suspense est là : année par année, on assiste sur le vif à la naissance de ses livres. À partir de quelques mots… Presque rien. Ensuite, on l’accompagne dans la plus belle des aventures artistiques. Jusqu’au dénouement, Oh, quel soulagement, se réveiller et se dire : « j’ai terminé ». Comme dans une série on a envie de vivre les prochains épisodes. Heureusement il y en a. La Chambre de Jacob, Mrs Dalloway, Vers le Phare, Orlando…
De plus on n’est jamais lassé car Virginia Woolf en dit beaucoup – et on a l’impression que c’est à nous, lecteurs, qu’elle le dit – sur elle, ses hésitations, sa confiance dans les mots, les bonheurs qu’elle sait nous faire partager, son angoisse au moment de la publication, qui la rend littéralement malade. Et en parallèle, elle écrit des centaines de lettres où, là encore, elle dévoile inlassablement les secrets de son travail. C’est le journal d’un écrivain et, plus encore, le journal d’une vie. Qu’elle a poursuivi jusqu’au mot fin de cette vie.

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Camille contre claudel

 

Livre d'Hélène Zidi [texte de sa pièce]

CAMILLE âgée, c’est l’exploitation de la femme, l’écrasement de l’artiste à qui l’on veut faire suer jusqu’au sang. Tout cela au fond sort de ton cerveau diabolique Rodin. Tu n’avais qu’une peur, c’est que toi, étant mort, je prenne mon essor comme artiste et que je devienne plus que toi ! Il fallait que tu arrives à me tenir dans tes griffes après ta mort comme pendant ta vie. Il fallait que je sois malheureuse toi mort comme vivant. Tu as réussi en tout point car pour être malheureuse, je le suis ! Camille Claudel se dédouble, l’une à 20 ans, avec tous ses espoirs, sa fraicheur, son insouciance, sa fougue et sa passion. L’autre à 79 ans, à l’aube de sa mort avec l’expérience et le recul sur son existence. Elles s’aiment, se détestent, s admirent et se confrontent dans un dialogue intense et profond sur l’amour, l’art, la solitude, la création, les peurs et les regrets. Le chemin parcouru, l’une vieillissant, l’autre rajeunissant, au fil du récit, dessine les contours de cette artiste passionnée, avant-gardiste et révolutionnaire dans la société de l’époque, le monde des hommes et celui de l’art !

Heimat - loin de mon pays

 

BD de Nora Krug

Depuis longtemps, Nora Krug ressent que le simple fait d'être citoyenne allemande la relie à l'Holocauste, lui interdisant tout sentiment de fierté culturelle. Après douze ans passés aux États-Unis, et alors qu'un non-dit plane sur la participation de sa famille à la guerre, elle part à la recherche de la vérité...

Entre bande dessinée et album photo, une enquête intime stupéfiante au cœur de l'Allemagne nazie.

[Un article des Inrocks]

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Indélébiles

 

BD de Luz

De 1992 à 2015, Luz a dessiné toutes les semaines pour Charlie Hebdo.

Jeune provincial puceau arrivé à Paris, il rencontre Cabu qui le prend sous son aile et l'entraîne à La Grosse Bertha, qui devient Charlie Hebdo. Avec le temps il devient l'un des piliers du journal. Dans un long rêve, il égrène ses souvenirs : ses amis, Charb, Tignous, Gébé, Catherine Meurisse..., le premier reportage en banlieue, aux USA, la tournée en Bosnie en guerre avec le chanteur Renaud, son infiltration au RPR, les manifs... Et la vie de bureau, les bouclages, les unes, Johnny. Enfin, il y a surtout la présence de Cabu, le mentor, jamais avare de conseils, qui essaie par exemple de lui apprendre à dessiner discrètement dans sa poche.

[Interview dans les INROCKS – 29/10/2018]

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Gloire incertaine

 

Livre deJoan Sales

Ce texte polyphonique et littéraire, dont les personnages se répondent au gré de leurs aventures et idéaux, se déploie sur plusieurs périodes de la guerre d’Espagne, entre échanges épistolaires, dialogues travaillés à la serpe et prose philosophique d’une grande portée. On y suit Lluís, jeune soldat sur le front républicain ; Trini, sa compagne anarchiste restée à Barcelone avec leur enfant ; Soleràs, personnage qui fascine tous ceux qui le croisent ; et Cruells, jeune séminariste et confident des guerres intérieures de ses compagnons de tranchée. « Des héros – combattants, volontaires ou non, sur le front d’Aragon – en proie à une situation qui les dépasse et les transforme en pions d’un jeu qu’ils ne maîtrisent pas. Leurs souffrances, leurs doutes, leurs héroïsmes, leurs sacrifices, incarnent “the uncertain glory of an April day”, phrase de Shakespeare qui donne au livre son titre », comme le souligne l’auteur Juan Goytisolo, qui a permis de faire connaître ce roman majeur de la culture catalane.
Gloire incertaine, œuvre multiple et existentielle, est donc une perle rare qui a vécu de multiples vies au gré des coupes chirurgicales imposées par la censure franquiste, de ses différentes publications et du développement du texte jusqu’à la mort de son auteur en 1983. Premier roman écrit par un républicain espagnol sur la guerre civile, il se réapproprie ces combats dont Malraux, Hemingway, Bernanos, Orwell avaient fait un sujet mythique.

CORRESPONDANCE COMPLÈTE

 

Livre d'Emily Dickinson. (Traduite de l'américain par Françoise Delphy)

Née en 1830 à Amherst où elle y meurt en 1886, Emily Dickinson, est devenue, dans le premier tiers du XXe siècle, un des grands mythes des Lettres américaines et, sans doute, l’un des poètes majeurs de la littérature universelle.

La publication de ce fort ouvrage, contenant sa Correspondance complète, est un événement majeur de l’édition française : jusque lors, ses missives ont donné lieu à quelques éditions très incomplètes ou thématiques.

Hormis les lettres vraisemblablement détruites, toutes celles écrites par Emily Dickinson ont été ici assemblées. Autant que possible, elles ont été classées selon un dispositif chronologique. 

Nous devons la publication de cet imposant recueil à Françoise Delphy qui avait déjà traduit, en 2009, les Poésies complètes de Dickinson (Flammarion). Une biographie, Emily Dickinson poète, dans la poche du kangourou, parue dans la collection « Cardinales/Documents », (Orizons) au début de 2016, parachève le parcours exemplaire d’une dickinsonienne qui a, en outre, dispensé en Sorbonne et ailleurs ses cours sur la Dame d’Amherst.

Carnets de Kiev, 1941-1943 ...

 

Titre complet : Carnets de Kiev, 1941-1943 : journal d'une bibliothécaire russe pendant l'occupation allemande 

Livre d'Irina A. Khorochounova

Si notre perception de l’occupation allemande de Kiev pendant la Seconde Guerre mondiale s’est affinée à la lumière de nombreux documents exhumés récemment, elle cerne surtout les aspects militaires, politiques et administratifs de la présence ennemie. Ces Carnets de Kiev donnent au contraire à voir la vie des habitants et de la ville entre 1941 et 1943. 

Jeune bibliothécaire issue de la bourgeoisie russe traditionnelle, Irina Khorochounova a consigné dans son journal, rédigé dans un style sobre et précis, les événements survenus dans la Kiev occupée. Travaillant au contact des Allemands, elle décrit avec force détails des épisodes douloureux tels que la collaboration, le pillage des bibliothèques, les prisonniers de guerre, le marché noir, lesexpulsions et la terreur qu’inspirent dans toute la population les rafles pour le travail forcé en Allemagne par les forces d’occupation.  Comme l’arbitraire qui y préside. En leitmotiv revient, depuis le premier massacre dans le ravin dit de Babi Yar (29-30 septembre 1941), le martyre spécifique des Juifs, leur sort singulier dans cet océan de violences, et leur disparition d’un monde empreint de leur présence séculaire et familière.

Compte-rendu au jour le jour de la vie de Khorochounova et de ses compatriotes au cours de ces sombres années, ce journal, conservé dans les Archives des Organes du pouvoir et de direction de la République d’Ukraine et inédit en français, livre un témoignage sensible de la guerre telle que l’ont vécue les civils de Kiev.

[Une note de lecture : L’Ukraine sous la botte allemande - Sur le site NONFICTION.FR – 22 octobre 2018]

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LA RASE-CLOISON

 

Livre de Christiane Malet

Née dixième enfant au sein d'une fratrie qui en comptera onze, Christiane Malet décrit ses premières aventures familiales, amicales avant de se lancer dans « sa » vie de femme, de mère et dans le monde du travail. Le récit oscille entre douleurs et douceurs. Sa discrétion lui vaudra ce surnom de La Rase-cloison. Et pourtant ce n'est pas « parce qu'on ne dit rien qu'on n'a rien à dire ». La découverte de l'écriture l'amènera vers ce témoignage attachant, émouvant. C'est le récit d'une vie de femme qui conquiert pas à pas son identité et affirme sa présence au monde.

LaRaseCloisonLaRaseCloison [65 Kb]

Chef de guerre – Autobiographie

 

Livre de Black Hawk

En 1832, sur le cours du haut Mississippi, Black Hawk, chef des Indiens Sauks, refuse d’abandonner ses terres aux colons américains. Il se lance dans une guerre éphémère mais violente avant d’être contraint à capituler.
Durant sa captivité, il rédige avec l’aide d’un interprète son autobiographie, qui deviendra un best-seller et fera de lui une figure tragique de grand chef indompté. Bien avant les fameuses Mémoires de Geronimo, il y expose une autre vision du monde et de l’histoire, et fait entendre la voix des Amérindiens écrasés.
Mais, en racontant ses combats depuis le temps de sa jeunesse jusqu’à la guerre qui fera sa renommée, il porte aussi un dernier coup, par l’écrit cette fois, à ses ennemis victorieux. Son autobiographie n’avait jamais été traduite en français.

La splendeur des Brunhoff

 

Livre d'Yseult Williams

La saga des Brunhoff à l’aide d’archives inédites, grande famille dont on apprendra qu’on lui doit plus que la création de Babar. Elle exerça une grande influence sur la vie artistique dans l’entre-deux-guerres et résume sur 4 générations le XXe siècle français.

Des Brunhoff, l’histoire a surtout retenu deux noms : celui de Jean, le génial créateur de Babar dans les années 1930, et celui de son fils, Laurent, qui fera du roi des éléphants un des personnages les plus célèbres de la littérature enfantine.

Si Jean se tenait hors du tumulte du monde, il en allait tout autrement pour les autres membres d’une famille qui a marqué son temps. Son frère Michel et son beau-frère Lucien Vogel furent à la pointe dans la presse, l’édition, la mode, la photographie ou encore l’art moderne. Ces éditeurs de génie ont créé les premières revues de mode au croisement de tous les arts :  La Gazette du bon ton, Le Jardin des modes, Vogue – dont Cosette, l’épouse de Lucien, sera la première rédactrice en chef – mais aussi Vu, l’illustre magazine de photoreportage, le premier à publier des photographies de camps de concentration. Guillaume Apollinaire, Pablo Picasso, Lee Miller, Salvador Dalí, Robert Capa, Jean Cocteau et tant d’autres ont tous participé, à un moment de leur carrière, à ces revues.

Innovants dans les arts, les Brunhoff furent aux avant-postes de la lutte contre le fascisme durant toute la tragédie européenne, à l’image de Marie-Claude Vogel, future Vaillant-Couturier, héroïne bouleversante de la Résistance. De la Belle Époque jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la famille de Babar a traversé les tempêtes avec le panache des grands explorateurs de notre temps.

Pour écrire la saga inouïe de cette famille de talent, Yseult Williams a eu accès à des archives familiales inédites et s’est entretenue notamment avec Marion de Brunhoff, la fille de Michel, avec Mathieu, le fils de Jean, et avec Thomas Ginsburger, le fils de Marie-Claude Vaillant-Couturier.

Correspondance 1981-2017

 

Livre de Pierre Bergounioux & Jean-Paul Michel

«Un grave penseur a suggéré que l'âge adulte ne sert à rien qu'à exaucer les désirs irréalisés de l'enfance. La nôtre a coïncidé avec le grand aggiornamento du début de la deuxième moitié du siècle dernier, le printemps du monde auquel a succédé, très vite, l'automne qui pèse toujours sur la terre. Nous semblions voués, comme nos devanciers, à ne rien entendre à ce qui se passait et nous concernait. Que nous ayons été les contemporains d'une conjoncture d'exception, c'est, rétrospectivement, l'évidence. Encore fallait-il un détonateur pour libérer les énergies soudain rassemblées, fendre la muraille, briser les barreaux de l'isolement, de l'ignorance, du silence. Le sort, les puissances occultes ont désigné Jean-Paul, qui s'est mis aussitôt en chemin. Il n'était plus que de le suivre. Mais l'aventure était à ce point déconcertante et neuve que ses échos roulent toujours plus d'un demi-siècle plus tard, ce qui explique ce besoin d'y revenir, cette correspondance.» Pierre Bergounioux

Lettres de Mathurin Méheut à Yvonne Jean-Haffen

 

Denise Delouche & Anne de Stoop - Préface de Philippe Le Guillou.

Cette correspondance s’échelonne de 1926 à 1954. On connaît ainsi 1400 lettres auxquelles s’ajoutent près de deux cents cartes postales, le tout précieusement conservé par Yvonne Jean-Haffen dans sa propriété, aujourd’hui La Maison d’artiste de la Grande Vigne, léguée en 1987 à la Ville de Dinan. Mathurin Méheut détruisait les réponses de son élève, très chère égérie et active collaboratrice, ces échanges épistolaires ayant lieu à l’insu de Marguerite Méheut, l’épouse de l’artiste.
Les illustrations à la gouache sont d’une exceptionnelle qualité, l’image primant toujours sur le texte qui sert de toile de fond graphique.

Cette correspondance est composée de 150 lettres choisies, et de nombreuses reproductions.

Algérie 1956 : Pacifier. Tuer - LETTRES D'UN SOLDAT À SA FAMILLE

 

Livre de Jean Martin

Deux millions de jeunes Français ont effectué leur service militaire en Algérie entre 1955 et 1962. Au plus fort de la guerre 400 000 militaires français quadrillent l'Algérie.
Au début de la guerre d'Algérie, un appelé du contingent raconte, benoitement, dans des lettres adressées à sa famille, les basses besognes de l'armée française. Ce livre donne à lire un document, apparemment banal, pendant des mois, les lettres que Jean Martin adresse à sa famille. Il n'a aucune distance critique de ce qu'il fait. Bien au contraire. Il est fier de servir, satisfait de savoir faire le boulot, un peu condescendant vis-à-vis des corps de troupes réputés moins aguerris, moins efficaces dans la réalisation des missions. Au fil de quatorze mois, ces lettres décrivent ce que Hannah Arendt a pu nommer la « banalité du mal ».
Dans la même lettre on le voit demander des nouvelles d'une petite voisine, « qui a du bien grandir » depuis qu'il ne l'a vue ; et quelques lignes après expliquer « demain je suis de corvée de torture… que voulez-vous, même pas agréable, on le fait à chacun son tour ». Un autre jour, il explique à la famille que pour la nourriture « ça va » et que «ce n'est vraiment plus la peine de lui envoyer des colis : maintenant “ils” se font assez respecter dans la région où il est cantonné, et les “bougnoules” se sentent bien forcés de leur donner tout ce qu'ils exigent: “Que voulez-vous, il faut bien leur faire comprendre qui est le maître !”»
Il raconte avec force détails une opération de représailles : un village s'était réjoui qu'une mine ait fait sauter un camion de l'armée française, tuant plusieurs soldats. « On leur a fait creuser des trous pour enterrer tous les morceaux de ferraille, et un trou plus grand. Puis on les a tous tués, des plus âgés au plus jeunes. » À peine sent-on parfois une sorte de lassitude, à la veille d'une permission qu'il attend depuis des semaines.
L'auteur de ces lettres sentait bien qu'elles laissaient ses parents perplexes ou tristes. Il les « rassure » à plusieurs reprises en reprenant, vraisemblablement, les arguments donnés par les officiers au sujet de la guerre, de son bien-fondé contre les terroristes, du rôle de la France, de tout ce qu'il faudra faire après la « pacification ». Il s'agit-là d'un document, au ras de la vie quotidienne d'un soldat.
Jean Martin est un nom d'emprunt, choisi pour rendre ce témoignage anonyme. Par égard pour la famille, qui ne souhaite pas une publicité déplacée, nous avons choisi le nom propre le plus répandu en France et l'un des prénoms des plus diffusés.

N'importe quel soldat d'Algérie, mobilisé pour la guerre coloniale, aurait pu faire et écrire cela.

Journal intime d’un poilu

 

Livre de Jean-Pierre Biscay

« C'est pour vous, les compagnons survivants, que j'ai repris quelques épisodes
de mon carnet de route et aussi (...) pour rendre hommage à ceux, muets, dont la parole fut étouffée, à nos côtés, dans la terre froide de Craonne ou de Verdun.
À tous ces anonymes qu'une famille pleure quelque part dans une campagne lointaine et qui ne laisseront de trace dans la mémoire collective qu'un simple nom gravé sur la pierre d'un monument de village (...) Et parce que nos corps meurtris nous interdisent l'oubli, nous gardons avec quelque fierté, dans une urne secrète, les cendres de ceux qui méritaient de vivre, parce qu'ils savaient mourir. »

Carnet de guerre de Louis Barthas (1914-1918)

 

BD de FREDMAN (Auteur), Rémy CAZALS (Préface)

Cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale, et quarante ans après la première publication des Carnets de Guerre de Louis Barthas, Fredman propose une remarquable adaptation graphique de cet ouvrage mythique.

Tonnelier originaire de l'Aude, Louis Barthas est envoyé au front dès 1914. Démobilisé en 1919, il met au propre ses notes prises tout au long du conflit. Militant socialiste et écrivain à son insu, le caporal Barthas a observé jour après jour la vie dans les tranchées : les rats, la boue, les bombes...
Avec une plume extraordinaire et un étonnant sens de l'humour, il décrit les poilus livrés en masse à une mort anonyme, les chefs assoiffés de gloire, mais aussi les Allemands, qu'on appelle " ennemis " mais avec lesquels on fraternise à l'abri des regards.
Publiés aux éditions Maspero en 1978, les Carnets de guerre de Louis Barthas sont devenus un classique, traduit dans de nombreux pays. Fredman met son trait au service de cette œuvre unique. Composée d'extraits soigneusement sélectionnés, respectant l'esprit et la lettre des Carnets originaux, son adaptation graphique donne une nouvelle vie à ce témoignage exceptionnel.

la folie elisa

 

Livre de Gwenaëlle Aubry

Elles cherchent la chair de la perte, la chair du vide, la chair de l'abandon, elles l'ouvrent comme un fruit, elles y plantent leurs dents. Mourir est un art, comme tout le reste : elles le savent aussi. Elles contrarient leur chute par la vitesse. Elles se quittent avec passion. Elles ont en commun un art de la fugue intérieure, de multiples tangentes. Elles sont mortes plusieurs fois (je les regarde tomber). Elles vont finir par se relever (je les vois qui se battent). Elles sont construites sur des sols instables, glissants, poinçonnés. Leur volume intérieur est impressionnant, du dehors on ne pourrait le soupçonner. Janvier 2015-janvier 2016. Quatre femmes quittent la scène, prennent la fuite : Emy Manifold, une rock star anglaise, Irini Santoni, une sculptrice grecque, Sarah Zygalski, une danseuse berlinoise, Ariane Sile, une actrice française. Grandes amoureuses, "petites folles" , comme Duras le disait de Lol V. Stein, elles ne se connaissent pas mais sont reliées par un graffiti énigmatique, SMA. Une maison les accueille, des chambres claires où recomposer les figures de leur vie, une chambre noire où résonne la fureur du monde. Que faire quand on porte en soi des ruines et des gravats et que la terre se couvre de murs et de barbelés ? Où est l'asile ? Comment construire l'hacienda ?

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Le guetteur

 

Livre de Christophe Boltanski

Mais qui guette qui ? Lorsque le narrateur découvre dans l’appartement de sa mère le manuscrit d’un polar qu’elle avait entamé, « Le Guetteur », il est intrigué. Des recensements de cigarettes fumées, les pneus des voitures voisines crevés - comment vivait cette femme fantasque et insaisissable ? Elle qui aimait le frisson, pourquoi s’est-elle coupée du monde ?
Elle a vécu à Paris avec pour seul compagnon son chien Chips. Maintenant qu’elle est morte, le mystère autour d’elle s’épaissit. Alors il décide de la prendre en filature. Et de remonter le temps. Est-ce dans ses années d’études à la Sorbonne, en pleine guerre d’Algérie, où l’on tracte et l’on se planque, que la jeune femme militante bascule ?
Le Guetteur est le roman bouleversant d’une femme qui s’est perdue. La quête d’un fils qui cherche à retrouver sa mère. La confirmation d’un grand écrivain.

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Un piton séparé du monde

 

Livre de Claude Georges Picard

Claude Georges Picard apporte ici le témoignage d’un soldat « appelé », chasseur alpin, envoyé, en 1961, lors des « événements d’Algérie » sur un piton de Kabylie, dans un poste militaire isolé au cœur de la zone rebelle, à 1200 m d’altitude dans la neige hivernale et sous le soleil accablant de l’été, remplissant à la fois son devoir de soldat et celui d’instituteur-infirmier-écrivain public improvisé dans un village kabyle entièrement acquis à la rébellion.
« Encore un accrochage dans le village avec les fells. Leur pouvoir d’évanouissement est magique. Ne dit-on pas disparaître par enchantement. A la première rafale ils se fondent dans la nuit, se volatilisent et nous restons comme des cons, seuls et désemparés sur le terrain. Ils doivent bien rire, planqués dans la forêt, enterrés dans leurs caches invisibles... Les lendemains d’accrochage, toujours beaucoup d’appréhension en descendant dans le village. Entre le soldat de nuit, qui n’hésiterait pas à tirer et le gentil soldat qui soigne, apprend à lire et compter, je m’y perds. Lequel est le vrai ? »

Un témoignage unique, sans la moindre concession sur les faits et une interrogation profonde sur le drame de conscience qui fut celui de la jeunesse de l’époque.

Témoignage qui a fait l’objet en avril 1984, de cinq émissions à France-Inter : « Le Passé singulier », de Michel Winock et en 1992 d’une lecture de certains passages par Richard Berry sur France 2 dans « Envoyé Spécial ».

« Ce manuscrit édité par les EDITIONS DU NET est unique en son genre. J’ai déjà publié trois de ses prédécesseurs au CNRS. À ma connaissance il est un des rares à dire ce qu’il tente de faire pour saisir sa hiérarchie contre l’abus des tortures et autres exactions. » (Préface Jean-Charles Jauffret)

 

[Une note de lecture de Véronique Leroux-Hugon]

[Chez le même éditeur : "Retour en Kabylie"]

Le monarque des ombres

 

Livre de Javier Cercas

Un jeune homme pur et courageux, mort au combat pour une cause mauvaise (la lutte du franquisme contre la République espagnole), peut-il devenir, quoique s’en défende l’auteur, le héros du livre qu’il doit écrire ? Manuel Mena a dix-neuf ans quand il est mortellement atteint, en 1938, en pleine bataille, sur les rives de l’Èbre. Le vaillant sous-lieutenant, par son sacrifice, fera désormais figure de martyr au sein de la famille maternelle de Cercas et dans le village d’Estrémadure où il a grandi. La mémoire familiale honore et transmet son souvenir alors que surviennent des temps plus démocratiques, où la gloire et la honte changent de camp. Demeure cette parenté profondément encombrante, dans la conscience de l’écrivain : ce tout jeune aïeul phalangiste dont la fin est digne de celle d’Achille, chantée par Homère – mais Achille dans l’Odyssée se lamentera de n’être plus que le “monarque des ombres” et enviera Ulysse d’avoir sagement regagné ses pénates.
Que fut vraiment la vie de Manuel Mena, quelles furent ses convictions, ses illusions, comment en rendre compte, retrouver des témoins, interroger ce destin et cette époque en toute probité, les raconter sans franchir la frontière qui sépare la vérité de la fiction ?
L’immense écrivain qu’est Javier Cercas affronte ici ses propres résistances pour mettre au jour l’existence du héros fourvoyé, cet ange maudit et souverain dont il n’a cessé, dans toute son œuvre, de défier la présence.

[Interview dans L'Orient Littéraire - septembre 2018]

[Sur France Inter le 7 septembre 2018]

dictionnaire de l'autobiographie. écritures de soi de langue française

 

Livre de Françoise Simonet-Tenant

Réédition en livre de poche à un prix plus abordable

Dix-sept ans

 

Livre d'Eric Fottorino

"Lina n'était jamais vraiment là. Tout se passait dans son regard. J'en connaissais les nuances, les reflets, les défaites. Une ombre passait dans ses yeux, une ombre dure qui fanait son visage. Elle était là mais elle était loin. Je ne comprenais pas ces sautes d'humeur, ces sautes d'amour". Un dimanche de décembre, une femme livre à ses trois fils le secret qui l'étouffe. En révélant une souffrance insoupçonnée, cette mère niée par les siens depuis l'adolescence se révèle dans toute son humanité et son obstination à vivre libre, bien qu'à jamais blessée. Une trentaine d'années après Rochelle, Eric Fottorino apporte la pièce manquante de sa quête identitaire. A travers le portrait solaire et douloureux d'une mère inconnue, l'auteur de Korsakov et de L'homme qui m'aimait tout bas donne ici le plus personnel de ses romans.

[Interview de l'auteur par Georgia Makhlouf - L'Orient Littéraire août 2018]

DixSeptAnsDixSeptAns [65 Kb]

Ils ne m’auront pas

 

Titre complet : Ils ne m’auront pas. Capture, travail forcé, évasion d’un prisonnier français durant la Seconde Guerre mondiale (juin 1940-février 1942)

Livre de Jean Hélion

Le peintre Jean Hélion (1904-1987), engagé dès la fin des années 1920 dans la non-figuration, prit une part active aux mouvements Art concret (1930) et Abstraction-Création (1932-1934), puis il s’installa en Virginie (USA) où il amorça un retour vers le réalisme pictural, interrompu par la Seconde Guerre mondiale. Son rapatriement volontaire en France en janvier 1940 pour com­battre les troupes allemandes, la débâcle et la capture de sa compagnie à l’heure de l’armistice, son internement dans un camp de prisonniers à Orléans, le travail forcé dans un Kommando agricole de Poméranie, son action décisive en tant qu’« homme de confiance » sur le Nordenham, un bateau-prison du port de Stettin, son évasion d’Allemagne le 17 février 1942 et son difficile retour vers Paris occupé forment la trame de They Shall Not Have Me (Ils ne m’auront pas). Rédigé pendant l’hiver 1942-1943, ce texte est resté inédit en français jusqu’à aujourd’hui. Rares sont les témoignages à la fois littéraires et réalistes sur la rude vie quotidienne des prisonniers de guerre français en Stalag. Encore plus rares sont ceux qui ont été écrits à chaud, pour soutenir la France libre en exil et l’effort de guerre américain. Dans cette perspective, il fallait que le récit de Hélion demeurât au plus près des choses vues en tant qu’artiste, et subies en tant qu’homme : « À mon arrivée par une nuit glaciale, des mois auparavant – ou plutôt des siècles – le bateau sentait le vernis et le bois neuf. Il dégageait maintenant une odeur de corps mal lavés, de fromages pourrissant dans des cartons et de tout ce que les vêtements avaient absorbé dans les tunnels, les ateliers ou les quais : charbon, fuel, goudron, engrais. / Les ampoules au carbone éclairaient de moins en moins bien. On devinait, plutôt qu’on ne voyait, les étranges constructions faites de cordes, de bâches, de papiers, de caisses démontées, de vieux cartons qui envahissaient le bateau comme des toiles d’araignées, mais avec fantaisie. Les étroits passages entre les châlits étaient devenus impraticables. / De temps en temps, l’officier de con­trôle piquait une colère et ordonnait le démontage du tout. Mais les échafaudages baroques, les crochets et les paravents repoussaient irrésistiblement. Ils répondaient à un besoin de rangement des vêtements et de la nourriture, mais plus encore à un besoin psychologique. Plus que jamais, uniformité signifiait soumission. Grâce à ses installations bizarres, entre paillasse et plafond, le prisonnier pouvait se persuader qu’il préservait sa précieuse individualité. »

Jean Hélion revint vivre à Paris en 1946 et peignit alors de grandes compositions allégoriques, révélant cette « figure du monde » dont son expérience de la guerre a été le catalyseur, sinon la clef.

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Deux pères juifs

 

Livre de Catherine Francblin 

Deux pères juifs est un récit autobiographique qui évoque l'enfance de l'auteure, confrontée à l'absence de son père, disparu dans la Shoah quelques semaines avant sa naissance. Doté de remarquables qualités littéraires, le texte mêle habilement, en un va-et-vient permanent, le récit personnel et l'histoire collective. Élevée par une mère réfugiée dans le silence et un beau-père, rescapé d'Auschwitz, qui aspire à aller de l'avant, l'enfant ne trouve aucune réponse à ses interrogations sur le drame vécu par les siens. Bien des années plus tard, les écrits des historiens et des témoins du génocide viennent emplir ce vide. Ils alimentent un besoin de savoir inassouvi dont la violence sous-tend l'écriture de ce livre, composant une chronique du martyre bouleversante qui s'agrippe au lecteur de toutes parts pour ne plus le lâcher. Profondément originale tant par la position de l'auteure « entre deux pères » que par sa quête des traces de son histoire intime à la lumière des faits et événements relevant de la grande Histoire, la démarche de Catherine Francblin interpelle chacun avec vigueur. Son rappel détaillé, martelé, de la barbarie nazie a valeur de mise en garde dans un monde au sein duquel le travail de civilisation s'avère sans fin.

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fragments d'exil - Les Carnets D’un émigré (1914-1946)

 

Livre d'Alain Sobel

Le chemin de l'exil dans l'Europe en lambeaux des années 20, débute pour Maurice Gros dans les collines de Transylvanie et traverse un empire Austro-Hongrois démembré après la défaite. L'émigration est la seule réponse possible au chambardement politique et social, empreint d'antisémitisme. A Paris, le jeune émigré, qui se croyait conquérant, affronte la solitude, la langue nouvelle, l'étrangeté d'être un intrus dans la cité, sans racines, sans histoire, sans culture commune. Les difficultés des études et de la vie quotidienne éphémère sont les premières épreuves de l'exil parfois suspendu par la rencontre de photojournalistes géniaux, presque tous juifs hongrois.  Jeune médecin, Maurice Gros raconte avec étonnement les évènements politiques majeurs, également commentés par les prévisions apocalyptiques de Joseph Roth qu'il écoute, fasciné. L'émigration c'est la précarité et le travail sans répit. Mais aussi l'expérience de la xénophobie et de l'antisémitisme, les changements de noms et l'intégration progressive qui fait de l'étudiant solitaire le chef de famille à l'identité changeante. Tout est à refaire pendant la deuxième guerre mondiale et l'Occupation qui transforment l'homme mûr et enfin enraciné, en un réfugié à nouveau méprisé et menacé. L'émotion et le lyrisme sont constamment maîtrisés dans ce récit précis et efficace où les compromis successifs sont des conditions indispensables au combat acharné pour survivre. A chaque tourmente, répond une « salve d'avenir », une résistance nouvelle.

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