Théâtre-Cinéma-Télévision

Le Dernier Jour du jeûne

 

A partir du 16 octobre et jusqu'au 15 novemebre 2020, , une pièce de théâtre de Simon Abkarian, au théâtre Théâtre de Paris - 15 rue Blanche 75009 PARIS

A travers cette tragi-comédie de quartier, Simon Abkarian célèbre ses racines méditerranéennes et rend hommage au théâtre de la Grèce antique. Dans cette fresque contemporaine, les femmes jouent un rôle de premier plan. Elles ne veulent plus subir l’enclos de la tradition et c’est en se heurtant à un patriarcat millénaire qu’elles forcent la porte de leur destin. C’est en affûtant leur langue qu’elles croisent le fer avec les hommes et font trembler l’ordre établi jusque dans ses fondements. Les discussions sont âpres et ardentes, les images fleuries et les sentiments extrêmes. Le printemps est à portée de main. Mais un terrible secret pèse sur le quartier. Qui le mettra à jour ?

Simon Abkarian présente sa pièce : Le Dernier Jour du jeûne est le deuxième volet d’une saga dont la pièce Pénélope ô Pénélope est l’origine. L’action se passe trente ans plus tôt, au même endroit, dans la même famille… Le Dernier Jour du jeûne est une tragi-comédie à l’italienne ou plutôt à la méridionale.

Certes il y a le ciel, la mer, les arbres. Mais ici, l’infernal enfermement consiste en une prison immatérielle : la tradition. Les personnages de cette pièce, les hommes autant que les femmes, sont des «pris au piège». Toutes et tous sont des figures emblématiques du monde méditerranéen tel que je l’ai connu au Liban dans ma jeunesse. Il y a la mère, le père, le fils unique, la soeur cadette puis l’aînée, la tante érudite puis la voisine colporteuse de rumeurs, le boucher, le jeune désoeuvré, l’autre, l’étranger, celui qui ne dit rien, celui qui a peur de parler, de se déclarer. Ils sont voués à coexister dans un affrontement inavoué. Ils ont peur les uns des autres. Les hommes ont peur des femmes, ils jouent le jeu d’un amour tacite qui maintient un semblant de paix au sein de la famille. Et c’est ce faux-semblant que les femmes veulent détruire. C’est de ce joug ancestral, dont elles veulent s’émanciper. Car ce sont elles qui paient le plus lourd tribut de cette aliénation millénaire. Réduites au rôle de procréatrices, elles sont reléguées au second plan de la grande histoire. Leur plaisir est nié, leur aspiration de liberté aussi. Elles n’ont pas le droit à la verticalité. L’envol n’est pas pour elles. Elles sont embourbées dans le temporel, le concret, le matériel. Toutes les tâches que les hommes réprouvent sont dévolues aux femmes. Elles sont faites pour enfanter, si possible des mâles. Dans ce monde méditerranéen, capillaire et testiculaire, avoir une fille est un fardeau à qui il faudra apprendre à obéir et se taire. Donc forcément quand les femmes sont réunies, elles parlent. J’ai voulu faire de la sexualité le centre de ces colloques drôles et improvisés. Et rediscuter le plaisir charnel des femmes. Entre soumission (cliché) et fantasme, il me fallait établir une secrète cartographie d’une pratique joyeuse et équitable de l’Eros féminin. Retrouver par l’écriture la sauvagerie de la nuit originelle. Dans cette pièce c’est la nuit que l’on attend car c’est là où tout se joue, où tout se dénoue. Le soleil, qui est le grand témoin, interdit tout paroxysme. Il me fallait réinventer les ténèbres afin d’y voir clair dans l’inceste et le meurtre. Il fallait que, dans mon histoire, le soleil se fasse prier.

Nous sommes dans la maison de Théos, chef de village, équitable et sévère. Il vit avec sa femme Nouritsa, ses deux filles Zéla et Astrig, toutes deux en âge de se marier. Astrig est amoureuse de Aris, fils désoeuvré de Vava. Zèla, quant à elle, est dans la contemplation. Elle ne se doute pas que le pêcheur Farès est amoureux d’elle. Lui est l’étranger, comment peut-il prétendre à la fille du chef Théos ? Il y a aussi Elias jeune garçon de 13 ans. Il est le fils unique de Théos et Nouritsa. Sandra est la vieille tante, folle et érudite. Beaucoup pensent qu’elle est devenue folle à force d’avoir trop lu. L’histoire se passe aujourd’hui. C’est la fin d’un jeûne destiné aux filles vierges. Si elles le tiennent jusqu’au bout, leurs futurs époux leur apparaîtront en rêve. Malgré le fait que tout le monde a l’air de tout le temps s’engueuler, tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. Jusqu’au moment où Vava la voisine, arrive avec de terribles nouvelles. Sophia la fille du boucher est enceinte. Sophia a 13 ans. Qui a commis un tel crime ? Qui a violé la plus joyeuse des fillettes du village ? Comment savoir, puisque Sophia se tait depuis deux mois ? Comment la faire parler ? Grâce à une clef et une prière, Nouritsa redonnera la parole à Sophia qui désignera son père comme son violeur. Cet inceste sera puni de mort. Bientôt Théos se met en route, son fils Elias l’accompagne. La nuit va tomber, un homme va mourir.

Le quai de Ouistreham

 

De Florence Aubenas | Mise en scène : Louise Vignaud | Avec Magali Bonat 
  • du 22 septembre au 3 octobre, Théâtre 14, Paris 14e. Tél. : 01 45 45 49 77
  • du 6 au 10 octobre au Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon (69)
  • du 3 au 7 novembre à Sète
  • les 4 et 5 décembre au Festival théâtral du Val-d’Oise

Ni pièce de théâtre, ni fiction, c’est un récit journalistique qui est joué et mis en scène. La vie de femmes de ménage en temps de crise. On se souvient de la sortie retentissante du livre de Florence Aubenas en 2010, Le Quai de Ouistreham. La journaliste y racontait son immersion totale durant six mois dans le monde des travailleuses précaires.

Florence Aubenas témoigne et raconte. Ce livre a rendu visible ce que l’on ne veut pas voir : la misère au quotidien de ces femmes de l’ombre. Mais aussi leur volonté de bien faire, l’exigence de ce métier méprisé dans un monde en crise. Près de dix ans après cette expérience, la metteuse en scène Louise Vignaud et la comédienne Magali Bonat s’approprient ce texte et font entendre la parole de ces femmes qui récurent, astiquent, briquent. Celles qui commencent à travailler quand nous ne sommes plus dans nos bureaux, dans nos locations de vacances, dans un ferry à quai. Pour que le monde des autres, le nôtre, soit propre coûte que coûte. Pratiquement sans décor, sans accessoire, dans un rapport frontal au public, le jeu est lui aussi extrêmement sobre, laissant toute la place au témoignage.

Durant une heure, seule au plateau, Magali Bonat recrée les situations, les interroge, nous interroge avec tendresse, humour et sincérité. Le plateau devient un lieu d’enquête et de questionnement. Un lieu de prise de conscience, toujours aussi nécessaire.

 

Reprise au Théâtre de la Colline

 

Le programme du théâtre de la Colline pour l'automne 2020 est en ligne

  1. Vivre ! :  du 29 septembre au 25 octobre 2020 au Petit Théâtre, un spectacle de Frédéric Fisbach, inspiré du Mystère de la charité de Jeanne d’Arc de Charles Péguy
  2. Mes frères : du 30 septembre au 21 octobre 2020 au Grand Théâtre, texte Pascal Rambert- mise en scène Arthur Nauzyciel
  3. Les Étoiles : du 10 novembre au 4 décembre 2020 au Petit Théâtre, texte et mise en scène Simon Falguières
  4. Littoral : du 10 au 29 novembre 2020, texte et mise en scène de Wajdi Mouawad
  5. Sœurs : du 8 au 23 décembre 2020 au Grand Théâtre, texte et mise en scène Wajdi Mouawad
  6. Le Petit Poucet : du 9 au 20 décembre 2020 au Petit Théâtre, d'après le conte de Charles Perrault - texte et mise en scène Simon Falguières

 

La promesse de l'aube

 

Du mardi 20 octobre 2020 au samedi 9 janvier 2021, un des grands chefs d'oeuvre de Romain Gary au Théâtre de Poche Montparnasse -75 Boulevard du Montparnasse, 75006 Paris

Auteur : Romain Gary
Artistes : Stéphane Freiss
Metteur en scène : Stéphane Freiss

Ce roman autobiographique puissant et bouleversant est le récit de la relation passionnelle et profonde qui unit l'écrivain et sa mère durant toute leur vie. D'abord en Lituanie où naquit Romain Gary et à Varsovie, puis à Nice où ils s'exilèrent en 1927, ensuite durant les études de droit de Gary à Paris, enfin durant la Seconde Guerre mondiale où Gary vécut ses aventures les plus glorieuses.

La beauté du livre est dans la richesse des sentiments d'amour qui lia les deux êtres et dans la force du récit épique de la vie aventureuse de l'écrivain.

Le Square

 

Du mercredi 9 septembre 2020 au dimanche 8 novembre 2020 une pièce de Marguerite Duras, au Théâtre Le Lucernaire -53 rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris

Auteur : Marguerite Duras
Artistes : Dominique Pinon, Mélanie Bernier
Metteur en scène : Bertrand Marcos

Un après-midi, dans un square, une bonne à tout faire et un voyageur de commerce commencent à discuter. Tout semble les opposer, elle est jeune et pleine d'espoir, celui de se marier notamment, tandis qu'il est d'un âge bien plus avancé, et n'espère plus grand-chose.

Cependant, malgré leurs différences, à l'écoute l'un de l'autre, une véritable rencontre a lieu entre ces deux êtres singuliers, ces deux solitudes dont les chemins étaient peut-être finalement faits pour se croiser.