Mémoires d'Algérie

De chaque côté de la Méditerranée

 

Près de 55 ans après la fin de la guerre d'Algérie, des livres sur cette guerre coloniale, son avant et son après, continent d'être publiés. Pour la seule période 1954-2014, Maurice Sarazin, dans deux livres bibliographiques parus chez L'Harmattan, recense près de 1800 livres parus. Et pourtant l'Algérie a un passé colonial "qui passe mal", mal connu, mal assumé, mal enseigné, instrumentalisé par les uns et les autres.

Nous avons privilégié ici des témoignages, des romans, de Français, surtout de soldats du contingents, d'Algériens du FLN, mais aussi des Harkis, des enfants et petits-enfants des uns et des autres. Nous avons exclu de cette liste d'une quarataine de livres, les témoignages devenus des "classiques", tel "La question" d'Henri Alleg ou des écrits manifestement "auto-justificatifs" de comportements qui relèvent de la catégorie "crime de guerre" ou "crime contre l'humanité".

Nous avons choisi également un seul livre d'histoire pour permettre de mieux comprendre cetté période : La guerre d'Algérie, livre de Mohamed Harbi (historien, ancien responsable étudiant du FLN, puis de la Fédéraion de France du FLN, conseiller de Ben Bella), et Benjamin Stora (historien pied noir né à Constantine, Président du Musée de l'Histoire de l'Immigration à Paris).

La guerre d’Algérie

 

Livre sous la direction de Mohamed Harbi et Benjamin Stora

Véritable somme consacrée à la guerre d'Algérie, ce livre rassemble les travaux de plus de vingt historiens. Pour la première fois contribuent ainsi côte à côte des historiens français et algériens, qui reviennent sur les principaux acteurs du conflit, sans laisser dans l'ombre les sujets de controverses -conflit entre le FLN et messalistes du MTLD, massacres de harkis. Cet ouvrage éclaire aussi des points moins connus de l'histoire de la guerre d'Algérie, comme le rôle des femmes ou encore les luttes d'influence à l'intérieur de l'armée française. Enfin, il accorde une place substantielle à l'étude des expressions culturelles suscitées par la guerre, à l'institution des mémoires, au chantier des archives.

 

[Regards croisés sur une mémoire commune]

L'Art de perdre

 

Livre d'Alice Zeniter

L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

[Deux interviews de l'auteure]

LArtDePerdreLArtDePerdre [239 Kb]

L'Algérie se raconte

 

Un dossier littéraire de la librairie DIALOGUES de Brest

"La rentrée littéraire est algérienne. De nombreux romans nous font voyager à travers l'histoire de ce pays. De l'exil des harkis, à la guerre d'indépendance et ses silences douloureux, en passant par la création d'une librairie à Alger ou par le travail de Fernand Pouillon à Bab el-Oued, l'Algérie, la mystérieuse, dévoile ses secrets."

 

 

Livres de la rentrée littéraire 2017

 

Pour contacter la librairie DIALOGUES : https://www.librairiedialogues.fr/decouvrir_la_librairie/

Ils ne savaient pas que c'était une guerre

 

Titre complet : "Ils ne savaient pas c'était une guerre ! Appelés en Algérie, aujourd’hui ils racontent"

Livre de Jean-Paul Julliand (Direction)

Quinze anciens appelés, originaires du village de Bourg-Argental dans la Loire, témoignent de leur participation à la guerre d'Algérie au titre du service militaire obligatoire. Ils relatent leur expérience et dénoncent le manque de formation militaire ainsi que le silence des autorités en place après la signature des accords d'Evian.

[ un documentaire a également été produit ; le DVD est en vente chez L'Harmattan ]

Vie d'une Pied-noir avec un Indigène

 

Titre complet : Vie d'une Pied-noir avec un Indigène - Carnets d'Algérie 1919-1962 - Mourir chambre 58

Livre de Jean-Philippe Nottelet

Comme l’a écrit Albert Camus dans Noces – dont l’héroïne de ces pages évoque cette grande figure d’humanité dans un de ses échanges épistolaires avec Paulette Roblès – «Comment faire comprendre pourtant que ces images de la mort ne se séparent jamais de la vie ?»

Mais tel que le dénonce son fils Jean-Philippe : la vie ou la fin de vie ne peut admettre, tolérer, banaliser ni l’injustice et ni l’incurie de quelques médecins passant aux pertes et profits dans la morgue de leur statut, les volontés écrites de la malade Gisèle Nottelet. L’ignominie de sa souffrance nous devient insupportable et ces enfants accourus pour la soutenir, l’aider de leur amour nous brisent encore plus l’âme sur notre vérité d’humanité. Ce livre nous fait découvrir cruellement la fin de parcours de Gisèle mais aussi sa naissance, son enfance, son adolescence au sein d’une famille pauvre dans une Algérie colonialiste. Nous vivons grâce à son journal que son fils nous fait appréhender dans cet ouvrage, sa rencontre, son amour et sa volonté d’unir sa vie avec un Indigène. Cet Indigène fils d’une famille d’élite kabyle catholique dont le grand-père fut un avocat et homme politique incontournable dans les premières années de la tragédie algérienne. Et son époux Salah, Henri, cet Indigène mort d’un crime jamais jugé.

Il faut lire la passionnante histoire de cette Pied-noir, rare européenne à choisir d’épouser un Indigène et qui nous offrira malgré la bêtise cruelle, une histoire d’un romantisme et d’un romanesque à imiter.

Des Hommes

 

Livre de Laurent Mauvignier

Ils ont été appelés en Algérie au moment des " événements ", en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais parfois, il suffit de presque rien, d'une journée d'anniversaire en hiver, d'un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

DesHommesDesHommes [63 Kb]

Le gâchis

 

Livre de Jacques Tissier

Jacques Tissier est le pseudonyme de Claude Juin, qui en mars 2011 soutint une thèse de doctorat en sociologie à l’EHESS : « La guerre d’Algérie. La mémoire enfouie des soldats du contingent. Des jeunes gens ordinaires confrontés à l’intolérable ».

Soldat du contingent en 1957 et début 1958, d’abord dans les plaines de la Petite Kabylie ensuite, dans le massif de l’Ouarsenis, Claude Juin remplissait les pages de petits carnets, pour l’aider à fuir l’horreur, la peur et l’ennui. Ce furent la source de son récit Le Gâchis publié aux EFR en 1960. Dès son retour début 1958, il éprouva le besoin d’écrire pour se libérer. Pour aller mieux.

Depuis la fin de la guerre, il est retourné plusieurs fois en Algérie, il aime ce pays, il a aujourd’hui des amis, dont d’anciens combattants de l’A.L.N. Il croit à la vraie réconciliation des deux peuples.

En novembre 2013, il retourna à Isserbourg (aujourd’hui Laghata), le lieu de son cantonnement, il fut reçu par le maire qui à sa demande l’emmena à la ferme Moll, lieu sinistre où se pratiquaient tortures et exécutions sommaires. « Une sorte de tâche dont je devais m’acquitter, tôt ou tard. Un devoir à accomplir » écrit-il, dans la postface de cette édition.

La réédition du Gâchis participe au devoir de mémoire, ainsi qu’aux débats pour vaincre le sujet tabou de la guerre d’Algérie

LeGachisLeGachis [99 Kb]

Lettres d'Agérie

 

Lettres rassemblées par Philippe Bernard et Nathaniel Herzberg

De l'Algérie ne nous parvient plus guère que l'écho des massacres. L'atrocité des crimes qui y sont perpétrés, l'impossibilité d'en comprendre l'exacte signification et la difficulté pour les journalistes d'y circuler librement ne laissent de place à aucune autre voix.
Ces lettres, adressées pendant plusieurs années par des Algériens à leur famille ou à leurs amis installés en France, disent une Algérie différente, dépouillée de ses stéréotypes. Une Algérie avide de paix, dénonçant à la fois les « égorgeurs islamistes » et ceux qui, au sommet du pouvoir, ont rendu une telle horreur possible et laissent aujourd'hui la population pour ainsi dire sans défense. Un pays qui, entre deux tueries, continue de travailler et d'aller à la plage, comme pour conjurer une guerre qui ne dit pas son nom. Un peuple pétri d'histoire française et qui, derrière le discours officiel sur l'honneur national et le refus de l'ingérence, lance un appel à l'aide et à la solidarité.
Ces simples lettres, précédemment publiées par le journal Le Monde, nous obligent à l'entendre.

Histoire dessinée de la Guerre d'Algérie

 

Livre de Benjamin Stora et Illustré par Sébastien Vassant

 

La guerre d’Algérie fut le grand épisode traumatique de l’histoire de la France des Trente Glorieuses et les blessures ouvertes alors ne sont pas encore refermées, comme en témoignent les polémiques mémorielles récurrentes qu’elle continue de soulever. En 250 pages, Benjamin Stora et Sébastien Vassant retracent en textes et en images les moments-clés de cette guerre longtemps restée « sans nom », avec ses épisodes majeurs et ses acteurs principaux, français comme algériens.

À partir d’archives, de portraits et de témoignages, Benjamin Stora et Sébastien Vassant donnent à voir et à comprendre la guerre d’Algérie comme on ne l’a jamais fait. La bande dessinée restitue cette histoire dans toutes ses dimensions tout en intégrant les acquis de la recherche historique la plus récente, et en faisant place à la diversité des mémoires.

Vidéo de présentation du MONDE

Mémoires d'Algérie - Lettres, carnets et récits ...

 

Titre complet : Mémoires d'Algérie - Lettres, carnets et récits des Françai et des Algériens dans la guerre - 1954-1962

Livre de Benjamin Stora et Tramor Quémeneur

Anciens combattants d'Afrique du Nord, d'active ou appelés. militants nationalistes du FLN-ALN, harkis, pieds-noirs, opposants à la guerre... tous ont ouvert leurs archives à la recherche des traces du passé. Leurs récits donnent toute la "chair" de cette histoire. Ces témoignages sont complétés par des documents officiels permettant de comprendre les enjeux du conflit. De la colonisation à l'indépendance, ces textes donnent à entendre les déchirements des peuples. Ce recueil est issu des archives rassemblées dans le beau-livre des Arènes, événement éditorial de l'année 2010.

Mémoires de guerre d'un combattant kabyle

 

Titre complet : MÉMOIRES DE GUERRE D'UN COMBATTANT KABYLE - De la Deuxième Guerre mondiale à la guerre d'Algérie

Livre de Bouzid Boumezoued et Mehdi Boumezoued

Ce livre retrace la vie d'un homme ordinaire, lequel a été souvent mobilisé pour une "cause dite juste", se retrouve embrigadé dans des guerres sans reconnaissance. Pire, il est à chaque fois réprimé par ceux qu'il avait servis auparavant. C'est aussi le destin d'un peuple que l'on a spolié d'une liberté et dont l'indépendance le replonge dans un étrange fatalisme.

INSTITUTEUR DANS L'ORANAIS - Une passion algérienne - de 1959 à 1968

 

Livre de Stanislas Swietek

Jeune instituteur appelé fin 1957, l'auteur se retrouve en Algérie en mai 1959, au coeur des événements. Humaniste, il refuse de s'impliquer dans cette guerre. Il ouvre une école dans une région de l'Oranais oubliée par la France. Des liens étroits s'établissent avec les enfants et la population. Avec sa femme, aide-soignante, commence alors une aventure humaine exceptionnelle, au-delà des obligations militaires et du conflit. Leur engagement pour l'Algérie et ses enfants donne un récit circonstancié, prenant, émouvant. Témoignage précieux de cette Algérie encore tellement vivante dans le coeur de beaucoup.

Une vie brève

 

Livre de Michèle AUDIN

Dans ce livre, il est question d'une vie brève. Pas de celle d'un inconnu choisi au hasard, parce que j'aurais vu sa photo, son sourire, dans un vieux journal, mais celle de mon père, Maurice Audin. Peut-être avez-vous déjà croisé son nom. Peut-être avez-vous entendu parler de ce que l'on a appelé "l'affaire Audin". Ou peut-être pas. Je le dis d'emblée, ni le martyr, ni sa mort, ni sa disparition ne sont le sujet de ce livre. C'est au contraire de la vie, de sa vie, dont toutes les traces n'ont pas disparu, que j'entends vous parler ici.

 

[Note de lecture]

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De nos frères blessés

 

Livre de Joseph Andras

Alger, 1956. Fernand Iveton a trente ans quand il pose une bombe dans son usine. Ouvrier indépendantiste, il a choisi un local à l’écart des ateliers pour cet acte symbolique : il s’agit de marquer les esprits, pas les corps. Il est arrêté avant que l’engin n’explose, n’a tué ni blessé personne, n’est coupable que d’une intention de sabotage, le voilà pourtant condamné à la peine capitale...

Quand la Justice s’est montrée indigne, la littérature peut demander réparation. Lyrique et habité, Joseph Andras questionne les angles morts du récit national et signe un fulgurant exercice d’admiration.

[Note de lecture]

Les clés retrouvées - Une enfance juive à Constantine

 

Livre de Benjamin Stora

Lorsque la mère de Benjamin Stora est décédée en 2000, il a découvert, au fond du tiroir de sa table de nuit, les clés de leur appartement de Constantine, quitté en 1962. Ces clés retrouvées ouvrent aussi les portes de la mémoire.
La guerre est un bruit de fond qui s’amplifie soudain. Quand, en août 1955, des soldats installent une mitrailleuse dans la chambre du petit Stora pour tirer sur des Algériens qui s’enfuient en contrebas, il a quatre ans et demi et ne comprend pas. Quelques années plus tard, quand ses parents parlent à voix basse, il entend les craintes et l’idée du départ. Mais ses souvenirs sont aussi joyeux, visuels, colorés, sensuels. Il raconte la douceur du hammam au milieu des femmes, les départs à la plage en été, le cinéma du quartier où passaient les westerns américains, la saveur des plats et le bonheur des fêtes.
Ces scènes, ces images révèlent les relations entre les différentes communautés, à la fois proches et séparées. Entre l’arabe quotidien de la mère et le français du père, la blonde institutrice de l’école publique et les rabbins de l’école talmudique, la clameur des rues juives et l’attirante modernité du quartier européen, une histoire se lit dans l’épaisseur du vécu.
Benjamin Stora a écrit là son livre le plus intime. À travers le regard d’un enfant devenu historien, il restitue avec émotion un monde perdu, celui des juifs d’Algérie, fous de la République et épris d’Orient.

 

[Note de lecture]

Finir la guerre

 

Livre de Michel Serfati

Confronté au brutal suicide de son père, Alex va se mettre en tête de comprendre les raisons qui ont poussé le vieil homme à commettre l’irréparable.

Une mystérieuse lettre en provenance d’Algérie, arrivée quelques jours avant sa mort, éveille sa curiosité et l’incite à explorer cette piste, celle de son père mobilisé au sud de Tébessa en 1959. Là-bas, il découvrira une culture fascinante, des paysages grandioses et Kahina – l’auteure de la fameuse lettre –, mais aussi les affres de la guerre qui ont tôt fait de transformer les héros en bourreaux.

Divorcé, père en mal de reconnaissance, Alex a besoin de connaitre la vérité sur son aïeul pour devenir le pilier qu’il souhaite être pour son fils et faire éclater la chape de plomb qui écrase leur famille.

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Les héritiers du silence Les enfants d’appelés en Algérie

 

Livre de Florence Dosse

Il y a eu plus d’un million d’appelés en Algérie, mobilisés pour ce qui, alors, n’était pas reconnu comme une guerre. Pour beaucoup d’entre eux, l’expérience marquante, voire traumatisante, de ce conflit sans nom et sans gloire est restée enfouie dans le silence. Elle n’avait pas de place dans l’histoire officielle et suscitait plus de gêne que de curiosité. Leurs proches eux-mêmes posaient peu de questions. Au fond, personne ne souhaitait vraiment entendre leur récit et ils ont préféré se taire, durablement.

À la génération suivante et dans un contexte différent, alors que l’histoire et la mémoire de la guerre d’Algérie commencent à s’écrire, certains de leurs enfants se découvrent héritiers de ce silence. C’est le cas de Florence Dosse. Entre quête personnelle et enquête, elle a interviewé à la fois d’anciens appelés, les épouses de ces derniers et leurs enfants, aujourd’hui adultes, à qui rien ou presque n’a été transmis. On découvre le « vécu congelé » des premiers, raconté avec les mots du passé, le désarroi des femmes, les non-dits dans les couples et le mélange d’ignorance, d’interdit, de douleur ou de honte confusément ressenti par les enfants. L’originalité profonde de ce livre tient à la juxtaposition de ces trois paroles et à l’écoute attentive de Florence Dosse.

 

[Vidéo de la Librairie MOLLAT]

Quand les appelés d’Algérie s’éveillent

 

Livre de  Corinne Chaput-Le Bar

La guerre d’Algérie est le dernier conflit dans lequel l’État français a engagé des appelés du Contingent. En tout deux millions trois cent mille jeunes hommes de toutes origines sociales et de toutes régions de France ont dû faire la guerre à d’autres hommes qui avaient choisi l’indépendance pour leur pays.

Dix ans seulement après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils se battaient pour une cause qui, le plus souvent, n’était pas la leur, sur un territoire dont ils étaient pour partie les occupants, dans une contrée lointaine dont l’opinion se souciait assez peu, incorporés à une Armée parfois inconséquente, pas toujours irréprochable. A leur retour, ces « rabat-joie » entrant dans la toute nouvelle société de consommation étaient donc encouragés à se taire et à cacher des souffrances souvent invisibles des autres et pourtant bien présentes à leur esprit.

Parmi eux, quatre jeunes appelés du Contingent, originaires de Bretagne, du Centre, de Normandie ou encore de Picardie, sont rentrés d’Algérie furieux, tourmentés ou en proie au chagrin et se sont tus pendant environ quarante ans.

Puis, laborieusement ou avidement, ils se sont mis à écrire ce qui est leur récit d’une situation extrême de vie.

Ces récits présentés un par un puis croisés donnent à voir des pans singuliers et parfois méconnus de l’histoire de ce conflit et se révèlent être de véritables oeuvres dont l’esthétique favorise une restauration de l’estime de soi. Enfin, les commentaires recueillis auprès de leurs auteurs permettent de comprendre les processus qui ont présidé à la longue période de « volonté somnolente » qui a frappé les quatre appelés, ceux qui ont favorisé la prise de plume et, surtout, de mettre au jour les effets de « raccommodement » produits par l’écriture autobiographique.

Une enfance dans la guerre Algérie, 1954-1962

 

Textes inédits recueillis par Leila Sebbar

Nés dans les années 1940 et 1950, quarante-quatre auteurs issus des différentes populations de l'Algérie d'avant l'indépendance racontent leur enfance dans la guerre d'Algérie. C'est inédit. C'est le bon moment puisqu'ils sont les derniers témoins directs du douloureux épilogue de la longue histoire com­mune à la France et à l'Algérie. Et c'est nécessaire?: en puisant dans l'intime et l'opacité de l'enfance, leurs récits se chargent d'une incan­descence qui agit comme un révélateur de cette guerre singulière. Une guerre longtemps innommée à Paris, alors qu'elle fut meurtrière, fondatrice de l'Algérie nouvelle et constitutive de la France actuelle, annonciatrice enfin des conflits qui s'écrivent avec les mêmes mots? : guérilla urbaine, tortures, exécutions, bombes dans les cafés...

Un dernier regard

 

Livre de Jean Viegas Pires

Un dernier regard : celui porté par l’auteur, après tant d’années, à travers la lecture des lettres, oubliées dans une boîte à chaussures, d’un frère appelé sous les drapeaux durant vingt sept mois, dont une grande partie en Algérie.

Ces lettres font ressurgir les souvenir d’une enfance heureuse en famille avant le départ du père provoquant ainsi les angoisses d’une mère devant assumer seule la conduite de la famille : s’occuper de l’éducation du cadet et vivre dans l’attente interminable et inquiète du retour de l’aîné.

L’histoire :

Il s’agit d’un livre-témoignage écrit à partir de lettres retrouvées au fond d’un placard dans une boîte à chaussures. Ce livre couvre une période de deux ans : de 1958 à 1960.

Les parents de Jean, immigrés portugais, ont acquis une épicerie-café à Bagnolet. Ils travaillent durs tous les deux et élèvent leurs trois enfants : Jacques, Robert et Jean.

Jacques, l’aîné, devient instituteur puis part au service militaire. Robert décède en bas âge et Jean n’a que 11 ans lorsqu’arrive la première lettre de son frère Jacques. Entre temps, le père, atteint d’une grave maladie, s’en est allé dans des conditions effroyables.

Jacques devenu sous-lieutenant et toujours sous le drapeau écrit régulièrement à sa mère et à son petit frère Jeannot. On le sent attentionné, aimant, protecteur, raisonnable et pondéré. Il parle à Jeannot comme parlerait un père à son fils l’encourageant à faire des efforts à l’école, à entrer chez les scouts: « tes efforts me réconfortent » l’encourage-t-il… et lorsqu’il lui donne ses consignes, il se met à la portée de son frère afin de bien se faire comprendre. Le bien-être des siens est primordial pour lui, même s’il est conscient que sa mère peine à joindre les deux bouts : il l’exhorte à acheter une télévision, un chauffe-eau pour que leur vie soit plus facile. Il les aide comme il peut financièrement en leur faisant parvenir une partie de sa solde. Par contre, il minimise le danger qu’il vit au quotidien afin de ne pas inquiéter sa mère.

Cette mère justement, est une mère-courage. Elle fait tourner toute seule la boutique et se bat pour élever seule son fils Jeannot parfois au prix de gros sacrifices. Elle n’oublie pas son aîné et lui envoie tablettes de chocolats, biscuits… Combative, elle fait face en toutes occasions et ne montre pas sa tristesse, son inquiétude, sa peur : (p.82… il faut se dire que Noël prochain ne sera que plus beau). Et pourtant, l’amour d’une mère est telle qu’une nuit elle se réveillera affolée par le cauchemar qu’elle vient de faire.

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Sur les traces du père – Questions à l’officier tué en Algérie

 

Livre de Jean-Claude Escaffit

 Il n'est de devoir de mémoire sans devoir de vérité. C'est ce qui a guidé l'auteur dans ce récit émouvant. Ancien journaliste à La Croix, puis à La Vie, Jean-Claude Escaffit revisite de façon vivante toute la guerre d'Algérie, à partir d'une histoire singulière. Il est parti sur les traces de son père, tué en Petite Kabylie. Un demi-siècle après ! Pourquoi de l'enfance à la retraite, ai-je traversé les strates du temps, sans chercher à en savoir davantage sur ton rôle d'officier dans cette guerre ? Etais-je prêt à prendre le risque de faire vaciller ton piédestal de héros familial ? L'auteur a fouillé les archives, a recueilli de nombreux témoignages, des deux côtés, a fait le voyage en famille dans une zone contrôlée aujourd'hui par les djihadistes. Et par un incroyable hasard a rencontré l'un des meurtriers du capitaine Escaffit, chef de poste SAS, dont la mort lui avait été annoncée. Quand il a entrepris ce récit, l'auteur ne savait pas ce qu'il allait trouver au bout du chemin. Un chemin bordé de larmes, de révélations bouleversantes, mais balisé par une étonnante chaîne algérienne de solidarité. A la veille du 60ème anniversaire d'un conflit resté traumatisant, ce récit passionnant (qualificatif ?) veut être, un message de réconciliation et de paix de part et d'autre de la Méditerranée.

Souvenirs de la guerre d’Algérie

 

Titre complet : Souvenirs de la guerre d’Algérie - Un intellectuel sur le terrain face à la répression

Livre de Jean-Marie Mathieu

Les souvenirs racontés ici concernent les années 1957 et 1958. Intellectuel, l'auteur était partisan de la décolonisation et profondément hostile à la torture. Patriote critique mais discipliné, il refusa d'accomplir des fonctions autres que celles auxquelles il fut employé. La lecture de la presse algéroise pendant la bataille d'Alger, son détachement à l'état-major divisionnaire de Bône, sa présence dans un bureau chargé administrativement de l'application des "pouvoirs spéciaux" lui firent observer de près la brutalité systématique de la répression.

La vie des soldats bretons dans la guerre d’Algérie 1954-1962

 

Livre de Jean Yves Jaffres

Ces cas indiquent une grande diversité des situations entre les militaires en Algérie entre 1954 et 1962. Des soldats n'ont pas connu le combat ni pris beaucoup de risque pour leur vie ; d'autres furent durement éprouvés tels les commandos, les prisonniers, ceux qui furent victimes des embuscades ou d'accrochages importants et nombreux.
En ce livre, des appelés voyagent à travers faits, sentiments et réflexions pour analyser cette guerre, mais à leur manière. Ils la décrivent avec leurs mots, leurs photos, leurs histoires gaies ou tristes vécues là-bas.
Cette synthèse basée sur 110 témoignages de Bretons, permet de rappeler ceux qui ont souffert, ceux qui sont morts et à la peine de milliers de famille. Il est à noter que beaucoup d'entre eux conservent des séquelles dans leur cœur, dans leur corps et dans leur esprit.
Presque chaque appelé retrouvera ici, des faits semblables à ceux qu'il a vécu là-bas. Les épouses et enfants de ces anciens combattants connaîtront mieux cette période de la vie qui a marqué leurs mari et père (ils en parlent si peu ou pas du tout). Beaucoup de jeunes veulent en savoir plus sur cette tranche d'histoire et les enseignants possèdent peu d'informations concrètes sur cette guerre vue de l'intérieur.
Ce livre permet aussi de mieux connaître et de mieux comprendre les "Anciens d'Algérie", car il rompt leur silence et parle pour eux.

Résister à la guerre d’Algérie par les textes de l’époque

 

Ils étaient soldats, avocats, éditeurs, écrivains, ouvriers. Chrétiens, communistes ou tiers-mondistes. Dans une France imprégnée de discours colonial, ils ont résisté à la guerre d’Algérie en refusant de porter les armes, en prenant la défense des militants condamnés, en témoignant des atrocités commises, en diffusant les textes interdits. Minoritaires dans un pays où « l’Algérie c’est la France », ces insoumis ont pris le parti de leurs frères algériens au péril de leur liberté ou de leur vie.

Ce livre présente des textes de l’époque – lettres de déserteurs, appels au refus ou manifestes anticolonialistes – ainsi qu’une liste de tous les acteurs de cette résistance. Autant de témoignages brûlants ou poignants éclairés par l’analyse de l’historien Tramor Quemeneur et par le regard de l’éditeur Nils Andersson, témoin engagé de l’opposition au conflit.

À l’heure où l’on célèbre le 50e anniversaire de l’indépendance algérienne, cette mémoire anticoloniale, nous dit l’association Sortir du colonialisme, qui a coordonné cet ouvrage, peut contribuer aux combats d’aujourd’hui.

Quand ils avaient mon âge Alger 1954-1962

 

Livre de Gilles Bonotaux et Hélène Lasserre

Alger, 1954-1962. Après l'école, Youssef, Khellil, David et Jean-François aimaient bien se retrouver à la pointe Pescade, la plage d'Alger. Jouer aux pirates, aux osselets avec les petits os de l'agneau du couscous, embêter les filles, ou déguster des beignets de sardines... On ne s'ennuyait jamais ! Mais un climat de méfiance et de tension allait bientôt remplacer l'insouciance... Un fossé se creusait entre Arabes et Français, et à l'école chacun répétait sans comprendre ce qu'il avait entendu à la maison. De nouveaux noms comme De Gaulle, l'OAS et le FLN apparaissaient...

Un excellent album, bien documenté. Au début du livre se trouve un historique de la présence française en Algérie. Beaucoup d'informations sont données à travers le récit de la vie quotidienne des enfants. Un glossaire fouillé est également présent. Les illustrations sont belles et la présentation est attrayante avec une alternance de textes et de bandes-dessinées. Le récit se veut objectif et montre que les hommes sont capables du pire comme du meilleur dans tous les camps. Le drame Harki est bien évoqué.

Passés sous silence en Algérie

 

Titre complet : Passés sous silence en Algérie - Témoignage d'un "appelé" embarqué à Marseille le 15 juillet 1957

Livre de Bernard Nicolas

Très peu d'ouvrages sur la Guerre d'Algérie ont relaté la vie journalière d'un militaire « appelé », sur le terrain, dans les zones à risques de ce conflit. Bernard Nicolas, sergent à la 8e Cie du 8e RIM dans le sud oranais, années 1957/1958, nous en fait ici partager le quotidien, sans craindre d'aborder les sujets tabous : les interrogatoires, la torture, les « corvées de bois », ainsi que le comportement parfois déshonorant de militaires de carrière.

Paroles d’Appelés : Leur version de la guerre d'Algérie

 

Livre de Fernand Fournier

Ce recueil de témoignages a été réalisé principalement en interviewant 32 appelés à servir en Algérie pour "y maintenir l'ordre" selon l'expression de l'époque. Informations minimisées, censure systématique de certains sujets, cercueils rapatriés en silence, comment, dans ces conditions, oser témoigner publiquement ?

Avec 50 ans de recul, ces récits relatent la diversité et la complexité des situations vécues et contribuent à la transmission de la mémoire pour mettre un point final à un long silence.

ParolesAppelesParolesAppeles [330 Kb]

Ni valise, ni cercueil – Les Pieds-noirs restés en Algérie après l’indépendance

 

Livre de Pierre Daum

1962 : après les accords d'Evian des dizaines de milliers de Pieds-noirs sont restés vivre en Algérie. C'est vingt à trente ans plus tard seulement, dans le contexte des années de guerre civile, qu'ils se sont rapatriés. Pierre Daum est allé à la rencontre de ceux qui, au lendemain de l'indépendance, n'ont choisi "ni la valise ni le cercueil".

 

[Un article paru sur le site « Ni valise, ni cercueil »]

Mémoires d’un appelé en Algérie

 

Livre de Pierre Brana

«Pendant des années après mon retour de la guerre d'Algérie, j'ai gardé le silence sur cette période difficile de ma vie. Ce n'est pas que je l'avais gommée. Bien au contraire, son sou­venir revenait sans cesse, à tout bout de champ, me hanter, acca­parer mon esprit. Je luttais, souvent en vain, pour me débarrasser de son emprise, pour chasser cette pénible obsession. C'est progressivement, sans trop m'en rendre compte, par des échanges, des discussions, à la suite d'interviews, d'articles pour lesquels j'étais sollicité, que je renouais avec le passé. Je pus alors laisser ces souvenirs remonter à la surface...»

Pierre Brana fait part dans ce livre de son vécu. Mais il rapporte aussi, au fur et à mesure du déroulement des «événements», les réactions de son quartier natal de Bacalan, comme celles des milieux syndicaux - auxquels il a appartenu - et du monde universitaire bordelais où il a fait ses études.
Une contribution à l'histoire de la guerre d'Algérie par un de ceux qui l'ont faite.

Lettres filmées d’Algérie – Des soldats à la caméra - 1954-1962

 

Livre de Jean-Pierre Bertin-Maghit

Pendant la guerre d'Algérie, des soldats se sont transformés en cinéastes amateurs : quand la majorité des militaires avaient en poche leur appareil de photo, eux ont choisi la caméra. Jean-Pierre Bertin-Maghit a retrouvé 38 d'entre eux. Il les a placés face à leurs propres images - au total 72 films. Un dispositif vivant de microhistoire qui confronte, au présent de l'entretien, mémoire des hommes et mémoire des images. Que désiraient saisir ces soldats-cinéastes amateurs et qu'ont-ils souhaité garder en souvenir ? Comment leurs histoires font-elles effraction dans l'Histoire ? Comment ces hommes, maintenant dans leur grand âge, restituent-ils aujourd'hui leurs expériences de jeunes gens pris dans une guerre ? Autant de questions auxquelles ce livre tente de répondre afin de contribuer à une histoire des combattants de la guerre d'Algérie

Les écrivains pieds-noirs face à la guerre d’Algérie

 

Livre de Wolf Albes

En dépit de leurs œuvres prestigieuses, les écrivains français d'Algérie sont restés plus ou moins dans l'ombre du « maître de l'Algérie » Albert Camus, dont l'œuvre fut couronnée du prix Nobel en 1957. Comment ont-ils réagi face au drame de leur terre natale entre 1954 et 1962 ? Emmanuel Roblès, Roger Curel, Jean Pélégri ou Jules Roy choisirent de soutenir plus ou moins ouvertement les nationalistes algériens. Savaient-ils seulement ce qu'ils faisaient et quel avenir ils cautionnaient ? D'autres comme Jean Brune, André Rosfelder ou Janine Montu¬pet se sont battus pour sauvegarder à tout prix le pays de leur enfance. Marcel Moussy et Robert Merle ont pris des positions bien surprenantes... Quant à Albert Camus, il prouva avec "Le Premier Homme", paru de façon posthume en 1994, qu'il avait depuis longtemps déjà rejoint les siens dans leur dernier combat.

Le dernier tabou – les « Harkis » restés en Algérie après l’indépendance

 

Livre de Pierre Daum

Deux ans et demi d’enquête, 20 000 km parcourus et des dizaines de témoignages inédits ont été nécessaires à Pierre Daum pour réaliser « Le Dernier Tabou, les harkis restés en Algérie après l’indépendance ». Avec cette publication, le simple mot de « harki » ne résonnera plus de la même façon, ni en France ni en Algérie.

Cette enquête bouleverse en effet pas mal d’idées reçues, notamment celle du « massacre massif » de harkis après la signature des accords d’Evian.
Pour l’auteur de l’essai, « les nostalgiques de l’Algérie française instrumentalisent depuis 50 ans les souffrances (par ailleurs réelles) que de nombreux harkis ont vécues au moment de l’indépendance. En exagérant le nombre de morts (le chiffre de 150 000 est très souvent repris alors qu’il ne repose sur aucun fondement historique) et en parlant de « massacre » , voire de « génocide » des harkis, ces nostalgiques tentent, sous couvert d’un pseudo-humanisme, de justifier le combat des ultras de l’Algérie française, notamment de l’OAS. »

L’argument est de fait, mis en avant de manière permanente par ceux qu’on appelle communément les « nostalgériques », dont on vient de voir à Béziers jusqu’où ils sont capables d’aller. Pierre Daum en est persuadé : « derrière leurs discours dénonçant le « massacre des harkis » il faut en fait entendre : « nous n’aurions jamais dû lâcher l’Algérie, regardez ce que ces pauvres harkis ont subi ! ».

Discours plutôt efficace puisque la plupart des Français pensent qu’en 1962, les harkis ont soit réussi à s’enfuir en France, soit ont été massacrés. » « La version véhiculée par ces groupes postule qu’aucun harki n’est resté vivre en Algérie. Ce qui est complètement faux. Mon enquête révèle qu’en réalité, la grande majorité des harkis est restée dans son pays sans y être assassinée. »

Si l’on en croit les résultats de la longue et minutieuse enquête de l’auteur, la plupart d’entre eux sont retournés dans leurs villages et ont retrouvé la vie de paysans très pauvres qu’ils avaient avant la guerre. Beaucoup n’ont pas été véritablement inquiétés. D’autres sont passés par des tribunaux populaires, devant lesquels beaucoup ont réussi à s’en sortir, expliquant n’avoir « rien fait de mal », ou avoir été « forcés par les Français ».
Certains, par contre, reconnus coupables de violences à l’égard de la population civile, ont été soumis pendant quelques semaines à des travaux forcés. Certains ont passé plusieurs années en prison avant d’être libérés.
« En général, poursuit Pierre Daum, seuls les plus coupables (de tortures, viols, exactions en tout genre) ont été exécutés. Mais cela n’empêcha pas, en cette période de chaos de l’été/automne 1962, qu’aient lieu de nombreux crimes aveugles, des vengeances sordides et des exécutions sommaires, sans rapport parfois avec la guerre. Il s’agissait alors de vieilles querelles de terre, d’héritage ou de femmes. »

Voilà un ouvrage qui va certainement soulever un certain nombre de polémiques et de protestations, tant du côte algérien que du côté des mouvements français d’extrême-droite qui ont beaucoup utilisé cet épisode pour alimenter leurs discours et leur « idéologie ».

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La Temesguida, Une enfance dans la guerre d’Algérie

 

Livre de Aïssa Touati et Régis Guyotat

«Nous survivons au jour le jour, sans savoir si nous avons un passé, ni un avenir, sans penser au destin de l’Algérie. Nous sommes attachés au sol, préoccupés surtout de ce que nous mangerons demain. Mais nous n’avons pas de maîtres. Contre qui pourrions-nous nous révolter ? Contre la pauvreté ? Mais nous ignorons ce qu’est la richesse. Et puis ce n’est pas le Coran qui incite à la révolte. Nous nous sentons sous la protection de la Temesguida, vers laquelle nous élevons notre regard pour deviner l’avenir. Nous ne savons qu'une chose : la nature est plus puissante que nous.»

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La petite fille sur la photo – La guerre d’Algérie à hauteur d’enfant

 

Livre de Brigitte Benkemoun

« J’ai longtemps pensé que l’Algérie n’était pas mon histoire. Je suis pourtant née à Oran en 1959 et suis l’une de ces milliers d’enfants rapatriés en 1962. Comme beaucoup de pieds-noirs, mes parents avaient tourné la page, ne vivaient pas dans la nostalgie, mais je rejetais même le peu qu’ils disaient d’eux. On n’est pas pied-noir quand on a 17 ans.

« Et puis, il y a dix ans, je suis tombée sur un journal qui commémorait les 40 ans des accords d'Evian, avec une photo en noir et blanc à la une : une petite fille, dans les bras de son père, sur la passerelle d'un paquebot. Marseille, juillet 1962. Et j'ai pleuré, toute seule, le journal entre les mains.

« Mais que savais-je de ce pays que plus personne chez moi ne semblait regretter ? Je me suis donc lancée dans une sorte d'enquête pour essayer de reconstituer cette histoire à hauteur d'enfant. Voici donc le journal de ce passé recomposé, d’une quête qui m’a menée jusqu’en Algérie, d'une mémoire qui s'est cherché des souvenirs chez les miens et les autres : Jacques Attali, Julien Dray, Mehdi Charef, un fils de colon, un jeune engagé dans l’OAS, une victime d’attentat du FLN, une fille de harki, celle d’un professeur communiste. Au final, ce puzzle m’a permis d'approcher ce qui “nous” est arrivé. » B.B.

La guerre sans nom : Les appelés d'Algérie (1954-1962)

 

Livre de Patrick Rotman et Bertrand Tavernier

Quarante ans après les Accords d'Évian, la guerre d'Algérie ne cesse de hanter notre mémoire collective. Pour un film, Patrick Rotman et Bertrand Tavernier ont tourné, en 1990, des dizaines d'heures d'entretiens avec des appelés qui avaient traversé la Méditerranée entre 1954 et 1962. Ils ont recueilli les paroles trop longtemps oubliées qui disent la peur et l'héroïsme, les sévices et la torture, la mort et l'ennui. Des témoignages authentiques et bouleversants qui dessinent dans la douleur le puzzle de cette guerre sans nom.

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J’étais enfant en Algérie – juin 1962

 

Livre de Leïla Sebbar

Mieux connaître l’Algérie et son histoire pour mieux la comprendre, tel est l’objectif de cet ouvrage signé Leïla Sebbar, née dans ce pays, d'un père algérien et d'une mère française. Un livre autobiographique, parsemé de nombreux souvenirs. Le départ du pays natal, en 1962, suscite chez cette petite fille crainte et espoirs. Entre documentaire et fiction, un ouvrage qui aborde les problèmes de la guerre d’Algérie, la décolonisation, mais aussi et surtout la nostalgie du pays natal.  

7 heures du soir. On campe, comme des nomades, mais on n'est pas des nomades, on a l'air de pauvres sans abri sur bitume et ciment, sans les objets et les gestes nomades. Jusqu'à quand allons-nous être malheureux et tristes ? Jusqu'à quand ne saurai-je même pas le nom de la ville ou du village de France où on va vivre ? Ils croyaient que je dormais, pourquoi les parents pensent que si un enfant est couché dans son lit, il dort forcément ? J'ai tout entendu. Ils se disputaient encore une fois, papa et grand-mère. J'ai compris qu'ils parlaient du pays où on allait retourner après plusieurs générations, la France ou la Corse.

Itinéraire d’un Harki, mon père

 

Titre complet : Itinéraire d’un Harki, mon père - De l'Algérois à l'Aquitaine - Histoire d'une famille 

Livre de Michel Messahel

Durant cinq ans, l'auteur a collecté les témoignages de ceux qui ont connu, parfois en payant de leur personne, cette part d'ombre du XXè siècle : l'histoire des Harkis. Il s'est attaché à restituer la tragédie des siens, de la vie paisible de Borély-la-Sapie, petit village d'Algérie marqué par les traditions orales, jusqu'à l'arrivée en métropole, en passant par les événements tragiques de la guerre d'indépendance.

Ils ont vécu dans l’Algérie en Guerre

 

Livre de Raphaël Delpard

L'histoire officielle de la guerre d'Algérie s'est peu intéressée aux civils, français ou autochtones, leur préférant le récit des combats et les témoignages d'appelés. Ils furent pourtant les premières victimes du conflit. Comment ont-ils vécu au quotidien durant les huit années d'affrontements ? De quelle manière ont-ils réagi aux bombes et aux grenades du FLN ?
Raphaël Delpard s'est attaché à faire entendre la voix des anonymes, femmes et hommes, qui furent les grands sacrifiés de cette guerre et de sa mémoire. Il montre comment s'est dégradée la relation entre Européens et Algériens, cédant à la méfiance et à la peur. Comment le délitement de la société algérienne a entraîné les communautés dans un affrontement sournois, générateur de haine. Il donne la parole aux enfants de l'époque qui, accrochés à leur paradis, ne croient pas à la guerre, refusent l'inéluctable et tournent le dos au massacre dont ils sont parfois les témoins, jusque dans leur famille. Tandis que d'autres, face à la fin programmée de la présence européenne, s'engagent dans la lutte armée, imposant à leur tour un terrorisme de survie.
Témoignages inédits et archives jamais révélées mettent au jour les cicatrices toujours à vif d'une tragédie qui n'a pas encore livré tous ses secrets ni toutes ses souffrances.

La Guerre d’Algérie – Les combattants français et leur mémoire

 

Livre de Jean-Charles Jauffret

Fruit d'une enquête de vingt et un ans auprès de mille témoins et d'une connaissance du terrain, cet ouvrage restitue le vécu et la mémoire de cette dernière génération du feu. Appelés et réservistes, mais aussi professionnels, paras ou légionnaires, livrent ici, souvent pour la première fois, leur vision de cette guerre, que certains estiment avoir militairement gagnée.
La guerre d’Algérie a mobilisé près de deux millions d’hommes. Ces derniers gros bataillons de la République, engagés pour huit longues années, reviennent avec des séquelles et des blessures qui ne cessent aujourd'hui encore de les hanter. Les sentiments mêlés de honte ou de révolte que suscite ce conflit en soulignent toute l'ambiguïté : cette guerre continue de déranger les consciences.
Gêneur qui empêche de commémorer en rond, l'historien ne peut que constater le traumatisme et sa pérennité. Achevé après un dernier voyage en Grande Kabylie, en avril 2015, en compagnie d'un des combattants cités, le présent ouvrage nourrit le vœu de guérir les plaies côté français et d'œuvrer à la réconciliation des deux rives de la Méditerranée.