Notes, Articles, Entretiens

Notes de lecture, ARTICLES, interviews, PRESSE ...

 

Des articles de membres de l'association ou de personnes extérieures. Des interviews, des entretiens. Ils sont présentés dans l'ordre de réception du plus récent au plus ancien.

Ces textes sont donc toujours personnels et ne reflètent pas "la pensée" de l'association. 

Vous voulez présenter un livre que vous avez aimé ou voire détesté, vous voulez réagir à une note de lecture, vous pouvez envoyer votre texte à cette adresse webmaster@ledireetlecrire.com.  

 

Notes de lecture de notre équipe en tirés à part 

ÂGE TENDRE ET ÂGE MUR, les regards de Sébastien Lifshitz et Laure Adler

 

Sur le blog de Corinne Bacharach

"Les hasards de l’actualité culturelle nous permettent de partager les regards simultanés d’un documentariste et d’une écrivaine sur deux âges de la vie, l’un dit tendre, l’adolescence, l’autre dit mur, la vieillesse. L’un, Sébastien Lifshitz, nous propose son film Adolescentes; l’autre, Laure Adler, son ouvrage  La voyageuse de nuit. Chacun a mené enquêtes et réflexions sur des périodes  longues, cinq ans pour le premier, quatre ans pour la seconde. Ils nous proposent des constats subtils, délicats, émouvants..."

Pierre Ahnne présente le livre "Qui sème le vent", de Marieke Lucas Rijneveld

 

Sur le blog de Pierre Ahnne

"Ce n’est pas un roman rural, et, bien que ça se passe dans une ferme, la nature en tant que telle est étrangement absente. Ce n’est pas non plus vraiment un roman d’éducation, même si l’héroïne-narratrice se trouve au tournant de l’enfance à l’adolescence, et qu’à la fin elle est « presque formée ». Qu’est-ce que c’est ? Quelque chose comme un brutal et exubérant chant funèbre...."

Le mépris et le pardon

 

A propos du livre "CHAVIRER" de Lola Lafon, un article d'EN ATTENDANT NADEAU (Eugénie Bourlet -16 septembre 2020), paru le 16 septembre 2020

"Avec Chavirer, Lola Lafon revient à ses thèmes de prédilection (le corps féminin, la danse) et raconte le pardon qu’une jeune femme ne parvient pas à s’accorder. Mais, en ancrant de plain-pied son livre dans le décor des évolutions socio-politiques récentes, la romancière dénonce une société où seuls les tenants de la culture légitime et dominante ont le droit à la parole...."

Les Français et la bande dessinée

 

Une enquête du Centre National du Livre - septembre 2020

Dans le prolongement des réflexions qu’il a déjà menées sur les liens qui unissent les Français au livre et à la lecture, et dans le cadre de BD 2020, le CNL a souhaité analyser les rapports des Français avec la bande dessinée. Cette étude s’est donné pour objectifs de :

  • mesurer les pratiques des Français, âgés de 7 à 75 ans, en matière de BD;
  • mieux comprendre leurs motivations ou leurs freins à lire des BD ;
  • identifier les leviers qui les amènent ou les amèneraient à la lecture de BD.

L'enquête IPSOS : 

Pierre Ahnne à propos du livre "Des kilomètres à la ronde"

 

Une recension de Pierre Ahnne à propos du livre "Des kilomètres à la ronde", de Vinca Van Eecke

"C’est l’histoire d’une fascination. La narratrice anonyme a 14 ans. Comme tous les étés, elle passe ses vacances dans la maison que ses parents possèdent dans un village sis quelque part du côté du Massif central. Le mot important, c’est central : on est dans la neutralité d’une campagne française essentielle. C’est là qu’elle les rencontre. Ils y sont nés. Ils s’appellent Phil, Buddy, Mallow, Jimmy, José…, et leurs prénoms ou leurs surnoms renvoient à leur classe — le prolétariat rural blanc. « C’est fou ce qu’ils [sont] beaux »...

Le dernier chant d’Adjoua

 

Un article de Salma Kojok paru dans L'ORIENT Littéraire, numéro spécial septembre 2020

C’est mon dernier souvenir avant l’explosion, le chant d’Adjoua sur le balcon.

Mardi 4 août, la lumière d’après-midi déroule sa douceur dans un camaïeu d’ocres. J’entends un air chanté, passe la tête par la fenêtre. La voix provient de l’immeuble en face. Je reconnais la silhouette d’Adjoua. Elle chante en dioula mêlé de français-nouchi, comme dans les faubourgs d’Abidjan. La mélodie glisse dans les bruits de Beyrouth entre le vacarme des camions et le vrombissement des générateurs d’électricité. Je m’installe sur la chaise du balcon. Adjoua sait que je l’écoute. Demain, elle quitte le Liban. C’est comme un chant d’adieu, le don de sa voix avant le départ. Elle m’a annoncé sa décision samedi dans l’épicerie d’Abou Toufic....

Les vivants et les morts

 

Un article dGeorgia Makhlouf paru dans L'ORIENT Littéraire, numéro spécial septembre 2020

Comment en parler ? Comment trouver les mots pour dire cette barbarie ?

Le terme barbare, les Grecs l’utilisaient pour désigner les peuples n’appartenant pas à leur civilisation, ceux dont ils ne parvenaient pas à comprendre la langue parce qu’ils baragouinaient de façon confuse, s’exprimant par onomatopées : bar-bar-bar...

Nous non plus ne parlons pas la même langue qu’eux. Ne parvenons pas à comprendre les rares sons qui sortent de leurs bouches. Car ils baragouinent dans une langue rudimentaire, répétitive, pleine de syntagmes figés, d’expressions usées jusqu’à la corde. Ils répètent des mots qui ont perdu leur sens depuis longtemps et que nous ne comprenons plus. Ou bien est-ce plutôt que nous comprenons avec effarement que nous sommes en dehors de cette langue-là, que nous n’avons plus de langue commune avec eux, qu’un mur infranchissable nous sépare d’eux, que nous ne vivons plus dans le même pays, ni dans la même culture....

Les maisons d’édition qui éditent des nouvelles

 

Des articles dans L'INVENTOIRE, la revue électronique d'Aleph-Ecriture

Suvent les éditeurs en France hésitent à publier des nouvelles, le roman restant l’art majeur et celui qui touche le plus de lecteurs. Pourtant, dans les pays anglo-saxons, où le trait d’esprit et l’humour tiennent encore une place à part (témoin les nombreuses revues éditant des nouvelles), elle est en pleine forme. Alice Munro, auteur de nouvelles, ne s’est-elle d’ailleurs pas vu décerner le Prix Nobel de Littérature en 2012 ? 

Même si la nouvelle peine depuis une vingtaine d’années à se faire une place en France, en ces temps de confinement pourtant, plusieurs éditeurs, tels que Zulma (« Une nouvelle pour échapper aux nouvelles« ), les ont ressorties de leurs étagères numériques pour les offrir aux lecteurs gratuitement pendant ce temps de latence. Pourquoi ? Peut-être parce que tout comme la poésie, la nouvelle peut saisir en peu de mots, une émotion, une pensée, ou le détail d’un événement qui donne à réfléchir ou sourire.

"Le récit de soi contre le déni de la race"

 

À propos de : Audrey Célestine, Une famille française, Textuel, et : Maboula Soumahoro, Le Triangle et l’Hexagone, La Découverte.

Maboula Soumahoro est née en 1974 à Paris, de parents dioula, originaires de Côte d’Ivoire et arrivés en France dans les années 1960. Elle grandit dans un quartier populaire du Val-de-Marne avec ses six frères et sœurs, élevés par une mère « seule et isolée » (p. 82). Selon ses propres mots, la France de M. Soumahoro est incarnée par la main noire de Kery James qui enserre un drapeau français sur la pochette de l’album Le combat continue d’Ideal J (1998). Sa France est, écrit-elle, une France de la banlieue, une France noire, une France du rap. En un mot, une France postcoloniale, marquée par des fractures socio-économiques et raciales. Confrontée dès son enfance à une noirité qui lui est imposée, c’est aux États-Unis que M. Soumahoro est « enfin devenue noire de son plein gré » (p. 84), à la faveur d’une confrontation intellectuelle aux Black et African studies par laquelle elle se découvre membre de cette diaspora noire/africaine (p. 91) dont elle a fait son objet de recherches.

Audrey Célestine est, quant à elle, née en 1980 à Paris, d’un père martiniquais et d’une mère elle-même née d’une ouvrière de Dunkerque et d’un navigateur de Marie-Galante. Elle grandit en Martinique dans une famille modeste, bercée par le foisonnement du SERMAC, le service municipal d’aide culturelle, « né de la volonté d’Aimé Césaire de sortir d’une forme d’aliénation culturelle ». De son enfance en Martinique, elle garde en mémoire le « bricolage identitaire » de sa mère qui souhaite inculquer à ses filles la fierté d’être ce qu’elles sont et la possibilité de « grandir sans être une “Autre” » (p. 57). C’est lors de son séjour universitaire à Baltimore aux États-Unis qu’A. Célestine décide d’étudier ce pays, et que naît son « envie de réfléchir à la complexité de la question raciale. » (p. 76).

Léonora Miamo répond à "valeurs actuelles" et à sa caricature raciste

 

Dans Facebook, l'auteure revient sur le dossier de l'hebdomadaire Valeurs Actuelles

Dans son édition du 27 août 2020, l'hebdomadaire d'extrême droite Valeurs Actuelles a publié un épisode de sa série estivale de “politique fiction” : sept pages où le magazine imagine la députée la France insoumise Danièle Obono au temps de l'esclavage et où, selon les mots employés par le titre, la femme politique “expérimente la responsabilité des Africains dans les horreurs de l’esclavage” au XVIIIe siècle.

Le magazine d'extrême droite Valeurs Actuelles a déclenché un tollé avec sa fiction raciste dépeignant la députée Danièle Obono en esclave. Dans un texte publié sur Facebook, l'écrivaine Léonora Miano y voit “le désarroi d'une certaine France, son incapacité à endosser les ombres de son histoire”

[Lire aussi, de la même auteure, la tribune parue dans BIBLIOBS du 4 septembre 2020]

Fiction française

 

Un article  paru dans EN ATTENDANT NADEAU, le 19/08/2020, à propos du livre "Thésée, sa vie nouvelle" de Camille de Tolédo

"Le nouveau livre de Camille de Toledo, écrivain et défenseur de l’européanité, frôle le grand œuvre – nos mots sont choisis – tant il est pensé, éprouvé, pesé et composé. L’auteur nous avait habitués aux essais sur la littérature et aux positions affirmées. Dans Thésée, sa vie nouvelle, le voilà qui entreprend une longue descente en soi, en lui, c’est-à-dire en l’histoire des siens du côté maternel : quatre générations d’une histoire tue, parcourue par la mort et la douleur extrême, et ramassée en trois disparitions successives à l’aube du XXIe siècle...."

Torturées et emprisonnées, des Tunisiennes livrent leur histoire

 

Un article paru dans LE MONDE (10/08/2020) et reproduit par MSN.com

Hommage aux militantes de gauche des années 70 à travers une série de conférences, un atelier d’écriture, une création théâtrale et un livre.

L'ouvrage est dans les bacs des librairies dans cette version en langue arabe, celle en langue française ne tardera pas à suivre. Elles ont longtemps gardé le silence... maintenant elles parlent...

40 ans de silence, 40 années oubliées ou ignorées par leurs camarades mâles comme si l'engagement politique et le militantisme étaient exclusivement masculins, 40 années durant lesquelles elles se sont refusées à écrire cette page de leurs histoires et celle de ce pays. Pourtant, des filles y en avait dans les organisations politiques, elles étaient, elles aussi, au cœur de l'agitation et de l'opposition pendant les années 70. Et les voilà enfin qui écrivent.

«Bnet Essyassa», c'est ainsi que les gardiennes de la prison de La Manouba les appelaient pour les distinguer des détenues de droit commun.... Un livre de témoignages de militantes politiques du mouvement Perspectives, Aicha Guellouz, Amel Benaba, Zeineb Cherni, Sassia Rouissi, Leila Blili,Dalila Jedidi, jugées et condamnées par la Cour de la sûreté de l'Etat en 1974.

Cet ouvrage, qui a vu le jour grâce à l'association Zanoobya et sa présidente Zeyneb Farhat, n'est pas un simple travail de mémoire. Ce sont des bribes de vie, des fragments de sentiments, un récit personnel de vie et d'expérience où la torture et la prison ne sont pas évoquées pour raconter les souffrances, les interrogatoires interminables et la cruauté des tortionnaires, mais remonter la mémoire, faire surgir les émotions et dessiner les courbes des femmes qu'elles sont devenues.

Un an de mieux

 

Pierre Ahnne présente la rentrée littéraire "automne 2020"

"Voici l’année nouvelle. L’année littéraire, bien sûr, qui commence cette semaine. La précédente a été mouvementée, tout le monde s’en sera aperçu, traversée non seulement par le malin virus mais par toutes sortes d’affaires, qui touchaient le monde littéraire ou des arts en général. Vous remarquerez que je n’en ai rien dit. Ma discrétion proverbiale, sans doute, ou, plus probablement, le fait que ce blog, comme son nom l’indique, s’occupe de littérature — pas de la vie des personnes civiles.

Je continuerai, pour la dixième année, à lire, dans cet esprit, ce qui se publie, et à en parler à celles et à ceux qui voudront bien continuer eux-mêmes de me lire..."

Livres sur les femmes victimes de violences - rentrée 2020

 

Le site LIVRESHEBDO propose les livres de la rentrée 2020 ayant pour thème les violences subies par les femmes

"Société misogyne, conjoints violents, harcèlement au travail... La libération de la parole des femmes sur les violences qu'elles subissent au quotidien a donné naissance à une myriade de récits à paraître à la rentrée. La mise en mots de ces blessures, diffuses ou vivaces, guéries ou à vif, empêche les victimes de tomber dans l'oubli et révèle l'enchevêtrement complexe de la domination masculine, évidente dans sa violence ou dissimulée dans les mœurs et les normes...."

Des rencontres imaginaires avec les plus grands écrivains algériens

 

Sur son blog le journaliste, professeur d'université et écrivain algérien Ahmed Cheniki nous fait cotoyer les plus grands écrivains algériens.

Né à Collo en 1954 où il fait une partie de ses études puis finit son cycle secondaire au lycée du Mansourah à Constantine en obtenant le Bac Philo en 1974. Diplômé de l’institut national d’art dramatique de Bordj el Kiffan en 1976, il commence une carrière de journaliste tout en préparant une licence de Français à l’université d’Alger qu’il obtient en 1980. En 1983 il obtient un D.E.A à l’Université Paris IV- Sorbonne, Centre International d'Etudes Francophones puis enchaîne quelques années plus tard par un Doctorat, Sous la direction de MM Jean Déjeux et Robert Jouanny sur le thème : Théâtre en Algérie, itinéraire et tendances, qu’il obtient avec la mention très honorable.
En septembre 2001, il obtient auprès de l’Université Paris 12, l’habilitation à diriger des recherches en Lettres.
Aujourd’hui, il est Maître de conférences de littérature de langue française à Université de Annaba, tout en exerçant sa vocation de journaliste en collaborant pour divers journaux et revues.

24 juillet 2020 : C'est une rencontre avec l'un des meilleurs écrivains du Maghreb des dernières décennies. Il est question de sa production et de son engagement

23 juillet 2020 : C'est une belle rencontre avec un écrivain atypique, l'un des plus grands romanciers du Maghreb. Souvent attaqué, lui, certes, provocateur, mais il a une qualité rare: il cisèle les mots avec perfection.

23 juillet 2020 : Une lecture très subjective du parcours d'un des plus grands écrivains du vingtième siècle, Kateb Yacine

21 juillet 2020 : Aujourd'hui, en ce jour du 21 juillet 2020, le grand écrivain algérien, auteur très prolifique, l'un des plus grands romanciers du Maghreb, aurait eu 100 ans.

Jean-Patrick Manchette, autobiographies

 

Un article paru dans En Attendant Nadeau, le 1 juillet 2020

Mort il y a vingt-cinq ans, à l’âge de cinquante-deux ans, Jean-Patrick Manchette, figure du « néo-polar » (Le petit bleu de la côte ouest, Morgue pleine), a aussi écrit des traductions (de Donald Westlake, Robert Littell), des scénarios (avec Claude Chabrol, Jean-Pierre Bastid), ainsi qu’une vaste correspondance avec ses éditeurs et ses camarades d’écriture (Pierre Siniac, Jean Echenoz, James Ellroy…). Ses « lettres du mauvais temps » sont publiées, douze ans après son Journal (Gallimard, 2008). Lui qui portait un nom de presse (la manchette étant le titre de Une) a aussi laissé de nombreuses chroniques : ses chroniques de cinéma dans Charlie Hebdo, sous le titre Les yeux de la momie, accompagnent ses articles sur les jeux de stratégie dans le magazine Métal Hurlant, rassemblés dans Play it again Dupont. Dernier épisode de l’actualité Manchette, la reparution en « Série noire » de son deuxième roman, L’affaire N’Gustro (1971)....

interview croisée de Michèle Cléach et Delphine Tranier-Brard

 

Dans L'INVENTOIRE, revue littéraire numérique d'Aleph-Ecriture, à propos du livre "« Devenir biographe. Prêter sa plume pour écrire la vie des autres »

"L’Inventoire a rencontré Michèle Cléach et Delphine Tranier-Brard à l’occasion de la sortie de leur livre « Devenir biographe. Prêter sa plume pour écrire la vie des autres ». Au-delà d’un guide sur « comment écrire une biographie », leur ouvrage nous révèle les secrets de construction d’un récit, permettant à toute histoire vraie de se lire comme un roman.

L’Inventoire : Vous avez créé une des premières formations de biographe en France. Qu’est-ce qui vous a fait choisir cette voie?

Delphine Tranier-Brard : Elle s’est tracée comme un prolongement naturel de nos parcours et de notre rencontre, à un moment où (pour m’investir complètement dans un roman) je souhaitais écrire moins de biographies, sans pour autant m’éloigner de cette pratique.

Michèle Cléach : J’avais un parcours dans le domaine des histoires de vie en formation et j’avais créé à Aleph le cycle « écrire et transmettre son histoire de vie », avec le postulat que le travail de l’écriture pouvait avoir des effets aussi importants que la recherche de sens dans la démarche des histoires de vie. 

Nos échanges sur nos pratiques respectives, notre passion commune pour l’accompagnement et la transmission, le sentiment que les formations proposées ne répondaient pas complètement aux attentes des aspirants biographe… tout cela nous a amenées à concevoir ce projet et à le réaliser avec le soutien des responsables d’Aleph...."

Les traductions passent, le racisme reste

 

Un article d'EN ATTENDANT NADEAU, paru le 1/07/2020.
Nous le publions dans le cadre de la dsicussion qui s'est ouverte (ou réouverte) avec le développement du mouvement "Blak lives matter"

"Les éditions Gallmeister publient Autant en emporte le vent, l’unique roman de Margaret Mitchell, dans une nouvelle traduction de Josette Chicheportiche. Au même moment, Gallimard réédite la traduction de Pierre-François Caillé (1938), accompagnée de la préface que J. M. G. Le Clézio avait rédigée en 1989 et d’extraits de la correspondance entre l’auteure et son traducteur. Alors que l’actualité récente, que les deux éditeurs français ne pouvaient évidemment pas prévoir, vient de déclencher une réflexion collective planétaire sur la place des Noirs dans toutes les sociétés où ils sont discriminés, et sans vouloir exclusivement lire ces deux traductions à travers le prisme du mouvement Black Lives Matter, il n’est pas inintéressant d’examiner en quoi, vues sous cet angle, l’une et l’autre disent finalement « presque la même chose »...."

Entretien avec Anne Pauly

 

Entretien publié dans FLORILETTRES en septembre 2019.

Depuis Anne Pauly a obtenu le Prix Inter 2020 pour son livre "Avant que j’oublie" édité chez VERDIER

Autant en emporte le vent, la morale et la censure

 

Un article d'Emmanuel Pierrat, avocat au Barreau de Paris et écrivain, paru dans LIVRESHEBDO.fr le 19 juin 2020

"Autant en emporte le vent n'est pas la première œuvre emblématique à subir la censure. Ne tirez pas sur l'oiseai moquer, La case de l'Oncle Tom, Tintin au Congo, Tristes tropiques, mais aussi Shakespeare et Voltaire sont tous visés depuis quelques années. Pédagogie, contextualisation, éducation ne semblent pas pouvoir lutter, même quand certains de ces ouvrages défendent la cause des accusateurs.

A l’automne 2018, je m’inquiétais dans un essai intitulé Nouvelles Morales, nouvelles censures (Gallimard), des attaques multiples contre la culture. Les œuvres - quelle que soit leur discipline d’origine : arts plastiques, littérature, cinéma, musique, etc. – sont fustigées de toute part...."

Woody Allen, écrivain avant tout

 

Un article paru dans L'ORIENT LITTERAIRE du 4 juin à propos de l'autobiographie de Woody Allen.

"Woody Allen ne laisse pas indifférent. Scénariste à l’humour décapant, réalisateur et acteur de talent, clarinettiste de jazz, il a à son actif une cinquantaine de films, dont plusieurs sont devenus des classiques. Les éditions Stock viennent de publier Soit dit en passant, la traduction en français de son autobiographie très attendue.

À 84 ans, Woody Allen a décidé de dérouler la bobine de son existence et de nous raconter sa vie, depuis sa naissance jusqu’à son dernier film. Mais il le fait à la manière de Woody Allen, c’est-à-dire avec beaucoup d’humour et d’autodérision, en véritable cinéaste : il veille à planter le décor en nous décrivant les lieux qu’il fréquente et l’atmosphère des villes évoquées ; il utilise la « voix off », assez présente dans ses films, en prenant les lecteurs à témoin et en s’adressant à eux comme à des amis (« Au fait, chers lecteurs… » ; « Bon, où en étions-nous ? » « Maintenant que vous avez une petite idée de qui étaient mes parents, je souhaite parler un peu de ma sœur »…) ; et n’hésite pas à recourir aux flashbacks et aux digressions – d’où le titre de son livre : Soit dit en passant..."

CONTRE LES STATUES : LES "TRACES-MÉMOIRES"

 

Extrait du livre "Traces-mémoires du bagne" de Patrick Chamoiseau (1994)

Nos monuments demeurent comme des douleurs.

Ils témoignent de douleurs.

Ils conservent des douleurs.

Ce sont le plus souvent des édifices produits par la trajectoire coloniale : forts, églises, chapelles, moulins, cachots, bâtiments d’exploitation de l’activité esclavagiste sucrière, structures d’implantation militaire… Les statues et les plaques de marbre célèbrent découvreurs et conquistadores, gouverneurs et grands administrateurs. En Guyane, comme aux Antilles, ces édifices ne suscitent pas d’écho affectif particulier ; s’ils témoignent des colons européens, ils ne témoignent pas des autres populations (Amérindiennes, esclaves africains, immigrants hindous, syro-libanais, chinois…) qui, précipitées sur ces terres coloniales, ont dû trouver moyen, d’abord de survivre, puis de vivre ensemble, jusqu’à produire une entité culturelle et identitaire originale. 

La trajectoire de ces peuples-là s’est faite silencieuse. Non répertoriée par la Chronique coloniale, elle s’est déployée dans ses arts, ses résistances, ses héroïsmes, sans stèles, sans statues, sans monuments, sans documents. Seule la parole des Anciens, qui circule dessous l’écriture – la mémoire orale – en témoigne. 

Or la parole ne fait pas monument.

La parole ne fait pas l’Histoire.

La parole ne fait pas la Mémoire. 

La parole transmet des histoires

La parole diffuse des mémoires.

La parole témoigne en traces, en réminiscences, en souvenirs protéiformes où l’imagination mène commerce avec le sentiment. 

Et avec l’émotion 

C’est pourquoi l’on dit, très souvent, que dans les Amériques, les monuments (et l’histoire avec un grand H) témoignent des colons, de la force dominante, de l’acte colonial avec ce que cela suppose comme génocides, asservissements et attentats contre l’Autre. L’Histoire, la Mémoire et le Monument magnifient, ou exaltent (du haut de leur majuscule), le crime que la Chronique coloniale a légitimé. 

Les peuples créoles américains ont donc cette lancinance de leurs mémoires asphyxiées, de leurs histoires souterraines ; et quand ils se tournent vers les Monuments qui balisent leurs espaces, ils ne s’y retrouvent pas, où alors, vénérant ces édifices, ils s’aliènent à la Mémoire et à l’Histoire édictées par la colonisation...

[extrait paru initialement sur le site OUTREMERS 360]

des concours de nouvelles 2020

 

L'INVENTOIRE, revue littéraire numérique d'Aleph-Ecriture propose une liste des concours de nouvelles au 2è semestre de l'année 2020.

"De nombreux auteurs ont débuté en participant à des concours. Ceux-ci permettent d’expérimenter l’écriture sous contrainte et d’être publié pour la première fois. Ils permettent ainsi aux auteurs en devenir, quand ils contactent des maisons d’édition, de montrer qu’ils bénéficient déjà d’une reconnaissance de leurs écrits. Alors, à vos plumes pour le 2ème semestre 2020 !"

« Être noir en France»

 

S'inscrivant directement dans l'actualité, le numéro 301 de l'hebdomadaire "Le 1" donne la parole à des artistes noirs

     1*- Bintou Dembélé :"Je suis d’origine hip-hop"

"J’aime à dire où je me situe, à l’endroit des individus et non des masses, qui n’ont ni noms ni racines. J’aime à dire que je suis Bintou Dembélé, enfant de Demba Dembélé et de Salimata Dembélé, née mi-banlieue mi-campagne. J’aime à dire que je me définis mi-homme mi-femme, ni homme ni femme, donc je suis une personne queer. J’aime à dire que je suis une Afrodescendante entourée dans mon enfance de Portugaises, d’Espagnoles et d’Algériennes, confrontée au racisme des Manouches qui vivaient dans des caravanes, des skinheads qui cassaient du Noir et du Bougnoule et du pédé..."

     2*- Raoul Peck : "J'étouffe"

"Ce matin en me levant, j’étais déjà brisé. Il y a eu tant de matins comme celui-là.

Et chacun de ces matins laisse des traces. Des traces qui s’accumulent. Puis, ces cauchemars en sommeil, qui reviennent à chaque déflagration.

Ce qui se passe en ce moment aux États-Unis me trouble à la nausée. Ce n’est cependant pas de l’Amérique dont je désire vous parler. Mais de la France.

Par quelle extraordinaire magie celle-ci pourrait-elle rester en dehors de ce grand déballage ?

Car ce matin, en me levant, je me suis mis à pleurer. Sans contrôle, sans pouvoir reprendre mon souffle. Quelque chose venait de se briser..."

La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport ...

 

Titre complet : « La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Un entretien, le 7 mai 2020, avec Frantz Olivié, co-fondateur avec Charles-Henri Lavielle des éditions Anacharsis.

Comme de nombreux éditeurs indépendants, ils ont signé un texte mercredi 29 avril pour interpeller le gouvernement : intitulé « Nous sommes en crise ».

"C’est un texte fort que vous avez signé. Pour commencer, que représente ce secteur des indépendants et qui le représente ?

Frantz Olivié : Je préférerais ne pas parler d'un « secteur » concernant l'édition indépendante. Ce n'est pas un isolat, elle n'est ni homogène ni étanche. À rigoureusement parler, l'expression désigne des maisons d'édition variées, dont le capital est majoritairement détenu par ceux qui travaillent en leur sein (gérants, salariés, associés, ou même bénévoles), dans des formes diverses (sarl, association 1901, ou, comme nous, des coopératives, etc.), et non pas par des sociétaires en attente de plus-values ou par des groupes ou consortiums à visée lucrative. Ce qui signale une capacité de liberté plus grande dans le choix des titres, elle-même suggérant à son tour une capacité de création plus importante. On convient  ..."

Un monde mal connu en France : les communistes américains

 

Un note de lecture, parue sur le site EAN le 17 juin 2020, à propos de la réédition du livre "The Romance of American Communism" de Vivian Gornick, son livre d'entretiens avec d'ex-communistes américains

En 1977, la journaliste new-yorkaise Vivian Gornick publie un livre d’entretiens avec des ex-communistes américains. Critiqué tant par la droite conservatrice que par la nouvelle gauche (New Left) et bien sûr la gauche communiste, The Romance of American Communism a fini par devenir un classique, mais il est rare qu’un classique ait pu concentrer autant de haine ! La maison d’édition indépendante Verso, créée autour de la New Left Review, le réédite aujourd’hui, avec une nouvelle préface de l’auteure. C’est peu de dire qu’on ne voit plus rien comme avant. Il y a bien sûr l’« effet Sanders », mais pas seulement : on essaiera de comprendre pourquoi – en regrettant que seuls deux livres de Vivian Gornick soient traduits en français.

[en Français : en 2017 "Attachement féroce" et en 2019 "La femme à part"]

"La statue de sel", un roman pour penser la décolonisation et le racisme

 

Zoé Sfez, productrice sur France Culture (A voix nue) et chroniqueuse (Soft Power), livre un hommage à Albert Memmi en vous invitant à redécouvrir l’œuvre du romancier et essayiste, disparu le 22 mai 2020 à l’âge de 99 ans.

Héritier d’une triple culture juive, tunisienne et française, Albert Memmi entre en littérature avec cette magistrale autobiographie romancée, préfacée par Albert Camus, où il jette les bases de sa pensée à venir sur la domination et l’oppression.

« Le racisme est un virus », par Dany Laferrière

 

Article paru dans BIBLIOBS du 10 juin 2020

Bon, soyons clair, le racisme naît, vit et pourrait même mourir un jour. Il est contagieux, et se transmet d’un être humain à un autre. Toutefois sa rapidité de contagion varie selon le lieu ou la situation. On peut d’ailleurs créer de toutes pièces des situations qui augmenteraient sa vitesse et sa puissance, alors que d’autres la diminueraient. À certains moments on annonce de nouvelles vagues à l’horizon. On s’en étonne alors que des signes avant-coureurs avertissaient de l’imminence du danger. Le chômage, la misère, la violence urbaine, l’absence de courtoisie, sont des agents capables d’accélérer son éclosion dans un lieu où sa présence était embryonnaire. Mais le racisme a cette particularité de ne jamais naître à l’endroit où on se trouve. C’est un virus qui vient toujours d’ailleurs....

« On ne peut pas tout raconter d’une vie, il faut faire des choix »

 

Entretien avec Michèle Cléach, dans L'INVENTOIRE du 5 juin 2020

"À l’occasion du cycle de formation réalisé en partenariat avec Le Pèlerin et Aleph-Écriture, L’Inventoire a interviewé Michèle Cléach, responsable du projet « Écrire et publier son histoire de vie ». Michèle Cléach explore depuis plus de dix ans les sentiers des histoires de vie et des ateliers d’écriture. Elle dirige ce projet de l’aventure de la transmission écrite jusqu’à l’édition du livre de sa vie, opportunité inédite aujourd’hui en France. ..."

se faire éditer

 

Deux entretiens dans L'INVENTOIRE

1*- Nelly Garnier : le parcours d’un manuscrit dans une maison d’édition – 26 mai 2020

Nelly Garnier travaille comme lectrice chez Albin Michel. Elle reçoit des manuscrits et rédige des rapports de lecture à partir desquels se décideront en comité éditorial la publication des ouvrages. Nous l’avons rencontrée pour l’interroger sur le parcours d’un manuscrit de sa réception à sa publication. En filigrane, elle nous raconte aussi à travers ce témoignage sa passion de la lecture....

2*-  Présenter son manuscrit à un éditeur : tout ce qu’il faut savoir – 28 mai 2020 

Le point final du manuscrit posé, une nouvelle étape s’impose à l’auteur : trouver un éditeur pour son texte. Comment sélectionner et contacter les éditeurs ? Avant d’animer une formation autour de ces thèmes du 26 au 28 juin 2020, L’Inventoire a posé ces questions à François Terrier, journaliste et éditeur....

Salah Stétié : le bilan d'une vie

 

Un article paru dans L'ORIENT LITTERAIRE (n° 91 - janvier 2014)

Diplomate, poète, essayiste, ancien responsable de L’Orient Littéraire dont il fut le fondateur, Salah Stétié a beaucoup lu, écrit, voyagé et observé. Dans un ouvrage intitulé L’Extravagance, à paraître en septembre [2014] chez Robert Laffont, il retrace son parcours fécond et nous fait découvrir une foule de personnages connus ou méconnus qui ont façonné sa pensée et marqué sa carrière..

Entretien avec Miriam Cendrars

 

Propos recueillis par Nathalie Jungerman, dans FLORILETTRES, édition février 2007.

Miriam Cendrars a été journaliste à la BBC, à France-Soir, Jeune Maman, Elle... Elle a créé en 1970, le Fonds Blaise Cendrars à la Bibliothèque Nationale Suisse de Berne. Elle a publié notamment, Les Inédits secrets de Blaise Cendrars, (Club Français du Livre, 1969), la Correspondance Blaise Cendrars - Henry Miller 1934-1979 (Denoël, 1995), Blaise Cendars, L'Or d'un poète (Découverte Gallimard, 1996) et un essai biographique (Denoël, 1984, 1993, 2006)...

Liberté : réadaptation du poème de Paul Eluard, écrit en 1941

 

Par Charline Vanhoenacker, le 28 mai 2020 sur Francve Inter

Sur la vitre en plexiglas  |  Sur les flèches collées au sol   | Sur le drone qui nous survole |  J’écris ton nom  |  Sur le sable dynamique  |  Sur les déserts médicaux  |  Et sur les vents de panique  |  J’écris ton nom  |  Sur les arbres des parcs fermés |  Sur la carte en rouge et vert  |  Sur l’autel de la croissance  |  J’écris ton nom  |  Sur le silence des tribunes  |  Sur les sièges vides des théâtres  |  Et sur la selle de mon tigre  |  J’écris ton nom  |  Sur l’écaille d’un pangolin  |  Sur la barbe d’Edouard Philippe  |  Sur les motifs impérieux  |  J’écris ton nom  |  Sur la paye de la caissière  |  Sur les cernes de l’infirmier  |  Et sur le revers de la médaille  |  J’écris ton nom  |  Sur l’écran de ma tablette  |  Sur ma tablette de chloroquine  |  Sur un masque jeté au sol  |  J’écris ton nom  |  Sur un bandeau BFM  |  Sur l’urne des municipales  |  Sur le CV d’Agnès Buzyn  |  J’écris ton nom  |  Sur la transparence politique  |  Sur les urgences en tension  |  Et sur l’attestation de sortie  |  J’écris ton nom  |  Sur la ligne 13 du métro  |  Sur une livre de gariguettes  |  Sur le retour de Roselyne Bachelot  |  J’écris ton nom  |  Sur les 100 kilomètres  |  Sur le ciel vide et sans avions  |  Sur la javel et Stop-Covid  |  J’écris ton nom  |  Et par le pouvoir d’un mot  |  J’entre dans le monde d’après  |  Et j’espère t’y recroiser  |  Pour te nommer  |  Liberté

Gaëlle Nohant présente son livre "La femme révélée"

 

 Le 27 février 2020 (Grasset-Librairie Mollat)

“Le livre est en danger” : l'édition demande 500 millions € à Emmanuel Macron

 

Un article paru le 23 mai 2020 sur le site « ActuaLitté »

Dans une tribune parue dans « Le Monde », un collectif de 625 auteurs, éditeurs, libraires demande à Emmanuel Macron un plan de relance pour la filière, étrangement absente des annonces faites, le 6 mai 2020, par le chef de l’Etat.

500 millions €, c’est la somme nécessaire pour « traverser cette crise, non sans dommages, mais avec l’assurance de pouvoir simplement redémarrer ». La pétition, adressée au président, souligne la nécessité de travailler communément avec les services de l’Etat à un « plan de relance d’ampleur ».
Et d’énumérer plusieurs modalités : « [U]ne politique résolue de soutien à l’offre, subventions, prêts, exonération de charges sociales et de taxes… et par une amplification ponctuelle de la demande, avec des commandes massives par les bibliothèques et des opérations d’envergure liées au Pass-Culture et au Chèque Lire. » ...

Les lecteurs ont été au rendez-vous de la réouverture des librairies.

 

Des articles de LIVRESHEBDO

Les clients au rendez-vous dès le 1er jour

Clients nombreux et masqués, et libraires soulagés. Tel était le bilan, lundi soir, de la première journée de réouverture des librairies, placée sous le signe du plaisir partagé.

Le déconfinement a dopé les ventes de livres

Les niveaux de ventes de la 20e semaine ont dépassé ceux de 2019 à la même période.

"Click & collect" : Un bilan en demi-teinte

A l'heure de la réouverture, les librairies qui ont pratiqué le retrait de commandes pendant le confinement dressent un bilan contrasté de cette solution de repli, souvent plus symbolique que rentable.

L’enfermement ordinaire des femmes au foyer

 

« L’enfermement infini », un article d’En attendant Nadeau - N° 105, 20 mai 2020

Maria Messina, écrivaine sicilienne du début du XXe siècle, est connue pour avoir décrit l’enfermement physique et psychique des femmes, l’impossibilité pour elles de s’épanouir, prises dans la toile de l’espace domestique où elles répètent, solitaires, les mêmes tâches à l’infini. Traduit en français en 1986, son roman le plus célèbre, La maison dans l’impasse, reparaît.

En 1907, alors qu’elle est âgée de vingt ans, on diagnostique à Maria Messina une sclérose en plaques. Elle signe son dernier livre, L’amour nié, en 1928, contrainte d’abandonner l’écriture, et vit les suites de sa maladie elle-même recluse. Son œuvre est oubliée jusqu’au début des années 1980 lorsque, redécouverte par Leonardo Sciascia, elle sort finalement de l’oubli et sera traduite aux éditions Actes Sud en France.

La maison dans l’impasse raconte le sort d’une famille coincée dans une vaste demeure. Le mari, un usurier, aigri et tyrannique, s’y installe avec sa femme ruinée et la jeune sœur de celle-ci. Le foyer s’agrandit d’un fils aîné et de deux cadettes. Seul à sortir régulièrement, pour gérer ses affaires, l’homme est le gardien du domicile hors duquel les autres ne pourront s’aventurer qu’au péril de leur vie. Dans ce huis clos dramatique, Maria Messina traduit brillamment la profondeur de leur désarroi. ... 

Véronique Leroux-Hugon à propos de "Ecrire le cancer" de Silvia Rossi

 

Note de lecture parue le 8 mai 2020 sur le site de l'APA

"Bénéfice secondaire du confinement : j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres le livre de Silvia Rossi, gentiment déposé par cette voisine … Silvia Rossi était intervenue lors d’une table ronde de l’APA présentant notre Cahier de relecture n°61 : Écrire la maladie en 2016. Son livre publié dans la collection (Auto)biographie & Education dirigée par Christine Delory-Momberger reprend et approfondit le propos.

Le projet de sa thèse, soutenue en 2016, est le suivant : à partir de six textes d’écrivains italiens, analyser le rôle du cancer comme déclencheur d’écriture, matière de la narration. Aussi, elle décrypte systématiquement dans ces ouvrages le recours aux métaphores pour narrer cette expérience vitale, dans une perspective très actuelle de redonner la parole aux patients. De fait, ce sont plutôt les malades (du sida, du cancer ici) qui prennent la parole depuis quelques décennies et font du récit de leur expérience un outil, pour ne pas dire une arme..."

[Fiche du livre]