Tous les livres à lire

Livres 2011

Livres 2011

Bonnes lectures

 

Sur cette page, retrouvez les livres mentionnés depuis 2013. Ceux des années précédentes sont accessibles : Année 2012   Année 2011    Année 2010    Année 2009 

Vous pouvez aussi retrouver tous les livres depuis 2009, année de création du site, dans un fichier Excel. Ce fichier est organisé par nom, prénom et titre avec à chaque fois le lien vers la fiche du livre.

 

                                        

 

Tous les livres mentionnés sur le site     

  • 1 167 livres
  • 1 125 auteur.e.s            

 

 

 

 

Voir également

Livres 2011

tous les livres depuis 2013

Ceux des années précédentes sont accessibles :

Année 2012   Année 2011    Année 2010    Année 2009

Dictionnaire amoureux de la langue française

 

Livre de Jean-Loup Chiflet (réédition en édition de poche)

Jean-Loup Chiflet nous fait partager son amour pour la langue française, son histoire, ses subtilités, ses difficultés, ses grands auteurs et lexicographes.

'Notre chère langue française riche de mille trésors est aussi pleine de pièges. C'est là son charme.
Il y a son histoire mouvementée depuis des siècles entre volontés de réformes plus ou moins radicales et désirs de purisme avec les sempiternels débats souvent polémiques sur l'orthographe ou le franglais et notre belle langue qui ficherait le camp à cause du langage des cités, des textos, etc..
Mais ce serait oublier toutes ses subtilités, ses surprises qu'elle nous offre sans cesse comme autant de beaux cadeaux : les mots de l'obsolète, l'accent circonflexe (et les autres), les mots techniques et ceux de la science, les drôles de toponymes et autres aptonymes, les mots du vin et de la gastronomie, les oxymores et le kakemphaton, les pluriels surprenants, les mots rares et ceux presque inutiles mais nécessaires, les nuances qui le font respirer, les mots savoureux, et tous les jeux qu'elle provoque (l'Oulipo).
Ce sont encore les grands "passeurs' inventeurs et franc-tireurs qui l'ont honorée, de Villon à Frédéric Dard, en passant par Rabelais, Racine, La Fontaine, Voltaire, Rimbaud, Desnos et tant d'autres, sans oublier de dignes lexicographes, Mercier Littré ou Alain Rey. Cette langue qui nous habite et que nous habitons, cette langue qui nous fait vivre."

Affaires personnelles

 

Livre de Agata Tuszynska
Qui s'en souvient ? En mars 1968, une campagne antisémite a de nouveau traversé la Pologne, cette fois, orchestrée par le pouvoir communiste. La génération qui a environ vingt ans se retrouve obligée de partir, abandonnant là toutes ses « affaires personnelles ».
Cinquante ans plus tard, Agata Tuszynska va à la rencontre de ces témoins, dispersés à travers le monde. Elle nous fait découvrir l'histoire de Juifs polonais, souvent enfants de la nomenklatura communiste, qui ignoraient parfois leur judéité et le passé de leurs parents.

« À cette époque, je ne savais pas que le sort des Juifs me concernait d'une quelconque façon. Plus tard, quinze ans durant, j'ai partagé la vie d'un homme que la cicatrice de ce Mars n'a jamais cessé de faire souffrir. Jusqu'à ses derniers jours il en parlait, ces souvenirs étaient les seuls à lui tirer les larmes. » Agata Tuszynska

["Ce qu’il reste des Juifs de Pologne", dans EAN du 15 juin 2020]

Etymologies pour survivre au chaos

 

Livre d'Andrea Marcolongo

Notre langage est devenu faible, accablé de néologismes et rongé par l’à-peu-près. En un mot : pauvre.
Notre langage va mal. Ainsi le monde que nous déchiffrons.
Comment sortir du chaos de l’approximation ?
Comment nous réapproprier nos mots ?

Songez que la plus simple marguerite contient en elle une perle, un rayon de lune et l’histoire d’un amour rarissime ; ou que le secret des confins, inaccessibles et inquiétants, est en réalité d’accueillir l’autre avec confiance.
Avec 99 mots, Andrea Marcolongo dessine un atlas étymologique et nous montre comment et pourquoi l’histoire de ces mots est une boussole précieuse pour qui voudra bien s’en munir.
Et si notre instinct de la langue et l’amour des étymologies donnaient le pouvoir de changer le monde ?

Citizen. Ballade américaine

 

Live de Claudia Rankine

« À terre. À terre tout de suite. J’ai dû aller trop vite. Non, tu n’allais pas trop vite. Je n’allais pas trop vite ? Tu n’as rien fait de mal. Alors pourquoi me contrôlez-vous ? Pourquoi suis-je contrôlé ? Fais voir tes mains. Les mains en l’air. Lève les mains. »

L’attaque est préméditée, assumée, d’une violence intolérable. Ou bien c’est simplement la langue qui fourche sans qu’on s’en rende compte, et le racisme parle à travers notre bouche. Citizen est un livre sur les agressions racistes.

Pour dire cette réalité, Claudia Rankine choisit une forme qui n’appartient qu’à elle : tour à tour poésie, récit ou pamphlet, Citizen décrit les expériences les plus intimes, les plus ténues pour y greffer ce que dépose en nous le flux de la vie quotidienne – propos saisis dans le métro, conversations, blagues, coupures de journaux, captures d’écran -, dans un vaste collage d’images et de voix. Une symphonie parfois dissonante où les mots les plus simples sont portés par une extraordinaire énergie poétique.

["Le racisme en noir et blanc", note de lecture de EAN, le 25/02/2020]

[Note de lecture dans ACTUALITTE du 23/02/2020]

CitizenCitizen [114 Kb]

L'insoumis

 

Livre de Judith Perrignon

« Le nom de Mohamed Ali semble désormais évoquer à lui seul le combat des hommes, l’insoumission. Comme si la vie était un ring. C’est pourquoi il fascine tant  jusqu’aux générations qui n’étaient pas nées,  et jusqu’au bout du monde.
Il y a deux ans, France Culture me demandait de le raconter sous la forme d’une Grande Traversée, une série documentaire de dix heures. Je me suis mise en quête de témoins directs et nous sommes partis sur les routes américaines à la rencontre d’un journaliste sportif du New York Times en retraite,  d’un Imam d’Indianapolis, ancien de Nation Of Islam et grand ami d’Ali, du vieux Captain Sam qui l’entraîna tout jeune à la mosquée de Miami,  de la famille de son manager,  des copains d’enfance restés à Louisville...
Leur voix sont puissantes, tout droit sorties d’une époque folle, dangereuse, clivée et rêveuse, elles jubilent de chacune de ses victoires comme si elle avait eu lieu hier,  elle souffrent encore de la mort de Malcolm X, reviennent au fondement de la foi musulmane chez une partie des Noirs Américains, se rappellent son déchirement au moment de la guerre du Vietnam, son lien au tiers-monde en plein réveil, puis comment l’amnésique Amérique se mit à l’aimer, malade et condamné au silence.
J’ai aimé ces gens, me frotter à leur expérience, leur croyance.
Il fallait faire un livre de cette série radio. Pour mieux revisiter ce voyage dans le temps et l’espace américain. Mieux lire ces voix. Et s’immiscer dans les oublis volontaires de nos mémoires. »
LInsoumisLInsoumis [183 Kb]

Soit dit en passant

 

Livre de Woody Allen

Né en 1935 à Brooklyn, Woody Allen se lance dans le show-business à l’âge de seize ans en rédigeant des gags pour des chroniques dans différents journaux de Broadway, avant d’écrire pour la radio, la télévision, le théâtre, le cinéma et le New Yorker. Il quitte ensuite la solitude du bureau de l’écrivain pour devenir humoriste dans divers clubs, puis le célèbre réalisateur que l’on sait.
Durant les quelque soixante ans de sa carrière cinématographique, il a écrit et tourné cinquante films dont il est souvent aussi l’acteur principal. Il a reçu de nombreuses récompenses nationales et internationales, et a vu des statues érigées en son honneur (sans jamais d’ailleurs comprendre ce qui lui avait valu pareil hommage), et ses films ont été mis au programme d’écoles et d’universités dans le monde entier.
Dans Soit dit en passant, Woody Allen parle de ses premiers mariages, l’un avec un amour de jeunesse, le second avec la merveilleusement drôle Louise Lasser, qu’il continue d’adorer. Il décrit aussi son aventure avec Diane Keaton, qui s’est transformée en l’amitié d’une vie entière. Il revient sur ses relations professionnelles et personnelles avec Mia Farrow, qui ont amené à la réalisation d’un certain nombre de grands classiques, avant d’être suivies par une rupture orageuse dont se sont repus les tabloïds. Il confie qu’il a été le premier surpris quand, à cinquante-six ans, il a entamé une amourette avec Soon-Yi Previn, alors âgée de vingt-et-un ans, qui devait conduire à une grande histoire d’amour, passionnée et retentissante, et à un mariage heureux de plus de vingt ans.

Sur un ton souvent désopilant, d’une honnêteté absolue, plein d’intuitions créatives mais traversé de perplexité, c’est le récit d’une icône américaine qui vous dit tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander.

autobiographie

 

Livre de John Cage

‘‘J’avais des problèmes à la fois dans ma vie personnelle et dans ma vie publique de compositeur. Je ne pouvais pas admettre l’idée académique que le but de la musique est de communiquer, parce que j’avais remarqué que lorsque j’essayais consciemment d’écrire quelque chose de triste, public et critiques étaient souvent enclins à rire. Je pris la décision de renoncer à la composition à moins de pouvoir trouver pour composer une meilleure raison que la communication.’’ Nul doute pour John Cage, il serait un artiste. Mais, de là à choisir une seule et unique forme d’expression artistique, il y a toute une vie : architecture, peinture, composition de musique, théâtre, art du cirque, Cage touche à tout, laisse de côté, puis revient, et décide finalement que c’est la musique qui l’anime. Cette musique, cependant, il l’expérimente : Cage repousse les règles académiques et base ses oeuvres sur le silence et le hasard. Par ces fragments de 1989, d’une écriture fluide et ramassée, le compositeur dresse un tableau à la fois succinct et complet des moments forts et charnières de sa vie extrêmement riche, tout en va-et-vient, recherches et changements d’avis. Le tout, sans jamais se défaire de son humour et de son esprit de dérision inimitables.

Hugo Pratt, trait pour trait

 

Livre de Thierry Thomas

Pour celles et ceux qui ressentent vivement l’arrogance de la culture officielle, la lecture de Corto Maltese est jubilatoire. Car découvrir cette bande dessinée, c’est pénétrer dans un monde où rien ne s’exclut, où tout coexiste : l’enfance et la vieillesse, l’action et le détachement, l’amour et l’envie de s’y dérober, l’utopie et le pragmatisme, les comportements chevaleresques et l’avidité (Corto et Raspoutine…), la bouffonnerie et la mélancolie, les militaires et les magiciennes, les civilisations du passé et celles du présent, les voyages dans l’espace et les voyages dans le temps. L’art d’Hugo Pratt se moque de la distinction entre réflexion et divertissement, entre culture noble et populaire, ces distinctions qui fondent notre éducation. À chacune de ses planches, ces catégories, sinistres cloisonnements, volent en éclats.
 
Cet essai romanesque est la célébration de cet univers sans frontières. Il évoque Hugo Pratt, que l’auteur a connu, à travers l’exploration de son art : il cherche à retrouver un disparu à travers la beauté de son trait.
Enfin, il est une interrogation sur l’amour de la bande dessinée, sur ce qui le fonde.

[Une note d'EAN du 3 juin 2020]

L'âne mort

 

Livre de Chawki Amari

Au coeur des monts Djurdjura avance un vieux break bleu avec, à bord, Lyès, Mounir et Tissam, trois Algérois en fuite et, dans son coffre, un âne mort. Cet étrange trio roule en direction des montagnes kabyles, comme la promesse d'un refuge où déposer les secrets qui les hantent et dissimuler leur compagnon d'infortune. Panne après panne, virage après virage, leur périple aussi intense que rocambolesque est ponctué de considérations philosophiques et questions existentielles à mesure que le chemin des trois vagabonds croise celui d'Amel aux fausses bonnes idées, Slim qui passe ses journées à pousser des pierres du haut des falaises, ou Izouzen, mystérieux libraire retiré dans son sanctuaire, au milieu de centaines d'ouvrages et des sépultures de ses épouses successives. De cette épopée fascinante et furieusement poétique jaillit une réflexion tragique sur le temps qui passe et qui échappe, nous attirant inexorablement vers les profondeurs et la noirceur de l'âme humaine, au plus vrai et au plus juste de la littérature et du monde d'aujourd'hui.

AneMortAneMort [111 Kb]

L'Algérie en héritage

 

Livre sous la direction de Martine Mathieu-Job & Leïla Sebbar   

Issus de culture musulmane, juive ou chrétienne, parfois de couples mixtes, une quarantaine d’auteurs, nés pour la plupart en France après 1962, disent comment l’Algérie de leurs parents et grands-parents est inscrite en eux.

Récits, poèmes, scénarios, dessins et photographies raniment des souvenirs familiaux, fragmentaires ou non, déplorent ou comblent les silences, occultent, tissent ou réinventent des liens avec l’histoire ancestrale.

Les sentiments de perte et d’exil tenaillent encore ces héritiers qui, souvent disposés à la réconciliation, forment aussi la mémoire vive de l’Algérie en France. Une mémoire féconde.

[Un article dans EAN du 3 juin 2020 "La maison algérienne"]

never(s)

 

Livre de Frédérique Berthet

Ce livre raconte une histoire d’amour épistolaire. Pendant six années (1943 – 1950), Etiennette et Georges ne sont quasiment jamais ensemble, séparés par des mers, des continents. Leur correspondance est le seul moyen qu’ils trouvent pour se bâtir un lieu de rencontre, pour ne jamais (never) être l’un sans l’autre.
Etiennette, la grand-mère de l’auteure, lui a confié avant de mourir une valise de lettres dont elle n’avait jamais (never) parlé à personne. Les deux très jeunes époux, mariés en 1943 à Casablanca, sont immédiatement séparés par la guerre. Ils vont s’inventer un présent commun en s’écrivant. Georges est mobilisé à la Libération, puis envoyé en Indochine. Ils n’eurent donc jamais (never) « la vie d’un mariage normal ».
Etiennette a dû quitter le soleil de Casablanca pour Saint-Benin-des-Bois, près de Nevers, où elle est accueillie en étrangère avec ses deux enfants. Elle se rend parfois à Nevers à bicyclette où l’auteure imagine alors une brève rencontre avec « la fille de Nevers » (Emmanuelle Riva dans Hiroshima mon amour, de Duras).
Ce livre raconte un moment de l’Histoire que l’on connaît peu : la fin de la Deuxième guerre mondiale. La guerre se poursuit, se déplace jusqu’aux confins de l’Empire, sur un autre continent dont on ne sait pas grand-chose non plus, l’Indochine. C’est l’histoire d’une très jeune mère qui se retrouve à élever seule ses deux jeunes enfants loin de sa ville natale. Le couple séparé comprend aussi qu’un de ses enfants n’est pas comme les autres (infirme).
C’est enfin un livre sur la place de l’écriture dans la vie silencieuse d’une femme qui aura écrit pour essayer de faire survivre quelque chose de l’amour en l’absence de l’aimé, et dans un monde instable.

Never(s)Never(s) [209 Kb]

au coeur d'un été tout en or

 

Livre d'Anne Serre

Prix Goncourt de la nouvelle 2020

Une mère inconnue qui ressemble à Liz Taylor, un père tendrement aimé qui se prend pour Musset, un amant marié qui joue avec un revolver, un autre qui apparaît le jour de la mort de Beckett, des amies en Allemagne, en Corse, en Angleterre, dont parfois le souvenir a presque disparu, et un Je tantôt féminin, tantôt masculin, vulnérable ou assassin, apparaissent tour à tour, comme on abat des cartes, dans ce nouveau jeu d’Anne Serre placé sous le signe de Lewis Carroll. Un autoportrait en trente-trois facettes.

Journal de guerre 1938-1943

 

Livre d'Albert Memmi

Proclamation du statut des Juifs en 1940, occupation italoallemande en 1942 et 1943, théâtre de l'affrontement entre les forces de l'Axe et celles des Alliés : la Tunisie a été mêlée de près aux convulsions de la Seconde Guerre mondiale.

Proclamation du statut des Juifs en 1940, occupation italoallemande en 1942 et 1943, théâtre de l'affrontement entre les forces de l'Axe et celles des Alliés : la Tunisie a été mêlée de près aux convulsions de la Seconde Guerre mondiale.
Le Journal de guerre d'Albert Memmi nous parle, au jour le jour, de ces événements, commentant le conflit, la défaite française, les lois antisémites de Vichy, la société coloniale contemporaine et la montée des discriminations en Tunisie. " Apprenti-philosophe " âgé d'à peine vingt ans et farouchement pacifiste, l'auteur se trouve d'abord affecté dans un bureau de recrutement de la main-d'oeuvre juive, puis s'engage volontairement dans un camp de travail forcé, pour vivre au contact " des souffrances physiques et des détresses morales " infligées à sa communauté. Né d'une rude épreuve personnelle, le Journal d'un travailleur forcé constitue un témoignage rare sur les camps de travail sous tutelle italienne ou allemande, mais c'est aussi un texte littéraire dans lequel bien des engagements de l'oeuvre future d'Albert Memmi trouvent leur origine.
Pour ce jeune auteur, c'est dans cette écriture expérimentale du réel, à la première personne et sans compromis, que s'est jouée l'expérience fondatrice : celle de sa future vocation d'écrivain.

[Une note parue dans EAN, le 23 mars 2020]

[Albert Memmi nous a quittés le 22 mai 2020]

Joseph Kessel dans la Pléiade - Romans et récits

 

Livre de Joseph Kessel (2 volumes)

Kessel est difficile à situer dans le paysage littéraire. On l’y prenait parfois pour un intrus. À la NRF, Gaston Gallimard crut très tôt en lui, tandis que Gide (qui changerait d’avis) et Paulhan avaient, comme on dit, «des réserves». Peut-être n’était-il à leurs yeux qu’un reporter écrivant des romans, avec une circonstance aggravante : le succès. Alors romancier ou reporter ? Un pur romancier ? un authentique reporter ? La question, à vrai dire, ne se pose pas en ces termes.
Cette édition ne fait pas acception de « métiers » ni d’ailleurs de genres littéraires. Elle juxtapose dans l’ordre chronologique des ouvrages relevant, à des degrés divers, de la fiction, du récit, du reportage ou de ce que Kessel aimait à nommer documentaire – un mot encore neuf dans les années 1920 et qu’il donna pour titre à la première partie de Vent de sable. Elle bénéficie d’autre part d’un fait nouveau: les manuscrits de Kessel sont désormais accessibles. Ces deux volumes en reproduisent de nombreux éléments – dont le scénario inédit du Bataillon du ciel – et les exploitent pour cerner ce qui fait la spécificité de l’œuvre.

Le « système Kessel », on croit le connaître : courir le monde, faire provision de « choses vues », livrer des reportages à la presse, en tirer (selon des modalités variables) un récit, puis publier un roman qui utilise (dans des proportions tout aussi variables) ces reportages et ce récit. Mais les apparences sont trompeuses : Le Lion (roman « kényan » de 1958), par exemple, aurait été conçu avant que ne soit achevé La Piste fauve (récit, kényan lui aussi, de 1954). L’œuvre ne décrit pas une trajectoire systématique qui mènerait du réel (terrain du reporter) à la fiction (ou littérature). Chez l’auteur de Makhno et sa juive, la réalité n’est jamais chimiquement pure. Kessel pourrait bien être un précurseur de ce qu’on appelle aujourd’hui en bon français la creative non fiction. L’aventure, l’événement, tel homme rencontré, telle situation vécue possèdent pour lui un potentiel poétique ou romanesque qui fait d’eux des objets pour l’imagination.
Pour le dire à la manière de Malraux, le réel est une musique sur laquelle nous sommes contraints de danser. Mais Kessel le trouve insuffisant. Comme Malraux lui-même, comme Cendrars, Saint-Exupéry et bientôt Gary, il est de ceux qui offrent à la réalité des prolongements puisés dans l’imaginaire. Ce faisant, il place son œuvre – et ses aviateurs, ses Russes blancs, ses guerriers masaï, ses cavaliers afghans – aux confins « du réel, du rêve, de l’errance et de l’histoire » (Malraux encore). Il la rend transfrontalière, se rend lui-même inclassable et fait de l’aventure un mythe moderne. Sans doute respire-t-il « l’air du temps », qui est aussi le nom d’une collection à laquelle il donna des livres; mais il sait s’en abstraire et atteindre à l’essentiel. Écrite en un siècle qui menaça de mille manières l’espèce humaine, toute son œuvre peut être lue comme une quête de fraternité.

Temps noirs

 

Livre de Thomas Mullen

L'officier Denny Rakestraw et les « officiers nègres » Lucius Boggs et Tommy Smith ont du pain sur la planche dans un Atlanta surpeuplé et en pleine mutation. Nous sommes en 1950 et les tensions raciales sont légion alors que des familles noires, y compris la sœur de Smith, commencent à s’installer dans des quartiers autrefois entièrement blancs. Lorsque le beau-frère de Rake lance un projet visant à rallier le Ku Klux Klan à la « sauvegarde » de son quartier, les conséquences deviennent incontrôlables, forçant Rake à choisir entre la loyauté envers sa famille et la loi. Parallèlement, Boggs et Smith tentent d’arrêter l’approvisionnement en drogues sur leur territoire, se retrouvant face à des ennemis plus puissants que prévu : flics et ex-détenus corrompus, chemises noires nazies et voyous du Klan

TempsNoirsTempsNoirs [123 Kb]

Requiem pour une ville perdue

 

Livre d'Asli Erdoğan

Ce texte est un requiem à la mémoire d’une solitude, celle de l’auteure au cœur de son pays perdu.

De l’enfance, où la figure de la mère revient sans cesse, à la maturité tourmentée par l’engagement politique, esthétique et féministe, Asli Erdoğan dévoile ici le ressouvenir absolu de son existence tendue depuis toujours vers la nécessité d’écrire. Car, dit-elle, “écrire c’était pour que mes mains puissent toucher l’invisible dans tout ce qui se voit”.

Au centre de cet art poétique se dresse, sublime, la ville d’Istanbul, telle une matrice vertigineuse. Et les ruelles de Galata, quartier tant aimé, arpenté, tel un labyrinthe grand ouvert sur le Bosphore.

Ce livre est par essence un monde intérieur, qui précède et accompagne jusque dans l’exil l’une des voix majeures de la littérature contemporaine.

[Entretien avec l'auteure et extraits du livre]

Armen

 

Livre d'Hélène Gestern

Au fond, j’ai eu envie d’écrire, à travers la vie d’Armen Lubin, la biographie de l’écriture.

Armen Lubin (1903-1974) est né à Istanbul sous le nom de Chahnour Kérestédjian. Persécuté, comme ses compatriotes arméniens, il doit quitter la Turquie à l’été 1923, devenant de fait apatride. À Paris, il fait ses premiers pas de poète français, sous l’aile d’André Salmon et de Jean Paulhan, qui le publiera chez Gallimard. Très vite atteint d’une affection tuberculeuse redoutable, le mal de Pott, il passera sa vie dans des hôpitaux et des sanatoriums de l’Assistante publique. Soutenu par ses amis, parmi lesquels Henri Thomas, Madeleine et Jean Follain, il continuera d’écrire malgré la maladie et la douleur.
Méditation sur l’exil, la perte et l’écriture, Armen est aussi le récit d’une affinité, d’une rencontre entre Hélène Gestern et son sujet. D’une ampleur incomparable, ce texte nous emporte dans les méandres de deux destinées que tout oppose et qui, pourtant, se répondent. C’est la première fois qu’Hélène Gestern livre avec pudeur quelques clés de son univers romanesque.

[Vidéo de présentation par l'auteure]

[Note de lecture dans "L'Humanité" du 7 mai 2020]

ArmenArmen [139 Kb]

AMRITA

 

Livre de Patricia Reznikov

"L'Europe appartient à Picasso, Matisse, Braque et bien d'autres. L'Inde n'appartient qu'à moi seule."

Amrita Sher-Gil est à l'Inde ce que Frida Kahlo est au Mexique. Artiste de génie, femme libre à la vie fabuleuse et tourmentée, elle a marqué l'histoire de la peinture indienne avant de disparaître brutalement à l'âge de vingt-huit ans. Lorsque Iris achète un de ses tableaux, elle se lance, fascinée par son destin, sur les traces de cette artiste audacieuse, mi-hongroise, mi-indienne, espérant retrouver dans cette quête le goût de peindre qui l'a quittée depuis des années. De subtils échos se répondent entre les deux femmes dont l'existence est étroitement liée à la création, à l'amour de la peinture et à ses ressorts secrets.

Patricia Reznikov nous entraîne dans un roman où les couleurs de l'Inde coloniale, de Lahore à Simla, se mêlent à celles du Budapest d'avant la Première Guerre, du Paris des avants-gardes et de Florence. Elle redonne vie à une figure féminine bouleversante et hors norme, méconnue du grand public.

AmritaAmrita [54 Kb]

Scrabble

 

Livre de Michaël Mercier

«Mais moi, quand je ferme les yeux, je descends d'abord comme un noyé dans les eaux limoneuses du fleuve Chari, qui trace la frontière entre le Tchad et le Cameroun, où furent jetés tant d'hommes, de femmes et même d'enfants, parfois encore vivants, les mains ligotées dans le dos ou enfermés dans une gibecière. Je sombre avec eux vers le sable et l'argile, au milieu du vert et du brun, croisant des algues violettes, des tessons de poteries et des écailles de crocodile. Ma tête est plus lourde qu'un boulet et m'entraîne vers les abysses : je plonge dans un sac sans fond où les lettres s'entrechoquent ou s'esquivent, s'appellent ou s'ignorent, je baigne dans un espace illimité soustrait aux contraintes des cycles et des dates, et j'entre dans le temps de l'enfance qui précisément ne connaît pas le temps. Tous mes souvenirs s'envolent dans le vent des sables, le passé coule dans le fleuve, se joue dans les branchages, explose dans les feuillages. Le passé est tout autour de moi désormais - et je ris quand je dis "le passé", car rien de tout cela n'est passé.» Michaël Ferrier.

ScrabbleScrabble [165 Kb]

SANS ILLUSTRATION

 

Livre de Pauline Picquet (Préface de Philippe Lejeune)

Une jeune femme de 33 ans, brûlée et défigurée dans un accident de voiture, découvre la double peine qui lui est infligée : la mutilation physique, irrémédiable, mais aussi l’assignation par les autres à la monstruosité et au renoncement à vivre « normalement ». Animée d’une détermination implacable, elle parvient à reconstruire sa vie, entre à l’université, développe des talents de conteuse et d’écrivaine. Tout cela au prix d’un long calvaire et d’une lutte de tous les instants pour affronter le regard de l’autre, souvent scandalisé qu’une femme autant handicapée sorte de la voie que le destin lui a tracée. C’est ce parcours étonnant, cette résilience que Pauline Picquet raconte dans son livre, choisissant de composer des fragments et de les présenter sous la forme d’un abécédaire dans lequel le lecteur est happé comme dans un roman.

Ce qu'en dit Annie Ernaux :

« Le texte de Pauline Picquet est à la fois impressionnant et dérangeant. Il assigne au lecteur non pas la place qu’on pouvait attendre et craindre, celle de regardeur, mais exactement l’inverse, celle de regardé. Non seulement il n’y a aucun pathos – ruiné par l’alphabet – mais une sorte de miroir, si on peut dire, nous est tendu en lisant au travers des réactions des personnes qui approchent Pauline, qui voient son visage. C’est un texte fier. »

Devenir biographe : Prêter sa plume pour écrire la vie des autres

 

Livre de Michèle Cléach et Delphine Tranier-Brard

Ce livre répond aux questions au fur et à mesure qu'elles se posent au cours de la réalisation d'une biographie, depuis le premier contact avec le client jusqu'à la publication, quel que soit le mode de publication (tapuscrit, autoédition, édition grand public). Les auteures commencent par proposer de mettre en place un outil du biographe le carnet de bord. Elles font ensuite une incursion dans ce que l'on appelle aujourd'hui le champ biographique pour y situer « la biographie familiale » qui est plus particulièrement l'objet de ce livre. Elles cernent les profils des personnes qui souhaitent devenir biographes et ceux des personnes qui font appel à un biographe. Elles entrent ensuite dans le concret du métier avec l'entrée en relation, le recueil du récit, les outils de la transcription et leurs différents impacts, les questions de la vérité, de la mémoire et de la transmission, les effets du récit sur le client et le biographe. À partir de la question : quel biographe voulez-vous être ? Elles traitent des notions de posture, de cadre, de déontologie et d'éthique. Elles passent ensuite à toutes les questions liées à l'écriture du récit ? : structure du texte, temps de la narration, narrateur, etc., celles liées aux méthodes du travail et de validation avec le biographé, comment finir le texte et comment finir la relation. Dans la dernière partie, elles examinent les questions liées à l'édition, les questions juridiques et l'aspect commercial du métier. Celles aussi de la formation continue indispensable si l'on veut rester un biographe compétent­. Tout au long du texte des témoignages de biographes, des propositions d'écriture, des présentations de cas, des suggestions pour un carnet de bord viennent émailler leur propos.

[Pour acheter chez l'éditeur]

[Une présentation sur le blog de Maryse Bachet-Sargis]

APRÈS LE BAGNE, L'EMPREINTE DES CHAÎNES

 

Livre de Monique Gaigneux

Les descendants d'un bagnard étaient marqués du sceau d'infamie. Et pour combien de générations ? Quand tenter de comprendre cette chape de plomb qui pèse sur le dos conduit à la découverte d'un ancêtre condamné « aux travaux de force », pour attentat à la pudeur, c'est le choc ! Se questionnant sur la transmission intergénérationnelle de mères à filles, l'auteure a entrepris un travail d'exploration de l'histoire familiale ancestrale. D'où la rencontre avec Victorien le grand-père de son grand-père. Entre rejet d'un héritage honteux et tenu secret et obligation de l'affronter pour s'en séparer, l'auteure, en racontant, se libère.

UNE SAGA INDOCHINOISE

 

Livre d'Yves Le Jariel

Cette saga d'une famille française dont le destin traverse celui du Vietnam sur trois générations, n'est ni un acte de repentance, ni une glorification de la colonisation. Elle déroule simplement des moments de vies, éclairés dans l'analyse de leur contexte politique. Sur ce temps colonial défile un kaléidoscope d'images, d'impressions colorées par le souvenir d'un passé recomposé au terme d'un minutieux travail d'archiviste. Ces histoires singulières s'intègrent dans une réflexion globale sur les circonstances et les causes de l'effondrement de la colonisation française. L'auteur a évidemment ses partis pris. Ardent défenseur du peuple vietnamien pour son indépendance dans la guerre que lui faisaient les États-Unis, il n'en reconnaît pas moins sa dette envers la mission américaine du major Patti qui lui sauva la vie.

La femme révélée

 

Livre de Gaëlle Nohant

Paris, 1950. Eliza Donneley se cache sous un nom d’emprunt dans un hôtel miteux. Elle a abandonné brusquement une vie dorée à Chicago, un mari fortuné et un enfant chéri, emportant quelques affaires, son Rolleiflex et la photo de son petit garçon. Pourquoi la jeune femme s’est-elle enfuie au risque de tout perdre  ?
Vite dépouillée de toutes ressources, désorientée, seule dans une ville inconnue, Eliza devenue Violet doit se réinventer. Au fil des rencontres, elle trouve un job de garde d’enfants et part à la découverte d’un Paris où la grisaille de l’après-guerre s’éclaire d’un désir de vie retrouvé, au son des clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés. A travers l’objectif de son appareil photo, Violet apprivoise la ville, saisit l’humanité des humbles et des invisibles.
Dans cette vie précaire et encombrée de secrets, elle se découvre des forces et une liberté nouvelle, tisse des amitiés profondes et se laisse traverser par le souffle d’une passion amoureuse.
Mais comment vivre traquée, déchirée par le manque de son fils et la douleur de l’exil ? Comment apaiser les terreurs qui l’ont poussée à fuir son pays et les siens ?  Et comment, surtout, se pardonner d’être partie  ?
Vingt ans plus tard, au printemps 1968, Violet peut enfin revenir à Chicago. Elle retrouve une ville chauffée à blanc par le mouvement des droits civiques, l’opposition à la guerre du Vietnam et l’assassinat de Martin Luther King. Partie à la recherche de son fils, elle est entraînée au plus près des émeutes qui font rage au cœur de la cité. Une fois encore, Violet prend tous les risques et suit avec détermination son destin, quels que soient les sacrifices.
Au fil du chemin, elle aura gagné sa liberté, le droit de vivre en artiste et en accord avec ses convictions. Et, peut-être, la possibilité d’apaiser les blessures du passé. Aucun lecteur ne pourra oublier Violet-Eliza, héroïne en route vers la modernité, vibrant à chaque page d’une troublante intensité, habitée par la grâce d’une écriture ample et sensible.

 Gaëlle Nohant présente "La femme révélée" - 27 février 2020 (Librairie Mollat)

LaFemmeReveleeLaFemmeRevelee [216 Kb]

La possibilité du jour

 

Livre d' Emilie Houssa

NICE – 1947. Aurore Félix, jeune Niçoise, s’apprête à faire ses adieux à sa famille, son pays et au soleil méditerranéen pour rejoindre son beau G.I. Martin en terre promise des États-Unis d’Amérique. Elle rêve alors à une nouvelle vie, faite de promesses de liberté et de cet avenir fabuleux que seul le « Nouveau Monde » semble pouvoir offrir. 

Mais une fois l’Atlantique traversé, Aurore découvre que son fiancé ne l’a pas attendue. Abandonnée, sans repère, elle ne fera pas demi-tour et se retrouve à tenter de vivre sa vie sur ces terres inconnues.

La vie d’Aurore s’écrit ainsi dans les plis de l’Histoire, du fin fond du Midwest, jusqu’à New York et Montréal ; des combats pour les droits des femmes à la lutte pour l’égalité civique et la liberté de chacun.

Dans ce tourbillon constant, la liberté d’Aurore se dessine en creux. Elle deviendra mère, recréera un foyer peu conventionnel et se battra sans relâche pour trouver sa place. 

Il y a comme ça des vies oubliées qui racontent toute l’histoire d’une société.

SURVIVANCE ET TRANSMISSION

 

Titre complet : SURVIVANCE ET TRANSMISSION -Vers l'intime des familles rwandaises rescapées du génocide

Livre de Christine Lebon

Ce livre interroge la transmission psychique de la survivance au sein des familles de rescapés du génocide de 1994. Il retrace un itinéraire de recherche qui, en plongeant dans le vécu des familles, découvre un silence traditionnel permettant le rapport à l'altérité, embrouillé dans un silence imposé par l'irruption de la violence extrême. Ainsi, en écoutant les voix, parfois bruyantes, des enfants, s'esquisse une voie menant vers l'intime, ce qui permet l'étude de la transmission.

Ecrire le cancer - De l’expérience de la maladie à l’autopathographie

 

Livre de Silvia Rossi

A partir des années 1990, les récits de personnes atteintes du cancer se multiplient. Pourquoi mettre en récit et rendre publique une expérience intime comme celle du cancer ? A qui s'adressent ces récits ? Quel est le rôle du cancer en tant que déclencheur de l'écriture et en tant que matière de la narration ? Quelles métaphores sont mobilisées pour raconter l'expérience du cancer et à quels besoins des personnes malades répondent-elles ? Afin de répondre à ces questions, cet ouvrage s'appuie sur les récits à la première personne de six écrivains italiens atteints de cette maladie.

[La thèse de doctorat de Silvia Rossi - 24/03/2016]

[Un note de lecture de Véronique Leroux-Hugon sur le site de l'APA]

 

Le dernier Syrien

 

Livre d'Omar Youssef Souleimane

« En mars 2011, quand Youssef participa à la première manifestation à Damas, il eut l’impression que le cri de liberté poussé contre le régime d’Al-Assad, après quarante ans de silence et de peur, était un miracle plus puissant que celui du prophète. »
Joséphine, jeune alaouite au charme troublant, réunit chez elle un groupe de jeunes gens pour partager leurs espoirs, leurs rêves, leurs visions de l’avenir à ce moment où tout semble possible. Se joue alors une partition amoureuse. Youssef et Mohammad. Youssef et Joséphine. Khalil et Joséphine. Homosexualité et tradition, civilisation et oppression, sentiments et loyautés s’opposent et se croisent, jusqu’au drame qui balaie les destins et un pays tout entier…
Une plongée au cœur de la jeunesse syrienne à l’aube du Printemps arabe, portée par la plume intense et poétique d’Omar Youssef Souleimane.

[Entretien avec l'auteur in L'ORIENT LITTERAIRE - février 2020]

LeDernierSyrienLeDernierSyrien [143 Kb]

Il est juste que les forts soient frappés

 

Livre de Thibault Bérard

Lorsque Sarah rencontre Théo, l'alchimie est immédiate. Elle, l'écorchée vive, la punkette qui ne s'autorisait ni le romantisme ni la légèreté, se plaisant à prédire que la Faucheuse la rappellerait avant ses 40 ans, va se laisser convaincre de son droit au bonheur par ce fou de Capra et de Fellini. Dans le tintamarre joyeux de leur jeunesse, de leurs amis et de leurs passions naît Simon, le premier fruit de leur amour. Puis, Sarah tombe enceinte d'une petite fille. Mais bientôt, comme si leur bonheur avait provoqué la colère de l'univers, à l'euphorie de cette grossesse se substituent la peur et l'incertitude tandis que les médecins détectent à Sarah un cancer qui progresse à une vitesse alarmante. Chaque minute compte pour sauver Sarah. Le couple se lance alors à corps perdu dans un long combat, refusant de sombrer dans le désespoir.
Un récit d'une légèreté et d'une grâce bouleversante, entre rire et larmes, dont on ressort empreint de gratitude devant la puissance redoutable du bonheur.

Mrs Dalloway

 

Livre de Virginia Woolf (Réédition en poche - février 2020)

Une journée dans la vie d'une femme. Vivant dans la haute société anglaise, au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'héroïne s'interroge sur ses choix - pourquoi n'a-t-elle pas épousé l'homme qu'elle aimait vraiment, qui lui rend visite ce jour-là ? -, ses souvenirs, ses angoisses - pourquoi est-elle si frappée par la mort d'un ancien militaire qui ne s'est pas remis de la guerre, pourtant un parfait inconnu pour elle ? Crise existentielle qui mène à un dédoublement de personnalité, aux portes de la folie. Ce grand monologue intérieur exprime la difficulté de relier soi et les autres, le présent et le passé, le langage et le silence, mais aussi de se reconnaître soi-même. Comment s'émanciper du carcan social, comment assumer son identité ? Publié en 1925, Mrs Dalloway est le chef-d'oeuvre de Woolf et l'un des piliers de la littérature du XXe siècle. Dans ce roman poétique, porté par la musique d'une phrase chantante et d'une narration incisive, les impressions deviennent des aventures

[Note sur SENSCRITIQUE.com le 25 mars 2020]

[Deux émissions sur France Culture le 11 janvier 2015 et le 18 janvier 2015]

[Livre également disponible en E-book]

MrsDallowayMrsDalloway [61 Kb]

Comme une naissance … RÉCITS DE VIE ET ÉDUCATION POPULAIRE

 

Livre de Jean-Pierre Weyland

Avec des textes de René Badache et Guy Millérioux - Préface de Jean François - Postface de Joëlle Bordet

Ce récit retrace subjectivement le parcours de deux militants de l'éducation populaire. Sont dévoilés leurs liens familiaux, politiques, sociaux, syndicaux et surtout associatifs. Guy Millérioux comme formateur aux Centres d'entrainement aux méthodes d'éducation active (Ceméa), René Badache comme comédien à Arc-en-Ciel Théâtre puis à Arc-en-Ciel Théâtre Ile-de-France (Actif). Ces mouvements ont été les causes et les conséquences de leur engagement humaniste et progressiste, de leur démarche politique. Ils livrent avec franchise et humilité leurs souvenirs, anecdotes, parfois des extraits de textes dévoilant leurs croyances, doutes et contradictions. De la prison d'Osny à la Palestine, d'Oran au Berry, des attentats de 2015 à Paris au Niger, nous voyageons avec eux.

La terre des femmes

 

Livre de María Sánchez

Un livre et une femme incroyables : María Sánchez, vétérinaire, poétesse, porte-parole de territoires et d'individus oubliés, déclassés, mal-aimés. La Terre des femmes est un récit intime, familial, politique à sa manière, qui redonne leur place aux femmes dans le monde rural, à leurs mains, à leurs gestes. Une histoire de filiation et de destin. De transmission. Et un pas de côté pour réfléchir à nos propres vies.

[Note de lecture sur le site « L’Or des Livres », du 8 mars 2020]

[Note de lecture sur le site « Terrafemina », du 9 avril 2020]

TerreDesFemmesTerreDesFemmes [113 Kb]

Qui a fait le tour de quoi ? L’affaire Magellan

 

Livre de Romain Bertrand

Imaginez une histoire, une belle histoire, avec des héros et des traîtres, des îles lointaines où gîtent le doute et le danger. Imaginez une épopée, une épopée terrible, avec deux océans où s’abîment les nefs et les rêves, et entre les deux un détroit peuplé de gloire et de géants. Imaginez un conte, un conte cruel, avec des Indiens, quelques sultans et une sorcière brandissant un couteau ensanglanté. Un conte, oui, mais un conte de faits : une histoire où tout est vrai. De l’histoire, donc.

Cette histoire – celle de l’expédition de Fernand de Magellan et de Juan Sebastián Elcano –, on nous l’a toujours racontée tambour battant et sabre au clair, comme celle de l’entrée triomphale de l’Europe, et de l’Europe seule, dans la modernité.

Et si l’on changeait de ton ?

Et si l’on poussait à son extrême limite, jusqu’à le faire craquer, le genre du récit d’aventures ? Et si l’on se tenait sur la plage de Cebu et dans les mangroves de Bornéo, et non plus sur le gaillard d’arrière de la Victoria ? Et si l’on faisait peser plus lourd, dans la balance du récit, ces mondes que les Espagnols n’ont fait qu’effleurer ? Et si l’on accordait à l’ensemble des êtres et des choses en présence une égale dignité narrative ? Et si les Indiens avaient un nom et endossaient, le temps d’un esclandre, le premier rôle ? Et si l’Asie – une fois n’est pas coutume – tenait aussi la plume ? Que resterait-il, alors, du conte dont nous nous sommes si longtemps bercés ?
La vérité, peut-être, tout simplement.

[Un note de lecture sur le site NONFICTION

[Une note de lecture sur le site EAN] 

 

Tous les soirs à 19h19 dans le cadre du banquet d’été 2019 intitulé « Transformer, transfigurer » qui s’est déroulé à Lagrasse du 2 au 9 août 2019, Romain Bertrand racontait l'épopée du voyage de Magellan autour du monde

Un été à l'Islette

 

Livre de Géraldine Jeffroy

Château de l’Islette, juillet 1892. Camille Claudel y installe son atelier estival. Comme Rodin tarde à la rejoindre, elle confie son désarroi à Claude Debussy et travaille sans relâche. À mesure que La Valse prend forme, traduisant la tension extrême au sein du couple, la petite châtelaine et sa préceptrice, Eugénie, entrent dans la danse.

Géraldine Jeffroy tisse avec subtilité vérité artistique et imagination romanesque. Des destinées se croisent et des passions s’exacerbent. Cet été-là verra naître des chefs-d’œuvre : La Valse et La Petite Châtelaine de Camille Claudel, le Balzac de Rodin et L’Après-midi d’un faune de Claude Debussy.

[Dossier Camille Claudel]

UnEteIsletteUnEteIslette [161 Kb]