Mai 68 - 50 ans après

50 ans après

 

Certains voulaient "liquider" l'héritage de Mai 68, dont les héritiers auraient "détruit les valeurs et la hiérarchie" (propos de Sarkozy à Bercy en avril 2007).
Et bien 50 ans après, au moins du point de vue de l’édition, Mai 68 se porte bien. C’est par dizaines que des livres sont publiés ou réédités en cette année anniversaire.
Quant à nous, ce sont naturellement les livres relevant de l'intime, de l'autobiographie, du témoignage, de la littérature que nous mettons principalement en avant.

  

 

Peut-on enfin écrire la vraie histoire de Mai 68 ? (Un article publié le 29/02/2008 dans TELERAMA)
  "Mai 68 a fait couler beaucoup d'encre. Quarante ans après, des chercheurs offrent pourtant sur les événements un nouveau regard. Plus objectif ?
Il s'est passé quelque chose en 1968, vers mai-juin. Un peu avant aussi et beaucoup après. Sur ce point, tout le monde est d'accord. Et la chose en question doit avoir son importance pour avoir déclenché depuis quarante ans autant d'émerveillement que de hargne, autant d'éloges que d'indignités, fort peu de tiédeur en tout cas. Mais que s'est-il passé au juste ? Une révolution ? Un mouvement social ? La révolte d'une jeunesse contre les carcans autoritaires ? Une libération sexuelle ? Le triomphe de l'individualisme ? Un changement d'air et d'ère politique ?... Tant d'interprétations, de commentaires, d'idées générales ni vraies ni fausses, d'essais, d'albums photo, de numéros spéciaux dans la presse (y compris à Télérama, qui publiera un hors-série en avril) ont fait de 68 un gigantesque « événement de papier », comme dit l'historien Philippe Artières. Mais, quarante ans plus tard, peut-être le temps de l'histoire est-il venu, celui du recul et de l'étude...."

 

Raconter Mai 68 autrement

A propos de deux livres récemment parus

  • 1968. De grands soirs en petits matins (Ludivine Bantigny)
  •  La France d'hier - Récit d'un monde adolescent - Des années 1950 à Mai 1968 (Jean-Pierre Le Goff)

 

 

Une enquète pour la revue "Le Nouveau Magazine Littéraire"  ICI

Quelques témoignages dans LE MONDE - Collégiens, étudiants,syndicalistes... Cinquante ans après, ils racontent leur Mai 68

 

Petite vidéo présentant l'expositon des Beaux-Arts de Paris "IMAGES EN LUTTE" (jusqu'au 20 mai 2018)

MAI 1968 À DAKAR OU LA RÉVOLTE UNIVERSITAIRE ET LA DÉMOCRATIE

 

Titre complet : MAI 1968 À DAKAR OU LA RÉVOLTE UNIVERSITAIRE ET LA DÉMOCRATIE - Le Sénégal cinquante après

Livre d'Abdoulaye Bathily

En mai 1968, Dakar, la capitale du Sénégal, a été le théâtre de manifestations d'étudiants et de travailleurs sans précédent dans l'histoire de ce pays d'Afrique noire francophone. Abdoulaye Bathily propose, documents inédits et originaux à l'appui, l'explication des origines, du déroulement et des conséquences de mai 68. Cet ouvrage retrace les trajectoires de nombreuses figures du syndicalisme étudiant africain ou de la vie politique, sociale et civique sénégalaise et constitue un outil de référence utile à la compréhension des problèmes qui secouent de nos jours les Etats africains.

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Le Mai 68 des historiens : entre identités narratives et histoire orale

 

Livre d'Agnès Callu (dir.)

Réédition

À l'écart des commémorations du cinquantenaire de Mai 1968 et, en oxymore, en son centre, l’ouvrage rouvre un dossier entamé dix ans plus tôt. La démarche, à l’intersection du témoignage et du storytelling, offrait alors, un rendu des travaux d’une équipe de recherche, dirigée par Agnès Callu et soutenue par l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP/CNRS) travaillant, pendant trois ans, sur la perception autant que l’analyse d’une génération d’historiens – ceux nés entre 1923 et 1940, soit la classe d’âge précédant celle des Baby Boomers – de « leur Mai ». Privilégiant le dialogue « d’entre soi » car les entretiens étaient ceux d’historiens majeurs fabriqués par de jeunes historiens, l’objectif consistait à faire surgir le « retour d’expériences » d’experts, témoins oculaires ou auriculaires, d’un évènement basculant les habitus sociaux sur le temps court, réinventant à l’échelle du temps moyen, les pratiques et les usages de l’histoire. La nouvelle convocation, celle de 2018, entreprend une réactualisation critique de l’ouvrage livré à l’issue du colloque-bilan tenu au Collège de France en 2008 en même temps qu’il se demande s’il faut commémorer 68 et si oui, de quelles manières et dans quelles perspectives.

Mai 68 en Alsace

 

Livre de Benoît Wirrmann, Geoffrey Girost, Jacques Ernewein, Jean-Claude Richez, Richard Kleinschmager

Ce livre est le catalogue de l'exposition qui se tient en Alsace (Strasbourg)

Avec Mai 68, Paris a occupé le devant de la scène et a bien souvent occulté ce qui s'était passé en province. Dans l'imaginaire collectif, Mai 68 évoque d'abord des images en noir et blanc de manifestations et de barricades au Quartier latin. Si Paris est bien l'épicentre du mouvement, ces seules images passent sous silence une réalité plus complexe qui touche l'ensemble des régions françaises. Loin des cigognes et des colombages des cartes postales, l'Alsace de 1968 apparaît elle aussi traversée par le vent de la contestation. Dans une région réputée conservatrice, Mai 68 sème le trouble. Dès 1966, à l'université de Strasbourg, les situationnistes et leurs partisans, qui ont pris le contrôle de l'AFGES, principale association étudiante, remettent en cause les fondements de la société. Grâce à la publication du pamphlet De la misère en milieu étudiant qui fait scandale, les thèses situationnistes sont diffusées pour la première fois à grande échelle. Leurs théories subversives inspirent la contestation étudiante à Strasbourg comme ailleurs. En Mai 68, l'université de Strasbourg est à la pointe de la révolte. Réunis en Conseil, les étudiants strasbourgeois sont les premiers à proclamer l'autonomie de leur université. Ils mènent un intense travail de réflexion sur son avenir et plus largement sur l'évolution de la société. Gagnée par la contestation, une partie des salariés se joint au mouvement par des grèves et des manifestations, transformant la crise étudiante en une crise sociale sans précédent. Si la mobilisation des salariés en Alsace apparaît plus modeste que dans le reste du pays, elle inspire et prépare des mouvements plus durs pour les années à venir. Crise étudiante, crise sociale, crise politique enfin, qui voit partisans et opposants au général de Gaulle s'affronter dans la rue puis dans les urnes à la faveur des élections législatives de juin 68. "Et ça ne fait que commencer" avertissait un tract situationniste à Strasbourg en 1966. Au-delà du printemps 68 et malgré la victoire écrasante des gaullistes aux élections législatives de juin, la contestation se prolonge en effet tout au long des années 70 sous de nouvelles formes.

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"Notre Mai 68"

 

Un cahier de l'APA (n° 67 - mai 2018)

Ce Cahier forme une mosaïque d’expériences et d’écritures qui font comprendre le vécu d’auteurs représentant différentes générations et strates de la société, en province comme à Paris, et les transformations profondes, sur les plans collectif et individuel, de l’après-Mai.

A 18 ans demandons l’impossible : mon journal de Mai 68

 

Livre d'Adeline Regnault & et Elsa Neuville

à partir de 13 ans 


Nous suivons la vie de Madeleine, venue à Paris suivre des études à la Sorbonne. Elle évoque au départ ses relations avec ses parents, le conformisme de sa mère et son désir d'être reconnue comme adulte à une époque où la majorité est à 21 ans. 

Mais le récit est principalement tourné vers la montée des mécontentements avec l'arrivée massive d'étudiants, dont l'auteur esquisse quelques portraits, et le manque de professeurs. 

La rencontre avec Jean va marquer le début des manifestations mais aussi des lectures et groupes de paroles. Le temps de la violence policière et étudiante n'est pas oubliée avec les morts. 

L'histoire complète n'occulte pas la fin progressive de cette révolte de la jeunesse, des étudiants, des femmes et des ouvriers contre les carcans qui les étouffent.  

Mai 68, la veille du grand soir

 

BD Patrick Rotman (textes) & Sébastien Vassant (dessins)

Cinquantième anniversaire oblige, les ouvrages sur Mai 68 ont la côte auprès des éditeurs. La bande dessinée n’échappe pas à la règle. En témoigne cet album que publient conjointement Le Seuil et Delcourt et qui est signé par Patrick Rotman et Sébastien Vassant. Rotman, qui était étudiant à la Sorbonne, s’est basé sur ses propres souvenirs pour imaginer un récit où l’autobiographie se mêle à la fiction, où la petite histoire se marie à la grande. Ce procédé s’avère des plus pertinents, l’auteur ne s’intéressant pas seulement à la manière dont le mouvement s’est organisé mais aussi à la façon dont l’Etat a réagi. L’écrivain-réalisateur, qui s’est largement documenté sur le sujet, apporte ainsi un point de vue distancé sur le sujet et permet de mieux appréhender cet évènement qui a abouti à de nombreux changements sociaux. Pour mettre en image ce roman graphique, Rotman s’est associé à un spécialiste de la BD documentaire, à savoir Sébastien Vassant, nantais d’adoption à qui l’on doit notamment des œuvres telles que Juger Pétain ou encore Politique Qualité. Un atout qui achève de faire de cette Veille du Grand Soir, un ouvrage de grande qualité.

[Pour visualiser quelques pages]

Mai 68, le chaos peut être un chantier

 

Livre de Leslie Kaplan 

Mai 68 a été une grande prise de parole de toute la société française, une prise de parole à la fois générale et singulière, qui a eu lieu dans toutes les couches de la société, dans toutes les directions, dans tous les sens, un grand mouvement de contestation de l’ordre établi, une révolution culturelle contre la production industrielle de masse.
Dans le travail de Leslie Kaplan, seul Depuis maintenant traite explicitement de Mai 68, mais L’excès-l’usine, son premier livre, décrivait déjà ce contre quoi Mai 68 a lutté, et « les événements » ont sans aucun doute toujours été présents dans tous ses livres.
Cette « conférence interrompue » veut montrer en acte, à partir d’extraits de ses pièces de théâtre, de ses romans et de textes inédits, comment des façons différentes, nouvelles, de considérer la parole, le dialogue et l’échange, sont en résonnance avec Mai 68.

Mai 68 raconté aux enfants

 

Livre de de Philippe Godard

Mai 68, c'est l'histoire d'une révolution, d'un tremblement de terre où tout a été bouleversé : la politique, la culture, la société... À partir de cette année, plus rien n'a été comme avant. Le livre raconte les moments les plus marquants de ces bouleversements. Les simples revendications des étudiants ont cédé la place à une crise bien plus profonde touchant toutes les classes de la population. Le pouvoir politique en fut ébranlé et le général de Gaulle mis K.-O. Mai 68, ce sont des milliers de manifestants défilant dans les rues, 10 millions de grévistes, des centaines d'affiches et des slogans gravés dans les mémoires " La chienlit, c'est lui ", " Il est interdit d'interdire ", " CRS = SS "... Mai 68, c'est la naissance d'une nouvelle société, et la jeunesse qui prend le pouvoir.

À l'occasion du 50e anniversaire de Mai 68, Philippe Godard raconte ce bouleversement aux enfants. Une plongée au cœur des événements comme si vous y étiez !

L'imagination au pouvoir

 

Livre de Walter Lewino (Avec la contribution de) & Jo Schnapp (Photographies)

 ‘‘Si le délire et la catharsis y sont moins flagrants qu'aux barricades ou en Sorbonne, le pouvoir de contestation n'y est que plus évident. À noter que les thèmes de l'éducation ne sont pas évoqués ; d'entrée, le mouvement atteint sa portée maximum, fixe ses buts suprêmes. La situation, bien sûr, ira en se dégradant ; qu'importe, on vient de passer là, brusquement, de l'éphémère à l'irréversible.’’

Aller simple pour le quartier latin, direction Mai 68 : les murs sont recouverts de slogans d’inspiration situationniste ou anarchisante.

Le 3 mai, un cortège de 2 000 étudiants contourne les forces de l’ordre, depuis la place de l’Odéon jusqu’à la faculté des Sciences. Les inscriptions jalonnent ce parcours. Pas encore d’allusions à des mouvements politiques ou à De Gaulle : elles expriment une revendication globale et sans compromis, une exigence de liberté à tout prix. Lors de la Nuit des Barricades, le 10 mai, c’est cette fois 25 000 jeunes qui dépavent les rues. Autour de la place de la Contrescarpe, l’imagination prend le pouvoir : ‘‘La société est une fleur carnivore’’ / ‘‘Seul l’un existe’’. Puis vient la contestation pure et simple : ‘‘Défense d’interdire’’ ou encore ‘‘C.R.S. = S.S.’’. Le 13 mai, les syndicats ouvriers se mêlent à la foule estudiantine, la Sorbonne subit l’assaut des profanateurs : ‘‘Cache-toi, objet !’’ / ‘‘Professeurs, vous nous faites vieillir’’ / ‘‘Comment penser librement à l’ombre d’une chapelle ?’’

Édité pour la première fois par Éric Losfeld au Terrain vague, en 1968, L’Imagination au pouvoir est un témoignage à chaud sur ces dix jours qui ébranlèrent la société française. Il en restitue la part la plus spontanée, goguenarde et poétique.

Au printemps fleurissent les pavés

 

Livre de de Max Curry & Hubert Poirot-Bourdain

Mai 68 comme si l'on y était !
50 ans, déjà, qu'ont eu lieu les " événements " de Mai 68. Si certains slogans sont devenus familiers, les ados savent-ils vraiment en quoi et à quel point ces événements ont bouleversé la société française ? Cet ouvrage se présente comme un carnet à la fois intimiste et épique, pour que les jeunes générations puissent comprendre de l'intérieur cette lame de fond qui déferla sur les valeurs traditionnelles de la société.

Le narrateur, Michel, est un pigiste de 24 ans. Au journal, on ne prend pas vraiment au sérieux les désordres étudiants qui ont commencé à la faculté de Nanterre en mars et personne ne se propose, à part Michel, pour rapporter les faits. Il est à une terrasse de café place de la Sorbonne le 3 mai 1968...
Dans son carnet de bord, Michel consigne aussi bien les événements auxquels il assiste au cours de ses pérégrinations dans Paris que les rencontres faites durant ce mois de mai frénétique et inoubliable. Un carnet où l'on croise les grandes figures, Dany le rouge, le Général, Sartre. Où l'on retrouve l'esprit de Mai 68 qui a animé les manifestants, habillé les murs et résonné dans les rues avec ces tracts, affiches, slogans, autant de témoignages d'une époque inventive et pleine d'espérances.
Ce n'est pas une reconstitution minutée, mais un instantané qui tâche de transmettre une impression juste de Mai 68, au-delà des querelles idéologiques et des relectures contemporaines. Un bel ouvrage en bichromie en hommage à l'effervescence créative de ce mois mythique.

Journal de la Commune étudiante

 

Livre de Pierre Vidal-Naquet et Alain Schnapp

Cette troisième édition du Journal de la Commune étudiante est enrichie d'une nouvelle préface de Pierre Sorlin et d'une postface d'Alain Schnapp

Publié par Pierre Vidal-Naquet et Alain Schnapp pour la première fois en 1969, quelques mois seulement après le soulèvement étudiant, ce livre rassemble un extraordinaire ensemble d'archives. Les deux historiens, fortement impliqués dans le mouvement, ont collecté et trié parmi plusieurs milliers de documents les 362 textes (tracts, pamphlets, articles, notes) commentés et reproduits ici. Ils expriment les mille facettes d'une irruption historique qu'Edgar Morin a appelée la " Commune étudiante ". Ils sont situés, reliés dans ce qui fait leur profonde unité politique afin qu'apparaisse dans toutes ses dimensions le tumulte qui a secoué la France pendant sept semaines, avec ses racines, ses inspirations, ses prolongements. Voici donc le dossier raisonné du mouvement étudiant, le livre blanc d'une révolte qui faillit s'achever en révolution.

véro en mai

 

Livre de Yvan Pommaux (Illustrations), Pascale Bouchié (Avec la contribution de), Nicole Pommaux (Avec la contribution de)

Tout a été dit sur Mai 68. Et ce qui ne l'a pas encore été le sera cette année. Tout, vraiment ? Pas si sûr… Et si c'était un enfant qui racontait les événements ? Il y a bien des enfants, dans ce pays, en mai 1968 ? Oui, ils sont des millions. Ils ne vont plus à l'école. Ils écoutent les grandes personnes se disputer en parlant politique. Parmi eux, Véro, neuf ans. Entraînée par son grand frère, elle répète des slogans marrants, se pose des tas de questions, et regarde le monde changer… A partir de 9 ans

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L'Enragé - Les 12 numéros enfin réunis !

 

Collectif

Ce fut LE journal de Mai 68, la seule publication à avoir réussi le tour de force d’accompagner d’un bout à l’autre les événements. Signe particulier ? Il a été rédigé et illustré par les meilleurs dessinateurs de l’époque : Siné, Wolinski, Cabu, Bosc, Reiser, Topor, Willem, Bovarini et de nombreux autres, français ou étrangers.
Fabriqué à la sauvette dans des imprimeries anarchistes plus ou moins clandestines, tiré d’abord à 3 000 exemplaires, pourchassé aussi bien par la CGT et la police que par les anciens de la Légion, L’Enragé aura cinq imprimeurs différents.
En juillet 1968, pendant que Jean-Jacques Pauvert, éditeur et directeur responsable, répond aux convocations des commissaires de M. Marcellin, ministre de l’Intérieur, certains numéros atteindront 100 000 exemplaires.

Cette édition réunit les 12 numéros en fac-similé de ce journal incroyablement libre, impertinent et engagé !

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Marseille-Paris, les Belles de Mai

 

Livre de Gérard Leidet & Bernard Régaudiat

Mai-juin 68 : cinquante ans après, tout n’a-t-il pas déjà été dit ? Non, car tout en faisant des allées et retours entre la situation marseillaise et la situation nationale et parisienne, ce livre est particulièrement consacré à Marseille.
L’épicentre du mouvement étudiant marseillais est, à deux pas de la gare, la faculté des sciences Saint-Charles. Les arrêts de travail dans les entreprises ­commencent­ quelques jours après la manifestation du 13 mai : le 17, les établissements ferroviaires de ­Marseille sont paralysés par la grève ; dans la nuit, le tri de Marseille-Gare est occupé par les postiers ; le 18, les syndicats appellent à l’extension du mouvement.
À partir du 20, le mouvement de grève fait tache d’huile, gagne le port où les marins occupent les navires, les entreprises des quartiers nord et est de la ville (métallurgie, chimie, alimentaire…), mais aussi les cafés-restaurants, les banques, les services et les administrations. Le 21 mai, les employés de la préfecture votent pour la grève. La principale fédération syndicale enseignante appelle à cesser le travail dans l’enseignement, le lycée Thiers, au centre-ville, est occupé, le 23 mai, par les comités d’action lycéens (CAL) et rebaptisé « Commune de Paris ». Le 24 mai, le mouvement touche les taxis et les municipaux…

L’association Promémo (Provence, Mémoire et Monde ouvrier) donne ici la parole aux témoins et aux chercheurs de Marseille et de sa région.

Mai 68 à Marseille, Lyon, Rennes et Brest

 

Mai 68 en Province. Le 23/04/2018 sur France Culture

Femmes et filles : mai 68

 

Livre de Langautier Pascale & Inès de Warren

Des intellectuelles, artistes et femmes engagées reviennent sur la place occupée par les femmes en mai 1968. Elles tentent de décrypter l'héritage du mouvement sur les plans sociétal, politique et culturel, mais aussi sur ceux de l'éducation et de l'enseignement, et offrent une réflexion sur la place et la représentation des femmes et sur l'évolution de leur statut depuis cette époque.

Il y a 50 ans … MAI 68

 

Livre d'Eric Alary

Il y a 50 ans, la France s'enflammait. Il y a 50 ans, le Quartier latin à Paris se couvrait de barricades, et des ouvriers bloquaient les usines. Mai 68 est un moment clé, fort, fondateur de notre histoire politique, culturelle et sociale. À tel point qu'il est devenu une référence souvent convoquée dans les discours et les débats d'aujourd'hui. S'est-on autant soulevé à Grenoble, à Nantes qu'à Paris ? Comment Mai a-t-il été vécu et ressenti par les paysans, les femmes, les immigrés, les artistes ou les intellectuels ? Comment cette révolution a-t-elle été perçue chez nos voisins allemands ou britanniques ? Et quelles étaient les aspirations réelles de ces millions de Français qui voulaient en finir avec une société considérée comme autoritaire ? Revivez l'histoire de ce printemps fabuleux au cours duquel le mot liberté reprit tout son sens.

Quand les lycéens prenaient la parole

 

Livre de Didier Leschi & Robi Morder

Le 10 mai 1968, les étudiants ne sont pas seuls. Par milliers, les lycéens les ont rejoints dans la « nuit des barricades ». Ils créent la surprise et l’on découvre les Comités d’action lycéens.

Dans les 300 lycées occupés, ces jeunes qui n’ont pas encore le droit de vote s’organisent en assemblées, commissions, comités, rédigent des cahiers de revendications, élaborent des projets de réforme tout en participant à la révolution de Mai. L’un des leurs, Gilles Tautin, y perdra la vie.

Au cours des « années 68 », le mouvement lycéen est à chaque fois plus massif, dans la rue et dans la grève. En 1971, les lycéens inventent « la coordination » et obtiennent la libération de Gilles Guiot. En 1973, contre la réforme des sursis militaires, ils fédèrent étudiants, collégiens et élèves du technique par centaines de milliers. On les retrouvera nombreux dans les comités de soldats et sur le Larzac. Ils symbolisent le « péril jeune » qui effraie tant les conservateurs.

Quand viennent la crise économique et le chômage, les revendications antiautoritaires laissent place à des préoccupations plus syndicales. Les réformes scolaires – celles des ministres Fontanet en 1974 et Haby en 1975 et 1976 – sont au cœur des luttes.

L’esprit de Mai 68 s’éloigne : la spontanéité et l’inventivité demeurent mais l’insouciance n’est plus. C’est un autre type de mouvement lycéen qui adviendra.

Quand les lycéens prenaient la parole est une contribution à l’histoire de cette décennie qui a transformé l’enseignement secondaire. Les auteurs, qui ont vécu ces mouvements de l’intérieur, donnent des repères pour mieux comprendre le climat des années 68 et illustrent leurs propos de nombreux documents d’époque : photos, tracts, dessins, journaux.Le 10 mai 1968, les étudiants ne sont pas seuls. Par milliers, les lycéens les ont rejoints dans la « nuit des barricades ». Ils créent la surprise et l’on découvre les Comités d’action lycéens.

Dans les 300 lycées occupés, ces jeunes qui n’ont pas encore le droit de vote s’organisent en assemblées, commissions, comités, rédigent des cahiers de revendications, élaborent des projets de réforme tout en participant à la révolution de Mai. L’un des leurs, Gilles Tautin, y perdra la vie.

Au cours des « années 68 », le mouvement lycéen est à chaque fois plus massif, dans la rue et dans la grève.

En 1971, les lycéens inventent « la coordination » et obtiennent la libération de Gilles Guiot.

En 1973, contre la réforme des sursis militaires, ils fédèrent étudiants, collégiens et élèves du technique par centaines de milliers. On les retrouvera nombreux dans les comités de soldats et sur le Larzac. Ils symbolisent le « péril jeune » qui effraie tant les conservateurs.

Quand viennent la crise économique et le chômage, les revendications antiautoritaires laissent place à des préoccupations plus syndicales. Les réformes scolaires – celles des ministres Fontanet en 1974 et Haby en 1975 et 1976 – sont au cœur des luttes.

L’esprit de Mai 68 s’éloigne : la spontanéité et l’inventivité demeurent mais l’insouciance n’est plus. C’est un autre type de mouvement lycéen qui adviendra.

Quand les lycéens prenaient la parole est une contribution à l’histoire de cette décennie qui a transformé l’enseignement secondaire. Les auteurs, qui ont vécu ces mouvements de l’intérieur, donnent des repères pour mieux comprendre le climat des années 68 et illustrent leurs propos de nombreux documents d’époque : photos, tracts, dessins, journaux.

33 jours qui ébranlèrent la Sorbonne

 

 Livre de Jean-Philippe Legois

La Sorbonne, c’est à la fois l’alma mater, le cœur vibrant de l’ancien régime universitaire et un des nombreux centres des « événements de 1968 ».
Occupée pendant 33 jours par les étudiant-es, les enseignants-es et les les non-enseignant-es, la Sorbonne est au cœur de la contestation du système universitaire et de la société tout entière. La vieille Sorbonne n’y survivra d’ailleurs pas.
Les 33 jours d’occupation ne viennent pas de nulle part. Au-delà des clichés véhiculés de commémorations en commémorations, la Sorbonne, alors principalement faculté des lettres et sciences humaines de Paris, est une des failles tectoniques d’un système d’enseignement supérieur en crise.
C’est à la Sorbonne que le syndicalisme étudiant tente des expériences de démocratie directe, revendique le « pouvoir étudiant », c’est là que trouvent refuge les dissidences de gauche et que les groupes de la gauche révolutionnaire tiennent le haut du pavé.
C’est vers la Sorbonne occupée par la police le 3 mai que convergent les manifestations. Après la nuit des barricades du 10 mai et alors que la grève générale s’étend à partir du 13 mai, la Sorbonne, libérée le 13, devient un point de ralliement et un symbole. Durant 33 jours et 33 nuits d’occupation, étudiant-es et enseignant-es, inventent une autre université, en commissions, en assemblées. Tout ce qui était en gestation dans la phase précédente fait irruption. Elle est ouverte à l’extérieur, lycéen-nes, travailleur-euses et la population dans sa diversité viennent faire connaissance avec ce monde étudiant, discuter politique, refaire le monde.
La Sorbonne s’organise, assure sa protection avec un service d’ordre, nourrit ses occupants, soigne ses blessés. La Sorbonne est un territoire libéré qui ­s’auto-administre.
Le 16 juin, les étudiants quittent la Sorbonne. Mais rien ne sera plus comme avant. Au terme des trois années d’une « révolution universitaire post-1968 », la vieille Sorbonne se meurt, de nouvelles universités prennent la place.

Cette invitation au voyage dans l’espace sorbonnard, dans un temps court qui s’intègre dans les « années 1968 », se mène à partir d’archives, publiques et privées, institutionnelles et militantes.

"Prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes ?" ...

 

Titre complet : "Prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes ?" : Le genre de l'engagement dans les années 1968

Livre de Fanny Gallot, Fanny Bugnon, Ludivine Bantigny

Les « années 1968 » constituent on le sait une époque de contestation mondialisée. Mais les rôles de genre, les stéréotypes sexués, les clichés virilistes sont-ils eux aussi contestés ? Pour le savoir, ce livre se concentre sur la question de l’engagement, acception plus large que le seul militantisme et plus circonscrite que le vaste champ de la et du politique. Son ambition est de saisir l’influence du genre dans les multiples formes de positionnement et de conflictualité politique, dans les organisations syndicales comme les groupes et partis politiques, les mouvements associatifs et les collectifs militants, dans une période marquée par de nouvelles dynamiques féministes. Les scènes retenues, européennes certes, mais aussi africaines, latino-américaines et états-unienne, se placent volontairement dans une perspective internationale et transnationale, parce que ces expériences politiques circulent, s’échangent, se modifient en se transmettant. Qu’il s’agisse de grèves ouvrières, de groupes d’auto-conscience, de créations artistiques, de mouvements d’émancipation et d’auto-détermination, on y voit les actrices et acteurs mobiliser des ressources qui leur permettent de transformer les rapports sociaux, de résister à l’ordre établi et in fine de rompre la spirale de la domination

Les années 68

 

Livre de Patrick Rotman & Charlotte Rotman

Les années 68 raconte de Gaulle et Guevara, Godard et les Rolling Stones, les yéyés et les hippies, Sartre et Ho-Chi Minh, les révoltes étudiantes et les grèves ouvrières, la guerre du Viêt-nam et le Printemps de Prague, les situationnistes et les Black Panthers, le cinéma et le mouvement des femmes, Woodstock et la bande à Baader.

Les années 68 offre une promenade dans le temps, du début de l’escalade américaine à ola chute de Saigon, de la guerre des Six Jours à celle du Kippour, des premiers refrains des Beatles à leur dispersion, de la pilule à l’IVG.

Les années 68 propose un grand voyage de Cuba à Prague, de Lisbonne à Paris, de Berkeley à Nanterre, de Berlin à Washington, de Santiago à Katmandou.

Les années 68 est un « livre-somme » qui par le texte, l’image, le dessin, l’affiche, le graffiti, restitue le lyrisme et la violence d’une époque inventive, entre espérance et désillusions.

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68, et après : les héritages évanouis

 

Livre de Benjamin Stora

 « Comment a-t-on pu atteindre un tel niveau de déliquescence, cinquante ans après, du “soleil” de 68 au crépuscule du PS ? » se demande Benjamin Stora. De cette question est né ce livre, écrit en témoin et historien. Stora appartient en effet à ce courant de l’après-68 qui, après s’être engagé dans l’extrême gauche trotskiste, est entré au Parti socialiste.
Il revient sur cette histoire à travers la sienne : l’engagement révolutionnaire vécu comme une libération en arrivant d’Algérie, puis l’entrée au PS, en 1986, avec l’illusion d’y poursuivre les mêmes batailles politiques. Un drame familial l’éloignera finalement du militantisme. Benjamin Stora porte un regard lucide sur ce qu’il n’a pas toujours vu en temps et en heure : les erreurs ou les dérives de certains. Cet examen de parcours est ponctué de rencontres, avec Jospin, Cambadélis ou Mélenchon.
Au-delà des souvenirs et des anecdotes surprenantes, ce livre offre une analyse éclairante sur la façon dont le Parti socialiste a d’abord « absorbé » les aspirations de 68 à changer la vie, avant de les étouffer. Pour finir lui-même à bout de souffle.

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Jours de Mai

 

Livre de Jean-Baptiste Harang

J’avais dix-neuf ans, un bon poste d’observation, étudiant à Nanterre. J’étais curieux, timide et politiquement oblique : depuis quelque temps j’étais bénéficiaire du statut d’objecteur de conscience et tout entier requis par un amour nouveau, des études de lettres et de cinéma, et la conviction confortable que seule la non-violence valait qu’on se batte. Si bien que, malgré la fascination que j’éprouvais pour le désordre, je pris bien tard le train révolutionnaire en simple figurant, peu de barricades, quelques manifs, un peu de Sorbonne et d’Odéon, et le convoyage de tracts à Flins et ailleurs puisque, faute d’engagement politique vindicatif, je disposais d’une automobile que je mis courageusement à la disposition d’activistes plus convaincus, tant que le réservoir de la 4 CV le permit. J’écoutais Europe 1 jusqu’à pas d’heure pour y entendre des récits qui me font aujourd’hui une mémoire.

Trente ans plus tard, on me proposa d’écrire dans Libération une chronique au jour le jour sur Mai, je me souvenais que je n’y étais pas pour grand-chose.

Il ne s’agissait pas de raconter sa guerre mais de dépouiller une revue de presse, au jour le jour, afin de construire date pour date un journal de Mai à partir des quotidiens de l’époque. Ces articles parurent entre le 5 et le 31 mai 1998 dans Libération. Ils sont ici réunis. Nous n’en avons pas changé une virgule, seulement supprimé quelques points-virgules intempestifs et troqué un mot pour un autre qui faisait répétition dans la bouche du Général. Voilà. Vingt ans déjà. Cinquante même. Cela ne vous rajeunit pas. Si ? Un peu ?

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Marseille années 68

 

Livre d'Olivier Fillieule & Isabelle Sommier

Cinquante ans après les bouleversements politiques et sociaux portés par la séquence historique de Mai 68, que sait-on vraiment de cette séquence historique, en dehors de l'image d'Epinal qui s'est construite au gré des commémorations successives ? Une image très parisienne, fortement centrée autour de quelques figures et célébrités, aux dépends de milliers de militant. e. s ordinaires qui, entre 1966 et le milieu des années 1980 et sur tout le territoire, ont contribué à faire des années 1968 un âge d'or des luttes dont on peine aujourd'hui à restituer l'épaisseur et les logiques. Cet ouvrage propose une plongée inédite dans les années 68 à Marseille, ville marquée par la puissance longtemps incontestée du PC et de la CGT dans le monde syndical, par un gouvernement municipal hégémonique et clientélaire (le système Defferre), par l'importance de la nébuleuse des chrétiens de gauche ou chrétiens marxistes. Il montre que la cité phocéenne a aussi eu un rôle d'avant-garde dans de nombreuses luttes majeures des années 68, en particulier les luttes féministes, le mouvement homosexuel et la défense des travailleurs immigrés. Restant au plus près de l'expérience vécue par les 68ards ordinaires, ce livre restitue un Mai marseillais assez différent de l'histoire officielle, tantôt enchantée tantôt noircie.

Mai 68 par celles et ceux qui l'ont vécu

 

Livre de Christelle DORMOY-RAJRAMANAN, Boris GOBILLE, Erik NEVEU

Mai-Juin 68, cinquante ans après… L’événement génère encore beaucoup de discours, de confiscations, de raccourcis, mais qui sait comment cet épisode extraordinaire est entré dans la vie de millions de personnes ordinaires ?
De Paris à Lamotte-Beuvron, en passant par Lille, Marseille ou Poitiers, plus de cent cinquante témoins de ce moment marquant de l’histoire racontent dans ce livre comment elles et ils l’ont vécu.
Enfant de la banlieue rouge, collégienne des beaux quartiers, étudiant algérien en art dramatique, ajusteur, professeur de collège, opératrice des PTT, métallo d’une usine automobile, appelé du contingent, aumônier de jeunes, mère au foyer, directeur d’une maison de la culture, cheminot… Reliés les uns aux autres, leurs récits forment une incroyable fresque. L’élan émancipateur de ce qui fut vécu durant ces semaines mémorables s’incarne de manière polyphonique, à la fois intime et politique.

Ces pages forment la trace précieuse, inédite à cette échelle, de ce que fut Mai-Juin 68. Un moment d’histoire dont le souffle a transformé des vies. Un passé si fort qu’il travaille encore le présent.

Fruit de la sélection de plus de 300 textes reçus lors d’un vaste appel à témoignages lancé en partenariat avec Mediapart, ce livre a été « orchestré » par trois universitaires spécialistes de Mai 68 : Christelle Dormoy-Rajramanan (docteure en science politique de l’université Paris-Nanterre, chercheuse au CRESPPA-CSU) ; Boris Gobille (maître de conférences de science politique à l’École normale supérieure de Lyon et chercheur au CNRS) ; Erik Neveu (professeur de science politique CNRS Arènes et /Sciences Po Rennes).

Le trait 68

 

Livre de Vincent Chambarlhac, Julien Hage, Bertrand Tillier 

En s’attachant à l’étude des slogans, des images et des graphies, l’ouvrage propose d’interroger l’insubordination graphique des années 68. Dans une perspective de mobilisations collectives et de circulations internationales des idées, un véritable régime visuel s’est, en effet, constitué durant cette période. Influencés par le tiers-mondisme, le pacifisme, le guevarisme et le maoïsme, de nouveaux codes d’expression se définissent, dans de nouveaux lieux (rues, palissades, usines, universités, barricades), par des motifs récurrents (le poing dressé, l’usine, les chaînes brisées, les moutons, De Gaulle), mais aussi à travers une terminologie ciblée (la chienlit, la lutte, les pavés, la beauté). Des affiches des Ateliers populaires des Beaux-arts aux photographies de Gilles Caron, Henri Cartier-Bresson, Bruno Barbey en passant par les dessins de Siné, Willem, Topor, Crumb… sans oublier les collectifs d’artistes français et internationaux, cette étude passionnante permet de mieux comprendre les images de cet incontournable « moment 68 ».

Un riche corpus iconographique : graffiti, affiches, slogans de banderoles, caricatures ou dessins publiés dans la presse « parallèle » ou alternative.

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Les murs ont la parole - Mai 68

 

Livre collectif

Conçu comme une promenade où chaque mur raconte un slogan, une idée, un combat, une blague, un bon mot, ce journal mural est le témoin le plus vif et le plus authentique du Paris de 68, rédigé et imprimé dans la foulée du mois de mai. Depuis 50 ans, ces mots sont repris, réassaisonnés, déplacés, remués, déjoués, déformés, réutilisés. Le passage du temps, ce qui change, ce qui ne change pas, la publicité, le graffiti : nous sommes tous les enfants de 68.

Des fleurs sur les murs

 

Livre de Cécile Roumiguière & Aurélie Grand

Il y a cinquante ans, à Paris, en mai 1968 les étudiants manifestaient ... Un roman illustré pour les enfants de 7 à 11 ans, facile à lire tout seul et à comprendre. Une histoire rythmée et passionnante qui donne vraiment envie de lire.

L'histoire : Mai 68. Léna, 9 ans, n'aime pas le changement. Ce n'est pas pour rien si sa chanson préférée est " Comme d'habitude " de Claude François ! Pourtant un drôle de printemps s'annonce et la vie de la petite fille risque d'être bousculée. Des bruits courent sur la fermeture prochaine de l'usine de bicyclettes de son village. Pendant ce temps, à Paris, les étudiants manifestent...
Des sujets sociaux traités avec espoir et optimisme.

Changer le monde, changer sa vie. Enquête sur les militantes et les militants...

 

Titre complet : Changer le monde, changer sa vie. Enquête sur les militantes et les militants des années 1968 en France

Livre sous la direction d’Olivier Fillieule, Sophie Béroud, Camille Masclet, Isabelle Sommier

Cinquante ans après Mai 1968, que sont les militants devenus ? Après avoir jeté toutes leurs forces dans la bataille, cru souvent en l’imminence d’une révolution, suspendu longtemps leurs investissements scolaires, professionnels, voire affectifs pour “faire l’histoire”, comment ont-ils vécu l’érosion des espoirs de changement politique ?
La force de ce livre tient à un triple déplacement du regard – de Paris aux régions, des têtes d’affiche aux militants ordinaires, de la crise de mai à la séquence historique  1966-1983 – autant qu’à la richesse du matériau exploité : un dépouillement d’archives le plus souvent inexplorées, comme les documents déclassifiés des Renseignements généraux et des centaines de récits de vie recueillis à Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes auprès de militants des syndicats ouvriers, des gauches alternatives et du mouvement féministe.
Cette mosaïque d’histoires constitue la chair de ce livre et permet de brosser un portrait non impressionniste des soixante-huitards, de leur carrière professionnelle, de leur vie affective, de la continuité de leurs engagements, apportant des réponses enfin étayées aux questions sui vantes : la vie des soixante-huitards a-t-elle été bouleversée ou simplement infléchie par le militantisme corps et âme des années 1970 ? En ont-ils tiré profit ou le déclassement social fut-il le prix à payer ? Face aux convictions politiques d’antan, les militants font-ils figure d’apostats ou sont-ils toujours ancrés dans un rapport critique au monde social ? Peut-on dire qu’il existe une génération 68 ou n’est-ce qu’un mythe recouvrant d’un voile épais une hétérogénéité de personnes plus grande qu’on ne l’imaginait ?

MAI 68 à Lyon

 

Livre de Jacques WAJNSZTEJN

« Nous avons bien été battus, mais nous ne voulions pas non plus "gagner" ; ce que nous voulions, c'était tout renverser … ».
Mai-68 n'a pas été une révolution, mais plutôt un mouvement d'insubordination qui n'a pas connu son dépassement. Il trouve son sens dans le moment de l'événement lui-même, où les individus, au-delà de leur particularité sociale, sont intervenus directement contre toutes les institutions de la domination et de l’exploitation capitalistes.  
À Lyon, étudiants du campus de la Doua, élèves du lycée Brossolette à Villeurbanne, jeunes prolétaires de la M.J.C. du quartier des États-Unis, trimards des bords de Saône, mais aussi ouvriers de Berliet dévoilant l'anagramme "Liberté" y ont joué un rôle de premier plan.
Mouvements ouvrier et étudiant paraissaient capables de converger à la faveur des liens tissés dès 1967 pendant les grèves exemplaires de la Rhodiacéta. Les conditions plus favorables de la grève généralisée en mai 1968 ne débouchent pourtant pas sur une union décisive et les grévistes de la Rhodiacéta n'assument pas le rôle d'entraînement auquel on aurait pu s'attendre, auprès des autres ouvriers de la région.
Le mouvement collectif, exubérant et anonyme connaît son acmé pendant la manifestation et la nuit du 24 mai. Son reflux se manifeste d'abord par l'attaque de la faculté des Lettres par l'extrême droite et les milices gaullistes le 4 juin, puis par la reprise du travail aux P.T.T. dès le 8 juin et à la Rhodiacéta le 10, même si à Berliet, la grève s’étire jusqu’au 20 juin.

Ni témoignage ni travail d’historien, Mai-68 à Lyon est le récit circonstancié et argumenté de ce mouvement par l'un de ses protagonistes, alors membre du Mouvement du 22 mars lyonnais et actuellement co-directeur de la revue Temps Critiques

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Voyage en outre-gauche Paroles de francs-tireurs des années 68

 

Livre de Lola Miesseroff

 « Ni bottin mondain, ni roman à clefs, ni polar, ce livre propose simplement un voyage d’initiation aux aventures et perspectives de l’outre-gauche des années 68. »

De 1968 en France, on ne retient en général que des clichés chocs ou chics : les barricades au Quartier latin, les voitures qui brûlent, des slogans (« il est interdit d’interdire », « sous les pavés la plage »), la pénurie d’essence, les soixante-huitards baba cools et ceux qui, passés « du col Mao au Rotary », ont fait depuis de « belles » carrières.
On oublie que mai 68 n’a été que le point culminant d’un mouvement de révolte des ouvriers et des jeunes qui avait débuté bien avant et s’est prolongé largement au-delà, que ce mouvement a été très actif loin de la capitale et que les étudiants ou les groupuscules maoïstes et trotskistes n’en constituaient que les composantes les plus visibles.
C’est une autre vision de cette période que l’auteure donne à connaître et à comprendre, celle d’une mouvance hétérogène, « l’archipel outre-gauche », qui va des anarchistes indépendants à l’ultragauche en passant par les situationnistes.
Des témoignages de trente individus qui se trouvaient alors à Paris, Nantes, Angers, Lyon, Chambéry, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux ou Marseille, elle tire un récit choral subjectif, fait de vécu et de théorisation, d’anecdotes et de réflexion, d’espérances et de désespérance, sans oublier une bonne pincée d’humour et même un peu de sex, drugs, free jazz and rock’n’roll.

Tiens, ils ont repeint ! 50 ans d'aphorismes urbains de 1968 à nos jours

 

Livre d'Yves Pagès

L'expression murale ne s'est pas arrêtée avec Mai 68 : les récentes manifestations contre la loi travail ont pu en attester, laissant de nombreux aphorismes inspirés dans l'espace urbain. Piochant dans sa collection personnelle, Yves Pagès présente 4 000 transcriptions littérales de graffiti croisés entre juin 1968 et 2017, référencés par lieu, date et méthode d'exécution. De Paris à Berlin, en passant par la place Tahir, les murs, à défaut d'oreilles ont surtout des choses à dire.

On dit des murs qu'ils ont des oreilles, mais sait-on qu'ils murmurent ? Celles et ceux qui, depuis le milieu du XIXe siècle, s'emploient illégalement à y laisser des traces – avec force craie, charbon, feutre, pinceau ou bombe aérosol – l'ont bien compris : les murs nous interpellent. Avec leur ironie revêche, leurs espoirs tronqués, leur fantaisie abrupte, ils font écho à des paroles enfouies au plus profond de nous. Ils portent les mots qui, inscrits là sans destination ni droit de cité, sont livrés à tous les regards et " contaminent " l'espace public, troublant ainsi l'ordre du discours.

La folle et jouissive collecte textuelle d'Yves Pagès – plus de 4 000 graffitis urbains du monde entier des cinquante dernières années, fidèlement retranscrits, datés et localisés – forme une mémoire inédite. Une mémoire de la joie virale du bon mot, de l'énergie politique gratuite, de l'audace minuscule, de la poésie mineure et éphémère, des marges de la syntaxe, de l'invention maladroite, du plaisir de l'inachevé. On pourra dévorer ce livre en respectant son avancée chronologique, s'y perdre par associations flâneuses d'idées, en extraire à mesure son propre florilège ou, tout simplement, l'ouvrir n'importe où et se fier au seul hasard d'un cadavre exquis.

Le Mai 68 des écrivains - Crise politique et avant-gardes littéraires

 

Livre de Boris Gobille 

Mai-Juin 68 : la contestation saisit des pans entiers de la société française, des lycéens aux étudiants, des ouvriers aux employés, des cadres aux acteurs de la culture. Facultés, usines, institutions occupées se transforment en une immense scène où tout est passé au crible de la critique : exploitation, aliénation, gaullisme, normes sociales, hiérarchies, domination, autorité. Cette gigantesque prise de parole est marquée par une créativité inédite. " Tous créateurs ! ", dit d'ailleurs un slogan, " Écrivez partout ", renchérit un autre. Roland Barthes célèbre la " parole sauvage " de Mai, Michel de Certeau observe qu'" une foule est devenue poétique ". Difficile pour les écrivains, en particulier d'avant-garde, de rester à l'écart de ce grand ébranlement de l'ordre symbolique...
C'est à ces avant-gardes littéraires qu'est consacrée l'étude de Boris Gobille. Durant ces semaines de fièvre, elles descendent dans la rue, multiplient les prises de position publiques, forment des collectifs et expérimentent de nouvelles articulations entre écriture et " révolution "... Autant d'enjeux explorés dans cet ouvrage qui revisite la question de l'engagement de la littérature et de la responsabilité des écrivains face aux événements politiques de leur temps. On y croisera des surréalistes, des existentialistes, des structuralistes, des communistes, des "gauchistes", des revues comme Tel Quel, Change, Action poétique, Les Lettres Françaises, La Nouvelle Critique, mais aussi Sartre, Beauvoir, Aragon, Sollers, Faye, Roubaud, Pingaud, Blanchot, Duras, Mascolo – parmi tant d'autres plus ou moins obscurs, plus ou moins renommés, tous acteurs de cette singulière aventure qui vit les écrivains s'emparer de 68 et 68 s'emparer des écrivains.

Plus vivants que jamais

 

Livre de Pierre Peuchmaurd

Ce livre se présente comme le carnet de bord d'un jeune de 20 ans qui raconte au jour le jour les événements auxquels il participe avec sa bande de copains. Ils se déplacent sur toutes les lignes de front, de leur QG - le Quartier latin - à Flins, Montparnasse, les Champs-Élysées, etc. Paris est alors leur ZAD. Le texte déroule les événements, s'attache aux faits, aux actions, aux assemblées générales, aux barricades, aux occupations d'usine...

L'écriture est brève, tendue, à l'image de cette jeunesse prise dans un tourbillon. Pierre Peuchmaurd écrira plus tard : « On écrit comme on respire, c'est-à-dire comme on étouffe. »

Un arbre en mai

 

Livre de Jean-Christophe Bailly

« Mai 68 fut une convergence, c’est comme si des milliers de petites rigoles avaient abouti au même point, formant un lac d’impatience qui ne pouvait que déborder. »

En 2004, à la suite de la publication de Tuiles détachées qui était un récit autobiographique, Jean-Christophe Bailly avait commencé la rédaction d’un texte personnel sur les événements de mai 68 qu’il n’avait pas achevé alors. Il le reprend aujourd’hui, en ajoutant des notes, des précisions et une postface.

On ne trouvera pas dans ce texte les réunions syndicales étudiantes, ni les AG dans les amphithéâtres, ni les bagarres, ni les distributions de tracts devant les usines, ni le calendrier précis des événements. Jean-Christophe Bailly nous propose plutôt un récit personnel presque à demi-rêvé, des images resurgies de sa mémoire, cinquante ans après : le regard d’un jeune étudiant de Nanterre sur ces événements qui ont marqué la France.

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1968. De grands soirs en petits matins

 

Livre de Ludivine Bantigny 

À partir d’un travail dans les archives de toute la France, pour beaucoup inédites, Ludivine Bantigny restitue l’énergie des luttes, des débats, des émotions et des espoirs portés par les acteurs de 68 : toutes celles et tous ceux – ouvriers, étudiants, militants mais aussi danseurs, médecins, paysans, artisans, poètes d’un jour, et les femmes à parts égales avec les hommes – qui ont participé au mouvement. Elle s’intéresse aussi à « l’autre côté » : la police, le pouvoir et les oppositions à la contestation.

Son livre s’attache au vif des événements : à la diversité de leurs protagonistes plus qu’aux seuls porte-parole désignés, à leurs pratiques plus qu’à la rhétorique dont on les a ensuite enveloppés, à la grève qui met le temps en suspens. « Les événements » : si la formule est restée vague faute de pouvoir à coup sûr qualifier ce qui s’était passé, du moins a-t-elle le mérite de revenir précisément aux faits, aux projets, à l’inventivité, à tout ce qui a été imaginé, de grand et de petit, pour réellement « changer la vie ».

La France d'hier - Récit d'un monde adolescent - Des années 1950 à mai 1968

 

Livre de Jean-Pierre Le Goff

« Mai 68 peut apparaître comme la préhistoire pour les générations dites X, Y, ou Z... Mais que savent-elles au juste des conditions dans lesquelles a vécu ma génération, de sa jeunesse et de son passage à l’âge adulte ? Ce livre voudrait faire comprendre “de l’intérieur” la vie d’un jeune dans les années 1950 et 1960. Parce que l’adolescence est la plaque sensible du basculement dans le nouveau monde, “crise de l’adolescence” et “crise de la modernité” se font écho : elles révèlent un malaise symptomatique des difficultés du pays à s’engager dans une nouvelle étape de son histoire. »  Jean-Pierre Le Goff

Jean-Pierre Le Goff a retenu tout ce qu’il a observé dans les comportements familiaux et sociaux, le catéchisme et les enterrements, les débuts de la grande consommation et des loisirs de masse, le livre de poche, le cinéma, la publicité, les lumières de la ville, le quotidien des femmes, le yéyé… Cinquante ans après Mai 68, pour éviter les contresens et les récupérations, rien de plus nécessaire que ce récit émouvant et drôle qui constitue un document ethnologique hors du commun éclairant le passé et le présent.

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L'ALLIGATOR - Itinéraire d'un enfant de mai 68

 

Livre de Michel Cointepas

« Mai 68 fut pour moi un big bang. Sans son souffle, ma vie aurait été différente. Comment ai-je fait pour y participer à l’âge de seize ans ? [...] Il a bien fallu une crise permettant à la chrysalide de se transformer en papillon. [...] Je suis devenu gauchiste comme tant d’autres, bercés d’illusions et soudés par une camaraderie de combat, formant la queue juvénile de la bête communiste, cette tragédie du XXe siècle. Comment ai-je pu le rester durant vingt ans ? La réponse illustrera l’état d’esprit de cette génération bercée par l’atmosphère optimiste des années soixante-dix, plus proche, peut-être, de celle de 1830 que de celle de 2018. [...] Je ne laisserai pas ma vie privée dans l’ombre. Je m’inspirerai de ceux qui ont pris le risque de s’exposer, en avançant au plus près de la corne, pour reprendre la métaphore tauromachique de Michel Leiris.»

À la fois quête des origines, récit affectif, témoignage militant et enquête historique, L’Alligator est une œuvre dérangeante où l’humour et le tragique, la violence et la tendresse se côtoient.

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