Notes, Articles, Entretiens

Notes de lecture, ARTICLES, interviews, PRESSE ...

 

Des articles de membres de l'association ou de personnes extérieures. Des interviews, des entretiens. Ils sont présentés dans l'ordre de réception du plus récent au plus ancien.

Ces textes sont donc toujours personnels et ne reflètent pas "la pensée" de l'association. 

Vous voulez présenter un livre que vous avez aimé ou voire détesté, vous voulez réagir à une note de lecture, vous pouvez envoyer votre texte à cette adresse webmaster@ledireetlecrire.com.  

 

Notes de lecture de notre équipe en tirés à part 

 

Quand Philip Roth raconte la contagion

 

Un article paru le 31 mars 2020 sur le site d'EN ATTENDANT NADEAU.

L'article reveient sur le lvre de Philip Roth "Némésis"

Némésis, dans la mythologie, est celle à laquelle on ne peut échapper, la déesse de la vengeance. Elle donne son nom à un cycle romanesque de Philip Roth, mais aussi au dernier – le quatrième – des livres qui le constituent. Dans ce roman paru en français en 2012, l’écrivain américain mort il y a deux ans revisite une pandémie qui sema l’angoisse jusqu’au milieu du siècle dernier : la poliomyélite. ...

Habibi mon blédard : autopsie d’un laissé pour compte

 

Un article de Youssef Belghmaidi, paru sur le site de L'INSATIABLE

De la même façon que la beurette  cristallise les entrelacements entre orientalisme érotisé et jeux de pouvoirs raciaux, la figure du blédard telle qu’elle s’est enracinée dans les imaginaires collectifs français est elle-même révélatrice de tensions, pour la plupart héritées du colonialisme. Au-delà de son tempérament débonnaire aussi ridicule que touchant, le blédard démontre par lui-même les reliquats néo-colonialistes qui continuent de parasiter les affects maghrébins en imposant une catégorisation factice. A la fois toxique et réparatrice, la figure du blédard peut également ếtre une identité dense et vibrante, aussi asservissante que libératrice.

Dans les parlers populaires, le blédard renvoie à un immigré d’origine africaine, tout droit venu du « bled », la terre d’origine dont il continue de se nourrir. Ce qui nous intéresse ici, c’est spécifiquement la figure du blédard maghrébin, fortement connotée, aussi bien associée à une certaine conception de l’indiscipline - car à la fois arabe et africain donc doublement sauvage- qu’à une vision de bonhomie. Le blédard est éminemment un produit migratoire, dont les contours sont d’une part établis par sa trajectoire mais aussi, et surtout, par ses interprétations. Si l’on veut succinctement et clairement définir le blédard, c’est celui qui immigre et le fait mal ...

à propos du livre "L'ombre de ma mère" de Claude Londre

 

Une note de lecture de Pierre Ahnne - 28 mars 2020

Dans un récit paru en 1814, Adalbert von Chamisso racontait l’histoire de Peter Schlemihl, l’homme qui avait perdu son ombre. Le héros de l’écrivain romantique allemand vivait cette perte comme une malédiction. L’héroïne de Claudine Londre, elle, aimerait bien se débarrasser de l’ombre qui l’accompagne partout. Il faut dire que ce n’est pas la sienne. C’est celle de sa mère. De ce point de départ, l’auteure tire un premier roman qui s’inscrit dans un genre assez spécial : le gothique plaisant.

« Que font les ombres quand il pleut ? »

L’histoire progresse au gré des hasards qu’invente à mesure l’imagination de celle qui écrit et, peut-être, de celle qui parle : « Vous et moi, nous tous ensemble, allons (…) explorer cette étrange histoire dont j’aimerais moi-même connaître la fin, car j’avance présentement avec une lampe torche et très peu de visibilité »

La solitude d’être vivant. à propos du livre "Le Lambeau " de Philippe Lançon

 

Un article d'Hélène Gestern dans AUTOBIOSPHERE, le 27 mars 2020

Ce n’est pas sans effroi qu’on aborde la lecture du livre de Philippe Lançon, Le Lambeau. Tous nous avons en mémoire les attentats de Charlie, tous ou presque nous savons que le journaliste a été grièvement blessé d’une balle à la mâchoire, et si l’on ignorait encore le sens médical du mot « lambeau », il est précisé en quatrième de couverture : un segment de peau conservé, lors d’une amputation, pour « recouvrir les parties osseuses et obtenir une cicatrice souple ». Ce livre n’esquive rien de ce qui fut, et demeure encore, un événement abominable, suivi d’un véritable parcours du combattant médical : il échappe pourtant à toute horreur. Ou peut-être serait-il plus juste de dire que Philippe Lançon a su, avec une rigueur et une intelligence qui rendent chaque ligne nécessaire, mettre en mots, en phrases, ce qui aurait pu demeurer dans les ténèbres de la terreur....

Peindre la peur

 

Un aricle d' En Attendant Nadeau, paru le 25 mars 2020

L'auteur, Paul Bernard-Nouraud, revient sur le livre de Patrick Boucheron  Conjurer la peur (2013),  dans lequel il regardait la « Fresque du bon gouvernement » peinte, dix ans avant l’épidémie de peste qui frappa Sienne au XIVe siècle, par Ambrogio Lorenzetti. Le peintre essayait d’y conjurer une peur très actuelle : celle de la domination du pouvoir unique sur le pouvoir en commun.

Survivre à la guerre

 

Une note de lecture d'EAN, parue le 10 mars 2020, à propos du livre "Jeannne, l'Algérie, la guerre"

"C’est avec une sorte d’innocence effarée, d’effroi et d’incompréhension que, dans Jeanne, l’Algérie, la guerre, son premier livre, la psychanalyste Anne-Marie Allain approche « sa » guerre, la guerre d’Algérie, pays où elle a vécu adolescente..."

 

Les photos d’Anny

 

Une note de lecture parue dans AUTOBIOSPHERE le19 mars 2020

Avec Les Photos d’Anny, publié comme ses précédents ouvrages aux éditions du Seuil, Anny Duperey poursuit l’élaboration d’une lente, patiente, minutieuse et passionnante entreprise autobiographique, un dévoilement, au sens propre, puisqu’il s’agit, pas à pas, de soulever ce « voile noir » qui s’abattit sur elle et obtura sa mémoire après la mort brutale de ses parents, lorsqu’elle avait huit ans et demi. Anny Duperey a longuement observé les photos de son père (Le Voile noir, 1992 ; Lucien Legras, photographe inconnu, 1993) et a tenté à travers lui de comprendre qui était ce jeune photographe qui se levait aux aurores pour capter la brume et la lumière. Dans Les chats de hasard (1999), c’est sa relation aux animaux qui se fait le médiateur de cette mémoire enfouie, jamais recouvrée. Le Rêve de la mère, paru en 2017, revenait sur une figure familiale centrale, la tante de l’auteur, qui a élevé la petite fille, tout en retraçant la naissance de la passion d’Anny Duperey pour la peinture, sa première formation, puis les arts du cirque, une passion dont elle découvrira qu’elle avait été en partie héritée de sa mère. Mais dans Les Photos d’Anny, un pas supplémentaire est franchi puisque, pour la première fois, l’artiste évoque sa propre relation à la photographie, sur laquelle elle était restée jusqu’alors silencieuse. ....

Ma page de lecture

 

Véronique Leroux-Hugon nous parle de son activité quotidienne : l’enregistrement de livres pour des non-voyants  (16 mars 2020)

Comme d’autres font leur gymnastique je me livre à un exercice quotidien dont j’apprécie les bénéfices secondaires : en l’occurrence, il s’agit ici de l’enregistrement de livres pour des non-voyants.

La technique d’enregistrement a été mise au point par la Bibliothèque Sonore de Paris, avec le recours à un logiciel très simple, qui permet à tout moment de corriger, effacer et vérifier le projet en cours. La base de données de ces enregistrements constituée par la BSP représente un fonds considérable de livres dans lequel puiser, permettant des écoutes d’ouvrages dans tous les domaines pour les personnes habilitées à se les procurer. C’est aussi un réservoir dans lequel puiser des suggestions de lectures. Une fois l’enregistrement effectué, il est  validé par une équipe attentive à sa cohérence et à sa qualité

C’est de ma pratique personnelle qu’il sera question ici. L’idée m’en est venue après avoir observé une personne proche qui dans les années 70, copiait des livres sur une machine spéciale qui imprimait des caractères en braille sur de longues feuilles de carton en accordéon. J’ai gardé le souvenir de cette besogne fastidieuse, très lente mais qui était alors sans doute inventive et utile....

C’est l’histoire d’un p’tit gars…

 

Article paru dans EntreLesLignesEntreLesMots, le 7 mars 2020, à propos du livre de Steven Jezo-Vannier : Frank Sinatra. Une mythologie américaine, Le Mot et le Reste

"Être né en 1915, quasiment avec le 20e siècle, aux Etats-Unis, à Hoboken (dans le New Jersey, en face de New York), issu de l’émigration sicilienne a forcément des conséquences sur la formation de l’individu. Frank Sinatra n’a jamais renié ses origines. Ni l’importance de sa mère, Dolly, dans sa carrière. Ses liens avec la mafia, notamment avec « Lucky » Luciano, ont beaucoup joué dans sa chute en 1951 et dans sa renaissance en 1953.  

Faire la biographie du chanteur/comédien, c’est aussi ..."

Le Clézio, retour en enfance

 

Un article de Denis Gombert paru dans L'Orient Littéraire n°165-mars 2020 "Jean-Marie Gustave Le Clézio, Nobel de littérature en 2008, cisèle avec une patience tranquille dans chacun de ses livres le rapport mystérieux que nous avons au monde. Dans son magnifique Chanson bretonne, c’est le territoire de sa propre enfance qu’il vient extraire de la matière brute de la mémoire. Du passé, que reste-t-il ?  Voici un livre qui fonctionne à rebours et qui part d’un constat terrible : en l’espace de quelques années, trente années à peine, un monde a disparu qui ne reviendra jamais. Ce monde, c’est celui de nos campagnes et de nos provinces. Et de la Bretagne précisément auquel l’auteur est familialement attaché et où il a passé toutes les vacances de son enfance durant l’après-guerre ..."

Jean Giono au-delà des poncifs

 

Un article paru sur le site NONFICTION.fr le 1 mars 2020 à propos de la publication "Les Cahiers de l'Herne : Jean Giono"

"La Provence de Giono a plus à voir avec l’imagination créatrice et la littérature d’Homère, de Virgile, de l’Arioste et de Stendhal, qu’avec l’environnement manosquin « réel ».

Parler de l’œuvre de Giono n’est jamais simple. Mais ce superbe Cahier de l’Herne en hommage à l’écrivain disparu voici un demi-siècle fournit un outil précieux pour approcher une œuvre marquée par les deux conflits mondiaux.

L’auteur connut la première Guerre mondiale, la peur, les tranchées pendant quatre ans, et cela devait rester un souvenir indélébile pour ce pacifiste qui en 1939 sera emprisonné au Fort Saint-Nicolas pour avoir affiché son hostilité à la guerre qui arrivait. Puis, quand la deuxième Guerre s’achèvera, l’ex-poilu des tranchées sera à nouveau incarcéré pour délit de pacifisme, voire d’intelligence avec l’ennemi ..."

Une conversation inédite avec Toni Morrison

 

Romancière et essayiste Toni Morrison est décédée en août dernier. Elle aurait eu 89 ans le 18 février 2020..

En avril 2017, elle a accordé un entretien à Sarah Ladipo Manyika et Mario Kaiser, entretien publié en juin 2017 sur le site anglophone GRANTA..

Cet entretien est resté inédit en Français jusqu’à sa publication en février 2020 par le site AFRICULTURES.

Toni Morrison, prix Nobel de littérature, parle ici de la condition blanche, du rôle de l’artiste, et de la tension entre la mémoire et l’oubli. 

La femme-siècle

 

Un article de Tiphaine Samoyault, paru le 7 février 2020 sur le site EAN, à propos du la biographie de Nathalie Sarraute par Ann Jefferson

Connaît-on vraiment Nathalie Sarraute ? Rarement citée comme référence par les jeunes lectrices ou lecteurs, est-elle bien lue encore aujourd’hui ? Ne souffre-t-elle pas d’être enrôlée sous une bannière qui ne rend pas justice à la variété sensible de son œuvre ? La biographie que lui consacre Ann Jefferson nous la révèle sous tous ses jours : son lent cheminement dans l’écriture, sa vie dans les langues, la vigueur de ses engagements. Grâce à une enquête approfondie et des archives passionnantes, elle nous la rend plus proche et rappelle l’ardente puissance des livres de cette femme-siècle. ...

Le Journal de Sándor Márai

 

Un article de Gabrielle Napoli, paru le 25 février 2020 sur le site EN ATTENDANT NADEAU

Le Journal de Sándor Márai représente une partie absolument majeure de l’œuvre de l’écrivain. Il n’avait encore jamais été traduit en France, contrairement à l’œuvre romanesque. Bien connue des lecteurs français, celle-ci frappe par la finesse de l’analyse psychologique. Márai est aussi apprécié pour ses remarquables analyses de la société hongroise et plus largement de la société européenne tout au long du XXe siècle (Les confessions d’un bourgeois, Mémoires de Hongrie). Son Journal couvre presque cinquante ans (de 1943 à sa disparition, à San Diego, en 1989) et contient des milliers de pages : dix-huit volumes ont été publiés aux éditions Hélikon à Budapest. Ce premier volume, dirigé et traduit par Catherine Fay, est composé d’extraits choisis parmi les cinq premiers tomes de cette somme, qui couvrent les années 1943 à 1948, de la guerre à l’exil.

Georges Perec : faire son temps

 

Un article de Jean-Pierre Salgas, paru le 15 février 2020 sur le site EAN

Les éditions Joseph K publient des Entretiens, conférences, textes rares, inédits de Georges Perec, gigantesque volume qui nous fait voir la progression de son œuvre et donne à penser son héritage contemporain.

Faire son temps : tel est le titre ambivalent de la rétrospective Christian Boltanski qui se tient jusqu’au 16 mars au Centre Georges-Pompidou. Aux antipodes de toute chronologie, l’artiste y rebat les cartes de son œuvre. En exergue du catalogue, Georges Perec. De mille façons, le parallèle est évident entre la vie possible de L’homme qui dort, en fait impossible (lire W), et la « vie impossible » de L’homme qui tousse devenue possible (lire La cache de son neveu Christophe). Parmi les intersections nombreuses entre les deux œuvres, on peut rappeler Ce dont ils se souviennent en 1990 dans la revue Fig de Jean Daive...

L'esthétique de Georges Perec

 

Un article de Hicham-Stéphane AFEISSA, paru le 2/02/2020 sur le site NONFICTION

"Pour tous les amoureux de Georges Perec, sa disparition en 1982, à l’âge de quarante-six ans seulement, des suites d’un cancer du poumon, est une tragédie. Celui que l’on peut bien tenir pour l’un des plus grands romanciers français de la seconde moitié du XXe siècle – l’auteur de l’inoubliable La Vie mode d’emploi (1978), lauréat du prix Médicis, mais aussi de W ou le souvenir d’enfance (1975), de Les Choses. Une histoire des années 1960 (1965), lauréat du prix Renaudot, pour ne citer que les plus connus – bouillonnait littéralement de projets, tous plus passionnants les uns que les autres, comprenant des projets de traductions, d’écriture de scénarios pour le cinéma, de pièces de théâtre, de romans, de nouvelles, de livres pour enfants, de livrets d’opéra, etc. La plupart de ces projets, dont Perec fera à plusieurs reprises état au début des années 1980, ne virent jamais le jour. Il n’est absolument pas douteux que ce forcené du travail qu’était Perec, lequel consacrait en moyenne une dizaine d’heures par jour à l’écriture,..."

Les femmes, ces oubliées du monde littéraire !

 

Extrait d'un article paru sur FRANCE CULTURE, le 4 novembre 2019

« (Le juré littéraire) qu’il soit homme ou femme, il ou elle est passé.e par l’école primaire, le collège, le lycée, puis en général l’université ou une grande école. Quelle est l’image de la littérature française qu’on lui a donnée ? Une image quasiment exclusivement masculine. Si ce même juré, et c’est vraisemblable, possède comme moi un grand nombre de volumes de la bibliothèque de la Pléiade, et si tout à coup il essaye d’y trouver des femmes, il aura bien du mal… Il faut attendre pour la Pléiade le numéro 97 et le numéro 112 pour voir apparaître la Marquise de Sévigné. Ensuite, George Sand apparaîtra au numéro 215-227. Vous aurez Yourcenar et Colette dans la série des 300 ; il faudra attendre la série des 400 pour avoir Nathalie Sarraute, Jane Austen et les sœurs Brontë. Et si vous avez la curiosité de prendre les 600 premiers volumes de la Pléiade, vous avez une dizaine de femmes : il faut rajouter aux noms que je viens de donner Marguerite Duras, Virginia Woolf, et Thérèse d’Avila. Donc si on prend la bibliothèque la plus prestigieuse qui existe, et qui forme par conséquent notre inconscient et notre jugement littéraire, il n’y a quasiment pas de femmes ! »

Au Vietnam, le marché du livre est en plein boom

 

Un article paru dans « Courrier International » du 13 février 2020

« Les librairies et l’édition vietnamiennes ne se sont jamais aussi bien portées : dopées par un pouvoir d’achat en hausse, les ventes de livres reflètent autant l’attachement du pays à sa culture que son ouverture au monde. 

Au Vietnam, pendant les festivités chatoyantes du nouvel an lunaire, à la fin janvier, on a pu indéniablement observer un développement du consumérisme au sein de la classe moyenne naissante. Au milieu des années 1980, les réformes économiques dites du Doi Moi (Renouveau) ont eu pour but de créer une économie de marché partiellement régie par des principes collectivistes. Il en a résulté un mélange unique de capitalisme et de socialisme, qui met de plus en plus l’accent sur l’entrepreneuriat et la réussite matérielle.

Mais une tendance plus surprenante est née de cette politique : un regain d’intérêt pour la littérature vietnamienne, comme en témoignent les foules qui fréquentent les librairies

Dans les années 1990, le Vietnam était l’un des pays les plus pauvres du monde. À cette époque, me racontent des amis vietnamiens, la vie était très difficile et même les produits de base venaient à manquer. Depuis vingt ans, le pays enregistre en revanche une croissance économique moyenne de 6,7 %, selon la Banque mondiale. Le développement de la classe moyenne vietnamienne compte parmi les plus rapides en Asie du Sud-Est et 45 millions de personnes sont sorties de la pauvreté entre 2002 et 2018 [le pays comptait un peu plus de 91,5 millions d’habitants en 2013]. Dans les rues particulièrement animées d’Hanoi et de Hô Chi Minh-Ville, les signes extérieurs de richesse vont de la grosse voiture rutilante à l’immeuble de bureaux flambant neuf, en passant par les appartements de luxe et les enseignes haut de gamme telles que Gucci et Prada. Des classiques constitutifs d’une identité nationale. Ainsi, il est d’autant plus étonnant que la littérature … »

Entretien avec Minh Tran Huy à propos de son livre "Les Inconsolés"

 

Entretien avec Georgia Makhlouf, paru dans L'ORIENT LITTERAIRE - numéro 164 - février 2020

Après La Princesse et le pêcheur paru en 2007, récit d’une amitié sur fond de mémoire du Vietnam et d’exil, elle avait obtenu en 2010 le Prix Drouot et le Prix Pelléas pour La Double Vie d’Anna Song, histoire d’amour fou, de musique et d’imposture. Voyageur malgré lui (Flammarion, 2014) évoquait les voyages forcés des membres de sa famille. Pour cette rentrée, Minh Tran Huy signe avec Les Inconsolés son quatrième roman, paru chez Actes Sud comme les deux premiers. On y retrouve des thématiques et des références qui lui sont chères : la nostalgie du pays perdu, le Vietnam et ses drames, l’exil, le déracinement et la difficile transmission, le pouvoir des récits dans la construction de l’imaginaire, et… le jeu des références qui brouille les pistes et donne à ce roman, truffé de motifs empruntés aux contes et légendes, des allures de polar. Le tout emmené par une construction rigoureuse, une mécanique parfaitement huilée et la petite musique de son style délicat.

« Travailler le croquis littéraire de rue »

 

Entretien avec Isabelle Pleskoff à propos de son atelier d'écriture « Écrire sur les lieux » à Aleph Ecriture. Paru dans "L'Inventoire" le 31 janvier 2020

L’Inventoire : Comment vous est venue l’idée de cet atelier ?

Isabelle Pleskoff : Étant une lectrice passionnée de Georges Perec, j’avais noté dans son oeuvre une insistance sur la question des lieux, vraiment transversale chez lui, et cela a constitué le départ de ma réflexion. Réflexion ou rêverie qui s’est poursuivie avec l’essai si inspiré de Gaston Bachelard, Poétique de l’espace, puis avec l’ouvrage stimulant de Mona Chollet, Chez soi, dans lequel elle s’interroge sur le goût du foyer, le plaisir d’être casanier, réflexion qu’elle étire du côté des nouvelles technologies qui font entrer d’une façon inédite le monde extérieur dans nos maisons. Ce qui brouille les catégories classiques de sédentarité et de nomadisme...

Le voisinage des morts

 

Un article paru le 28 janvier 2020 dans EN ATTENDANT NADEAU à propos du livre de Ruth Zylberman, "209 rue Saint-Maur, Paris Xe. Autobiographie d’un immeuble"

Une horloge, un Opinel, une poignée de porte, quelques détails, de ceux qui disent une existence, ou qui rendent un être « affranchi de l’ordre du temps », selon la formule de Proust. Cette formule, Ruth Zylberman la reprend dans 209 rue Saint-Maur, Paris Xe, un livre faisant écho au film présenté en 2018 sur ARTE, Les enfants du 209 rue Saint-Maur, Paris Xe. Deux façons d’enquêter, de raconter l’histoire d’un immeuble, entre 1850 et nos jours, entre révolutions, crimes de Vichy et attentats de 2015.

Note de lecture de Pierre Ahnne à propos du livre "Rome en noir"

 

Note parue sur le blog de Pierre Ahnne, le 25 janvier 2020

Ce n’est pas un hasard si tout commence dans les étoiles. Et s’il sera souvent à nouveau question, dans le livre de Philippe Videlier, d’astronomie, voire d’astrologie, ce n’est pas seulement parce que certains de ses héros s’entourent de mages et croient en l’horoscope. La mention, dès la première page, de la « planète minuscule » baptisée, cette année-là, 1932 PB, et de la « comète Brooks » convient bien à un récit où le carambolage de faits, minuscules ou non, invite à une réflexion sur le hasard et le destin. Surtout, elle annonce que, dans ce roman commencé du côté de Sirius, le jeu des points de vue va constituer l’armature de la narration.

Living Library : donner vie aux histoires particulières

  Un entretien avec Enrico Gentina. Propos recueillis et traduits de l’italien par Louise Muller. Entretien paru dans « L’Inventoire » (revue électronique d’Aleph Ecriture), en date du 20 janvier 2020

Lors de la conférence internationale sur l’écriture créative qui a eu lieu en septembre 2016 à Turin, nous avons eu la chance de découvrir le projet de l’organisation Human Libraries. Une expérience toujours d’actualité qui consiste à faire se rencontrer, en face à face, un auditeur (qui devient alors « lecteur de livres vivants ») et des personnes de tous âge, sexe, ou milieu social qui ont choisi de raconter une anecdote personnelle ou une histoire intime.

Ce projet international est né au Danemark en 2000. À la suite d’un fait divers pour motif raciste, l’association Stop The Violence avait organisé une première rencontre de ce type. Le principe était clair : en entrant dans une relation proche avec une personne, en l’écoutant et en la regardant dans les yeux, les auditeurs pouvaient remettre en question leurs préjugés, et le fait qu’ils soient dénués de fondement….   

  • L'intégralité de l'entretien                                                               

Note de lecture de Pierre Ahnne sur "Papa" de Régis Jauffret

 

Pierre Ahnne parle de "PAPA" de Régis Jauffret

Avec les mères, c’est rarement simple, mais avec les pères c’est souvent compliqué. Jauffret, avec le sien, n’a pas eu la tâche facile. C’est difficile, un père sourd. Allez vous étonner, après, que le fils écrive… Et quand, à l’enfermement de la surdité, s’ajoutent la dépression chronique et ses médicaments « qui empêch[ent] de penser », la coupe est pleine : « Alfred, tu n’étais même plus un homme, juste un organisme, avec au fond de la coquille un ego dévasté, piqué sur le cerveau comme un papillon sur un bouchon de liège ». « On ne traite pas un père de la sorte. Mais on a le droit d’injurier un donneur de sperme ».

Pierre Ahnne présente "la Fabrique des salauds" de Chris Kraus

 

Note de lecture de Pierre Ahnne, parue sur son blog le 14 janvier 2020

"850 pages. Il n’entrait pas dans ma boîte aux lettres. Aussi fut-il, comme il arrive, déposé sur les boîtes par le coursier pressé, et disparut. Il y a des gens bien malfaisants. Et encore, s’ils s’appropriaient les livres pour les lire… Mais mon exemplaire du roman de Chris Kraus risque fort d’avoir été vendu au plus offrant.

Cependant, certains envois doivent, sans doute, en vertu d’une nécessité qui nous échappe, atteindre leur destinataire. Les éditions Belfond ont eu l’amabilité de me faire parvenir une autre version, numérique, celle-là, de l’ouvrage. Je l’ai lu, plus tard que prévu, en marge des répétitions de ma pièce, La Cantatrice et le Gangster (voir ici). Il fallait bien ça pour m’abstraire de mes préoccupations du moment. Mais ça m’en a abstrait. Quand une lecture est aussi efficace, et ce, sur 850 pages, la moindre des choses est de se demander pourquoi...."

Entretien Georgia Makhlouf / Caroline Laurent (livre "Rivage de la colère")

 

Entretien paru dans L'Orient Littéraire (n° 163 - janvier 2020)

Caroline Laurent a fait une entrée singulière en littérature avec un livre à quatre mains. Co-écrit avec Evelyne Pisier dont elle était l’éditrice, Et soudain, la liberté (Les Escales, 2017) a obtenu le prix Marguerite Duras, le Grand Prix des Lycéennes de ELLE et le Prix Première Plume, et a été traduit dans de nombreux pays. Laurent signe à présent un nouveau roman Rivage de la colère qui plonge, on le devine tout de suite, dans sa mémoire personnelle et familiale.   Situé dans l’archipel des Chagos rattaché à l’île Maurice, le roman restitue un drame historique méconnu et une lutte qui reste vive cinquante ans après. En effet, lorsque Maurice accède à l’indépendance après 158 ans de domination britannique, les Chagos sont détachés de Maurice et l’île de Diego Gracia est « louée » par les Anglais aux Américains qui souhaitent y installer une base militaire. Elle est donc vidée de ses habitants qui seront déportés dans des conditions indignes.    Roman de l'exil, de l’amour impossible mais néanmoins de l'espoir, Rivage de la colère est un texte ambitieux et ample, écrit d’une plume sensible, qui restitue une tragédie géopolitique et humaine à travers des personnages crédibles et attachants....

À propos du livre « Le Consentement » de Vanessa Springora

 

Un article de Clémentine Autain, femme politique et auteure du livre « Dites-lui que je l’aime », article paru le 7 janvier sur son blog "le fil des communs"

« C’est un récit qui fera date. Le témoignage littéraire de Vanessa Springora, qui s’inscrit dans la temporalité de la vague #MeToo, suscite un choc. Il permet de comprendre comment un homme de cinquante ans peut manipuler et violer une jeune fille de 14 ans. Il nous emmène au cœur d’une entreprise de domination, de chosification. Il interroge la notion même de consentement dès lors qu’il s’agit d’une enfant n’ayant pas les moyens d’éclairer son choix face à un homme mur qui possède une force supérieure d’argumentation et une autorité évidente. Il donne à voir l’ampleur du désastre psychologique qui s’ensuit. 

La chaîne des manquements sociaux est criante tout au long de la lecture. Nous sommes dans les années 1980, à Paris, et la non-assistance à personne en danger est aussi saisissante qu’hallucinante. Un père absent, une mère qui se laisse rapidement convaincre du bienfondé de la relation, un personnel hospitalier qui ne voit rien, des amis qui ne s’alertent pas, des policiers qui ne prêtent aucun crédit aux lettres de dénonciation… Et Vanessa Springora sombre doucement mais sûrement. ... »

Rencontre avec Pierre Bergounioux : compte rendu de la réunion du 30/11/2019

 

Compte rendu de la réunion de l'APA, tenue le samedi 30 novembre 2019. En présence de Yves Charnet et Véronique Leroux-Hugon.

Ce compte rendu, rédigé par par Chantal de Schoulepnikoff et Élizabeth Legros Chapuis, est paru sur le site de l'APA le 28 décembre 2019

"Lutter contre les ravages de l’oubli

« Parmi les écrivains que je connais, vous êtes le seul qui parle comme il écrit ». Cette remarque formulée par une participante à la fin de l’exposé de Pierre Bergounioux résume bien le sentiment général du public groupé autour des deux orateurs et de Véronique Leroux-Hugon, animatrice de ce débat. Le public composé de membres de l’APA et de personnes de l’extérieur, parfois anciens élèves de Pierre Bergounioux, groupé en demi-cercle autour des intervenants, était nombreux et d’autant plus attentif que la sonorisation faisait défaut..."

En 2020, s'affranchir d'Amazon ?

 

En 2020 vous aimeriez, pour vos achats de livres, vous affranchir d’Amazon.

C’est possible puisque des libraires s’organisent et offrent un service identique.
Sur le site « Place des Libraires » vous troiuvez 1 1 724 893 livres numériques et papiers disponibles dans 698 librairies. Vous pouvez savoir quelle librairie, proche de chez vous, a en stock le livre de votre choix. Et soit le réserver pour le chercher à votre convenance, soit le commander et vous le faire livrer.
Le prix du livre est le même partout en France depuis l’instauration du « prix unique » (loi n° 81-766 du 10 août 1981).

 

Créé il y a une dizaine d'années, le site de vente en ligne lalibrairie.com regroupe 2 500 libraires et propose à ses clients de commander des livres en ligne et de se les faire livrer chez eux ou dans des points librairies. 

Marie Darrieussecq : L'écriture pour se dire

 

Un entretien publié par CFDT Magazine (n° 459-janvier2020) [magazine@cfdt.fr]

"... Ecrivaine, traductrice, citoyenne engagée, cette auteure prolixe, ex-psychanalyste, s'est imposée en vingt-cinq ans comme une grande plume de la littérature contemporaine..."

Son dernier livre « La Mer à l’envers »

L'accueil dans la presse

La bande dessinéee en france

 

A l'occasion de l'année de la BD (janvier 2020-janvier 2021), une étude du Ministère de la Culture

La bande dessinée, art jeune apparu au XIXe siècle peu avant le cinéma, connaît depuis près de vingt-cinq ans une forte expansion, à laquelle la France contribue largement, en tant que troisième pays producteur mondial. Sa production a été multipliée par dix depuis 1996. La vitalité de la création en bande dessinée se caractérise par une diversification artistique qui a donné naissance à des formes nouvelles et exigeantes. La sphère d’influence du 9e art s’est par ailleurs considérablement élargie, interagissant avec plusieurs autres expressions artistiques telles que le cinéma, le film d’animation, les jeux vidéo, les arts plastiques et la littérature, ce qui le place au carrefour de plusieurs arts. Pratique culturelle de premier plan, la bande dessinée attire sans cesse de nouveaux lecteurs de livres, tous genres confondus. Elle est devenue le deuxième segment le plus dynamique du marché du livre en France avec, en 2017, une croissance de 13 % de son chiffre d’affaires, derrière les ouvrages de documentation. Elle constitue l’une des pratiques culturelles les plus importantes des Français. Elle est également un outil d’apprentissage de la lecture et l’un des premiers contacts avec le livre. Aujourd’hui, 8,4 millions de Français achètent des BD, soit 15,5 % de la population française. La moitié de ces ouvrages étant destinée à des cadeaux, les lecteurs de BD sont encore plus nombreux. Malgré son dynamisme, le secteur est marqué par des déséquilibres et des fragilités qui affectent notamment la situation économique et sociale des auteurs.

Joumana Haddad : “Le corps des femmes est le lieu de beaucoup de vengeances”

 

Un entretien avec Joumana Haddad à rpopos de son dernier livre "Le livre des reines". Entretien paru sur le site CHEEk MAGAZINE, le 6/11/2019

Alors que le Liban vit une révolution sans précédent, la femme de lettres et politicienne libanaise Joumana Haddad sort chez Actes Sud son dernier opus: Le Livre des reines. La saga familiale de quatre générations de femmes, au cœur des conflits qui ont jalonné l’histoire du Moyen-Orient.

Plus jamais la guerre

 

Un article d'En Attendant Nadeau, patu le 17 décembre 2019

Près de deux ans après avoir publié, pour la première fois en français, des extraits du journal de Käthe Kollwitz, L’Atelier contemporain en donne l’intégralité. Les lecteurs de l’allemand pouvaient déjà y accéder depuis 1989. Cette nouvelle édition est sans doute motivée par la tenue d’une rétrospective la concernant au musée de Strasbourg (octobre 2019-janvier 2020). Toute cette actualité rend pleinement justice à une artiste dont l’œuvre puissante mérite d’être connue et dont le journal a de quoi devenir un livre de chevet pour qui s’intéresse à l’art, à l’histoire ou à l’écriture de soi.

Écrire, à quoi ça sert ?

 

Un article d'En Attendant Nadeau, paru le 5 novembre 2019, à propos du livre "ICEBERGS" de Tanguy Viel

« Il y a des livres qui paraissent écrits, non pour l’instruction du lecteur, mais pour lui apprendre que l’auteur savait quelque chose. » La phrase est de Goethe. Elle apparaît dans le chapitre « Le démon de la citation » d’Icebergs, premier essai du romancier Tanguy Viel. Un ensemble de textes sur la possibilité d’être écrivain, justement, sur le doute, l’imposture qui guette, sur le droit d’écrire aussi et la nécessité de « vitrifier son impuissance » avant qu’elle ne gagne. Aucune recette ici, aucune autosatisfaction, nuls mémoires : mais une plongée dans l’intimité de l’écriture.

Biographie hospitalière/écrire la vie des patients pour qu’ils se sentent mieux

 

Entretien avec Valéria Milewski, biographe hospitalière (entretien paru sur le site ACTUSOINS, le 4 décembre 2019)

Depuis 2007, dans le service d’Oncologie-Hématologie de l’hôpital Louis Pasteur de Chartres, Valéria Milewski, biographe hospitalier, travaille au sein de l’équipe soignante, sans porter la blouse. Elle propose gratuitement aux personnes gravement malades d’écrire leur vie.

 "Pourriez-vous nous raconter vos journées ?

Je fais le tour du service pour dire bonjour à toute l’équipe, secrétaires, agents de service, médecins, aides-soignantes et infirmières.

Je regarde systématiquement, dans le poste de soins, le tableau des personnes hospitalisées. J’observe si les personnes biographiées en cours sont toujours là et s’il y a des entrants que je connais. Une absence indique soit un décès, soit un retour à domicile...."

Lettre à mes amis libanais

 

Après son séjour à Beyrouth, en novembre 2019, Catherine Malard nous fait part de sa découverte du "nouveau" Liban qui émerge sous nos yeux. (Lettre du 6 décembre 2019)

"Vous m’aviez conviée au Salon du livre francophone mais à cause des « évènements », le Salon fut annulé. Etrange comme vous reprenez cette expression qui, de 1975 à 1990, recouvrait la tragédie de la guerre civile. Les gens de ma génération comme les plus âgés l’ont encore en mémoire, nous Français si liés à votre pays par les liens de l’histoire. Maintenant, vous dites de nouveau « les évènements » pour nommer la révolte sans précédent qui galope du nord au sud, ponctuée de « thaoura - thaoura » (1), l’exaltante formule que scandent des milliers de Libanais de Tripoli jusqu’à Tyr, de Baalbek jusqu’à Nabatiyeh, en passant par Zahlé. « Il y a mieux que le Salon du livre, le Salon de la révolution bat son plein dans les rues. On file place des Martyrs » (2), lance Elias, à ma descente d’avion, samedi 9 novembre.

Depuis 1992 que je fréquente le Liban pour des missions de formation à l’Université, je n’avais jamais entendu vos langues se délier à ce point. Jamais vous n’avez parlé comme vous le faites actuellement, "

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1) Révolution 

(2) Une des places du centre ville de Beyrouth avec la place Riad Al Solh, proches du Sérail (siège du parlement)  

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à propos du livre "Faux passeports", note de Pierre Ahnne

 

Un article de Pierre Ahnne paru le 7 décembre 2019 sur son blog. Reproduit ici avec son aimable autorisation.

"Voilà un livre, et, peut-être, de plus d’une manière, d’un autre temps. Et c’est ce qui en fait, pour une part, l’intérêt. En octobre 1917, Charles Plisnier a 23 ans. Son enthousiasme fait de ce jeune juriste belge un avocat dévoué à la cause du communisme, doublé d’un « agitateur » (il le dit lui-même) : militantisme effréné et quelques missions dangereuses, à la grande époque du Komintern. Puis, c’est l’exclusion, pour trotskisme, au congrès d’Anvers, en 1928. Dans une œuvre, semble-t-il, bien de son temps (Mariages, Meurtres, La Beauté des laides…), Faux passeports, prix Goncourt 1937, tranche. Pour étoffer et unifier ce qui ressemblait trop à un recueil de nouvelles, l’auteur, à la demande de son éditeur (Buchet-Chastel-Corréa), y ajoute le chapitre final, Iégor, où il évoque Anvers, le conflit entre staliniens et trotskistes, les procès de Moscou, et cet « héroïsme du déshonneur » qui poussait les accusés à s’inventer des crimes parce que le Parti le voulait...."

entretietien avec Sylvain Prudhomme à propos de son ivre "Par les routes"

 

Entretien réalisé par Georgia Makhlouf pour 'L'Orient Littéraire" n° 162 - décembre 2019, avec Sylvain Prudhomme à propos de son ivre "Par les routes" 

Son dernier roman Par les routes vient d’obtenir le prestigieux Prix Femina, après avoir également été récompensé par le Prix Landernau des lecteurs et le Prix Summer de la fête du livre de Bron. Beau triplé pour Sylvain Prudhomme qui avait déjà été récompensé par le Prix Louis-Guilloux en 2012 pour Là, avait dit Bahi, le Prix littéraire de la Porte dorée en 2014 pour Les Grands, le Prix Révélation de la SGDL et le Prix François-Billetdoux en 2016 pour Légende. 

Quand l’Histoire devient personnelle

 

Un article paru dans "EN ATTENDANT NADEAU" (22/11/2019) à propos du livre de Pierre Birnbaum "La leçon de Vichy. Une histoire personnelle"

Parmi les nombreux témoignages, toujours émouvants, d’enfants juifs qui ont vécu cachés durant la Seconde Guerre mondiale, le récit de Pierre Birnbaum détonne. Voici un professeur émérite de la Sorbonne, auteur prolifique d’ouvrages et d’articles d’histoire et de sociologie politique, un érudit dont on n’a pas l’habitude de lire des confidences privées, qui se livre à une « introspection historienne » sur son enfance sous le régime de Vichy et la période qui a suivi. Elle aboutit à une découverte de son propre refoulement du sujet dans ses recherches, une prise de conscience qu’une longue psychanalyse n’avait su mettre au jour.