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Livres 2011

Livres 2011

Bonnes lectures

 

Liste alphabétique des 908 auteur.e.s et des 941 livres présentés sur le site depuis 2010.

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Livres 2011

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Les inconsolés

 

Livre de Minh Tran Huy

Entre Lise et Louis, la rencontre produit des étincelles dignes des romans et des films que la jeune fille, rétive aux renoncements de l'âge adulte, confond parfois avec la vie. Leur histoire - le premier amour - se déroule tel un conte. Mais comme dans un conte, elle est rapidement minée par la petite musique de l'enfance mal aimée, le refrain des rapprochements impossibles, des différences infranchissables. Et bientôt la nuit des malédictions envahit le rose des rêveries romantiques.
Nimbé d'un mystère qui de page en page s'épaissit, Les Inconsolés est une histoire de fantômes et de vengeance, où l'on retrouve le talent délicat et têtu de Minh Tran Huy pour la navigation de l'eau qui dort - dont chacun sait qu'il faudrait s'en méfier.
Il y a l'élan vers l'amour fou, l'irrésistible faim d'aimer - et d'être aimé, enfin -, les blessures de l'enfance, le poids des origines et les émerveillements de la jeunesse. Il y a aussi cette manière toute personnelle, à la fois sincère et ironique, de pousser les clichés jusqu'à leur paroxysme, jusqu'à en extraire toute la vérité, en révéler le tranchant, les dangers.
Entre thriller romantique et conte de fées cruel, ligotant l'une à l'autre naïveté et lucidité, le nouveau roman de l'auteur de La Double Vie d'Anna Song nous livre aux vénéneux tentacules du malentendu.

Présentation sur le site d'Actes sud

LesInconsolesLesInconsoles [122 Kb]

Une vie dans les mots - Conversations avec I. B. Siegumfeldt

 

Livre de Paul Auster, I.B.Siegumfeldt et Céline Curiol

À travers ces entretiens approfondis qui abordent l’œuvre de Paul Auster sous un angle thématique, le lecteur revisitera l’univers de ses récits autobiographiques comme de ses romans, dont il découvrira des aspects ignorés ou encore insuffisamment mis en lumière, notamment les obsessions qui traversent l’œuvre et l’homme.

L’universitaire danoise Inge Birgitte Siegumfeldt et Paul Auster ont choisi le mode de la conversation pour mieux rester fidèles à l’ADN si spécifique de romans dont chacun constitue un voyage en terres inconnues – pour l’auteur comme pour le lecteur.

Paul Auster s’est très largement investi, durant trois ans, dans ce dialogue intense, pour offrir à tout son lectorat un accès privilégié à une œuvre d’exception.

La mère morte

 

Livre de Blandine de Caunes

Une mère, âgée mais indépendante, se trompe de jour, de lieu de rendez-vous avec ses filles, achète des objets superflus et coûteux, oublie dans le coffre de sa voiture les fruits de mer bretons, et se lève la nuit, croyant partir pour une destination inconnue.

Cela pourrait être drôle, si ce n’était une maladie mentale due à l’âge, et surtout si cette femme si confuse n’était pas la romancière Benoîte Groult, la mère de l’auteure de ce livre d’une force rare. Benoîte Groult, luttant, jouant avec sa propre fin, mais refusant avec rage de céder à la fatalité et à la vieillesse, elle qui a été une militante de l’association « Pour le droit de mourir dans la dignité  ». Voici la femme intime, plus que la femme publique, ici telle qu’on ne la connaît pas, et qui écrivait : « Dans la vie, deux mondes se côtoient : celui des gens qui vont vivre et celui des gens qui vont mourir. Ils se croisent sans se voir. »

Benoîte s’éteint en juin 2016 à Hyères, à 96 ans. Écrivaine comblée, mère et grand-mère heureuse, femme de combats remportés. Mais ce que ce livre raconte, ce n’est pas juste le deuil hélas ! prévisible d’une mère admirée et aimée, mais un double deuil : voici le terrible sens du titre, La mère morte. « Maman, mon dernier rempart contre la mort. Bientôt, ce sera moi le rempart pour ma fille ».

Le 1er avril 2016, la fille de Blandine de Caunes, Violette, 36 ans, meurt dans un banal accident de voiture, laissant orpheline sa fille Zélie. L’ordre du monde est renversé : Benoîte s’accroche à la vie, Blandine sombre, Violette n’est plus.

De Benoîte Groult, sa fille a hérité l’humour et la force vitale. Ce livre n’est pas triste, au contraire. C’est une réconciliation entre trois générations de femme qui partagent le « même amour forcené pour la vie, toujours plus forte que tout », le credo de Benoîte qu'elle a transmis à sa fille.

Vidéo de la librairie Mollat

LaMereMorteLaMereMorte [125 Kb]

Intervalles de loire

 

A paraître le 6 février

Livre de Michel Jullien

Sur le pont de Nevers, trois bons amis regardent couler la Loire. Ils vont avoir cinquante ans. Ce qu’ils voient depuis le tablier : les grandes veines de courant, l’eau fendue par l’étrave des piles, les marmites tournant sur elles-mêmes sans jamais vouloir se rendre au lit, les bancs de sable, les îlots et les troncs flottés. Les fleuves et les rivières font appel à l’enfance et, avant le soir, la songerie des trois camarades prend la forme d’une boutade, c’est-à-dire d’un serment : descendre la Loire à la rame, sur une barque plate, idée potache qui les conduira à l’océan.

Ce texte de Michel Jullien nous place dans un esquif de quatre mètres carrés, pour une descente longue de huit cent cinquante kilomètres, chaque nuit à dormir d’île en île. C’est tout sauf un journal de bord ; pas de récit événementiel, une équipée sans hauts faits, rien qui ne concernât les inévitables anicroches et autres coups de théâtre de ce genre de relations, pas d’appesantissement non plus sur la richesse patrimoniale des régions traversées bref, l’auteur nous livre une chronique antisportive, anticulturelle, une narration dans le désordre.

Cette échappée fourmillante d’images s’attache à restituer ce qu’est la perception d’un fleuve parcouru du dedans, à hauteur de paupières. Michel Jullien s’approche au plus près d’une acuité sensuelle et traduit chaque impression physique, auditive et visuelle d’une morne récréation fluviale. Que voit-on depuis une barque, quels paysages, quels défilés, quelles contrées, quelles rencontres, quelles bourgades, toutes choses que l’on conçoit autrement depuis la rive ? Que devient une ville traversée à la rame ? Quels liens rapprochent et désunissent les mouvements du marcheur et celui du rameur, comment tournent les pensées en tirant l’aviron, de quoi parler à bord, comment s’appréhende le décor par le centre du fleuve ?

Comme souvent dans les textes de Michel Jullien, l’humour en est, qui lui permet de toucher au plus juste les perceptions sensorielles. Très vite, à chaque page, à notre tour, nous voici au bastingage, au cœur de la Loire, dans la barque même, maniant les rames, indiquant le chemin à la proue, corrigeant l’avancée depuis le gouvernail, passant des ponts, croisant des hameaux, éprouvant le temps, bâillant aux paysages, tout un projet de l’enfance tenu jusqu’à la mer.

(fiche reprise du site de l’éditeur VERDIER)

Son éclat seul me reste

 

Livre de Natacha Wolinski

Suis-je orpheline de toi ou de l’absence de toi ? Tu vis désormais en moi comme le soleil de minuit, lactescent, éperdu de blancheur. Tu habites l’univers et mon arrière-monde. Je ne te cherche pas, tu es partout et introuvable. Tu es tapi dans le mohair des jours heureux. Tu es un lierre au feuillage persistant. La mort n’est pas une fin. Mon refus de ta disparition est tempéré par mon acceptation du monde.

Cherchant à définir le lien qui l’unit à son père, Georges Wolinski, tué lors de l’attentat contre Charlie Hebdo, l’auteur revit les jours sombres de janvier 2015 et interroge les confins rouillés de sa mémoire, à travers une écriture qui revient inlassablement sur le motif. Entre refus et acceptation, l’adieu au père devient un chant d’amour et de consolation.

[Un entretien paru le 12/01/2020 dans NONFICTION]

[L'auteure parle de son livre]

bye bye babylone

 

Livre de Lamia Zaidé

Bye Bye Babylone est la version longue (comme l’on dit au cinéma) du premier livre de Lamia Ziadé, paru il y a dix ans, avant ses deux succès chez P.O.L : Ô nuit, ô mes yeux (2015), et Ma très grande mélancolie arabe (2017). Cette nouvelle édition, dans un nouveau format, est en réalité un nouveau livre, avec de nombreux nouveaux dessins inédits (une cinquantaire de nouveaux dessins), un texte entièrement revu et augmenté. Beyrouth 1975-1979 : une petite fille observe, raconte l’avancée imparable d’un conflit qui va ravager la Babylone chatoyante qui l’a vue naître. « Dans ce livre il y a Beyrouth, en feu, en flammes, en étincelles, en explosions, dans le noir absolu, il y a Beyrouth qui brille. Il y a moi et mon petit frère, il y a des miliciens et des miliciennes... Il y a le magasin de mon grand-père et le foulard en soie de ma grand-mère, la Nivéa de ma nounou et le Petzi de Walid. Il y a des cinémas en feu, le Roxy, le Radio City, le Dunia, l’Empire, le Rivoli, et des hôtels en flammes, le Palm Beach, le Vendôme, le St Georges, le Phoenicia, l’Alcazar. Dans ce livre, il y a des chewing gums et des kalachnikov, des bonbons, des chocolats, des barbe-à-papas, il y a des bazookas, des M16, des mortiers, des obus, des missiles, des grenades… »

[vidéo de présentation par l'auteure]

ByeByeBabyloneByeByeBabylone [185 Kb]

papa

 

Livre de Régis Jauffret

19 septembre 2018, j’aperçois dans un documentaire sur la police de Vichy mon père sortant menotté entre deux gestapistes de l’immeuble marseillais où j’ai passé toute mon enfance. Ils semblent joyeux alors que le visage de mon père exprime la terreur. D’après le commentaire, ces images ont été tournées en 1943. Non seulement mon père n’a de sa vie parlé de cet incident mais je n’ai jamais entendu dire par personne qu’il avait eu affaire à l’occupant.

Moi, le conteur, le raconteur, l’inventeur de destinées, il me semble soudain avoir été conçu par un personnage de roman. R. J

[Note de Pierre Ahnne sur son blog]

PapaPapa [124 Kb]

Ecrire serait l'épicentre du livre

 

Livre de Claire Angelini & Marie-Hélène Lafon

Le livre propose une cohabitation. D'une part un texte inédit d'une écrivaine au plus près des choses et des moments de la campagne, d'autre part des dessins originaux d'une artiste plasticienne qui est aussi cinéaste. Le dispositif initial est posé : à quatre mains. L'une dessine, l'autre écrit. Les deux ensembles se nouent via l'articulation souterraine de l'Histoire, qui, le soir du 14 juillet 2016 à Nice, a traversé les deux femmes chacune de leur côté.
Pour dessiner un ensemble qui puisse rencontrer le texte, il faut reprendre sa situation de travail, dans le Cantal, en Auvergne, une maison, de la campagne, de la paysannerie vivace, des histoires, l'histoire. En écho à cela, le Jura, la maison d'une famille paysanne et ouvrière hantée de restes et de traces et Nice, autre maison et lieu d'enfance.
Marie-Hélène Lafon note par le menu, dans un vrai-faux journal en treize fragments, les moments d'un été dans une campagne dans la Nièvre. Un motif par fragment et une poignée de motifs, un panier d'osier, un hélicoptère, des chaises-longues, un paysan-maçon, un blaireau, un mot, surgis jour après jour de l'inépuisable réel. Les étés débordent, les vies débordent, sont mêlées, emmêlées. Les coutures étriquées de l'autobiographie craquent.
Claire Angelini saisit dans neuf dessins des morceaux de ce même été dans une campagne frontalière du Jura, propose une vision graphique, à la fois observation et interprétation. Ce qui est recherché en termes de dessin n'est pas de l'ordre de l'illustration ou du reflet, mais de l'analogie. A partir de moments visuels choisis au sein de ce monde campagnard et familier, il s'agit de composer une proposition graphique, organique, qui relèverait à la fois de l'observation et de l'interprétation.
Il ne s'agit donc pas d'un commentaire d'écrivain sur une série dessinée. Et pas plus, d'une illustration par le dessin d'un texte existant. Les deux dispositifs sont éprouvés, inscrits qu'ils sont dans l'histoire longue des textes et des illustrations.

Rivage de la colère

 

Livre de Caroline Laurent

Après le succès de Et soudain, la liberté, co-écrit avec Evelyne Pisier, voici le nouveau roman de Caroline Laurent. Au coeur de l'océan Indien, ce roman de l'exil met à jour un drame historique méconnu. Et nous offre aussi la peinture d'un amour impossible. Certains rendez-vous contiennent le combat d'une vie.
Septembre 2018. Pour Joséphin, l'heure de la justice a sonné. Dans ses yeux, le visage de sa mère...
Mars 1967. Marie-Pierre Ladouceur vit à Diego Garcia, aux Chagos, un archipel rattaché à l'île Maurice. Elle qui va pieds nus, sans brides ni chaussures pour l'entraver, fait la connaissance de Gabriel, un Mauricien venu seconder l'administrateur colonial. Un homme de la ville. Une élégance folle.
Quelques mois plus tard, Maurice accède à l'indépendance après 158 ans de domination britannique. Peu à peu, le quotidien bascule et la nuit s'avance, jusqu'à ce jour où des soldats convoquent les Chagossiens sur la plage. Ils ont une heure pour quitter leur terre. Abandonner leurs bêtes, leurs maisons, leurs attaches. Et pour quelle raison ? Pour aller où ?
Après le déchirement viendra la colère, et avec elle la révolte.

Roman de l'exil et de l'espoir, Rivage de la colère nous plonge dans un drame historique méconnu, nourri par une lutte toujours aussi vive cinquante ans après.

[entretien avec Georgia Makhlouf pour L'Orient Littéraire]

Nos années brûlantes

 

Livre d'Acacia Condès

Nicolas Boulte (1944-1975) fut un militant révolutionnaire des années 1960-1970. À partir de ses lettres, Acacia Condès fait revivre cette grande figure. Intellectuel engagé, il a embrassé les grands combats sociaux et les luttes de libération nationale de ces années-là. Ses lettres sont un témoignage brut, incandescent, des aspirations, tourments et désillusions d'un homme sincère qui n'acceptait pas que soient dévoyés les idéaux de Mai 68. L'auteure, destinataire de ces lettres, femme engagée elle aussi - elle fut l'une des pionnières du MLF - brosse en contrepoint une toile de fond historique et personnelle, où l'intime cohabite avec le politique

Mauvais juif

 

Livre de Piotr Smolar

A vingt-six ans, j'ai découvert que mon grand-père était un héros en lisant son livre sur le ghetto de Minsk, où il avait fondé le réseau de résistance. Après être rentré en Pologne, une fois la guerre achevée, il finit par émigrer en Israël : il y est mort. La passion de sa vie était le communisme. Mon père aussi a quitté la Pologne après les répressions contre les étudiants en mars 1968 et la vague d'antisémitisme. Il devint une figure majeure du mouvement démocratique à l'étranger. La passion de sa vie est son pays. Je suis arrivé en Israël comme correspondant du journal Le Monde en 2014. J'ai assisté à la mise sous tension identitaire de la démocratie, à la montée de l'intolérance et à la polarisation du débat public. Au moment de quitter le pays, j'écris ce récit qui est un voyage au bout de la loyauté : à quoi devons-nous être fidèles ? Ce livre croise nos trois parcours, marqués par l'effacement commun de nos origines. En ces temps d'assignation identitaire, nous sommes de mauvais Juifs. P.S.

 

MauvaisJuifMauvaisJuif [181 Kb]

POUR UNE ÉTHIQUE DE L'ACCOMPAGNEMENT BIOGRAPHIQUE

 

Livre sous la coordination de Anne Dizerbo et Jérôme Mbiatong

Issu des échanges et de la réflexion d'un groupe d'analyse de pratiques professionnelles, cet ouvrage met en avant la question éthique dans les pratiques d'accompagnement s'appuyant sur des approches biographiques. S'attachant à développer une praxis de l'accompagnement visant à promouvoir la puissance d'agir des personnes accompagnées, les auteur.e.s relatent et problématisent la manière dont chacune et chacun dans son domaine d'intervention est amené.e à rencontrer la préoccupation de la dimension éthique de sa propre action, du respect et de la dignité de l'Autre dans la reconnaissance de sa personne et de ses capacités, et se trouve confronté.e aux contraintes, visées et règlements institutionnels.

En déplacement

 

Livre de Corinne Welger-Barboza

Issue d’une famille de Juifs hongrois, arrivés en France en 1923, l’auteure remonte le fil généalogique, pour restituer l’histoire avérée ou probable de ces gens de peu, jusqu’au début du XIXème. Ces biographies familiales s’incarnent dans les mouvements de l’Histoire, avant et après la Catastrophe, depuis la Double-monarchie austro-hongroise jusqu’à la période contemporaine, en passant par l’entre-deux guerres, le communisme ou la situation française. La Catastrophe et les péripéties de la survie prennent toute leur place dans ce récit mais il y est surtout question des Juifs « d’avant » et de la part décisive qu’ils ont pris à la fabrication de l’Europe moderne. La pluralité des mondes juifs européens est souvent réduite à quelques représentations : la culture défunte du Yiddishland ou les reconstitutions communautaires actuelles. Pour sa part, l’histoire des Juifs hongrois (près d’un million d’individus, avant la Première guerre mondiale) illustre avec une force singulière le mouvement qui a travaillé les Juifs européens, depuis l’Émancipation : l’assimilation aux cultures environnantes. L’assimilation comme fil rouge et non pas l’identité. Détachés de la religion et de la tradition, quel genre de Juifs sommes-nous ? interroge l’auteure. En suivant la trajectoire des Erbstein, des Böhm, des Weisz et des Welger, les figures multiples du désir d’assimilation apparaissent, entre la chute et l’espoir. Car l’assimilation se danse à deux, Juifs et non-Juifs ensemble. Étayé par des voyages, des témoignages, des archives et des sources historiques, ce récit compose une fresque de destins juifs, hongrois et français, en déplacement dans le temps et la géographie.

EnDeplacementEnDeplacement [137 Kb]

Le livre des reines

 

Livre de Joumana Haddad 

Le Livre des Reines est une saga familiale qui s'étend sur quatre générations de femmes prises dans le tourbillon tragique des guerres intestines au Moyen-Orient - au coeur de territoires de souffrance, du génocide arménien au conflit israélo-palestinien, en passant par les luttes entre chrétiens et musulmans au Liban et en Syrie. Reines d'un jeu de cartes mal distribuées par le destin, Qayah, Qana, Qadar et Qamar constituent les branches d'un même arbre généalogique ancré dans la terre de leurs origines malgré la force des vents contraires qui tentent à plusieurs reprises de les emporter. Une lignée de femmes rousses unies par les liens du sang - qui coule dans leurs veines et que la violence a répandu à travers les âges - et par une puissance et une résilience inébranlables. Avec la parfaite maîtrise d'une écriture finement ciselée, Joumana Haddad parvient à construire un roman d'une extraordinaire intensité, sans jamais sombrer dans le pathos ou la grandiloquence.

[Entretien sur France Culture, le 19/10/2019]

[Interview sur le site ChEEk-MAGAZINE, le 6/11/2019]

Profession Romancier

 

Livre de Haruki Murakami

Une œuvre généreuse et sensible qui s'adresse à tous ceux qui sont en quête de l'homme derrière le maître, mais aussi aux curieux ou aux écrivains en herbe en mal d'inspiration ! Écrire un roman n'est pas très difficile. Écrire un roman magnifique n'est pas non plus si difficile. Je ne prétends pas que c'est simple, mais ce n'est pas non plus impossible. Ce qui est particulièrement ardu, en revanche, c'est d'écrire des romans encore et encore. Tout le monde n'en est pas capable. Comme je l'ai déjà dit, il faut disposer d'une capacité particulière, qui est certainement un peu différente du simple " talent ".
Bon, mais comment savoir si l'on possède cette aptitude ? Voici la réponse : plongez dans l'eau et voyez si vous nagez ou si vous coulez.
Bienvenue sur le ring !


Dans un essai à la fois drôle, intelligent, passionnant, Haruki Murakami se raconte et porte un regard aussi rafraîchissant que sincère sur le métier de romancier.
Tout en explorant ses plus chères obsessions et en distillant des réflexions sur la littérature, la lecture et plus largement la société japonaise, l'auteur dévoile les coulisses de son quotidien, où s'imposent persévérance, patience et endurance.

[Présentation sur le site ENCRES VAGABONDES]

[Présentation dans L'ORIENT LITTERAIRE]

Mais il faut pourtant que je travaille: Journal, articles et souvenirs

 

Livre de Käthe Kollwitz

Les témoignages des proches de Käthe Kollwitz font tous état de son laconisme. Ses œuvres, au contraire, parlent à voix haute, elles sont criantes ; elles revendiquent, dénoncent et déplorent. On pourrait tout à fait s’accommoder d’une telle discrépance entre le silence de la personne privée et la force expressive de son art, si ce déséquilibre, qui relève moins d’un état de fait que d’une méconnaissance critique, n’avait porté à majorer le réel et puissant contenu politique de son œuvre et à figer Kollwitz dans l’image d’une artiste engagée bien de son temps, avec les conséquences que l’on peut imaginer et vérifier, notamment en France, pour la réception (ou plutôt la non-réception) de son travail. C’est en vue de combler ce retard que L’Atelier contemporain, après la publication en 2018 d’une première édition considérablement abrégée du Journal (qui fut aussi le premier ouvrage de Kollwitz traduit en France), en propose cette fois le texte intégral. Dans ce Journal entamé en 1908, alors que Kollwitz est âgée de 41 ans, et tenu jusqu’à ce que son âge ne l’en empêche, en 1943, on découvre en effet une personnalité dont l’indéniable engagement dans son époque est à la fois plus profond et plus fluctuant que ce que l’on pourrait imaginer. Plus profond, au sens où il s’enracine dans sa généalogie (une famille fortement marquée par l’évangélisme social et le marxisme) et dans sa vie la plus quotidienne (son mari médecin se consacre corps et âme à sa patientèle ouvrière). Plus fluctuant, parce qu’il se fonde justement, non sur une conviction intellectuelle inflexible, mais sur un rapport largement affectif aux événements qui se déchaînent autour d’elles. De sorte que qualifier Kollwitz de marxiste, de socialiste, ou seulement de pacifiste, relève d’une simplification qui nous rend aveugle à l’extrême complexité qui marque son époque, son propre rapport au monde, et donc son travail : « On ne peut tout de même pas attendre d’un artiste, et qui plus est d’une femme, de s’y retrouver dans l’extrême complexité de la situation actuelle » note-t-elle ainsi en 1920. Le Journal constitue ainsi un document d’autant plus important pour la compréhension de son œuvre et de son temps, qu’il nous révèle une femme qui ne se conçoit pas moins comme un être privé que comme un animal politique et qui affronte toute turbulence conjointement dans ces deux domaines. L’attention de Kollwitz est largement polarisée par sa vie familiale et intérieure ; et à côté des observations sur la vie publique, intellectuelle, culturelle, artistique de l’Allemagne de la première moitié du XXe siècle, le Journal recueille nombre de notations extrêmement personnelles sur ses relations avec ses proches, sur ses voyages, ainsi que sur le face-à-face avec son travail, ses angoisses et ses phases de dépression. La mort de son fils Hans au front dès le déclenchement de la première guerre mondiale, source d’une hantise qui trouvera seulement à s’exprimer en 1932, dans la sculpture des Parents endeuillés, offre de ce point de vue un des fils rouges de ce document, et la clef de compréhension d’un drame qui est tout autant celui de l’Europe que de son art et de sa vie intime. Voilà donc un ouvrage qui introduira le lecteur à une vision d’emblée complexe d’une des grandes artistes allemandes du siècle dernier. Outre le journal lui-même, il comprend un ensemble de textes relevant de l’essai ou de l’autobiographie, 96 illustrations présentant un panorama de son œuvre, ainsi qu’une centaine d’autres documents photographiques concernant sa vie.

[Un article d'EAN à l'occasion de la parution du livre ]

Ecrire le cancer. De l'expérience de la maladie à l'autopathographie

 

Livre de Silvia Rossi

A partir des années 1990, les récits de personnes atteintes du cancer se multiplient. Pourquoi mettre en récit et rendre publique une expérience intime comme celle du cancer ? A qui s'adressent ces récits ? Quel est le rôle du cancer en tant que déclencheur de l'écriture et en tant que matière de la narration ? Quelles métaphores sont mobilisées pour raconter l'expérience du cancer et à quels besoins des personnes malades répondent-elles ? Afin de répondre à ces questions, cet ouvrage s'appuie sur les récits à la première personne de six écrivains italiens atteints de cette maladie.

Entretiens et conférences. Textes rares et inédits

 

Livre de Georges Pérec

Les entretiens et conférences de Georges Perec, ainsi que les notes de lecture, essais, billets d’humeur, préfaces, articles, lettres et inédits réunis ici, témoignent de l’émergence, de l’évolution et de l’affirmation progressives d’une esthétique qui fera de lui une des figures incontournables de la littérature mondiale. L’appareil critique qui accompagne ces documents en explicite le contexte littéraire, culturel et sociopolitique.
La première partie permet, au fil des déclarations de l’écrivain, de suivre son cheminement depuis son irruption sur la scène littéraire avec Les Choses (prix Renaudot 1965) jusqu’à sa disparition en mars 1982 à l’âge de quarante-six ans, alors qu’il a atteint, grâce au succès de La Vie mode d’emploi (prix Médicis 1978), ce moment privilégié dans la vie d’un écrivain où il peut enfin « vivre de sa plume ».
Dans la seconde partie, sont rassemblés des écrits non repris dans les recueils posthumes ou restés inédits, auxquels il est fait allusion dans les entretiens et conférences et dont les plus anciens ont gagné en pertinence avec la publication récente des romans de jeunesse, L’Attentat de Sarajevo et Le Condottière. Dans ce corpus foisonnant, deux textes font hapax. L’un est un long article de Georges Perec sur la guerre d’Algérie, paru dans la revue yougoslave Pregled en 1957, bilan détaillé du conflit et de l’analyse politique « à chaud » qu’en propose le jeune homme de vingt ans. L’autre est un texte inclassable, daté de 1975, qui est l’occasion de documenter un séjour à New York riche en rencontres avec l’avant-garde new-yorkaise.   M.R.

« Je n’ai jamais été à l’aise pour parler de manière abstraite, théorique, de mon travail ; même si ce que je produis semble venir d’ un programme depuis longtemps élaboré, d’un projet de longue date, je crois plutôt trouver – et prouver – mon mouvement en marchant… »   Georges Perec, Notes sur ce que je cherche, 1978.

[Un article paru le 9/12/2019 dans BIBLIOBS] 

Icebergs

 

Livre de Tanguy Viel

Icebergs est une série de promenades dans les allées d'une pensée qui tourne et vire, une pensée à vrai dire obsédée par les formes qu'elle peut prendre. Cette nature inquiète qui l'abrite se demande surtout comment les autres, tous les autres, ont fait avant elle. Alors elle enquête, elle arpente les rayons des bibliothèques, elle se promène sur internet, elle se renseigne sur la vie des écrivains, elle s'assied sur un banc – autant de manières pour elle de résoudre l'énigme de son expression rêvée, ici présentée en courts essais « arctiques », parties visibles et flottantes de la pensée.

[Écrire, à quoi ça sert ?, un article d'EAN, paru le 5/11/2019]

IcebergsIcebergs [119 Kb]

L'INCONSTANCE DE NOS PAS - Récit d'une famille de migrants siciliens de Sousse

 

Livre de Marie-Antoinette D'Agata Di Marco

Issue d’une famille sicilienne ayant migré à Sousse en Tunisie, Marie-Antoinette D’Agata Di Marco vit à Marseille.

« Ce livre raconte l’histoire d’une lignée familiale issue d’un milieu modeste qui s’est retrouvée, au fil de sa traversée du temps et des lieux, confrontée à différents versants de son identité. Cette histoire m’a été transmise durant mon enfance par mes aïeuls et mes parents et j’ai voulu en faire le récit. Sousse en Tunisie est la ville natale de mes grands-parents. Nos « vieux » égrenaient inlassablement le chapelet des bons souvenirs d’antan, de leur vie dans un pays lointain de l’autre côté de la mer, toujours évoqué avec une même nostalgie. J’ai eu vite envie de connaître ces gens qui, au fil des récits, surgissaient d’un passé qui ne m’appartenait que partiellement mais qui disait que la vie est construite de mille histoires personnelles, forgées avec le cœur et les sentiments. »

Accueillir les migrants - Rien n’est facile mais tout est possible

 

Livre de Stéphanie Bossard

« En novembre 2016, j’apprends qu’un Centre d’accueil et d’orientation s’ouvrait dans ma commune. Je participe alors à la création d’un collectif d’habitants qui veulent témoigner de leur volonté d’accueillir les migrants. Militante au sein du Réseau éducation sans frontières (RESF 37), il va me falloir apprendre et comprendre le labyrinthe administratif que la France propose à tous ces étrangers, ces sans-papiers, ces demandeurs d’asile.
Nos chemins se croisent à l’occasion d’un parrainage. Tu as fui le Soudan et gardes les stigmates de cette violence qui a fait basculer ta vie. Côte à côte, nous allons avancer dans cette aventure où le désir de vivre et d’apprendre dialogue avec nos émotions.
Un soir de juillet 2018, cette écriture s’est imposée comme une nécessité. »
Stéphanie Bossard est formatrice en travail social. Son témoignage est emblématique du phénomène qu’analyse Michel Agier dans son livre L’étranger qui vient - Repenser l’hospitalité : « L’État-nation a intégré l’asile, mais il a intégré ce droit d’asile dans les politiques de contrôle des frontières, des territoires et des circulations. […] Que fait-on aujourd’hui au nom de l’hospitalité ? »

À Tours, une vague d’indignation porte depuis plusieurs années les militants et les bénévoles de nombreuses associations engagées dans l’aide aux migrants. Leurs objectifs se rejoignent : interpeller l’État, qui refuse d’appliquer – ou applique de manière restrictive – les directives nationales et européennes, au mépris du droit international et des conventions signées par la France.

Mes vies secrètes

 

Livre de Dominique Bona

Dans un récit intime en forme de confession, Dominique Bona retrace sa vie d'écrivain, à la fois romancière et biographe. Elle dévoile ses émotions, ses sentiments et les rencontres qui ont construit sa propre identité. Romain Gary, Berthe Morisot, Gala Dalí, Stefan Zweig, Camille Claudel, Colette : elle raconte la part cachée de ses livres, les enquêtes pleines de risques et d'embûches, les coups de foudre, les hasards et les désillusions qui ont fait de chacun d'eux une histoire personnelle. Si elle convoque avec tendresse et humour les personnages de sa famille imaginaire, c'est elle que l'on découvre, sous le masque que tout écrivain s'impose, dans cette autobiographie d'une biographe passionnée.

Une vidéo de présentation (Librairie Mollat)

Extérieur monde

 

Livre d'Olivier Rollin

«Bigarré, vertigineux, toujours surprenant, tel demeure le monde aux yeux de qui en est curieux : pas mondialisé, en dépit de tout. Venu du profond de l’enfance, le désir de le voir me tient toujours, écrire naît de là. Chacun des noms qui constellent les cartes m’adresse une invitation personnelle. Ce livre est un voyage à travers mes voyages. Digressions, zigzags, la mémoire vagabonde. Visages, voix, paysages composent un atlas subjectif, désordonné, passionné. Le tragique, guerres, catastrophes, voisine avec des anecdotes minuscules. Des femmes passent, des lectures. Si j’apparais au fil de cette géographie rêveuse, c’est parce que l’usage du monde ne cesse de me former, que ma vie est tressée de toutes celles que j’ai rencontrées.»  Olivier Rolin.

[Présentation sur le site EAN]

ExterieurMondeExterieurMonde [127 Kb]

quand la parole attend la nuit

 

Livre de  Patrick Autréaux

Dans cet entre-temps qui sépare la chute du mur de Berlin et celle des Twin Towers, il y eut une époque, bouclant le siècle dernier, qui aura semblé à beaucoup en suspens.

Solal fait alors ses études de médecine. Mais sa jeunesse est inquiète. Témoin de parents qui se déchirent, il connaît lui aussi les joies et désillusions du premier amour. Devenu interne aux urgences psychiatriques, il apprend au fil des nuits de garde à écouter, à ne plus avoir peur, à accepter parfois son impuissance.

Roman d’apprentissage, d’initiation amoureuse, Quand la parole attend la nuit éclaire les méandres de ce labyrinthe où l’on prend conscience que l’on est bien plus que soi.

Depuis longtemps, je voulais éclairer le versant intime que peuvent être des études de médecine, et surtout la pratique des urgences, quand les frontières sont bousculées et que l’on prend conscience de ce que signifie être humain.

En esquissant ce mandala de la nuit, j’ai écrit un roman sur l’amour. Pour écrire il faut être un peu myope. Sinon on manque sa cible. Un livre est cet autre monde qu’on découvre sans l’avoir cherché. P. A

[Présentation sur le site LA CAUSE LITTERAIRE]

temps profond

 

Livre de Denis Roche

Denis Roche était l’homme de la fulgurance. De la vie et de la littérature il attendait cela : des éclats de beauté, de vérité. Les pages de ce livre, son Journal inédit, qu’il avait rassemblées et qui sont d’une densité impressionnante, témoignent dans leur originalité de cette quête incessante, de ce désir toujours inassouvi.

Poète, prosateur, inventeur de formes, photographe, l’auteur de Louve basse y interroge l’excitation de la création, l’étrangeté du rêve, l’enchantement des paysages et des corps, le plaisir des lectures vagabondes, poursuivant ainsi sa tentative jamais accomplie d’arracher le temps qui fuit à l’oubli et à la mort. Peu à peu se dessine en contrepoint la rassurante complicité amoureuse d’un couple, une complicité intellectuelle, artistique, sexuelle.

Temps profond, journal des années de grande activité créatrice de Denis Roche, prend place dans son œuvre comme la dernière pièce du puzzle, celle qui lui donne, par sa simplicité trompeuse, toute sa cohérence et qui nous invite à suivre ce qu’il appelle « le délicieux cheminement des géomètres invisibles ».

[Note dans EN ATTENDANT NADEAU]

TempsProfondTempsProfond [119 Kb]

Tu m’avais dit Ouessant

 

Livre de Gwenaëlle Abolivier

A l'hiver 2015, Gwenaëlle part trois mois dans le sémaphore de l'île d'Ouessant. C'est pendant, et à la suite de ce séjour, qu'elle écrit ce récit. Là, sous le grand phare du Créac'h, se racontent un voyage immobile et une expérience d'immersion au contact des éléments et des îliens. Elle explore les lieux et rencontre les habitants, les derniers marins de commerce, les guetteurs-sémaphoriques et gardiens de phares, et les femmes, gardiennes des lieux, qui occupent une place prépondérante sur cette île du Ponant. On découvre cet espace à part, territoire de l'extrême entretenant un rapport particulier à la noirceur et à la mort. Face à la mer et sous les faisceaux du grand phare, l'auteure vit cette expérience comme une renaissance dans le passage et l'exil que représente l'écriture.

Écrire, c’est résister. Correspondance (1894-1899)

 

Livre d'Alfred Dreyfus et Lucie Dreyfus

Innocent du crime de haute trahison dont on l’accuse et condamné à l’issue d’un procès inique, dégradé devant vingt mille Parisiens, déporté en Guyane sur l’île du Diable, le capitaine Dreyfus s’est battu pour la justice et la vérité dès le premier jour de sa mise au secret, le 15 octobre 1894.
Son courage face à l’effondrement de son existence et à l’enfermement s’exprime tout entier dans les lettres qu’il adresse à sa famille depuis la prison et le bagne. Avec Lucie, sa jeune épouse, il noue une correspondance exceptionnelle qui défie le temps, l’éloignement et l’épreuve inhumaine de la détention. L’écriture épistolaire, malgré la censure, devient pour Alfred et Lucie le monde de leur résistance et de leur amour.
La violence de l’État quand il s’acharne sur un innocent et menace ses défenseurs, l’antisémitisme déclaré qui saisit l’opinion publique et pervertit la République, la confiance inébranlable d’un couple en la justice de son pays, l’honneur et la solidarité de toute une humanité : dans ces lettres retrouvées, tout résonne avec notre siècle.

[Un article de FLORILETTRES n°208-décembre 2019]

Journal - Les années hongroises 1943-1948

 

Livre de Sándor Márai

Inédit en France, le Journal du grand écrivain hongrois Sándor Márai éclaire l'homme et l'œuvre d'une lumière nouvelle.
Romancier, chroniqueur, Sándor Márai fut également le témoin et l'acteur d'une époque dont il a consigné les événements dès 1943 dans un Journal qui l'a accompagné jusqu'à la fin de ses jours, devenant un de ses chefs-d’œuvre.
Ce premier volume couvre la période historique la plus riche - la guerre, l'arrivée des Soviétiques, le départ en exil - et dévoile des passages plus personnels de l'œuvre où se déploient la causticité et la clairvoyance de l'homme de lettres.
Sous la direction de la traductrice Catherine Fay, avec la collaboration d'András Kányádi, maître de conférences à l'INALCO, cette édition du Journal apparaît comme la pièce maîtresse de l'œuvre de Márai : au fil de pages superbes, où le moindre détail  prend une ampleur romanesque, on assiste à la pensée en mouvement d'un homme conscient que sa seule façon d'être au monde est l'écriture.

A reçu le Jeudi 21 novembre 2019, le Prix Clarens du journal intime (jury composé de Daniel Arsand, Monique Borde, Michel Braud, Béatrice Commengé, Colette Fellous, Jocelyne François, Gilbert Moreau -président du jury- et Robert Thiery)

Autobiographie professionnelle d’un travailleur social – sur le terrain

 

Livre de Roger Gayton

Issu d’une famille prolétaire catholique, Roger Gayton commence à construire son parcours à travers la JOC dont il fait sienne la devise : « Apprendre à apprendre et apprendre avec les tiers » lors de ses premières activités bénévoles. Après avoir été apprenti tapissier, il obtient un diplôme d’animateur, il commence à exercer son métier dans un foyer de jeunes travailleurs puis assure la responsabilité d’encadrement de jeunes délinquants dans une cité ouvrière, avant d’assurer la direction d’un centre social œuvrant sur un quartier stigmatisé, à forte population immigrée. Son sentier le conduit ensuite à la rencontre du monde de la psychiatrie : acteur dans des programmes européens, il multiplie alors la création de dispositifs d’insertion sociale et professionnelle. Du travail social à l’autisme, l’accompagnement reste le fondement de son implication dans le respect de son postulat initial : démysti­fier pour que tous puissent apprendre. L’éducation populaire est ainsi le fil rouge qui guide tout son itinéraire professionnel.

Pierre Bergounioux

 

Cahier dirigé par Jean-Paul Michel

L’oeuvre de Pierre Bergounioux est des plus singulières. Par ses objets, sa manière, sa langue, les vues que l’auteur s’emploie à soutenir avec énergie, le ton qui sont les siens. Pierre Bergounioux s’est voulu le témoin de la mutation qui vit, en moins d’un demi-siècle, les campagnes de l’Europe occidentale se vider de leur population. Un témoin non moins attentif qu’impliqué. Son oeuvre entretisse à petits points les fils de la découverte des mondes proches, du soi, des mondes extérieurs successifs à quoi contraint le passage du temps, la ruée des bouleversements technologiques,…

Ce volume, riche de nombreuses contributions de l’auteur touchant le chemin des grandes rencontres littéraires, mais aussi les grands événements de sa vie personnelle, assemble un faisceau de lectures sensibles, probes, d’auteurs contemporains disant la surprise, le sérieux, l’éclat, la portée d’une oeuvre tissée de tant de fils, parmi lesquels : Gabriel Bergounioux, Michael Bishop, Michael Brophy, Serge Canadas, Dominique Charnay, Eric Dazzan, Laurent Demanze, Jean-Paul Goux, Karim Haouadeg, Marie-Hélène Lafon, Yves Leclair, Pierre Michon, Jacques Réda, John Taylor.

Souvenirs de l'avenir

 

Livre de Siri HUSTVEDT

En 1978, une jeune femme en quête d’aventure, S. H., s’installe à New York dans l’intention d’écrire son premier roman. Mais elle se voit bientôt distraite de ses projets par sa mystérieuse voisine, Lucy Brite, dont les propos aussi confus qu’inquiétants lui parviennent à travers la mince cloison de leur immeuble décrépi. S. H. se met à transcrire les étranges monologues de Lucy, où il est question de la mort brutale de sa fille et du besoin qui la taraude de châtier son assassin. Jusqu’à cette nuit de violence où Lucy fait irruption dans l’appartement de S. H.
Quarante ans plus tard, S. H. retrouve le journal qu’elle a tenu cette année-là et entame un récit autobiographique – Souvenirs de l’avenir – dans lequel elle juxtapose savamment les textes contenus dans le journal, les ébauches du roman qu’elle tentait d’écrire alors, et les commentaires que ces brouillons de jeunesse inspirent à la romancière chevronnée qu’elle est devenue, afin de créer un dialogue entre ses différents “moi” à travers les décennies.
Virtuose, incisif et poignant, le septième roman de Siri Hust vedt rassemble et magnifi e les thèmes qui ont fait d’elle l’un des écrivains les plus reconnus de sa génération : le caractère faillible de la mémoire, la brutalité du patriarcat, les traumatismes qui livrent leurs secrets bien des années plus tard, l’œuvre du temps et la capacité de l’imaginaire à recréer le présent, voire à le guérir. Ce “portrait de l’artiste en jeune femme”, voluptueuse superposition de récits, est un subtil alliage de réminiscences, de drôlerie et de magie narrative.

PIERRE MICHON : Création romanesque et écriture (auto)biographique

 

Livre d'Asma Rezgui-Turki

Les écrits de Pierre Michon sont en majorité des biographies fictives où grands auteurs (ou peintres) et personnages anonymes, "minuscules", vont se côtoyer. La présente étude tente de démêler l'écheveau de cette écriture complexe et fascinante en suggérant quelques pistes originales de lecture.

Nous aurons aussi de beaux jours - Écrits de prison

 

Livre de Zehra Doğan

Ce livre rassemble les lettres que l’artiste et journaliste militante kurde Zehra Doğan, durant ses 600 jours d’incarcération, a adressées à son amie Naz Öke, journaliste turque vivant en France et animatrice, avec Daniel Fleury, du webzine Kedistan pour la liberté d’expression.
Cette correspondance passionnée révèle une femme d’une générosité et d’une énergie exceptionnelles, une artiste surdouée, une poétesse, mais aussi une fervente militante pour la liberté des femmes et les droits des Kurdes, soucieuse des autres et du monde.

« Je pourrais te raconter tout ce qui se passe ici mais les mots me manquent pour te parler du chant de ces femmes. Pourtant, leurs voix qui s’élèvent depuis ces quatre murs et s’accrochent aux barbelés sont celles qui expriment le mieux l’emprisonnement. Ces voix, que la pluie accompagne, nous frappent au visage et chantent la révolte de l’emprisonnement, dans toute sa nudité. » (10 décembre 2018)

Le train comme vous ne l'avez jamais lu - Paroles de cheminots

 

Livre : 33 récits sous la coordination de Christine Depigny-Huet et Pierre Madiot.

Chacun est prompt à donner son avis sur le " statut " des cheminots... mais que font-ils vraiment ? Le sait-on ? Cet ouvrage est une plongée passionnante dans le quotidien de leur travail. Raconter le travail des cheminots Dans le débat public, il est beaucoup question du statut des cheminots, des grèves, d'endettement, de la fermeture de gares... Il y a pourtant toujours un grand absent : le travail des gens du rail tel qu'ils le font et le vivent au quotidien, et ce qu'ils mettent d'eux pour que, jours et nuits, les trains circulent. En une trentaine de récits, cet ouvrage plonge au coeur du travail, aux guichets, dans les bureaux, en gare, sur les voies, dans les trains... formant une mosaïque de textes qui nous font voyager dans l'univers fascinant du train. La culture cheminote Rassemblant les récits par métiers, les chapitres seront introduits par des courts récits centrés sur le parler cheminot. Car chaque métier a son appellation ! " Pieds fins ", " Bras morts ", " Araignées de fourgon " et " Fromage blanc " ne sont qu'un échantillon d'une vaste culture dont témoignent la plupart des textes réunis dans cet ouvrage. Une culture profonde, facteur d'union, qui rime avec service public et solidarité.

La Fraternité ce n’est pas qu’un mot au fronton des mairies ...

 

Titre complet : La Fraternité ce n’est pas qu’un mot au fronton des mairies - Paroles de ceux qui accueillent

Livre de Martine Blanchard et Josianne Gabry

Loin du tumulte médiatique, aux quatre coins de la France, dans les villes et les villages, des milliers de Français accueillent des exilés. Un immense élan de
solidarité et de fraternité dont rend compte cet ouvrage. Les auteures ont rencontré certains de ces bénévoles et leur ont donné la parole.
Car qui peut mieux rendre compte de la réalité de l’accueil que ceux qui le pratiquent au quotidien ?
Avec eux, à travers leurs témoignages, on découvre les difficultés et la complexité des démarches de la demande d’asile : les queues interminables pour obtenir un premier rendez-vous, les déplacements, l’attente angoissée de la réponse et l’espoir d’une vie normale en France. Mais pendant ce temps, où dormir, où se nourrir, où apprendre le français quand les pouvoirs publics n’assument pas leurs responsabilités ? Les bénévoles proposent des solutions alternatives pour répondre à ces besoins fondamentaux.
Militants de longue date ou tout récemment mobilisés, ils parlent de leur histoire personnelle, de leurs valeurs, l’humanité, la solidarité et racontent comment ils sont passés de la compassion à l’engagement citoyen. Engagement qui les fait s’organiser en associations et collectifs pour assumer le rôle de l’État quand il ne respecte pas ses propres lois. Ce sont eux alors qui font vivre dans des actions concrètes le principe de fraternité inscrit dans la devise républicaine.

LaFratenite...LaFratenite... [382 Kb]

Dernière sommation

 

Livre de David Dufresne

Dans le Paris de l’insurrection, un enquêteur indépendant  : Étienne Dardel.
Une jeune réalisatrice, Vicky, qui tombe aux marches de l’Assemblée nationale.
Sa mère, sur un rond-point du Tarn, passée du Parti socialiste au Rassemblement national.
Le directeur de l’Ordre public, un républicain qui veut croire en la police.
Place Beauvau, un ministre qui tweete et qui tangue.
 
Et tout un monde qui traverse Dernière sommation comme un tableau vivant  : garde du corps incontrôlable, street medic courageuse, président assiégé, policiers en roue libre, éditorialistes compromis, entre mensonges et raison d’État.
 
Le grand roman de l’insurrection, tout en urgence et en modernité.
Le premier roman de David Dufresne

[Un article paru le 15 octobre 2019 dans EAN].

Les Réfugiés

 

Livre de Viet Thanh Nguyen

Auteur du retentissant Sympathisant, Viet Thanh Nguyen livre un recueil de nouvelles d'une justesse, d'une acuité et d'une élégance peu communes, et offre sa voix à tous les déracinés.

Dans un pays où tout était affaire de possessions, nous ne possédions rien d'autre que nos histoires.

Vietnamiens, ils ont fui le communisme à la fin des années 1970 pour s'exiler de l'autre côté du Pacifique, en Californie. Ils vivent entre deux rives, entre pays d'adoption et pays de naissance, pas encore Américains, plus tout à fait Vietnamiens. Certains sont figés dans le passé, hantés par les fantômes, effarés par l'hédonisme occidental ; d'autres veulent aller de l'avant, pour eux, pour les enfants, pour la possibilité d'une autre vie. Pour n'être plus simplement des réfugiés.

LesRefugiesLesRefugies [53 Kb]

Vagabondes, voleuses, vicieuses : ...

 

Titre complet : Vagabondes, voleuses, vicieuses : Adolescentes sous contrôle de la Libération à la libération sexuelle

Livre de Véronique Blanchard

Luce : « vagabonde » ;

Adèle : « voleuse » ;

Émilienne : « vicieuse ».

Trois mots, qui valent rappel à l'ordre, réquisitoire, sanction. Ou comment le langage, le système éducatif, la psychiatrie et l'institution judiciaire construisent le féminin, en lui opposant des contre-modèles. Dans les années 1950 et 1960, une adolescente a tôt fait de virer « mauvaise fille » : un flirt, une sortie au bal ou au café, voire une simple fugue de quelques heures peuvent suffire à enclencher l'engrenage judiciaire, qui la conduit devant le juge des enfants. Beaucoup seront ensuite placées en internat, hospitalisées, ou emprisonnées. Un mécanisme que Véronique Blanchard dévoile à travers l'analyse de centaines de documents exhumés des archives du tribunal pour enfants de la Seine. Les voix des jeunes filles qui en surgissent racontent autant de trajectoires brisées, de rêves réprimés et de révoltes indomptées. Elles nous plongent dans les coulisses de la fabrique du genre et des inégalités. Car si les lois ont évolué, si les regards portés sur le genre ont changé, si les adolescentes d'aujourd'hui ne portent plus les mêmes prénoms, certains mécanismes, eux, perdurent : ces voix n'ont aujourd'hui rien perdu de leur force subversive

[Un article paru dans "La Vie des Idées" - 28 octobre 2019]

Nous étions nés pour être heureux

 

Livre de Lionel Duroy

Depuis trente ans, Paul a fait de son histoire familiale, et du désastre que fut son enfance, la matière même de ses romans. Une démarche que ses frères et soeurs n'ont pas comprise, au point de ne plus lui adresser la parole pendant de longues années. Et puis arrive le temps de la réconciliation. Paul décide de réunir à déjeuner, dans la maison qui est devenue son refuge, tous les protagonistes de sa tumultueuse existence : ses neuf frères et soeurs, leurs enfants et les siens, et même ses deux ex-femmes.
Viendra qui voudra. Et advienne que pourra.
Le temps d'un singulier repas de famille, Lionel Duroy parvient à reconstituer tous les chapitres essentiels de la vie d'un homme. Avec sa profondeur psychologique habituelle et l'élégance de son style, il livre ici un récit vibrant de vérité sur les liens indestructibles de l'enfance, la résilience et la paix enfin retrouvée.

[Un aricle paru dans FLORILETTRES]

 

 Lionel Duroy : "La vie est une forme de métier que l'on devrait apprendre à l'école" (France Inter, le13 octobre 2019) 

Le Ghetto intérieur

 

Livre de Santiago H. Amigorena

Buenos-Aires, 1940. Des amis juifs, exilés, se retrouvent au café. Une question : que se passe-t-il dans cette Europe qu’ils ont fuie en bateau quelques années plus tôt ? Difficile d’interpréter les rares nouvelles. Vicente Rosenberg est l’un d’entre eux, il a épousé Rosita en Argentine. Ils auront trois enfants. Mais Vicente pense surtout à sa mère qui est restée en Pologne, à Varsovie. Que devient-elle ? Elle lui écrit une dizaine de lettres auxquelles il ne répond pas toujours. Dans l’une d’elles, il peut lire : « Tu as peut-être entendu parler du grand mur que les Allemands ont construit. Heureusement la rue Sienna est restée à l’intérieur, ce qui est une chance, car sinon on aurait été obligés de déménager. » Ce sera le ghetto de Varsovie. Elle mourra déportée dans le camp de Treblinka II. C’était l’arrière-grand-mère de l’auteur.

Santiago H. Amigorena raconte le « ghetto intérieur » de l’exil. La vie mélancolique d’un homme qui s’invente une vie à l’étranger, tout en devinant puis comprenant la destruction de sa famille en cours, et de millions de personnes. Vicente et Rosita étaient les grands-parents de l’auteur qui écrit aujourd’hui : « Il y a vingt-cinq ans, j’ai commencé un livre pour combattre le silence qui m’étouffe depuis que je suis né ». Ce roman est l’histoire de l’origine de ce silence.

[2 critiques opposées à lire avec la fiche PDF : En attendant Nadeau : « Déception. On a presque envie de dire : Dieu n’est pas un romancier, Amigorena cette fois-ci non plus. » / Les Inrocks : « Le Ghetto intérieur est, de tous les textes de la rentrée, celui qui mériterait le plus une belle récompense littéraire. »]

L’empire, l’usine, l’amour "Travailleurs indochinois" en France et en Lorraine

 

Livre de Pierre Daum, Yse Tran, Gilles Manceron, Dominique Rolland 

Ce livre retrace l'histoire des " travailleurs indochinois " venus en France en 1939 pour les besoins de la guerre, puis envoyés en Lorraine (Moselle, Meurthe et Moselle et Vosges) à partir de 1945. Cette histoire ouvrière (l'usine) s'articule avec la lutte pour l'indépendance du Vietnam (l'empire) et des rencontres avec des Françaises (l'amour).

Ce livre retrace l'histoire des " travailleurs indochinois " venus en France en 1939 pour les besoins de la guerre, puis envoyés en Lorraine (Moselle, Meurthe et Moselle et Vosges) à partir de 1945. Cette histoire ouvrière (l'usine) s'articule avec la lutte pour l'indépendance du Vietnam (l'empire) et des rencontres avec des Françaises (l'amour).
Dans une introduction, l'historien Gilles Manceron présente cet épisode méconnu du passé colonial français et souligne ce cas unique d'exportation en métropole de la situation coloniale.
Ces " travailleurs indochinois " sont d'abord utilisés dans les usines d'armement – puis dans tous les secteurs de l'industrie française – pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). En 1945, le gouvernement français envoya plusieurs milliers de ces hommes en Lorraine, dont les industries réclamaient une nombreuse main-d'œuvre. Certains finirent par retourner au Vietnam, d'autres s'installèrent définitivement en France. Dans le même temps, une guerre de libération du joug colonial était menée en " Indochine ", à laquelle la plupart de ces hommes prirent part en métropole – manifestations, meetings, distribution de tracts, accueil de Ho Chi Minh à l'été 1946, etc.
On connaissait la Lorraine comme creuset des immigrations ouvrières européennes, venues pour des motifs économiques. Cette immigration vietnamienne est non seulement restée étrangement inconnue, mais elle est structurellement différente des autres : ses motifs sont à rechercher dans l'histoire coloniale. Deux autres sujets sont absents des immigrations européennes : la lutte anticoloniale, à laquelle ces hommes ont largement participé ; et les rapports amoureux dans un contexte colonial.
L'ouvrage conçu par le journaliste Pierre Daum et la cinéaste Ysé Tran repose sur leur enquête menée sur plusieurs années et prend sa force au plus près des témoins : récits de vie, entretiens, photographies de famille. Le livre reproduit aussi des clichés d'archives publiques (Centre des archives nationales de la France d'Outre-mer à Aix-en-Provence, Archives départementales de Moselle) ou de journaux locaux ou d'archives privées d'entreprises. Environ 80 photographies et documents représentent ainsi les " travailleurs indochinois " dans les camps de travail pendant la guerre ; les travaux effectués ensuite dans toute la France, en Lorraine ; lors des manifestations politiques ; en famille, dans l'intimité.

[agenda des présentations du livre]

[dossier de presse]

Car la nuit s'approche

 

Livre d'Anna Enquist

À la suite d’une violente agression, un quatuor de musiciens amateurs formé d’amis de longue date se disperse. Caroline, tentant de surmonter sa dépression, laisse son mari Jochem à ses préoccupations sécuritaires et part en Chine rejoindre Hugo, qui organise désormais des festivals d’échanges artistiques entre Orient et Occi dent. Avec lui, elle s’initie à la culture chinoise, rencontre les jeunes musiciens du conservatoire de Shanghai, puis fait la connaissance de Max, un pédiatre américain qui parcourt le pays pour enquêter sur les conditions de vie dans les orphelinats. Caroline est alors prise entre sa révolte, son impuissance face à la misère dans laquelle croupissent ces enfants abandonnés, et la passion que lui inspire ce héros de l’humanitaire. Mais s’agit-il pour lui d’un sacerdoce… ou d’une fuite ?
Alors que, loin de chez elle, sa vie prend une tournure inattendue, Caroline doit faire des choix : qui aimer, où vivre, comment réinventer sa façon d’exercer la médecine, comment renouer avec sa pratique musicale, comment raviver des liens d’amitié mis à rude épreuve ?
Après le rythme haletant de Quatuor, le dernier roman de l’auteur – et le premier volume consacré aux mésaventures de ces quatre amis musiciens –, Anna Enquist privilégie un tempo plus lent, plus intime, pour dire les ravages et la désunion que peut provoquer un traumatisme, et les étapes de la reconstruction.

Dire Auschwitz - Ce que peuvent les mots

 

Livre de Henri Borlant et Dominique Philippe

Ce corps à corps avec le langage épuise, construit parfois l’insatisfaction de ne pas avoir été à la hauteur de ses promesses.
Témoigner c’est encore accepter son impuissance à bâtir, comme le dit Henri Borlant, le récit exact des faits. Mais témoigner c’est aussi faire confiance à celui qui vous écoute et qui saura, dans les silences, les hésitations, les attitudes du témoin, y mettre ses propres mots.
Auschwitz n’a pas englouti la parole, car l’interrogation sur le « comment dire », quatre-vingts ans plus tard, témoigne à son tour de notre condamnation à comprendre ce que fut cet improbable, mais réel, ailleurs : Auschwitz-Birkenau.
Le terme génocide, la notion juridique de crime contre l’humanité dit, à son tour, la capacité de l’homme à créer un langage, au plus près de ce que fut l’indicible.
Les mots portent en eux la puissance de la vérité.

[Holocauste ou Shoah ? Génocide ou ‘Hourbane ? Quels mots pour dire Auschwitz ? Histoire et enjeux des choix et des rejets des mots désignant la Shoah - un article paru la Revue d’Histoire de la Shoah - 2006]

DireAuschwitzDireAuschwitz [156 Kb]

Mur Méditerranée

 

Livre de Louis-Philippe Dalembert 

Il fait nuit. Un vieux chalutier vient de quitter les côtes libyennes pour tenter de rejoindre l’île de Lampedusa. A son bord, des hommes, des femmes et des enfants pour qui ce trajet représente la dernière étape avant l’arrivée en Europe. Parmi eux, trois femmes, aux parcours très différents, se soutiennent dans cette traversée apocalyptique.

Chochana a compris que son pays, le Nigéria, ne lui permettra jamais de devenir avocate. Semhar, la jeune érythréenne, veut quitter la dictature de son pays et son service militaire obligatoire. Dima ne voit pas quel avenir elle peut apporter à ses enfants en poursuivant sa vie en Syrie. Vient alors pour chacune le moment de prendre la décision : quitter son pays. Il faut organiser la fuite, réunir l’argent et contacter des passeurs, ces hommes qu’elles devront suivre aveuglément pour traverser les frontières puis la mer.

Avec ces trois femmes, Louis-Philippe Dalembert offre des visages et surtout une parole à cette tragédie devenue familière. Trois femmes déterminées, embarquées dans un périple qui souvent les dépasse mais qui jamais ne les fait abdiquer. Un texte d’une rare puissance.

[Tahar Ben Jelloun - « Mur Méditerranée », un grand roman (Le Point 17/08/2019)

MurMediterraneeMurMediterranee [108 Kb]

orwell

 

 BD de Sébastien Verdier (dessin) et Pierre Christin (scénario)

Orwell est passé à la postérité grâce à 1984, qu'il a écrit en 1948, et à son invention prophétique de Big Brother, préfigurant, il y a soixante-dix ans, le contrôle des médias, Internet et la manipulation des données personnelles. Mais sa vie fut tout aussi passionnante que ses livres : elle montre un homme toujours en avance sur son temps, étudiant à Eton et flic en Birmanie, combattant de la guerre d'Espagne, antistalinien et journaliste – ses enquêtes firent d'ailleurs grand bruit. Pierre Christin se plonge avec délectation dans cette vie hors norme.

L'auteur, Pierre Christin, présente sa BD

 

Feuilleter quelques planches de la BD

  

Orwell_BDOrwell_BD [113 Kb]

Une bête au paradis

 

Livre de Cécile Coulon

La vie d’Émilienne, c’est le Paradis. Cette ferme isolée, au bout d’un chemin sinueux. C’est là qu’elle élève seule, avec pour uniques ressources son courage et sa terre, ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Les saisons se suivent, ils grandissent. Jusqu’à ce que l’adolescence arrive et, avec elle, le premier amour de Blanche, celui qui dévaste tout sur son passage. Il s’appelle Alexandre. Leur couple se forge. Mais la passion que Blanche voue au Paradis la domine tout entière, quand Alexandre, dévoré par son ambition, veut partir en ville, réussir. Alors leurs mondes se déchirent. Et vient la vengeance. Une bête au Paradis est le roman d’une lignée de femmes possédées par leur terre. Un huis clos fiévreux hanté par la folie, le désir et la liberté.

Vocabulaire des histoires de vie et de la recherche biographique

 

Livre sous la direction de Christine Delory-Momberger

(Avec la participation de Michel ALHADEFF-JONES, Peter ALHEIT, Carole BAEZA, René BARBIER, Jean-Marie BARBIER, Ania BEAUMATIN, Guy BERGER, Christophe BLANCHARD, Sophie BOBBE, Etienne BOURGEOIS, François BOURGUIGNON, Jean-Claude BOURGUIGNON, Jean-Pierre BOUTINET, Hervé BRETON, Gilles BROUGERE, Jean-François CHIANTARETTO, Mireille CIFALI BEGA, Lucile COURTOIS, Bettina DAUSIEN, Vincent DE GAULEJAC, Elizeu Clementino DE SOUZA, Guy DE VILLERS, Christine DELORY-MOMBERGER, Anne DIZERBO, Pierre DOMINICE, Michel FABRE, Daniel FELDHENDLER, Cédric FRETIGNE, Carmen Teresa GABRIEL, Mike GADRAS, Izabel GALVAO, Philippe GASPARINI, Florence GIUST-DESPRAIRIES, Jean GUICHARD, Christian HESLON, Rémi HESS, Bernard HONORE, Sébastien HUBIER, Dominique JAILLON, Martine JANNER-RAIMONDI, Denise JODELET, Anne JORRO, Mokhtar KADDOURI, Pascal LAFONT, Martine LANI-BAYLE, Alexis LE BLANC, Elsa LECHNER, Francis LESOURD, Béatrice MABILON-BONFILS, Danilo MARTUCCELLI, Michèla MARZANO, Jérome MBIATONG, Valérie MELIN, Christine MIAS, Yoan MIEYAA, Valéria MILEWSKI, Muriel MOLINIE, Pascale MOLINIER, Servanne MONJOUR, Alain MONTANDON, Christiane MONTANDON, Gabriel Jaime MURILLO-ARANGO, Augustin MUTUALE, Christophe NIEWIADOMSKI, Roselyne OROFIAMMA, Pascal OURGHANLIAN, Lucia OZORIO, Pierre PAILLé, Thierry PAQUOT, Marcel PARIAT, Maria PASSEGGI, Maela PAUL, Gaston PINEAU, Yves REUTER, Jacques RHEAUME, Jean-Yves ROBIN, Karine RONDEAU, Silvia ROSSI, Valérie SACRISTE, Jean-Jacques SCHALLER, Françoise SIMONET-TENANT, Mathis STOCK, Daniel SUAREZ, Catherine TOURETTE-TURGIS, Letitia TRIFANESCU, Pierre VERMERSCH, Christian VERRIER, Christiane VOLLAIRE, Christoph WULF)

Transcendant les disciplines et les courants, ce Vocabulaire présente un bilan des notions, des démarches, des pratiques et des travaux qui constituent le fonds commun des chercheurs et des praticiens se réclamant des histoires de vie et de la recherche biographique. Celle-ci vise à rendre compte de la relation particulière que le sujet entretient avec le monde historique et social par son activité biographique – soit l’ensemble des modes de manifestation et d’écriture de soi par lequel il se reconnaît lui-même et se fait reconnaître par les autres. La recherche biographique interroge ainsi la manière dont l’individu se constitue en tant qu’être social singulier à partir des formes de son expérience dans leurs dimensions tout à la fois anthropologique et historique, psychique et sociale, politique et éducative.

Rédigé par des spécialistes du domaine, le Vocabulaire donne à voir l’éventail des représentations et des problèmes, tant théoriques que méthodologiques, qui constituent l’univers de référence de ce champ encore jeune dans le paysage français des sciences humaines et sociales mais issu d’une tradition déjà ancienne dans les pays anglo-saxons et germaniques. Il a pour ambition de faire reconnaître le paradigme biographique comme une approche spécifique pour la recherche et les interventions éducatives, sanitaires et sociales.

Virginia Woolf - Vita Sackville-West. Correspondance 1923-1941

 

 Livre de Vita Sackville-West et Virginia Woolf   (réédition juin 2019)

C’est au cours d’un dîner, en 1922, que Virginia Woolf rencontra Vita Sackville-West, qui allait être, jusqu’à sa mort, une des personnes les plus importantes de sa vie. En lisant leur correspondance, qui se poursuivit sur plus de dix-huit ans, on ne peut douter de la profondeur de la passion indestructible qui lia ces deux femmes exceptionnelles. Vita-Sackville West excellait dans l’art de la correspondance, que ce soit pour dépeindre les jardins anglais, les montagnes de la Perse ou les déserts de l’Arizona. Ses lettres nous transportent dans une époque où Gide et Proust choquaient, où un procès en obscénité était intenté à une romancière accusée de saphisme. Virginia Woolf, pour sa part, se débattait sans cesse dans les affres de l’enfantement de « sa » vérité de l’écriture. À travers cette correspondance, c’est un nouvel aspect de son fascinant et multiple visage que nous apprenons à connaître.

« Le style est une question de rythme », article paru dans L'INVENTOIRE, le 23 septembre 2019]

Encre sympathique

 

Livre de Patrick Modiano

"Et parmi toutes ces pages blanches et vides, je ne pouvais détacher les yeux de la phrase qui chaque fois me surprenait quand je feuilletais l'agenda : "Si j'avais su...". On aurait dit une voix qui rompait le silence, quelqu'un qui aurait voulu vous faire une confidence, mais y avait renoncé ou n'en avait pas eu le temps".

 

la tentation

 

Livre de Luc Lang

C’est l’histoire d’un monde qui bascule. Le vieux monde qui s’embrase, le nouveau qui surgit. Toujours la même histoire… et pourtant. François, chirurgien, la cinquantaine, aime chasser. Il aime la traque, et même s’il ne se l’avoue pas, le pouvoir de tuer. Au moment où il va abattre un cerf magnifique, il hésite et le blesse. À l’instant où il devrait l’achever, il le hisse sur son pick-up, le répare, le sauve. Quel sentiment de toute-puissance venu du fond des âges l’envahit ? Quand la porte du relais de chasse en montagne s’ouvre sur ses enfants, que peut-il leur transmettre ? Une passion, des biens, mais en veulent-ils seulement ? Son fils, banquier, a l’avidité du fauve. Sa fille, amoureuse éperdue, n’est plus qu’une bête traquée. Ce sont désormais des adultes à l’instinct assassin. Qui va trahir qui ? Luc Lang a écrit ici son histoire familiale de la violence. Son héros croit encore à la pureté. Cet ample roman nous raconte superbement sa chute et sa rédemption.

[entretien avec Georgia Makhlouf - L'Orient littéraire - octobre 2019]

LaTentationLaTentation [181 Kb]

Les voies du récit

 

Livre sous la direction d'Aanita Slowik, Geviève Tschopp, Marie-Claude Bernard

Les récits de vie sont bien connus en recherche. Ils permettent de construire une vision fine et subtile du monde vécu, de la société vue de l’intérieur. Mais ils sont utilisés dans bien d’autres milieux, notamment en formation professionnelle, dans des interventions visant la transformation sociale ou dans le champ de l’éducation. Les seize chapitres de cet ouvrage proposent d’explorer de tels usages des pratiques biographiques et autobiographiques dans des contextes variés. Les auteurs et les autrices, venant des deux côtés de l’Atlantique (Suisse, Pologne, France, Portugal, Cameroun, Gabon, Brésil et Canada), témoignent ainsi de la diversité et de la fécondité de ces pratiques. Cet ouvrage est le fruit d’un partenariat de trois années entre l’Université de Basse-Silésie (Pologne), l’Université de Tours (France) et l’Université Laval (Québec, Canada).

  • Ce livre est aussi disponible gratuitement en PDF ou en HTML
LesVoiesDuRecitLesVoiesDuRecit [555 Kb]

DIX-NEUF FEMMES - les syriennes racontent

 

Livre de Samar Yazbek

« 19 femmes est le fruit d’une série d’entretiens que j’ai menés avec des Syriennes dans leurs pays d’asile, ainsi qu’à l’intérieur du territoire syrien. À chacune j’ai demandé de me raconter ‘‘leur’’ révolution et ‘‘leur’’ guerre. Toutes m’ont
décrit le terrible calvaire qu’elles ont vécu.
Je suis hantée par le devoir de constituer une mémoire des événements qui contrerait le récit qui s’emploie à justifier les crimes commis, une mémoire qui, s’appuyant sur des faits incontestables, apporterait la preuve de la justesse de notre cause. Ce livre est ma façon de résister. »   SAMAR YAZBEK

Avec ce document unique, capital, sur le rôle des femmes dans la révolution, Samar Yazbek rend leur voix aux Syriennes, la voix de la résistance, la voix de l’espoir.

DixNeufFemmesDixNeufFemmes [123 Kb]

Dans la tête d'Orwell

 

Livre de Christopher Hitchens  

L’indépendance d’esprit de l’auteur de 1984 fascine parce qu’elle n’est pas innée mais acquise. Gagnée de haute lutte. Avant de devenir une référence humaniste, Orwell a dû en permanence lutter. Lutter pour se défaire de sa méfiance envers les pauvres, surmonter son allergie aux peuples « de couleur », faire taire ses préventions envers les juifs, dominer sa maladresse avec les femmes, combattre son homophobie.

Frère d’armes de l’écrivain-pamphlétaire, Hitchens nous donne ainsi à lire le portrait d’un visionnaire dont le génie créateur lui a fait combattre avec la même lucidité l’impérialisme (découvert lorsqu’il était soldat en Birmanie), le fascisme et le stalinisme, auxquels il fut directement confronté pendant la guerre d’Espagne. Toute sa vie Orwell s’oppose à ces versions d’un monde totalitaire qui servira de modèle au cauchemar de 1984.

Hitchens, lui-même en révolte contre toutes les hypocrisies de notre temps, est d’autant plus à l’aise pour saisir la pertinence de la pensée d’un homme en avance sur son époque : du politiquement correct au risque nucléaire, des crispations identitaires à l’utopie européenne, de l’essoufflement de la démocratie aux pandémies d’une mondialisation qu’on imaginait heureuse mais dont les GAFA, enfants naturels de « Big Brother », révèlent les pièges.

George Orwell est tout entier dans son œuvre. Sa vie est son œuvre et son œuvre est sa vie. Hitchens l’a compris. C’est ce qui fait le prix de cette somptueuse plongée dans les arcanes de la création.

APPROCHES (AUTO)BIOGRAPHIQUES ET NOUVELLES ÉPREUVES DE TRANSITIONS ...

 

Titre complet : APPROCHES (AUTO)BIOGRAPHIQUES ET NOUVELLES ÉPREUVES DE TRANSITIONS - Construire du sens avec des parcours de vie

Livre sous la direction d'Aneta Slowik, Patrick Rywalski, Elizeu Clementino De Souza

Comment construire du sens avec des parcours de vie, plus qu'avec des discours surplombant cette vie ? Comment les personnes racontent-elles les différents moments de leur vie les ayant amenées à changer d'environnement, à modifier leur état intérieur ? Seize récits venus du Brésil, du Niger, du Québec, d'Albanie, d'Algérie, de France, de Pologne et de Suisse nous montrent la traversée d'une région à une autre, leur propre développement et leur cheminement profond.

Relier ces visions d’une démarche externe et visible à celle interne et cachée apporte une force d’interprétation à ce que nous croyons saisir des dispositions de santé, de spiritualité, d’écriture, d’émotions. C’est montrer la complexité du réel. Les auteurs et autrices, venant du monde de la recherche ou de la formation des adultes, révèlent ces souffles de vie, ces espoirs, ces énergies intimes. Le double mouvement de la migration et de la transition personnelle s’interpelle en écho dans les deux parties de l’ouvrage. Cent ans après la publication du classique de la sociologie américaine The Polish peasant in Europe and America : monograph of an immigrant group de W. Thomas et F. Znaniecki (1918), deux autres ouvrages, présentés à l’intérieur du livre, viennent souligner les apports et les mouvements des approches biographiques. Ces textes évoquent l’actualité toujours croissante des pratiques d’approches (auto) biographiques comme une nécessité de renouvellement du sens de la vie au moment où nous sommes autant confrontés à l’immatérialité de nos actions quotidiennes.