Notes, Articles, Entretiens

Notes de lecture, ARTICLES, interviews, PRESSE ...

 

Des articles de membres de l'association ou de personnes extérieures. Des interviews, des entretiens. Ils sont présentés dans l'ordre de réception du plus récent au plus ancien.

Ces textes sont donc toujours personnels et ne reflètent pas "la pensée" de l'association. 

Vous voulez présenter un livre que vous avez aimé ou voire détesté, vous voulez réagir à une note de lecture, vous pouvez envoyer votre texte à cette adresse webmaster@ledireetlecrire.com.  

 

Notes de lecture de notre équipe en tirés à part 

Flaubert, adolescent incandescent : Mémoires d’un fou

 

Un article paru dans DIACRITIK (le 18/10/2021) à l'occasion de la parution de "Mémoires d'un fou" aux éditions 1001.

"Les éditions 1001 nuits livrent une nouvelle édition de l’éblouissant Mémoires d’un fou dont l’écriture fût initiée par Flaubert à l’âge de quinze ans et qu’il achèvera à l’hiver 1838. 

Être expert en navigation dans le temps et avoir la possibilité de retrouver tous les instants de sa vie en un éclair et à n’importe quel âge : c’est ce genre de folie que dit ce récit signé par un Flaubert adolescent semblant avoir tout vécu. À la fin de sa vie – son journal en témoigne – il peut être illuminé comme s’il posait son regard sur la campagne normande pour la première fois. De quel genre de passage spécial dans le temps parlons-nous ici ? On peut avancer les mots autobiographie précoce si l’on veut mais il s’agit avant tout de s’adonner massivement à la littérature, de vivre uniquement à partir de cette visée. Flaubert est un forçat, qui opère très tôt une mise en joue radicale de la société. « …je ne suis pas entré (comme on dit) dans la société, car elle m’a paru toujours fausse et sonore, et couverte de clinquant, ennuyeuse et guindée. » Il se consacre exclusivement à la lecture, à la concentration. Départ canon ! Flaubert évoque son destin d’écrivain comme s’il était déjà derrière lui..."

Portraits d’écrivains en héritiers mineurs

 

Un article paru le 13 octobre 2021 dans EN ATTENDANT NADEAU à propos de

"Trois récits de généalogie familiale accompagnent cette rentrée littéraire, Sages femmes de Marie Richeux, Une vie cachée de Thierry Hesse et Les enfants de Cadillac de François Noudelmann. Dans chacun d’eux, un auteur ou une autrice reconnue, établie, s’éprouve comme le premier ou la première écrivant-e de sa famille, revient sur l’origine modeste et minorée de celle-ci, en interroge les silences, interrogeant ainsi les malaises de l’histoire nationale, qui n’en manque guère. Et de l’un à l’autre de ces récits, avec d’évidentes différences de ton et d’attention littéraire, une figure autobiographique commune prend consistance : celle de l’écrivain en héritier généalogique d’histoires et de figures mineures, souvent tues, qu’il lui appartient de déchiffrer et de faire connaitre, voire de réhabiliter. S’ensuivent des récits de soi qui font de l’activité d’écrire la secrète survivance familiale de façons d’être ou d’activités professionnelles socialement peu valorisées – et de l’humilité une sorte de patrimoine ou de matrimoine littéraire...."

Camille de Toledo : « Conter une autre histoire de l’avenir »

 

Un entretien avec l'auteur du livre "Le Fleuve qui voulait écrire", paru dans DIACRITIK du 13 octobre 2021

"Dans un grand entretien, et au nom du Parlement de Loire, Camille de Toledo a accepté de répondre aux questions de Diacritik pour nous présenter cette autre Vie nouvelle, à l’échelle des écosystèmes, qu’est Le Fleuve qui voulait écrire. À l’origine du collectif, il a animé les auditions du parlement avant de mettre en récit les voix plurielles déployant une interrogation essentielle portée par Loire : « Et si les entités naturelles, rivières, montagnes, forêts, océans, glaciers et sols… étaient, à force d’exploitation, de prédation, en voie d’inventer leur grammaire, exigeant leur représentation ? »

Il va être extrêmement complexe de rendre la richesse du Fleuve qui voulait écrire en quelques questions. Mais peut-être peut-on commencer par revenir sur l’origine de ce livre : il est « le dépôt » (au sens géologique du terme d’abord) de deux années de travail, de notes et enregistrements, des auditions et débats, puis le rassemblement et la « mise en récit » de ces auditions, une mise en récit qui est mise en commun et partage, à la fois rassemblement et déploiement. Peux-tu nous raconter la genèse de ce projet qui est aussi une expérience ?

… il y a un désir, le long de Loire, de penser un parlement de la rivière, porté par Maud Le Floch et le pôle art et urbanisme. J’avais, de mon côté, cette pratique – je l’ai encore – autour de ce que je nomme les « institutions potentielles » ...."

Pierre Ahnne à propos de "Smotshè, Biographie d’une rue juive de Varsovie

 

Article paru le 13 octobre 2021 sur le blog de Pierre Ahnne

"Jusqu’où ira le biographique ? En colonisant le roman, au moins ne changeait-il pas d’objet. C’était toujours l’histoire de gens… Benny Mer, journaliste, traducteur et éditeur israélien, change l’objet, lui, et, du coup, inaugure un genre nouveau : la biographie de lieu — ici, de rue. 

La rue Smotshè (en yiddish), Smocza (en polonais) était une longue artère dans un des quartiers juifs de Varsovie. Elle s’est trouvée placée au cœur du ghetto. Notre auteur a entrepris de rassembler tout ce qu’il a pu trouver sur ce sujet, c’est le cas de le dire, bien délimité : extraits de presse, textes littéraires, documents d’archives et témoignages recueillis auprès des rares anciens habitants encore en vie ou de leurs descendants. Il y a ajouté des photos, prises, pour la plupart, entre les deux guerres. Et il a élaboré une construction simple et singulière : naissance de l’héroïne, à la fin du XVIIIe siècle ; sa vie d’un numéro à l’autre, avec trois pauses consacrées en particulier aux enfants de la rue, aux relations qu’y ont entretenues Juifs et Polonais non juifs, aux théâtres qui y ont existé...."

A PROPOS DE "CHANGER : MÉTHODE" ET AUTRES LIVRES D'EDOUARD LOUIS

 

Une recension de Christian Lejosne (sur son blog) à propos de "Changer : méthode" et autres livres d'Edouard Louis

"Édouard Louis boucle avec ce livre un cycle de cinq récits autobiographiques (1) commencé en 2014 avec Pour en finir avec Eddy Bellegueule. Sept années d'une trajectoire tout sauf linéaire, discontinue, fragmentée, pleine de ruptures, permettent, bon an mal an, à l'auteur de prendre place dans ce que l'on appelle l'ascenseur social. Né dans une famille ouvrière du nord de la France, pauvre et rurale, l'auteur franchit la frontière invisible le menant à la classe moyenne d'une ville de province (Amiens) puis à Paris où il se croit (pour un temps) parvenu au sommet du monde. Un parcours atypique de transfuge de classe et d'homosexualité progressivement assumée qu'il cherche à décrypter à travers ce livre. Pour gravir les différents échelons de la société, il utilise chaque fois la même méthode : le mimétisme pour tenter de s'adapter ; puis, faute d'y parvenir, la fuite vers d'autres contrées. Allant jusqu'à se perdre tout à fait. Pour se trouver enfin ? ..."

Savoir faire émerger une voix et un univers, trouver la langue qui va le porter

 

Un entretien paru dans L'INVENTOIRE, revue électronique d'ALEPH-ECRITURE, le 9 octobre 2021

Christophe Duchatelet est l’auteur de trois romans : Le Stage agricole, Flammarion, 1997. Pelles & Râteaux, Calmann-Lévy, 2008. Par-dessus ton épaule, Grasset, 2017. Il travaille dans l’édition comme ghostwriter et conseiller littéraire. Cofondateur de La Revue Perpendiculaire (Flammarion, 1995-1998), il a également été scénariste pour la TV et le cinéma. Il enseigne le storytelling éthique à l’Iscom. Titulaire d’un master de Création littéraire à l’Université de Paris 8, ses recherches littéraires explorent la question des voix (humaines et non humaines) à travers des récits aux accents fantastiques (écologie, nouvelle alliance avec le vivant).

... aimez-vous parler de vos livres ?

 

 Mis à jour

Des auteurs répondent sur "Le nouveau blog de Pierre Ahnne"

"Pour fêter le dixième anniversaire de mon blog, créé en septembre 2011, j’ai demandé à des écrivains que j’ai rencontrés ou dont j’ai parlé au cours de ces dix années de répondre à une question : « Aimez-vous parler de vos livres ? » Les textes qu’ils m’ont fait l’amitié de m’adresser paraîtront, à raison d’un par semaine, dans l’ordre où ils me sont parvenus"

  Gilles Sebhan (28/08/2021)
 

Patrick Boman (04/09/2021)

  Anne Serre (11/09/2021)
  Eric Faye (25/09/2021) 
  Stéphane Lambert (02/10/2021)
   Hélène Veyssier (09/10/2021)
Victor Remizov (16/10/2021) 

Hyam Yared réinvente l’intime au milieu du désastre

 

Un article de Georgia Makhlouf paru le 07/10/2021 dans L'ORIENT LITTERAIRE, à propos du livre "Implosions" de Hyam Yared

"Un couple et un pays qui explosent en même temps, voilà le sujet dont Hyam Yared s’empare pour son sixième roman qui vient de paraître. Elle le fait avec une énergie remarquable, conférant à son récit un rythme battant qui ne faiblit pas, un souffle jubilatoire.

Le 4 août 2020 de sinistre mémoire, la narratrice est chez sa psychothérapeute avec son mari. Ensemble, ils ont décidé d’entreprendre de sauver leur couple qui, après un temps d’amour brûlant, connaît une traversée du désert à laquelle ils ne se résignent pas. Lui se plaint de son pessimisme qui a tué entre eux l’érotisme, de ses humeurs qui changent aussi vite que défilent les secondes, de son désir de quitter le pays qui resurgit à tout propos car tout déteint sur son humeur : la situation politique, la parution d’un livre, la dévaluation de la monnaie locale, les couches tectoniques de l’Histoire ... "

Zoom sur Joyce Carol Oates

 

Un article de DIACRITIK (23/09/2021)

"Evidemment, on ne présente plus Joyce Carol Oates, tant son œuvre est présente et déterminante dans le paysage littéraire contemporain. Que peut faire la ou le critique face à cette œuvre pléthorique et d’une telle ampleur ? S’agit-il de dire quelques mots de tel ou tel livre, d’en signaler la sortie au moyen des phrases habituelles empruntées à la rhétorique du marketing et de la com ? 

Ce n’est évidemment pas la voie choisie par Christine Marcandier qui, depuis la création de Diacritik, suit, livre après livre, l’œuvre de Joyce Carol Oates pour en dresser un portrait, en tracer les lignes évidentes mais surtout souterraines, récurrentes, celles qui résonnent et s’amplifient au fur et à mesure. La critique est ainsi un exercice au long cours de réflexion, de cartographie, de création, d’accompagnement amoureux...."

entretien avec Dan Nisand

 

Entretien publié sur le blog de Pierre Ahnne le 22/09/2021

"Né en 1978, Dan Nisand vient de publier, aux Avrils (groupe Delcourt), un premier roman, Les Garçons de la cité-jardin. J’ai été impressionné (voir ICI) par l’ampleur de l’entreprise, qui conjugue brillamment drame social, tragique familial, portrait d’un lieu et d’une région. Et par l’audace consistant à choisir, en fait de région, l’Alsace, difficile à dépeindre et, du reste, rarement dépeinte en dehors de ses frontières. Tant de culot et d’originalité méritait bien quelques questions…"

Près de 5000 livres détruits : est-ce la solution ?

 

Sous prétexte de réconcilation avec les Premières Nations, le Conseil scolaire catholique Providence de l'Ontario fait détruire des milliers de livres

Radio Canada rend compte des autodafés de livres

"Une grande épuration littéraire a eu lieu dans les bibliothèques du Conseil scolaire catholique Providence, qui regroupe 30 écoles francophones dans tout le Sud-Ouest de l’Ontario. Près de 5000 livres jeunesse parlant des Autochtones ont été détruits dans un but de réconciliation avec les Premières Nations, a appris Radio-Canada.

Une cérémonie de purification par la flamme s’est tenue en 2019 afin de brûler une trentaine de livres bannis, dans un but éducatif. Les cendres ont servi comme engrais pour planter un arbre et ainsi tourner du négatif en positif.

Une vidéo destinée aux élèves explique la démarche : Nous enterrons les cendres de racisme, de discrimination et de stéréotypes dans l’espoir que nous grandirons dans un pays inclusif où tous pourront vivre en prospérité et en sécurité..."

  • L'intégralité de l'article

    Dernière minute

    Suzy Kiesla, l'autoproclamée « gardienne du savoir », n’est pas Autochtone. On ne trouve aucun ancêtre autochtone sur sept générations à la coprésidente de la Commission autochtone du Parti libéral du Canada...

     

La Passion de Max Le Corre

 

Un article de EN ATTENDANT NASEAU (01/09/2021) à propos du livre de Tanguy Viel "La fille qu'on appelle"

"Si l’on faisait un pas de côté pour évoquer l’œuvre de Tanguy Viel, on trouverait Cet homme-là (Desclée de Brouwer, 2011) dans lequel l’auteur de Paris-Brest raconte sa version ou vision de Jésus. Pas en croyant ou pratiquant, non, en curieux. Ce pas de côté, on en trouvera la trace dans La fille qu’on appelle, son nouveau roman. Max Le Corre, boxeur approchant de la rédemption, y choisit l’échec et la chute pour venger et sauver Laura, sa fille. Cette lecture christique est l’une des pistes qu’offre ce magnifique roman...."

Tanguy Viel : « Je préférerai toujours la littérature à la politique »

 

Un entretien avec Tanguy Viel paru dans DIACRITIK (2/09/2021) à propos de son dernier livre La Fille qu’on appelle

"Avec La Fille qu’on appelle, Tanguy Viel signe sans aucun doute son plus grand roman à ce jour. Dans une ville de province, une jeune femme, Laura, fille du boxeur Max Le Corre et mannequin à ses heures, décide un jour d’aller rendre visite à Quentin Le Bars, maire de la ville, afin qu’il lui trouve un logement. Mais une fois qu’elle rencontre cet homme de l’Ancien Régime, rien ne se passe comme prévu. Puissante et sombre fable contemporaine, La Fille qu’on appelle marque un tournant décisif dans l’écriture de Viel en questionnant plus avant les rapports sociaux, et notamment la domination du masculin dans la société française. Rarement un tel portrait de femme, aliénée par la tyrannie masculine, aura atteint en littérature une telle force politique. Autant de raisons pour Diacritik de partir à la rencontre du romancier pour discuter d’un des romans les plus remarquables de ces dernières années...."

SUR LE CHEMIN DES ARTS DE LIRE

 

La Maison du Banquet et des générations deviendra, à la fin de cette année 2021, le Centre Culturel de Rencontres Les Arts de Lire.

Compte rendu

Une nouvelle équipe prendra les rênes de cet établissement, pensé et construit sur l’aventure intellectuelle unique que l’association Le Marque-Page a dessiné à Lagrasse depuis un quart de siècle autour des éditions Verdier.

C’est dans cette perspective que les 14 et 15 mai dernier, un séminaire était organisé dans la partie privée de l’abbaye de Lagrasse.Le projet de cette réunion de travail était de vérifier la pertinence des quatre thèmes sur lesquels nous souhaitons accompagner les équipes du CCR dans ces contrées des Arts de Lire, en confrontant ces quatre thèmes avec les meilleurs spécialistes, en ébauchant les pistes de recherches qui semblent les plus pertinentes ...

Pages blanches

 

Chaque mercredi du 14 juillet au 11 août 2021 – des articles de EN ATTENDANT NADEAU sur le thème du "BLANC".

"... Sujet vaste et stimulant qui provoque des associations infinies, ouvre des champs d’une grande diversité et accorde une vive liberté de ton. De l’histoire culturelle à la poésie, du politique aux arts plastiques, en passant par le cinéma, la psychanalyse, la philosophie ou la géographie, nous partageons des manières d’envisager cette couleur qui n’en est pas une, d’en explorer les correspondances. Depuis le vin blanc jusqu’aux Russes blancs, des théories d’Alfred Tarski aux flottements de Kawabata, de la lecture blanche au cinéma de Douglas Sirk, en passant par la Grèce, la peinture de Ryman, Malevitch, Malaval ou Giacometti, les univers de Lovecraft, Poe et Verne, du Mont-Blanc à la salle des cartes du Rivages des Syrtes… toute l’équipe d’EaN s’est saisie, au gré d’envies, d’idées ou de savoirs, d’un petit morceau d’une constellation intellectuelle et sensible qui, par nature, paraît infinie. ..."

Maylis de Kerangal dévoile son refuge pour écrire...

 

Un article de OUEST FRANCE (22 jullet 2021)

"Pour l’auteure de « Réparer les vivants », écrire, c’est d’abord du temps et un lieu pour le faire. Depuis dix-sept ans, elle travaille dans une chambre de bonne du Marais, avec vue sur les toits de Paris, un refuge propice à la concentration, à l’intimité nécessaire au travail littéraire. Septième épisode de notre série Univers d’écrivains.

Chaque matin, en semaine, Maylis de Kerangal quitte l’appartement familial pour gagner le lieu où elle écrit, quelque part entre la place des Vosges et la Bastille. L’écrivaine nous a donné rendez-vous dans un café, à 10 h, début juillet 2018. Les pierres ravalées des immeubles anciens et l’élégance des devantures du quartier diffusent une atmosphère luxueuse. Rien de tout cela n’existait en 1999, quand elle a emménagé ici, avec conjoint et enfants. L’embourgeoisement des lieux les a rapidement poussés à migrer plus à l’est de la capitale. S’est alors posée une question : devait-on conserver la chambre ? ..."

En attendant la résidence #1 : comment je suis devenue écrivaine…

 

Un entretien avec Ysiaka Anam avec le avec les bibliothécaires de la Roseraie (Angers)

"Quels étaient tes rêves d’enfant et les as-tu réalisés ?

Je suis très sensible au monde de l’enfance. Enfant, j’étais une grande rêveuse, assez solitaire pas mal prise dans son monde intérieur.  Cela va paraître banal, mais ce qui me faisait rêver c’était de devenir écrivain ; qu’écrire fasse partie du cœur de ma vie. Donc je ... "

Ysiaka Anam est née en Afrique de l'Ouest, avant de suivrel'exode familial vers la France.
Elle grandit en région parisienne, puis s'installe dans le sud de la France.
Après des études dans différentes disciplines des Sciences Humaines et Sociales, elle traverse le secteur associatif dans ses différentes facettes : culture, écologie, social. C'est la rencontre de l'autre, dans ce qui fait son humanité, qui l'intéresse plus particulièrement. L'écriture accompagne ses hivers extérieurs et intérieurs, depuis le jour où elle s'est retrouvée mêlée à une autre langue que celle de ses aïeux, et à un autre climat que celui de sa terre natale. Une écriture où elle aime croiser son expérience vécue à des moments de glissement et de fissure dans le réel.
Et ma langue se mit à danser est son premier livre.

Rose-Marie Lagrave : transfuge de classe, un parcours exemplaire ?

 

Un entretien avec l'auteure du livre "Se ressaisir. Enquête autobiographique d’une transfuge de classe féministe" (France Culture du 15 février 2021)

"D'une école primaire rurale à l'EHESS, un regard rétrospectif qui intègre l'histoire collective, la ruralité, le féminisme des années 60, la famille, les institutions... La sociologue Rose-Marie Lagrave publie "Se ressaisir" (La Découverte, 2021). Elle est notre invitée aujourd'hui.

De son propre aveu, il lui a fallu 76 ans et une commande extérieure pour parler d’elle-même, d'autant plus que le « moi » n'est en réalité pas le sujet de cet ouvrage. La sociologue Rose-Marie Lagrave publie "Se ressaisir. Enquête autobiographique d’une transfuge de classe féministe" (Collection « l’Envers des faits », La Découverte, 11/02/2021)...."

Delphine de Vigan : le roman de nos servitudes volontaires

 

Un entretien avec Delphine De Vigan à propos de la parution de son livre "Les Enfants sont rois", Gallimard, 2021 (propos recueillis par Georgia Makhlouf - paru dans L'ORIENT LITTERAIRE du 01/07/2021)

"Les Enfants sont rois est le dixième roman de Delphine de Vigan. La romancière, qui est aussi scénariste et réalisatrice, a conquis une très large audience avec Rien ne s’oppose à la nuit (Prix du roman Fnac, Prix des lectrices de Elle, Prix France Télévisions et Prix Renaudot des lycéens) et D’après une histoire vraie qui obtient le Prix Renaudot et le Goncourt des lycéens. Très à l’écoute du monde comme il va, De Vigan consacre son dernier ouvrage aux chaînes YouTube familiales, machines bien rodées au service de la célébration d’une consommation débridée et sans limites. Et qui pour ce faire, mettent en scène des enfants « heureux » sans cesse occupés à acheter, manger et exposer leurs vies devant les caméras. Roman âpre et inquiet, il prend la forme d’un polar superbement mené qui se lit d’une traite. Et laisse dans le cœur une profonde mélancolie face aux dérives d’une époque où tout s’expose et se met en scène jusqu’à la nausée...."

"Les livres dont j'ai parlé au cours du mois écoulé..." (Pierre Ahnne)

 

Pierre Ahnne a eu la bonne idée de créer une rubrique mensuelle sur son blog

"Ils ne sont pas forcément tous parus en mai, mais c'est en mai que j'en ai parlé. J'inaugure cette nouvelle rubrique, Mes livres du mois, dans laquelle je récapitulerai, à la fin de chaque mois, les ouvrages que j'aurai chroniqués : une ligne ou deux sur chacun, et un lien vers l'article, pour ceux qui souhaiteraient le (re)lire..." 

Les Moments littéraires n° 46 : Simone de Beauvoir et autres femmes diaristes

 

Sur son blog, Pierre Ahnne présente le numéro 46 de la revue LES MOMENTS LITTERAIRES

"Habituellement, chaque numéro de la revue Les Moments littéraires a son thème : Diaristes suisses (numéro 43, voir ici), Diaristes belges (numéro 45, voir ici), dossier consacré à un(e) auteur(e) (Claudie Hunzinger, numéro 42, voir ici, Catherine Safonoff, numéro 44…).

Pour le numéro 46 de cette Revue de l’écrit intime, le thème semble être : Femmes diaristes. On y trouve surtout un morceau de choix : deux extraits inédits du volumineux, quoique intermittent, journal de Simone de Beauvoir, présentés par Sylvie Le Bon de Beauvoir, sa fille adoptive. Deux extraits assez différents… Du 28 février au 3 mars 1945, la philosophe, en route vers le Portugal pour y faire des conférences, s’arrête à Madrid, où elle n’était pas retournée depuis 1931. Elle s’émerveille de tout, et, d’abord, après les années d’occupation en France et alors que la guerre (à laquelle l’Espagne, pays neutre, n’a pas participé) n’est pas encore finie, de l’abondance dans les commerces. Prise d’« un étourdissement alimentaire », elle détaille avec gourmandise chacun de ses menus..."

réédition de Mein Kampf : suite

 

Deux articles de EN ATTENDANT NADEAU

1*- Une réédition critiqu(é)e (16 JUIN 2021)

"Soixante-dix ans après la mort de son auteur, Mein Kampf tombait en 2016 dans le domaine public. Depuis plusieurs années, une équipe d’historiens allemands travaillait à la rédaction de l’appareil critique sans lequel la réédition de ce livre n’aurait pas été autorisée. Bien sûr, le texte circulait déjà sous le manteau et sur Internet. Mais il devenait légalement possible de faire concurrence à l’édition sauvage et d’y opposer une édition scientifique. Le 2 juin dernier, soit cinq ans plus tard, une équipe d’historiens français vient de publier à son tour une édition critique « adaptée et prolongée » de l’édition allemande du même objet...."

2*- Entretien avec Olivier Mannoni (16 JUIN 2021)

"Olivier Mannoni a déjà traduit plusieurs livres d’histoire du nazisme écrits en allemand : La résistance allemande à Hitler de Joachim C. Fest (Perrin, 2009), Soldats de Sönke Neitzel et Harald Welzer, ou encore le l’ouvrage collectif Grand-père n’était pas un nazi (Gallimard, 2013). Cette fois-ci, il est le maître d’œuvre d’Historiciser le mal, l’édition française commentée de Mein Kampf. Tandis que Sonia Combe rend compte du travail de l’équipe de Florent Brayard, Olivier Mannoni évoque les problèmes que cette traduction lui a posés...."

 Voir aussi :

Victor Segalen dans la Pléiade

 

Un article paru sur NONFICTION.fr du 9 juin 2021

La publication des œuvres de Victor Segalen dans la Pléiade est l’occasion de redécouvrir sa vision singulière de l’exotisme.

Franchir la frontière, changer de corps, de lieu, de temps : il y a là matière à plaisir, à jouissance, et, en conséquence, à angoisse, puisque nos certitudes vacillent lors de telles traversées. Toutefois, des passages de cette sorte ne sont pas synonymes de coupure : le voyageur ne fait qu’emmener avec lui ses propres bagages, sa propre interprétation de l’univers, son propre inconscient. C’est pourquoi franchir le seuil n’est souvent qu’un leurre. L’étrangeté espérée n’est plus qu’un affalement dans l’orthodoxe puisque l’inconscient ne connaît pas la traversée des frontières. Éternel traître, il fait de nous des êtres répétitifs....

La robe kabyle de Maïwenn

 

A propos du film ADN de Maïwenn, un article paru le 30  octobre 2021 sur le site AFRICULTURES

"À quelques heures d’une vie reconfinée, j’ai pris la direction du Louxor, un cinéma du quartier de Barbès à Paris. Le dernier film de Maïwenn ADN vient de sortir. La réalisatrice y explore ses origines algériennes à travers un récit initiatique. Au programme : des sanglots à intervalles réguliers, et puis des rires salutaires, aussi. Chronique. 

La robe kabyle de Maïwenn

Ceux qui ont l’œil se souviendront de Maïwenn (interprétant la journaliste Melissa Zahia), chez elle en robe kabyle, dans son film Polisse. Ceux qui n’ont pas l’œil se demanderont “- Et alors ?” Et alors, pour une réalisatrice qui défend l’importance du costume au cinéma, c’est un détail qui compte. Un élément sémiotique qui se glisse là, sans véritable fonction narrative, qui se glisse là comme on glisse un drapeau algérien dans un match de foot France-Brésil. Qui se glisse là pour dire le tourment volcanique de ceux qui viennent de, qu’ils viennent d’Algérie ou d’ailleurs. La robe kabyle de Polisse, c’est la promesse du film à venir, ADN. Avec ADN, Maïwenn reproduit à l’infini le dispositif de la robe kabyle. Partout, ça se glisse là. Sur une table basse, rangés méthodiquement, des livres. L’art de perdre, d’Alice Zeniter. Un roman de Kaouther Adimi dont on ne voit pas le titre. Et puis l’iconique Nedjma, de Kateb Yacine. Ça, c’est la bibliothèque de Neige (Maïwenn), qui aurait dû s’appeler Nedjma...."

« Le parti du diable » de Jean Genet sur papier bible

 

A l'occasion de la parution de romans et poèmes de Jean Genet dans la Pléiade, un article paru dans nonfiction.fr le 6 juin 2021

Après son théâtre en 2002, ce nouveau volume de la Pléiade propose les éditions clandestines originales des romans et poèmes de Jean Genet, tel qu’en lui-même enfin.

L’écriture des romans et des poèmes de Jean Genet (1910-1986) se concentre sur une période remarquablement brève : six années, de 1942 – date de la publication à compte d’auteur du poème Le Condamné à mort, dédié « à Maurice Pilorge assassin de vingt ans », sous la forme d’une plaquette imprimée à une centaine d’exemplaires – à 1948, où paraît l’édition clandestine de Journal du voleur, imprimée à 400 exemplaires par Albert Skira à Genève. Découvrant le manuscrit de Notre-Dame-des-Fleurs en février 1943, Cocteau s’exclame : « c’est le grand événement de l’époque. Il me révolte, me répugne et m’émerveille. » Jean Genet écrit sur les marges de la société depuis les marges de la littérature....

Historiciser le mal, une édition critique de Mein Kampf"

 

Une polémique autour de la réédition de Mein Kampf

L'ouvrage, titré "Historiciser le mal, une édition critique de Mein Kampf", est une version critique du manifeste d'Hitler. Il est le fruit de cinq années de travail réalisé par une douzaine de spécialistes du nazisme. Le volume comporte presque 1 000 pages, dont un tiers pour le texte original, et deux tiers pour l’appareil critique.

La diffusion se fera selon des modalités peu communes, c'est-à-dire uniquement chez les détaillants qui prendront l'initiative de le commander, a indiqué Fayard dans un courrier adressé aux libraires.

Le point de vue de Serge Klarsfeld,  président des Fils et filles des déportés juifs de France : Serge Klarsfeld défend la publication. Il a rappelé les traductions brutes qui circulent actuellement dans le monde, notamment dans certains pays arabes. Dûment pourvu des « rambardes » et autres « boucliers protecteurs » que forme l’appareil critique, « le livre nous arme efficacement contre les mensonges d’autrefois qui sont plus ou moins les mêmes que les fake news d’aujourd’hui ».

Le Sénat vote une loi pour l'économie du livre et contre Amazon

 

Votée au sénat, en passe de l'être à l'Assemblée Nationale, cette loi est-elle favorable ou non au livre et aux consommateurs. Amazon, puisque les initiateurs de la loi disent vouloir le combattre en sortira-t-il renforcé ?

Mardi 8 juin 2021 dans l'après-midi, les sénateurs ont adopté la proposition de loi visant « à conforter l'économie du livre et à renforcer l'équité et la confiance entre ses acteurs » à la demande du groupe Les Républicains. Porté par la sénatrice Laure Darcos, ce texte avait soudainement trouvé grâce aux yeux d'Emmanuel Macron, qui décidait ce 21 mai dernier d’apporter le soutien du gouvernement, d’une part et de l’autre, d’engager pour le faire adopter une procédure accélérée.

Quarante années après le vote de la loi Lang, la sénatrice Laure Darcos avait à cœur de prolonger le principe d’équité : depuis le prix unique du livre, à un prix unique des frais de port, il s’agissait de rétablir la concurrence déloyale entre librairies et Amazon, pour faire simple. Car, bien que d’autres revendeurs en ligne se soient alignés sur les coûts de frais de port à 1 centime, c’est avant tout parce qu’Amazon, « acteur important, a obligé les concurrents à s’y conformer », indique la sénatrice. Il est d’ailleurs étonnant « que l’autorité de la concurrence n’ait rien trouvé à dire »....

11ème Baromètre sur les usages des livres imprimés, numériques et audio

 

Nouveaux lecteurs, achats, pratiques et fréquence de lecture en hausse : 2020, une année de lecture de livres imprimés, numériques et audio

La SOFIA (Société française des intérêts des auteurs de l'écrit), le SNE (Syndicat national de l'Edition) et la SGDL (Société des gens de lettres de France) publient les résultats de la 11ème édition du baromètre des usages du livre numérique. Menée par Médiamétrie au début de l’année 2021, cette enquête étudie les habitudes de lecture des Français au cours de l’année 2020....

A propos de "La saga des Cazalet" d’Elizabeth Jane Howard

 

Deux articles parus sur le site EN ATTENDANT NADEAU

L'édition en cours de "La Saga des Cazalet" comprend actuellement 3 tomes :

  1. Etés anglais
  2. A rude épreuve 
  3. Confusion 

• Etés enfouis [à propos du tome 1 : Etés anglais] 

Le roman original d’Elizabeth Jane Howard, The Light Years, est le premier volume d’une série de cinq intitulée The Cazalet Chronicles. Comme le rappelait  le critique du Guardian lors de la sortie du dernier tome, All Change, l’auteur, après sa séparation d’avec le romancier Kingsley Amis, cherchait à la fois des ressources financières et un sujet de roman capable d’absorber ses pensées. Pari réussi. Les quatre premiers volumes ont paru entre 1990 et 1995, le dernier, réclamé par les fans de Howard, en 2013, quelques mois avant son décès. La suite romanesque avait inspiré une série télévisée de la BBC en 2001, The Cazalets, et quarante-cinq épisodes diffusés sur Radio 4 l’année suivante.

L’Angleterre du rationnement [à propos du tome 3 : Confusion]

Le premier tome de La saga des Cazalet d’Elizabeth Jane Howard (1923-2014) s’arrêtait à l’annonce par Chamberlain des accords de Munich. Le domaine familial est proche de Hastings, de la côte toute désignée pour une invasion, mais c’est par le ciel que la guerre fait littéralement irruption chez eux au tome II, quand un bombardier allemand s’écrase dans le champ voisin. Accouru sur les lieux pour empêcher l’exécution sommaire des pilotes par les paysans du coin, l’adolescent pacifiste Christopher procède avec une remarquable maîtrise à leur arrestation. À la fin du volume, l’attaque de Pearl Harbor sème le doute dans l’esprit du jeune objecteur de conscience quant au bien-fondé de ses convictions, et met fin pour tous à l’espoir d’une conclusion rapide de la guerre. Le tome III, qui vient de paraître en français sous le titre Confusion, commence trois mois plus tard. ...

Traduire le bruit de l’Odyssée

 

A propos d'une nouvelle traduction de l'ODYSEE, un article de Santiago Artozqui, paru le 2 juin 2021 dans EN ATTENDANT NADEAU

"Il existe déjà une grosse vingtaine de traductions françaises de l’Odyssée, mais celle qu’Emmanuel Lascoux vient de publier apporte une touche aussi personnelle qu’appréciable à l’édifice narratif que les aèdes grecs commencèrent à bâtir au huitième siècle avant notre ère....

Souvent, la partie la plus intéressante de la retraduction d’un classique est la préface, parce que le traducteur y explique pourquoi il s’est lancé dans cette tâche, le résultat qu’il vise et les choix qu’il a faits. En effet, traduire, c’est avant tout choisir, privilégier tel aspect du texte plutôt que tel autre, tout simplement parce que, pour des raisons de syntaxe, de lexique ou de références culturelles distinctes, la langue d’arrivée ne permet pas de restituer l’ensemble du texte et du sous-texte présents dans l’original. Ainsi, ce qui va différencier une traduction de celles qui l’ont précédée, ce n’est pas sa « qualité », mais sa visée, et retraduire consiste principalement à mettre en avant une nouvelle facette de l’œuvre, à en faire une nouvelle lecture.

Alors, quelle était la visée d’Emmanuel Lascoux quand il s’est attaqué à cette traduction ? Donnons-lui la parole : « La langue d’Homère n’a jamais été parlée par personne d’autre qu’Homère, c’est-à-dire les aèdes. C’est une multi-langue artificielle, “littéraire” […]

Madeleine Kattan-Farhat : « Raconte-moi ta vie Tétà »

 

Un entretien sur le site L'INVENTOIRE, revue électronique d'Aleph Ecriture (31 mai 2021)

« Écrire et publier son histoire de vie » est un atelier d’écriture sur 8 mois qui permet aux participants, à partir de leurs souvenirs, de transmettre leur histoire sous forme de livre. Une initiative du Pélerin et d’Aleph-écriture. Nous avons rencontré Madeleine Farhat, une des participantes, qui a choisi de concentrer son récit autour de la période libanaise de sa vie.

L’Inventoire : Aviez-vous une pratique de l’écriture avant d’avoir suivi cet atelier ?

Madeleine Kattan-Farhat : Oui, j’ai rédigé quelques articles et des conférences publiés dans des revues professionnelles de soins. Au cours de mes études universitaires, j’ai rédigé différents travaux, un mémoire de maîtrise et actuellement je commence la rédaction d’un mémoire de maîtrise en théologie.

Pourquoi avez-vous souhaité écrire un livre sur votre parcours de vie ? … 

Nancy Huston : Éclats de beauté au milieu des ténèbres

 

A l'occasion de la parution de "Arbre de l'oubli" un entretien avec Nancy Huston paru le 3 huin 2021 dans L'ORIENT LITTERAIRE (Propos recueillis par Georgia Makhlouf)

Romancière, essayiste et dramaturge, Nancy Huston vient de publier son vingtième roman, Arbre de l’oubli, paru chez Actes Sud comme l’ensemble de son œuvre. Un livre ample et magnifique où l’on retrouve la veine de ses plus grands succès, Lignes de faille (prix Femina 2006) ou Instruments des ténèbres (Prix Goncourt des lycéens et prix du livre Inter 1996).

Huston brosse ici le portrait d’une famille américaine privilégiée mais surtout, elle tisse les fils souterrains qui relient cette famille aux drames du monde, la Shoah, l’esclavage, le terrorisme ou la grande pauvreté. Articulant blessures intimes et mémoire familiale, fractures identitaires et tragédies collectives, elle raconte le cheminement heurté de ses personnages vers l’émancipation, la construction de soi, la quête d’un bonheur fragile. Dans une chronologie bousculée mais efficace, elle parcourt l’histoire à coups d’aller-retour éclairants et de scènes-clés qui prennent à rebours la mythologie occidentale de la construction de l’individu et de sa pseudo-liberté. Car chacun est fait, à son insu parfois, de tant d’histoires collectives, de la somme de tant d’autres vies que la sienne. Entre mémoire et oubli, entre « le recto d’harmonie » et « le verso d’horreur », il importe que chacun puisse tracer sa route....

Paul Robeson : pour l’égalité

 

Un article de EN ATTENDANT NADEAU, le 25 mai 2021, à propos du livre Gerald Horne, Paul Robeson

C’est une vie belle et triste à pleurer que nous raconte l’historien américain Gerald Horne, à qui l’on doit également la biographie de W.E.B. Du Bois. Mais la vie de Paul Robeson (1898-1976) est aussi une histoire qui montre à quel point les métamorphoses de l’idée de « race » et les assignations et replis identitaires d’aujourd’hui constituent une régression par rapport aux mouvements émancipateurs du « court XXe siècle » dont parlait Eric Hobsbawm et par rapport à l’universalisme auquel l’acteur, chanteur, athlète et militant consacra sa vie – quitte à sacrifier sa carrière. ...

Écrire son histoire de vie : témoignages participants et formateurs

 

À l’occasion de la formation « Écrire et publier votre histoire de vie », proposée par ALEPH ECRITURE, sa revue électronique L'INVENTOIRE revient sur tous les articles publiés autour de la biographie et de l’autobiographie cette année.

Des témoignages de participants, des articles sur la biographie, sur l’autobiographie et son enseignement.

"Les livres dont j'ai parlé au cours du mois écoulé..." (Pierre Ahnne)

 

Pierre Ahnne a eu la bonne idée de créer une rubrique mensuelle sur son blog

"Ils ne sont pas forcément tous parus en mai, mais c'est en mai que j'en ai parlé. J'inaugure cette nouvelle rubrique, Mes livres du mois, dans laquelle je récapitulerai, à la fin de chaque mois, les ouvrages que j'aurai chroniqués : une ligne ou deux sur chacun, et un lien vers l'article, pour ceux qui souhaiteraient le (re)lire..." 

ADN

 

Une critique du film de Maîwenn à nouveau en salles depuis le 19 mai 2021

Si Maïwenn en rajoute toujours dans l’effusion émotionnelle, elle dresse un portrait haut en couleur d’une famille, marquée par un décès, où se mêlent des tonalités tragiques, drôles et burlesques.

Maïwenn est une réalisatrice clivante. Son nouveau long-métrage ADN mettra dos à dos deux opinions tranchées, radicales, quasi irréconciliables. D’un côté, on verra dans ce film flamboyant une démonstration narcissique et excessive de ses émois personnels ; de l’autre, on verra une artiste décomplexée, qui assume son histoire et fait de sa personne un sujet de roman et de délectation. Ici, la réalisatrice s’attaque au sujet des racines culturelles et sociales d’une famille, partagée entre des origines algériennes, asiatiques, et des accidents de parcours qui ont rajouté à la complexité de la composition familiale. Au milieu de cela, il y a cet homme, usé par Alzheimer, qui termine sa vie autour d’un ouvrage de photos, élaboré pour lui seul, où son passé se raconte au rythme de la guerre d’Algérie, de son parcours migratoire, d’un militantisme acharné en faveur des voyageurs du monde et la construction d’une famille, aussi fascinante qu’elle est extravagante, excessive.

« à Barcelone, nous rencontrons tant de machines à rêver »

 

Découvrir une ville rêvée par les écrivains, transformée en théâtre ou en personnage, et l’appréhender dans sa réalité d’aujourd’hui, tel est le parcours que vous propose Isabelle Pleskoff. Nous l’avons rencontrée pour qu’elle nous parle de sa ville, Barcelone.

L'Inventoire : Vous avez créé le stage « travailler le croquis littéraire » à Paris, cette expérience de résidence s’apparentera-t-elle à faire un carnet de croquis de Barcelone pour mieux en fixer les perspectives afin d’écrire « son » Barcelone ?

Isabelle Pleskoff : En effet, j’aime beaucoup l’idée que les surréalistes et les situationnistes, notamment, ont illustré avec grâce, la dérive urbaine comme exercice poétique fondateur. Donc, une des propositions d’écriture consistera à utiliser les notes relevées lors d’un parcours dans la ville (fait en solo, par soi-même, différemment des itinéraires conduits par la guide). Car je proposerai au début de la résidence des suggestions d’itinéraires possibles qui recèlent de trésors variés, et chaque participant choisira le sien....

La Palestine comme métaphore

 

Un article de Nadia Leila Aissaoui, le 06 mai 2021 dans L'ORIENT LITTERAIRE - A propos du livre "Un détail mineur" d’Adania Shibli, Actes Sud, 2020

"Dans son nouveau roman, Adania Shibli nous présente un récit en deux temps qui se déroule en Palestine à un demi-siècle d’intervalle.

C’est dans la fournaise du désert du Néguev que se situe la narration de la première partie. Nous sommes en août 1949, quelques mois après l’expulsion des Palestiniens (la Nakba) suite à la proclamation de l’État d’Israël et la guerre israélo-arabe. Un peloton de l’armée israélienne se déploie dans cette zone aride pour ratisser la région et en chasser les derniers Arabes. Dans son camp militaire, se met en place une routine décrite par l’auteure avec une précision dénuée de fioritures, presque chirurgicale, qui semble être un éternel recommencement. Ainsi, les gestes quotidiens et répétitifs de l’officier maniaque, la chaleur écrasante, l’aboiement du chien, la persistance de certaines odeurs et l’enchaînement cyclique des jours et des nuits installent une atmosphère suffocante...."