Les Rencontres de Chaminadour

Présentation

 

"Les Rencontres de Chaminadour sont nées d’une belle histoire d’amitié entre deux creusois, Pierre Michon et Hugues Bachelot. Pierre Michon est écrivain, Hugues Bachelot est lecteur, l’un et l’autre profondément attachés à leur pays d’origine au cœur du Limousin.

Ils furent ensuite rejoints par Pascal Quignard, Jean Echenoz, Olivier Rolin, Sylvie Germain, Patrick Deville, Maylis de Kerangal, Mathias Enard, Arno Bertina...

Chaque année, ces journées rendent hommage à un auteur de l’autre siècle dont l’héritage se reconnaît chez un écrivain d’aujourd’hui.

Lorsque l’écrivain est choisi, s’il a accepté le principe d’être l’invité d’honneur, et lorsqu'il a choisi son auteur de l'autre siècle pouvant lui servir d'exemple, alors commence la quête des auteurs, traducteurs, universitaires, éditeurs, critiques, libraires et bibliothécaires ayant une affinité profonde avec lui. Les organisateurs tiennent absolument à ce que toute l’interprofession du livre puisse s’impliquer. Ce choix provoque une transversalité qui fait la particularité de ces Rencontres, en donnant des éclairages complémentaires inédits et très enrichissants. 

Les échanges nés de ces rencontres sont consignés dans l'édition des Carnets"

Les documents des rencontres depuis 2006

 

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Le programme - Réécouter les interventions - Le Carnet

Hugo, sur les grands chemins de Victor

 

Du 19 au 22 septembre 2019, les 14è rencontres de Chaminadour - à Guéret - Creuse

Les derniers mots de Victor Hugo sur son lit de mort auraient été, selon la légende : “ C’est ici le combat du jour et de la nuit ”. C’eût été un excellent résumé de son oeuvre ainsi qu’un bel alexandrin — trop beau pour ne pas être apocryphe. Le Journal des Goncourt assure, lui, que le poète a expiré après cette auto-injonction peu modeste : “Allons ! Il est bien temps que je désemplisse le monde”.
La chose est douteuse, et le résultat un échec total : Hugo n’a pas désempli le monde, il n’a cessé au contraire de le hanter depuis sa disparition. L’homme flotte désormais sur l’océan du temps comme une bouée de sauvetage à laquelle il est souvent opportun de se raccrocher. Celle-ci s’adapte à toutes les tailles et à beaucoup de circonstances : le poète, le romancier, le dramaturge et l’homme politique se sont fondus en un Grand Homme qui est aujourd’hui une icône pour quelques milliards d’habitants de cette planète, ainsi qu’un ami et un guide pour, disons, quelques millions d’autres.
La source la plus sûre, cependant, reste le petit-fils Georges qui a rapporté avoir entendu le mourant balbutier à l’ultime instant: “ Soyez heureux… pensez à moi… Aimez-moi ”.
Cette fois, réussite complète. Hugo, nous y pensons, nous l’aimons, tandis que nous essayons d’être heureux. Ainsi, voyons nous comme des naufragés (les temps nous y incitent) et voyons Hugo comme un salut. De quoi nous sauve-t-il ? De la résignation, du conformisme et de l’ennui. Voilà un fantôme en parfaite santé avec lequel il serait avantageux de passer quelques jours.
Cela tombe bien : les Rencontres de Chaminadour vous y invitent cette année.  Édouard Launet, mars 2019