Tous les livres à lire

Livres 2011

Livres 2011

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  Des livres pour l'été 2019 (liste proposée par les BOUILLONS d'Angers)
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  Notre équipe a publié : Catherine Malard  /  Michèle Cléach  /  Marie-Pascale Lescot 

Livres 2011

Tous les livres depuis 2013

Avec Pier Paolo Pasolini

 

Livre de René de Ceccatty

« Comme tous les grands artistes, Pasolini demeure éternellement présent. Lorsqu'on a admiré profondément un créateur, on ne change pas de rapport avec lui. Souvent, autour de moi, on dit que Pasolini est dépassé, que son cinéma est daté, que ses poèmes et ses romans sont illisibles… Cela me paraît aberrant. Autant dire que Flaubert est vieillot, que Villon est illisible, que Dante est ennuyeux… Pasolini était une figure active de la vie politique. C'est cela qui donne l'impression qu'il appartient au passé. Mais les grandes oeuvres sont inépuisables… » Le poète, le romancier et le polémiste ; le cinéaste, le dramaturge et le peintre ; ses relations aux autres ; la mort… À l'occasion du centenaire de la naissance de Pier Paolo Pasolini (1922-1975), dont la vie s'est tragiquement achevée une nuit de novembre sur une plage d'Ostie dans des circonstances encore mystérieuses, René de Ceccatty rassemble ici un large choix de ses études, articles, entretiens et conférences qu'il n'a cessé depuis quarante ans de consacrer au poète cinéaste.

Algérie coloniale : Traces, mémoires et transmissions

 

Livre de Giulia Fabbiano et Abderahmen Moumen  

La colonisation et la guerre d'indépendance sont une séquence centrale dans la construction nationale et étatique aussi bien de la France que de l'Algérie. Dans une éclosion révolutionnaire, l'Algérie héroïse le peuple levé comme un seul homme, tandis que la France peine a accueillir ceux qui ont fait l'expérience de l'Algérie coloniale. Au sein des deux sociétés, l'ensemble des acteurs expriment des narrations et des exigences mémorielles plurielles, parfois antagonistes. Chacun prend le fragment dans lequel il se reconnaît, participant de la construction d'une mémoire-puzzle, en dehors d'une vision globale de ce que fut l'entreprise coloniale. En pleine actualité mémorielle, cet ouvrage propose de quitter le terrain passionnel et les instrumentalisations politiciennes et de déplacer le regard sur les agissements du passé en transmission et toujours en mouvement. Les contributions réunies ici interrogent les traces de la colonisation, de la guerre d'indépendance et de leurs mémoires dans différents domaines et différents milieux. Une démarche nécessaire qui ouvre un champ et renouvelle le débat.

Un jour d’octobre à Santiago [suivi de Ligne de fuite]

 

Livre de Carmen Castillo [1ère édition en février 1988 chez Flammarion]

Chili, octobre 1974. Les forces armées du gouvernement de Pinochet encerclent la maison d’un jeune couple. Ils se nomment Miguel Enríquez et Carmen Castillo ; tous deux vivent dans la clandestinité. Il est l’un des responsables de la résistance et le dirigeant du MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire) ; elle, professeure d’histoire, a travaillé auprès de Salvador Allende avant le coup d’État et s’implique, depuis, au sein des réseaux de lutte contre la dictature militaire. L’affrontement tourne au drame.

Treize ans plus tard, au terme d’un exil éprouvé de l’autre côté de l’océan, en France, la militante est autorisée à séjourner dans son pays natal. C’est, dit-on, « l’ouverture ». Mais ce pays, elle ne le reconnaît plus : partout, elle ne voit que le sourire satisfait des vainqueurs. Tout avait pourtant débuté dans la joie populaire : la redistribution des terres, la nationalisation de grandes industries, l’augmentation des salaires, l’extension de la sécurité sociale. Bref, les humbles enfin comptés.

En deux récits, ici rassemblés, la cinéaste Carmen Castillo nous fait traverser ces années de combat, d’élans et de fracas. La politique et l’intimité se fondent en une même langue, délicate et habitée. Ces pages, signées contre l’oubli, se font désormais appel à refuser, en tout lieu, le cours des choses. L’Histoire n’est qu’affaire de présent.

[Vidéo : Un entretien avec Carmen Castillo à APOSTROPHES en 1988]

Andrea de dos

 

Livre de Michel Julien

Quelque part en Amérique du Sud, un pèlerinage en terrain équatorial. Chacun a son vœu, griffonné sur un bout de papier, et va cheminer sur des kilomètres jusqu’au terme de la procession où se campe une madone miraculeuse. Ils sont des milliers. La longue route de dévotion est parcourue d’une corde que l’on doit tenir d’une main sans jamais lâcher. Tomber, perdre la corde, s’en dessaisir ne serait-ce qu’une fraction de seconde, c’est voir son vœu brisé, remis d’un an.
Deux étudiantes, Andrea et sa sœur Ezia, vont se mêler au ruban des pèlerins, prendre la corde, être des grandes bousculades.

L’écriture baroque et intense de Michel Jullien nous porte, par une suite de plans larges rapprochés, au cœur même de cette procession, dont il s’inspire librement, dans une espèce d’exotisme à rebours où se mélangent l’humour et la brutalité, l’outrance des foules et la tendresse qu’il nourrit pour ses deux personnages.

[Une note de lecture sur le site Charybde 27]

[Une note de lecture sur le site DIACRITIK]

AndreaDeDosAndreaDeDos [135 Kb]

Chez moi ou presque ...

 

Livre de Stephen Ngatcheu

« Après vingt-deux heures d’une navigation abominable, le zodiac, en surcharge, chavire : ainsi quarante personnes vont perdre la vie dans les vagues. Mes derniers souvenirs d’eux seront leurs cris de détresse, la peur sur leurs visages puis les corps qui flottaient sur l’eau. Il est trois heures du matin, nous ne sommes plus que douze, de toutes nationalités et de religions confondues, livrés à nous-mêmes. Aucune embarcation à l’horizon. Il reste quatre femmes, trois enfants et cinq hommes jeunes. »

Stephen Ngatcheu a écrit une sorte d’épopée maigre pour dire la mer, la nuit, les forêts. Il ne raconte pas pour informer, pour communiquer ou pour convaincre, il n’écrit pas pour répondre à des questions ni pour répondre de sa vulnérabilité. Il transmet et il créé. Il écrit comme on écrit, pour vivre plus grand. Odes à la terre d’Afrique, récits d’épreuves initiatiques. Déceptions d’après. Exaltation du trajet, de la vie qui va, de la littérature.

["Pourquoi je suis devenu écrivain", un article de l'auteur sur le site delibere.fr, le 01/11/2021]

L'Histoire de ma vie

 

Livre de Sojourner Truth

Ancienne esclave et célèbre abolitionniste, Sojourner Truth (1799-1883) est devenue, par la puissance de ses prises de parole à l'époque, l'une des icônes du féminisme intersectionnel aujourd'hui. Son autobiographie, qu'elle publia en 1850, offre le récit de la vie d'une femme solaire, plus résistante que nombre d'hommes, confrontée à l'ultraviolence de sa condition d'esclave, mais soutenue par un sens inouï de l'observation, une spiritualité forte et la conviction permanente de défendre les justes causes et d'être sur le bon chemin.

Vie d’un esclave américain, écrite par lui-même

 

Livre de Frederick Douglass  [Réédition]

« Dès ce moment je compris le chemin qui mène de l'esclavage à la liberté. »

Les luttes pour l'égalité et la justice portées au XXe siècle par Rosa Parks, Martin Luther King ou Malcolm X, et plus récemment par Black Lives Matter, ont une longue histoire qui débute avec le combat pour l'abolition de l'esclavage. Les militants noirs y tiennent une place essentielle. À l'époque, Frederick Douglass est le plus célèbre d'entre eux. C'est en 1845, avec le récit de ses années d'esclavage, qu'il acquiert la notoriété. Soutenue par d'indéniables qualités narratives, cette autobiographie est aussi la meilleure introduction à un homme qui a laissé son empreinte sur des champs aussi divers que la politique, la littérature et la philosophie, le journalisme et l'art oratoire.

La présente édition de l'autobiographie de Frederick Douglass est enrichie du récit - inédit en français - de son évasion, un récit qu'il n'accepta de faire qu'en 1881, vers la fin de sa vie.

L’océan est mon frère

 

Livre de Jack Kerouac [Inédit en français]

Bien avant de devenir célèbre avec la publication de Sur la route, avant même de publier The Town and the City (qui allait être son premier roman officiel), Jack Kerouac était marin. L'Océan est mon frère, resté jusqu'ici inédit, est le fruit de cette histoire d'amour avec l'océan. C'est le récit des aventures et fortunes diverses de Wesley Martin, marin solitaire et taciturne, qui voue à l'océan « un amour unique et étrange », et de Bill Everhart, intellectuel passionné, à la recherche d'une vie simple et d'une liberté fondamentale.
Deux des facettes de la personnalité complexe de Jack Kerouac.
Décidant sur un coup de tête de s'embarquer sur un navire marchand, ils se retrouvent à bord du S.S. Westminster en partance de Boston. En route pour le Groenland, ils conversent de tout, boivent du whisky, jouent aux cartes, évitent de justesse les torpilles allemandes, se plongent dans la contemplation de la vaste solitude qui les entoure, s'interrogent sur leur destination et la possibilité de l'atteindre. Kerouac tisse les fils de cette intense histoire de marins en temps de guerre pour en faire un portrait épique de l'amitié et de la fraternité, pour engager une méditation sur les moyens d'échapper à l'emprise grandissante de la société et, surtout, sur la puissance indomptable, sauvage, de l'océan.

Anges de la désolation

 

Livre de Jack Kerouac [Réédition]

« Anges de la Désolation, je l’ai écrit à la lueur des bougies… C’est comme une cérémonie religieuse. »
C’est l’été 1956 et le narrateur, double biographique de Kerouac, est isolé dans une cabane nichée sur le flanc du pic de la Désolation, dans les montagnes du nord-ouest des États-Unis. Voulant fuir l’agitation de la ville, il espère trouver dans ces deux mois de solitude extrême un moyen de se reconnecter totalement à son art. « Je pourrais devenir fou là-dedans », constate-t-il cependant rapidement. S’engage alors un combat méditatif et poétique contre la solitude.
Lorsque le narrateur redescend de sa vigie, il se gorge frénétiquement du monde. Le lecteur découvrira, réjoui, des conversations insensées à San Francisco, de l’herbe et des putains à Mexico, des femmes aimées et des amis jaloux à New York, de l’opium à Tanger, Paris et Londres.
Récit foisonnant et magistral, ce texte a été qualifié par les aficionados de « chef-d’oeuvre inconnu » de Kerouac. Il préfigure Sur la route, écrit l’année suivante.

Douars et prisons

 

Livre de Jacqueline Guerroudj

Livre-témoignage en deux grandes parties, qui rend compte du parcours de l’engagement d’une femme européenne, Jacqueline Guerroudj, pour l’indépendance de l’Algérie, de la prise de conscience à l’action concrète.

Brillante élève de Simone de Beauvoir à Rouen, Jacqueline Guerroudj occupe en 1948 son premier poste d’institutrice dans la région de Tlemcen.

Dans la première partie de l’ouvrage (refuser l’inacceptable), elle décrit avec beaucoup de précision la vie, les difficultés, les répressions, la misère que connaissent les familles algériennes dans ces petits « douars » loin de tout, et surtout loin de la « civilisation » française. Elle raconte sa rencontre avec de nombreux communistes du PCA (Parti Communiste Algérien), décrit leurs luttes et leur engagement. On découvre la façon dont ces paysans ont su accueillir parmi eux, accepter, une femme, une européenne, ont su l’intégrer dans leurs luttes. La réalité du colonialisme apparaît, à travers des portraits de femmes, de familles, d’enfants. L’auteure dit avoir écrit ce récit à partir de ses souvenirs. Ce n’est donc pas un essai historique, ni une étude sociologique, ni un pamphlet politique, c’est tout cela en même temps. Vient ensuite le récit de son expulsion vers la France, puis, de retour à Alger en 1956, c’est le temps de l’engagement politique dans les rangs des combattants pour la libération, puis dans le FLN. Elle participe, entre autres actions, à la préparation de l’action de Fernand Yveton (communiste français guillotiné).

Arrêtée en 1957, condamnée à mort pour « association de malfaiteurs », elle entre dans la prison de Barberousse, où se trouve déjà son mari. Là commence la seconde partie (Faire reculer les murs). C’est un regard acéré, mais humain, sur les conditions que l’État français a imposé à ces femmes et ces hommes, dont de nombreux algériens d’origine européenne, avec la description de ces détails inhumains, la nourriture, les dortoirs, les mises à mort par la guillotine. Mais c’est aussi un formidable hymne à la fraternité, à la volonté de vivre, à l’amitié, entre ces femmes, d’origines si diverses qui partageaient la même volonté de liberté. Suivront les descriptions de ses différents transferts de prison en prison, descriptions toujours agrémentées de détails, de portraits, de remarques, dont le jubilatoire paragraphe : « quelques recettes pour réussir sa vie en tôle ».

DouarsEtPrisonsDouarsEtPrisons [143 Kb]

Lettres retrouvées (1969-1989)

 

Livre de  Marguerite Duras et Michelle Porte

Il existe peu de lettres de Marguerite Duras, encore moins de lettres intimes. Voici donc un ensemble rare : la correspondance qu’elle échangea avec la cinéaste Michelle Porte, témoin de plus de trente ans d’amitié et de complicité professionnelle. Duras y raconte ses difficultés à exister en tant que cinéaste ; elle évoque aussi ses voyages, ses amitiés, ses découvertes artistiques, ses doutes. Émouvante ou drôle, profonde ou futile, vindicative ou compatissante : Duras nous révèle des facettes peu connues de sa personnalité.
Ces lettres nous montrent aussi une créatrice en perpétuelle effervescence, pour qui l’art est indissociable de la vie. Duras développe une écriture qui brouille volontairement les frontières entre cinéma et littérature, entre la voix et l’écrit : vaste espace de liberté dont cette correspondance témoigne.

Donbass : un journaliste en camp raconte

 

Livre de Stanislas Asseyev

Un camp de concentration aujourd'hui en pleine Europe
Journaliste et bloggeur ukrainien, Stanislas Asseyev a couvert le conflit du Donbass en écrivant sous pseudonyme. Il a été enlevé en mai 2017 et accusé d'espionnage. Détenu dans une ancienne usine transformée en centre d'art contemporain, avant de devenir une prison, il a été libéré en décembre 2019 sous la pression de Reporters sans frontières, d'Human Right Watch et de l'OSCE. Un témoignage puissant sur une barbarie moderne et européenne.

DonbassDonbass [46 Kb]

Le goût de l'écriture

 

Textes choisis et présentés par Laurence Biava

Née il y a quelque 6000 ans, l’écriture est un joyau. Les premiers écrits furent d’abord des retransmissions de langue parlée mais ils abordent aussi de nombreux aspects de la civilisation. Puis l’écriture progresse, utilise de nouvelles règles. Naissance de l’alphabet, plus tard de l’imprimerie. Il s’agit de transmettre des savoirs, mais aussi de raconter des histoires. Dès lors les écrivains questionnent : à quoi sert d'écrire, d'où vient l'envie, d'où naît le désir ? Voyage au cœur de l’écriture en compagnie de ceux qui la connaissent le mieux et lui doivent d’exister : Denis Diderot, Nicolas Boileau, Gustave Flaubert, Ferdinand de Saussure, Guillaume Apollinaire, Georges Perec, Pierre Bergounioux, Louis Aragon, Charles Juliet, Roland Barthes, Jean-Paul Sartre, Marguerite Duras, Daniel Pennac, Virginia Woolf, Camille Laurens, Annie Ernaux, Julien Gracq et bien d’autres…

LeGoutEcritureLeGoutEcriture [125 Kb]

Mourir à Sakiet - Enquête sur un appelé dans la guerre d'Algérie

 

Livre de Véronique Gazeau-Goddet et Tramor Quemeneur

Cet ouvrage vient rompre le long silence tombé sur la mort de l'aspirant Bernard Goddet, l'un des quinze tués du 3/23e Régiment d'infanterie dans l'embuscade de Sakiet du 11 janvier 1958, à la frontière algéro-tunisienne. L'enquête s'est cristallisée autour du jeune homme qui a laissé des écrits et une abondante correspondance, croisés avec des sources archivistiques et des entretiens avec des appelés du 23e Régiment.
Sorti d'HEC, chrétien, le jeune homme s'interroge sur différentes solutions pour mettre fin à la guerre. L'opération dans laquelle Bernard Goddet et ses camarades trouvent la mort est enfin mise au jour grâce aux archives militaires. Cette opération était-elle bien préparée ? L'événement soulève aussi la question des frontières. Ainsi, à la suite de l'embuscade, la France bombarde le village de Sakiet Sidi Youssef et déclenche ainsi une grave crise, tant internationale que nationale, qui se solde par la chute de la IVe République, avec le putsch d'Alger du 13 mai 1958

MourirASakietMourirASakiet [39 Kb]

Jeune fille en bleu, à la fenêtre, au crépuscule

 

Livre d'Alena Schröder

Berlin, 2017. Lors d’une visite à la maison de retraite où réside sa grand-mère, Hannah, vingt-sept ans, trouve la lettre d’une firme d’avocats israéliens les identifiant, elle et sa seule parente encore vivante, comme les possibles héritières d’une collection d’art qui aurait été cachée pendant le régime nazi. Pourtant, c’est la première fois que la jeune doctorante en études germaniques entend parler d’éventuelles racines juives. Et pourquoi sa grand-mère Evelyn n’a-t-elle jamais livré un seul mot sur son passé ?
Pour Hannah, cela marque le début d’une enquête sur sa famille et d’une quête de sa propre identité. Elle va alors remonter le fil de sa généalogie et tenter de retrouver la Jeune fille en bleu, à la fenêtre, au crépuscule, un tableau de Vermeer qui aurait appartenu à un de ses aïeux.
Sur une période tumultueuse, s’étendant de 1924 à nos jours et entremêlant le sort de plusieurs générations de femmes, cette grande saga familiale interroge le rapport que nous entretenons avec notre histoire personnelle, tout en mettant en lumière l’héritage de nos ancêtres.

Des vallées de l'ombre à la flamboyance

 

Livre de Marie-Odile de Gisors

C'est le récit d'une existence qui a commencé au coeur de la nuit et de la guerre mondiale... et familiale. L'auteure a réussi à traverser cette ombre et à toujours rejaillir, plus vive et plus libre. Mieux. De ce qui lui était souffrance, angoisse, elle a fait sa plus grande force. Privée de la possibilité d'exprimer ses émotions, elle a cultivé l'art de la parole vraie qu'elle exprime et qu'elle aide à faire jaillir, depuis bien des années, dans les ateliers qu'elle anime, auprès de jeunes et de toujours jeunes. Quelle superbe victoire pour cette petite fille cernée par le silence ! Ce livre raconte cet avènement au fil des années.

Les abeilles grises

 

Livre de Andreï Kourkov

Dans un petit village abandonné de la «zone grise», coincé entre armée ukrainienne et séparatistes prorusses, vivent deux laissés-pour-compte: Sergueïtch et Pachka. Désormais seuls habitants de ce no man’s land, ces ennemis d’enfance sont obligés de coopérer pour ne pas sombrer, et cela malgré des points de vue divergents vis-à-vis du conflit. Aux conditions de vie rudimentaires s’ajoute la monotonie des journées d’hiver, animées, pour Sergueïtch, de rêves visionnaires et de souvenirs. Apiculteur dévoué, il croit au pouvoir bénéfique de ses abeilles qui autrefois attirait des clients venus de loin pour dormir sur ses ruches lors de séances d’«apithérapie». Le printemps venu, Sergueïtch décide de leur chercher un endroit plus calme. Ayant chargé ses six ruches sur la remorque de sa vieille Tchetviorka, le voilà qui part à l’aventure. Mais même au milieu des douces prairies fleuries de l’Ukraine de l’ouest et du silence des montagnes de Crimée, l’œil de Moscou reste grand ouvert…

[autres livres chez le même éditeur]

République sourde

 

Livre de Ilya Kaminsky Lors d’une manifestation dans le village occupé de Vasenka, un jeune homme est abattu. Malédiction, sidération ou conséquence du coup de feu – toute la ville devient sourde. Sous la chappe de silence qui s’abat sur eux, les habitants commencent à s’organiser, et à coordonner leur résistance grâce à une langue des signes connue d’eux seuls. Cernés par la violence, ils entendent bien lutter, et continuent à vivre. Eux, ce sont
Alfonso et Sonya, qui attendent un enfant ; l’intrépide Maman Galya, instigatrice de l’insurrection depuis son théâtre de marionnettes ; et les marionnettistes, qui enseignent la langue des signes le jour, et attirent les soldats la nuit pour les mener jusqu’à leur mort. Tour à tour histoire d’amour, élégie et plaidoyer, République sourde est un puissant questionnement sur notre silence devant les atrocités du monde, porté par un vent de révolte.

La guerre d'Algérie - Chronologie et récits

 

BD de Jérôme Meyer-Bisch, Abderahmen Moumen, Jean-Michel Billioud [Pour les jeunes lecteurs à partir de 11 ans]

De 1954 à 1962, l'Algérie et la France sont secouées par une guerre d'une extrême violence qui reste l'une des pages les plus douloureuses de l'histoire de la décolonisation. Soixante ans après l'indépendance de l'Algérie, ce conflit est encore très présent dans toutes le mémoires et les blessures demeurent profondes des deux côtés de la Méditerranée. Le travail des historiens et des enseignants et le talent des écrivains et des cinéastes permettent aujourd'hui d'affronter ce passé difficile dans le respect de toutes les consciences et de se tourner vers l'avenir, notamment celui de la jeunesse.

Le grand monde de Proust

 

Livre de Mathilde Brézet  

C’est un peuple légendaire, immense, vif comme s’il avait vécu. Ce sont les personnages d’A la recherche du temps perdu, avec leurs visages, leurs désirs, leurs tics, leurs mots fameux : ils sont une petite centaine, choisis par Mathilde Brézet dans ce dictionnaire libre et passionné.
Chaque nom est un récit – parfois une apparition : récit d’une vie, mais aussi récit d’un parcours de création. Comment est née Albertine ? Et Swann ? Que veut nous dire Proust avec Jupien   Pourquoi un personnage comme la femme de chambre de la baronne Putbus, capital dans les premières versions de l’œuvre, a quasiment disparu ? Il y a aussi les personnages sans nom mais pas sans regard, comme le liftier ou les « filles portant le lait ». Mathilde Brézet plonge dans les aléas de l’atelier littéraire et dans les méandres du désir de l’auteur pour ses personnages…
Nourri de nombreux et récents travaux universitaires, ce volume immense ouvre des perspectives en citant abondamment les avant-textes du chef-d’œuvre, la correspondance de l’auteur, et les témoignages de ses contemporains. Le regard et le ton sont toujours personnels : ce sont ceux d’un lecteur qui parle à d’autres, et qui ne cesse de donner à connaître ou à reprendre. Pour qui n’a pas lu Proust, ce dictionnaire est l’occasion de se familiariser avec ses héros, et de découvrir la richesse inouïe de son univers. Pour les proustiens aguerris, il y a le plaisir des retrouvailles, de la découverte de ses propres sentiments de lecture, mais aussi la surprise d’interprétations nouvelles : tout est gracieux dans ces pages érudites, qui nous font voyager au plus beau des pays. 

La Mère de toutes les questions

 

Livre de Rebecca Solnit

Qui a été historiquement réduit au silence, et pourquoi ? Comment les femmes et les minorités sont-elles parvenues à récupérer, ou non, leur parole ? En quoi un changement politique est-il avant tout un changement de récit ?

Pour répondre à ces questions, Rebecca Solnit balaye un grand nombre de sujets, de l’histoire des droits civiques et de l’esclavage à la culture du viol dans les campus américains, en passant par la masculinité toxique.

On retrouve ici la vivacité d’esprit de l’auteure, son opiniâtreté à déjouer tout ce qui, dans la culture, dans les institutions, dans la sphère publique, entend amoindrir la parole des femmes, et réduire leur place. Rebecca Solnit met au jour les normes sous-jacentes contenues dans nos discours.

Rose Zehner et Willy Ronis

 

Livre de Tangui Perron

Au printemps 1938, lors des grèves chez Citroën, le photographe Willy Ronis réalise un reportage pour le magazine Regards dans l’usine Javel à Paris. Il prend en photo Rose Zehner, militante et ouvrière, alors qu’elle harangue une foule de camarades. Mais il ne confie pas cette photographie à la rédaction du journal et l’oublie.

Ce n’est qu’en 1980 que Willy Ronis, parcourant ses archives, retrouve ce cliché. L’année suivante, L’Humanité le publie ; l’image se met alors à circuler dans la presse et arrive sous les yeux de Rose Zehner. Celle-ci entre en relation avec le photographe, tandis que le grand public découvre une photographie qui, quarante ans après, va faire de Rose une figure de la lutte et du féminisme ouvriers.

Des grandes grèves de 1938 à la naissance d’une figure iconique en 1980, de Willy Ronis à Rose Zehner, Tangui Perron raconte l’histoire singulière de cette célèbre photographie longtemps oubliée.

Accompagnée dans cet ouvrage d’une vingtaine d’autres clichés de Willy Ronis, la photo de Rose Zehner est le point de départ d’une enquête pour comprendre l’origine et le destin d’une image. L’auteur reconstitue un contexte politique, social et culturel, et retrace les parcours d’une militante et d’un photographe engagé qui, chacun à leur manière, ont écrit un morceau de notre histoire.

Des diamants pour le prolétariat

 

Livre de Julian Semenov (réédition en poche)

" Un grand auteur, d'une pensée et d'une générosité exceptionnelles. " Edgar Morin - Avril 1921

Présentation sur le site Entre les lignes entre les mots :

Julian Semenov (1931-1993) est un écrivain célèbre en URSS. Sans doute moins dans la Fédération de Russie en raison des réécritures de l’histoire poutiniennes. Il fait œuvre à la fois de romancier et d’historien. « La taupe rouge » a été le premier édité. « Des diamants pour le prolétariat », qui se déroule en 1921 – l’URSS est toute neuve -, semble être le premier opus d’une série qui couvrira toute l’histoire de cette formation politique et sociale via l’espionnage. En avril 1921, la Tchéka charge un jeune agent, Maxime Issaïev – héros récurrent – de récupérer des diamants des possédants pour financer la jeune République des Soviets. Il infiltre le milieu des trafiquants, croise des tueurs, des voleurs tout autant que les révolutionnaires. 

Des aventures étranges dans des milieux qui ne le sont pas moins avec un objectif au service du nouveau pouvoir. Tous les coups sont permis, tous les mensonges. Difficile de déterminer qui est l’ennemi ou l’ami. Tout est flou. L’écriture ne prend pas parti. Le style fait penser à un rapport. Les faits. Sauf les pensées de Maxime confronté à sa première infiltration. Des erreurs pourraient le conduire directement à la mort.

Face à tous les mensonges, l’auteur multiplie les notes qui permettent de se rendre compte des crimes de Staline décimant les rangs des révolutionnaires lors des procès de 1937 notamment. Une grande leçon. Actuelle. Poutine parle de « l’erreur de Lénine » concernant l’Ukraine, Semenov, par-delà la mort, lui fait la leçon. Qu’on ne s’y trompe pas : c’est d’abord un grand roman. Un auteur qu’il faut découvrir.

L'autre moitié du monde

 

Livre de Laurine Roux

Espagne, début des années 1930. Des paysans s'éreintent dans les rizières du delta de l'Èbre pour le compte de doña Serena, une marquise impitoyable, mère d'un jeune garçon cruel et lubrique. Sous son joug, les employés arrachent les rares joies qu'autorise la fraternité de la misère.
Parmi eux grandit Toya, gamine ensauvagée qui connaît les salines comme sa poche. Quand un instituteur s'installe dans le delta, apportant avec lui ses idéaux révolutionnaires et son amour de la musique, la jeune fille s'éveille aux sentiments en même temps qu'à l'esprit de la révolte. Si bien qu'en 1936, lorsque éclate la Guerre civile, c'est à corps perdu qu'elle se jette dans l'expérience libertaire, avec son lot d'espérances folles et de désenchantements féroces. Sans soupçonner à quel point son destin aura dorénavant partie liée avec l'histoire d'une Espagne que le franquisme s'apprête à faire basculer.
De son écriture imperturbablement habitée par la sensualité des odeurs et de la matière, Laurine Roux, dans L'Autre Moitié du monde, s'éloigne à petits pas des univers oniriques qu'on lui connaissait pour se faire l'archéologue sensible d'une épopée collective qui emporte les individus.

Renata n’importe quoi

 

Livvre de Catherine Guérard (réédition)

Renata n’importe quoi a paru une première fois en 1967, c’était le deuxième livre de la très discrète et mystérieuse Catherine Guérard après Ces princes paru 12 ans plus tôt.

Dans ce roman, Catherine Guérard nous emporte dans le monologue de son héroïne, bonne à tout faire, qui décide un jour de quitter ses patrons pour devenir “une libre”. Ce sont trois jours et deux nuits d’errance, à marcher dans les rues, s’asseoir sur les bancs, regarder les passants et écouter les oiseaux. La narratrice va se confronter à un monde qu’elle semble découvrir au fur et à mesure qu’elle l’arpente, un monde qui la rejette systématiquement, elle dont la liberté ne peut souffrir aucune entrave. Le plus saisissant dans ce roman est la réussite magistrale d’un parti pris formel : une seule longue phrase ponctuée de quelques virgules et majuscules judicieuses. Le flot du texte emporte le lecteur dans les ressassements et les obsessions d’une pensée pleine de candeur mais toujours déterminée et dangereusement radicale.

Publiée pour la première fois en 1967, cette œuvre résonne aujourd’hui comme un hymne prémonitoire. N’annonce-t-elle pas le vent révolutionnaire qui soufflera bientôt sur un monde corseté dans ses certitudes et empêtré dans sa peur de manquer ou de perdre ses acquis ? Renata n’importe quoi c’est l’invraisemblable odyssée d’une bonne de Giraudoux qui attendrait Godot. Un trésor qu’une communauté de lecteurs initiés se transmet comme une pépite, qui nourrit une réflexion profonde et nécessaire sur l’absurdité de nos sociétés, la loi, l’argent, le travail et la consommation. Ou pour le dire autrement : comment refuser l’aliénation qui nous est imposée sans apparaître soi-même comme un aliéné dans le regard des autres ?

L'Ukrainienne

 

Livre de Josef Winkler

Pendant qu’il écrit son troisième roman, Langue maternelle, qui paraîtra en 1982, Josef Winkler loue une chambre dans une ferme de montagne de Carinthie. Il noue alors une relation de confiance avec sa logeuse, qui se met à lui raconter sa vie : née en 1928 en Ukraine, elle est arrivée en Autriche à l’âge de quinze ans, amenée de force avec sa sœur par l’armée allemande pour travailler dans une exploitation agricole.

C’est à Nietotchka Vassilievna Iliachenko que l’écrivain donne la parole dans la plus grande partie de ce livre. le lecteur suivra ainsi le destin douloureux de la jeune paysanne dont la famille fut éprouvée par les expropriations massives, puis par l’Holodomor, « l’extermination par la faim » infligée à l’Ukraine par le pouvoir soviétique.

Une figure, celle de la mère qu’elle n’a jamais revue, domine cette autobiographie d’une intensité bouleversante et dont Josef Winkler a tenu à préfacer la traduction française. Elle est accompagnée de documents authentiques : les lettres de la mère à ses deux filles.

[Sur France Culture]

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Toucher la terre ferme

 

Livre de Julia Kerninon

Devenir mère et rester femme : entre bonheurs et tempêtes, le récit d’un cheminement intérieur.

Le sentiment d’une noyade…
À 30 ans, Julia Kerninon devient mère, « une situation qui, si je l’avais tellement désirée, ne cessait de me dépasser ».
La maternité, synonyme de bonheur dans le regard des autres, lui semble un « cercle de feu ». Elle raconte sans détour l’impression de perdre pied, la difficulté à trouver sa place, le poids des contraintes. « J’ai pensé à fuir. »

… jusqu’à toucher la terre ferme
Tandis qu’elle avance à tâtons dans cette nouvelle vie, les souvenirs reviennent, comme un appel au large. Les amours passionnels, les nuits de liberté, l’écriture sans entrave, les vagabondages sans fin. Julia Kerninon décrit les tempêtes intérieures, et cette mue progressive de la jeune femme en mère, jusqu’à atteindre l’autre rive, où tout se réconcilie.

Le regard d’une romancière qui excelle à sonder l’intime

[Présentation par l'auteure - vidéo 20/01/2022]

[La critique de TELERAMA, le 15/02/2022]

Esclave à Cuba. Biographie d'un «cimarrón», du colonialisme à l'indépendance

 

Livre de Esteban Montego (Réédition en 2021)

Esteban Montejo est un « cimarron », c’est-à-dire un esclave noir fugitif de la Cuba coloniale et sucrière. Il a cent quatre ans (voir la photographie de couverture) lorsqu’en 1963, Miguel Barnet, jeune écrivain et ethnologue de La Havane, le découvre grâce à un entrefilet de presse et décide d’enregistrer ses souvenirs au magnétophone.
Ce ne sont pas seulement la vie dans les barracones des plantations, la fuite dans les montagnes, les appels à l’indépendance, la guerre de Cuba contre les Espagnols, l’abolition, toute théorique, de l’esclavage en 1880 qui ressuscitent au fil de la mémoire longue. C’est Esteban qui se détaille, vieil original individualiste et charmant égrenant les travaux et les jours, la sorcellerie, les jeux, les châtiments, les ingénieurs, les brigands, les révolutionnaires et les superstitions : « Il y a des choses que je ne m’explique pas dans la vie. Tout ce qui dépend plus ou moins de la nature est pour moi très compliqué, et les dieux encore plus. C’est eux qui manigancent tout... »

[Un article dans EN ATTENDANT NADEAU]

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Les Enchanteurs

 

Livre de Geneviève Brisac

À dix-huit ans, Nouk pensait que le monde allait changer de base. Il semblerait que quelque chose ait mal tourné...

Nouk est rebelle, insolente. Quand Olaf l'embarque dans sa maison d'édition, elle n'imagine pas qu'il puisse un jour se séparer d'elle. C'est pourtant ce qu'il fait. N'a-t-elle vraiment rien vu venir ?

Avec Werther, c'est autre chose. Ce grand éditeur, excentrique et visionnaire, devient son mentor. Mais il se montrera incapable de la protéger.

Cinglant, poétique, d'un humour féroce, Les Enchanteurs jette un regard lucide sur le mélange détonant que forment le sexe et le pouvoir dans l'entreprise.

Mais c'est d'abord la désillusion, la colère et la mélancolie que convoque ici Geneviève Brisac, dans un hymne à la résistance, c'est-à-dire à la vie.

[Un article sur le site NONFICTION.fr, le 12/02/2022]

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Nulle part qu'en haut désir

 

Livre de Gaëtan Brulotte

Nulle part qu'en haut désir est une addition originale à la collection « Carnets d'écrivains » dirigée par Robert Lalonde. L'auteur y explore ce que représente pour lui la littérature. Il replace les notions de style et de beauté au coeur du discours littéraire dont elles sont des enjeux majeurs, mais il leur donne un nouveau souffle en les reliant à l'attention empathique que l'écrivain doit porter à la diversité des êtres, aux singularités humaines, à la modestie des choses et aux intensités du monde dans leurs nuances. Pour lui, l'écriture n'est pas qu'une question de technique, elle procède d'une vision qui devrait idéalement nous rendre plus sensibles, et donc meilleurs.

Communiqué de presse par l‘éditeur :
« Nulle part qu’en haut désir » est une addition originale à la collection « Carnets d’écrivains » dirigée par Robert Lalonde. L’auteur chevronné Gaëtan Brulotte, lauréat d’une quinzaine de prix littéraires, y explore ce que représente pour lui la littérature. Il replace les notions de style et de beauté au cœur du discours littéraire dont elles sont des enjeux majeurs, mais il leur donne un nouveau souffle en les reliant à l’attention empathique que l’écrivain doit porter à la diversité des êtres, aux singularités humaines, à la modestie des choses et aux intensités du monde dans leurs nuances. Pour lui, l’écriture n’est pas qu’une question de technique, elle procède d’une vision qui devrait idéalement nous rendre plus sensibles, et donc meilleurs.
En bon compagnon d’une pensée créatrice, ce carnet esquisse une sorte d’autobiographie intellectuelle fragmentaire autour d’une quête perpétuelle de sens. Il traite de sujets aussi variés que l’humour et l’ironie, l’exil, la relation à la langue, le travail préparatoire à une œuvre, le rôle de la prise de notes, les problèmes de fabrication, le rapport de l’enseignement à la pratique artistique, le plaisir d’échanger avec le public, la nécessité de l’inclusion, le métissage des genres et des discours. Ce livre clairvoyant, stimulant, saupoudré de pincées de sel, vise à vivifier en chacun et chacune le désir de lire et d’écrire.

"Gaëtan Brulotte parle de ce qu'il a animé toute sa vie, soit l'amour des mots, des histoires inventées et du pouvoir transformateur de la littérature. Il livre un discours authentique mais surtout très érudit sur ses lectures, ses débuts comme écrivain, comme professeur, et sur ce que le temps lui a appris. Il traite longuement de son attachement pour le genre de la nouvelle qu'il fréquente assidûment et qu'il pratique encore." A-S. Leblanc, Instagram, 13 mai 2021.

Le Droit du sol - Journal d'un vertige

 

BD d'Etienne Davodeau

En juin 2019, Étienne Davodeau entreprend, à pied et sac au dos, un périple de 800 km, entre la grotte de Pech Merle et Bure. Des peintures rupestres, trésors de l’humanité encore protégés aux déchets nucléaires enfouis dans le sous-sol, malheur annoncé pour les espèces vivantes. Étienne Davodeau, sapiens parmi les sapiens, interroge notre rapport au sol. Marcheur-observateur, il lance l’alerte d’un vertige collectif imminent et invite à un voyage dans le temps et dans l’espace.
De quelle planète les générations futures hériteront-elles ? Qu’allons-nous laisser à celles et ceux qui naîtront après nous ? Comment les alerter de ce terrible et réel danger pour leur survie ? Il est de notre responsabilité collective d’avancer sur les questions énergétiques pour protéger la « peau du monde ».
Dans cette marche à travers la France, il est parfois accompagné d’amis, de sa compagne, mais aussi de spécialistes, qu’il convoque sur ces sentiers pour qu’ils nous racontent l’histoire unique du sol de notre planète, ou encore celle du nucléaire et de ses déchets, dangereux pendant plusieurs centaines de milliers d’années.
À la marge du témoignage et du journalisme augmenté, le Droit du sol marque le grand retour d’Étienne Davodeau à la bande dessinée de reportage.

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Chair vive - Poésies complètes

 

Livre de Grisélidis Real [Préface de Nancy Huston]

Réunies pour la première fois en un seul volume, les poésies écrites par Grisélidis Real tout au long de sa vie (de l'âge de treize ans à sa mort) forment une œuvre d’une cohérence et d’une force rares. A la mesure d’une vie hors du commun.
Née dans une famille de bourgeois intellectuels de Genève, vite orpheline de père, révoltée contre sa mère et l’éducation rigide qu’elle lui fait subir, artiste peintre, mère très jeune de quatre enfants de quatre pères différents, elle emmènera deux d’entre eux en Allemagne, illégalement, pour suivre un amant qui la mettra sur le trottoir quand ils seront tombés dans la misère…
Elle vivra encore de grandes amours, passionnelles, parfois violentes, sortira de la prostitution pour y retourner finalement de façon définitive et par conviction jusqu’à devenir dans les années 70 une porte-parole très remarquée des prostituées (dont elle défend le rôle social).
Sa vie est aussi ponctuée de séjours au sanatorium (tuberculose dans sa jeunesse), en prison (un deal de shit qui tourne mal lors des années en Allemagne), et à l’hôpital (le cancer qui l’emportera).
Ces expériences extrêmes seront le terreau de sa création poétique.
On savait que Grisélidis Réal avait fait paraître un roman, des récits, des journaux, sa correspondance avec Jean-Luc Hennig (ses œuvres sont principalement disponibles aux éditions Verticales). Mais quelques rares poèmes seulement étaient apparus au fil de certains ouvrages et dans un recueil partiel publié en suisse. Pourtant cette création poétique est peut-être son œuvre fondamentale. Du symbolisme des débuts, au « récit » poétique poignant de la prostitution ou de la lutte contre le cancer, les poèmes de Grisélidis Réal racontent une vie, avec un art et une profondeur unique quand elle parle d’amour, de sexe, de maladie, de maternité… trouvant là la plus grande beauté.
Son destin sera parachevé de façon étonnante : quatre ans après ses obsèques, sa dépouille est transférée au Cimetière des Rois à Genève (où seulement les personnalités qui ont marqué l’histoire de la ville ont leur place), entre Calvin (son ennemi préféré) et Jorge Luis Borges (son modèle poétique).

[Pour les germanophones, certaines poésies sont également présentées en Allemand]

[Un article sur le site SLATE.fr le 27/07/2018]

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Reine du réél - La lettre à Grisélidis Réal

 

Livre de Nancy Huston

Une lettre de Nancy Huston à Grisélidis Réal, poétesse et prostituée.

​Longtemps je t'ai détestée, Gri. On eût dit que tu acquiesçais à tout ce que les hommes te demandaient. Tu semblais n'avoir aucun problème pour incarner leur fantasme : la pute au grand coeur, celle qui aime ça, celle qui comprend les messieurs et ne les juge jamais, celle qui accepte avec le sourire leur tout et leur n'importe quoi.
Grisélidis Réal, écrivaine et prostituée suisse, a fui le milieu où elle est née, bourgeois, calviniste et rigide, pour mener une vie libre. Une vie marquée par des histoires avec des hommes violents, des dizaines de milliers de relations tarifées, quatre enfants placés, des fausses couches, mais une vie illuminée par l'art et l'engagement militant au nom des travailleuses du sexe.
Poétesse magnifique, figure rebelle et courageuse, Grisélidis Réal fascine Nancy Huston qui, malgré quelques désaccords, se retrouve beaucoup en elle. À l'aune de son destin, elle questionne le sien, son rapport à la mère, aux hommes, au danger.
Véritable déclaration d'admiration, cette lettre révèle une grande artiste de la fin du XXe siècle dont la modernité de pensée annonce les débats contemporains. Un texte résolument féministe, qui interroge avec puissance le rôle du corps féminin dans l'écriture et le rapport au monde.

[La poésie de Grisélidis Réal vient d'être publiée par les éditions Seghers sous le titre "Chair vive", avec un belle préface de Nancy Huston - Pour les germanophones, certaines poésies sont présentées également en Allemand]

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L'atelier noir (réédition 2022)

 

Livre d'Annie Ernaux (réédition 2022 augmentée)

Parallèlement à ses romans, Annie Ernaux tient un journal d’avant-écriture ; une sorte de livre de fouilles, rédigé année après année, qui offre une incursion rare de « l’autre côté » de l’œuvre.
Plongé au cœur même de l’acte d’écrire, le lecteur devient témoin du long dialogue de l’autrice avec elle-même : la pensée taillée au couteau, des idées en vrac, des infinitifs en mouvement ; des associations de mots, de morceaux de temps, et de confidences.

Pour la réédition de L’atelier noir, Annie Ernaux a souhaité augmenter l’ouvrage de pages inédites de son journal de Mémoire de fille.