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Livres 2011

Livres 2011

Bonnes lectures

 

Liste alphabétique des 880 auteur.e.s et des 911 livres présentés sur le site depuis 2010.

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Livres 2011

tous les livres depuis 2013

Pierre Bergounioux

 

Cahier dirigé par Jean-Paul Michel

L’oeuvre de Pierre Bergounioux est des plus singulières. Par ses objets, sa manière, sa langue, les vues que l’auteur s’emploie à soutenir avec énergie, le ton qui sont les siens. Pierre Bergounioux s’est voulu le témoin de la mutation qui vit, en moins d’un demi-siècle, les campagnes de l’Europe occidentale se vider de leur population. Un témoin non moins attentif qu’impliqué. Son oeuvre entretisse à petits points les fils de la découverte des mondes proches, du soi, des mondes extérieurs successifs à quoi contraint le passage du temps, la ruée des bouleversements technologiques,…

Ce volume, riche de nombreuses contributions de l’auteur touchant le chemin des grandes rencontres littéraires, mais aussi les grands événements de sa vie personnelle, assemble un faisceau de lectures sensibles, probes, d’auteurs contemporains disant la surprise, le sérieux, l’éclat, la portée d’une oeuvre tissée de tant de fils, parmi lesquels : Gabriel Bergounioux, Michael Bishop, Michael Brophy, Serge Canadas, Dominique Charnay, Eric Dazzan, Laurent Demanze, Jean-Paul Goux, Karim Haouadeg, Marie-Hélène Lafon, Yves Leclair, Pierre Michon, Jacques Réda, John Taylor.

Souvenirs de l'avenir

 

Livre de Siri HUSTVEDT

En 1978, une jeune femme en quête d’aventure, S. H., s’installe à New York dans l’intention d’écrire son premier roman. Mais elle se voit bientôt distraite de ses projets par sa mystérieuse voisine, Lucy Brite, dont les propos aussi confus qu’inquiétants lui parviennent à travers la mince cloison de leur immeuble décrépi. S. H. se met à transcrire les étranges monologues de Lucy, où il est question de la mort brutale de sa fille et du besoin qui la taraude de châtier son assassin. Jusqu’à cette nuit de violence où Lucy fait irruption dans l’appartement de S. H.
Quarante ans plus tard, S. H. retrouve le journal qu’elle a tenu cette année-là et entame un récit autobiographique – Souvenirs de l’avenir – dans lequel elle juxtapose savamment les textes contenus dans le journal, les ébauches du roman qu’elle tentait d’écrire alors, et les commentaires que ces brouillons de jeunesse inspirent à la romancière chevronnée qu’elle est devenue, afin de créer un dialogue entre ses différents “moi” à travers les décennies.
Virtuose, incisif et poignant, le septième roman de Siri Hust vedt rassemble et magnifi e les thèmes qui ont fait d’elle l’un des écrivains les plus reconnus de sa génération : le caractère faillible de la mémoire, la brutalité du patriarcat, les traumatismes qui livrent leurs secrets bien des années plus tard, l’œuvre du temps et la capacité de l’imaginaire à recréer le présent, voire à le guérir. Ce “portrait de l’artiste en jeune femme”, voluptueuse superposition de récits, est un subtil alliage de réminiscences, de drôlerie et de magie narrative.

PIERRE MICHON : Création romanesque et écriture (auto)biographique

 

Livre d'Asma Rezgui-Turki

Les écrits de Pierre Michon sont en majorité des biographies fictives où grands auteurs (ou peintres) et personnages anonymes, "minuscules", vont se côtoyer. La présente étude tente de démêler l'écheveau de cette écriture complexe et fascinante en suggérant quelques pistes originales de lecture.

Nous aurons aussi de beaux jours - Écrits de prison

 

Livre de Zehra Doğan

Ce livre rassemble les lettres que l’artiste et journaliste militante kurde Zehra Doğan, durant ses 600 jours d’incarcération, a adressées à son amie Naz Öke, journaliste turque vivant en France et animatrice, avec Daniel Fleury, du webzine Kedistan pour la liberté d’expression.
Cette correspondance passionnée révèle une femme d’une générosité et d’une énergie exceptionnelles, une artiste surdouée, une poétesse, mais aussi une fervente militante pour la liberté des femmes et les droits des Kurdes, soucieuse des autres et du monde.

« Je pourrais te raconter tout ce qui se passe ici mais les mots me manquent pour te parler du chant de ces femmes. Pourtant, leurs voix qui s’élèvent depuis ces quatre murs et s’accrochent aux barbelés sont celles qui expriment le mieux l’emprisonnement. Ces voix, que la pluie accompagne, nous frappent au visage et chantent la révolte de l’emprisonnement, dans toute sa nudité. » (10 décembre 2018)

Le train comme vous ne l'avez jamais lu - Paroles de cheminots

 

Livre : 33 récits sous la coordination de Christine Depigny-Huet et Pierre Madiot.

Chacun est prompt à donner son avis sur le " statut " des cheminots... mais que font-ils vraiment ? Le sait-on ? Cet ouvrage est une plongée passionnante dans le quotidien de leur travail. Raconter le travail des cheminots Dans le débat public, il est beaucoup question du statut des cheminots, des grèves, d'endettement, de la fermeture de gares... Il y a pourtant toujours un grand absent : le travail des gens du rail tel qu'ils le font et le vivent au quotidien, et ce qu'ils mettent d'eux pour que, jours et nuits, les trains circulent. En une trentaine de récits, cet ouvrage plonge au coeur du travail, aux guichets, dans les bureaux, en gare, sur les voies, dans les trains... formant une mosaïque de textes qui nous font voyager dans l'univers fascinant du train. La culture cheminote Rassemblant les récits par métiers, les chapitres seront introduits par des courts récits centrés sur le parler cheminot. Car chaque métier a son appellation ! " Pieds fins ", " Bras morts ", " Araignées de fourgon " et " Fromage blanc " ne sont qu'un échantillon d'une vaste culture dont témoignent la plupart des textes réunis dans cet ouvrage. Une culture profonde, facteur d'union, qui rime avec service public et solidarité.

La Fraternité ce n’est pas qu’un mot au fronton des mairies ...

 

Titre complet : La Fraternité ce n’est pas qu’un mot au fronton des mairies - Paroles de ceux qui accueillent

Livre de Martine Blanchard et Josianne Gabry

Loin du tumulte médiatique, aux quatre coins de la France, dans les villes et les villages, des milliers de Français accueillent des exilés. Un immense élan de
solidarité et de fraternité dont rend compte cet ouvrage. Les auteures ont rencontré certains de ces bénévoles et leur ont donné la parole.
Car qui peut mieux rendre compte de la réalité de l’accueil que ceux qui le pratiquent au quotidien ?
Avec eux, à travers leurs témoignages, on découvre les difficultés et la complexité des démarches de la demande d’asile : les queues interminables pour obtenir un premier rendez-vous, les déplacements, l’attente angoissée de la réponse et l’espoir d’une vie normale en France. Mais pendant ce temps, où dormir, où se nourrir, où apprendre le français quand les pouvoirs publics n’assument pas leurs responsabilités ? Les bénévoles proposent des solutions alternatives pour répondre à ces besoins fondamentaux.
Militants de longue date ou tout récemment mobilisés, ils parlent de leur histoire personnelle, de leurs valeurs, l’humanité, la solidarité et racontent comment ils sont passés de la compassion à l’engagement citoyen. Engagement qui les fait s’organiser en associations et collectifs pour assumer le rôle de l’État quand il ne respecte pas ses propres lois. Ce sont eux alors qui font vivre dans des actions concrètes le principe de fraternité inscrit dans la devise républicaine.

LaFratenite...LaFratenite... [382 Kb]

Dernière sommation

 

Livre de David Dufresne

Dans le Paris de l’insurrection, un enquêteur indépendant  : Étienne Dardel.
Une jeune réalisatrice, Vicky, qui tombe aux marches de l’Assemblée nationale.
Sa mère, sur un rond-point du Tarn, passée du Parti socialiste au Rassemblement national.
Le directeur de l’Ordre public, un républicain qui veut croire en la police.
Place Beauvau, un ministre qui tweete et qui tangue.
 
Et tout un monde qui traverse Dernière sommation comme un tableau vivant  : garde du corps incontrôlable, street medic courageuse, président assiégé, policiers en roue libre, éditorialistes compromis, entre mensonges et raison d’État.
 
Le grand roman de l’insurrection, tout en urgence et en modernité.
Le premier roman de David Dufresne

[Un article paru le 15 octobre 2019 dans EAN].

Les Réfugiés

 

Livre de Viet Thanh Nguyen

Auteur du retentissant Sympathisant, Viet Thanh Nguyen livre un recueil de nouvelles d'une justesse, d'une acuité et d'une élégance peu communes, et offre sa voix à tous les déracinés.

Dans un pays où tout était affaire de possessions, nous ne possédions rien d'autre que nos histoires.

Vietnamiens, ils ont fui le communisme à la fin des années 1970 pour s'exiler de l'autre côté du Pacifique, en Californie. Ils vivent entre deux rives, entre pays d'adoption et pays de naissance, pas encore Américains, plus tout à fait Vietnamiens. Certains sont figés dans le passé, hantés par les fantômes, effarés par l'hédonisme occidental ; d'autres veulent aller de l'avant, pour eux, pour les enfants, pour la possibilité d'une autre vie. Pour n'être plus simplement des réfugiés.

LesRefugiesLesRefugies [53 Kb]

Vagabondes, voleuses, vicieuses : ...

 

Titre complet : Vagabondes, voleuses, vicieuses : Adolescentes sous contrôle de la Libération à la libération sexuelle

Livre de Véronique Blanchard

Luce : « vagabonde » ;

Adèle : « voleuse » ;

Émilienne : « vicieuse ».

Trois mots, qui valent rappel à l'ordre, réquisitoire, sanction. Ou comment le langage, le système éducatif, la psychiatrie et l'institution judiciaire construisent le féminin, en lui opposant des contre-modèles. Dans les années 1950 et 1960, une adolescente a tôt fait de virer « mauvaise fille » : un flirt, une sortie au bal ou au café, voire une simple fugue de quelques heures peuvent suffire à enclencher l'engrenage judiciaire, qui la conduit devant le juge des enfants. Beaucoup seront ensuite placées en internat, hospitalisées, ou emprisonnées. Un mécanisme que Véronique Blanchard dévoile à travers l'analyse de centaines de documents exhumés des archives du tribunal pour enfants de la Seine. Les voix des jeunes filles qui en surgissent racontent autant de trajectoires brisées, de rêves réprimés et de révoltes indomptées. Elles nous plongent dans les coulisses de la fabrique du genre et des inégalités. Car si les lois ont évolué, si les regards portés sur le genre ont changé, si les adolescentes d'aujourd'hui ne portent plus les mêmes prénoms, certains mécanismes, eux, perdurent : ces voix n'ont aujourd'hui rien perdu de leur force subversive

[Un article paru dans "La Vie des Idées" - 28 octobre 2019]

Nous étions nés pour être heureux

 

Livre de Lionel Duroy

Depuis trente ans, Paul a fait de son histoire familiale, et du désastre que fut son enfance, la matière même de ses romans. Une démarche que ses frères et soeurs n'ont pas comprise, au point de ne plus lui adresser la parole pendant de longues années. Et puis arrive le temps de la réconciliation. Paul décide de réunir à déjeuner, dans la maison qui est devenue son refuge, tous les protagonistes de sa tumultueuse existence : ses neuf frères et soeurs, leurs enfants et les siens, et même ses deux ex-femmes.
Viendra qui voudra. Et advienne que pourra.
Le temps d'un singulier repas de famille, Lionel Duroy parvient à reconstituer tous les chapitres essentiels de la vie d'un homme. Avec sa profondeur psychologique habituelle et l'élégance de son style, il livre ici un récit vibrant de vérité sur les liens indestructibles de l'enfance, la résilience et la paix enfin retrouvée.

[Un aricle paru dans FLORILETTRES]

 

 Lionel Duroy : "La vie est une forme de métier que l'on devrait apprendre à l'école" (France Inter, le13 octobre 2019) 

Le Ghetto intérieur

 

Livre de Santiago H. Amigorena

Buenos-Aires, 1940. Des amis juifs, exilés, se retrouvent au café. Une question : que se passe-t-il dans cette Europe qu’ils ont fuie en bateau quelques années plus tôt ? Difficile d’interpréter les rares nouvelles. Vicente Rosenberg est l’un d’entre eux, il a épousé Rosita en Argentine. Ils auront trois enfants. Mais Vicente pense surtout à sa mère qui est restée en Pologne, à Varsovie. Que devient-elle ? Elle lui écrit une dizaine de lettres auxquelles il ne répond pas toujours. Dans l’une d’elles, il peut lire : « Tu as peut-être entendu parler du grand mur que les Allemands ont construit. Heureusement la rue Sienna est restée à l’intérieur, ce qui est une chance, car sinon on aurait été obligés de déménager. » Ce sera le ghetto de Varsovie. Elle mourra déportée dans le camp de Treblinka II. C’était l’arrière-grand-mère de l’auteur.

Santiago H. Amigorena raconte le « ghetto intérieur » de l’exil. La vie mélancolique d’un homme qui s’invente une vie à l’étranger, tout en devinant puis comprenant la destruction de sa famille en cours, et de millions de personnes. Vicente et Rosita étaient les grands-parents de l’auteur qui écrit aujourd’hui : « Il y a vingt-cinq ans, j’ai commencé un livre pour combattre le silence qui m’étouffe depuis que je suis né ». Ce roman est l’histoire de l’origine de ce silence.

[2 critiques opposées à lire avec la fiche PDF : En attendant Nadeau : « Déception. On a presque envie de dire : Dieu n’est pas un romancier, Amigorena cette fois-ci non plus. » / Les Inrocks : « Le Ghetto intérieur est, de tous les textes de la rentrée, celui qui mériterait le plus une belle récompense littéraire. »]

L’empire, l’usine, l’amour "Travailleurs indochinois" en France et en Lorraine

 

Livre de Pierre Daum, Yse Tran, Gilles Manceron, Dominique Rolland 

Ce livre retrace l'histoire des " travailleurs indochinois " venus en France en 1939 pour les besoins de la guerre, puis envoyés en Lorraine (Moselle, Meurthe et Moselle et Vosges) à partir de 1945. Cette histoire ouvrière (l'usine) s'articule avec la lutte pour l'indépendance du Vietnam (l'empire) et des rencontres avec des Françaises (l'amour).

Ce livre retrace l'histoire des " travailleurs indochinois " venus en France en 1939 pour les besoins de la guerre, puis envoyés en Lorraine (Moselle, Meurthe et Moselle et Vosges) à partir de 1945. Cette histoire ouvrière (l'usine) s'articule avec la lutte pour l'indépendance du Vietnam (l'empire) et des rencontres avec des Françaises (l'amour).
Dans une introduction, l'historien Gilles Manceron présente cet épisode méconnu du passé colonial français et souligne ce cas unique d'exportation en métropole de la situation coloniale.
Ces " travailleurs indochinois " sont d'abord utilisés dans les usines d'armement – puis dans tous les secteurs de l'industrie française – pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). En 1945, le gouvernement français envoya plusieurs milliers de ces hommes en Lorraine, dont les industries réclamaient une nombreuse main-d'œuvre. Certains finirent par retourner au Vietnam, d'autres s'installèrent définitivement en France. Dans le même temps, une guerre de libération du joug colonial était menée en " Indochine ", à laquelle la plupart de ces hommes prirent part en métropole – manifestations, meetings, distribution de tracts, accueil de Ho Chi Minh à l'été 1946, etc.
On connaissait la Lorraine comme creuset des immigrations ouvrières européennes, venues pour des motifs économiques. Cette immigration vietnamienne est non seulement restée étrangement inconnue, mais elle est structurellement différente des autres : ses motifs sont à rechercher dans l'histoire coloniale. Deux autres sujets sont absents des immigrations européennes : la lutte anticoloniale, à laquelle ces hommes ont largement participé ; et les rapports amoureux dans un contexte colonial.
L'ouvrage conçu par le journaliste Pierre Daum et la cinéaste Ysé Tran repose sur leur enquête menée sur plusieurs années et prend sa force au plus près des témoins : récits de vie, entretiens, photographies de famille. Le livre reproduit aussi des clichés d'archives publiques (Centre des archives nationales de la France d'Outre-mer à Aix-en-Provence, Archives départementales de Moselle) ou de journaux locaux ou d'archives privées d'entreprises. Environ 80 photographies et documents représentent ainsi les " travailleurs indochinois " dans les camps de travail pendant la guerre ; les travaux effectués ensuite dans toute la France, en Lorraine ; lors des manifestations politiques ; en famille, dans l'intimité.

[agenda des présentations du livre]

[dossier de presse]

Car la nuit s'approche

 

Livre d'Anna Enquist

À la suite d’une violente agression, un quatuor de musiciens amateurs formé d’amis de longue date se disperse. Caroline, tentant de surmonter sa dépression, laisse son mari Jochem à ses préoccupations sécuritaires et part en Chine rejoindre Hugo, qui organise désormais des festivals d’échanges artistiques entre Orient et Occi dent. Avec lui, elle s’initie à la culture chinoise, rencontre les jeunes musiciens du conservatoire de Shanghai, puis fait la connaissance de Max, un pédiatre américain qui parcourt le pays pour enquêter sur les conditions de vie dans les orphelinats. Caroline est alors prise entre sa révolte, son impuissance face à la misère dans laquelle croupissent ces enfants abandonnés, et la passion que lui inspire ce héros de l’humanitaire. Mais s’agit-il pour lui d’un sacerdoce… ou d’une fuite ?
Alors que, loin de chez elle, sa vie prend une tournure inattendue, Caroline doit faire des choix : qui aimer, où vivre, comment réinventer sa façon d’exercer la médecine, comment renouer avec sa pratique musicale, comment raviver des liens d’amitié mis à rude épreuve ?
Après le rythme haletant de Quatuor, le dernier roman de l’auteur – et le premier volume consacré aux mésaventures de ces quatre amis musiciens –, Anna Enquist privilégie un tempo plus lent, plus intime, pour dire les ravages et la désunion que peut provoquer un traumatisme, et les étapes de la reconstruction.

Dire Auschwitz - Ce que peuvent les mots

 

Livre de Henri Borlant et Dominique Philippe

Ce corps à corps avec le langage épuise, construit parfois l’insatisfaction de ne pas avoir été à la hauteur de ses promesses.
Témoigner c’est encore accepter son impuissance à bâtir, comme le dit Henri Borlant, le récit exact des faits. Mais témoigner c’est aussi faire confiance à celui qui vous écoute et qui saura, dans les silences, les hésitations, les attitudes du témoin, y mettre ses propres mots.
Auschwitz n’a pas englouti la parole, car l’interrogation sur le « comment dire », quatre-vingts ans plus tard, témoigne à son tour de notre condamnation à comprendre ce que fut cet improbable, mais réel, ailleurs : Auschwitz-Birkenau.
Le terme génocide, la notion juridique de crime contre l’humanité dit, à son tour, la capacité de l’homme à créer un langage, au plus près de ce que fut l’indicible.
Les mots portent en eux la puissance de la vérité.

[Holocauste ou Shoah ? Génocide ou ‘Hourbane ? Quels mots pour dire Auschwitz ? Histoire et enjeux des choix et des rejets des mots désignant la Shoah - un article paru la Revue d’Histoire de la Shoah - 2006]

DireAuschwitzDireAuschwitz [156 Kb]

Mur Méditerranée

 

Livre de Louis-Philippe Dalembert 

Il fait nuit. Un vieux chalutier vient de quitter les côtes libyennes pour tenter de rejoindre l’île de Lampedusa. A son bord, des hommes, des femmes et des enfants pour qui ce trajet représente la dernière étape avant l’arrivée en Europe. Parmi eux, trois femmes, aux parcours très différents, se soutiennent dans cette traversée apocalyptique.

Chochana a compris que son pays, le Nigéria, ne lui permettra jamais de devenir avocate. Semhar, la jeune érythréenne, veut quitter la dictature de son pays et son service militaire obligatoire. Dima ne voit pas quel avenir elle peut apporter à ses enfants en poursuivant sa vie en Syrie. Vient alors pour chacune le moment de prendre la décision : quitter son pays. Il faut organiser la fuite, réunir l’argent et contacter des passeurs, ces hommes qu’elles devront suivre aveuglément pour traverser les frontières puis la mer.

Avec ces trois femmes, Louis-Philippe Dalembert offre des visages et surtout une parole à cette tragédie devenue familière. Trois femmes déterminées, embarquées dans un périple qui souvent les dépasse mais qui jamais ne les fait abdiquer. Un texte d’une rare puissance.

[Tahar Ben Jelloun - « Mur Méditerranée », un grand roman (Le Point 17/08/2019)

MurMediterraneeMurMediterranee [108 Kb]

orwell

 

 BD de Sébastien Verdier (dessin) et Pierre Christin (scénario)

Orwell est passé à la postérité grâce à 1984, qu'il a écrit en 1948, et à son invention prophétique de Big Brother, préfigurant, il y a soixante-dix ans, le contrôle des médias, Internet et la manipulation des données personnelles. Mais sa vie fut tout aussi passionnante que ses livres : elle montre un homme toujours en avance sur son temps, étudiant à Eton et flic en Birmanie, combattant de la guerre d'Espagne, antistalinien et journaliste – ses enquêtes firent d'ailleurs grand bruit. Pierre Christin se plonge avec délectation dans cette vie hors norme.

L'auteur, Pierre Christin, présente sa BD

 

Feuilleter quelques planches de la BD

  

Orwell_BDOrwell_BD [113 Kb]

Une bête au paradis

 

Livre de Cécile Coulon

La vie d’Émilienne, c’est le Paradis. Cette ferme isolée, au bout d’un chemin sinueux. C’est là qu’elle élève seule, avec pour uniques ressources son courage et sa terre, ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Les saisons se suivent, ils grandissent. Jusqu’à ce que l’adolescence arrive et, avec elle, le premier amour de Blanche, celui qui dévaste tout sur son passage. Il s’appelle Alexandre. Leur couple se forge. Mais la passion que Blanche voue au Paradis la domine tout entière, quand Alexandre, dévoré par son ambition, veut partir en ville, réussir. Alors leurs mondes se déchirent. Et vient la vengeance. Une bête au Paradis est le roman d’une lignée de femmes possédées par leur terre. Un huis clos fiévreux hanté par la folie, le désir et la liberté.

Vocabulaire des histoires de vie et de la recherche biographique

 

Livre sous la direction de Christine Delory-Momberger

(Avec la participation de Michel ALHADEFF-JONES, Peter ALHEIT, Carole BAEZA, René BARBIER, Jean-Marie BARBIER, Ania BEAUMATIN, Guy BERGER, Christophe BLANCHARD, Sophie BOBBE, Etienne BOURGEOIS, François BOURGUIGNON, Jean-Claude BOURGUIGNON, Jean-Pierre BOUTINET, Hervé BRETON, Gilles BROUGERE, Jean-François CHIANTARETTO, Mireille CIFALI BEGA, Lucile COURTOIS, Bettina DAUSIEN, Vincent DE GAULEJAC, Elizeu Clementino DE SOUZA, Guy DE VILLERS, Christine DELORY-MOMBERGER, Anne DIZERBO, Pierre DOMINICE, Michel FABRE, Daniel FELDHENDLER, Cédric FRETIGNE, Carmen Teresa GABRIEL, Mike GADRAS, Izabel GALVAO, Philippe GASPARINI, Florence GIUST-DESPRAIRIES, Jean GUICHARD, Christian HESLON, Rémi HESS, Bernard HONORE, Sébastien HUBIER, Dominique JAILLON, Martine JANNER-RAIMONDI, Denise JODELET, Anne JORRO, Mokhtar KADDOURI, Pascal LAFONT, Martine LANI-BAYLE, Alexis LE BLANC, Elsa LECHNER, Francis LESOURD, Béatrice MABILON-BONFILS, Danilo MARTUCCELLI, Michèla MARZANO, Jérome MBIATONG, Valérie MELIN, Christine MIAS, Yoan MIEYAA, Valéria MILEWSKI, Muriel MOLINIE, Pascale MOLINIER, Servanne MONJOUR, Alain MONTANDON, Christiane MONTANDON, Gabriel Jaime MURILLO-ARANGO, Augustin MUTUALE, Christophe NIEWIADOMSKI, Roselyne OROFIAMMA, Pascal OURGHANLIAN, Lucia OZORIO, Pierre PAILLé, Thierry PAQUOT, Marcel PARIAT, Maria PASSEGGI, Maela PAUL, Gaston PINEAU, Yves REUTER, Jacques RHEAUME, Jean-Yves ROBIN, Karine RONDEAU, Silvia ROSSI, Valérie SACRISTE, Jean-Jacques SCHALLER, Françoise SIMONET-TENANT, Mathis STOCK, Daniel SUAREZ, Catherine TOURETTE-TURGIS, Letitia TRIFANESCU, Pierre VERMERSCH, Christian VERRIER, Christiane VOLLAIRE, Christoph WULF)

Transcendant les disciplines et les courants, ce Vocabulaire présente un bilan des notions, des démarches, des pratiques et des travaux qui constituent le fonds commun des chercheurs et des praticiens se réclamant des histoires de vie et de la recherche biographique. Celle-ci vise à rendre compte de la relation particulière que le sujet entretient avec le monde historique et social par son activité biographique – soit l’ensemble des modes de manifestation et d’écriture de soi par lequel il se reconnaît lui-même et se fait reconnaître par les autres. La recherche biographique interroge ainsi la manière dont l’individu se constitue en tant qu’être social singulier à partir des formes de son expérience dans leurs dimensions tout à la fois anthropologique et historique, psychique et sociale, politique et éducative.

Rédigé par des spécialistes du domaine, le Vocabulaire donne à voir l’éventail des représentations et des problèmes, tant théoriques que méthodologiques, qui constituent l’univers de référence de ce champ encore jeune dans le paysage français des sciences humaines et sociales mais issu d’une tradition déjà ancienne dans les pays anglo-saxons et germaniques. Il a pour ambition de faire reconnaître le paradigme biographique comme une approche spécifique pour la recherche et les interventions éducatives, sanitaires et sociales.

Virginia Woolf - Vita Sackville-West. Correspondance 1923-1941

 

 Livre de Vita Sackville-West et Virginia Woolf   (réédition juin 2019)

C’est au cours d’un dîner, en 1922, que Virginia Woolf rencontra Vita Sackville-West, qui allait être, jusqu’à sa mort, une des personnes les plus importantes de sa vie. En lisant leur correspondance, qui se poursuivit sur plus de dix-huit ans, on ne peut douter de la profondeur de la passion indestructible qui lia ces deux femmes exceptionnelles. Vita-Sackville West excellait dans l’art de la correspondance, que ce soit pour dépeindre les jardins anglais, les montagnes de la Perse ou les déserts de l’Arizona. Ses lettres nous transportent dans une époque où Gide et Proust choquaient, où un procès en obscénité était intenté à une romancière accusée de saphisme. Virginia Woolf, pour sa part, se débattait sans cesse dans les affres de l’enfantement de « sa » vérité de l’écriture. À travers cette correspondance, c’est un nouvel aspect de son fascinant et multiple visage que nous apprenons à connaître.

« Le style est une question de rythme », article paru dans L'INVENTOIRE, le 23 septembre 2019]

Encre sympathique

 

Livre de Patrick Modiano

"Et parmi toutes ces pages blanches et vides, je ne pouvais détacher les yeux de la phrase qui chaque fois me surprenait quand je feuilletais l'agenda : "Si j'avais su...". On aurait dit une voix qui rompait le silence, quelqu'un qui aurait voulu vous faire une confidence, mais y avait renoncé ou n'en avait pas eu le temps".

 

la tentation

 

Livre de Luc Lang

C’est l’histoire d’un monde qui bascule. Le vieux monde qui s’embrase, le nouveau qui surgit. Toujours la même histoire… et pourtant. François, chirurgien, la cinquantaine, aime chasser. Il aime la traque, et même s’il ne se l’avoue pas, le pouvoir de tuer. Au moment où il va abattre un cerf magnifique, il hésite et le blesse. À l’instant où il devrait l’achever, il le hisse sur son pick-up, le répare, le sauve. Quel sentiment de toute-puissance venu du fond des âges l’envahit ? Quand la porte du relais de chasse en montagne s’ouvre sur ses enfants, que peut-il leur transmettre ? Une passion, des biens, mais en veulent-ils seulement ? Son fils, banquier, a l’avidité du fauve. Sa fille, amoureuse éperdue, n’est plus qu’une bête traquée. Ce sont désormais des adultes à l’instinct assassin. Qui va trahir qui ? Luc Lang a écrit ici son histoire familiale de la violence. Son héros croit encore à la pureté. Cet ample roman nous raconte superbement sa chute et sa rédemption.

[entretien avec Georgia Makhlouf - L'Orient littéraire - octobre 2019]

LaTentationLaTentation [181 Kb]

Les voies du récit

 

Livre sous la direction d'Aanita Slowik, Geviève Tschopp, Marie-Claude Bernard

Les récits de vie sont bien connus en recherche. Ils permettent de construire une vision fine et subtile du monde vécu, de la société vue de l’intérieur. Mais ils sont utilisés dans bien d’autres milieux, notamment en formation professionnelle, dans des interventions visant la transformation sociale ou dans le champ de l’éducation. Les seize chapitres de cet ouvrage proposent d’explorer de tels usages des pratiques biographiques et autobiographiques dans des contextes variés. Les auteurs et les autrices, venant des deux côtés de l’Atlantique (Suisse, Pologne, France, Portugal, Cameroun, Gabon, Brésil et Canada), témoignent ainsi de la diversité et de la fécondité de ces pratiques. Cet ouvrage est le fruit d’un partenariat de trois années entre l’Université de Basse-Silésie (Pologne), l’Université de Tours (France) et l’Université Laval (Québec, Canada).

  • Ce livre est aussi disponible gratuitement en PDF ou en HTML
LesVoiesDuRecitLesVoiesDuRecit [555 Kb]

DIX-NEUF FEMMES - les syriennes racontent

 

Livre de Samar Yazbek

« 19 femmes est le fruit d’une série d’entretiens que j’ai menés avec des Syriennes dans leurs pays d’asile, ainsi qu’à l’intérieur du territoire syrien. À chacune j’ai demandé de me raconter ‘‘leur’’ révolution et ‘‘leur’’ guerre. Toutes m’ont
décrit le terrible calvaire qu’elles ont vécu.
Je suis hantée par le devoir de constituer une mémoire des événements qui contrerait le récit qui s’emploie à justifier les crimes commis, une mémoire qui, s’appuyant sur des faits incontestables, apporterait la preuve de la justesse de notre cause. Ce livre est ma façon de résister. »   SAMAR YAZBEK

Avec ce document unique, capital, sur le rôle des femmes dans la révolution, Samar Yazbek rend leur voix aux Syriennes, la voix de la résistance, la voix de l’espoir.

DixNeufFemmesDixNeufFemmes [123 Kb]

Dans la tête d'Orwell

 

Livre de Christopher Hitchens  

L’indépendance d’esprit de l’auteur de 1984 fascine parce qu’elle n’est pas innée mais acquise. Gagnée de haute lutte. Avant de devenir une référence humaniste, Orwell a dû en permanence lutter. Lutter pour se défaire de sa méfiance envers les pauvres, surmonter son allergie aux peuples « de couleur », faire taire ses préventions envers les juifs, dominer sa maladresse avec les femmes, combattre son homophobie.

Frère d’armes de l’écrivain-pamphlétaire, Hitchens nous donne ainsi à lire le portrait d’un visionnaire dont le génie créateur lui a fait combattre avec la même lucidité l’impérialisme (découvert lorsqu’il était soldat en Birmanie), le fascisme et le stalinisme, auxquels il fut directement confronté pendant la guerre d’Espagne. Toute sa vie Orwell s’oppose à ces versions d’un monde totalitaire qui servira de modèle au cauchemar de 1984.

Hitchens, lui-même en révolte contre toutes les hypocrisies de notre temps, est d’autant plus à l’aise pour saisir la pertinence de la pensée d’un homme en avance sur son époque : du politiquement correct au risque nucléaire, des crispations identitaires à l’utopie européenne, de l’essoufflement de la démocratie aux pandémies d’une mondialisation qu’on imaginait heureuse mais dont les GAFA, enfants naturels de « Big Brother », révèlent les pièges.

George Orwell est tout entier dans son œuvre. Sa vie est son œuvre et son œuvre est sa vie. Hitchens l’a compris. C’est ce qui fait le prix de cette somptueuse plongée dans les arcanes de la création.

APPROCHES (AUTO)BIOGRAPHIQUES ET NOUVELLES ÉPREUVES DE TRANSITIONS ...

 

Titre complet : APPROCHES (AUTO)BIOGRAPHIQUES ET NOUVELLES ÉPREUVES DE TRANSITIONS - Construire du sens avec des parcours de vie

Livre sous la direction d'Aneta Slowik, Patrick Rywalski, Elizeu Clementino De Souza

Comment construire du sens avec des parcours de vie, plus qu'avec des discours surplombant cette vie ? Comment les personnes racontent-elles les différents moments de leur vie les ayant amenées à changer d'environnement, à modifier leur état intérieur ? Seize récits venus du Brésil, du Niger, du Québec, d'Albanie, d'Algérie, de France, de Pologne et de Suisse nous montrent la traversée d'une région à une autre, leur propre développement et leur cheminement profond.

Relier ces visions d’une démarche externe et visible à celle interne et cachée apporte une force d’interprétation à ce que nous croyons saisir des dispositions de santé, de spiritualité, d’écriture, d’émotions. C’est montrer la complexité du réel. Les auteurs et autrices, venant du monde de la recherche ou de la formation des adultes, révèlent ces souffles de vie, ces espoirs, ces énergies intimes. Le double mouvement de la migration et de la transition personnelle s’interpelle en écho dans les deux parties de l’ouvrage. Cent ans après la publication du classique de la sociologie américaine The Polish peasant in Europe and America : monograph of an immigrant group de W. Thomas et F. Znaniecki (1918), deux autres ouvrages, présentés à l’intérieur du livre, viennent souligner les apports et les mouvements des approches biographiques. Ces textes évoquent l’actualité toujours croissante des pratiques d’approches (auto) biographiques comme une nécessité de renouvellement du sens de la vie au moment où nous sommes autant confrontés à l’immatérialité de nos actions quotidiennes.

La source de l'amour-propre : Essais choisis, discours et méditations

 

Livre de Toni Morrison

La Source de l'amour-propre réunit une quarantaine de textes écrits par Toni Morrison au cours des dernières décennies, où se donne à lire, dans toute son évidence, sa généreuse intelligence. Elle s'implique, débat, ou analyse des thèmes aussi variés que le rôle de l'artiste dans la société, la question de l'imagination en littérature, la présence des Afro-Américains dans la culture américaine ou encore les pouvoirs du langage. On retrouve dans ces essais ce qui fait également la puissance de ses romans : l'examen des dynamiques raciales et sociales, sa grande empathie, et son pragmatisme politique

[Note de lecture de TELERAMA,  01/10/2019].

On ne nait pas infirmière

 

Livre de Charline

Quand devient-on infirmière ? Est-ce le jour où l'on obtient son diplôme ? celui où l'on pose son premier pansement ? où l'on perd son premier patient ? Est-ce celui où l'on apprend à se blinder, ou celui où l'on espère ne jamais arriver à le faire ? Je suis devenue infirmière sur les bancs de l'école, bien sûr, mais aussi au contact des patients. J'ai appris les gestes et les dosages dans les manuels et grâce aux profs, mais aussi et surtout par la pratique et par ce que les autres soignants m'ont transmis. Soigner, c'est cet ensemble de technique, de psychologie et d'attention qui fait que l'humain reste au coeur de chaque contact, de chaque geste et de chaque intervention. Soigner, c'est penser à préserver la pudeur du patient dont je fais la toilette, même si c'est le dixième de la matinée ; c'est savoir quelle est la robe du dimanche de ma patiente, et quelle quantité d'eau de Cologne elle aime que je lui dépose au creux des poignets ; c'est aussi comprendre à la voix de l'un qu'aujourd'hui est un mauvais jour. Et cette connaissance intime des joies, des craintes, des manies ou de la fatigue de chacun est au coeur de mon métier. C'est pour cela que je l'aime : parce que chacun est unique. C'est aussi pour cela qu'il faut le protéger, ce métier : parce qu'il est essentiel que nous, les soignants, puissions être disponibles, attentifs et compétents auprès de vous lorsque vous en avez besoin.

Je suis quelqu’un

  Livre d'Aminata Aidara «Je suis quelqu'un qui a vu un enfant un jour, un nourrisson qui a disparu. Je suis quelqu'un qui connaît un secret. Probablement que je le sais depuis longtemps, parce que ça ne me détruit pas d'apprendre son existence. Je suis choquée, par contre, que mon père en dise le nom à haute voix : "le fils de l'Autre!" Personne ne l'a jamais fait, nommer l'innommable.»
Un secret hante les membres d'une famille éclatée entre la France et le Sénégal. Mais un jour de juin, le silence se rompt. Commence ainsi une quête de vérité où différentes voix se déploient. Celle de Penda, la mère, qui se livre dans un journal intime, et celle d'Estelle, sa fille, au travers de délires cathartiques. Face à elles, l'insaisissable Éric entretient le trouble avec ses promesses. À tour de rôle, les personnages démêlent les ficelles du temps et démasquent les injustices historiques qui façonnent nos vies intimes. Dans ce roman polyphonique on traverse alors les beaux quartiers dakarois, où des drames se consomment sans dépasser les haies des villas. On parcourt aussi les cités et les squats parisiens. Pour découvrir que ce qui semble à tous la ruine d'une famille est, en réalité, sa rédemption.   [Note de lecture parue le 1/10/2019 sur le site EntreLesLignesEntreLesMots]
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Par les routes

 

Livre de Sylvain Prudhomme 

 « J’ai retrouvé l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l’ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m’avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappé à sa porte. J’ai rencontré Marie. »

Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles.

Une vidéo de présentation par l'auteur

 

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Sur les chemins de Jean-Jacques

 

Livre de Gabrielle De Conti 

Gabrielle De Conti continue d’explorer des voies originales pour mieux se comprendre et se faire comprendre. Après La cascadeuse et Journal d’une orpheline, elle poursuit son entreprise de réflexion et de quête de sens. Sur les chemins de Jean-Jacques annonce une nouvelle étape franchie, une lumière retrouvée au bout du tunnel. Elle part d’une question : quelle est cette « force invisible », cette « petite voix à l’intérieur » qui l’a guidée, secourue, sauvée depuis son enfance ? Elle sait désormais que « sans le vouloir, sans le savoir », pendant toute sa vie, sa route a croisé celle de Jean-Jacques Rousseau. Alors comment « tordre le cou aux signes » ? Enfant abandonnée avant même sa naissance par son père, elle a pourtant refusé longtemps de lire les œuvres de Rousseau. Et puis la révélation est advenue et elle s’est identifiée à l’enfant privé de mère, et lui aussi abandonné. Devenue inconditionnelle de l’auteur des Confessions, non seulement elle comprend et justifie l’abandon de ses enfants, mais elle s’insurge qu’il puisse être soupçonné de misogynie. Elle découvre des aspects ignorés de Jean-Jacques dont elle se sent la fille spirituelle. Tant de coïncidences, ces prénoms communs aux deux vies, tous ces lieux qu’elle a connus et où lui aussi est passé, des Alpes à Paris, de l’Ain à Genève ou Venise, ne peuvent que porter du sens. Et ce chemin tragique pour sa famille, ce chemin sur lequel Rousseau s’est promené et a herborisé, elle a réussi à le faire renommer « Chemin Jean-Jacques Rousseau ». Sa mission est enfin accomplie : « La force rayonnante » ou comment la littérature peut éclairer une vie. Claudine Krishnan ...

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Livre de Marin Fouqué

Chaque matin depuis la rentrée, ensommeillés, mutiques, mal lunés, ils se retrouvent au point de ramassage – le grand Kevin, la fille Novembre, le Traître, les faux jumeaux, et puis lui. Aujourd’hui, il ne montera pas dans le car scolaire, il va rester seul au bord de la route, sous l’abribus, sous sa capuche, toute la journée. À regarder passer les voitures. À laisser son regard se perdre sur les terres du “sept-sept”, ce département vague entre Paris et la province, entre boue et bitume, où les villes sont de simples bourgs et les champs de mornes étendues de camaïeu brun. À se noyer dans les souvenirs d’avant l’été, quand le Traître s’appelait encore Enzo et qu’avec la fille Novembre ils formaient un trio inséparable.
Ce premier roman à l’énergie brute charrie la violence et l’innocence, l’âge des possibles et de l’insupportable, la construction des corps et la fracture des rêves dans un flux de conscience époustouflant de spontanéité, d’invention, de vérité.

[Note d'EAN, le 27/08/2019]

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La Fabrique des salauds

 

Livre de Chris Kraus

Une poignée de douleur et de chagrin suffit pour trahir, et une seule étoile scintillant dans la nuit pour qu'un peu de lumière brille par intermittence dans toute cette horreur.

Dans la lignée des Bienveillantes de Jonathan Littell ou de Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, un roman hors normes, une fresque exubérante et tragique, pleine de passion, de sang et de larmes, qui retrace tout un pan du XXe siècle, de Riga à Tel Aviv en passant par Auschwitz et Paris.
À travers l'histoire de Koja, Hubert et Ev Solm, deux frères et leur sœur, sorte de ménage à trois électrique, Chris Kraus nous entraîne dans des zones d'ombre où morale et droiture sont violemment bafouées, et dresse en creux le portrait d'une Europe à l'agonie, soumise à de nouvelles règles du jeu.
Une œuvre impressionnante, magnum opus sur le déclin d'une époque et la naissance d'une nouvelle ère.

[Une note d'EAN, le 27/08/2019]

[Une note parue dans LeDevoir, le 21/09/2019]

Dans la ville

 

Livre collectif (Prix L'Inventoire 2019)

Pour ce premier concours de nouvelles organisé par Aleph-écriture via sa revue numérique L'Inventoire, nous avons choisi de faire se rencontrer un lieu et une histoire, « Dans la ville ».

La ville est ici un point de repère, un souvenir, un réseau d’habitudes. C’est parfois le lieu d’une nostalgie ou la cartographie d’un amour qui ne veut pas finir. Entre trajets souterrains et rencontres fortuites, elle s’offre en décor à ces vies en recherche de moments intenses.

Nous avons privilégié pour constituer ce recueil des genres et des points de vue différents, dressant un panorama de la nouvelle allant du quotidien au fantastique.

Le drap blanc

 

Livre de Céline Huyghebaert

Quand mon père est mort, je n’ai pas hérité de boîtes pleines de documents et de lettres. Ses cendres ont été jetées à l’eau. Ses biens ont été donnés, détruits à la hâte.
Il avait les yeux clairs et portait la barbe. Sur les photos, il avait cette allure virile et négligée caractéristique des années soixante-dix. Il ne pouvait pas se mettre à table sans son couteau de poche et du pain. Il disait « il » à ceux qu’il aurait dû vouvoyer, parce qu’il refusait de se soumettre à leur supériorité de classe. Il était drôle et colérique. Il était sensible. Il fumait, il buvait ; il n’a pas laissé grand-chose derrière lui. Je crois qu’il avait commencé à disparaître de son vivant déjà. Quand on a soulevé son corps, j’ai vu la légère empreinte qui creusait le drap, là où était posé son crâne. Puis elle s’est effacée, et le drap est redevenu lisse.
C’est cette disparition qui a déclenché l’écriture de ce livre, cette absence que laissent les morts, avec laquelle ceux qui leur survivent tissent des fictions pour s’en sortir.

[Dans LeDevoir -quotidien québécois, 15 juin 2019]

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ceux qui partent

 

Livre de Jeanne Benameur

Tout ce que l’exil fissure peut ouvrir de nouveaux chemins. En cette année 1910, sur Ellis Island, aux portes de New York, ils sont une poignée à l’éprouver, chacun au creux de sa langue encore, comme dans le premier vêtement du monde.
Il y a Donato et sa fille Emilia, les lettrés italiens, Gabor, l’homme qui veut fuir son clan, Esther, l’Arménienne épargnée qui rêve d’inventer les nouvelles tenues des libres Américaines.
Retenus un jour et une nuit sur Ellis Island, les voilà confrontés à l’épreuve de l’attente. Ensemble. Leurs routes se mêlent, se dénouent ou se lient. Mais tout dans ce temps sus pendu prend une intensité qui marquera leur vie entière.
Face à eux, Andrew Jónsson, New-Yorkais, père islandais, mère fière d’une ascendance qui remonte aux premiers pionniers. Dans l’objectif de son appareil, ce jeune photographe amateur tente de capter ce qui lui échappe depuis toujours, ce qui le relierait à ses ancêtres, émigrants eux aussi. Quelque chose que sa famille riche et oublieuse n’aborde jamais.
Avec lui, la ville-monde cosmopolite et ouverte à tous les progrès de ce XXe siècle qui débute.
L’exil comme l’accueil exigent de la vaillance. Ceux qui partent et ceux de New York n’en manquent pas. À chacun dans cette ronde nocturne, ce tourbillon d’énergies et de sensualité, de tenter de trouver la forme de son exil, d’inventer dans son propre corps les fondations de son nouveau pays. Et si la nuit était une langue, la seule langue universelle ?

[Vidéo de présentation par l'auteure]

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Le dérisoire tremblement des femmes

 

Livre de Salma Kojok

Jeune fille, Dounia prend le bateau de Beyrouth pour retrouver son mari Farid émigré en Côte d’Ivoire. À travers son récit de vie, mêlé à celui de sa fille, ce roman raconte ce que fait l’exil aux corps des femmes et à leurs langages.   

L’écriture, à la fois simple et sublime, véhicule des couleurs, des parfums, des caresses, des regards, saisissant l’éphémère dans la lumière posée sur les visages ou sur les objets. Elle donne à voir ce que cache souvent la prose, ce plomb chargé de mots, de vocables, de tout ce fatras grammatical derrière lequel, d’ordinaire, se dérobe et s’efface l’écrivain. Là, rien de tel. 

Tout est dit dans la magie des silences, des retraits et des interrogations qui réinventent la langue du roman. 

La mer à l'envers

 

Livre de Marie Darrieussecq

Rien ne destinait Rose, parisienne qui prépare son déménagement pour le pays Basque, à rencontrer Younès qui a fui le Niger pour tenter de gagner l’Angleterre. Tout part d’une croisière un peu absurde en Méditerranée. Rose et ses deux enfants, Emma et Gabriel, profitent du voyage qu’on leur a offert. Une nuit, entre l’Italie et la Libye, le bateau d’agrément croise la route d’une embarcation de fortune qui appelle à l’aide. Une centaine de migrants qui manquent de se noyer et que le bateau de croisière recueille en attendant les garde-côtes italiens. Cette nuit-là, poussée par la curiosité et l’émotion, Rose descend sur le pont inférieur où sont installés ces exilés. Un jeune homme retient son attention, Younès. Il lui réclame un téléphone et Rose se surprend à obtempérer. Elle lui offre celui de son fils Gabriel. Les garde-côtes italiens emportent les migrants sur le continent. Gabriel, désespéré, cherche alors son téléphone partout, et verra en tentant de le géolocaliser qu’il s’éloigne du bateau. Younès l’a emporté avec lui, dans son périple au-delà des frontières. Rose et les enfants rentrent à Paris.

Le fil désormais invisible des téléphones réunit Rose, Younès, ses enfants, son mari, avec les coupures qui vont avec, et quelques fantômes qui chuchotent sur la ligne… Rose, psychologue et thérapeute, a aussi des pouvoirs mystérieux. Ce n’est qu’une fois installée dans la ville de Clèves, au pays basque, qu’elle aura le courage ou la folie d’aller chercher Younès, jusqu’à Calais où il l’attend, très affaibli. Toute la petite famille apprend alors à vivre avec lui. Younès finira par réaliser son rêve : rejoindre l’Angleterre. Mais qui parviendra à faire de sa vie chaotique une aventure voulue et accomplie ?

[L'auteure présente son livre]

LaMerAlEnversLaMerAlEnvers [186 Kb]

La part du fils

 

Livre de Jean-Luc Coatalem

Longtemps, je ne sus quasiment rien de Paol hormis ces quelques bribes arrachées.
« Sous le régime de Vichy, une lettre de dénonciation aura suffi. Début septembre 1943, Paol, un ex-officier colonial, est arrêté par la Gestapo dans un village du Finistère. Motif : “inconnu”. Il sera conduit à la prison de Brest, incarcéré avec les “terroristes”, interrogé. Puis ce sera l’engrenage des camps nazis, en France et en Allemagne. Rien ne pourra l’en faire revenir. Un silence pèsera longtemps sur la famille. Dans ce pays de vents et de landes, on ne parle pas du malheur. Des années après, j’irai, moi, à la recherche de cet homme qui fut mon grand-père. Comme à sa rencontre. Et ce que je ne trouverai pas, de la bouche des derniers témoins ou dans les registres des archives, je l’inventerai. Pour qu’il revive. »   J.-L.C.
Le grand livre que Jean-Luc Coatalem portait en lui.

[Vidéo de présentation par l'auteur]

[Un entretien paru dans L'ORIENT LITTERAIRE - octobre 2019]

LaPartDuFilsLaPartDuFils [190 Kb]

Les souvenirs viennent à ma rencontre

 

Livre d'Edgar Morin

Dans ce livre, Edgar Morin, né en 1921, a choisi de réunir tous les souvenirs qui sont remontés à sa mémoire. A 97 ans, celle-ci est intacte et lui permet de dérouler devant nous l’épopée vivante d’un homme qui a traversé les grands événements du XXe siècle. La grande histoire se mêle en permanence à l’histoire d’une vie riche de voyages, de rencontres où l’amitié et l’amour occupent une place centrale.  

Ces souvenirs ne sont pas venus selon un ordre chronologique comme le sont habituellement les Mémoires. Ils sont venus à ma rencontre selon l’inspiration, les circonstances. S’interpellant les uns les autres, certains en ont fait émerger d’autres de l’oubli.
Ils témoignent que j’ai pu admirer inconditionnellement des hommes ou femmes qui furent à la fois mes héros et mes amis.
Ils témoignent des dérives et des dégradations, mais aussi des grandeurs et des noblesses que les violents remous de l’Histoire ont entraînées chez tant de proches.
Ils témoignent des illuminations qui m’ont révélé mes vérités  ; de mes émotions, de mes ferveurs, de mes douleurs, de mes bonheurs.
Ils témoignent que je suis devenu tout ce que j’ai rencontré.
Ils témoignent que le fils unique, orphelin de mère que j’étais, a trouvé dans sa vie des frères et des sœurs.

Ils témoignent de mes résistances : sous l’Occupation, puis au cours des guerres d’Algérie, de Yougoslavie, du Moyen-Orient, et contre la montée de deux barbaries, l’une venue du fond des âges, de la haine, du mépris, du fanatisme, l’autre froide, voire glacée, du calcul et du profit, toutes deux désormais sans freins.
Ces souvenirs témoignent enfin d’une extrême diversité de curiosités et d’intérêts, mais aussi d’une obsession essentielle, celle qu’exprimait Kant et qui n’a cessé de m’animer : Que puis-je savoir ? Que puis-je croire ? Que puis-je espérer ? Inséparable de la triple question : qu’est-ce que l’homme, la vie, l’univers ?
Cette interrogation, je me suis donné le droit de la poursuivre toute ma vie.

[Note d'EAN]

[Vidéo "C dans l'air"]

scrabble

 

Livre de Michaël Ferrier

 En retraçant son enfance passée au Tchad, Michaël Ferrier nous offre un bouleversant autoportrait. Le livre s'ouvre à N'Djamena (Fort Lamy pendant la colonisation), en février 1979, entre la savane et la steppe. Les enfants jouent au Scrabble sur la terrasse de leur maison. Ce jeu des lettres qui s'associent dans des agencements infinis restera pour Michaël Ferrier une manière de se protéger de la violence du monde et sera la source de son lien puissant à la littérature. Dehors la guerre approche, mais ils ne le savent pas encore. Le père est militaire, il a la peau sombre. La mère, douce et attentive, a un teint de lys. L'enfant de dix ans découvre les paysages d'Afrique, le vent, la lumière, les insectes, la faune. Sa langue, pour décrire cette découverte du monde, devient un chant. L'Afrique est là, palpitante dans sa beauté et sa crudité. Puis, c'est la guerre. Les hommes et femmes Peuls Bororo fuient sur les pistes. Les armes se déchaînent. L'enfant est témoin de tout, découvre le sang et les cadavres, jusqu'au corps de son ami Youssouf, blessé à terre... Dès le lendemain les parents décident de quitter l'Afrique : cette guerre sera le dernier motif de l'initiation de Michaël Ferrier, qui signe là un livre majeur.

[Note de lecture de Pierre Ahnne]

ScrabbleScrabble [57 Kb]

L’écriture du "je" dans la langue de l'exil

 

Livre de Jean-Michel Devesa et Isabelle Grell

Inscrivant leurs travaux dans la lignée de l'écriture autofictionnelle théorisée et pratiquée par Serge Doubrovsky et alii, Isabelle Grell et Jean-Michel Devésa ont réuni écrivains et universitaires du monde entier à l'ENS-Ulm de Paris afin d'interroger praxis et théories des écritures translingues du « je ». Par les entretiens, les témoignages et les études qu'il renferme, ce livre croisant les perspectives et les domaines littéraires et linguistiques est appelé à s'imposer comme ouvrage de référence.

Où vivre

 

Livre de Carole Zalberg

«  Peut-être que nous n’étions pas faits pour avoir un État à nous, après tout. Voilà ce que me confie, à voix basse, comme pour elle-même, ma tante assise sous la pergola devant sa maison inchangée depuis ma dernière visite, trente ans auparavant. Cette réflexion, la déception qu’elle révèle me glacent mais que répondre ? Et qui suis-je pour avoir une opinion, moi qui n’ai pas remis les pieds ici depuis si longtemps ? C’est à peine croyable mais les décennies ont filé sans que j’y prenne garde, sans que j’affronte les contradictions et le malaise qui me tenaient éloignée de ce pays que je qualifiais de compliqué pour évacuer la question.  »

A travers leurs voix recomposées par Marie, née en France dans les années 60, les membres d'une famille juive polonaise relatent leur installation en Israël après la guerre.   Au long des décennies intranquilles, les générations nouvelles venues dans l'État juif puis celles qui y sont nées expriment leurs attentes et leurs déceptions, au fil d’un quotidien à jamais hanté par la Shoah. C'est cette fin d'un monde que les plus âgés ont voulu surmonter en construisant un lieu sûr. C'est elle que les plus jeunes veulent empêcher de se reproduire en acceptant avec plus ou moins d'évidence les épreuves que leur pays ne cesse d'imposer.

De l’après-guerre à nos jours, l'exil des uns et les questionnements de la famille restée en France se répondent, tissant des liens indéfectibles.  Leurs voix se mêlent pour dire avec puissance une destinée familiale complexe et vitale qui est aussi une magnifique plongée dans les paradoxes de l’État d’Israël, autour de la question des pionniers, de leurs rêves, de leurs déceptions.

[Présentation par l'auteure - Vidéo Librairie Mollat]

[Chronique dans La Cause Littéraire]

OùVivreOùVivre [172 Kb]

C'EST LA PREMIÈRE FOIS QUE JE VIS LONGTEMPS

 

Livre de Lise Poirier Courbet

Vingt ans après les faits, dans le cahier rouge et noir, la narratrice écrit son journal, celui de l'enquête qu'elle mène auprès de ses frères et sœurs et à partir des pièces du procès. Dans le cahier bleu, elle fait vivre l'adolescente de seize ans avant et juste après le viol. Elle écrit la traversée de l'événement comme une tentative d'apprivoiser quelque chose qui ne peut jamais l'être. "L'écriture, un cri muet qui me protège".

Pas vu Maurice - Chroniques de l'infraordinaire

 

Livre de Laurence Hugues (Auteure), Claude Benoit à la Guillaume (Photographies)

À partir de petits carnets oubliés dans une maison abandonnée, Pas vu Maurice raconte la vie quotidienne d'un hameau du Haut-Forez dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, à 900 m d'altitude. Une histoire rurale disparue. Ces carnets, une quinzaine, de 1997 à 2000, ont été retrouvés parmi les matelas éventrés, les empilements de journaux et les bocaux de haricots périmés par le nouveau propriétaire de la maison, Claude Benoit à la Guillaume, photographe. Il les a montrés à sa plus proche voisine qui a bien connu la personne qui les remplissait. En découvrant et ouvrant ces carnets, Laurence Hugues a souhaité donner à entendre cette voix qui s'est tue. Elle a entrepris de transcrire ces textes de listes, très contemporains dans leur style, leur énoncé, leur répétition, sans affect même lorsque des morts surviennent et de les reprendre dans sa propre écriture, au sens de repriser, comme on répare un tissu.
Le récit repose sur une part d'histoire de vie. Marie, paysanne, consigne son univers quotidien dans ces petits agendas recyclés en carnet de bord dans une écriture de plus en plus serrée au fil des années qui passent et la solitude qui s'installe chez elle. Elle y inscrit les travaux et les jours, les visites du neveu, Maurice (tel jour " vu ", tel autre " pas vu "), le nombre de bocaux de confiture ou de haricots, le temps qu'il fait. Les notes se répètent à chaque saison, presque à l'identique, comme ces tâches répétées tout au long de sa vie et de la vie du hameau.
Cette vie rurale disparue, ou presque, a aussi sa noblesse et de nombreuses vertus. Ténacité, frugalité, accord avec les saisons... un sens du travail en commun, de la communauté, même.
À la lecture de ces chroniques de la vie ordinaire (infraordinaire aurait dit Georges Perec), Laurence Hugues a puisé dans ses souvenirs les motifs listés de la corvée de patates, la mise à mort du cochon, les slips qui battent au vent.
Autour d'extraits des carnets elle propose une écriture à deux voix des moments de la vie de deux femmes, à des années de distance.
Le photographe, de son côté, a documenté par l'image les carnets. Son travail, en contrepoint des écritures mêlées, donne à voir de très belles photographies au plus près du matériau même des agendas et des objets de l'univers de Marie.
Dans l'imbrication d'une approche intime, documentaire mais aussi littéraire et artistique, se dessinent en creux deux portraits de femmes, au tournant du millénaire, dans un même lieu mais avec des vies bien différentes. C'est aussi une manière très concrète d'évoquer la désertification des villages. Mais ce double témoignage n'a pas seulement caractère d'archive. Il peut faire écho chez celles et ceux qui aujourd'hui sont tentés par une vie plus simple, plus sobre, loin des grands centres urbains.

 

[Voir également le site dédié]

PasVuMauricePasVuMaurice [143 Kb]

Petit frère

 

Livre d'Alexandre Seurat

Dans ce roman, Alexandre Seurat affronte une nouvelle fois une question tragique : le décès brutal d'un jeune homme, avant trente ans, d’addictions diverses. Remontant le fil de sa courte vie depuis l’enfance, le narrateur tente de comprendre ce qui a fait dévier son frère de sa trajectoire. Livre de la douleur et de la culpabilité, Petit frère interrogera tous ceux qui ont pu être confrontés à des destins très tôt brisés. Par l’auteur remarqué de La Maladroite et de L’administrateur provisoire.

[Les "BOUILLONS" du 19/09/2019 sont consacrés à ce livre]

[Interview de l'auteur et lecture de passages du livre sur la RTS]

PetitFrere.pdfPetitFrere.pdf [145 Kb]

La nuit, j'écrirai des soleils

14/08/2019

Livre de Boris Cyrulnik

« Je sais maintenant, grâce aux récits intimes de mon for intérieur, et aux histoires des enfances fracassées, qu’il est toujours possible d’écrire des soleils.
Combien, parmi les écrivains, d’enfants orphelins, d’enfants négligés, rejetés, qui, tous, ont combattu la perte avec des mots écrits ?
Pour eux, le simple fait d’écrire changea le goût du monde. Le manque invite à la créativité. La perte invite à l’art, l’orphelinage invite au roman. Une vie sans actions, sans rencontres et sans chagrins ne serait qu’une existence sans plaisirs et sans rêves, un gouffre de glace.
Crier son désespoir n’est pas une écriture, il faut chercher les mots qui donnent forme à la détresse pour mieux la voir, hors de soi. Il faut mettre en scène l’expression de son malheur.
L’écriture comble le gouffre de la perte, mais il ne suffit pas d’écrire pour retrouver le bonheur.
En écrivant, en raturant, en gribouillant des flèches dans tous les sens, l’écrivain raccommode son moi déchiré. Les mots écrits métamorphosent la souffrance. » B. C.  

Un livre bouleversant, de témoignage et d’émotion, où Boris Cyrulnik convoque les déchirures d’écrivains célèbres, les conjugue à l’aune de ses propres souffrances pour mieux convaincre chacun de nous des bienfaits de l’imaginaire, de la puissance du rêve, des pouvoirs de guérison que recèle l’écriture.

 

Boris Cyrulnik présente "La nuit, j'écrirai des soleils" (vidéo Librairie Mollat)

Naissance d’une grand-mère

 

Livre d'Annemarie Trekker

Naître grand-mère, c'est ouvrir son regard sur un art de vivre, d'aimer et d'exister. Cette expérience intime se déroule au fil des jours et des pages à travers un récit pris sur le vif et animé par plusieurs voix. Un tremplin pour l'imaginaire, les désirs et les projets dans le cercle de famille. L'apparition de chaque nouveau pion sur l'échiquier des générations fait bouger le jeu et les enjeux tandis qu'une malicieuse intimité se tisse entre les partenaires.

Présentation par l’auteure : https://www.youtube.com/watch?v=idicxeyU1kE&feature=youtu.be

L'écrivain public

 

Livre de Dan Fesperman

New York, 1942. Alors que le pays marche vers la guerre, et que la ville est en proie à la paranoïa, des meurtres vont mettre l'inspecteur Woodrow Cain sur la piste de sympathisants nazis...

9 février 1942. Dès son arrivée à New York, Woodrow Cain, un jeune flic du sud des États-Unis, est accueilli par les flammes qui s'échappent du paquebot Normandie, en train de sombrer dans l'Hudson. C'est au bord de ce même fleuve que va le mener sa première enquête, après la découverte d'un cadavre sur les docks, tenus par la mafia. Là, il fait la connaissance d'un écrivain public, Danziger, obsédé par les migrants qui arrivent d'une Europe à feu et à sang, ces fantômes au passé déchiré et à l'avenir incertain. Celui-ci va orienter Cain vers Germantown, le quartier allemand, où, dans l'ombre, sévissent les sympathisants nazis. Alors que le pays marche vers la guerre, la ville est en proie à une paranoïa croissante. Et les meurtres continuent...

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Une amie de la famille

 

Livre de Jean-Marie Laclavetine

« Le 1ᵉʳ novembre 1968, alors que nous nous promenions sur les rochers qui surplombent la Chambre d’Amour à Biarritz, ma sœur aînée a été emportée par une vague. Elle avait vingt ans, moi quinze. Il aura fallu un demi-siècle pour que je parvienne à évoquer ce jour, et interroger le prodigieux silence qui a dès lors enseveli notre famille. Je suis parti à la recherche d’Annie. Je l’ai vue revenir intacte dans sa fougue, ses doutes, ses enthousiasmes, ses joies et ses colères : une jeune femme d’aujourd’hui. » Jean-Marie Laclavetine.

Vanessa et Virginia

 

Livre de Susan Sellers

Dans la douceur d'un jardin anglais, deux jeunes filles s'éveillent au monde. Elles sont sœurs, fusionnelles mais rivales, toutes deux animées par l'art et le goût de la liberté. Vanessa veut être peintre, tandis que la fragile Virginia se destine à l'écriture. Virginia deviendra Virginia Woolf, une des plus grandes romancières du XXe siècle. Elle et Vanessa ne se quitteront jamais. Des blessures de l'enfance au célèbre cercle littéraire de Bloomsbury, des éclairs de génie aux tumultes des amours contrariées, Vanessa et Virginia met magnifiquement en scène les destins croisés de deux sœurs légendaires, Vanessa Bell et Virginia Woolf, portés par la passion et la tragédie.

Vincent qu'on assasine

 

Livre de Marianne Jaeglé (réédition)

Auvers-sur-Oise, juillet 1890.
Vincent Van Gogh revient du champ où il est allé peindre, titubant, blessé à mort. Il n’a pas tenté de se suicider, comme on le croit d’ordinaire. On lui a tiré dessus.
Inspiré par les conclusions des historiens Steven Naifeh et Gregory White Smith, ce roman retrace dans un style épuré les deux dernières années de la vie du peintre et interroge sa fin tragique.
Qui est responsable de sa mort ? Pourquoi l’a-t-on tué ? Comment la légende du suicide a-t-elle pu perdurer cent vingt années durant ?
En montrant Vincent Van Gogh aux prises avec son temps, avec ceux qui l’entourent et avec la création, le roman rend justice à un homme d'exception que son époque a condamné à mort.

Fugues

 

Livre d'Arthur H

« J’avais quinze ans, et un mois plus tôt j’avais fugué. Ça avait été beaucoup plus simple que je ne le croyais. On était à l’aéroport de Pointe-à-Pitre, pour rentrer à Paris, et j’avais fermement pris ma décision. Deux jours avant, il s’était passé une chose prodigieuse et après cette chose je ne pouvais plus revenir en arrière. »

Arthur H signe ici un bouleversant autoportrait, en trois fugues. Celle de sa mère, Nicole Courtois, à l’âge de dix-huit ans. La sienne, lorsqu’il avait quinze ans, pendant un séjour en Guadeloupe avec son père Jacques Higelin, dans la maison de Coluche. Et la dernière fugue de Bach, laissée inachevée : L’Art de la fugue.

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Les os des filles

 

Livre de Line Papin

« Tu avais dix-sept ans alors, à peine, et tu as pris l’avion, seule, pour retourner à Hanoï. Tu vois, j’en ai vingt-trois aujourd’hui, et je retourne, seule, une nouvelle fois, sur les lieux de ton enfance. Tu es revenue et je reviens encore, chaque fois derrière toi. Je reviendrai peut-être toujours te trouver, trouver celle qui naissait, celle qui mourait, celle qui se cherchait, celle qui écrivait, celle qui revenait. Je reviendrai peut-être toujours vers celle qui revenait, vers les différents coffrets d’os, vers les couches de passé qui passent toutes ici. »

« Après deux premiers romans fictionnels, je me suis trouvée face à la nécessité d’écrire un roman plus intime. L’écriture lyrique dont j’avais usé jusque-là laissa place soudain à une écriture plus directe, sans autre envie que celle de raconter la stricte vérité. Pourquoi ? Pour trouver, à travers la littérature, des réponses aux questions qui nous empêchent de vivre.
Les Os des Filles est l’histoire de trois femmes : Ba, sa fille et sa petite-fille – ma grand-mère, ma mère et moi-même. L’histoire commence dans les années 1960, pendant la seconde guerre d’Indochine, sous les bombes d’un village vietnamien. Seule, Ba y élève ses trois filles, avec l’intention de monter à Hanoi, la capitale, pour s’extraire des conditions de vie misérables. Si elle y parvient, le quotidien de cette famille est toutefois brisé en 2005 par le départ des filles en Occident. Tandis que la grand-mère reste à Hanoi, sa fille s’installe en France avec sa petite-fille. Cette dernière, arrachée à sa terre natale, garde dans son corps le souvenir des guerres, des famines et des bombes. Quand l’enfant tombe malade, quelques années plus tard, à l’hôpital où elle se retrouve, son corps fatigué se rappelle les combats d’une grand-mère pour survivre.
Ainsi, Les Os des filles est un roman sur trois générations de femmes qui ont traversé trois combats : celui de la guerre, celui de l’exil et celui de la maladie. Comment les événements historiques influent-ils sur les relations personnelles ? Comment le lien affectif entre une fille et sa mère peut-il être brisé par une bombe, un avion ou bien un hôpital ? De quoi sont donc faits les os qui nous soutiennent ? En 2018, j’ai voulu revenir sur le récit de cette filiation maternelle brisée, afin de réparer avec l’écriture, peut-être, des choses irréparables. » 

Vidéo de La Grande Librairie (mai 2019)

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