Notes, Articles, Entretiens

Notes de lecture, ARTICLES, interviews, PRESSE ...

 

Des articles de membres de l'association ou de personnes extérieures. Des interviews, des entretiens. Ils sont présentés dans l'ordre de réception du plus récent au plus ancien.

Ces textes sont donc toujours personnels et ne reflètent pas "la pensée" de l'association. 

Vous voulez présenter un livre que vous avez aimé ou voire détesté, vous voulez réagir à une note de lecture, vous pouvez envoyer votre texte à cette adresse webmaster@ledireetlecrire.com.  

 

Notes de lecture de notre équipe en tirés à part 

 

Note de lecture de Pierre Ahnne sur "Papa" de Régis Jauffret

 

Pierre Ahnne parle de "PAPA" de Régis Jauffret

Avec les mères, c’est rarement simple, mais avec les pères c’est souvent compliqué. Jauffret, avec le sien, n’a pas eu la tâche facile. C’est difficile, un père sourd. Allez vous étonner, après, que le fils écrive… Et quand, à l’enfermement de la surdité, s’ajoutent la dépression chronique et ses médicaments « qui empêch[ent] de penser », la coupe est pleine : « Alfred, tu n’étais même plus un homme, juste un organisme, avec au fond de la coquille un ego dévasté, piqué sur le cerveau comme un papillon sur un bouchon de liège ». « On ne traite pas un père de la sorte. Mais on a le droit d’injurier un donneur de sperme ».

Pierre Ahnne présente "la Fabrique des salauds" de Chris Kraus

 

Note de lecture de Pierre Ahnne, parue sur son blog le 14 janvier 2020

"850 pages. Il n’entrait pas dans ma boîte aux lettres. Aussi fut-il, comme il arrive, déposé sur les boîtes par le coursier pressé, et disparut. Il y a des gens bien malfaisants. Et encore, s’ils s’appropriaient les livres pour les lire… Mais mon exemplaire du roman de Chris Kraus risque fort d’avoir été vendu au plus offrant.

Cependant, certains envois doivent, sans doute, en vertu d’une nécessité qui nous échappe, atteindre leur destinataire. Les éditions Belfond ont eu l’amabilité de me faire parvenir une autre version, numérique, celle-là, de l’ouvrage. Je l’ai lu, plus tard que prévu, en marge des répétitions de ma pièce, La Cantatrice et le Gangster (voir ici). Il fallait bien ça pour m’abstraire de mes préoccupations du moment. Mais ça m’en a abstrait. Quand une lecture est aussi efficace, et ce, sur 850 pages, la moindre des choses est de se demander pourquoi...."

Entretien Georgia Makhlouf / Caroline Laurent (livre "Rivage de la colère")

 

Entretien paru dans L'Orient Littéraire (n° 163 - janvier 2020)

Caroline Laurent a fait une entrée singulière en littérature avec un livre à quatre mains. Co-écrit avec Evelyne Pisier dont elle était l’éditrice, Et soudain, la liberté (Les Escales, 2017) a obtenu le prix Marguerite Duras, le Grand Prix des Lycéennes de ELLE et le Prix Première Plume, et a été traduit dans de nombreux pays. Laurent signe à présent un nouveau roman Rivage de la colère qui plonge, on le devine tout de suite, dans sa mémoire personnelle et familiale.   Situé dans l’archipel des Chagos rattaché à l’île Maurice, le roman restitue un drame historique méconnu et une lutte qui reste vive cinquante ans après. En effet, lorsque Maurice accède à l’indépendance après 158 ans de domination britannique, les Chagos sont détachés de Maurice et l’île de Diego Gracia est « louée » par les Anglais aux Américains qui souhaitent y installer une base militaire. Elle est donc vidée de ses habitants qui seront déportés dans des conditions indignes.    Roman de l'exil, de l’amour impossible mais néanmoins de l'espoir, Rivage de la colère est un texte ambitieux et ample, écrit d’une plume sensible, qui restitue une tragédie géopolitique et humaine à travers des personnages crédibles et attachants....

À propos du livre « Le Consentement » de Vanessa Springora

 

Un article de Clémentine Autain, femme politique et auteure du livre « Dites-lui que je l’aime », article paru le 7 janvier sur son blog "le fil des communs"

« C’est un récit qui fera date. Le témoignage littéraire de Vanessa Springora, qui s’inscrit dans la temporalité de la vague #MeToo, suscite un choc. Il permet de comprendre comment un homme de cinquante ans peut manipuler et violer une jeune fille de 14 ans. Il nous emmène au cœur d’une entreprise de domination, de chosification. Il interroge la notion même de consentement dès lors qu’il s’agit d’une enfant n’ayant pas les moyens d’éclairer son choix face à un homme mur qui possède une force supérieure d’argumentation et une autorité évidente. Il donne à voir l’ampleur du désastre psychologique qui s’ensuit. 

La chaîne des manquements sociaux est criante tout au long de la lecture. Nous sommes dans les années 1980, à Paris, et la non-assistance à personne en danger est aussi saisissante qu’hallucinante. Un père absent, une mère qui se laisse rapidement convaincre du bienfondé de la relation, un personnel hospitalier qui ne voit rien, des amis qui ne s’alertent pas, des policiers qui ne prêtent aucun crédit aux lettres de dénonciation… Et Vanessa Springora sombre doucement mais sûrement. ... »

Rencontre avec Pierre Bergounioux : compte rendu de la réunion du 30/11/2019

 

Compte rendu de la réunion de l'APA, tenue le samedi 30 novembre 2019. En présence de Yves Charnet et Véronique Leroux-Hugon.

Ce compte rendu, rédigé par par Chantal de Schoulepnikoff et Élizabeth Legros Chapuis, est paru sur le site de l'APA le 28 décembre 2019

"Lutter contre les ravages de l’oubli

« Parmi les écrivains que je connais, vous êtes le seul qui parle comme il écrit ». Cette remarque formulée par une participante à la fin de l’exposé de Pierre Bergounioux résume bien le sentiment général du public groupé autour des deux orateurs et de Véronique Leroux-Hugon, animatrice de ce débat. Le public composé de membres de l’APA et de personnes de l’extérieur, parfois anciens élèves de Pierre Bergounioux, groupé en demi-cercle autour des intervenants, était nombreux et d’autant plus attentif que la sonorisation faisait défaut..."

En 2020, s'affranchir d'Amazon ?

 

En 2020 vous aimeriez, pour vos achats de livres, vous affranchir d’Amazon.

C’est possible puisque des libraires s’organisent et offrent un service identique.
Sur le site « Place des Libraires » vous troiuvez 1 1 724 893 livres numériques et papiers disponibles dans 698 librairies. Vous pouvez savoir quelle librairie, proche de chez vous, a en stock le livre de votre choix. Et soit le réserver pour le chercher à votre convenance, soit le commander et vous le faire livrer.
Le prix du livre est le même partout en France depuis l’instauration du « prix unique » (loi n° 81-766 du 10 août 1981).

 

Créé il y a une dizaine d'années, le site de vente en ligne lalibrairie.com regroupe 2 500 libraires et propose à ses clients de commander des livres en ligne et de se les faire livrer chez eux ou dans des points librairies. 

Marie Darrieussecq : L'écriture pour se dire

 

Un entretien publié par CFDT Magazine (n° 459-janvier2020) [magazine@cfdt.fr]

"... Ecrivaine, traductrice, citoyenne engagée, cette auteure prolixe, ex-psychanalyste, s'est imposée en vingt-cinq ans comme une grande plume de la littérature contemporaine..."

Son dernier livre « La Mer à l’envers »

L'accueil dans la presse

La bande dessinéee en france

 

A l'occasion de l'année de la BD (janvier 2020-janvier 2021), une étude du Ministère de la Culture

La bande dessinée, art jeune apparu au XIXe siècle peu avant le cinéma, connaît depuis près de vingt-cinq ans une forte expansion, à laquelle la France contribue largement, en tant que troisième pays producteur mondial. Sa production a été multipliée par dix depuis 1996. La vitalité de la création en bande dessinée se caractérise par une diversification artistique qui a donné naissance à des formes nouvelles et exigeantes. La sphère d’influence du 9e art s’est par ailleurs considérablement élargie, interagissant avec plusieurs autres expressions artistiques telles que le cinéma, le film d’animation, les jeux vidéo, les arts plastiques et la littérature, ce qui le place au carrefour de plusieurs arts. Pratique culturelle de premier plan, la bande dessinée attire sans cesse de nouveaux lecteurs de livres, tous genres confondus. Elle est devenue le deuxième segment le plus dynamique du marché du livre en France avec, en 2017, une croissance de 13 % de son chiffre d’affaires, derrière les ouvrages de documentation. Elle constitue l’une des pratiques culturelles les plus importantes des Français. Elle est également un outil d’apprentissage de la lecture et l’un des premiers contacts avec le livre. Aujourd’hui, 8,4 millions de Français achètent des BD, soit 15,5 % de la population française. La moitié de ces ouvrages étant destinée à des cadeaux, les lecteurs de BD sont encore plus nombreux. Malgré son dynamisme, le secteur est marqué par des déséquilibres et des fragilités qui affectent notamment la situation économique et sociale des auteurs.

Joumana Haddad : “Le corps des femmes est le lieu de beaucoup de vengeances”

 

Un entretien avec Joumana Haddad à rpopos de son dernier livre "Le livre des reines". Entretien paru sur le site CHEEk MAGAZINE, le 6/11/2019

Alors que le Liban vit une révolution sans précédent, la femme de lettres et politicienne libanaise Joumana Haddad sort chez Actes Sud son dernier opus: Le Livre des reines. La saga familiale de quatre générations de femmes, au cœur des conflits qui ont jalonné l’histoire du Moyen-Orient.

Plus jamais la guerre

 

Un article d'En Attendant Nadeau, patu le 17 décembre 2019

Près de deux ans après avoir publié, pour la première fois en français, des extraits du journal de Käthe Kollwitz, L’Atelier contemporain en donne l’intégralité. Les lecteurs de l’allemand pouvaient déjà y accéder depuis 1989. Cette nouvelle édition est sans doute motivée par la tenue d’une rétrospective la concernant au musée de Strasbourg (octobre 2019-janvier 2020). Toute cette actualité rend pleinement justice à une artiste dont l’œuvre puissante mérite d’être connue et dont le journal a de quoi devenir un livre de chevet pour qui s’intéresse à l’art, à l’histoire ou à l’écriture de soi.

Écrire, à quoi ça sert ?

 

Un article d'En Attendant Nadeau, paru le 5 novembre 2019, à propos du livre "ICEBERGS" de Tanguy Viel

« Il y a des livres qui paraissent écrits, non pour l’instruction du lecteur, mais pour lui apprendre que l’auteur savait quelque chose. » La phrase est de Goethe. Elle apparaît dans le chapitre « Le démon de la citation » d’Icebergs, premier essai du romancier Tanguy Viel. Un ensemble de textes sur la possibilité d’être écrivain, justement, sur le doute, l’imposture qui guette, sur le droit d’écrire aussi et la nécessité de « vitrifier son impuissance » avant qu’elle ne gagne. Aucune recette ici, aucune autosatisfaction, nuls mémoires : mais une plongée dans l’intimité de l’écriture.

Biographie hospitalière/écrire la vie des patients pour qu’ils se sentent mieux

 

Entretien avec Valéria Milewski, biographe hospitalière (entretien paru sur le site ACTUSOINS, le 4 décembre 2019)

Depuis 2007, dans le service d’Oncologie-Hématologie de l’hôpital Louis Pasteur de Chartres, Valéria Milewski, biographe hospitalier, travaille au sein de l’équipe soignante, sans porter la blouse. Elle propose gratuitement aux personnes gravement malades d’écrire leur vie.

 "Pourriez-vous nous raconter vos journées ?

Je fais le tour du service pour dire bonjour à toute l’équipe, secrétaires, agents de service, médecins, aides-soignantes et infirmières.

Je regarde systématiquement, dans le poste de soins, le tableau des personnes hospitalisées. J’observe si les personnes biographiées en cours sont toujours là et s’il y a des entrants que je connais. Une absence indique soit un décès, soit un retour à domicile...."

Lettre à mes amis libanais

 

Après son séjour à Beyrouth, en novembre 2019, Catherine Malard nous fait part de sa découverte du "nouveau" Liban qui émerge sous nos yeux. (Lettre du 6 décembre 2019)

"Vous m’aviez conviée au Salon du livre francophone mais à cause des « évènements », le Salon fut annulé. Etrange comme vous reprenez cette expression qui, de 1975 à 1990, recouvrait la tragédie de la guerre civile. Les gens de ma génération comme les plus âgés l’ont encore en mémoire, nous Français si liés à votre pays par les liens de l’histoire. Maintenant, vous dites de nouveau « les évènements » pour nommer la révolte sans précédent qui galope du nord au sud, ponctuée de « thaoura - thaoura » (1), l’exaltante formule que scandent des milliers de Libanais de Tripoli jusqu’à Tyr, de Baalbek jusqu’à Nabatiyeh, en passant par Zahlé. « Il y a mieux que le Salon du livre, le Salon de la révolution bat son plein dans les rues. On file place des Martyrs » (2), lance Elias, à ma descente d’avion, samedi 9 novembre.

Depuis 1992 que je fréquente le Liban pour des missions de formation à l’Université, je n’avais jamais entendu vos langues se délier à ce point. Jamais vous n’avez parlé comme vous le faites actuellement, "

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1) Révolution 

(2) Une des places du centre ville de Beyrouth avec la place Riad Al Solh, proches du Sérail (siège du parlement)  

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à propos du livre "Faux passeports", note de Pierre Ahnne

 

Un article de Pierre Ahnne paru le 7 décembre 2019 sur son blog. Reproduit ici avec son aimable autorisation.

"Voilà un livre, et, peut-être, de plus d’une manière, d’un autre temps. Et c’est ce qui en fait, pour une part, l’intérêt. En octobre 1917, Charles Plisnier a 23 ans. Son enthousiasme fait de ce jeune juriste belge un avocat dévoué à la cause du communisme, doublé d’un « agitateur » (il le dit lui-même) : militantisme effréné et quelques missions dangereuses, à la grande époque du Komintern. Puis, c’est l’exclusion, pour trotskisme, au congrès d’Anvers, en 1928. Dans une œuvre, semble-t-il, bien de son temps (Mariages, Meurtres, La Beauté des laides…), Faux passeports, prix Goncourt 1937, tranche. Pour étoffer et unifier ce qui ressemblait trop à un recueil de nouvelles, l’auteur, à la demande de son éditeur (Buchet-Chastel-Corréa), y ajoute le chapitre final, Iégor, où il évoque Anvers, le conflit entre staliniens et trotskistes, les procès de Moscou, et cet « héroïsme du déshonneur » qui poussait les accusés à s’inventer des crimes parce que le Parti le voulait...."

entretietien avec Sylvain Prudhomme à propos de son ivre "Par les routes"

 

Entretien réalisé par Georgia Makhlouf pour 'L'Orient Littéraire" n° 162 - décembre 2019, avec Sylvain Prudhomme à propos de son ivre "Par les routes" 

Son dernier roman Par les routes vient d’obtenir le prestigieux Prix Femina, après avoir également été récompensé par le Prix Landernau des lecteurs et le Prix Summer de la fête du livre de Bron. Beau triplé pour Sylvain Prudhomme qui avait déjà été récompensé par le Prix Louis-Guilloux en 2012 pour Là, avait dit Bahi, le Prix littéraire de la Porte dorée en 2014 pour Les Grands, le Prix Révélation de la SGDL et le Prix François-Billetdoux en 2016 pour Légende. 

Quand l’Histoire devient personnelle

 

Un article paru dans "EN ATTENDANT NADEAU" (22/11/2019) à propos du livre de Pierre Birnbaum "La leçon de Vichy. Une histoire personnelle"

Parmi les nombreux témoignages, toujours émouvants, d’enfants juifs qui ont vécu cachés durant la Seconde Guerre mondiale, le récit de Pierre Birnbaum détonne. Voici un professeur émérite de la Sorbonne, auteur prolifique d’ouvrages et d’articles d’histoire et de sociologie politique, un érudit dont on n’a pas l’habitude de lire des confidences privées, qui se livre à une « introspection historienne » sur son enfance sous le régime de Vichy et la période qui a suivi. Elle aboutit à une découverte de son propre refoulement du sujet dans ses recherches, une prise de conscience qu’une longue psychanalyse n’avait su mettre au jour.

Reprendre la littérature

 

Un article, par Tiphaine Samoyault, paru sur le site EN ATTENDANT NADEAU le 20 octobre 2019, à propos de l'oeuvre de Denis Roche

Il est difficile de faire entendre aujourd’hui la radicalité de l’œuvre de Denis Roche. Écrivain, photographe, poète et traducteur, il ne déliait pas ses différentes pratiques, sauf quand il le décidait. Depuis sa mort en 2015, ce n’est pas son œuvre qui nous manque — elle est là, incontestable et toujours surprenante —, c’est notre époque qui n’en prend pas la juste mesure. Est-ce parce qu’il a consacré une grande partie de son travail à l’éphémère et à la disparition ? ...

écriture inclusive : le point de vue d'Eliane Viennot

 

Deux articles parus sur le site 50/50 (le magazine de l'égalité femmes / hommes)

L'auteure :

Eliane Viennot est professeuse émérite de littérature de la Renaissance, historienne spécialiste des relations de pouvoir entre les sexes en France. Elle fut l’une des fondatrices de l’Institut Emilie du Châtelet. Militante féministe depuis les années 1970, elle a milité au MLAC, pour la parité, et pour l’institutionalisation des études féministes (ou «de genre»). Elle est l’une de celles qui, en France, a le plus contribué à sortir de l’ombre des mots qui existaient au Moyen-Age, à mettre en lumière les femmes grâce à l’écriture inclusive.

Entretien avec l'auteure de « Pas vu Maurice, chroniques de l’infraordinaire »

 

Entretien de Michèle Cléach avec l’auteure Laurence Hugues (26 novembre 2019)

Le livre a paru pendant l’été. Pas vraiment la bonne période pour espérer que les journalistes littéraires et autres medias s’y intéressent. Et pourtant … Depuis la rentrée, Pas vu Maurice, chroniques de l’infraordinaire, a été l’objet d’une chronique sur France Culture, d’un article dans La Montagne et de plusieurs recensions sur le Net. Le 3 décembre prochain, Laurence Hugues en fera une lecture à la Maison de la poésie.

Pas vu Maurice, c’est un objet littéraire parfaitement identifié : un texte de Laurence Hugues (et de Marie) et des photos de Claude Benoit à La Guillaume.  Publié aux éditions Creaphis, il tient dans une seule main. Il raconte, à travers ses carnets, la vie de Marie dans sa maison du Forez, pas loin de Noirétable, il raconte la vie du village quand la narratrice était enfant et la vie d’aujourd’hui. Il donne à voir des pages des carnets de Marie, les paysages et quelques « motifs » de sa vie et à la voix de Marie se mêle la voix de l’auteure qui, depuis l’installation de sa mère dans le Forez dans le mouvement du retour à la terre des années 70, a été la voisine de Marie.

La lecture de « Pas vu Maurice » nous a donné envie d’aller à la rencontre de Laurence Hugues....

"Pas vu Maurice..." : note de lecture de Michèle Cléach

 

Note de lecture

Le livre a la taille d’un carnet, d’un très beau carnet dans lequel ont été délicatement déposés des traces de la vie de Marie consignées dans des carnets qu’elle a laissés derrière elle dans sa maison du Forez ; des traces de la vie de l’auteure, la voisine de Marie ; et les photos des carnets et de ses motifs, celles du village aussi, par le nouveau propriétaire de la maison de Marie.

Pas vu Maurice, c’est l’histoire d’une « vie minuscule ». L’histoire d’un lieu, et d’un monde oublié. Pas vu Maurice, ce sont deux écritures qui se répondent, s’interpénètrent, se révèlent l’une à l’autre.  C’est une écriture hybride. A la voix de Marie, à ses notations quotidiennes, va répondre la voix de l’auteure : ...

A Naples, via Crispi, on parle français

 

Un texte de Catherine Malard, avec le précieux concours de Béatrice Pinto et Alain Mauger, suite à sa visite à l'Institut Français de Naples en novembre 2019

Halte à « La Maison de France »

En passant par Naples, comment ne pas s’arrêter à l’Institut français, « Le Grénoble » des napolitains, cette « Maison de la France » née en 1919, superbe palais de style néo-classique, situé au 86 de la via Crispi dans le quartier Chiaia. A l’intérieur de ce palais, sont réunis différentes institutions : l’Ecole Française de Naples, L’Institut Français de Naples (IFN), le Centre Jean Bérard (Centre d’études archéologiques du CNRS), le Consulat Général de France, ainsi qu’une bibliothèque-médiathèque et une librairie. L’Institut (IFN) est chargé de développer des activités culturelles et linguistiques en portant une attention toute particulière à la francophonie. Depuis 1921, il est rattaché à l’Université de Grenoble, ce qui fait que, pour les napolitains, il demeure « Il Grenoble ».

Ecoutons ce que nous dit Alain Mauger, ancien directeur des cours : « Cette année, Le Grenoble célèbre son centenaire, c’est dire qu’il a su et sait encore résister au temps. L’Institut demeure indiscutablement une référence pour la vie culturelle des napolitains qui s’y invitent assidument pour participer aux nombreux événements proposés : conférences, débats d’idées, spectacles et autres vernissages » ...

« Un écrivain, jeunesse ou pas, doit chercher et trouver son propre style »

 

Un  entretien avec Bénédicte de Soos sur le site L'INVENTOIRE, le 14/11/2019

Bénédicte de Soos a animé un atelier d’écriture : « Ecrire pour la jeunesse » à Aleph à Paris. Elle a publié une vingtaine de livres pour les enfants et collaboré pendant 10 ans aux magazines de Bayard Presse Jeunes. L’Inventoire est allé la rencontrer pour qu’elle nous parle de son métier.

"L’Inventoire : Y a-t-il une spécificité de l’écriture jeunesse ?

Bénédicte de Soos : Je dirai oui et non. Oui pour les très jeunes enfants et ceux qui abordent seuls leurs premières lectures, vers 6/7 ans. Ils ont besoin de textes adaptés à leur âge, avec un seul thème, des phrases courtes, peu de personnages… Hormis ces contraintes il n’y a pas de réelle spécificité.

Les termes « littérature jeunesse » recouvrent un secteur économique, multiple, créatif, innovant. Mais on peut lire ces livres à tout âge et les adultes se régalent lorsqu’ils les lisent aux enfants. Ce qui laisse à penser qu’il n’y a pas d’écriture spécifique jeunesse. D’ailleurs, parlerait-on d’une écriture pour la vieillesse ?..."

Les histoires de vie, les récits de vie au Japon

 

Deux textes extraits du dossier de la revue brésilienne "Revista Brasileira de Pesquisa (Auto)biográfica" - Vol. 4, No 12 (2019)

1*- Les histoires de vie au Japon: trajet de vie, rencontres internationales et dynamiques collectives (Hervé Breton, Makoto Suemoto)
 

Résumé : Dans cet article présente l’entretien biographique entre Hervé Breton et Makoto Suemoto. Il s’est déroulé à l’Institut de Minatogawa, à Kobe le 31 juillet 2019, avec pour objectif de penser, au travers du récit de Makoto Suemoto, pionniers des histoires de vie et de la recherche biographique au Japon, d’historiciser le développement des approches narratives et biographiques dans les domaines des sciences de l’éducation, des pratiques d’éducation populaire et du développement communautaire au Japon

2*- Autoformation d’un village à Okinawa et changements de conscience collective: perspectives pour penser l’histoire de vie collective en formation (Makoto Suemoto)

Résumé : Dans cet article, l’auteur essaie d’approcher un des thèmes de l’éducation asiatique: la formation de l’individu qui vit dans la collectivité. Il le fait en analysant des changements de conscience collective au sein d’un lieu vécu en commun par les habitants d’un petit village au nord de l’île principale d’Okinawa après la seconde guerre mondiale. Ce village nommé « Village H » dans le cadre de cette étude est connu notamment à cause du projet national de construction des bases US qui a rendu nécessaire de remblayer les côtes de l’océan. Cela a provoqué des mouvements de résistance chez les populations locales des préfectures d’Okinawa qui durent encore aujourd’hui. Cependant la visée de l’étude n’est pas de traiter ce problème sur un pan politique mais de l’examiner à partir d’une perspective socio-culturelle et éducative. Les changements radicaux survenus dans le village H ont en effet un sens éducatif s’ils sont pensés comme le résultat d’une évolution des mœurs et des consciences collectives des villageois. Du point de vue de transactions proposées par Gaston Pineau et Marie-Michèle (1983) dans l’ouvrage “Produire sa vie. Autoformation et autobiographique”, la conscience collective d’un village est pensée comme une vie humaine dont le parcours peut être appréhendée de la même manière que celle d’une personne.

« Bleu piscine » de Pauline Guillerm. Deux points de vue sur un même drame

 

Après ACADIE-RESSAC, la pièce de théâtre BLEU PISCINE de Pauline Guillerm est publiée cette semaine chez Lansman Editeur. À l’occasion des Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre dont la pièce est lauréate 2019, nous avons rencontré l’autrice.

L’Inventoire : Vous avez publié il y a 6 mois ACADIE-RESSAC, écho océanique de votre retour en Bretagne après votre résidence canadienne. Cette fois, il est encore question d’eau ! Comment vous est venue l’idée de cette pièce ?

Pauline Guillerm : Bleu piscine, qui ne s’appelait d’ailleurs pas encore Bleu piscine – au tout début du projet, il n’y avait pas encore de piscine -est né au lendemain des attentats de Paris. Habitante d’un des quartiers touchés, j’ai été saisie par le changement de vie dans mon quartier et particulièrement sensible à la trajectoire de celles et ceux qui ont assisté « de l’extérieur » aux évènements parce qu’ils ont eu par exemple à couvrir les évènements, à annoncer, à surveiller, à balayer. Pour tous et toutes, il y a eu un avant et un après. J’ai eu envie de me rapprocher de ces personnes-là. Loin du drame et pourtant si proches. J’ai toujours été intéressée – déjà, dans ma pièce Les amis d’Agathe M., mais aussi dans mon travail de création à partir de différentes réalités sociales – par la trajectoire de vie des personnes qui se trouvent « à côté » des drames....

Au sila, une rentrée littéraire sous le signe du Hirak

 

Un article du quotidien LE MONDE, publié le 8/11/2019

L’événement culturel le plus important du pays est lui aussi inspiré par le mouvement de contestation que traverse le pays depuis le mois de février.

« Ce qui est génial, c’est de voir cette conscientisation accélérée chez les gens, et pas seulement à Alger ! Dans toutes les wilayas [préfectures] ». Au Salon international du livre d’Alger (SILA), un jeune militant est venu saluer Mohamed Anis Saidoun, 27 ans, en pleine dédicace d’un recueil qui publie une de ses nouvelles. Déjà primé, le jeune auteur y raconte l’histoire de deux militants algériens « blasés » par la paralysie des années Bouteflika, persuadés que rien ne bougerait, jusqu’à cette journée du 22 février, point de départ des manifestations contre le régime. Evénement culturel le plus important du pays, qui se tient jusqu’au 9 novembre à la Safex, le palais des expositions de la capitale, le SILA n’échappe pas au mouvement de contestation qui secoue l’Algérie depuis près de neuf mois...."

Une année terrible

 

Un article de Pierre Benetti, paru le 15 octobre 2019 dans EAN, à propos du livre "Dernière sommation"

"De novembre 2018 à juillet 2019, par des signalements en ligne intitulés « Allô Place Beauvau ? », le journaliste indépendant David Dufresne, « DavDuf » sur Twitter, a comptabilisé et décrit les violences policières commises lors des manifestations des Gilets jaunes en France. Il devient Étienne Dardel dans Dernière sommation, à la fois autoportrait d’un touche-à-tout punk, chronique de l’autoritarisme et récit d’une révolte..."

Portraits de femmes libres

 

Un article des "Liseuses de Bordeaux" paru le 30/10/2019 sur leur site.

Compte rendu d'une table ronde tenue lors du 15e édition du salon Lire en Poche de Gradignan (du 11 au 13 octobre 2019)

"Gaëlle Josse, Frédérique Deghelt et Emmanuelle Favier étaient les invitées de Lire en Poche pour une table ronde intitulée « Portraits de femmes libres ». Une rencontre passionnante racontée par Marie-France, une des modératrices.

Exofictions, biographies romancées, portraits sensibles abondent depuis quelques années dans la production littéraire. Dans cette catégorie de roman, la frontière entre réel et fiction est toujours un peu brouillée. Toutefois, une chose est sûre, la rencontre de l’auteur contemporain avec le personnage publique et plus ou moins célèbre dont il veut raconter – voire réinventer – l’histoire, ..."

"Filles de feu"

 

Recension par Jean-François Laé parue sur le site de La vie des idées - 28 octobre 2010, à propos du livre "Vagabondes voleuses vicieuses : Adolescentes sous contrôle de la Libération à la libération sexuelle" de Véronique Blanchard

On connaissait les garçons déviants, mais on ne savait rien des filles dont la justice des mineurs a voulu contrôler la sexualité. Le beau livre de Véronique Blanchard vient combler ce manque en suivant avec une grande sensibilité ces adolescentes des taudis aux centres d’observation.

L’archive judiciaire offre nécessairement un regard de haut. L’enfant et l’ouvrier, la femme et le peuple sont dos courbés sous des mots qui ne leur appartiennent pas. Comment se débarrasser de ces violents discours contre ces filles, de cette haine des femmes qui transpire de la justice des mineures ? Véronique Blanchard y parvient en plantant un décor préalable : la vie quotidienne et matérielle à Paris au sortir de la Seconde Guerre...

« Qu’est-ce que la photo a bien pu faire à mon texte ? »

 

Entretien avec Françoise Khoury, publié par L'INVENTOIRE - 21 octobre 2019

"Les écrivains utilisent aujourd’hui abondamment la photo. Les photographes et les plasticiens, inversement, mêlent textes et photographie. À l’occasion du nouvel atelier que Françoise Khoury va animer (à Aleph Ecriture), s’attachant à construire un projet aboutissant à une pré-maquette de livret photo-textuel, L’Inventoire est allé à sa rencontre, pour qu’elle nous parle de sa vision du rapport qu’entretiennent texte et l’image...."

Les effets de l’écriture de son récit de vie et de sa transmission

 

Retranscription abrégée de l'intervention de Michèle Cléach à la table ronde sur les " Transmissions familales et sociales ". Cette table ronde s'est déroulée lors des Journées de l’autobiographie de l'APA en juin 2019.

(cette intervention est parue dans la revue "La faute à Rousseau" de l'APA n°82-octobre 2019) 

 Intervenants de la table ronde : Michelle Cleach, Vincent de Gaulejac, Marie-Laure Las Vergnas, Mireille Podchlebnik, Véronique Leroux-Hugon (médiation)

 

Depuis de nombreuses années j’accompagne, soit dans des ateliers d’écriture, soit en individuel, des personnes qui souhaitent « écrire et transmettre leur histoire de vie » et qui se heurtent à la question du « comment l’écrire ? » : comment écrire cette vie que l‘on désire transmettre à ses enfants, ses petits-enfants, à la famille élargie et, pour certaines personnes, la publier et atteindre un plus large public.

Assez rapidement, les personnes témoignent des effets du dispositif d’accompagnement sur leur écriture. Mais elles témoignent aussi de la façon dont la question de la transmission, placée au cœur de leur projet, a pu le modifier sensiblement, comme cela a pu modifier leur rapport aux autres et à leur vie. Ainsi Dominique W. qui, d’octobre 2014 à juin 2016, a participé aux ateliers « écrire et transmettre son Histoire de vie » que j’anime au sein d’Aleph-Écriture » et que j’ai ensuite accompagnée individuellement pendant un an et demi, jusqu’à ce qu’elle considère que le texte était publiable.

De ce travail d’écriture, de sa publication (en autoédition) et de sa transmission à ses enfants et petits-enfants, à sa famille dispersée en France et à l’étranger ainsi qu’à ses amis, Dominique dit qu’elle n’en finit pas d’en voir les effets.

Avant octobre 2014, Dominique n’avait jamais participé à un atelier d’écriture. Mais depuis quelques années, après que sa fille lui avait dit : « maman, ta vie, tu devrais l’écrire », elle avait entrepris de faire, de façon chronologique, le récit de son histoire ; mais, disait-elle « ça ne va pas du tout, je n’y arrive pas. Je m’arrête, je reprends, je ne suis pas contente de moi ».

Dominique est une scientifique, elle a fait une carrière de chercheure au CNRS, dans un laboratoire de l’Institut Gustave Roussy à Villejuif. L’écriture n’est pas son domaine de prédilection. Née en 1938 « de parents juifs sans religion » selon sa propre expression, elle a vite été prise dans les tourments de la guerre et ne fut réellement scolarisée qu’à l’âge de 11 ans.

A la retraite, Dominique s’est cependant occupée du « patrimoine autobiographique » familial : après avoir organisé des expositions de l’œuvre picturale de son père, elle a retranscrit le journal tenu par son grand-père alors qu’il était brancardier pendant la guerre de 14 ainsi que les 400 lettres écrites à sa femme dans la même période, retranscriptions qui ont donné lieu à deux ouvrages auto-édités : Scènes de la vie des brancardiers, souvenirs de guerre et Ma chère Jeanne.

Mais retranscrire n’est pas écrire, et, s’agissant de sa propre histoire, Dominique se posait la question que se posent tous ceux qui s’y attellent : comment l’écrire ? Et plus précisément, comment écrire l’histoire d’une vie, inscrite dans l’Histoire avec une grande H comme disait Georges Perec ? Comment écrire les failles et les appuis sur lesquelles cette vie s’est construite ? Comment écrire la vie professionnelle et les engagements politiques et sociaux ? Comment écrire les maux d’une vie, la maladie bipolaire et le cancer, comment écrire ce qui ne savait pas se dire ?

A la question du « comment l’écrire », c’est du côté du travail de l’écriture, du travail de la langue que l’on trouve des réponses. Ecriture, lecture, réécriture : on tâtonne, on essaie, on fait et on défait, on organise et on réorganise, on interroge « l’objet » produit jusqu’à ce qu’on en soit satisfait. Et, ce faisant, on constate vite que le travail de l’écriture agit bien au-delà de l’écriture elle-même : « En retravaillant un texte, c’est aussi sur ses émotions et sur sa pensée que l’on travaille. Ces superlatifs dont on use à profusion (tendance au mélo, peut-être ?), ce ton revanchard (écris-tu pour te justifier ou pour régler tes comptes ?), cette tendance à vouloir embellir la réalité, à trop expliquer, ou pas assez (ce que tu tais, cette rupture, ce silence entre les lignes), l’incohérence de tel personnage, les lacunes dans la structure du récit, etc. À travers la recherche du mot et de l’image justes, du ton juste, en tentant de réorganiser ou de clarifier les idées et les phrases, on approfondit notre rapport au langage et notre sens du discernement. » écrit Marité Villeneuve[1], auteure québécoise, animatrice d’ateliers d’écriture et d’histoire de vie.

Sur ce travail qu’elle avait engagé, Dominique, elle, a écrit :

MAMAN TA VIE....m'a dit ma fille.

    … En 2011, je me suis lancée. Le travail … s’est interrompu à plusieurs reprises, en fonction de pannes techniques ou de mes différents états d'âme.

    Il est question d'une femme, orpheline de mère, de guerre et ayant des difficultés à construire sa vie.    /…/

Souvent au milieu de la nuit des souvenirs oubliés, remontent à la surface. De peur qu'ils m’échappent, je me lève précipitamment et me dirige fiévreusement vers mon ordinateur ce qui rend mes nuits un peu trop courtes. …

 Conformément à ma formation scientifique, la première version de mon texte se présentait selon un ordre chronologique rigide. Actuellement j’écris au plus près de mes émotions. J’ai même découvert comment jouer avec l'humour, y compris dans le cas de situations tragiques.

    Enfin, Je parviens à aborder des périodes importantes de ma vie que précédemment, je ne pouvais pas formuler, et ce n'est sans doute pas un hasard si j'ai accompli un devoir de mémoire en me rendant à Auschwitz pendant la période des ateliers d'écriture. J’avais jusque-là repoussé l'idée d'une telle démarche.

Dominique évoque également un autre effet de ce travail d’écriture : « je me suis mise à lire alors que je lisais peu ».  Elle dit aussi que, ce qui lui a permis d’écrire cette histoire qu’elle n’avait pas réussi à écrire seule, ce fut d’abord l’abandon de l’écriture chronologique, l’avancée progressive par de multiples entrées dans son histoire, et, dit-elle, « ça a été important d’apprendre à écrire au plus près de mes sentiments et de mes émotions ».

Quant à la recherche de documentation, papiers et photos, elle l’a en partie effectuée avec ses petits-fils :  ça les a beaucoup amusés dit-elle et j’ai retrouvé des choses incroyables.

 

[1] Des pas sur la page, l’écriture comme un chemin, Editions Fides, Québec, 2007

Steinbeck, deux mille mots par jours

 

Un article de Liliane Kerjan paru le 26 février 2019 sur le site EN ATTENDANT NADEAU,  à propos du livre "Jours de travail." de John Steinbeck.

"Le carnet de bord de John Steinbeck, tenu au cours des années 1938-1941, offre un commentaire inédit des Raisins de la colère. Document précis et précieux, Jours de travail livre la fabrique du roman au fur et à mesure que s’élaborent méthodiquement la forme et le sens de ce chef-d’œuvre de la littérature américaine...."

Tahar Ben Jelloun parle du livre « Mur Méditerranée » de L. Ph. Dalembert

 

Une chronique parue dans "Le Point" du  17/08/2019 à propos du livre "Mur Méditerranée" de Louis-Philippe Dalembert

"Dalembert raconte de manière poignante le drame des migrants qui se noient en Méditerranée. Depuis l'an 2000, 22 000 migrants ont péri en Méditerranée. En avril 2015, il y eut 1 100 disparus dans cette mer difficile à contrôler. Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) a relevé que c'est « une hécatombe jamais vue en Méditerranée ». Elle ne sera pas la dernière, hélas. La tragédie de la migration clandestine n'a pas cessé. Elle continue. Ni la brutalité des passeurs, horribles trafiquants d'êtres humains, ni la mort ne découragent ces milliers de candidats à l'exil vers l'Europe. La plupart d'entre eux se font dépouiller puis jeter à la mer..."

 

«MARTIN EDEN», LUTTE TRÈS CLASSE

 

Un article à propos du film "MARTIN EDEN" de Pietro Marcello, paru le 15 octobre 2019 dans LIBERATION

Transposant le roman de Jack London dans l’effervescence sociale du XXe siècle à Naples, Pietro Marcello réussit une adaptation audacieuse autour de l’histoire d’un gâchis, celui d’un marin qui, s’acharnant à devenir écrivain, finit par trahir ses origines.

Quelle ambition, d’adapter Martin Eden au cinéma ! Le roman de Jack London, dont la brûlure s’avive encore, on le parierait, au cœur de chacun de ses lecteurs, est un splendide récit d’émancipation et de désillusion, le devenir écrivain d’un jeune matelot de San Francisco au début du XXe siècle. Paru en 1909, il ...

“1939, un dernier été”, quand les Français se filmaient juste avant la guerre

 

Un entretien avec Ruth Zylberman. Paru dans TELERAMA le 30 mai 2019 à propos du  film-documentaire "1939, un dernier été".

Eté 1939. La menace de guerre se précise. Pour le moment, les Français sont en vacances, vivent, certains se filment… Compilant images d’amateurs et témoignages, Ruth Zylberman montre de façon subtile comment la grande histoire infuse l’intime et le quotidien dans “1939, un dernier été”, diffusé sur France 3. ...

 

Le documentaire diffusé par France 3

En France, l’été 1939 a été la dernière période calme avant les déflagrations de la Seconde Guerre mondiale. Cet état d’esprit plein de quiétude se retrouve à travers les journaux intimes, les lettres et les images d'amateurs de de cette époque. On fêtait alors les 150 ans de la Révolution française, et les films à l’affiche étaient «La Chevauchée fantastique» de John Ford et «La Règle du jeu» de Jean Renoir. A l’aide de témoignages privés et d’archives visuelles, le documentaire replonge dans ces quelques mois qui précèdent la tempête.

Corinne Bacharach nous parle du film "Papicha"

 

Corinne Bacharach nous parle du film "PAPICHA" (chronique reproduite ici avec l'aimable autorisation de l'auteure)

Qu’est-ce qu’une Papicha ? Dans le vocabulaire algérois, papicha désigne une jeune femme drôle, jolie, libérée. Mounia Medour met en scène, dans son premier film de fiction, une bande de papicha, une bande de filles dans l’Algérie des années 90, période qualifiée de « décennie noire » ou de guerre civile algérienne, pendant laquelle le mouvement islamiste algérien, mené d’abord par le FIS (Frot Islamiste du Salut), tente d’imposer ses lois et ses valeurs.

Le film s’ouvre sur une scène fondatrice : Nedjma et son amie Wassila s’échappent à la nuit de leur cité universitaire pour s’engouffrer dans le taxi qui les attend. Les étudiantes sages, en jogging, opèrent alors dans la voiture leurs mues en « belles meufs », enfilant des robes scintillantes, maquillant leurs yeux et leurs bouches, fumant des cigarettes. Elles passent miraculeusement à travers un barrage de police grâce aux voiles dont elles recouvrent rapidement leurs cheveux. Le décor est planté : il faut transgresser les limites pour pouvoir être une jeune fille libre dans ce pays, à cette période.

La fin de l’insouciance est le thème de ce film qui met le corps des femmes au centre de son propos. ...

"Jean-Luc Coatalem en quête d'aïeul"

  Un entretien avec Jean-Luc Coatalem à propos de son livre "La part du fils". Entretien paru dans L'ORIERNT LITTERAIRE - octobre 2019 L'écrivain français dévoile un secret de famille : l'arrestation et la déportation de son grand-père, durant la Seconde Guerre mondiale. À mi-chemin entre le roman et le récit, son nouveau livre est tout autant un hommage au courage de générations disparues qu'une réflexion sur le silence.

Modiano, du temps perdu au temps révélé

  Une note de lecture à propos du livre de Patrick Modiano "Encre sympathique" (parue dans L'ORIENT LITTERAIRE" - octobre 2019)  Depuis La Place de l’étoile paru il y a 50 ans aux éditions Galimard jusqu’à Encre sympathique, son dernier opus, Patrick Modiano aura traqué tout au long de sa vie d’écrivain « les fantômes du passé ». Une existence est quelque chose de fragile. Mais peut-être est-ce l’art et le temps qui permettent d’en révéler la grandeur. Dans Encre sympathique, court roman d’à peine 130 pages, notre prix Nobel de littérature touche à la quintessence de son art...

Luc Lang et la fin des paysages

  Entretien avec Luc Lang réalisé par Georgia Makhlouf (Octobre 2019 - L'Orient littéraire)  Romancier et essayiste, Luc Lang enseigne l’esthétique à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris-Cergy. Il est l’auteur d’une douzaine de romans et il a été récompensé par le Prix Goncourt des lycéens en 1998 pour son roman Mille six cents ventres. Par ailleurs Lang, qui est également un théoricien de l’art, est l’auteur de monographies d’artistes et de textes d’esthétique sur l’art contemporain, l’architecture et la littérature.  L'intérêt que porte Luc Lang à la création artistique nourrit une œuvre romanesque exigeante portée par une écriture somptueuse et l’amène à se renouveler constamment. Écrivain aussi discret qu’audacieux, tant sur la forme que sur le fond, il s’est lancé dans de singulières entreprises littéraires telles que de réécrire deux de ses livres, de la même manière que les grands maîtres reprenaient leurs tableaux. Il a également écrit un roman shakespearien, Mille six cents ventres, et joué avec les codes de la tragédie grecque dans Furies. Son précédent roman Au commencement du septième jour a été sélectionné pour le Prix Goncourt 2016 et il vient de publier La Tentation, magnifique histoire familiale marquée par la folie, la violence et la trahison. Lang occupe une place à part dans la littérature française contemporaine, qu’il juge par ailleurs trop cérébrale, trop théorisante. Il lui préfère la littérature américaine, ses grands espaces, sa matérialité. Rien d’étonnant puisqu’il est lui-même un grand écrivain des paysages et que pour construire ses personnages, il met de côté la psychologie pour se concentrer sur les métiers, sur la matérialité du faire, décrit avec une grande précision des gestes et des outils. Retour sur son « atelier » d’écrivain dans cet entretien plein de passion.