Mai 68 en régions

Mai 68 en Alsace

 

Livre de Benoît Wirrmann, Geoffrey Girost, Jacques Ernewein, Jean-Claude Richez, Richard Kleinschmager

Ce livre est le catalogue de l'exposition qui se tient en Alsace (Strasbourg)

Avec Mai 68, Paris a occupé le devant de la scène et a bien souvent occulté ce qui s'était passé en province. Dans l'imaginaire collectif, Mai 68 évoque d'abord des images en noir et blanc de manifestations et de barricades au Quartier latin. Si Paris est bien l'épicentre du mouvement, ces seules images passent sous silence une réalité plus complexe qui touche l'ensemble des régions françaises. Loin des cigognes et des colombages des cartes postales, l'Alsace de 1968 apparaît elle aussi traversée par le vent de la contestation. Dans une région réputée conservatrice, Mai 68 sème le trouble. Dès 1966, à l'université de Strasbourg, les situationnistes et leurs partisans, qui ont pris le contrôle de l'AFGES, principale association étudiante, remettent en cause les fondements de la société. Grâce à la publication du pamphlet De la misère en milieu étudiant qui fait scandale, les thèses situationnistes sont diffusées pour la première fois à grande échelle. Leurs théories subversives inspirent la contestation étudiante à Strasbourg comme ailleurs. En Mai 68, l'université de Strasbourg est à la pointe de la révolte. Réunis en Conseil, les étudiants strasbourgeois sont les premiers à proclamer l'autonomie de leur université. Ils mènent un intense travail de réflexion sur son avenir et plus largement sur l'évolution de la société. Gagnée par la contestation, une partie des salariés se joint au mouvement par des grèves et des manifestations, transformant la crise étudiante en une crise sociale sans précédent. Si la mobilisation des salariés en Alsace apparaît plus modeste que dans le reste du pays, elle inspire et prépare des mouvements plus durs pour les années à venir. Crise étudiante, crise sociale, crise politique enfin, qui voit partisans et opposants au général de Gaulle s'affronter dans la rue puis dans les urnes à la faveur des élections législatives de juin 68. "Et ça ne fait que commencer" avertissait un tract situationniste à Strasbourg en 1966. Au-delà du printemps 68 et malgré la victoire écrasante des gaullistes aux élections législatives de juin, la contestation se prolonge en effet tout au long des années 70 sous de nouvelles formes.

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Marseille-Paris, les Belles de Mai

 

Livre de Gérard Leidet & Bernard Régaudiat

Mai-juin 68 : cinquante ans après, tout n’a-t-il pas déjà été dit ? Non, car tout en faisant des allées et retours entre la situation marseillaise et la situation nationale et parisienne, ce livre est particulièrement consacré à Marseille.
L’épicentre du mouvement étudiant marseillais est, à deux pas de la gare, la faculté des sciences Saint-Charles. Les arrêts de travail dans les entreprises ­commencent­ quelques jours après la manifestation du 13 mai : le 17, les établissements ferroviaires de ­Marseille sont paralysés par la grève ; dans la nuit, le tri de Marseille-Gare est occupé par les postiers ; le 18, les syndicats appellent à l’extension du mouvement.
À partir du 20, le mouvement de grève fait tache d’huile, gagne le port où les marins occupent les navires, les entreprises des quartiers nord et est de la ville (métallurgie, chimie, alimentaire…), mais aussi les cafés-restaurants, les banques, les services et les administrations. Le 21 mai, les employés de la préfecture votent pour la grève. La principale fédération syndicale enseignante appelle à cesser le travail dans l’enseignement, le lycée Thiers, au centre-ville, est occupé, le 23 mai, par les comités d’action lycéens (CAL) et rebaptisé « Commune de Paris ». Le 24 mai, le mouvement touche les taxis et les municipaux…

L’association Promémo (Provence, Mémoire et Monde ouvrier) donne ici la parole aux témoins et aux chercheurs de Marseille et de sa région.

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Mai 68 à Marseille, Lyon, Rennes et Brest

 

Mai 68 en Province. Le 23/04/2018 sur France Culture

Marseille années 68

 

Livre d'Olivier Fillieule & Isabelle Sommier

Cinquante ans après les bouleversements politiques et sociaux portés par la séquence historique de Mai 68, que sait-on vraiment de cette séquence historique, en dehors de l'image d'Epinal qui s'est construite au gré des commémorations successives ? Une image très parisienne, fortement centrée autour de quelques figures et célébrités, aux dépends de milliers de militant. e. s ordinaires qui, entre 1966 et le milieu des années 1980 et sur tout le territoire, ont contribué à faire des années 1968 un âge d'or des luttes dont on peine aujourd'hui à restituer l'épaisseur et les logiques. Cet ouvrage propose une plongée inédite dans les années 68 à Marseille, ville marquée par la puissance longtemps incontestée du PC et de la CGT dans le monde syndical, par un gouvernement municipal hégémonique et clientélaire (le système Defferre), par l'importance de la nébuleuse des chrétiens de gauche ou chrétiens marxistes. Il montre que la cité phocéenne a aussi eu un rôle d'avant-garde dans de nombreuses luttes majeures des années 68, en particulier les luttes féministes, le mouvement homosexuel et la défense des travailleurs immigrés. Restant au plus près de l'expérience vécue par les 68ards ordinaires, ce livre restitue un Mai marseillais assez différent de l'histoire officielle, tantôt enchantée tantôt noircie.

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Mai 68 à Lyon

 

Livre de Jacques WAJNSZTEJN

« Nous avons bien été battus, mais nous ne voulions pas non plus "gagner" ; ce que nous voulions, c'était tout renverser … ».
Mai-68 n'a pas été une révolution, mais plutôt un mouvement d'insubordination qui n'a pas connu son dépassement. Il trouve son sens dans le moment de l'événement lui-même, où les individus, au-delà de leur particularité sociale, sont intervenus directement contre toutes les institutions de la domination et de l’exploitation capitalistes.  
À Lyon, étudiants du campus de la Doua, élèves du lycée Brossolette à Villeurbanne, jeunes prolétaires de la M.J.C. du quartier des États-Unis, trimards des bords de Saône, mais aussi ouvriers de Berliet dévoilant l'anagramme "Liberté" y ont joué un rôle de premier plan.
Mouvements ouvrier et étudiant paraissaient capables de converger à la faveur des liens tissés dès 1967 pendant les grèves exemplaires de la Rhodiacéta. Les conditions plus favorables de la grève généralisée en mai 1968 ne débouchent pourtant pas sur une union décisive et les grévistes de la Rhodiacéta n'assument pas le rôle d'entraînement auquel on aurait pu s'attendre, auprès des autres ouvriers de la région.
Le mouvement collectif, exubérant et anonyme connaît son acmé pendant la manifestation et la nuit du 24 mai. Son reflux se manifeste d'abord par l'attaque de la faculté des Lettres par l'extrême droite et les milices gaullistes le 4 juin, puis par la reprise du travail aux P.T.T. dès le 8 juin et à la Rhodiacéta le 10, même si à Berliet, la grève s’étire jusqu’au 20 juin.

Ni témoignage ni travail d’historien, Mai-68 à Lyon est le récit circonstancié et argumenté de ce mouvement par l'un de ses protagonistes, alors membre du Mouvement du 22 mars lyonnais et actuellement co-directeur de la revue Temps Critiques

 

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L'envers de Flins - Une féministe révolutionnaire à l'atelier

 

Livre de Fabienne Lauret

Le 3 mai 1972, Fabienne Lauret est embauchée à l'atelier couture de Renault-Flins. Issue de la génération de Mai 68, membre du groupe Révolution !, elle est une établie, comme on appelle ces jeunes militant-es qui entraient en usine pour changer le monde. Elle y restera plus de trente-six ans. Loin des clichés habituels, elle nous raconte la condition ouvrière moderne, la souffrance au travail, l'exploitation quotidienne. Féministe, elle est plus particulièrement sensible à la condition des ouvrières et au sexisme dont elles sont victimes, tant de la part de leurs collègues ouvriers que de la direction patronale. La bataille qu'elle mène avec détermination est longue, rude et exige une infinie patience. Militante CFDT, puis déléguée syndicale, elle anime ses premières grèves. Indissociables de son parcours professionnel, ses activités syndicales nous plongent au coeur des fortes luttes sociales qui ont secoué l'usine de Flins. Elue au comité d'entreprise, puis salariée de celui-ci, elle participe au développement d'une autre conception de cette institution sociale, qui heurte les conservatismes de la direction syndicale qui succède à la CFDT et qui utilise contre elle les méthodes patronales les plus éculées. L'Envers de Flins, parcours de vie, parcours de lutte, est aussi le témoignage vivant et fort d'une féministe ouvrière qui n'a jamais renoncé à transformer le monde.

 

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La commune de Nantes

 

Livre de Yannick Guin

Le 14 mai 1968 les travailleurs de Sud-aviation occupent leur lieu de travail : ils sonnent ainsi le réveil de la classe ouvrière. La veille les étudiants de Nantes assiégeaient la Préfecture, mettant en échec les forces de l’ordre.
Yannick Guin montre dans La commune de Nantes le cours exceptionnel et original imprimé aux événements nantais, l’esquisse d’une administration des classes laborieuses parallèle à celle de l’état bourgeois qui, sans jamais atteindre le « double pouvoir » sera toutefois suffisamment dessinée pour que le Préfet affirme, le 27 mai au soir, que la Loire-Atlantique est en état d ‘insurrection. On a surtout insisté, à propos des luttes nantaises, sur leur radicalisme extérieur (l’émeute). L’auteur met ici les choses au point.

 

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