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Livres 2011

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"Papa, qu'as-tu fait en Algérie ?" : enquête sur un silence familial

 

Livre de Raphaëlle Branche

De 1954 à 1962, plus d’un million et demi de jeunes Français sont partis faire leur service militaire en Algérie. Mais ils ont été plongés dans une guerre qui ne disait pas son nom. Depuis lors, les anciens d’Algérie sont réputés n’avoir pas parlé de leur expérience au sein de leur famille. Le silence continuerait à hanter ces hommes et leurs proches. En historienne, Raphaëlle Branche a voulu mettre cette vision à l’épreuve des décennies écoulées depuis le conflit.
Fondé sur une vaste collecte de témoignages et sur des sources inédites, ce livre remonte d’abord à la guerre elle-même : ces jeunes ont-ils pu dire à leur famille ce qu’ils vivaient en Algérie ? Ce qui s’est noué alors, montre Raphaëlle Branche, conditionne largement ce qui sera transmis plus tard. Son enquête suit ensuite les métamorphoses des silences et des récits jusqu’à nos jours. Elle pointe l’importance des bouleversements qu’a connus la société française et leurs effets sur ce qui pouvait être dit, entendu et demandé dans les familles à propos de la guerre d’Algérie. Elle éclaire en particulier pourquoi, six décennies après la fin du conflit, beaucoup d’enfants ont toujours la conviction qu’existe chez leur père une zone sensible à ne pas toucher.
Grâce à cette enquête, c’est plus largement la place de la guerre d’Algérie dans la société française qui se trouve éclairée : si des silences sont avérés, leurs causes sont moins personnelles que familiales, sociales et, ultimement, liées aux contextes historiques des dernières décennies. Avec le temps, elles se sont modifiées et de nouveaux récits sont devenus possibles.

Ce qu'en dit la revue L'HISTOIRE : "Au-delà de l’aspect individuel (chaque soldat) et générationnel (un groupe d’hommes unis par un certain nombre de caractéristiques communes), la force de ce livre est d’interroger ce silence en l’analysant au travers de l’entité « famille », pensée comme cellule de base de la société, agissant comme microcosme et révélateur. Partant d’entretiens (ou de questionnaires) avec d’anciens soldats et leurs proches, cette étude importante permet de mieux saisir la place de la guerre d’Algérie dans le passé et le présent de la France contemporaine par les récits singuliers de ceux qui l ’ont vécue et de ceux et celles qui en ont hérité malgré tout." (1/09/2020)

[Un article paru le 28/08/2020 fans le bulletin de l'association 4ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre)]

[Sur FRANCE INTER, le 7/09/2020]

[Bonnes feuilles]

Les Orageuses

 

Livre de Marcia Burnier

« Depuis qu’elle avait revu Mia, l’histoire de vengeance, non, de “rendre justice”, lui trottait dans la tête. On dit pas vengeance, lui avait dit Mia, c’est pas la même chose, là on se répare, on se rend justice parce que personne d’autre n’est disposé à le faire. Lucie n’avait pas été très convaincue par le choix de mot, mais ça ne changeait pas grand-chose. En écoutant ces récits dans son bureau, son cœur s’emballe, elle aurait envie de crier, de diffuser à toute heure dans le pays un message qui dirait On vous retrouvera. Chacun d’entre vous. On sonnera à vos portes, on viendra à votre travail, chez vos parents, même des années après, même lorsque vous nous aurez oubliées, on sera là et on vous détruira. »

Un premier roman qui dépeint un gang de filles décidant un jour de reprendre comme elles peuvent le contrôle de leur vie.

[Un article dans TELERAMA - 11/09/2020]

LesOrageusesLesOrageuses [279 Kb]

La perte de soi

 

Livre de Jean-Francois Chiantaretto

La perte de soi : nécessité intérieure et autodestructivité   La perte de soi est souhaitable pour tout un chacun, au titre d'une nécessité intérieure. Se parler et parler, être présent dans les mots et être représenté par les mots : cela suppose de consentir à se perdre, à ne jamais coïncider avec soi-même. À l'opposé, il est une autre figure de la perte de soi, relevant de la destructivité et de l'autodestructivité : la disparition de soi à soi-même. Comment survivre à cette perte ? Telle est bien la question posée par « l'existence limite », qui traverse tout le livre. Avec deux éclairages, aussi indirects qu'essentiels. D'une part, le dialogue de Freud et Ferenczi, destructeur et créateur, qui re-commence la psychanalyse. D'autre part, l'écriture survivante de Kertész, qui fait oeuvre de l'effacement.

LaPerteDeSoiLaPerteDeSoi [45 Kb]

L'Heure des spécialistes

 

Livre de Barbara ZOEKE

Allemagne, 1940.
Au sanatorium de Wittenau, Max Koenig, éminent professeur d'université, se voit décliner mais refuse de perdre espoir. Porté par l'amour de sa femme et de sa fille, il croit encore que les médecins sauront soigner ce Mal noir qui le ronge et reste sourd aux avertissements de ses amis qui le supplient de quitter le pays.
Car ce que Max Koenig ne veut pas voir, c'est que, pour lui comme pour tous les autres malades, handicapés, inadaptés, incurables, fous, les spécialistes du Reich ont un projet...

[Un article d'EAN, 16/09/2020]

Tenir parole - Responsabilités des métiers de la transmission

 

Livre de Mireille Cifali

Nous sommes des êtres de langage. Dans les métiers de la transmission, Mireille Cifali nous rappelle l’essentialité d’une parole fiable, afin que le dialogue annoncé ne soit pas un vain mot. Dialogue engagé entre les professionnels qui souhaitent collaborer, inclure. Dialogue rompu quand on en vient à exclure. Avec parfois un monologue. Un silence laissant seul. Un jugement qui enferme. Avec nous, Mireille Cifali aborde l’art de tenir parole. Elle évoque la toujours présente violence vécue qui, par les mots, se transforme. Elle nomme les attitudes et les paroles qui assurent une position d’autorité, et non plus de pouvoir. Ainsi, un regard tendre peut se construire jusque dans les rencontres difficiles, pour la dignité de chacun. Dès lors, face au discours de l’efficacité s’inscrit la responsabilité qualitative de nos gestes adressés. Face à un futur avec ses rêves de scientificité, sa technologie, s’avancent nos craintes et nos soins. Afin de sauvegarder l’expérience et le temps d’apprendre.

TenirParoleTenirParole [111 Kb]

alger, rue des bananiers

 

Livre de Béatrice Commengé

« Le hasard m’avait fait naître sur un morceau de territoire dont l’histoire pouvait s’inscrire entre deux dates : 1830-1962. Tel un corps, l’Algérie française était née, avait vécu, était morte. Le hasard m’avait fait naître sur les hauteurs de la Ville Blanche, dans une rue au joli nom : rue des Bananiers. Dans la douceur de sa lumière, j’avais appris les jeux et les rires, j’avais appris les différences, j’avais aimé l’école Au Soleil et le cinéma en matinée, j’avais découvert l’amitié et cultivé le goût du bonheur »

En remontant le cours d’une histoire familiale sur quatre générations, Béatrice Commengé entremêle subtilement la mémoire d’une enfance et l’histoire de l’Algérie française. Au plus près de l’esprit des lieux, elle parvient à donner un relief singulier au récit de cet épisode toujours si présent de notre passé.

[un article sur le site ENCRES VAGABONDES - 10/09/2020]

Histoires de la nuit

 

Livre de Laurent Mauvignier

Il ne reste presque plus rien à La Bassée : un bourg et quelques hameaux, dont celui qu’occupent Bergogne, sa femme Marion et leur fille Ida, ainsi qu’une voisine, Christine, une artiste installée ici depuis des années.
On s’active, on se prépare pour l’anniversaire de Marion, dont on va fêter les quarante ans. Mais alors que la fête se profile, des inconnus rôdent autour du hameau.

[L'intégralité de l'article de Hugo Pradelle dans EAN, paru le 9/09/2020]

La petite dernière

 

Livre de Fatima Daas

"Je m’appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s’est pas préparé. Française d’origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper-inadaptée. J’écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J’ai fait quatre ans de thérapie. C’est ma plus longue relation. L’amour, c’était tabou à la maison, les marques de tendresse, la sexualité aussi. Je me croyais polyamoureuse. Lorsque Nina a débarqué dans ma vie, je ne savais plus du tout ce dont j’avais besoin et ce qu’il me manquait. Je m’appelle Fatima Daas. Je ne sais pas si je porte bien mon prénom."

 

"J'avais pas envie de faire un journal intime, mais de la littérature" (France Inter - 7/09/2020)

"C’est un privilège de pouvoir dire la vérité " (France Culture, le 7/09/2020)

Beyrouth entre parenthèses

 

Livre de Sabyl Ghoussoub

Il est défendu à un citoyen libanais de se rendre en Israël. Mais le narrateur, un jeune photographe franco-libanais, décide d’enfreindre la loi de son pays et ne pas suivre l’avis de sa famille. Arrivé à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, il subit un interrogatoire de plusieurs heures. Les questions fusent et se répètent. « Comment s’appelle votre mère ? Comment s’appelle votre père ? Comment s’appelle votre grand-père ? Comment vous appelez-vous ? » Des questions qui reviennent comme une berceuse et qui voudraient obliger le narrateur à se définir de manière définitive. Lui qui avait pensé faire ce voyage pour mettre de côté sa part libanaise, mettre Beyrouth entre parenthèses…

BLUES POUR L'HOMME BLANC

 

Pièce de théâtre de James Baldwin

James Baldwin a écrit cette pièce en 1964 en réaction à l’assassinat de son ami Medgar Evers, militant des droits civiques, abattu devant son domicile du Mississippi le 12 juin 1963 par un suprémaciste blanc.
L’accumulation des meurtres racistes aux États-Unis (dont celui de quatre jeunes filles noires dans un attentat à la bombe contre une église baptiste de Birmingham, Alabama, le 15 septembre 1963) constitue l’arrière-plan de ce cri de révolte scénique. La quasi-impunité qui suit ces actes sera l’élément déclencheur de ce travail.
C’est aussi le meurtre atroce en 1955 de l’adolescent Emmett Till qu’il décide d’évoquer : « Dans ma pièce, écrit-il, il est question d’un jeune homme qui est mort ; tout, en fait, tourne autour de ce mort. Toute l’action de la pièce s’articule autour de la volonté de découvrir comment cette mort est survenue et qui, véritablement, à part l’homme qui a physiquement commis l’acte, est responsable de sa mort. L’action de la pièce implique l’effroyable découverte que personne n’est innocent […]. Tous y ont participé, comme nous tous y participons. »

Chavirer

 

Livre de Lola Lafon

1984. Cléo, treize ans, qui vit entre ses parents une existence modeste en banlieue parisienne, se voit un jour proposer d’obtenir une bourse, délivrée par une mystérieuse Fondation, pour réaliser son rêve : devenir danseuse de modern jazz. Mais c’est un piège, sexuel, monnayable, qui se referme sur elle et dans lequel elle va entraîner d’autres collégiennes.

2019. Un fichier de photos est retrouvé sur le net, la police lance un appel à témoins à celles qui ont été victimes de la Fondation.

Devenue danseuse, notamment sur les plateaux de Drucker dans les années 1990, Cléo comprend qu’un passé qui ne passe pas est revenu la chercher, et qu’il est temps d’affronter son double fardeau de victime et de coupable.

Chavirer suit les diverses étapes du destin de Cléo à travers le regard de ceux qui l’ont connue tandis que son personnage se diffracte et se recompose à l’envi, à l’image de nos identités mutantes et des mystères qui les gouvernent.

Revisitant les systèmes de prédation à l’aune de la fracture sociale et raciale, Lola Lafon propose ici une ardente méditation sur les impasses du pardon, tout en rendant hommage au monde de la variété populaire où le sourire est contractuel et les faux cils obligatoires, entre corps érotisé et corps souffrant, magie de la scène et coulisses des douleurs.

[Sur FRANCE.INFO, le 19/08/2020]

[Sur FRANCE CULTURE, le 03/09/2020]

 

ChavirerChavirer [129 Kb]

Histoire du fils

 

Livre de Marie-Hélène Lafon 

Le fils, c’est André. La mère, c’est Gabrielle. Le père est inconnu.

André est élevé par Hélène, la sœur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines. Chaque été, il retrouve Gabrielle qui vient passer ses vacances en famille. 

Entre Figeac, dans le Lot, Chanterelle ou Aurillac, dans le Cantal, et Paris, Histoire du fils sonde le cœur d’une famille, ses bonheurs ordinaires et ses vertiges les plus profonds, ceux qui creusent des galeries dans les vies, sous les silences. 

Avec ce nouveau roman, Marie-Hélène Lafon confirme la place si particulière qu’elle occupe aujourd’hui dans le paysage littéraire français.

HistoireDuFilsHistoireDuFils [104 Kb]

Marseille 73

 

Livre de Dominique Manotti

La France connaît une série d’assassinats ciblés sur des Arabes, surtout des Algériens. On les tire à vue, on leur fracasse le crâne. En six mois, plus de cinquante d’entre eux sont abattus, dont une vingtaine à Marseille, épicentre du terrorisme raciste. C’est l’histoire vraie.
Onze ans après la fin de la guerre d’Algérie, les nervis de l’OAS ont été amnistiés, beaucoup sont intégrés dans l’appareil d’État et dans la police, le Front national vient à peine d’éclore. Des revanchards appellent à plastiquer les mosquées, les bistrots, les commerces arabes.  C’est le décor.
Le jeune commissaire Daquin, vingt-sept ans, a été fraîchement nommé à l’Évêché, l’hôtel de police de Marseille, lieu de toutes les compromissions, où tout se sait et rien ne sort. C’est notre héros.
Tout est prêt pour la tragédie, menée de main de maître par Dominique Manotti, avec cette écriture sèche, documentée et implacable qui a fait sa renommée. Un roman noir d’anthologie à mettre entre toutes les mains, pour ne pas oublier.

[Un article de LIBERATION, le 11 juin 2020]

Marseille73Marseille73 [121 Kb]

Héritage

 

Livre de Miguel Bonnefoy

La maison de la rue Santo Domingo à Santiago du Chili, cachée derrière ses trois citronniers, a accueilli plusieurs générations de la famille des Lonsonier. Arrivé des coteaux du Jura avec un pied de vigne dans une poche et quelques francs dans l’autre, le patriarche y a pris racine à la fin du XIXe siècle. Son fils Lazare, de retour de l’enfer des tranchées, l’habitera avec son épouse Thérèse, et construira dans leur jardin la plus belle des volières andines. C’est là que naîtront les rêves d’envol de leur fille Margot, pionnière de l’aviation, et qu’elle s’unira à un étrange soldat surgi du passé pour donner naissance à Ilario Da, le révolutionnaire.
Bien des années plus tard, un drame sanglant frappera les Lonsonier. Emportés dans l’oeil du cyclone, ils voleront ensemble vers leur destin avec, pour seul héritage, la légende mystérieuse d’un oncle disparu.

Dans cette fresque éblouissante qui se déploie des deux côtés de l’Atlantique, Miguel Bonnefoy brosse le portrait d’une lignée de déracinés, dont les terribles dilemmes, habités par les blessures de la grande Histoire, révèlent la profonde humanité.

[recension dur L'OR DES LIVRES, le 19/08/2020]

HeritageHeritage [112 Kb]

Thésée, sa vie nouvelle

 

Livre de Camille de Toledo

En 2012, Thésée quitte « la ville de l’Ouest » et part vers une vie nouvelle pour fuir le souvenir des siens. Il emporte trois cartons d’archives, laisse tout en vrac et s’embarque dans le dernier train de nuit vers l’est avec ses enfants. Il va, croit-il, vers la lumière, vers une réinvention. Mais très vite, le passé le rattrape. Thésée s’obstine. Il refuse, en moderne, l’enquête à laquelle son corps le contraint, jusqu’à finalement rouvrir « les fenêtres du temps » …

[Recension sur le site de EN ATTENDANT NADEAU]

Comme un empire dans un empire

 

Livre d'Alice Zeniter

Il s'appelle Antoine. Elle se fait appeler L. Il est assistant parlementaire, elle est hackeuse. Ils ont tous les deux choisi de consacrer leur vie à un engagement politique, officiellement ou clandestinement. Le roman commence à l'hiver 2019. Antoine ne sait que faire de la défiance et même de la haine qu'il constate à l'égard des politiciens de métier et qui commence à déteindre sur lui. Dans ce climat tendu, il s'échappe en rêvant d'écrire un roman sur la guerre d'Espagne. L vient d'assister à l'arrestation de son compagnon, accusé d'avoir piraté une société de surveillance, et elle se sait observée, peut-être même menacée. Antoine et L vont se rencontrer autour d'une question : comment continuer le combat quand l'ennemi semble trop grand pour être défait ? Dans ce grand roman de l'engagement, Alice Zeniter met en scène une génération face à un monde violent et essoufflé, une génération qui cherche, avec de modestes moyens mais une contagieuse obstination, à en redessiner les contours. L'auteure s'empare audacieusement de nos existences ultracontemporaines qu'elle transfigure en autant de romans sur ce que signifie, aujourd'hui, faire de la politique.

[Entretien avec l'auteure]

[Rencontre avec l'auteure le 20/09/2020 à Paris]

Mon frère Paul

 

Livre de Marité Villeneuve

Considéré comme l'un des écrivains les plus prometteurs de sa génération, Paul Villeneuve disparaît sans laisser de traces après la publication très remarquée de son troisième roman, Johnny Bungalow. Pendant plus de vingt ans, il vivra seul en pleine nature, loin des vanités du monde.

Avec ce livre, Marité Villeneuve a réussi à écrire mieux qu'une simple biographie. Elle nous entraîne dans les méandres d'une tragédie pour nous faire découvrir non seulement un frère hors du commun — un véritable personnage de roman, attachant et vrai — mais aussi un écrivain porteur des enjeux de son temps, un être entier qui a voulu assumer son destin jusqu'au bout.

MonFrerePaulMonFrerePaul [75 Kb]

Une farouche liberté

 

Livre de Annick Cojean et Gisèle Halimi

Gisèle Halimi : Soixante-dix ans de combats, d’engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et la volonté, aujourd’hui, de transmettre ce qui a construit cet activisme indéfectible, afin de dire aux nouvelles générations que l’injustice demeure, qu’elle est plus que jamais intolérable. Gisèle Halimi revient avec son amie, Annick Cojean, qui partage ses convictions féministes, sur certains épisodes marquants de son parcours rebelle pour retracer ce qui a fait un destin. Sans se poser en modèle, l’avocate qui a toujours défendu son autonomie, enjoint aux femmes de ne pas baisser la garde, de rester solidaires et vigilantes, et les invite à prendre le relai dans le combat essentiel pour l’égalité à l’heure où, malgré les mouvements de fond qui bouleversent la société, la cause des femmes reste infiniment fragile.
Depuis l’enfance, la vie de Gisèle Halimi est une fascinante illustration de sa révolte de « fille ». Farouchement déterminée à exister en tant que femme dans l’Afrique du Nord des années 30, elle vit son métier comme un sacerdoce et prend tous les risques pour défendre les militants des indépendances tunisienne et algérienne et dénoncer la torture. Avocate plaidant envers et contre tout pour soutenir les femmes les plus vulnérables ou blessées, elle s’engage en faveur de l’avortement et de la répression du viol, dans son métier aussi bien que dans son association « Choisir la cause des femmes ». Femme politique insubordonnée mais aussi fille, mère, grand-mère, amoureuse… Gisèle Halimi vibre d’une énergie passionnée, d’une volonté d’exercer pleinement la liberté qui résonne à chaque étape de son existence.
«  Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque » : ces mots de René Char, son poète préféré, pourraient définir Gisèle Halimi, cette « avocate irrespectueuse », et sa vie de combats acharnés pour la justice et l’égalité.

je suis une sur deux

 

Livre de Giulia Foïs

Je vais me permettre de te tutoyer, tu ne m’en veux pas ? On ne se connaît pas, c’est vrai. Mais vu ce qu’il vient de t’arriver, je crois qu’on a quelques points communs. Alors on va faire un truc, si tu veux bien : je t’écris maintenant, et toi, tu me lis quand tu veux. D’accord ? Moi, j ’ai des choses à te dire. Toi, sens-toi libre d’en faire ce que tu veux. D’ailleurs, c’est peut-être par là que je devrais commencer : sens-toi libre de tout, tout le temps, et surtout de refuser. Ton « non » est un droit élémentaire. Au-delà de respectable, il est inaliénable. Même si on vient de te le piétiner. Alors, par exemple, tu peux dire : « Non, Giulia, je ne te lirai pas, pas tout de suite, et peut-être même jamais.» Mais je vais juste poser ça là.

[Entretien de l'auteure à la RTBF, le 14 mars 2020 - vidéo intégrale  et extraits]

Fille

 

Livre de Camille Laurens

Laurence Barraqué est née en 1959 dans une famille de la petite bourgeoisie de Rouen. Son père est médecin et sa mère femme au foyer. Très tôt elle comprend, à travers le langage et l'éducation de ses parents, que la position des filles est inférieure à celles des garçons. Cette expérience se prolonge à l'école, au cours de danse, à la bibliothèque municipale, partout où le langage impose la position dominante du genre masculin : « Garce. Le mot revient et la hante. C'est une injure. Mais n'est-ce pas d'abord le féminin de garçon ? Tout ce qui est féminin déçoit, déchoit, elle le sait désormais. Garçon, c'est un constat. Garce, c'est un jugement. Le mot, en changeant de genre, devient mauvais. Mais il a des pouvoirs. » Dans ce roman d'une puissance exceptionnelle, Camille Laurens déploie le destin d'une femme confrontée aux mutations de la société française de ces quarante dernières années. La narratrice emporte dans sa voix les grandes problématiques de l'éducation des femmes, de la domination masculine et de la transmission des valeurs féministes aux jeunes générations. Le parcours de Laurence Barraqué se fait la chambre d'échos de toutes celles qui furent élevées dans l'idée d'une supériorité des hommes. L'auteur saisit avec acuité les moments charnières de l'enfance au cours desquels se joue l'adulte que l'on va devenir. L'écriture de Camille Laurens atteint ici une maitrise remarquable, qui restitue les grandes embardées de la vie tout en faisant résonner la petite musique des mots.

[Pierre Ahnne présente « Fille » sur son blog]

[Camille Laurens, Alice, Laurence et les autres - Entretien avec l’auteure sur le site de L’Orient Littéraire]

FilleFille [74 Kb]

Terminus Auschwitz

 

Livre de Eddy de Wind

Caché dans une pile de vieux vêtements sous un baraquement, Eddy de Wind a écrit "Terminus Auschwitz" dans les jours qui ont suivi la libération du camp il y a 75 ans

Déporté à Auschwitz en 1943, Eddy de Wind, médecin et psychiatre néerlandais, est affecté au baraquement 9 où officie le Dr Mengele, l'Ange de la mort. Dans le Block voisin, de prétendus scientifiques conduisent d'abominables expériences sur les prisonnières, parmi lesquelles la femme qu'il aime, Friedel. En 1944, quand l'armée russe approche et que les Allemands forcent les prisonniers survivants aux funestes " marches de la mort ", Eddy se cache. Dans le camp abandonné, il écrit, pour l'Histoire, ce qu'il a vu et enduré. Ce sera Terminus Auschwitz, l'un des rares témoignages intégralement rédigés dans l'enceinte du plus grand centre d'extermination du IIIe Reich.
Comprenant des photos de la vie d'Eddy avant, pendant et après l'Holocauste, ce récit poignant est à la fois un témoignage des atrocités perpétrées à Auschwitz, l'histoire d'un amour né et grandi dans l'enfer ainsi qu'une réflexion crue sur le genre humain.

L'homme qui n'est jamais mort

 

Livre d'Olivier Margot

Matthias Sindelar fut l’avant-centre génial de la Wunderteam, la grande équipe historique de l’Autriche. Il fut surnommé l’«  homme de papier  », pour son physique chétif et son art de franchir les murs de défenseurs, là où ne pouvait passer qu’un bout de papier.
 
La Vienne du début du XXe siècle est la métropole intellectuelle du monde. Sindelar côtoie les cercles ouvriers et les cafés peuplés d’intellectuels. Il joue au football dans un pays qu’écrase la montée des organisations fascistes, les grognements d’une guerre civile à venir et les tensions avec l’Allemagne.
Sa popularité a fait de lui le représentant adulé du football, cet art collectif qui se crée et s’abolit dans l’instant. Il personnifie le jeu et chacun comprend que dorénavant la beauté a une durée  : une heure trente, le temps d’un match.
Après l’invasion allemande, pour un match de gala auquel assiste Hitler, Sindelar porte la Wunderteam qui domine la Mannschaft, l’équipe nationale allemande, 2-0. C’est une humiliation et un acte de résistance.
Le 23 janvier 1939, on retrouve son corps inanimé avec celui de sa compagne, juive, apparemment asphyxiés par une cheminée défectueuse.

|Le match contre Hitler - Conférence AKADEM - mars 2020]

HommeJamaisMortHommeJamaisMort [142 Kb]

Le détour

 

Livre de Luce d'Eramo

Publié pour la première fois en 1979, Le Détour est le fruit de vingt-cinq années d’écriture. Il relate le parcours de Luce d’Eramo qui, élevée dans une famille de dignitaires fascistes, partit de son propre chef en Allemagne en 1944 pour intégrer un Lager, un camp de travail nazi. S’il demeure méconnu en France, Le Détour rencontra immédiatement en Italie un immense succès et connaît depuis quelques années une nouvelle vague de traductions dans le monde entier. La force et l’acuité de ce texte – qui traque aussi sans complaisance les travestissements de la mémoire – le rattachent de fait aux plus grands témoignages de femmes sur l’expérience des camps, tels ceux de Charlotte Delbo et de Ruth Klüger. ...

L’originalité du Détour tient de fait à ce que vécut Luce d’Eramo durant la Deuxième Guerre mondiale mais aussi au difficile processus de remémoration dans lequel elle s’engagea par la suite, et dont le livre témoigne. Les textes qui composent ce récit ont été écrits successivement en 1953, 1954, 1961, 1975 et 1977. Ils sont présentés dans l’ordre chronologique de leur rédaction, et non dans celui des événements qu’ils décrivent. La confusion qui en découle parfois répond à celle que connut Luce d’Eramo, aux esquives de sa mémoire et aux détours qu’elle emprunta avant de retrouver la cohérence de son histoire.

À sa publication en Italie, en 1979, le livre rencontra des centaines de milliers de lecteurs. En se plongeant dans ce texte, il revient au lecteur francophone de vivre à son tour – au-delà de l’histoire stupéfiante d’une adolescente idéaliste faisant volontairement l’expérience des camps nazis – l’expérience d’une femme en quête de sa vérité.

Présentation du livre sur France Inter, le 13 février 2020

LeDetourLeDetour [268 Kb]

Espagne rouge. Scènes de la Guerre civile 1936-37

 

Livre de Ksawery Pruszynski

C'est en septembre 1936 que le reporter polonais Ksawery Pruszynski arrive dans une Espagne en proie à la guerre civile. Il y est envoyé pour couvrir les événements qui secouent la péninsule Ibérique depuis le coup d'État nationaliste du 17 juillet. Sur place, d'abord à Barcelone secouée par l'anarchie et la terreur, Pruszynski aborde le conflit sous l'angle de l'observateur politique de la révolution rouge, menée par le camp républicain. Puis en suivant le siège de Madrid, il se plonge, en véritable anthropologue, dans le passé et la culture de l'Espagne profonde afin de parvenir au plus près de l'âme d'un peuple qui s'entre-déchire. Dans la réalité saisissante du chaos de la guerre, la description de la cité assiégée fait rejaillir l'intense désarroi des victimes et l'immense héroïsme des combattants. Portrait poignant d'un pays en révolution et en guerre, Espagne rouge fait la part belle à l'humain broyé par les rouages sanglants de l'histoire et les mécanismes de la domination politique.

[la recension sur MEDIAPART]

Estoucha | Profession du père : fusillé

 

Deux livres de Georges Waysand. Le premier sur sa mère, le second sur son père.

♦ Estoucha 

Un soir de juillet 92, dons une ambulance traversant Paris, elle revint à elle et s'agrippa à une poignée qui pendait du plafond. D'autres images se superposèrent à celle-ci où, ballottée par la vie, elle s'était accrochée à une poignée : un camion sur une route espagnole bombardée, un train de l'exode, des wagons de mineurs polonais de France en route pour la Silésie... Presque une heure plus tôt l'ambulancier s'était penché vers elle dans la voiture. D'un coup elle avait crié « Nein » et s'était mise en boule en se jetant vers le volant pour s'éloigner de lui, ses mains ramenées sur sa tête, le regard exorbité de peur, guettant les coups à venir. Si j'avais eu le moindre doute,
je savais maintenant où elle était : au camp.


Juive, résistante, communiste, médecin, l'histoire d'Esther Zilberberg se confond avec celle du siècle. Contre tout espoir raisonnable, elle lutta jusqu'au bout pour vivre enfin comme les autres. Ses camarades, ses amis, ses proches l'appelaient Estoucha.
Une véritable enquête – plus tout ce que Georges Waysand, son fils, était le seul à savoir – fait de ce récit un bouleversant devoir de mémoire.

 

Profession du père : fusillé

Profession du père : fusillé, écrivait à chaque rentrée scolaire le lycéen venu de sa banlieue à la demande des professeurs. Père inconnu, que certains appelaient Maurice, d’autres Jean. Parce que Mojszce Chaïm faisait trop connoté ? Père jamais vu consciemment, père invisible derrière l’image conventionnelle d’un héros, presque anonyme parmi les anonymes des débuts de ce qui ne s’appelait pas encore la Résistance au milieu du peuple des corons de la Zone Interdite, gens ordinaires sans lesquels rien n’eut été possible.

Cette présence d’une absence, expérience de l’histoire a été le ressort d’un triple voyage.

Voyage dans des archives dont l’existence n’était même pas soupçonnée et qui furent en France si longues à s’ouvrir.

Voyage vers les lieux d’exode ou d’actions marquées de rencontres improbables.

Voyage enfin vers le fort de Wambrechies (Nord) lieu des exécutions du 15 décembre 42.

Expérience de l’histoire dont tout rapprochement avec des faits actuels ou à venir serait, bien évidemment, purement fortuit ?

Rien à voir avec un quelconque devoir de mémoire, trop souvent cliché passe-partout de ceux qui se dispensent d’affronter le présent de ce passé.

Plein le dos, 365 gilets jaunes

 

Livre collectif

Depuis novembre 2018, le gilet jaune est devenu l’emblème de la lutte, son talisman. Il donne de la force à celles et ceux qui le portent, et des cauchemars au gouvernement. Au dos du gilet, chacun, chacune, raconte la survie quotidienne, le travail, la violence policière, les espoirs de changement, de révolution. Des blagues, des insultes, des chansons, des citations aussi. Une culture populaire, fière et fraternelle, s’affirme face à l’exploitation ordinaire et au mépris de classe.

Ce livre propose une sélection de 365 dos de gilet. Il a vu le jour grâce au collectif Plein le dos, qui recueille des milliers de photographies depuis le début du mouvement. Les bénéfices seront reversés à des caisses de solidarité avec les blessé.e.s et les inculpé.e.s.

[Recension sur le site EN ATTENDANT NADEAU]

PleinLeDosPleinLeDos [189 Kb]

Les oeuvres complètes de victor Hugo

 

Pour les amoureux de Victor Hugo et les collectionneurs de beaux livres : L’intégrale des œuvres dans l’édition définitive Hetzel-Quantin, publiée du vivant de l’auteur, d’après les manuscrits originaux. Une édition illustrée proposée par Le Monde.

Extrait de la présentation :

"Collectionnez la plus belle réédition des œuvres complètes de Victor Hugo : la seule édition définitive réalisée d’après les manuscrits originaux, validée par Victor Hugo lui-même et publiée du vivant de l’auteur par l’éditeur historique Hetzel.

Magnifiquement illustrée, cette luxueuse collection se distingue également par ses splendides cartonnages de couverture et est accompagnée de livrets inédits sur l’œuvre et l’univers de Victor Hugo..."

DE "VINCENNES" À SAINT-DENIS - La rançon des utopies

 

Livre d'Alice Bséréni

Assistante sociale dans une banlieue nord sinistrée jusqu'à son affectation à l'université expérimentale de « Vincennes », Alice Bséréni débute sa carrière dans les remous de mai 68, au sein d'une institution aux règles mouvantes voire obscures. Dans ce livre, mêlant souvenirs subjectifs et témoignage vivant de l'aventure collective, elle retrace son parcours et raconte comment, le bureau du service social, où ont défilé pendant trente ans les histoires singulières et les drames collectifs, apparaît comme une caisse de résonance des grands problèmes contemporains.

Dictionnaire amoureux de la langue française

 

Livre de Jean-Loup Chiflet (réédition en édition de poche)

Jean-Loup Chiflet nous fait partager son amour pour la langue française, son histoire, ses subtilités, ses difficultés, ses grands auteurs et lexicographes.

'Notre chère langue française riche de mille trésors est aussi pleine de pièges. C'est là son charme.
Il y a son histoire mouvementée depuis des siècles entre volontés de réformes plus ou moins radicales et désirs de purisme avec les sempiternels débats souvent polémiques sur l'orthographe ou le franglais et notre belle langue qui ficherait le camp à cause du langage des cités, des textos, etc..
Mais ce serait oublier toutes ses subtilités, ses surprises qu'elle nous offre sans cesse comme autant de beaux cadeaux : les mots de l'obsolète, l'accent circonflexe (et les autres), les mots techniques et ceux de la science, les drôles de toponymes et autres aptonymes, les mots du vin et de la gastronomie, les oxymores et le kakemphaton, les pluriels surprenants, les mots rares et ceux presque inutiles mais nécessaires, les nuances qui le font respirer, les mots savoureux, et tous les jeux qu'elle provoque (l'Oulipo).
Ce sont encore les grands "passeurs' inventeurs et franc-tireurs qui l'ont honorée, de Villon à Frédéric Dard, en passant par Rabelais, Racine, La Fontaine, Voltaire, Rimbaud, Desnos et tant d'autres, sans oublier de dignes lexicographes, Mercier Littré ou Alain Rey. Cette langue qui nous habite et que nous habitons, cette langue qui nous fait vivre."

Affaires personnelles

 

Livre de Agata Tuszynska
Qui s'en souvient ? En mars 1968, une campagne antisémite a de nouveau traversé la Pologne, cette fois, orchestrée par le pouvoir communiste. La génération qui a environ vingt ans se retrouve obligée de partir, abandonnant là toutes ses « affaires personnelles ».
Cinquante ans plus tard, Agata Tuszynska va à la rencontre de ces témoins, dispersés à travers le monde. Elle nous fait découvrir l'histoire de Juifs polonais, souvent enfants de la nomenklatura communiste, qui ignoraient parfois leur judéité et le passé de leurs parents.

« À cette époque, je ne savais pas que le sort des Juifs me concernait d'une quelconque façon. Plus tard, quinze ans durant, j'ai partagé la vie d'un homme que la cicatrice de ce Mars n'a jamais cessé de faire souffrir. Jusqu'à ses derniers jours il en parlait, ces souvenirs étaient les seuls à lui tirer les larmes. » Agata Tuszynska

["Ce qu’il reste des Juifs de Pologne", dans EAN du 15 juin 2020]

Etymologies pour survivre au chaos

 

Livre d'Andrea Marcolongo

Notre langage est devenu faible, accablé de néologismes et rongé par l’à-peu-près. En un mot : pauvre.
Notre langage va mal. Ainsi le monde que nous déchiffrons.
Comment sortir du chaos de l’approximation ?
Comment nous réapproprier nos mots ?

Songez que la plus simple marguerite contient en elle une perle, un rayon de lune et l’histoire d’un amour rarissime ; ou que le secret des confins, inaccessibles et inquiétants, est en réalité d’accueillir l’autre avec confiance.
Avec 99 mots, Andrea Marcolongo dessine un atlas étymologique et nous montre comment et pourquoi l’histoire de ces mots est une boussole précieuse pour qui voudra bien s’en munir.
Et si notre instinct de la langue et l’amour des étymologies donnaient le pouvoir de changer le monde ?

Citizen. Ballade américaine

 

Live de Claudia Rankine

« À terre. À terre tout de suite. J’ai dû aller trop vite. Non, tu n’allais pas trop vite. Je n’allais pas trop vite ? Tu n’as rien fait de mal. Alors pourquoi me contrôlez-vous ? Pourquoi suis-je contrôlé ? Fais voir tes mains. Les mains en l’air. Lève les mains. »

L’attaque est préméditée, assumée, d’une violence intolérable. Ou bien c’est simplement la langue qui fourche sans qu’on s’en rende compte, et le racisme parle à travers notre bouche. Citizen est un livre sur les agressions racistes.

Pour dire cette réalité, Claudia Rankine choisit une forme qui n’appartient qu’à elle : tour à tour poésie, récit ou pamphlet, Citizen décrit les expériences les plus intimes, les plus ténues pour y greffer ce que dépose en nous le flux de la vie quotidienne – propos saisis dans le métro, conversations, blagues, coupures de journaux, captures d’écran -, dans un vaste collage d’images et de voix. Une symphonie parfois dissonante où les mots les plus simples sont portés par une extraordinaire énergie poétique.

["Le racisme en noir et blanc", note de lecture de EAN, le 25/02/2020]

[Note de lecture dans ACTUALITTE du 23/02/2020]

CitizenCitizen [114 Kb]

L'insoumis

 

Livre de Judith Perrignon

« Le nom de Mohamed Ali semble désormais évoquer à lui seul le combat des hommes, l’insoumission. Comme si la vie était un ring. C’est pourquoi il fascine tant  jusqu’aux générations qui n’étaient pas nées,  et jusqu’au bout du monde.
Il y a deux ans, France Culture me demandait de le raconter sous la forme d’une Grande Traversée, une série documentaire de dix heures. Je me suis mise en quête de témoins directs et nous sommes partis sur les routes américaines à la rencontre d’un journaliste sportif du New York Times en retraite,  d’un Imam d’Indianapolis, ancien de Nation Of Islam et grand ami d’Ali, du vieux Captain Sam qui l’entraîna tout jeune à la mosquée de Miami,  de la famille de son manager,  des copains d’enfance restés à Louisville...
Leur voix sont puissantes, tout droit sorties d’une époque folle, dangereuse, clivée et rêveuse, elles jubilent de chacune de ses victoires comme si elle avait eu lieu hier,  elle souffrent encore de la mort de Malcolm X, reviennent au fondement de la foi musulmane chez une partie des Noirs Américains, se rappellent son déchirement au moment de la guerre du Vietnam, son lien au tiers-monde en plein réveil, puis comment l’amnésique Amérique se mit à l’aimer, malade et condamné au silence.
J’ai aimé ces gens, me frotter à leur expérience, leur croyance.
Il fallait faire un livre de cette série radio. Pour mieux revisiter ce voyage dans le temps et l’espace américain. Mieux lire ces voix. Et s’immiscer dans les oublis volontaires de nos mémoires. »
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Soit dit en passant

 

Livre de Woody Allen

Né en 1935 à Brooklyn, Woody Allen se lance dans le show-business à l’âge de seize ans en rédigeant des gags pour des chroniques dans différents journaux de Broadway, avant d’écrire pour la radio, la télévision, le théâtre, le cinéma et le New Yorker. Il quitte ensuite la solitude du bureau de l’écrivain pour devenir humoriste dans divers clubs, puis le célèbre réalisateur que l’on sait.
Durant les quelque soixante ans de sa carrière cinématographique, il a écrit et tourné cinquante films dont il est souvent aussi l’acteur principal. Il a reçu de nombreuses récompenses nationales et internationales, et a vu des statues érigées en son honneur (sans jamais d’ailleurs comprendre ce qui lui avait valu pareil hommage), et ses films ont été mis au programme d’écoles et d’universités dans le monde entier.
Dans Soit dit en passant, Woody Allen parle de ses premiers mariages, l’un avec un amour de jeunesse, le second avec la merveilleusement drôle Louise Lasser, qu’il continue d’adorer. Il décrit aussi son aventure avec Diane Keaton, qui s’est transformée en l’amitié d’une vie entière. Il revient sur ses relations professionnelles et personnelles avec Mia Farrow, qui ont amené à la réalisation d’un certain nombre de grands classiques, avant d’être suivies par une rupture orageuse dont se sont repus les tabloïds. Il confie qu’il a été le premier surpris quand, à cinquante-six ans, il a entamé une amourette avec Soon-Yi Previn, alors âgée de vingt-et-un ans, qui devait conduire à une grande histoire d’amour, passionnée et retentissante, et à un mariage heureux de plus de vingt ans.

Sur un ton souvent désopilant, d’une honnêteté absolue, plein d’intuitions créatives mais traversé de perplexité, c’est le récit d’une icône américaine qui vous dit tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander.