Mémoires d'Algérie

De chaque côté de la Méditerranée

 

55 ans après la fin de la guerre d'Algérie, des livres sur cette guerre coloniale, son avant et son après, continent d'être publiés. Pour la seule période 1954-2014, Maurice Sarazin, dans deux livres bibliographiques parus chez L'Harmattan, recense près de 1800 livres parus. Et pourtant l'Algérie a un passé colonial "qui passe mal", mal connu, mal assumé, mal enseigné, instrumentalisé par les uns et les autres.

Nous avons privilégié ici des témoignages, des romans, de Français, surtout de soldats du contingents, d'Algériens du FLN, mais aussi des Harkis, des enfants et petits-enfants des uns et des autres.

Nous n'avons pas repris dans cette liste (une cinquantaine de livres au 14 février 2017), les témoignages devenus des "classiques" largement connus et reconnus, tels "La question" d'Henri Alleg, La gangrène, Djamila Bouhired, L'affaire Audin, et tant d'autres.

Nous avons naturellement exclu volontairement et définitivement des écrits manifestement "auto-justificatifs" de comportements qui relèvent de la catégorie "crime de guerre" ou "crime contre l'humanité".

Nous avons choisi également un seul livre d'histoire (en édition de poche) pour permettre de mieux comprendre cetté période : La guerre d'Algérie, livre de Mohamed Harbi (historien, ancien responsable étudiant du FLN, puis de la Fédéraion de France du FLN, conseiller de Ben Bella), et Benjamin Stora (historien pied noir né à Constantine, Président du Musée de l'Histoire de l'Immigration à Paris).

La guerre d’Algérie

 

Livre sous la direction de Mohamed Harbi et Benjamin Stora

Véritable somme consacrée à la guerre d'Algérie, ce livre rassemble les travaux de plus de vingt historiens. Pour la première fois contribuent ainsi côte à côte des historiens français et algériens, qui reviennent sur les principaux acteurs du conflit, sans laisser dans l'ombre les sujets de controverses -conflit entre le FLN et messalistes du MTLD, massacres de harkis. Cet ouvrage éclaire aussi des points moins connus de l'histoire de la guerre d'Algérie, comme le rôle des femmes ou encore les luttes d'influence à l'intérieur de l'armée française. Enfin, il accorde une place substantielle à l'étude des expressions culturelles suscitées par la guerre, à l'institution des mémoires, au chantier des archives.

 

[Regards croisés sur une mémoire commune]

dans l'épaisseur de la chair

 

Livre de Jean-Marie Blas de Roblès

C’est l’histoire de ce qui se passe dans l’esprit d’un homme. Ou le roman vrai de Manuel Cortès, rêvé par son fils – avec le perroquet Heidegger en trublion narquois de sa conscience agitée. Manuel Cortès dont la vie pourrait se résumer ainsi : fils d’immigrés espagnols tenant bistrot dans la ville de garnison de Sidi-Bel-Abbès, en Algérie, devenu chirurgien, engagé volontaire aux côtés des Alliés en 1942, accessoirement sosie de l’acteur Tyrone Power – détail qui peut avoir son importance auprès des dames…

Et puis il y a tous ces petits faits vrais de la mythologie familiale, les rituels du pêcheur solitaire, les heures terribles du départ dans l’urgence, et celles, non moins douloureuses, de l’arrivée sur l’autre rive de la Méditerranée.

Dans l’épaisseur de la chair est un roman ambitieux, émouvant, admirable – et qui nous dévoile tout un pan de l’histoire de l’Algérie. Une histoire vue par le prisme de l’amour d’un fils pour son père.

A l'école en Algérie : Des années 1930 à l'indépendance

 

Livre de Martine Mathieu-Job (Sous la direction de)

Cinquante-deux auteurs de cultures musulmane, juive ou chrétienne livrent leurs souvenirs d'école dans l'Algérie française et coloniale. De l'école française, pour "indigènes" ou non, espace de normativité mais aussi, souvent, d'ouverture à l'autre. Et parfois, en parallèle, de l'école coranique ou talmudique. Reflets de la complexité des expériences vécues, ces récits inédits recèlent des informations méconnues, mettent à mal des préjugés sur les deux rives de la Méditerranée et forment, avec l'iconographie qui les accompagne, un riche matériau pour les historiens. Par leur qualité littéraire, ils témoignent enfin que l'école française a donné à certains de ses élèves, quelle que soit leur origine, une langue d'écriture en partage. Dirigé par Martine Mathieu-Job, ce livre s'inscrit dans le genre des recueils de mémoires initié par Leïla Sebbar.

Une terrasse en Algérie

 

Livre de Jean-Louis Comolli

Nous nous retrouvions à la terrasse de l’Excelsior. Tous les soirs. Quinze ans, c’était notre âge. L’Algérie était encore colonie française, mais la guerre, sous le nom de « pacification », était entrée en scène, balayant le rêve d’Albert Camus d’une union libre entre Algériens et Européens.

La première action de masse du FLN eut lieu le 25 août 1955 à Philippeville, où je suis né. La ville basse est envahie par les habitants des hauteurs, Arabes et Berbères. Encadrés par quelques militants FLN, ils sont armés de faux, faucilles, pioches, haches – rares sont les fusils. Plus de cent Européens sont tués. La répression, menée par le colonel Aussaresses, est terrible : les mitrailleuses abattent sans juge ni procès des milliers de prisonniers dans le stade de la ville.

Je n’ai appris tout cela que plus tard. Ce jour-là, j’étais à trois kilomètres de Philippeville, sur la plage de Stora. Nous ignorions que la guerre avait lieu. La radio, le journal, parlaient de rebelles. Mes amis de l’Excelsior étaient aveugles et sourds, comme moi. Le déni régnait. La mer était si belle, nous étions dans l’ivresse de vivre, et tant pis si tout était faux en Algérie coloniale.

La France des Belhoumi - Portraits de famille (1977-2017)

 

Livre de Stéphane BEAUD

Un livre de plus sur les jeunes « issus de l’immigration » ? Pour dénoncer les discriminations qu’ils subissent, sur fond de relégation sociale dans les quartiers « difficiles » ? Et conclure sur l’échec de leur « intégration » dans notre pays ?
Non. L’ambition de Stéphane Beaud est autre. Il a choisi de décentrer le regard habituellement porté sur ce groupe social. Son enquête retrace le destin des huit enfants (cinq filles, trois garçons) d’une famille algérienne installée en France depuis 1977, dans un quartier HLM d’une petite ville de province. Le récit de leurs parcours – scolaires, professionnels, matrimoniaux, résidentiels, etc. – met au jour une trajectoire d’ascension sociale (accès aux classes moyennes).
En suivant le fil de ces histoires de vie, le lecteur découvre le rôle majeur de la transmission des savoirs par l’école en milieu populaire et l’importance du diplôme. Mais aussi le poids du genre, car ce sont les deux sœurs aînées qui redistribuent les ressources accumulées au profit des cadets : informations sur l’école, ficelles qui mènent à l’emploi, accès à la culture, soutien moral (quand le frère aîné est aux prises avec la justice), capital professionnel (mobilisé pour « placer » un autre frère à la RATP)…
Cette biographie à plusieurs voix, dont l’originalité tient à son caractère collectif et à la réflexivité singulière de chaque récit, montre différents processus d’intégration en train de se faire. Elle pointe aussi les difficultés rencontrées par les enfants Belhoumi pour conquérir une place dans le « club France », en particulier depuis les attentats terroristes de janvier 2015 qui ont singulièrement compliqué la donne pour les descendants d’immigrés algériens.

Ombres et lumières d’Algérie ou la vocation d’un artiste dans la guerre

 

Livre de Yannick GUIN & Jean-Claude CARSUZAN

L’avant -propos du livre

Comment un jeune artiste, tout pénétré d’un désir d’aventure artistique peut-il affronter la guerre ? Comment, si ce n’est en se construisant une double vie, celle des apparences, auxquelles il faut malheureusement sacrifier, celle de la vie intérieure où l’imagination et le désir bouillonnent, et que ni la crainte de la perdre ni l’effroi d’avoir à la supprimer chez son prochain ne sauraient étouffer.

Les « Trente Glorieuses » ne furent pas si joyeuses pour tout le monde, et surtout pas pour cette génération d’après-guerre appelée contre son gré en Algérie pour de prétendues « opérations de maintien de l’ordre » et dont elle sut vite la véritable nature. Ces temps continuent de peser sur les esprits. Les témoignages ne manquent pas de ces jeunes ouvriers, agriculteurs, instituteurs, ingénieurs, universitaires divers : tous sont aussi émouvants que nécessaires à l’Histoire. Ils sont parfois entachés par une lucidité a posteriori, ou un désir de justification ou de repentance, souvent ils servent de thérapie personnelle permettant de surmonter les traumatismes, ou à tout le moins de ne pas ressasser cette obsédante période volée à l’essor de la vie.

Le témoignage du peintre Jean-Claude Carsuzan est d’une autre nature. Cette guerre il l’a faite comme les autres, comme des milliers d’appelés du contingent, au cours de 29 mois de service militaire dont 14 en Algérie, entre le mois de septembre 1959 et la fin décembre 1960. Mais il l’a faite de manière singulière, comme si, en dépit de tout, l’artiste pouvait en tirer un profit secret. Son témoignage n’est pas ordinaire : il met en lumière une sorte de mise à distance de la réalité du quotidien au profit d’une recherche permanente d’ordre esthétique. Ici point de déploration ni d’amertume. Le témoin a une tendance – exceptionnelle à vrai dire – à relativiser et à mettre en avant les aspects positifs de la vie. Mais surtout il s’invente une sorte de méthode de résilience, une façon d’occuper son esprit, même dans les moments les plus rudes, une sorte de recherche permanente des lumières, des contrastes, des nuances, méthode qui permet de maîtriser les effrois de la guerre. Les amateurs d’art puiseront là un aspect méconnu des processus de la création.

À son retour d’Algérie le jeune peintre originaire de Bordeaux entame sa très belle aventure artistique. En 1961, dès son retour à la vie civile, il enseigne sur une unité de valeur à l’École des Arts Appliqués de la Gironde à Bordeaux, et il fait un voyage d’étude en Bretagne. En 1964 Carsuzan abandonne l’enseignement et décide de se consacrer exclusivement à la peinture. Il voyage à nouveau en Bretagne, il y rencontre Micheline, qui deviendra sa compagne et son soutien le plus ferme durant toute sa vie, et qui lui fera découvrir et aimer les couleurs douces et subtiles, parfois opalescentes, de la Bretagne, qui caressent les paysages et les visages.

À partir de 1963 Carsuzan se laisse attirer par les paysages méditerranéens de l’Andalousie, de l’Italie, de la Tunisie, de la Grèce et plus précisément des îles de l’archipel des Cyclades. Son oeuvre joue de la lumière et des ombres, de la luxuriance de la flore et de l’éclat des murs peints à la chaux. Sa vision sereine et chaleureuse intéresse de nombreuses galeries en Allemagne, en Suisse, à Taïwan, au Moyen-Orient, aux États-Unis et au Japon, où les amateurs d’art peuvent partager ces sensations prononcées que Carsuzan avait secrètement subodorées dans la tourmente de l’Algérie de 1960. Le témoignage du peintre Jean-Claude Carsuzan a été recueilli par son ami Yannick Guin, professeur émérite de l’Université de Nantes, spécialiste de l’Histoire Contemporaine et passionné par ces récits d’Algérie qui marquent toute une génération.

LA SAS DES BENI-DOUALA - UN ADOLESCENT DANS LA TOURMENTE

 

Livre de Max Drider

Un ouvrage qui relate la guerre d’Algérie, dans le détail et dans toute sa cruauté, à Tizi-Hibel, petit village de Grande Kabylie.

L’horreur ne fait que commencer, car, dès cet instant et jusqu’en 1959 il assistera aux pires cruautés que cette guerre a charriées avec ses victimes, des hommes, des femmes, mais aussi des enfants.

En 1959, la terreur vide les villages. Il réussit à fuir les exactions de l’armée et arrive à Alger, chez sa tante à Diar El Mahçoul. Il trouve un travail chez M. Conne, expert-comptable. Il y reste durant une année. Pendant ce temps, la guerre en Kabylie fait rage et Tizi-Hibel n’est pas épargné.

Rentré d’Alger pour une convalescence de quelques jours au village, le capitaine Oudinot lui refuse l’autorisation de reprendre son travail à Alger.

Sous prétexte de service militaire, il est engagé d’autorité, par ce dernier, à la SAS (Section Administrative Spéciale) de Béni-Douala. Il a un peu plus de 17 ans. Il y sera employé pour toutes sortes de travaux de bureau de juin 1960 jusqu’à juillet 1962, fin de la guerre d’Algérie.
Dans ce récit, Max DRIDER a convoqué ses souvenirs d’adolescent pour raconter un épisode de son existence qui a marqué à jamais sa vie d’adulte.

Des moments tragiques qui ont fait dans ce secteur, sous le commandement du capitaine Georges Oudinot, plus de 600 victimes.

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L'Art de perdre

 

Livre d'Alice Zeniter

L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

[Deux interviews de l'auteure]

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L'Algérie se raconte

 

Un dossier littéraire de la librairie DIALOGUES de Brest

"La rentrée littéraire est algérienne. De nombreux romans nous font voyager à travers l'histoire de ce pays. De l'exil des harkis, à la guerre d'indépendance et ses silences douloureux, en passant par la création d'une librairie à Alger ou par le travail de Fernand Pouillon à Bab el-Oued, l'Algérie, la mystérieuse, dévoile ses secrets."

 

 

Livres de la rentrée littéraire 2017

 

Pour contacter la librairie DIALOGUES : https://www.librairiedialogues.fr/decouvrir_la_librairie/

Ils ne savaient pas que c'était une guerre

 

Titre complet : "Ils ne savaient pas c'était une guerre ! Appelés en Algérie, aujourd’hui ils racontent"

Livre de Jean-Paul Julliand (Direction)

Quinze anciens appelés, originaires du village de Bourg-Argental dans la Loire, témoignent de leur participation à la guerre d'Algérie au titre du service militaire obligatoire. Ils relatent leur expérience et dénoncent le manque de formation militaire ainsi que le silence des autorités en place après la signature des accords d'Evian.

[ un documentaire a également été produit ; le DVD est en vente chez L'Harmattan ]

Vie d'une Pied-noir avec un Indigène

 

Titre complet : Vie d'une Pied-noir avec un Indigène - Carnets d'Algérie 1919-1962 - Mourir chambre 58

Livre de Jean-Philippe Nottelet

Comme l’a écrit Albert Camus dans Noces – dont l’héroïne de ces pages évoque cette grande figure d’humanité dans un de ses échanges épistolaires avec Paulette Roblès – «Comment faire comprendre pourtant que ces images de la mort ne se séparent jamais de la vie ?»

Mais tel que le dénonce son fils Jean-Philippe : la vie ou la fin de vie ne peut admettre, tolérer, banaliser ni l’injustice et ni l’incurie de quelques médecins passant aux pertes et profits dans la morgue de leur statut, les volontés écrites de la malade Gisèle Nottelet. L’ignominie de sa souffrance nous devient insupportable et ces enfants accourus pour la soutenir, l’aider de leur amour nous brisent encore plus l’âme sur notre vérité d’humanité. Ce livre nous fait découvrir cruellement la fin de parcours de Gisèle mais aussi sa naissance, son enfance, son adolescence au sein d’une famille pauvre dans une Algérie colonialiste. Nous vivons grâce à son journal que son fils nous fait appréhender dans cet ouvrage, sa rencontre, son amour et sa volonté d’unir sa vie avec un Indigène. Cet Indigène fils d’une famille d’élite kabyle catholique dont le grand-père fut un avocat et homme politique incontournable dans les premières années de la tragédie algérienne. Et son époux Salah, Henri, cet Indigène mort d’un crime jamais jugé.

Il faut lire la passionnante histoire de cette Pied-noir, rare européenne à choisir d’épouser un Indigène et qui nous offrira malgré la bêtise cruelle, une histoire d’un romantisme et d’un romanesque à imiter.

Des Hommes

 

Livre de Laurent Mauvignier

Ils ont été appelés en Algérie au moment des " événements ", en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais parfois, il suffit de presque rien, d'une journée d'anniversaire en hiver, d'un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

DesHommesDesHommes [63 Kb]

Le gâchis

 

Livre de Jacques Tissier

Jacques Tissier est le pseudonyme de Claude Juin, qui en mars 2011 soutint une thèse de doctorat en sociologie à l’EHESS : « La guerre d’Algérie. La mémoire enfouie des soldats du contingent. Des jeunes gens ordinaires confrontés à l’intolérable ».

Soldat du contingent en 1957 et début 1958, d’abord dans les plaines de la Petite Kabylie ensuite, dans le massif de l’Ouarsenis, Claude Juin remplissait les pages de petits carnets, pour l’aider à fuir l’horreur, la peur et l’ennui. Ce furent la source de son récit Le Gâchis publié aux EFR en 1960. Dès son retour début 1958, il éprouva le besoin d’écrire pour se libérer. Pour aller mieux.

Depuis la fin de la guerre, il est retourné plusieurs fois en Algérie, il aime ce pays, il a aujourd’hui des amis, dont d’anciens combattants de l’A.L.N. Il croit à la vraie réconciliation des deux peuples.

En novembre 2013, il retourna à Isserbourg (aujourd’hui Laghata), le lieu de son cantonnement, il fut reçu par le maire qui à sa demande l’emmena à la ferme Moll, lieu sinistre où se pratiquaient tortures et exécutions sommaires. « Une sorte de tâche dont je devais m’acquitter, tôt ou tard. Un devoir à accomplir » écrit-il, dans la postface de cette édition.

La réédition du Gâchis participe au devoir de mémoire, ainsi qu’aux débats pour vaincre le sujet tabou de la guerre d’Algérie

LeGachisLeGachis [99 Kb]

Lettres d'Agérie

 

Lettres rassemblées par Philippe Bernard et Nathaniel Herzberg

De l'Algérie ne nous parvient plus guère que l'écho des massacres. L'atrocité des crimes qui y sont perpétrés, l'impossibilité d'en comprendre l'exacte signification et la difficulté pour les journalistes d'y circuler librement ne laissent de place à aucune autre voix.
Ces lettres, adressées pendant plusieurs années par des Algériens à leur famille ou à leurs amis installés en France, disent une Algérie différente, dépouillée de ses stéréotypes. Une Algérie avide de paix, dénonçant à la fois les « égorgeurs islamistes » et ceux qui, au sommet du pouvoir, ont rendu une telle horreur possible et laissent aujourd'hui la population pour ainsi dire sans défense. Un pays qui, entre deux tueries, continue de travailler et d'aller à la plage, comme pour conjurer une guerre qui ne dit pas son nom. Un peuple pétri d'histoire française et qui, derrière le discours officiel sur l'honneur national et le refus de l'ingérence, lance un appel à l'aide et à la solidarité.
Ces simples lettres, précédemment publiées par le journal Le Monde, nous obligent à l'entendre.

Histoire dessinée de la Guerre d'Algérie

 

Livre de Benjamin Stora et Illustré par Sébastien Vassant

 

La guerre d’Algérie fut le grand épisode traumatique de l’histoire de la France des Trente Glorieuses et les blessures ouvertes alors ne sont pas encore refermées, comme en témoignent les polémiques mémorielles récurrentes qu’elle continue de soulever. En 250 pages, Benjamin Stora et Sébastien Vassant retracent en textes et en images les moments-clés de cette guerre longtemps restée « sans nom », avec ses épisodes majeurs et ses acteurs principaux, français comme algériens.

À partir d’archives, de portraits et de témoignages, Benjamin Stora et Sébastien Vassant donnent à voir et à comprendre la guerre d’Algérie comme on ne l’a jamais fait. La bande dessinée restitue cette histoire dans toutes ses dimensions tout en intégrant les acquis de la recherche historique la plus récente, et en faisant place à la diversité des mémoires.

Vidéo de présentation du MONDE

Mémoires d'Algérie - Lettres, carnets et récits ...

 

Titre complet : Mémoires d'Algérie - Lettres, carnets et récits des Françai et des Algériens dans la guerre - 1954-1962

Livre de Benjamin Stora et Tramor Quémeneur

Anciens combattants d'Afrique du Nord, d'active ou appelés. militants nationalistes du FLN-ALN, harkis, pieds-noirs, opposants à la guerre... tous ont ouvert leurs archives à la recherche des traces du passé. Leurs récits donnent toute la "chair" de cette histoire. Ces témoignages sont complétés par des documents officiels permettant de comprendre les enjeux du conflit. De la colonisation à l'indépendance, ces textes donnent à entendre les déchirements des peuples. Ce recueil est issu des archives rassemblées dans le beau-livre des Arènes, événement éditorial de l'année 2010.

Mémoires de guerre d'un combattant kabyle

 

Titre complet : MÉMOIRES DE GUERRE D'UN COMBATTANT KABYLE - De la Deuxième Guerre mondiale à la guerre d'Algérie

Livre de Bouzid Boumezoued et Mehdi Boumezoued

Ce livre retrace la vie d'un homme ordinaire, lequel a été souvent mobilisé pour une "cause dite juste", se retrouve embrigadé dans des guerres sans reconnaissance. Pire, il est à chaque fois réprimé par ceux qu'il avait servis auparavant. C'est aussi le destin d'un peuple que l'on a spolié d'une liberté et dont l'indépendance le replonge dans un étrange fatalisme.

INSTITUTEUR DANS L'ORANAIS - Une passion algérienne - de 1959 à 1968

 

Livre de Stanislas Swietek

Jeune instituteur appelé fin 1957, l'auteur se retrouve en Algérie en mai 1959, au coeur des événements. Humaniste, il refuse de s'impliquer dans cette guerre. Il ouvre une école dans une région de l'Oranais oubliée par la France. Des liens étroits s'établissent avec les enfants et la population. Avec sa femme, aide-soignante, commence alors une aventure humaine exceptionnelle, au-delà des obligations militaires et du conflit. Leur engagement pour l'Algérie et ses enfants donne un récit circonstancié, prenant, émouvant. Témoignage précieux de cette Algérie encore tellement vivante dans le coeur de beaucoup.

Une vie brève

 

Livre de Michèle AUDIN

Dans ce livre, il est question d'une vie brève. Pas de celle d'un inconnu choisi au hasard, parce que j'aurais vu sa photo, son sourire, dans un vieux journal, mais celle de mon père, Maurice Audin. Peut-être avez-vous déjà croisé son nom. Peut-être avez-vous entendu parler de ce que l'on a appelé "l'affaire Audin". Ou peut-être pas. Je le dis d'emblée, ni le martyr, ni sa mort, ni sa disparition ne sont le sujet de ce livre. C'est au contraire de la vie, de sa vie, dont toutes les traces n'ont pas disparu, que j'entends vous parler ici.

 

[Note de lecture]

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De nos frères blessés

 

Livre de Joseph Andras

Alger, 1956. Fernand Iveton a trente ans quand il pose une bombe dans son usine. Ouvrier indépendantiste, il a choisi un local à l’écart des ateliers pour cet acte symbolique : il s’agit de marquer les esprits, pas les corps. Il est arrêté avant que l’engin n’explose, n’a tué ni blessé personne, n’est coupable que d’une intention de sabotage, le voilà pourtant condamné à la peine capitale...

Quand la Justice s’est montrée indigne, la littérature peut demander réparation. Lyrique et habité, Joseph Andras questionne les angles morts du récit national et signe un fulgurant exercice d’admiration.

[Note de lecture]

Les clés retrouvées - Une enfance juive à Constantine

 

Livre de Benjamin Stora

Lorsque la mère de Benjamin Stora est décédée en 2000, il a découvert, au fond du tiroir de sa table de nuit, les clés de leur appartement de Constantine, quitté en 1962. Ces clés retrouvées ouvrent aussi les portes de la mémoire.
La guerre est un bruit de fond qui s’amplifie soudain. Quand, en août 1955, des soldats installent une mitrailleuse dans la chambre du petit Stora pour tirer sur des Algériens qui s’enfuient en contrebas, il a quatre ans et demi et ne comprend pas. Quelques années plus tard, quand ses parents parlent à voix basse, il entend les craintes et l’idée du départ. Mais ses souvenirs sont aussi joyeux, visuels, colorés, sensuels. Il raconte la douceur du hammam au milieu des femmes, les départs à la plage en été, le cinéma du quartier où passaient les westerns américains, la saveur des plats et le bonheur des fêtes.
Ces scènes, ces images révèlent les relations entre les différentes communautés, à la fois proches et séparées. Entre l’arabe quotidien de la mère et le français du père, la blonde institutrice de l’école publique et les rabbins de l’école talmudique, la clameur des rues juives et l’attirante modernité du quartier européen, une histoire se lit dans l’épaisseur du vécu.
Benjamin Stora a écrit là son livre le plus intime. À travers le regard d’un enfant devenu historien, il restitue avec émotion un monde perdu, celui des juifs d’Algérie, fous de la République et épris d’Orient.

 

[Note de lecture]

Finir la guerre

 

Livre de Michel Serfati

Confronté au brutal suicide de son père, Alex va se mettre en tête de comprendre les raisons qui ont poussé le vieil homme à commettre l’irréparable.

Une mystérieuse lettre en provenance d’Algérie, arrivée quelques jours avant sa mort, éveille sa curiosité et l’incite à explorer cette piste, celle de son père mobilisé au sud de Tébessa en 1959. Là-bas, il découvrira une culture fascinante, des paysages grandioses et Kahina – l’auteure de la fameuse lettre –, mais aussi les affres de la guerre qui ont tôt fait de transformer les héros en bourreaux.

Divorcé, père en mal de reconnaissance, Alex a besoin de connaitre la vérité sur son aïeul pour devenir le pilier qu’il souhaite être pour son fils et faire éclater la chape de plomb qui écrase leur famille.

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Les héritiers du silence Les enfants d’appelés en Algérie

 

Livre de Florence Dosse

Il y a eu plus d’un million d’appelés en Algérie, mobilisés pour ce qui, alors, n’était pas reconnu comme une guerre. Pour beaucoup d’entre eux, l’expérience marquante, voire traumatisante, de ce conflit sans nom et sans gloire est restée enfouie dans le silence. Elle n’avait pas de place dans l’histoire officielle et suscitait plus de gêne que de curiosité. Leurs proches eux-mêmes posaient peu de questions. Au fond, personne ne souhaitait vraiment entendre leur récit et ils ont préféré se taire, durablement.

À la génération suivante et dans un contexte différent, alors que l’histoire et la mémoire de la guerre d’Algérie commencent à s’écrire, certains de leurs enfants se découvrent héritiers de ce silence. C’est le cas de Florence Dosse. Entre quête personnelle et enquête, elle a interviewé à la fois d’anciens appelés, les épouses de ces derniers et leurs enfants, aujourd’hui adultes, à qui rien ou presque n’a été transmis. On découvre le « vécu congelé » des premiers, raconté avec les mots du passé, le désarroi des femmes, les non-dits dans les couples et le mélange d’ignorance, d’interdit, de douleur ou de honte confusément ressenti par les enfants. L’originalité profonde de ce livre tient à la juxtaposition de ces trois paroles et à l’écoute attentive de Florence Dosse.

 

[Vidéo de la Librairie MOLLAT]

Quand les appelés d’Algérie s’éveillent

 

Livre de  Corinne Chaput-Le Bar

La guerre d’Algérie est le dernier conflit dans lequel l’État français a engagé des appelés du Contingent. En tout deux millions trois cent mille jeunes hommes de toutes origines sociales et de toutes régions de France ont dû faire la guerre à d’autres hommes qui avaient choisi l’indépendance pour leur pays.

Dix ans seulement après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils se battaient pour une cause qui, le plus souvent, n’était pas la leur, sur un territoire dont ils étaient pour partie les occupants, dans une contrée lointaine dont l’opinion se souciait assez peu, incorporés à une Armée parfois inconséquente, pas toujours irréprochable. A leur retour, ces « rabat-joie » entrant dans la toute nouvelle société de consommation étaient donc encouragés à se taire et à cacher des souffrances souvent invisibles des autres et pourtant bien présentes à leur esprit.

Parmi eux, quatre jeunes appelés du Contingent, originaires de Bretagne, du Centre, de Normandie ou encore de Picardie, sont rentrés d’Algérie furieux, tourmentés ou en proie au chagrin et se sont tus pendant environ quarante ans.

Puis, laborieusement ou avidement, ils se sont mis à écrire ce qui est leur récit d’une situation extrême de vie.

Ces récits présentés un par un puis croisés donnent à voir des pans singuliers et parfois méconnus de l’histoire de ce conflit et se révèlent être de véritables oeuvres dont l’esthétique favorise une restauration de l’estime de soi. Enfin, les commentaires recueillis auprès de leurs auteurs permettent de comprendre les processus qui ont présidé à la longue période de « volonté somnolente » qui a frappé les quatre appelés, ceux qui ont favorisé la prise de plume et, surtout, de mettre au jour les effets de « raccommodement » produits par l’écriture autobiographique.

Une enfance dans la guerre Algérie, 1954-1962

 

Textes inédits recueillis par Leila Sebbar

Nés dans les années 1940 et 1950, quarante-quatre auteurs issus des différentes populations de l'Algérie d'avant l'indépendance racontent leur enfance dans la guerre d'Algérie. C'est inédit. C'est le bon moment puisqu'ils sont les derniers témoins directs du douloureux épilogue de la longue histoire com­mune à la France et à l'Algérie. Et c'est nécessaire?: en puisant dans l'intime et l'opacité de l'enfance, leurs récits se chargent d'une incan­descence qui agit comme un révélateur de cette guerre singulière. Une guerre longtemps innommée à Paris, alors qu'elle fut meurtrière, fondatrice de l'Algérie nouvelle et constitutive de la France actuelle, annonciatrice enfin des conflits qui s'écrivent avec les mêmes mots? : guérilla urbaine, tortures, exécutions, bombes dans les cafés...

Un dernier regard

 

Livre de Jean Viegas Pires

Un dernier regard : celui porté par l’auteur, après tant d’années, à travers la lecture des lettres, oubliées dans une boîte à chaussures, d’un frère appelé sous les drapeaux durant vingt sept mois, dont une grande partie en Algérie.

Ces lettres font ressurgir les souvenir d’une enfance heureuse en famille avant le départ du père provoquant ainsi les angoisses d’une mère devant assumer seule la conduite de la famille : s’occuper de l’éducation du cadet et vivre dans l’attente interminable et inquiète du retour de l’aîné.

L’histoire :

Il s’agit d’un livre-témoignage écrit à partir de lettres retrouvées au fond d’un placard dans une boîte à chaussures. Ce livre couvre une période de deux ans : de 1958 à 1960.

Les parents de Jean, immigrés portugais, ont acquis une épicerie-café à Bagnolet. Ils travaillent durs tous les deux et élèvent leurs trois enfants : Jacques, Robert et Jean.

Jacques, l’aîné, devient instituteur puis part au service militaire. Robert décède en bas âge et Jean n’a que 11 ans lorsqu’arrive la première lettre de son frère Jacques. Entre temps, le père, atteint d’une grave maladie, s’en est allé dans des conditions effroyables.

Jacques devenu sous-lieutenant et toujours sous le drapeau écrit régulièrement à sa mère et à son petit frère Jeannot. On le sent attentionné, aimant, protecteur, raisonnable et pondéré. Il parle à Jeannot comme parlerait un père à son fils l’encourageant à faire des efforts à l’école, à entrer chez les scouts: « tes efforts me réconfortent » l’encourage-t-il… et lorsqu’il lui donne ses consignes, il se met à la portée de son frère afin de bien se faire comprendre. Le bien-être des siens est primordial pour lui, même s’il est conscient que sa mère peine à joindre les deux bouts : il l’exhorte à acheter une télévision, un chauffe-eau pour que leur vie soit plus facile. Il les aide comme il peut financièrement en leur faisant parvenir une partie de sa solde. Par contre, il minimise le danger qu’il vit au quotidien afin de ne pas inquiéter sa mère.

Cette mère justement, est une mère-courage. Elle fait tourner toute seule la boutique et se bat pour élever seule son fils Jeannot parfois au prix de gros sacrifices. Elle n’oublie pas son aîné et lui envoie tablettes de chocolats, biscuits… Combative, elle fait face en toutes occasions et ne montre pas sa tristesse, son inquiétude, sa peur : (p.82… il faut se dire que Noël prochain ne sera que plus beau). Et pourtant, l’amour d’une mère est telle qu’une nuit elle se réveillera affolée par le cauchemar qu’elle vient de faire.

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Sur les traces du père – Questions à l’officier tué en Algérie

 

Livre de Jean-Claude Escaffit

 Il n'est de devoir de mémoire sans devoir de vérité. C'est ce qui a guidé l'auteur dans ce récit émouvant. Ancien journaliste à La Croix, puis à La Vie, Jean-Claude Escaffit revisite de façon vivante toute la guerre d'Algérie, à partir d'une histoire singulière. Il est parti sur les traces de son père, tué en Petite Kabylie. Un demi-siècle après ! Pourquoi de l'enfance à la retraite, ai-je traversé les strates du temps, sans chercher à en savoir davantage sur ton rôle d'officier dans cette guerre ? Etais-je prêt à prendre le risque de faire vaciller ton piédestal de héros familial ? L'auteur a fouillé les archives, a recueilli de nombreux témoignages, des deux côtés, a fait le voyage en famille dans une zone contrôlée aujourd'hui par les djihadistes. Et par un incroyable hasard a rencontré l'un des meurtriers du capitaine Escaffit, chef de poste SAS, dont la mort lui avait été annoncée. Quand il a entrepris ce récit, l'auteur ne savait pas ce qu'il allait trouver au bout du chemin. Un chemin bordé de larmes, de révélations bouleversantes, mais balisé par une étonnante chaîne algérienne de solidarité. A la veille du 60ème anniversaire d'un conflit resté traumatisant, ce récit passionnant (qualificatif ?) veut être, un message de réconciliation et de paix de part et d'autre de la Méditerranée.

Souvenirs de la guerre d’Algérie

 

Titre complet : Souvenirs de la guerre d’Algérie - Un intellectuel sur le terrain face à la répression

Livre de Jean-Marie Mathieu

Les souvenirs racontés ici concernent les années 1957 et 1958. Intellectuel, l'auteur était partisan de la décolonisation et profondément hostile à la torture. Patriote critique mais discipliné, il refusa d'accomplir des fonctions autres que celles auxquelles il fut employé. La lecture de la presse algéroise pendant la bataille d'Alger, son détachement à l'état-major divisionnaire de Bône, sa présence dans un bureau chargé administrativement de l'application des "pouvoirs spéciaux" lui firent observer de près la brutalité systématique de la répression.

La vie des soldats bretons dans la guerre d’Algérie 1954-1962

 

Livre de Jean Yves Jaffres

Ces cas indiquent une grande diversité des situations entre les militaires en Algérie entre 1954 et 1962. Des soldats n'ont pas connu le combat ni pris beaucoup de risque pour leur vie ; d'autres furent durement éprouvés tels les commandos, les prisonniers, ceux qui furent victimes des embuscades ou d'accrochages importants et nombreux.
En ce livre, des appelés voyagent à travers faits, sentiments et réflexions pour analyser cette guerre, mais à leur manière. Ils la décrivent avec leurs mots, leurs photos, leurs histoires gaies ou tristes vécues là-bas.
Cette synthèse basée sur 110 témoignages de Bretons, permet de rappeler ceux qui ont souffert, ceux qui sont morts et à la peine de milliers de famille. Il est à noter que beaucoup d'entre eux conservent des séquelles dans leur cœur, dans leur corps et dans leur esprit.
Presque chaque appelé retrouvera ici, des faits semblables à ceux qu'il a vécu là-bas. Les épouses et enfants de ces anciens combattants connaîtront mieux cette période de la vie qui a marqué leurs mari et père (ils en parlent si peu ou pas du tout). Beaucoup de jeunes veulent en savoir plus sur cette tranche d'histoire et les enseignants possèdent peu d'informations concrètes sur cette guerre vue de l'intérieur.
Ce livre permet aussi de mieux connaître et de mieux comprendre les "Anciens d'Algérie", car il rompt leur silence et parle pour eux.

Résister à la guerre d’Algérie par les textes de l’époque

 

Ils étaient soldats, avocats, éditeurs, écrivains, ouvriers. Chrétiens, communistes ou tiers-mondistes. Dans une France imprégnée de discours colonial, ils ont résisté à la guerre d’Algérie en refusant de porter les armes, en prenant la défense des militants condamnés, en témoignant des atrocités commises, en diffusant les textes interdits. Minoritaires dans un pays où « l’Algérie c’est la France », ces insoumis ont pris le parti de leurs frères algériens au péril de leur liberté ou de leur vie.

Ce livre présente des textes de l’époque – lettres de déserteurs, appels au refus ou manifestes anticolonialistes – ainsi qu’une liste de tous les acteurs de cette résistance. Autant de témoignages brûlants ou poignants éclairés par l’analyse de l’historien Tramor Quemeneur et par le regard de l’éditeur Nils Andersson, témoin engagé de l’opposition au conflit.

À l’heure où l’on célèbre le 50e anniversaire de l’indépendance algérienne, cette mémoire anticoloniale, nous dit l’association Sortir du colonialisme, qui a coordonné cet ouvrage, peut contribuer aux combats d’aujourd’hui.

Quand ils avaient mon âge Alger 1954-1962

 

Livre de Gilles Bonotaux et Hélène Lasserre

Alger, 1954-1962. Après l'école, Youssef, Khellil, David et Jean-François aimaient bien se retrouver à la pointe Pescade, la plage d'Alger. Jouer aux pirates, aux osselets avec les petits os de l'agneau du couscous, embêter les filles, ou déguster des beignets de sardines... On ne s'ennuyait jamais ! Mais un climat de méfiance et de tension allait bientôt remplacer l'insouciance... Un fossé se creusait entre Arabes et Français, et à l'école chacun répétait sans comprendre ce qu'il avait entendu à la maison. De nouveaux noms comme De Gaulle, l'OAS et le FLN apparaissaient...

Un excellent album, bien documenté. Au début du livre se trouve un historique de la présence française en Algérie. Beaucoup d'informations sont données à travers le récit de la vie quotidienne des enfants. Un glossaire fouillé est également présent. Les illustrations sont belles et la présentation est attrayante avec une alternance de textes et de bandes-dessinées. Le récit se veut objectif et montre que les hommes sont capables du pire comme du meilleur dans tous les camps. Le drame Harki est bien évoqué.

Passés sous silence en Algérie

 

Titre complet : Passés sous silence en Algérie - Témoignage d'un "appelé" embarqué à Marseille le 15 juillet 1957

Livre de Bernard Nicolas

Très peu d'ouvrages sur la Guerre d'Algérie ont relaté la vie journalière d'un militaire « appelé », sur le terrain, dans les zones à risques de ce conflit. Bernard Nicolas, sergent à la 8e Cie du 8e RIM dans le sud oranais, années 1957/1958, nous en fait ici partager le quotidien, sans craindre d'aborder les sujets tabous : les interrogatoires, la torture, les « corvées de bois », ainsi que le comportement parfois déshonorant de militaires de carrière.

Paroles d’Appelés : Leur version de la guerre d'Algérie

 

Livre de Fernand Fournier

Ce recueil de témoignages a été réalisé principalement en interviewant 32 appelés à servir en Algérie pour "y maintenir l'ordre" selon l'expression de l'époque. Informations minimisées, censure systématique de certains sujets, cercueils rapatriés en silence, comment, dans ces conditions, oser témoigner publiquement ?

Avec 50 ans de recul, ces récits relatent la diversité et la complexité des situations vécues et contribuent à la transmission de la mémoire pour mettre un point final à un long silence.

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Ni valise, ni cercueil – Les Pieds-noirs restés en Algérie après l’indépendance

 

Livre de Pierre Daum

1962 : après les accords d'Evian des dizaines de milliers de Pieds-noirs sont restés vivre en Algérie. C'est vingt à trente ans plus tard seulement, dans le contexte des années de guerre civile, qu'ils se sont rapatriés. Pierre Daum est allé à la rencontre de ceux qui, au lendemain de l'indépendance, n'ont choisi "ni la valise ni le cercueil".

 

[Un article paru sur le site « Ni valise, ni cercueil »]

Mémoires d’un appelé en Algérie

 

Livre de Pierre Brana

«Pendant des années après mon retour de la guerre d'Algérie, j'ai gardé le silence sur cette période difficile de ma vie. Ce n'est pas que je l'avais gommée. Bien au contraire, son sou­venir revenait sans cesse, à tout bout de champ, me hanter, acca­parer mon esprit. Je luttais, souvent en vain, pour me débarrasser de son emprise, pour chasser cette pénible obsession. C'est progressivement, sans trop m'en rendre compte, par des échanges, des discussions, à la suite d'interviews, d'articles pour lesquels j'étais sollicité, que je renouais avec le passé. Je pus alors laisser ces souvenirs remonter à la surface...»

Pierre Brana fait part dans ce livre de son vécu. Mais il rapporte aussi, au fur et à mesure du déroulement des «événements», les réactions de son quartier natal de Bacalan, comme celles des milieux syndicaux - auxquels il a appartenu - et du monde universitaire bordelais où il a fait ses études.
Une contribution à l'histoire de la guerre d'Algérie par un de ceux qui l'ont faite.

Lettres filmées d’Algérie – Des soldats à la caméra - 1954-1962

 

Livre de Jean-Pierre Bertin-Maghit

Pendant la guerre d'Algérie, des soldats se sont transformés en cinéastes amateurs : quand la majorité des militaires avaient en poche leur appareil de photo, eux ont choisi la caméra. Jean-Pierre Bertin-Maghit a retrouvé 38 d'entre eux. Il les a placés face à leurs propres images - au total 72 films. Un dispositif vivant de microhistoire qui confronte, au présent de l'entretien, mémoire des hommes et mémoire des images. Que désiraient saisir ces soldats-cinéastes amateurs et qu'ont-ils souhaité garder en souvenir ? Comment leurs histoires font-elles effraction dans l'Histoire ? Comment ces hommes, maintenant dans leur grand âge, restituent-ils aujourd'hui leurs expériences de jeunes gens pris dans une guerre ? Autant de questions auxquelles ce livre tente de répondre afin de contribuer à une histoire des combattants de la guerre d'Algérie

Les écrivains pieds-noirs face à la guerre d’Algérie

 

Livre de Wolf Albes

En dépit de leurs œuvres prestigieuses, les écrivains français d'Algérie sont restés plus ou moins dans l'ombre du « maître de l'Algérie » Albert Camus, dont l'œuvre fut couronnée du prix Nobel en 1957. Comment ont-ils réagi face au drame de leur terre natale entre 1954 et 1962 ? Emmanuel Roblès, Roger Curel, Jean Pélégri ou Jules Roy choisirent de soutenir plus ou moins ouvertement les nationalistes algériens. Savaient-ils seulement ce qu'ils faisaient et quel avenir ils cautionnaient ? D'autres comme Jean Brune, André Rosfelder ou Janine Montu¬pet se sont battus pour sauvegarder à tout prix le pays de leur enfance. Marcel Moussy et Robert Merle ont pris des positions bien surprenantes... Quant à Albert Camus, il prouva avec "Le Premier Homme", paru de façon posthume en 1994, qu'il avait depuis longtemps déjà rejoint les siens dans leur dernier combat.

Le dernier tabou – les « Harkis » restés en Algérie après l’indépendance

 

Livre de Pierre Daum

Deux ans et demi d’enquête, 20 000 km parcourus et des dizaines de témoignages inédits ont été nécessaires à Pierre Daum pour réaliser « Le Dernier Tabou, les harkis restés en Algérie après l’indépendance ». Avec cette publication, le simple mot de « harki » ne résonnera plus de la même façon, ni en France ni en Algérie.

Cette enquête bouleverse en effet pas mal d’idées reçues, notamment celle du « massacre massif » de harkis après la signature des accords d’Evian.
Pour l’auteur de l’essai, « les nostalgiques de l’Algérie française instrumentalisent depuis 50 ans les souffrances (par ailleurs réelles) que de nombreux harkis ont vécues au moment de l’indépendance. En exagérant le nombre de morts (le chiffre de 150 000 est très souvent repris alors qu’il ne repose sur aucun fondement historique) et en parlant de « massacre » , voire de « génocide » des harkis, ces nostalgiques tentent, sous couvert d’un pseudo-humanisme, de justifier le combat des ultras de l’Algérie française, notamment de l’OAS. »

L’argument est de fait, mis en avant de manière permanente par ceux qu’on appelle communément les « nostalgériques », dont on vient de voir à Béziers jusqu’où ils sont capables d’aller. Pierre Daum en est persuadé : « derrière leurs discours dénonçant le « massacre des harkis » il faut en fait entendre : « nous n’aurions jamais dû lâcher l’Algérie, regardez ce que ces pauvres harkis ont subi ! ».

Discours plutôt efficace puisque la plupart des Français pensent qu’en 1962, les harkis ont soit réussi à s’enfuir en France, soit ont été massacrés. » « La version véhiculée par ces groupes postule qu’aucun harki n’est resté vivre en Algérie. Ce qui est complètement faux. Mon enquête révèle qu’en réalité, la grande majorité des harkis est restée dans son pays sans y être assassinée. »

Si l’on en croit les résultats de la longue et minutieuse enquête de l’auteur, la plupart d’entre eux sont retournés dans leurs villages et ont retrouvé la vie de paysans très pauvres qu’ils avaient avant la guerre. Beaucoup n’ont pas été véritablement inquiétés. D’autres sont passés par des tribunaux populaires, devant lesquels beaucoup ont réussi à s’en sortir, expliquant n’avoir « rien fait de mal », ou avoir été « forcés par les Français ».
Certains, par contre, reconnus coupables de violences à l’égard de la population civile, ont été soumis pendant quelques semaines à des travaux forcés. Certains ont passé plusieurs années en prison avant d’être libérés.
« En général, poursuit Pierre Daum, seuls les plus coupables (de tortures, viols, exactions en tout genre) ont été exécutés. Mais cela n’empêcha pas, en cette période de chaos de l’été/automne 1962, qu’aient lieu de nombreux crimes aveugles, des vengeances sordides et des exécutions sommaires, sans rapport parfois avec la guerre. Il s’agissait alors de vieilles querelles de terre, d’héritage ou de femmes. »

Voilà un ouvrage qui va certainement soulever un certain nombre de polémiques et de protestations, tant du côte algérien que du côté des mouvements français d’extrême-droite qui ont beaucoup utilisé cet épisode pour alimenter leurs discours et leur « idéologie ».

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La Temesguida, Une enfance dans la guerre d’Algérie

 

Livre de Aïssa Touati et Régis Guyotat

«Nous survivons au jour le jour, sans savoir si nous avons un passé, ni un avenir, sans penser au destin de l’Algérie. Nous sommes attachés au sol, préoccupés surtout de ce que nous mangerons demain. Mais nous n’avons pas de maîtres. Contre qui pourrions-nous nous révolter ? Contre la pauvreté ? Mais nous ignorons ce qu’est la richesse. Et puis ce n’est pas le Coran qui incite à la révolte. Nous nous sentons sous la protection de la Temesguida, vers laquelle nous élevons notre regard pour deviner l’avenir. Nous ne savons qu'une chose : la nature est plus puissante que nous.»

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