Télévision

Noirs en France

 

Un documentaire sur France 2 d'Aurélia Perreau et Alain Mabanckou, le 18/01/2022 à 21h10

"Donner la parole aux Français noirs de tous âges et de tous horizons, connus ou inconnus du grand public....

« Nous avons voulu raconter la France noire de 2022 comme une trajectoire de vie, de la naissance, à la vieillesse. Le film se construit autour de six personnages principaux, évocateurs de différents âges de la vie. Une petite fille de 8 ans, un adolescent de Niort, une danseuse de 22 ans, un couple mixte, un aide-soignant, un ancien tirailleur.

À chaque âge, de nouvelles prises de conscience, la construction d’une identité, le regard de la société qui évolue. Cette structure du film par tranche d’âge nous permet d’y associer des thématiques : la prise de conscience de sa couleur noire dans la petite enfance, la première discrimination et le contrôle au faciès dans l’adolescence, les expériences des stéréotypes autour du corps pour les jeunes adultes, le monde du travail, la famille mixte, et la sagesse de la vieillesse.

À travers cette galerie de portraits d’hommes et de femmes, aux origines sociales, géographiques, et ethniques variées, toute la France noire dans sa richesse, sa diversité et son métissage est représentée.

Nos personnages principaux et inconnus du grand public se mêlent aux témoignages de personnalités célèbres, qui pour la première fois, racontent ce que cela signifie d’être noir en France. ..."

 

Enfants perdus de la Réunion : le temps de la réconciliation

 

Un documentaire sur FR 3 le mardi 11 janvier 2022 à 00h05 - Disponible en repaly jusqu'au 12 mars 2022

Le 30 novembre 2020, une soixantaine de personnes ont quitté la Métropole pour retourner à La Réunion, leur île natale, après avoir été enlevés dans leur enfance.

"On les a appelés « les enfants de la Creuse » : entre 1962 et 1984, plus de 2 000 petits Réunionnais sont arrachés à leur famille et envoyés en métropole pour repeupler les campagnes touchées par l’exode rural. Par le biais de l’Aide sociale à l’Enfance, l’Etat français a falsifié leurs actes de naissance, menti à leurs parents en leur promettant un avenir meilleur pour leurs enfants. En réalité, la majorité d’entre eux seront maltraités, abusés, réduits à l’état de main-d’œuvre gratuite dans les champs. Surtout, il n’a jamais été question qu’ils retournent un jour sur leur terre natale."

Gens de Dublin

 

Sur ARTE.tv jusqu'au 03/02/2022

Cette somptueuse adaptation de la nouvelle de James Joyce "Les morts", tirée du recueil qui donne au film son titre français, est la dernière réalisation de John Huston. Méditation limpide sur la mort, le temps et le secret, magnifiquement mise en scène et interprétée, entre autres, par la fille du cinéaste, ce chef-d'œuvre est porté par la modestie. Car le réalisateur n'y cherche pas à se montrer l'égal du génie littéraire qu'il admire, mais obéit "au désir d’entendre une dernière fois un texte aimé", comme le soulignait "Les cahiers du cinéma" à la sortie du film. Cette ultime entreprise boucle de façon exemplaire une œuvre immense, éclectique et humaniste. Tourné dans la patrie de ses origines, l'Irlande, par un homme à bout de force, constamment sous perfusion sur le plateau, ce film bouleversant résonne comme son adieu à la vie et son testament spirituel. 

Sur les traces de Flaubert

 

Emission réalisée par François Busnel, Adrien Soland et diffusée par France 5 et disponible jusqu'au 7 janvier 2021

Il règne autour de Flaubert un parfum de mystère. Qui se cache derrière le colosse débonnaire reclus dans son ermitage des bords de Seine dont la légende a sculpté le portrait ? Toute sa vie, Flaubert s'est ingénié à brouiller les pistes. Et si la meilleure façon d'entrer dans l'œuvre de Flaubert était de s'inviter dans sa vie, de partir sur ses traces ? François Busnel part enquêter sur l'auteur de "Madame Bovary" : comment vivait-il, comment écrivait-il, quel était son projet artistique, quelle fut son existence, ses opinions politiques, ses amours, ses amitiés, ses obsessions ? Avec le concours d'historiens, d'écrivains, de professeurs de lettres, d'un prix Nobel de littérature, François Busnel fait découvrir un homme et un artiste bien loin des idées reçues et du mythe, écrivain de génie toujours lu et admiré dans le monde entier

Le Temps retrouvé

 

Jusqu'au 30/04/2022 sur ARTE.tv, un documentaire sur Proust

1922, Marcel Proust sur son lit de mort regarde des photos et se remémore sa vie. Sa vie, c'est son oeuvre et les personnages de la réalité se mélangent avec ceux de la fiction et la fiction prend peu à peu le pas sur la réalite. Tous ses personnages se mettent à hanter le petit appartement de la rue Hamelin et les jours heureux de son enfance alternent avec les souvenirs plus proches de sa vie sociale et littéraire.

Condamné par l'asthme qu'il a combattu toute sa vie, Marcel Proust, alité et reclus, lutte désormais pour prendre la mort de vitesse et terminer son œuvre, assisté et soigné par sa gouvernante, Céleste. Alors qu'il contemple des photos, le passé envahit peu à peu la chambre : voici Odette (Catherine Deneuve), de Forcheville par mariage, faisant une entrée éblouissante dans le salon de Mme Verdurin (Marie-France Pisier), où Morel (Vincent Perez) s'amuse à jouer Beethoven pour narguer le sentiment antiallemand de la haute société. Voici Marcel, enfant, faisant tourner sa lanterne magique pour voir Geneviève de Brabant, ancêtre de cette duchesse de Guermantes (Édith Scob) dont la robe et les souliers rouges vont le fasciner. Voici Saint-Loup (Pascal Greggory) et son éternel monocle, contemplant dans un minicinéma portatif la boucherie de la Grande Guerre. Voici Marcel encore (Marcello Mazzarella), élégant monsieur moustachu, prenant le thé à Combray avec Gilberte (Emmanuelle Béart) et se rappelant le geste obscène qu'elle lui a adressé lors de leur première rencontre enfantine. Voici Marcel toujours, adolescent naïf, scrutant la plage de Cabourg avec exaltation depuis la salle à manger de l'hôtel tandis qu'un baron de Charlus juvénile (John Malkovich) le dévisage insolemment…

"Les misérables" et Victor Hugo - Au nom du peuple

 

Diffusé sur ARTE le 28 octobre 2021, ce documentaire est disponble jusqu'au 4 avril 2022 sur ARTE. tv 

La prodigieuse genèse d’un monument de la littérature mondiale, trop souvent réduit à son succès populaire, raconte aussi la conversion tourmentée de son auteur, Victor Hugo, à l’idéal de progrès social. 

"Partout où l’homme désespère, le livre Les misérables frappe à la porte et dit : 'Ouvrez-moi, je viens pour vous !'", écrivait Victor Hugo. Livre somme, roman d'un peuple, œuvre repère universelle, ce monument de la littérature de quelque 1 500 pages, incontournable dans les programmes scolaires, autant adapté sur scène qu’au cinéma, retrace l’épopée rédemptrice du forçat Jean Valjean, devenu porte-voix de tous les damnés de la terre. Vouée aux gémonies à sa parution en 1862 − "un livre immonde et inepte !", tranchera Baudelaire –, fustigée pour son sentimentalisme, l’œuvre, qui menace l’ordre établi, affole les puissants et donne de l’espoir aux opprimés, en exaltant les barricades : "Parfois, insurrection, c’est résurrection !" Mais sa genèse au long cours (plus de quinze ans de chantier) recouvre aussi la conversion, douloureuse et totale, du conservateur Victor Hugo, pair de France assis sur une gloire précoce, aux idéaux de progrès social. Car l’écrivain député, qui consignait déjà dans Choses vues des scènes de la misère ordinaire, de la maltraitance des femmes et des enfants à la pauvreté des classes laborieuses, doit bientôt s’exiler dans les îles anglo-normandes à la suite du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. Une période de purgatoire où, entre contemplation, peinture et séances de spiritisme, Hugo l’humaniste doute avant d’exhumer, en 1859, son manuscrit inachevé du fond d’une malle pour l’emmener, dans un souffle puissant, jusqu’aux sommets.

Les liaisons scandaleuses

 

Jusqu'au 14 mars 2022 sur ARTE.tv 

C'est à la veille de la Révolution, en 1782, que paraît "Les liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos : ce volet de la série documentaire "Les grands romans du scandale" propose une éclairante anatomie de ce chef-d’oeuvre, à la fois manuel libertin et satire sociale. 

"Le vice monstrueux s’y fait voir dans toute sa difformité." À sa publication en 1782, Les liaisons dangereuses scandalise et déchaîne les passions. On le lit sous le manteau et dans les alcôves pour mieux s’offusquer de son parfum de soufre et de ses allusions sexuelles. Composé de 175 lettres d’un duo machiavélique d’aristocrates − partenaires puis ennemis −, le roman, brillant traité de libertinage, entremêle dans une langue raffinée amour, vengeance et manigances. Jugé immoral, le livre est surtout voué aux gémonies comme corrupteur d’âmes, celle des jeunes filles en particulier. Plus encore que le vicomte de Valmont, séducteur débauché, la diabolique marquise de Merteuil sidère et dérange. Manipulatrice à l’intelligence redoutable, cette veuve et amante blessée, qui aspire au pouvoir des hommes, se bat pour le conquérir dans une guerre des sexes sans merci, menant le jeu au fil d’intrigues sophistiquées. À travers cette héroïne du XVIIIe siècle, jusque-là sans équivalent en littérature, Choderlos de Laclos dénonce la domination masculine − qu’illustre aussi cruellement le viol par Valmont de la jeune Cécile de Volanges, pour laquelle Mme de Merteuil exprime, à son tour, un désir à peine voilé. Car en homme des Lumières et lecteur de Rousseau, l’auteur dresse, dans ce roman épistolaire virtuose, le portrait d’une société hiérarchisée délétère que seule une révolution serait en mesure de réformer.

Le procès d'Emma Bovary

 

Jusqu'au 14 mars 2022, sur ARTE Replay, un documentaire sur le procès intenté à Gustave Flaubert et son héroïne transgressive, et raconte également la mise au pilori des femmes par une société patriarcale conservatrice dominante.

Le 31 janvier 1857, Gustave Flaubert prend place au banc des accusés de la sixième chambre correctionnelle de Paris pour outrage à la morale publique et à la religion. L’accusée, la vraie, c’est, à travers lui, Emma Bovary, héroïne aux mille visages et mille désirs, coupable sans doute d’une impardonnable envie de vivre. Le procureur Ernest Pinard, porte-parole d’une époque conservatrice, qui avait su déceler la profondeur subversive du roman malgré les nombreux retraits entre le scénario (autrement plus salé) précédemment établi par l’écrivain et la version définitive, le dit lui-même : Emma Bovary exerce "une domination sur tous les hommes qui l’entourent". Exercer une domination sur les hommes ? Et ainsi échapper à sa condition ? Il n’en faut pas plus pour mobiliser la société patriarcale et conservatrice de l’époque, qui craint plus que tout de voir son ordre social remis en cause. Flaubert sera acquitté ; le scandale rendra Emma immortelle.

  • Visualiser ICI

Le monde de Marcel Proust

 

Jusqu'au 5 février 2022, sur ARTE Replay, un documentaire tissé d’archives, des souvenirs de Céleste Albaret, la célèbre gouvernante de l'écrivain, et de lectures d’extraits donne vie à l’éblouissant tableau d’une époque engloutie que constitue "À la recherche du temps perdu".

Faisant dialoguer des photographies et films d’époque – dont, en leitmotiv, la sortie d’une messe de mariage où apparaît une silhouette qui pourrait être celle de Marcel Proust – avec la voix de Céleste Albaret et des lectures d’extraits savamment choisis, Thierry Thomas part, dans les pas de l’écrivain disparu il y a bientôt un siècle, le 18 novembre 1922, à la recherche de ce "temps perdu" qu’il a magistralement sauvé de l’oubli. Arpentant le quartier parisien de la Madeleine (l’auteur y écrivait dans sa chambre tapissée de liège du 102 boulevard Haussmann, reconstituée au musée Carnavalet), la promenade de Cabourg ou encore sa villégiature d’enfance dans les environs de Chartres, rebaptisée Illiers-Combray en son honneur, ce documentaire élégant nous plonge dans une époque révolue pour donner vie au monument de la littérature qui a fini par l’incarner tout entière dans nos imaginaires. 

  • Visualiser ICI

Hervé Guibert, la mort propagande

 

Après une première diffusion sur ARTE le 2 décembre 2021, une rediffusion le dimanche 12 décembre 2021 à 05:00, le documentaire reste disponible en replay sur ARTE.tv jusqu'au 29/01/2022

Présentation :

Trente ans après la mort, en décembre 1991, du journaliste, écrivain, scénariste et photographe, David Teboul ("Sigmund Freud, un juif sans Dieu") rend un émouvant hommage à cette figure intellectuelle et homosexuelle des années 1980, dans un documentaire composé de photographies et planches contacts, souvent inédites, d’Hervé Guibert, de films super-8 de son enfance et d’images puisées dans les quatorze heures de rushes de son transgressif film-testament "La pudeur ou l’impudeur", où il a visuellement mis en scène les derniers moments de sa vie. Construit à la manière d’un hymne "guibertien" à l'amour, au corps, au sexe et au désir, Hervé Guibert, "la mort propagande" – titre de l’un de ses premiers essais paru en 1977 – réunit, dans le décor de lieux aimés – les plages italiennes, la villa Médicis à Rome, l’île d’Elbe où il repose – les images de ceux qui comptèrent parmi ses très proches : Thierry Jouno, l’homme de sa vie mort du sida en 1992 ; son épouse Christine Guibert ; ses amis, le philosophe Michel Foucault – emporté lui aussi par le VIH en 1984 –, les écrivains Eugène Savitzkaya et Mathieu Lindon (qui l’a raconté dans son livre "Hervelino") ; mais aussi ses parents et ses deux grands-tantes adorées, Suzanne et Louise, avec lesquelles il entreprit de réaliser en 1980 un roman-photo. Nourri d’extraits de ses textes et lettres lus par le comédien Nicolas Maury, le portrait intime d’un créateur ancré dans son époque, dévastée par la pandémie de sida, et dont l’inestimable legs nous aura ouvert les yeux sur l’effroyable maladie. 

Et lire aussi l'article paru le 2 décembre 2021 "« Hervé Guibert, la mort propagande » : un portrait personnel et intime de l’écrivain-photographe"

Nous

 

Un film documentaire de Alice Diop - disponible jusqu'au 29 janvier 2022 sur ARTE.tv 

Un voyage à travers la banlieue parisienne le long de la ligne B du RER, pour un portrait en mosaïque de ceux qui l’habitent. Inspirée par "Les passagers du Roissy-Express" de François Maspero, Alice Diop documente des vies "de peu", qui confluent vers un possible "nous".

 Au lendemain de la manifestation du 11 janvier 2015, en réaction aux attentats de" Charlie Hebdo" et de l'Hyper Cacher, "Libération" titre en une "Nous sommes un peuple", et Alice Diop ("La permanence") s’interroge sur cette foule très majoritairement blanche. À la manière de François Maspero dans son livre "Les passagers du Roissy-Express "(Seuil, 1990), la cinéaste décide alors d’entreprendre un voyage au long cours en suivant la ligne B du RER, à la rencontre de tous ces “autres” qui ne figurent pas sur la photo. De son enfance revisitée en Seine-Saint-Denis, sur les traces fugaces de parents émigrés du Sénégal dans les années 1960, aux sentiers d’une forêt automnale en vallée de Chevreuse empruntés par une chasse à courre en passant par le mémorial de la Shoah de Drancy, le périple met en lumière un territoire contrasté. Esquissant un portrait choral de Franciliens saisis dans leur quotidien, la réalisatrice tisse ainsi librement le récit d’un "nous" possible. Un ferrailleur malien au Bourget, une infirmière – la sœur d’Alice Diop –, visiteuse patiente de destins brinquebalés, des royalistes fervents qui assistent à la messe en mémoire de Louis XVI à la basilique de Saint-Denis, des adolescentes joueuses et tchatcheuses, l'écrivain Pierre Bergounioux ou des jeunes de cités émus par "La foule" d’Édith Piaf…: devant sa caméra défilent, sans ordre ni hiérarchie, comme à travers les vitres d’un train, visages et paysages de banlieue, pavillons avec jardins et grands ensembles, composant envers et malgré tout une vacillante mémoire collective.

Retour à Reims

 

Une adaptation du récit de Didier Eribon. Prochaine diffusion sur ARTE le 13 décembre 2021 à 01h50.

Jean-Gabriel Périot raconte l’histoire douloureuse et politique des ouvriers de France, grâce à un foisonnant montage d’archives reliant l’intime au collectif et la voix d’Adèle Haenel.

Comment porter à l’écran "Retour à Reims "(Fayard, 2009) – par ailleurs objet d’une adaptation théâtrale de Thomas Ostermeier en 2017 –, le magistral et tranchant best-seller de Didier Eribon, récit autobiographique et sociologique passant volontiers d’une temporalité à l’autre ? Jean-Gabriel Périot ("Une jeunesse allemande") a rétabli la chronologie et pris comme fil conducteur l’histoire de la classe ouvrière, en s’attachant aux trajectoires des parents de l’auteur, notamment de sa mère. Placée à l’hospice de la Charité quand sa propre mère partit travailler en Allemagne après la défaite de 1940, celle-ci dut renoncer à devenir institutrice. Contrainte par l’institution de se mettre au travail après le certificat d’études, elle devint employée de maison, métier tacitement en butte au harcèlement des maîtres de maison, et épousa un ouvrier. "Les lois de l’endogamie sociale sont aussi fortes que celles de la reproduction scolaire, et étroitement liées à celle-ci", écrira Didier Eribon, au sujet de leur rencontre dans un bal populaire...