Notes, Articles, Entretiens

Notes de lecture, ARTICLES, interviews, PRESSE ...

 

Des articles de membres de l'association ou de personnes extérieures. Des interviews, des entretiens. Ils sont présentés dans l'ordre de réception du plus récent au plus ancien.

Ces textes sont donc toujours personnels et ne reflètent pas "la pensée" de l'association. 

Vous voulez présenter un livre que vous avez aimé ou voire détesté, vous voulez réagir à une note de lecture, vous pouvez envoyer votre texte à cette adresse webmaster@ledireetlecrire.com.  

 

Notes de lecture de notre équipe en tirés à part 

 

Lettre à mes amis libanais

 

Après son séjour à Beyrouth, en novembre 2019, Catherine Malard nous fait part de sa découverte du "nouveau" Liban qui émerge sous nos yeux. (Lettre du 6 décembre 2019)

"Vous m’aviez conviée au Salon du livre francophone mais à cause des « évènements », le Salon fut annulé. Etrange comme vous reprenez cette expression qui, de 1975 à 1990, recouvrait la tragédie de la guerre civile. Les gens de ma génération comme les plus âgés l’ont encore en mémoire, nous Français si liés à votre pays par les liens de l’histoire. Maintenant, vous dites de nouveau « les évènements » pour nommer la révolte sans précédent qui galope du nord au sud, ponctuée de « thaoura - thaoura » (1), l’exaltante formule que scandent des milliers de Libanais de Tripoli jusqu’à Tyr, de Baalbek jusqu’à Nabatiyeh, en passant par Zahlé. « Il y a mieux que le Salon du livre, le Salon de la révolution bat son plein dans les rues. On file place des Martyrs » (2), lance Elias, à ma descente d’avion, samedi 9 novembre.

Depuis 1992 que je fréquente le Liban pour des missions de formation à l’Université, je n’avais jamais entendu vos langues se délier à ce point. Jamais vous n’avez parlé comme vous le faites actuellement, "

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1) Révolution 

(2) Une des places du centre ville de Beyrouth avec la place Riad Al Solh, proches du Sérail (siège du parlement)  

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à propos du livre "Faux passeports", note de Pierre Ahnne

 

Un article de Pierre Ahnne paru le 7 décembre 2019 sur son blog. Reproduit ici avec son aimable autorisation.

"Voilà un livre, et, peut-être, de plus d’une manière, d’un autre temps. Et c’est ce qui en fait, pour une part, l’intérêt. En octobre 1917, Charles Plisnier a 23 ans. Son enthousiasme fait de ce jeune juriste belge un avocat dévoué à la cause du communisme, doublé d’un « agitateur » (il le dit lui-même) : militantisme effréné et quelques missions dangereuses, à la grande époque du Komintern. Puis, c’est l’exclusion, pour trotskisme, au congrès d’Anvers, en 1928. Dans une œuvre, semble-t-il, bien de son temps (Mariages, Meurtres, La Beauté des laides…), Faux passeports, prix Goncourt 1937, tranche. Pour étoffer et unifier ce qui ressemblait trop à un recueil de nouvelles, l’auteur, à la demande de son éditeur (Buchet-Chastel-Corréa), y ajoute le chapitre final, Iégor, où il évoque Anvers, le conflit entre staliniens et trotskistes, les procès de Moscou, et cet « héroïsme du déshonneur » qui poussait les accusés à s’inventer des crimes parce que le Parti le voulait...."

entretietien avec Sylvain Prudhomme à propos de son ivre "Par les routes"

 

Entretien réalisé par Georgia Makhlouf pour 'L'Orient Littéraire" n° 162 - décembre 2019, avec Sylvain Prudhomme à propos de son ivre "Par les routes" 

Son dernier roman Par les routes vient d’obtenir le prestigieux Prix Femina, après avoir également été récompensé par le Prix Landernau des lecteurs et le Prix Summer de la fête du livre de Bron. Beau triplé pour Sylvain Prudhomme qui avait déjà été récompensé par le Prix Louis-Guilloux en 2012 pour Là, avait dit Bahi, le Prix littéraire de la Porte dorée en 2014 pour Les Grands, le Prix Révélation de la SGDL et le Prix François-Billetdoux en 2016 pour Légende. 

Quand l’Histoire devient personnelle

 

Un article paru dans "EN ATTENDANT NADEAU" (22/11/2019) à propos du livre de Pierre Birnbaum "La leçon de Vichy. Une histoire personnelle"

Parmi les nombreux témoignages, toujours émouvants, d’enfants juifs qui ont vécu cachés durant la Seconde Guerre mondiale, le récit de Pierre Birnbaum détonne. Voici un professeur émérite de la Sorbonne, auteur prolifique d’ouvrages et d’articles d’histoire et de sociologie politique, un érudit dont on n’a pas l’habitude de lire des confidences privées, qui se livre à une « introspection historienne » sur son enfance sous le régime de Vichy et la période qui a suivi. Elle aboutit à une découverte de son propre refoulement du sujet dans ses recherches, une prise de conscience qu’une longue psychanalyse n’avait su mettre au jour.

Reprendre la littérature

 

Un article, par Tiphaine Samoyault, paru sur le site EN ATTENDANT NADEAU le 20 octobre 2019, à propos de l'oeuvre de Denis Roche

Il est difficile de faire entendre aujourd’hui la radicalité de l’œuvre de Denis Roche. Écrivain, photographe, poète et traducteur, il ne déliait pas ses différentes pratiques, sauf quand il le décidait. Depuis sa mort en 2015, ce n’est pas son œuvre qui nous manque — elle est là, incontestable et toujours surprenante —, c’est notre époque qui n’en prend pas la juste mesure. Est-ce parce qu’il a consacré une grande partie de son travail à l’éphémère et à la disparition ? ...

écriture inclusive : le point de vue d'Eliane Viennot

 

Deux articles parus sur le site 50/50 (le magazine de l'égalité femmes / hommes)

L'auteure :

Eliane Viennot est professeuse émérite de littérature de la Renaissance, historienne spécialiste des relations de pouvoir entre les sexes en France. Elle fut l’une des fondatrices de l’Institut Emilie du Châtelet. Militante féministe depuis les années 1970, elle a milité au MLAC, pour la parité, et pour l’institutionalisation des études féministes (ou «de genre»). Elle est l’une de celles qui, en France, a le plus contribué à sortir de l’ombre des mots qui existaient au Moyen-Age, à mettre en lumière les femmes grâce à l’écriture inclusive.

Entretien avec l'auteure de « Pas vu Maurice, chroniques de l’infraordinaire »

 

Entretien de Michèle Cléach avec l’auteure Laurence Hugues (26 novembre 2019)

Le livre a paru pendant l’été. Pas vraiment la bonne période pour espérer que les journalistes littéraires et autres medias s’y intéressent. Et pourtant … Depuis la rentrée, Pas vu Maurice, chroniques de l’infraordinaire, a été l’objet d’une chronique sur France Culture, d’un article dans La Montagne et de plusieurs recensions sur le Net. Le 3 décembre prochain, Laurence Hugues en fera une lecture à la Maison de la poésie.

Pas vu Maurice, c’est un objet littéraire parfaitement identifié : un texte de Laurence Hugues (et de Marie) et des photos de Claude Benoit à La Guillaume.  Publié aux éditions Creaphis, il tient dans une seule main. Il raconte, à travers ses carnets, la vie de Marie dans sa maison du Forez, pas loin de Noirétable, il raconte la vie du village quand la narratrice était enfant et la vie d’aujourd’hui. Il donne à voir des pages des carnets de Marie, les paysages et quelques « motifs » de sa vie et à la voix de Marie se mêle la voix de l’auteure qui, depuis l’installation de sa mère dans le Forez dans le mouvement du retour à la terre des années 70, a été la voisine de Marie.

La lecture de « Pas vu Maurice » nous a donné envie d’aller à la rencontre de Laurence Hugues....

"Pas vu Maurice..." : note de lecture de Michèle Cléach

 

Note de lecture

Le livre a la taille d’un carnet, d’un très beau carnet dans lequel ont été délicatement déposés des traces de la vie de Marie consignées dans des carnets qu’elle a laissés derrière elle dans sa maison du Forez ; des traces de la vie de l’auteure, la voisine de Marie ; et les photos des carnets et de ses motifs, celles du village aussi, par le nouveau propriétaire de la maison de Marie.

Pas vu Maurice, c’est l’histoire d’une « vie minuscule ». L’histoire d’un lieu, et d’un monde oublié. Pas vu Maurice, ce sont deux écritures qui se répondent, s’interpénètrent, se révèlent l’une à l’autre.  C’est une écriture hybride. A la voix de Marie, à ses notations quotidiennes, va répondre la voix de l’auteure : ...

A Naples, via Crispi, on parle français

 

Un texte de Catherine Malard, avec le précieux concours de Béatrice Pinto et Alain Mauger, suite à sa visite à l'Institut Français de Naples en novembre 2019

Halte à « La Maison de France »

En passant par Naples, comment ne pas s’arrêter à l’Institut français, « Le Grénoble » des napolitains, cette « Maison de la France » née en 1919, superbe palais de style néo-classique, situé au 86 de la via Crispi dans le quartier Chiaia. A l’intérieur de ce palais, sont réunis différentes institutions : l’Ecole Française de Naples, L’Institut Français de Naples (IFN), le Centre Jean Bérard (Centre d’études archéologiques du CNRS), le Consulat Général de France, ainsi qu’une bibliothèque-médiathèque et une librairie. L’Institut (IFN) est chargé de développer des activités culturelles et linguistiques en portant une attention toute particulière à la francophonie. Depuis 1921, il est rattaché à l’Université de Grenoble, ce qui fait que, pour les napolitains, il demeure « Il Grenoble ».

Ecoutons ce que nous dit Alain Mauger, ancien directeur des cours : « Cette année, Le Grenoble célèbre son centenaire, c’est dire qu’il a su et sait encore résister au temps. L’Institut demeure indiscutablement une référence pour la vie culturelle des napolitains qui s’y invitent assidument pour participer aux nombreux événements proposés : conférences, débats d’idées, spectacles et autres vernissages » ...

« Un écrivain, jeunesse ou pas, doit chercher et trouver son propre style »

 

Un  entretien avec Bénédicte de Soos sur le site L'INVENTOIRE, le 14/11/2019

Bénédicte de Soos a animé un atelier d’écriture : « Ecrire pour la jeunesse » à Aleph à Paris. Elle a publié une vingtaine de livres pour les enfants et collaboré pendant 10 ans aux magazines de Bayard Presse Jeunes. L’Inventoire est allé la rencontrer pour qu’elle nous parle de son métier.

"L’Inventoire : Y a-t-il une spécificité de l’écriture jeunesse ?

Bénédicte de Soos : Je dirai oui et non. Oui pour les très jeunes enfants et ceux qui abordent seuls leurs premières lectures, vers 6/7 ans. Ils ont besoin de textes adaptés à leur âge, avec un seul thème, des phrases courtes, peu de personnages… Hormis ces contraintes il n’y a pas de réelle spécificité.

Les termes « littérature jeunesse » recouvrent un secteur économique, multiple, créatif, innovant. Mais on peut lire ces livres à tout âge et les adultes se régalent lorsqu’ils les lisent aux enfants. Ce qui laisse à penser qu’il n’y a pas d’écriture spécifique jeunesse. D’ailleurs, parlerait-on d’une écriture pour la vieillesse ?..."

Les histoires de vie, les récits de vie au Japon

 

Deux textes extraits du dossier de la revue brésilienne "Revista Brasileira de Pesquisa (Auto)biográfica" - Vol. 4, No 12 (2019)

1*- Les histoires de vie au Japon: trajet de vie, rencontres internationales et dynamiques collectives (Hervé Breton, Makoto Suemoto)
 

Résumé : Dans cet article présente l’entretien biographique entre Hervé Breton et Makoto Suemoto. Il s’est déroulé à l’Institut de Minatogawa, à Kobe le 31 juillet 2019, avec pour objectif de penser, au travers du récit de Makoto Suemoto, pionniers des histoires de vie et de la recherche biographique au Japon, d’historiciser le développement des approches narratives et biographiques dans les domaines des sciences de l’éducation, des pratiques d’éducation populaire et du développement communautaire au Japon

2*- Autoformation d’un village à Okinawa et changements de conscience collective: perspectives pour penser l’histoire de vie collective en formation (Makoto Suemoto)

Résumé : Dans cet article, l’auteur essaie d’approcher un des thèmes de l’éducation asiatique: la formation de l’individu qui vit dans la collectivité. Il le fait en analysant des changements de conscience collective au sein d’un lieu vécu en commun par les habitants d’un petit village au nord de l’île principale d’Okinawa après la seconde guerre mondiale. Ce village nommé « Village H » dans le cadre de cette étude est connu notamment à cause du projet national de construction des bases US qui a rendu nécessaire de remblayer les côtes de l’océan. Cela a provoqué des mouvements de résistance chez les populations locales des préfectures d’Okinawa qui durent encore aujourd’hui. Cependant la visée de l’étude n’est pas de traiter ce problème sur un pan politique mais de l’examiner à partir d’une perspective socio-culturelle et éducative. Les changements radicaux survenus dans le village H ont en effet un sens éducatif s’ils sont pensés comme le résultat d’une évolution des mœurs et des consciences collectives des villageois. Du point de vue de transactions proposées par Gaston Pineau et Marie-Michèle (1983) dans l’ouvrage “Produire sa vie. Autoformation et autobiographique”, la conscience collective d’un village est pensée comme une vie humaine dont le parcours peut être appréhendée de la même manière que celle d’une personne.

« Bleu piscine » de Pauline Guillerm. Deux points de vue sur un même drame

 

Après ACADIE-RESSAC, la pièce de théâtre BLEU PISCINE de Pauline Guillerm est publiée cette semaine chez Lansman Editeur. À l’occasion des Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre dont la pièce est lauréate 2019, nous avons rencontré l’autrice.

L’Inventoire : Vous avez publié il y a 6 mois ACADIE-RESSAC, écho océanique de votre retour en Bretagne après votre résidence canadienne. Cette fois, il est encore question d’eau ! Comment vous est venue l’idée de cette pièce ?

Pauline Guillerm : Bleu piscine, qui ne s’appelait d’ailleurs pas encore Bleu piscine – au tout début du projet, il n’y avait pas encore de piscine -est né au lendemain des attentats de Paris. Habitante d’un des quartiers touchés, j’ai été saisie par le changement de vie dans mon quartier et particulièrement sensible à la trajectoire de celles et ceux qui ont assisté « de l’extérieur » aux évènements parce qu’ils ont eu par exemple à couvrir les évènements, à annoncer, à surveiller, à balayer. Pour tous et toutes, il y a eu un avant et un après. J’ai eu envie de me rapprocher de ces personnes-là. Loin du drame et pourtant si proches. J’ai toujours été intéressée – déjà, dans ma pièce Les amis d’Agathe M., mais aussi dans mon travail de création à partir de différentes réalités sociales – par la trajectoire de vie des personnes qui se trouvent « à côté » des drames....

Au sila, une rentrée littéraire sous le signe du Hirak

 

Un article du quotidien LE MONDE, publié le 8/11/2019

L’événement culturel le plus important du pays est lui aussi inspiré par le mouvement de contestation que traverse le pays depuis le mois de février.

« Ce qui est génial, c’est de voir cette conscientisation accélérée chez les gens, et pas seulement à Alger ! Dans toutes les wilayas [préfectures] ». Au Salon international du livre d’Alger (SILA), un jeune militant est venu saluer Mohamed Anis Saidoun, 27 ans, en pleine dédicace d’un recueil qui publie une de ses nouvelles. Déjà primé, le jeune auteur y raconte l’histoire de deux militants algériens « blasés » par la paralysie des années Bouteflika, persuadés que rien ne bougerait, jusqu’à cette journée du 22 février, point de départ des manifestations contre le régime. Evénement culturel le plus important du pays, qui se tient jusqu’au 9 novembre à la Safex, le palais des expositions de la capitale, le SILA n’échappe pas au mouvement de contestation qui secoue l’Algérie depuis près de neuf mois...."

Une année terrible

 

Un article de Pierre Benetti, paru le 15 octobre 2019 dans EAN, à propos du livre "Dernière sommation"

"De novembre 2018 à juillet 2019, par des signalements en ligne intitulés « Allô Place Beauvau ? », le journaliste indépendant David Dufresne, « DavDuf » sur Twitter, a comptabilisé et décrit les violences policières commises lors des manifestations des Gilets jaunes en France. Il devient Étienne Dardel dans Dernière sommation, à la fois autoportrait d’un touche-à-tout punk, chronique de l’autoritarisme et récit d’une révolte..."

Portraits de femmes libres

 

Un article des "Liseuses de Bordeaux" paru le 30/10/2019 sur leur site.

Compte rendu d'une table ronde tenue lors du 15e édition du salon Lire en Poche de Gradignan (du 11 au 13 octobre 2019)

"Gaëlle Josse, Frédérique Deghelt et Emmanuelle Favier étaient les invitées de Lire en Poche pour une table ronde intitulée « Portraits de femmes libres ». Une rencontre passionnante racontée par Marie-France, une des modératrices.

Exofictions, biographies romancées, portraits sensibles abondent depuis quelques années dans la production littéraire. Dans cette catégorie de roman, la frontière entre réel et fiction est toujours un peu brouillée. Toutefois, une chose est sûre, la rencontre de l’auteur contemporain avec le personnage publique et plus ou moins célèbre dont il veut raconter – voire réinventer – l’histoire, ..."

"Filles de feu"

 

Recension par Jean-François Laé parue sur le site de La vie des idées - 28 octobre 2010, à propos du livre "Vagabondes voleuses vicieuses : Adolescentes sous contrôle de la Libération à la libération sexuelle" de Véronique Blanchard

On connaissait les garçons déviants, mais on ne savait rien des filles dont la justice des mineurs a voulu contrôler la sexualité. Le beau livre de Véronique Blanchard vient combler ce manque en suivant avec une grande sensibilité ces adolescentes des taudis aux centres d’observation.

L’archive judiciaire offre nécessairement un regard de haut. L’enfant et l’ouvrier, la femme et le peuple sont dos courbés sous des mots qui ne leur appartiennent pas. Comment se débarrasser de ces violents discours contre ces filles, de cette haine des femmes qui transpire de la justice des mineures ? Véronique Blanchard y parvient en plantant un décor préalable : la vie quotidienne et matérielle à Paris au sortir de la Seconde Guerre...

« Qu’est-ce que la photo a bien pu faire à mon texte ? »

 

Entretien avec Françoise Khoury, publié par L'INVENTOIRE - 21 octobre 2019

"Les écrivains utilisent aujourd’hui abondamment la photo. Les photographes et les plasticiens, inversement, mêlent textes et photographie. À l’occasion du nouvel atelier que Françoise Khoury va animer (à Aleph Ecriture), s’attachant à construire un projet aboutissant à une pré-maquette de livret photo-textuel, L’Inventoire est allé à sa rencontre, pour qu’elle nous parle de sa vision du rapport qu’entretiennent texte et l’image...."

Les effets de l’écriture de son récit de vie et de sa transmission

 

Retranscription abrégée de l'intervention de Michèle Cléach à la table ronde sur les " Transmissions familales et sociales ". Cette table ronde s'est déroulée lors des Journées de l’autobiographie de l'APA en juin 2019.

(cette intervention est parue dans la revue "La faute à Rousseau" de l'APA n°82-octobre 2019) 

 Intervenants de la table ronde : Michelle Cleach, Vincent de Gaulejac, Marie-Laure Las Vergnas, Mireille Podchlebnik, Véronique Leroux-Hugon (médiation)

 

Depuis de nombreuses années j’accompagne, soit dans des ateliers d’écriture, soit en individuel, des personnes qui souhaitent « écrire et transmettre leur histoire de vie » et qui se heurtent à la question du « comment l’écrire ? » : comment écrire cette vie que l‘on désire transmettre à ses enfants, ses petits-enfants, à la famille élargie et, pour certaines personnes, la publier et atteindre un plus large public.

Assez rapidement, les personnes témoignent des effets du dispositif d’accompagnement sur leur écriture. Mais elles témoignent aussi de la façon dont la question de la transmission, placée au cœur de leur projet, a pu le modifier sensiblement, comme cela a pu modifier leur rapport aux autres et à leur vie. Ainsi Dominique W. qui, d’octobre 2014 à juin 2016, a participé aux ateliers « écrire et transmettre son Histoire de vie » que j’anime au sein d’Aleph-Écriture » et que j’ai ensuite accompagnée individuellement pendant un an et demi, jusqu’à ce qu’elle considère que le texte était publiable.

De ce travail d’écriture, de sa publication (en autoédition) et de sa transmission à ses enfants et petits-enfants, à sa famille dispersée en France et à l’étranger ainsi qu’à ses amis, Dominique dit qu’elle n’en finit pas d’en voir les effets.

Avant octobre 2014, Dominique n’avait jamais participé à un atelier d’écriture. Mais depuis quelques années, après que sa fille lui avait dit : « maman, ta vie, tu devrais l’écrire », elle avait entrepris de faire, de façon chronologique, le récit de son histoire ; mais, disait-elle « ça ne va pas du tout, je n’y arrive pas. Je m’arrête, je reprends, je ne suis pas contente de moi ».

Dominique est une scientifique, elle a fait une carrière de chercheure au CNRS, dans un laboratoire de l’Institut Gustave Roussy à Villejuif. L’écriture n’est pas son domaine de prédilection. Née en 1938 « de parents juifs sans religion » selon sa propre expression, elle a vite été prise dans les tourments de la guerre et ne fut réellement scolarisée qu’à l’âge de 11 ans.

A la retraite, Dominique s’est cependant occupée du « patrimoine autobiographique » familial : après avoir organisé des expositions de l’œuvre picturale de son père, elle a retranscrit le journal tenu par son grand-père alors qu’il était brancardier pendant la guerre de 14 ainsi que les 400 lettres écrites à sa femme dans la même période, retranscriptions qui ont donné lieu à deux ouvrages auto-édités : Scènes de la vie des brancardiers, souvenirs de guerre et Ma chère Jeanne.

Mais retranscrire n’est pas écrire, et, s’agissant de sa propre histoire, Dominique se posait la question que se posent tous ceux qui s’y attellent : comment l’écrire ? Et plus précisément, comment écrire l’histoire d’une vie, inscrite dans l’Histoire avec une grande H comme disait Georges Perec ? Comment écrire les failles et les appuis sur lesquelles cette vie s’est construite ? Comment écrire la vie professionnelle et les engagements politiques et sociaux ? Comment écrire les maux d’une vie, la maladie bipolaire et le cancer, comment écrire ce qui ne savait pas se dire ?

A la question du « comment l’écrire », c’est du côté du travail de l’écriture, du travail de la langue que l’on trouve des réponses. Ecriture, lecture, réécriture : on tâtonne, on essaie, on fait et on défait, on organise et on réorganise, on interroge « l’objet » produit jusqu’à ce qu’on en soit satisfait. Et, ce faisant, on constate vite que le travail de l’écriture agit bien au-delà de l’écriture elle-même : « En retravaillant un texte, c’est aussi sur ses émotions et sur sa pensée que l’on travaille. Ces superlatifs dont on use à profusion (tendance au mélo, peut-être ?), ce ton revanchard (écris-tu pour te justifier ou pour régler tes comptes ?), cette tendance à vouloir embellir la réalité, à trop expliquer, ou pas assez (ce que tu tais, cette rupture, ce silence entre les lignes), l’incohérence de tel personnage, les lacunes dans la structure du récit, etc. À travers la recherche du mot et de l’image justes, du ton juste, en tentant de réorganiser ou de clarifier les idées et les phrases, on approfondit notre rapport au langage et notre sens du discernement. » écrit Marité Villeneuve[1], auteure québécoise, animatrice d’ateliers d’écriture et d’histoire de vie.

Sur ce travail qu’elle avait engagé, Dominique, elle, a écrit :

MAMAN TA VIE....m'a dit ma fille.

    … En 2011, je me suis lancée. Le travail … s’est interrompu à plusieurs reprises, en fonction de pannes techniques ou de mes différents états d'âme.

    Il est question d'une femme, orpheline de mère, de guerre et ayant des difficultés à construire sa vie.    /…/

Souvent au milieu de la nuit des souvenirs oubliés, remontent à la surface. De peur qu'ils m’échappent, je me lève précipitamment et me dirige fiévreusement vers mon ordinateur ce qui rend mes nuits un peu trop courtes. …

 Conformément à ma formation scientifique, la première version de mon texte se présentait selon un ordre chronologique rigide. Actuellement j’écris au plus près de mes émotions. J’ai même découvert comment jouer avec l'humour, y compris dans le cas de situations tragiques.

    Enfin, Je parviens à aborder des périodes importantes de ma vie que précédemment, je ne pouvais pas formuler, et ce n'est sans doute pas un hasard si j'ai accompli un devoir de mémoire en me rendant à Auschwitz pendant la période des ateliers d'écriture. J’avais jusque-là repoussé l'idée d'une telle démarche.

Dominique évoque également un autre effet de ce travail d’écriture : « je me suis mise à lire alors que je lisais peu ».  Elle dit aussi que, ce qui lui a permis d’écrire cette histoire qu’elle n’avait pas réussi à écrire seule, ce fut d’abord l’abandon de l’écriture chronologique, l’avancée progressive par de multiples entrées dans son histoire, et, dit-elle, « ça a été important d’apprendre à écrire au plus près de mes sentiments et de mes émotions ».

Quant à la recherche de documentation, papiers et photos, elle l’a en partie effectuée avec ses petits-fils :  ça les a beaucoup amusés dit-elle et j’ai retrouvé des choses incroyables.

 

[1] Des pas sur la page, l’écriture comme un chemin, Editions Fides, Québec, 2007

Steinbeck, deux mille mots par jours

 

Un article de Liliane Kerjan paru le 26 février 2019 sur le site EN ATTENDANT NADEAU,  à propos du livre "Jours de travail." de John Steinbeck.

"Le carnet de bord de John Steinbeck, tenu au cours des années 1938-1941, offre un commentaire inédit des Raisins de la colère. Document précis et précieux, Jours de travail livre la fabrique du roman au fur et à mesure que s’élaborent méthodiquement la forme et le sens de ce chef-d’œuvre de la littérature américaine...."

Tahar Ben Jelloun parle du livre « Mur Méditerranée » de L. Ph. Dalembert

 

Une chronique parue dans "Le Point" du  17/08/2019 à propos du livre "Mur Méditerranée" de Louis-Philippe Dalembert

"Dalembert raconte de manière poignante le drame des migrants qui se noient en Méditerranée. Depuis l'an 2000, 22 000 migrants ont péri en Méditerranée. En avril 2015, il y eut 1 100 disparus dans cette mer difficile à contrôler. Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) a relevé que c'est « une hécatombe jamais vue en Méditerranée ». Elle ne sera pas la dernière, hélas. La tragédie de la migration clandestine n'a pas cessé. Elle continue. Ni la brutalité des passeurs, horribles trafiquants d'êtres humains, ni la mort ne découragent ces milliers de candidats à l'exil vers l'Europe. La plupart d'entre eux se font dépouiller puis jeter à la mer..."

 

«MARTIN EDEN», LUTTE TRÈS CLASSE

 

Un article à propos du film "MARTIN EDEN" de Pietro Marcello, paru le 15 octobre 2019 dans LIBERATION

Transposant le roman de Jack London dans l’effervescence sociale du XXe siècle à Naples, Pietro Marcello réussit une adaptation audacieuse autour de l’histoire d’un gâchis, celui d’un marin qui, s’acharnant à devenir écrivain, finit par trahir ses origines.

Quelle ambition, d’adapter Martin Eden au cinéma ! Le roman de Jack London, dont la brûlure s’avive encore, on le parierait, au cœur de chacun de ses lecteurs, est un splendide récit d’émancipation et de désillusion, le devenir écrivain d’un jeune matelot de San Francisco au début du XXe siècle. Paru en 1909, il ...

“1939, un dernier été”, quand les Français se filmaient juste avant la guerre

 

Un entretien avec Ruth Zylberman. Paru dans TELERAMA le 30 mai 2019 à propos du  film-documentaire "1939, un dernier été".

Eté 1939. La menace de guerre se précise. Pour le moment, les Français sont en vacances, vivent, certains se filment… Compilant images d’amateurs et témoignages, Ruth Zylberman montre de façon subtile comment la grande histoire infuse l’intime et le quotidien dans “1939, un dernier été”, diffusé sur France 3. ...

 

Le documentaire diffusé par France 3

En France, l’été 1939 a été la dernière période calme avant les déflagrations de la Seconde Guerre mondiale. Cet état d’esprit plein de quiétude se retrouve à travers les journaux intimes, les lettres et les images d'amateurs de de cette époque. On fêtait alors les 150 ans de la Révolution française, et les films à l’affiche étaient «La Chevauchée fantastique» de John Ford et «La Règle du jeu» de Jean Renoir. A l’aide de témoignages privés et d’archives visuelles, le documentaire replonge dans ces quelques mois qui précèdent la tempête.

Corinne Bacharach nous parle du film "Papicha"

 

Corinne Bacharach nous parle du film "PAPICHA" (chronique reproduite ici avec l'aimable autorisation de l'auteure)

Qu’est-ce qu’une Papicha ? Dans le vocabulaire algérois, papicha désigne une jeune femme drôle, jolie, libérée. Mounia Medour met en scène, dans son premier film de fiction, une bande de papicha, une bande de filles dans l’Algérie des années 90, période qualifiée de « décennie noire » ou de guerre civile algérienne, pendant laquelle le mouvement islamiste algérien, mené d’abord par le FIS (Frot Islamiste du Salut), tente d’imposer ses lois et ses valeurs.

Le film s’ouvre sur une scène fondatrice : Nedjma et son amie Wassila s’échappent à la nuit de leur cité universitaire pour s’engouffrer dans le taxi qui les attend. Les étudiantes sages, en jogging, opèrent alors dans la voiture leurs mues en « belles meufs », enfilant des robes scintillantes, maquillant leurs yeux et leurs bouches, fumant des cigarettes. Elles passent miraculeusement à travers un barrage de police grâce aux voiles dont elles recouvrent rapidement leurs cheveux. Le décor est planté : il faut transgresser les limites pour pouvoir être une jeune fille libre dans ce pays, à cette période.

La fin de l’insouciance est le thème de ce film qui met le corps des femmes au centre de son propos. ...

"Jean-Luc Coatalem en quête d'aïeul"

  Un entretien avec Jean-Luc Coatalem à propos de son livre "La part du fils". Entretien paru dans L'ORIERNT LITTERAIRE - octobre 2019 L'écrivain français dévoile un secret de famille : l'arrestation et la déportation de son grand-père, durant la Seconde Guerre mondiale. À mi-chemin entre le roman et le récit, son nouveau livre est tout autant un hommage au courage de générations disparues qu'une réflexion sur le silence.

Modiano, du temps perdu au temps révélé

  Une note de lecture à propos du livre de Patrick Modiano "Encre sympathique" (parue dans L'ORIENT LITTERAIRE" - octobre 2019)  Depuis La Place de l’étoile paru il y a 50 ans aux éditions Galimard jusqu’à Encre sympathique, son dernier opus, Patrick Modiano aura traqué tout au long de sa vie d’écrivain « les fantômes du passé ». Une existence est quelque chose de fragile. Mais peut-être est-ce l’art et le temps qui permettent d’en révéler la grandeur. Dans Encre sympathique, court roman d’à peine 130 pages, notre prix Nobel de littérature touche à la quintessence de son art...

Luc Lang et la fin des paysages

  Entretien avec Luc Lang réalisé par Georgia Makhlouf (Octobre 2019 - L'Orient littéraire)  Romancier et essayiste, Luc Lang enseigne l’esthétique à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris-Cergy. Il est l’auteur d’une douzaine de romans et il a été récompensé par le Prix Goncourt des lycéens en 1998 pour son roman Mille six cents ventres. Par ailleurs Lang, qui est également un théoricien de l’art, est l’auteur de monographies d’artistes et de textes d’esthétique sur l’art contemporain, l’architecture et la littérature.  L'intérêt que porte Luc Lang à la création artistique nourrit une œuvre romanesque exigeante portée par une écriture somptueuse et l’amène à se renouveler constamment. Écrivain aussi discret qu’audacieux, tant sur la forme que sur le fond, il s’est lancé dans de singulières entreprises littéraires telles que de réécrire deux de ses livres, de la même manière que les grands maîtres reprenaient leurs tableaux. Il a également écrit un roman shakespearien, Mille six cents ventres, et joué avec les codes de la tragédie grecque dans Furies. Son précédent roman Au commencement du septième jour a été sélectionné pour le Prix Goncourt 2016 et il vient de publier La Tentation, magnifique histoire familiale marquée par la folie, la violence et la trahison. Lang occupe une place à part dans la littérature française contemporaine, qu’il juge par ailleurs trop cérébrale, trop théorisante. Il lui préfère la littérature américaine, ses grands espaces, sa matérialité. Rien d’étonnant puisqu’il est lui-même un grand écrivain des paysages et que pour construire ses personnages, il met de côté la psychologie pour se concentrer sur les métiers, sur la matérialité du faire, décrit avec une grande précision des gestes et des outils. Retour sur son « atelier » d’écrivain dans cet entretien plein de passion. 

"En attendant Nadeau" met les femmes autrices à l'honneur

 

"EN ATTENDANT NADEAU"  (Journal de la littérature, des idées et des arts - N°88) met en avant des femmes autrices 

"...Nous avons laissé toute la place aujourd’hui à des autrices : notre rédaction n’est pas toujours d’accord sur le terme à employer. Auteur pour tout le monde ? Auteure pour les femmes ? J’inscris ici cette « autrice » (sans en faire pour toutes et tous une règle intangible dans notre journal), qui a le mérite de faire entendre et voir le féminin tout en reprenant une forme attestée depuis le XVIe siècle… De quoi contenter les esprits traditionnels comme les esprits progressistes.

Avec Chimère, Emmanuelle Pireyre quitte le terrain de l’expérimentation poétique pour investir l’espace social dans un roman délirant sur les manipulations diverses dont notre monde est le terrain. Tout aussi fantasque, Éden, de Monica Sabolo, traite de l’adolescence des filles comme d’un lieu à la fois excitant et inquiétant. Il y a des animaux dedans, comme dans Les grands cerfs de Claudie Hunzinger roman sur l’animal autant que très beau texte sur une femme. Bérangère Cournut, Lídia Jorge, mais aussi Lucie Taïeb et Christine Wunnicke complètent ce sommaire avec d’autres rencontres originales....."

En cliquant sur un titre vous avez accès à une chronique présentant le livre correspondant

  1. Emmanuelle Pireyre, Chimère. L’Olivier, 224 p., 18,50 €
  2. Monica Sabolo, Éden. Gallimard, 288 p., 19,50 €
  3. Emma Becker, La maison. Flammarion, 370 p., 21 €
  4. Claudie Hunzinger, Les grands cerfs. Grasset, 192 p., 17 €
  5. Lídia Jorge, Estuaire. Trad. du portugais par Marie-Hélène Piwnik. Métailié, 236 p., 19 €
  6. Hélène Gaudy, Un monde sans rivage. Actes Sud, 320 p., 21 €
  7. Lucie Taïeb, Les échappées. L’Ogre, 171 p., 18 €
  8. Christine Wunnicke, Le renard et le Dr Shimamura. Trad. de l’allemand par Stéphanie Lux. Jacqueline Chambon, 176 p., 21,50 € 

 

EAN en appelle au soutien de ses lecteus. Voir ICI

Les français et leurs bibliothèques

 

Une étude du Ministère de la Culture (la dernière en date du 15/06/2017)

Extraits de la synthèse

Forte d’un maillage territorial exceptionnel de plus de 16 000 lieux de lecture – 7 000 bibliothèques et 9 000 points d’accès au livre – la lecture publique est le premier réseau culturel de France. …

Depuis l’enquête de 2005, la pénétration des équipements numériques au sein des foyers s’est fortement accélérée. En 2016, 85% des français ont accès à internet depuis leur domicile (40% en 2005), 65% disposent d’un smartphone (11% en 2009), 40% disposent d’une tablette (4% en 2011). Face à la multiplicité de solutions numériques potentiellement concurrentes ou complémentaires des bibliothèques et dans un contexte d’accroissement du nombre de lieux de lecture publique et de forte diversification de leur offre, cette nouvelle enquête sur les publics et les usages des bibliothèques municipales était attendue. Elle met en lumière une modification en profondeur et sur le long terme du rapport qu’entretiennent les Français avec l’institution bibliothèque, évolution était déjà amorcée lors de l’enquête de 2005. 87% des Français de 15 ans et plus ont fréquenté une bibliothèque municipale au moins une fois dans leur vie, soit 15 points de plus qu’en 2005 (72%). Cette hausse importante résulte principalement de la progression de la fréquentation des bibliothèques municipales par les jeunes générations, qui pousse mécaniquement cet indicateur à la hausse. Autre résultat central de cette enquête : 40% de la population française a fréquenté une bibliothèque municipale au moins une fois lors des 12 derniers mois. Ce résultat est en très nette progression par rapport à 2005, supérieur de cinq points (35%) à celui de 2005 et de 14 points à celui observé en 1997 (25,7%). Le nombre d’usagers des bibliothèques municipales a augmenté de 23% depuis 2005, soit une hausse de plus de 4 millions d’usagers, alors que dans le même temps la population française ne s’est accrue que de 4%. ….

Simultanément à la hausse de la fréquentation des bibliothèques, le taux d’inscrits a connu un net recul, passant de 21% en 2005 à 16% en 2016. Si la place du livre et de l’emprunt demeure centrale dans l’activité des équipements de lecture publique, elle a fortement baissé au profit d’autres pratiques qui se répartissent sur la diversité de l’offre proposée par les bibliothèques. Ainsi, la progression du nombre d’usagers et la baisse du nombre d’inscrits synthétisent une tendance de fond au redéploiement des activités des bibliothèques municipales : en 1997, 69% des usagers étaient inscrits. En 2005, ce ratio n’était plus que de 59%. En 2016, il est tombé à 39% : si l’on continue à emprunter dans les bibliothèques, on vient aussi de plus en plus y faire tout autre chose. La meilleure prise en compte par les bibliothèques au cours de la dernière décennie de la qualité des lieux et de l’accueil en général a d’ailleurs été bien perçue par les usagers comme par les non usagers de ces équipements…

 

Entretien avec Mounia Meddour à propos de son film "Papicha"

 

Entretien avec la réalisatrice paru dans AFCA-Promotion [AFCA : Association Française des Cinémas Art et Essai]

Synopsis du film : Nedjma est une “papicha” branchée dans l’Algérie des années 90. A 18 ans, elle rêve de devenir styliste et fait le mur de sa cité universitaire pour vendre ses créations à des copines en discothèque. Mais c’est aussi la décennie des attentats meurtriers et de l’intégrisme. Là où les islamistes veulent cacher le corps des femmes dans des Hidjab, Nedjma répond qu’elle va organiser un défilé de mode...

PapichaPapicha [1.241 Kb]

A travers la voix de ces Syriennes, je veux dire qu’on n’est pas des victimes...

 

Titre complet : «A travers la voix de ces Syriennes, je veux dire qu’on n’est pas des victimes mais des résistantes»

Entretien avec Samar Yazbek à propos de son livre "Dix-neuf femmes"  

Dans son livre, la romancière et militante rassemble les témoignages de celles qu’elle a connues et accompagnées dans son pays en guerre. Infirmières, enseignantes, mères de famille, souvent passées par la prison, elles ont survécu à la terreur et à la guerre sans jamais renoncer. Des «héroïnes» en quête d’une révolution laïque et démocratique.

Réfugiée à Paris peu après le début du conflit syrien en 2011, Samar Yazbek, n’a jamais quitté la Syrie dans ses livres. La romancière, essayiste et militante a écrit et décrit la tragédie de son pays au plus près de celles et ceux qui l’ont vécu au quotidien dans leur chair. Son livre 19 Femmes, qui vient de paraître (éd. Stock) est un recueil de longs témoignages de Syriennes, de 20 à 77 ans, de différentes régions, confessions et milieux....

Rupi Kaur, papesse de l’instapoésie

 

Un article paru dans L'INVENTOIRE, le 3 octobre 2019

Rupi Kaur a vendu près de 3,5 millions d’exemplaires de son recueil « Milk and Honey », traduit à ce jour en 40 langues. Après s’être fait connaître sur Instagram, elle s’auto-publie sur Amazon avant que la maison Andrews McMeel ne lui propose de l’éditer. « Lait et miel » est paru en France en 2019.

Véritable phénomène d’édition, Rupi Kaur trace la voie de ces très jeunes poètes qui, en s’auto-publiant sur des réseaux sociaux, partagent leur univers avec les lecteurs avant même de penser au livre terminé. Mais la poésie, art de l’instant et de l’oral, s’accommode particulièrement bien de ces nouveaux modes de lecture que sont Whattsapp, Facebook , Twitter et Instagram...

Une seule vie n’est pas suffisante pour perdre du temps à demander

 

Note parue le 1/10/2019, sur le site ENTRELESLIGNEENTRELESMOTS, à propos du livre "Je suis quelqu'un" de Aminata Aidara. Avec l'aimable autorisation de l'auteur.

"Un roman polyphonique. Des personnages, particulièrement des femmes, « Je suis de celles qui se redressent », entre la France et le Sénégal, dans un présent marqué par le passé et un mensonge revêtu de travestissements.

L’écriture et le flux des énonciations est différencié suivant les locutrices. J’ai particulièrement apprécié celui d’Estelle et son « Je suis quelqu’un qui » entrecoupé de messages téléphoniques reçus...."

Le Nouveau Théâtre Populaire est arrivé !

 

Un article paru sur le site CULTURELINK, le 1 octobre 2019

De génération en génération, le théâtre se réinvente. La tentation d’un théâtre authentiquement populaire réapparait, qui pousse de jeunes artistes à imaginer un lieu nouveau, une autre manière de toucher des publics. Un répertoire adapté, une esthétique singulière, un mode de production innovant. 

Ce fut le cas pour le Théâtre du Peuple de Maurice Pottecher à la fin XIXe siècle à Bussang dans les Vosges, pour les Copiaux de Jacques Copeau dans les années vingt en Bourgogne, pour le Théâtre National Populaire de Vilar après la guerre, en banlieue parisienne puis à Chaillot et Avignon, pour le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine à la Cartoucherie de Vincennes dans les années soixante, pour ne citer que les plus connues. Ces expériences, menées sans ambition institutionnelle, hors des circuits installés, auront finalement marqué profondément le théâtre de leur époque.

Dans l’archipel actuel de la jeune création théâtrale, une aventure exceptionnelle a vu le jour il y a dix ans déjà, dans la plus grande discrétion, qui s’inscrit dans le courant de ces aînés. Le Festival du Nouveau Théâtre Populaire (NTP) se tient chaque année au mois d’août à Fontaine-Guérin, en Anjou. Dans ce village d’un millier d’habitants, une bande de jeunes acteurs et metteurs en scène réalisent, depuis onze ans, leur rêve de théâtre à la fois exigeant et attractif, sérieux et festif, convivial et populaire.... 

Holocauste ou Shoah ? Génocide ou ‘Hourbane ? Quels mots pour dire Auschwitz ?

 

Titre complet : Holocauste ou Shoah ? Génocide ou ‘Hourbane ? Quels mots pour dire Auschwitz ? Histoire et enjeux des choix et des rejets des mots désignant la Shoah - un article paru la Revue d’Histoire de la Shoah - 2006

Un article de Francine Kaufmann paru la Revue d’Histoire de la Shoah - 2006 et reproduit par CAIN.INFO

"Les cérémonies qui ont marqué le soixantième anniversaire de la libération des camps de la mort (entre janvier et avril 2005) ont relancé la polémique autour de la spécificité de la mort juive durant la Seconde Guerre mondiale et de la manière de la désigner. En France, Le Monde a publié dans sa page « Débats » une série de contributions autour de l’emploi des mots désignant l’Événement. Les articles de Jacques Sebag, Henri Meschonnic et Claude Lanzmann ont montré, si besoin était, que derrière le choix d’une dénomination se cachent des attitudes idéologiques tranchées dont le grand public n’est pas toujours conscient. C’est ainsi que Sebag demandait que l’on rejette l’appellation anglo-saxonne « Holocauste », par trop victimale, et qu’on distingue entre deux concepts : la Shoah et le génocide nazi, réservant le premier à l’extermination des Juifs et la seconde au massacre des autres groupes humains visés par les nazis : gitans, handicapés, homosexuels, etc. Il demandait que la « Journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité », instaurée en octobre 2002 par les ministres européens de l’Éducation, soit rebaptisée : « Journée de la mémoire de la Shoah, du génocide nazi et de la prévention des crimes contre l’humanité ...  ».

à propos de "Sur les chemins de Jean-Jacques" de Gabrielle De Conti

 

Note parue initialement en juin 2019 dans la revue de l'APA "La Faute à Rousseau" n° 81 (article de Madeleine Rebaudières, reproduit ici avec l'aimable autorisation de l'auteure)

« Un homme illustre me guide par des signes. Le dessein de mon histoire se trace ainsi sur les lieux de la sienne. Sur ses chemins, pas à pas, je découvre le mien. »

C’est à Genève, lors des journées de l’APA en mai 2012, pour les 20 ans de l’association et le tricentenaire de la naissance de Rousseau, que Gabrielle De Conti visite la maison de naissance de Rousseau, devenue "Maison de Rousseau et de la Littérature". Lors de la représentation d’extraits des Confessions, elle a un échange avec un participant au sujet des enfants abandonnés par Rousseau, ou « confiés à l’éducation publique, plus exactement », selon celui-ci, qui se trouve être Rémy Hildebrand, le Président du Comité européen Jean-Jacques Rousseau. Il lui propose de l’emmener en voiture à Bossey (lieu du presbytère du pasteur Lambercier) et à Confignon où Rousseau s’était enfui à pied et où il fut converti par le curé Benoît de Pontverre. Ainsi commence pour Gabrielle De Conti la découverte des lieux où Rousseau a vécu et qu’il a parcourus, au long de sa vie. Elle poursuit, par l’écriture à propos de ces lieux, les chemins de sa propre vie ...

[Fiche du livre]

50 ans sans E

 

Note parue dans EAN, le 24 septembre 2019

A l’occasion des cinquante ans de La disparition (Gallimard, 1969), plusieurs récentes parutions autour de Georges Perec renouvellent la lecture de ce grand roman du XXe siècle. On en apprend aussi sur l’initiation à l’écriture et la construction de l’œuvre, en particulier aux États-Unis et au sein du champ littéraire français...

A propos de "Nous étions nés pour être heureux"

 

Une note parue dans FLORILETTRES (n° 206-septembre 2019), à propos du livre "Nous étions nés pour être heureux" de Lionel Duroy

C’est l’histoire d’un repas de famille, l’histoire d’une fratrie qui se retrouve après s’être brouillée près de trente ans. L’écrivain, journaliste et biographe de personnalités, qui trouva ce qu’il cherchait, ce qu’il voulait être, ce qu’il était envers et contre tous, à trente-deux ans, avec Priez pour nous (1990), un premier roman décisif dans lequel il évoquait ses traumatismes d’enfance puis d’adulte, auteur de plus d’une quinzaine de textes autobiographiques et de titres tout aussi déterminés, dont Le Chagrin (2010), Colères, (2011), Vertiges (2013), Échapper (2015), ici, laisse de côté la colère, le règlement de comptes, pour convier à déjeuner chez lui toute sa famille, frères, enfants, petit-enfants, y compris ses deux ex-femmes. Lionel Duroy ou l’écrivain obsessionnel, celui qui revient inlassablement sur ce qui lui est arrivé, en éprouve jusqu’à épuisement, jusqu’à isolement, jusqu’à en couper les ponts avec ce qu’il a de plus cher, le besoin de comprendre comment « ça » a été possible. ...

"Les malveillantes : famille criminelle sous le Troisième Reich"

 

Note parue dans EAN, le 27/09/2019, à propos du livre "La fabrique des salauds" de Chris Kraus

Par sonampleur, par son propos qui plonge le lecteur au cœur même du mal incarné par deux frères inaugurant leur carrière dans les services de renseignement en participant aux crimes commis par la SS et ses sinistres commandos, La fabrique des salauds peut faire penser aux Bienveillantes de Jonathan Littell, le succès de librairie que l’on sait. Comparaison n’étant cependant pas raison, on imagine assez vite que ce long récit pourrait bien se métamorphoser sous la férule du réalisateur et scénariste qu’est aussi Chris Kraus en une vaste saga, une série à rebondissements où se mêleraient l’histoire d’un pays et celle d’une famille....

"Même pas des racailles"

 

Note parue dans EAN, le 27/08/2019, à propos du livre "77" de Marin Fouqué

Premier roman de Marin Fouqué, 77 est un uppercut. La brutalité nue de la vie de quelques jeunes du « sept-sept » est décrite par l’un d’entre eux qui a décidé, un matin, de ne pas monter dans le bus scolaire et d’affronter, seul cette fois-ci, ses pensées et ses souvenirs. Filtrée par son regard et sa sensibilité, la réalité prend forme, le sens se dévoile au fil de ce flux de pensée au rythme obsédant. Marin Fouqué, connu jusqu’ici pour sa poésie, son rap, ses nouvelles, mais aussi pour ses performances sur scène, taille une langue par laquelle il fait naître à lui-même son personnage ...