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Livres 2011

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Des livres contre le covid-19 

On n’y échappe pas

 

Livre de Boris Vian et l’OuLiPo

Six membres de l’OULIPO poursuivent le roman policier inachevé et inédit de Boris Vian, dans les pas d’un héros de la guerre de Corée qui réalise à son retour que ses anciennes conquêtes féminines disparaissent les unes après les autres.

Décembre 1950. Frank Bolton, un jeune colonel de l’US Army, rentre de la guerre de Corée avec une main en moins. À peine sa famille et sa ville natale retrouvées, il s’aperçoit que, l’une après l’autre, toutes les filles qu’il a aimées tombent sous les coups d’un assassin. Avec Narcissus, son ami détective, il se lance sur sa piste dans une noirceur croissante.
 
Boris Vian imagina le déroulé de ce roman aux accents sullivanesques, en écrivit quatre chapitres et s’arrêta là.

Pour les cent ans qu’il aurait eus, ses héritiers ont confié à l’OuLiPo la mission d’écrire la suite manquante. L’Ouvroir a répondu oui. Un cadeau pareil, on n’y échappe pas.

[Un billet de François Morel à l’occasion des cent ans de Boris Vian]

[Une vidéo de présentation du livre (Soirée Boris Vian avec l'Oulipo - Clémentine Mélois et Eduardo Berti)]

[Le site de l'OuLiPo]

OnNyEchappePasOnNyEchappePas [121 Kb]

L'Ombre de ma mère

 

Livre de Claudine Londre Une femme se trouve aux prises avec l’ombre de sa mère disparue, qui la poursuit dans ses moindres faits et gestes, de jour comme de nuit, formant ainsi un double obscur. En cherchant à comprendre les raisons de ce phénomène, elle découvre qu’elle fait partie des Inutiles, un groupe social marginal très restreint. Pour gagner la confiance de cette famille d’appartenance, il lui faudra d’abord se débarrasser de l’ombre de sa mère.

Entre les visites nocturnes des fantômes de ses tantes, la rencontre d’un jeune homme Inutile, d'une couturière cacochyme et d'un marin désabusé, elle va tenter de résoudre son épineux problème. Elle apprendra que les mouchoirs ont une âme et servent à effectuer des actes psychomagiques, que les tisanes d’herbes amères ne sont pas une solution efficace, et qu’il faut retourner aux racines pour se délester de son fardeau généalogique.

[Une note de Pierre Ahnne sur son blog, le 28 mars 2020]

LOmbreDeMaMereLOmbreDeMaMere [210 Kb]

Devenir biographe : Prêter sa plume pour écrire la vie des autres

 

A paraître en avril 2020

Livre de Michèle Cléach et Delphine Tranier-Brard 

Ce livre répond aux questions au fur et à mesure qu'elles se posent au cours de la réalisation d'une biographie, depuis le premier contact avec le client jusqu'à la publication, quel que soit le mode de publication (tapuscrit, autoédition, édition grand public). Les auteures commencent par proposer de mettre en place un outil du biographe le carnet de bord. Elles font ensuite une incursion dans ce que l'on appelle aujourd'hui le champ biographique pour y situer « la biographie familiale » qui est plus particulièrement l'objet de ce livre. Elles cernent les profils des personnes qui souhaitent devenir biographes et ceux des personnes qui font appel à un biographe. Elles entrent ensuite dans le concret du métier avec l'entrée en relation, le recueil du récit, les outils de la transcription et leurs différents impacts, les questions de la vérité, de la mémoire et de la transmission, les effets du récit sur le client et le biographe. À partir de la question : quel biographe voulez-vous être ? Elles traitent des notions de posture, de cadre, de déontologie et d'éthique. Elles passent ensuite à toutes les questions liées à l'écriture du récit ? : structure du texte, temps de la narration, narrateur, etc., celles liées aux méthodes du travail et de validation avec le biographé, comment finir le texte et comment finir la relation. Dans la dernière partie, elles examinent les questions liées à l'édition, les questions juridiques et l'aspect commercial du métier. Celles aussi de la formation continue indispensable si l'on veut rester un biographe compétent­. Tout au long du texte des témoignages de biographes, des propositions d'écriture, des présentations de cas, des suggestions pour un carnet de bord viennent émailler leur propos.

Jeanne, l’Algérie, la guerre

 

Livre d'Anne-Marie Allain

C’est le pays de la guerre. Rien d’autre. 

La guerre est là dans les jeux des enfants, dans les trous que font les projectiles sur le portail des églises, dans les rues, les collines éclaboussées de sang comme des grenades éclatées, dans le cri du mendiant, bouche ouverte sur une seule jambe, dans le rire de gorge des femmes sous le regard des militaires qui sont là comme des veilleurs, des gardiens…

… Jeanne a quatorze ans. La chaleur colle sa robe sur son corps nu. Elle aime cette robe, cette robe la rend libre. Quand la chaleur devient trop blanche, elle ouvre le haut de sa robe, cherchant désespérément de l’air.

Ce jour là, elle entend les rafales.

Elle va sur la place pour voir, voir la guerre. Elle regarde

[Un note de lecture parue le 10 mars 2020 sur le site EN ATTENDANT NADEAU]

Le nom du père

 

Livre de Michèle Gazier

“Tu n’as pas de père !” C’est la seule réponse aux nombreuses questions sur ses origines que Judith ait jamais reçue de sa mère. Devenue adulte, elle s’est fait une raison, a cessé de se demander pourquoi sa mère s’est toujours entêtée à nier l’existence de ce père qui existe forcément. Pourtant, lors d’un déjeuner dominical, au détour d’une phrase, le fragile équilibre que Judith avait su instaurer bascule.
En adoptant tour à tour le point de vue de Judith, de sa mère puis de son père, Le nom du père pose une question fondamentale : comment se construire, grandir et devenir adulte lorsqu’on ne connaît rien de la figure paternelle ? Et une fois acceptée cette béance, comment affronter la vérité ?
D’une puissance extrêmement sensible et redoutablement efficace, l’écriture de Michèle Gazier explore les fêlures et les non-dits auxquels font écho les esquisses fantomatiques, les visages comme effleurés, au charme singulier, de Juliette Lemontey.

LeNomDuPereLeNomDuPere [156 Kb]

Les photos d'Anny

 

Livre d'Anny Duperey

Pendant une vingtaine d’années, Anny Duperey s’est passionnée pour l’art photographique, installant un laboratoire dans sa salle de bains, où elle passait des jours, et parfois des nuits, à développer ses pellicules et tirer elle-même ses images argentiques en noir et blanc.

Elle commente ici, avec émotion, délicatesse et drôlerie, une centaine de ses photos préférées et inédites.

[Un note de lecture parue dans AUTOBIOSPHERE, le 19 mars 2020]
LesPhotosAnnyLesPhotosAnny [159 Kb]

Leros. Un exil insulaire chez les damnés

  Miléna Katowski Aïach Ce livre nous donne à lire les récits de ceux et celles qui subissent l’histoire de plein fouet : une jeune fille rescapée, un jeune Yezidi disent leur jeunesse volée. Une mère et son fils vont poursuivre leur dialogue de tendresse malgré la distance. Leur parole est celle des réfugiés qui parcourent le monde, elle est mise en résonance avec les mots de ceux qui tentent de les aider. Car Leros chante aussi les adjuvants, dans les interrogations et les doutes de la jeune témoin, de l’infirmière et de la volontaire, du journaliste et de son amante, du capitaine. L’oratorio est le miroir de leurs défaillances, et conte leur vie lorsqu’ils scrutent le désespoir d’autrui, lorsqu’ils ont la tentation opportuniste d’échapper ainsi à leurs propres déroutes. Lorsqu’ils présentent à leurs amis une image d’eux-mêmes en gloire humanitaire, à défaut de construire leur humanité.

[un arfticle paru dans KEDISTAN]

Des routes

 

Livre de Carole Zalberg et Anne Gourouben

Tout commence par une pierre qu'une enfant trouve, oubliée dans un tiroir. Pourquoi un caillou anodin a-t-il pris place parmi les bijoux de sa mère ? La mère alors lui raconte le souvenir d'Azria, une réfugiée débarquée un été sur une plage au beau milieu des touristes en villégiature. Carole Zalberg sait trouver les mots pour évoquer, avec grâce et simplicité, l'un des sujets les plus brûlants de l'Europe d'aujourd'hui. Alternant le dialogue mère-fille et le monologue d'Azria, Des routes met en évidence la difficulté d'expliquer et de justifier notre indifférence face à ceux qui ont tout quitté pour tenter d'échapper à la terreur ou à la misère. Les dessins d'Arme Gorouben qui, de 2015 à 2016, a longuement rencontré les vies et les routes des exilés de la "Jungle" de Calais, témoignent de la volonté de ne pas les laisser sombrer dans l'anonymat, de leur restituer cette humanité qu'on leur nie.

[Une vidéo de présentation d'un spectacle autour du livre]

[Un article de la CauseLitteraire]

DesRoutesDesRoutes [53 Kb]

Nous étions tellement fières d'être cheminotes dans un monde d'hommes

 

Livre de Michelle Guillot et Denise Thémines

Deux cheminotes, deux témoignages, deux tranches de vie qui retracent avec beaucoup d'humanité l'univers de la SNCF.

" Mai 1959 arriva, avec la confirmation de mon commissionnement, l'octroi de ma carte SNCF : enfin j'étais une cheminote à part entière, enfin j'avançais, la roue commençait à tourner. "
Michelle Guillot est née en 1938 à Nice où son père travaillait aux ateliers SNCF. La guerre finie, la vie reprend son cours à Saintes, rythmée par les trains qui passent, et, à 19 ans, Michelle entre à la SNCF. Elle en sortira, sans vraiment la quitter, trente-six ans plus tard.
" Le lundi 21 juillet 1969 à 3 h 56, le premier homme mettait un pied sur la Lune et moi, à 7 h 50, je franchissais la porte du 88, rue Saint-Lazare, à Paris, siège de la SNCF... "
Avec ce récit, Denise Thémines porte sur ce monde le regard étonné, curieux et amusé de la jeune embauchée parisienne qu'elle fut voici cinquante ans.

[Pour compléter : Lire l'article Introduction du dictionnaire Cheminots et militants ICI]

Chanson bretonne - L'enfant et la guerre

 

Livre de J.M.G. Le Clézio

«Pour rien au monde nous n'aurions manqué cette fête de l'été. Parfois les orages d'août y mettaient fin vers le soir. Les champs alentour avaient été fauchés et la chaleur de la paille nous enivrait, nous transportait. Nous courions avec les gosses dans les chaumes piquants, pour faire lever des nuages de moustiques. Les 2 CV des bonnes sœurs roulaient à travers champs. Les groupes d'hommes se réunissaient pour regarder les concours de lutte bretonne, ou les jeux de palets. Il y avait de la musique de fanfare sans haut-parleurs, que perçaient les sons aigres des binious et des bombardes.»
À travers ces «chansons» , J.M.G. Le Clézio propose un voyage dans la Bretagne de son enfance, qui se prolonge jusque dans l'arrière-pays niçois. Sans aucune nostalgie, il rend compte de la magie ancienne dont il fut le témoin, en dépit des fracas de la guerre toute proche, par les mots empruntés à la langue bretonne et les motifs d'une nature magnifique. Le texte est bercé par une douceur pastorale qui fait vibrer les images des moissons en été, la chaleur des fêtes au petit village de Sainte-Marine ou la beauté d 'un champ de blé face à l'océan.

[Lire l'article de Denis Gombert paru en mars 2020 dans L'Orient Littéraire n° 165]

Frank Sinatra : Une mythologie américaine

 

Livre de Steven Jezo-Vannier

Les balcons tremblent : on craint qu'ils ne cèdent sous tant d'agitation. La sécurité est débordée. Après le récital, les fans se précipitent à la porte des loges pour obtenir un autographe. Les spectatrices errent aux alentours du Paramount en guettant la sortie de l'idole naissante. Le trafic sur Times Square est perturbé, la police doit intervenir. Dans les jours suivants, la presse se fait l'écho de cette nuit mouvementée. Frank Sinatra est une révélation. Son ascension est jugée fulgurante, prodigieuse. Artiste intuitif et talentueux, Frank Sinatra a inventé les codes de la musique populaire contemporaine, album concept et 33-tours compris. Fils d'immigrés italiens engagé contre la pauvreté et l'intolérance, fervent partisan des droits civiques, self-made-man qui a chuté pour mieux ressusciter, acteur et homme d'affaires au tempérament volcanique, modèle de virilité et séducteur invétéré, il avait tout pour devenir le héros américain du XXe siècle. Ami des stars, intime des Présidents comme des parrains de la mafia, Sinatra incarne la mythologie de ce pays avec toutes ses parts d'ombre. Mais ce sont surtout sa voix, ses qualités d'interprète et son sens de la musique qui ont assis sa popularité, d'une longévité inédite, à travers des chansons comme « Fly Me To The Moon » ou « My Way ».

["C’est l’histoire d’un p’tit gars…", un article paru sur le site EntreLesLignesEntreLesMots, le 7 mars 2020]

FrankSinatraFrankSinatra [145 Kb]

Le pays des autres

 

Livre de Leila Slimani

En 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s’éprend d’Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l’armée française. Après la Libération, le couple s’installe au Maroc à Meknès, ville de garnison et de colons. Tandis qu’Amine tente de mettre en valeur un domaine constitué de terres rocailleuses et ingrates, Mathilde se sent vite étouffée par le climat rigoriste du Maroc. Seule et isolée à la ferme avec ses deux enfants, elle souffre de la méfiance qu’elle inspire en tant qu’étrangère et du manque d’argent. Le travail acharné du couple portera-t-il ses fruits? Les dix années que couvre le roman sont aussi celles d’une montée inéluctable des tensions et des violences qui aboutiront en 1956 à l’indépendance de l’ancien protectorat.
Tous les personnages de ce roman vivent dans «le pays des autres» : les colons comme les indigènes, les soldats comme les paysans ou les exilés. Les femmes, surtout, vivent dans le pays des hommes et doivent sans cesse lutter pour leur émancipation. Après deux romans au style clinique et acéré, Leïla Slimani, dans cette grande fresque, fait revivre une époque et ses acteurs avec humanité, justesse, et un sens très subtil de la narration.

[Un article de FranceInfo à propos du livre - 3 mars 2020]

LePaysDesAutresLePaysDesAutres [121 Kb]

Cahier Jean Giono

 

Livre dirigé par Agnès Castiglione et Mireille Sacotte

L’oeuvre variée de Jean Giono en fait l’une des plus importantes du xxe siècle. Le Cahier de L’Herne permet de réévaluer l’image de ce grand écrivain, encore trop souvent encombrée de clichés, et de célébrer l’oeuvre du très grand poète.

C’est sur « les grands chemins » de Jean Giono que ce volume convie ses lecteurs en faisant dialoguer les textes et les documents de tous ordres : carnets de travail, brouillons, manuscrits, photographies privées et officielles, peintures, correspondances, dédicaces et textes inédits (« Une rêverie de Marceau », lettres à Gide, Dabit, Poulaille ou Henri Pollès, lettres de Saint-Pol Roux). Ainsi aux textes rares et méconnus de Giono (poèmes, premières proses, préface, scénario, « caractère », etc.) révélant son sens de l’humour et du fantastique, succèdent les études des meilleurs spécialistes de l’oeuvre gionienne (études sur l’espace ; sur le jeu infini des sensations ; sur l’aventure romanesque, celle des passions, celle de l’écriture dans ses implications autobiographiques, ses perspectives piranésiennes et ses formes multiples, celles du conteur, celles du diariste ; sur l’immense culture enfin de Giono, lecteur des moralistes, de Monluc ou de Machiavel).

Des écrivains contemporains (Lionel Bourg, Belinda Cannone, René Frégni, Sylvie Germain, Gilles Lapouge, Marie-Hélène Lafon, Richard Millet, Pierre Michon, Catherine Soullard et Éric Vuillard) viennent également célèbrer le pouvoir fécondant d’une voix et d’une écriture dont l’invention, dans la langue et les formes, n’en finit pas de surprendre.

[Un article sur le site NONFICTION.fr]

CahierJeanGionoCahierJeanGiono [116 Kb]

la guerre, un tango mortel ?

 

Livre de Yolande Gueutcherian

L'auteure, qui est psychanalyste, s'interroge, au travers de textes personnels, sur le devoir de mémoire qui n'a jamais eu lieu après la guerre civile qui a ravagé le Liban pendant quinze ans. En effet, les jeunes Libanais sont très peu et très mal informés sur ce que leurs aînés ont enduré, et dont ils subissent toujours les conséquences traumatiques. Les blessures psychiques peuvent se propager de proche en proche ou de génération en génération, à la manière d'un héritage ou d'une contagion. L'adulte en devenir se retrouve alors sans histoire et de facto sans racines suffisamment saines, avec le risque d'une perte de repère identitaire et la difficulté de construire un projet de vie sur des fondations solides.

Pardon

 

Livre d'Eve Ensler

Comme des millions de femmes, Eve Ensler a attendu sa vie entière des excuses qui ne sont jamais venues. Son bourreau, qui fut aussi son père, est mort sans exprimer aucun regret. C'est ainsi qu'Eve a décidé d'écrire elle-même cette demande de pardon tant espérée. Derrière les mots fantasmés de son père, c'est peu à peu la vie d'Eve, ses luttes et ses passions qui transparaissent. Se dessine le portrait d'une femme incroyablement courageuse qui est parvenue à trouver une voie alternative à la honte et à la colère. Pardon est un texte salvateur qui a suscité à sa parution aux Etats-Unis la même onde de choc que Les Monologues du vagin.

[Note de lecture de Clémentine Autain (Le FIL des Communs - 2 mars 2019]

PardonPardon [58 Kb]

Femmes et littérature, une histoire culturelle (Tomes 1 et 2)

 

Livre Jacqueline Cerquiglini-Toulet, Joan DeJean, Edwige Keller-Rahbé, Christie McDonald et d'Éliane Viennot, sous la direction de Martine Reid

Ce livre offre pour la première fois un ample panorama de la présence des femmes en littérature, du Moyen Âge au XXIe siècle, en France et dans les pays francophones.
Composé de deux volumes, l’ouvrage rend compte des multiples formes que prend leur production selon le temps auquel elles appartiennent : poésie, théâtre et roman, correspondance, journal intime et autobiographie, essai, pratique journalistique, littérature populaire et littérature pour enfants. Leur participation active à la vie littéraire, leur présence dans les cours et couvents, salons, cercles et académies, dans la presse et les médias, leur rapport au manuscrit, au livre et à l’édition, leurs réflexions sur l’éducation ainsi que sur leur «condition» spécifique sont analysés et mis en perspective.
Fruit du travail collectif d’une dizaine de spécialistes, une telle synthèse contribue à enrichir considérablement les connaissances existantes. Elle rend ainsi toute sa place à une production littéraire souvent ignorée, rarement reconnue à sa juste valeur.

Le récit de vie

 

Livre de Daniel Bertaux (4è édition)

Chaque parcours de vie d’une personne est synthèse de multiples déterminations, d’interactions et des actions de la personne elle-même. Aussi chaque récit d’un parcours de vie contient-il, sous forme narrative, des informations et des significations sur des niveaux très divers de réalité.
Comment le sociologue doit-il s’y prendre pour recueillir des récits de vie — et auprès de quelles personnes — afin que chacun contribue à la compréhension de l’objet étudié ? Comment construire cet objet sociologiquement, comment développer l’enquête et la mener à bien, comment y insérer des moments d’observation directe des interactions ? Comment recomposer peu à peu par l’analyse un modèle réaliste de l’objet d’étude, un modèle qui en donne une description analytique et dynamique la plus riche et la plus fidèle possible ? C’est à ces nombreuses questions que répond l’ouvrage, dont la 4e édition a été largement revue.

Des femmes en littérature - 100 textes d’écrivaines à étudier en classe

 

Livre de Djamila Belhouchat, Céline Bizière, Michèle Idels et Christine Villeneuve

Des écrivaines enfin dans les programmes scolaires !
Alors que le premier texte de littérature mondiale remonte au XXIIIe siècle avant notre ère et est attribué à une poétesse et scribe mésopotamienne, En-Hedu-Ana, ce n’est qu’en 2017 qu’un texte de femme a pour la première fois été inscrit au programme du baccalauréat littéraire. Et les femmes restent à ce jour encore largement exclues des programmes et des manuels scolaires dans toutes les disciplines.

Les éditions des femmes-Antoinette Fouque ont souhaité, avec le Salon des Dames, les faire entrer de plain pied dans la culture commune à travers l’éducation, permettant ainsi aux élèves d’avoir accès à d’autres visions du monde, à un plus large abord de la création humaine.
Des femmes en littérature est né de ce désir et de l’accueil enthousiaste de Belin Éducation, par ailleurs partenaire historique du Dictionnaire universel des créatrices initié par Antoinette Fouque.

Cette anthologie de cent textes à étudier en classe offre, conformément aux programmes officiels du collège, un panorama complet des grandes œuvres littéraires écrites par des femmes du Moyen Âge à nos jours. Elle propose des rencontres passionnantes avec les œuvres et leurs auteures à travers des présentations originales et « des repères culturels » qui rappellent l’état des connaissances sur les sujets abordés. Elle est accompagnée de nombreuses ressources pédagogiques pour enrichir l’étude des textes.

Destinée aux enseignant.e.s, elle ne manquera pas d’intéresser aussi le grand public par son caractère novateur et original, la richesse de son contenu et le plaisir qu’il suscite à la lecture.

Un amour de la route - lettres à Simone de Beauvoir : août-octobre 1958

 

Livre de Blossom Margaret Douthat Segaloff

Envoûtantes, tourmentées, les lettres de Blossom Margaret Douthat à Simone de Beauvoir racontent, sous la forme d’un journal intime, un voyage en autostop de Paris à Milan pendant l’été 1958. D’une liberté absolue, la jeune Blossom a décidé de coucher avec qui lui plaira, « sans me retenir mais sans m’attacher », et pourvu que l’amant soit de gauche...

C’est grâce à Sylvie Le Bon de Beauvoir, fille adoptive de l’écrivaine, qui a déposé à l’Association pour l’autobiographie et le Patrimoine Autobiographique l’ensemble des archives de Blossom Douthat, que ces lettres peuvent être publiées aujourd’hui. Simone de Beauvoir, qui rencontra à plusieurs reprises la jeune étudiante américaine, note à son propos dans La Force des choses : « Je lui ai conseillé d’écrire, il me semble qu’elle le pourrait parce que dans cet extravagant journal quelque chose “passe” et même quelque chose de fort. »

En dehors de son intérêt historique, et de l’histoire romanesque qui entoure la découverte de ce manuscrit exceptionnel, Un amour de la route est une tentative d’œuvre littéraire à part entière qui relève à la fois de la correspondance, du journal et du roman. La jeune femme caresse le rêve fou d’une écriture qui aurait plus de réalité que la vie.

[Voir le CR du séminaire du 24 novembre 2018 consacré au « Journal de Joanne & Simone de Beauvoir »]

UnAmourDeRouteUnAmourDeRoute [190 Kb]

Prisonniers du passage

 

BD de Chowra Makaremi &  Matthieu Parciboula

Dans les aéroports existent des espaces insoupçonnés pour les vacanciers que nous sommes... Les « zones d’attente » sont des lieux de détention, où les étrangers sont enfermés jusqu’ à vingt-six jours avant d’être admis en France, de devenir demandeurs d’asile ou d’être refoulés. Chowra Makaremi, anthropologue, chercheure au CNRS, a passé plusieurs années à arpenter la Zapi, un bâtiment qui ressemble aux autres constructions de tôle qui enlacent Roissy, mais dans lequel sont retenus des individus, réfugiés politiques, réfugiés de guerre, enfants venus rejoindre leurs parents en France, courageux qui cherchent une vie décente, courageuses qui voudraient vivre dans un monde plus juste. Kadiatou, Yoones, Jana sont ces prisonniers du passage ...

 

Au fond des ténèbres

 

Livre de Gitta Sereny - Réédition (1ère édition 1975)

Commandant du camp d’extermination de Treblinka où furent gazés près de 900 000 Juifs, Franz Stangl illustre, au même titre qu’Adolf Eichmann, la banalité du mal.

Débusqué par Simon Wiesenthal après avoir fui au Brésil à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Franz Stangl est jugé en Allemagne en 1970. C’est alors qu’il s’entretient avec Gitta Sereny. Au cours de six semaines d’entretien, celui que Himmler surnommait « notre meilleur commandant » se livre sans fard, tente d’expliquer ses actes, en trichant et dissimulant parfois.

Sans céder à la facilité, Gitta Sereny nous fait pénétrer dans l’esprit d’un des plus grands meurtriers de l’histoire de l’humanité. Considéré comme un modèle du genre, ce livre demeure, aujourd’hui encore, un document hors du commun.

le charlatan

 

Livre d'Isaac Bashevis Singer

Jubilatoire bien que d’une noirceur assumée, "Le Charlatan" est activé par toutes les ficelles de conteur du grand Isaac Bashevis Singer, faisant de ce chenapan de Hertz (« cœur » !) Minsker le grand entourloupeur de ceux qui l’aiment : sa jeune épouse Bronia, qui en 1940 a abandonné en Pologne mari et enfants pour le suivre à New York, et Morris, son vieux et riche copain d’enfance, qui les y héberge – au prix d’ailleurs de son honneur bafoué, car Hertz bien sûr lui souffle sa femme. Mais à charlatan, charlatan et demi : l’ex-mari de celle-ci s’affaire à une ultime escroquerie, qui fera dérailler le vaudeville tandis qu’en Europe le ghetto se referme sur Varsovie… On imagine ce que l’humour tour à tour subtile et truculent de Singer, mais aussi sa puissante nostalgie d’exilé savent tirer de cette intrigue, parue (sous pseudonyme !) aux États-Unis en 1968 dans une revue yiddish de gauche, et dont la traduction anglaise, incompréhensiblement, était restée depuis à l’état de brouillon

LeCharlatanLeCharlatan [125 Kb]

la septième croix

 

Livre d'Anna Seghers

Sept Allemands opposants au nazisme se sont enfuis d'un camp. Un formidable appareil policier est mis en branle pour les retrouver. Un seul des sept, Georg Heisler, aidé par les efforts tâtonnants de ses amis de jeunesse, parvient à passer en Hollande grâce à l'organisation rudimentaire de la résistance et à la solidarité ouvrière mondiale. La septième croix qui l'attend au camp de concentration reste vide. Et c'est la brèche qui laisse un passage à d'immenses espoirs. Ce roman, dont l'action se déroule en Rhénanie, constitue une somme des expériences vécues par divers acteurs de toutes les classes de toute la société allemande des années 1930.

Dans ce roman de l'Allemagne nazie écrit pendant son exil en France, Anna Seghers dresse une fresque polyphonique et dépeint une société dans laquelle le national-socialisme révèle en chacun les aspects profonds de son être : héroïsme insoupçonné d'un tel, lâcheté de tel autre, ou simple peur existentielle et fragilité face à un système conçu pour broyer toute résistance visant non seulement l'individu mais sa famille, ses proches. Solidarité, inconscience, constance ou reniement de l'idéal, toute une palette des comportements humains est présente.
Anna Seghers, qui pour écrire son récit a longuement écouté et interrogé des compatriotes dont l'exil était plus récent que le sien, trace le portrait d'une humanité proche de nous : " Nous avons tous ressenti comment les événements extérieurs peuvent changer l'âme d'un être humain, de manière profonde et terrible. Mais nous avons également ressenti qu'au plus profond de nous il y avait aussi quelque chose d'insaisissable et d'inviolable. "

Histoire de vie et recherche biographique : perspectives sociohistoriques

 

Livre sous la direction de : Aneta Slowik, Hervé Breton, Gaston Pineau. Préface : Franco Ferrarotti

Depuis la parution en 1918 de l'ouvrage fondateur The Polish Peasant in Europe and America : Monograph of an Immigrant Group de William Thomas et Florian Znaniecki, un puissant courant de recherche s'est déployé à partir des récits de vie. La vitalité de ce paradigme est réfléchie selon différentes perspectives sociohistoriques dans cet ouvrage. Ce livre collectif est le produit d'une recherche internationale sur la vitalité historique des approches narratives et biographiques.

Nous avons les mains rouges

 

Livre de Jean Meckert

Jean Meckert raconte la tragédie des mains rouges, rouges de sang. Dans la montagne, le chef d'un maquis, M. d'Essartaut, ses deux jeunes filles, le pasteur Bertod et quelques camarades continuent, deux ans après la Libération, une épuration qu'ils pensent juste. Ils s'attaquent aux profiteurs, aux trafiquants, aux joueurs du double jeu. Jusqu'à ce que la mort de M. d'Essartaut, survenue au cours d'une expédition punitive, disperse le petit groupe, ces êtres assoiffés de pureté et de justice sont amenés à pratiquer le terrorisme et à commettre des meurtres, tout en se demandant amèrement si le monde contre lequel ils ont combattu n'était pas d'essence plus noble qu'une odieuse démocratie où le mythe de la Liberté ne sert que les puissants, les habiles et les crapules. Passionnant document sur un moment d'histoire trouble et peu visité, ce roman est dans le même mouvement profondément humain.

209 rue Saint-Maur, Paris Xe. Autobiographie d’un immeuble

 

Livre de Ruth Zylberman

Retraçant les vies passées et présentes des habitants d'un immeuble du Xe arrondissement de Paris, Ruth Zylberman livre un magnifique récit. Là se sont succédé, depuis les années 1850 jusqu'à nos jours, des générations d'enfants, d'artisans et d'ouvriers, d'immigrés de l'est ou du sud de l'Europe. Là se sont noués des amours, des amitiés, des tragédies. Là, l'ordinaire du quotidien a côtoyé l'extraordinaire du fait divers et des violences de l'Histoire. Ruth Zylberman propose une réflexion bouleversante sur les traces du passé, les lieux où se loge la mémoire et le lien invisible entre les vivants et les morts. Car cette autobiographie d'un immeuble est aussi une forme d'écriture de soi.

" Nous autres du 209, les pauvres, les morts et les vivants, les disparus et les revenants, nous autres les communards et les artisans, les résistants et les dénonciateurs, nous autres les jeunes filles amoureuses et femmes de mauvaise vie, nous autres les Kabyles et les Polonais, les Juifs, les Portugais et les Bretons, les Marocains et les Italiens, nous autres, Odette, Albert, Daniel, Henry, Charles et les autres. " Nous autres du 209', c'était la forte et fière affirmation d'une patrie imaginaire dont l'étendard serait ce toit de ciel découpé en carré au-dessus de la cour. "

[Note parue dans EAN, le 28/01/2020]

Rome en noir

 

Livre de Philippe Videlier

Le boxeur Pietrantonio Di Mauro, venu de Roccasecca, un village pelé au sud de Rome, est assassiné dans un bal à Villeurbanne en 1932. L'élucidation du meurtre de ce militant fasciste va vite devenir un enjeu politico-médiatique. Au cours de l'enquête, les suspects, anarchistes ou communistes, seront tour à tour emprisonnés, innocentés, de nouveau traqués par les services secrets tout-puissants de Mussolini, la redoutable OVRA, jusqu'à la déclaration de guerre. En arrière-plan, le roman déroule la fresque de l'épopée fasciste, d'abord triomphale mais qui peu à peu se mue en désastre, jusqu'à l'écroulement final : le corps du Duce et celui de sa maîtresse exposés à Milan, pendus par les pieds. On retrouve ici la méthode et le style tout à fait singuliers de Philippe Videlier. La folle aventure fasciste arbore les couleurs d'une farce grinçante. Le récit, d'une implacable précision documentaire, est ponctué par les apparitions bouffonnes d'un super-héros jailli d'une bande dessinée à la gloire du régime. Le personnage de Mussolini, délirant de narcissisme, se piquant d'art, adulé par les foules en Italie et en Amérique - mais aussi, on a tendance à l'oublier, en France et en Europe -, domine le livre de sa stature à la fois effrayante et grotesque, au fil d'une reconstitution exceptionnelle.

[note de lecture sur le blog de Pierre Ahnne]

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Les inconsolés

 

Livre de Minh Tran Huy

Entre Lise et Louis, la rencontre produit des étincelles dignes des romans et des films que la jeune fille, rétive aux renoncements de l'âge adulte, confond parfois avec la vie. Leur histoire - le premier amour - se déroule tel un conte. Mais comme dans un conte, elle est rapidement minée par la petite musique de l'enfance mal aimée, le refrain des rapprochements impossibles, des différences infranchissables. Et bientôt la nuit des malédictions envahit le rose des rêveries romantiques.
Nimbé d'un mystère qui de page en page s'épaissit, Les Inconsolés est une histoire de fantômes et de vengeance, où l'on retrouve le talent délicat et têtu de Minh Tran Huy pour la navigation de l'eau qui dort - dont chacun sait qu'il faudrait s'en méfier.
Il y a l'élan vers l'amour fou, l'irrésistible faim d'aimer - et d'être aimé, enfin -, les blessures de l'enfance, le poids des origines et les émerveillements de la jeunesse. Il y a aussi cette manière toute personnelle, à la fois sincère et ironique, de pousser les clichés jusqu'à leur paroxysme, jusqu'à en extraire toute la vérité, en révéler le tranchant, les dangers.
Entre thriller romantique et conte de fées cruel, ligotant l'une à l'autre naïveté et lucidité, le nouveau roman de l'auteur de La Double Vie d'Anna Song nous livre aux vénéneux tentacules du malentendu.

Présentation sur le site d'Actes sud

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Une vie dans les mots - Conversations avec I. B. Siegumfeldt

 

Livre de Paul Auster, I.B.Siegumfeldt et Céline Curiol

À travers ces entretiens approfondis qui abordent l’œuvre de Paul Auster sous un angle thématique, le lecteur revisitera l’univers de ses récits autobiographiques comme de ses romans, dont il découvrira des aspects ignorés ou encore insuffisamment mis en lumière, notamment les obsessions qui traversent l’œuvre et l’homme.

L’universitaire danoise Inge Birgitte Siegumfeldt et Paul Auster ont choisi le mode de la conversation pour mieux rester fidèles à l’ADN si spécifique de romans dont chacun constitue un voyage en terres inconnues – pour l’auteur comme pour le lecteur.

Paul Auster s’est très largement investi, durant trois ans, dans ce dialogue intense, pour offrir à tout son lectorat un accès privilégié à une œuvre d’exception.

La mère morte

 

Livre de Blandine de Caunes

Une mère, âgée mais indépendante, se trompe de jour, de lieu de rendez-vous avec ses filles, achète des objets superflus et coûteux, oublie dans le coffre de sa voiture les fruits de mer bretons, et se lève la nuit, croyant partir pour une destination inconnue.

Cela pourrait être drôle, si ce n’était une maladie mentale due à l’âge, et surtout si cette femme si confuse n’était pas la romancière Benoîte Groult, la mère de l’auteure de ce livre d’une force rare. Benoîte Groult, luttant, jouant avec sa propre fin, mais refusant avec rage de céder à la fatalité et à la vieillesse, elle qui a été une militante de l’association « Pour le droit de mourir dans la dignité  ». Voici la femme intime, plus que la femme publique, ici telle qu’on ne la connaît pas, et qui écrivait : « Dans la vie, deux mondes se côtoient : celui des gens qui vont vivre et celui des gens qui vont mourir. Ils se croisent sans se voir. »

Benoîte s’éteint en juin 2016 à Hyères, à 96 ans. Écrivaine comblée, mère et grand-mère heureuse, femme de combats remportés. Mais ce que ce livre raconte, ce n’est pas juste le deuil hélas ! prévisible d’une mère admirée et aimée, mais un double deuil : voici le terrible sens du titre, La mère morte. « Maman, mon dernier rempart contre la mort. Bientôt, ce sera moi le rempart pour ma fille ».

Le 1er avril 2016, la fille de Blandine de Caunes, Violette, 36 ans, meurt dans un banal accident de voiture, laissant orpheline sa fille Zélie. L’ordre du monde est renversé : Benoîte s’accroche à la vie, Blandine sombre, Violette n’est plus.

De Benoîte Groult, sa fille a hérité l’humour et la force vitale. Ce livre n’est pas triste, au contraire. C’est une réconciliation entre trois générations de femme qui partagent le « même amour forcené pour la vie, toujours plus forte que tout », le credo de Benoîte qu'elle a transmis à sa fille.

Vidéo de la librairie Mollat

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Intervalles de loire

 

A paraître le 6 février

Livre de Michel Jullien

Sur le pont de Nevers, trois bons amis regardent couler la Loire. Ils vont avoir cinquante ans. Ce qu’ils voient depuis le tablier : les grandes veines de courant, l’eau fendue par l’étrave des piles, les marmites tournant sur elles-mêmes sans jamais vouloir se rendre au lit, les bancs de sable, les îlots et les troncs flottés. Les fleuves et les rivières font appel à l’enfance et, avant le soir, la songerie des trois camarades prend la forme d’une boutade, c’est-à-dire d’un serment : descendre la Loire à la rame, sur une barque plate, idée potache qui les conduira à l’océan.

Ce texte de Michel Jullien nous place dans un esquif de quatre mètres carrés, pour une descente longue de huit cent cinquante kilomètres, chaque nuit à dormir d’île en île. C’est tout sauf un journal de bord ; pas de récit événementiel, une équipée sans hauts faits, rien qui ne concernât les inévitables anicroches et autres coups de théâtre de ce genre de relations, pas d’appesantissement non plus sur la richesse patrimoniale des régions traversées bref, l’auteur nous livre une chronique antisportive, anticulturelle, une narration dans le désordre.

Cette échappée fourmillante d’images s’attache à restituer ce qu’est la perception d’un fleuve parcouru du dedans, à hauteur de paupières. Michel Jullien s’approche au plus près d’une acuité sensuelle et traduit chaque impression physique, auditive et visuelle d’une morne récréation fluviale. Que voit-on depuis une barque, quels paysages, quels défilés, quelles contrées, quelles rencontres, quelles bourgades, toutes choses que l’on conçoit autrement depuis la rive ? Que devient une ville traversée à la rame ? Quels liens rapprochent et désunissent les mouvements du marcheur et celui du rameur, comment tournent les pensées en tirant l’aviron, de quoi parler à bord, comment s’appréhende le décor par le centre du fleuve ?

Comme souvent dans les textes de Michel Jullien, l’humour en est, qui lui permet de toucher au plus juste les perceptions sensorielles. Très vite, à chaque page, à notre tour, nous voici au bastingage, au cœur de la Loire, dans la barque même, maniant les rames, indiquant le chemin à la proue, corrigeant l’avancée depuis le gouvernail, passant des ponts, croisant des hameaux, éprouvant le temps, bâillant aux paysages, tout un projet de l’enfance tenu jusqu’à la mer.

(fiche reprise du site de l’éditeur VERDIER)

Son éclat seul me reste

 

Livre de Natacha Wolinski

Suis-je orpheline de toi ou de l’absence de toi ? Tu vis désormais en moi comme le soleil de minuit, lactescent, éperdu de blancheur. Tu habites l’univers et mon arrière-monde. Je ne te cherche pas, tu es partout et introuvable. Tu es tapi dans le mohair des jours heureux. Tu es un lierre au feuillage persistant. La mort n’est pas une fin. Mon refus de ta disparition est tempéré par mon acceptation du monde.

Cherchant à définir le lien qui l’unit à son père, Georges Wolinski, tué lors de l’attentat contre Charlie Hebdo, l’auteur revit les jours sombres de janvier 2015 et interroge les confins rouillés de sa mémoire, à travers une écriture qui revient inlassablement sur le motif. Entre refus et acceptation, l’adieu au père devient un chant d’amour et de consolation.

[Un entretien paru le 12/01/2020 dans NONFICTION]

[L'auteure parle de son livre]

bye bye babylone

 

Livre de Lamia Ziadé

Bye Bye Babylone est la version longue (comme l’on dit au cinéma) du premier livre de Lamia Ziadé, paru il y a dix ans, avant ses deux succès chez P.O.L : Ô nuit, ô mes yeux (2015), et Ma très grande mélancolie arabe (2017). Cette nouvelle édition, dans un nouveau format, est en réalité un nouveau livre, avec de nombreux nouveaux dessins inédits (une cinquantaire de nouveaux dessins), un texte entièrement revu et augmenté. Beyrouth 1975-1979 : une petite fille observe, raconte l’avancée imparable d’un conflit qui va ravager la Babylone chatoyante qui l’a vue naître. « Dans ce livre il y a Beyrouth, en feu, en flammes, en étincelles, en explosions, dans le noir absolu, il y a Beyrouth qui brille. Il y a moi et mon petit frère, il y a des miliciens et des miliciennes... Il y a le magasin de mon grand-père et le foulard en soie de ma grand-mère, la Nivéa de ma nounou et le Petzi de Walid. Il y a des cinémas en feu, le Roxy, le Radio City, le Dunia, l’Empire, le Rivoli, et des hôtels en flammes, le Palm Beach, le Vendôme, le St Georges, le Phoenicia, l’Alcazar. Dans ce livre, il y a des chewing gums et des kalachnikov, des bonbons, des chocolats, des barbe-à-papas, il y a des bazookas, des M16, des mortiers, des obus, des missiles, des grenades… »

[vidéo de présentation par l'auteure]

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papa

 

Livre de Régis Jauffret

19 septembre 2018, j’aperçois dans un documentaire sur la police de Vichy mon père sortant menotté entre deux gestapistes de l’immeuble marseillais où j’ai passé toute mon enfance. Ils semblent joyeux alors que le visage de mon père exprime la terreur. D’après le commentaire, ces images ont été tournées en 1943. Non seulement mon père n’a de sa vie parlé de cet incident mais je n’ai jamais entendu dire par personne qu’il avait eu affaire à l’occupant.

Moi, le conteur, le raconteur, l’inventeur de destinées, il me semble soudain avoir été conçu par un personnage de roman. R. J

[Note de Pierre Ahnne sur son blog]

[Le Masque et la Plume, le 15 janvier 2020]

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