Le Livre en quelques chiffres

Les jeunes Français et la lecture - 2022

 

Menée à l'échelle nationale, cette étude du Centr National du Livre confiée à IPSOS porte sur un échantillon de 1 500 personnes, âgées de 7 à 25 ans, interrogées en ligne du 27 janvier au 6 février 2022.

Elle a pour objectif de mesurer, comprendre et identifier les pratiques ainsi que les leviers et freins à la lecture chez les jeunes de 7 à 25 ans.

Résumé

♦ Les jeunes sont encore nombreux à lire
Globalement, 81% des 7-25 ans lisent pour leurs loisirs par goût personnel, 77% hors élèves de primaires.
Dans ce cadre, ils ont lu 5,4 livres au cours des 3 derniers mois, 4,4 livres hors élèves de primaires.
Les 7-19 ans lisent plus qu’avant des BD / mangas / comics (73%, +9 points par rapport à 2016), quand les 20-25 ans privilégient
encore les romans (58%), suivis par les BD / mangas / comics (47%).
Mais, le décrochage de lecture à l’adolescence est toujours bien présent et réel
La lecture « loisirs » décline fortement chez tous après 12 ans et l’entrée au collège, avec une baisse encore plus importante
chez les garçons que chez les filles entre 13 et 19 ans : 68% des garçons lisent pour leurs loisirs à 13-15 ans vs 81% des filles au même âge.
Et le temps consacré à la lecture est nettement inférieur à celui passé sur écran
En moyenne, les lecteurs « loisirs » lisent 3h14 par semaine, mais l’ensemble des 7-25 ans (lecteurs ou non) passe 3h50 par jour devant un écran.
Les écrans sont d’ailleurs omniprésents dans leur vie, puisque 47% des jeunes font souvent autre chose en même temps qu’ils lisent :
envoyer des messages, aller sur les réseaux sociaux, regarder des vidéos…
Néanmoins, les jeunes sont nombreux à aimer la lecture
Pour tous, la préférence pour d’autres activités est le principal frein à la lecture, et les lecteurs loisirs déplorent aussi le manque de temps,
mais 84% des jeunes aiment la lecture (42% adorent), qui leur permet de se faire plaisir (48% des lecteurs loisirs), se détendre et s’évader (43%),
ou de s’occuper (31%). Ils plébiscitent l’expérience de lecture à voix haute par leurs parents, dont ils gardent un souvenir très positif.
Et ils n’hésitent plus à se tourner vers de nouvelles pratiques vis-à-vis de la lecture et des livres
40% des 7-25 ans ont déjà lu un livre numérique, 59% ont déjà écouté un livre audio ou un podcast et, bien qu’encore minoritaire,
Internet devient un critère d’influence pour 29% des lecteurs loisirs. Youtube, Instagram et TikTok seraient d’ailleurs pour bon nombre
d’entre eux une manière de s’informer sur les livres.

2021, une très bonne année pour le livre

 

Plusieurs études le démontrent, plusieurs articles de presse ou radio le confirment : avec + 12,5% par rapport à 2020, la vente des livres a fait un véritable bon en 2021.
Certes une partie de cette augmentation consiste en un rattrapage de l'effondrement de l'année 2020 : - 4,5%. Mais malgré tout par rapport à 2019, année avant le confinement, 2021 se termine avec un augmentation supérieure à 7%.

Toutes les catégories de diffusion des livres ont progressé. Mais ce qui est remarquable, c'est que plus cette diffusion est proche du lecteur -la librairie de quartier- plus l'augmentation est forte : + 17,5 % pour les librairies contre une progression 2,5 fois moindre pour les hypermarchés.

Si tous les livres profitent de l'embellie, ce sont les bandes dessinées qui sont en haut du podium, loin devant les livres de fiction et essais comme le montre le tableau ci-dessous des meilleures ventes 2021. Un livre sur quatre est aujourd'hui une BD. La progression des BD entre 2020 et 2021 est de + 60% avec un total de 85 millions de BD vendues en 2021.

Les 10 meilleures ventes 2021

  1. Astérix et le griffon , de J.-Y. Ferri & D. Conrad : 1 847 875 exemplaires
  2. L'anomalie, de H. Le Tellier : 491 884
  3. La vie est un roman, de G.Musso : 433 355
  4. L’inconnu de la Seine, de G. Musso : 399 615
  5. La plus secrète mémoire des hommes, de M. Mbougar Sarr : 378 219 (Prix Goncourt)
  6. Tout le ciel est bleu, de M. Da Costa : 331 010
  7. La France n’a pas dit son dernier mot, de E. Zemmour : 282 671
  8. Et que ne durent que les moments doux, de V. Grimaldi : 279 692
  9. Les aventures de Naruto (volume 1), de M. Kishimoto : 274 975
  10. La familia grande, de C. Kouchner : 272 230 

Des nouvelles des libraires et de l'édition

 

1*- Hormis la vente de livres en hypermarchés, les achats en librairies et en grandes surfaces culturelles affichent des résultats supérieurs à ceux de 2019 et 2020

  1. Les grandes surfaces culturelles : + 6% (et une tendance annuelle à + 9%)
  2. Les librairies de 2e niveau (les petits points de vente) : + 4%. Sur douze mois, + 24,6%. 
  3. La librairie de premier niveau a un peu plus souffert en septembre, avec un recul des ventes de 2%. 
  4. Les hypermarchés : baisse de 6% en septembre, comparé à l'an dernier dernier, et la tendance sur douze mois - 3,9%

2*- La Covid 19 a fortement impacté le livre d’art et le beau-livre

Un sondage, réalisé au mois de juin 2021, révèle que le secteur a été doublement et plus longuement frappé par la crise sanitaire que certains autres segments éditoriaux, du fait de la fermeture des librairies, mais surtout de celle des musées et lieux d’exposition

  1. CA en baisse de - 36%
  2. La réouverture tardive des lieux culturels, en juin 2021, a aussi provoqué une reprise plus tardive du secteur : 57% des répondants indiquent ne pas avoir constaté de redémarrage au premier semestre 2021, et autant ont déjà prévu de reporter des ouvrages annoncés en 2021 sur l’année 2022.

Pas de miracle, les ventes des livres reculent en 2020

 

Même si juin et décembre 2020 (correspondant à la réouverture des librairies) ont été de très bons mois comme le montre les tableau de l'article du SLF, le CA en 2020 aura chuté de 3,3% selon le Syndicat de la Librairie Française et de 4,5% selon l’étude LH/Xerfi.

[les différences s’expliquant par l’utilisation de panels différemment constitués dans les deux études]

Point encourageant : les librairies de quartier ont mieux résisté que les grandes surfaces. Proximité, fidélité des acheteurs-lecteurs ?

11ème Baromètre sur les usages des livres imprimés, numériques et audio

 

Nouveaux lecteurs, achats, pratiques et fréquence de lecture en hausse : 2020, une année de lecture de livres imprimés, numériques et audio

La SOFIA (Société française des intérêts des auteurs de l'écrit), le SNE (Syndicat national de l'Edition) et la SGDL (Société des gens de lettres de France) publient les résultats de la 11ème édition du baromètre des usages du livre numérique. Menée par Médiamétrie au début de l’année 2021, cette enquête étudie les habitudes de lecture des Français au cours de l’année 2020....

Le livre, quelle reprise ?

 

Dès la fin du confinement, effet de rattrapage aidant, la reprise des ventes de livres a été marquée par un rebond (en valeur) de +22% en juin.

En juillet, les ventes restent soutenues, mais à un rythme nettement moins élevé (+6% seulement).

Compte tenu des pertes liées au confinement, l’année 2020 se soldera, probablement, par un résultat négatif (-11,5%).

Par ailleurs, comme pour de nombreux produits, la consommation du livre est marquée par une tendance forte : les acheteurs privilégient la proximité et boudent les grandes surfaces.

En effet les résultats sont assez différenciés selon les types de magasins : si les librairies ont vu en juillet les ventes augmenter de +13% à +16% selon les types de librairies, les grandes surfaces culturelles sont à +3% et les hypermarchés stagnent à -0,5%.

En 20 ans, Paris a perdu 405 librairies

 

Extrait (à propos des librairies) d'une étude de l'APUR (Atelier Parisien d'Urbanisme) effectuée en octobre 2020 sur les commerces parisiens.

Paris est la ville au monde qui concentre la plus de librairies. Celles-ci se sont concentrées depuis le XVI e siècle dans le Quartier Latin, à cheval sur les 5 e et 6 e arrondissements, à proximité de la Sorbonne. Ailleurs, l’implantation est plus éparse. Le nombre de librairies diminue depuis plus de 20 ans (-39 % soit -405 librairies depuis 2000) à cause, d’abord, de la concurrence des grandes enseignes de produits culturels (Fnac, Virgin…), puis de celle du commerce en ligne, Amazon devient, de fait, le plus grand libraire mondial. S’ajoutent les faibles marges et le coût de l’immobilier parisien qui précipitent les fermetures.

Afin d’enrayer cette chute, l’opération Vital’Quartier 2, initiée en 2008, intervient pour maintenir des librairies dans le Quartier Latin en préemptant et rénovant les locaux. La SEMAEST a installé 34 librairies/maisons d’édition dans Paris, dont 22 dans le Quartier Latin. Elle a également maintenu cette activité dans 19 autres locaux dont 15 dans le Quartier Latin. Le GIE, depuis sa création en 2017, a installé 10 librairies. Par ailleurs, plusieurs librairies nouvelles s’ancrent dans les quartiers périphériques. Elles développent des rayons spécialisés dans la bande dessinée, les mangas, les livres d’art ou bien encore des livres illustrés pour les plus jeunes. Pour se démarquer des sites de vente en ligne, elles organisent aussi des rencontres, des dédicaces avec des auteurs. De plus en plus de librairies indépendantes qui sont les plus nombreuses (seules un peu plus de 10 % appartiennent à un réseau d’enseigne), se regroupent, pour mutualiser leurs stocks et proposer, à travers des sites internet, de rechercher, réserver et se faire livrer (réseaux Paris Librairies, Librest, Canal BD…).

Les lecteurs ont été au rendez-vous de la réouverture des librairies

 

Des articles de LIVRESHEBDO

Les clients au rendez-vous dès le 1er jour

Clients nombreux et masqués, et libraires soulagés. Tel était le bilan, lundi soir, de la première journée de réouverture des librairies, placée sous le signe du plaisir partagé.

Le déconfinement a dopé les ventes de livres

Les niveaux de ventes de la 20e semaine ont dépassé ceux de 2019 à la même période.

"Click & collect" : Un bilan en demi-teinte

A l'heure de la réouverture, les librairies qui ont pratiqué le retrait de commandes pendant le confinement dressent un bilan contrasté de cette solution de repli, souvent plus symbolique que rentable.

La bande dessinée en France

 

A l'occasion de l'année de la BD (janvier 2020-janvier 2021), une étude du Ministère de la Culture

La bande dessinée, art jeune apparu au XIXe siècle peu avant le cinéma, connaît depuis près de vingt-cinq ans une forte expansion, à laquelle la France contribue largement, en tant que troisième pays producteur mondial. Sa production a été multipliée par dix depuis 1996. La vitalité de la création en bande dessinée se caractérise par une diversification artistique qui a donné naissance à des formes nouvelles et exigeantes. La sphère d’influence du 9e art s’est par ailleurs considérablement élargie, interagissant avec plusieurs autres expressions artistiques telles que le cinéma, le film d’animation, les jeux vidéo, les arts plastiques et la littérature, ce qui le place au carrefour de plusieurs arts. Pratique culturelle de premier plan, la bande dessinée attire sans cesse de nouveaux lecteurs de livres, tous genres confondus. Elle est devenue le deuxième segment le plus dynamique du marché du livre en France avec, en 2017, une croissance de 13 % de son chiffre d’affaires, derrière les ouvrages de documentation. Elle constitue l’une des pratiques culturelles les plus importantes des Français. Elle est également un outil d’apprentissage de la lecture et l’un des premiers contacts avec le livre. Aujourd’hui, 8,4 millions de Français achètent des BD, soit 15,5 % de la population française. La moitié de ces ouvrages étant destinée à des cadeaux, les lecteurs de BD sont encore plus nombreux. Malgré son dynamisme, le secteur est marqué par des déséquilibres et des fragilités qui affectent notamment la situation économique et sociale des auteurs. 

Les Français et leurs bibliothèques

 

Une étude du Ministère de la Culture (la dernière en date du 15/06/2017)

Extraits de la synthèse

Forte d’un maillage territorial exceptionnel de plus de 16 000 lieux de lecture – 7 000 bibliothèques et 9 000 points d’accès au livre – la lecture publique est le premier réseau culturel de France. …

Depuis l’enquête de 2005, la pénétration des équipements numériques au sein des foyers s’est fortement accélérée. En 2016, 85% des français ont accès à internet depuis leur domicile (40% en 2005), 65% disposent d’un smartphone (11% en 2009), 40% disposent d’une tablette (4% en 2011). Face à la multiplicité de solutions numériques potentiellement concurrentes ou complémentaires des bibliothèques et dans un contexte d’accroissement du nombre de lieux de lecture publique et de forte diversification de leur offre, cette nouvelle enquête sur les publics et les usages des bibliothèques municipales était attendue. Elle met en lumière une modification en profondeur et sur le long terme du rapport qu’entretiennent les Français avec l’institution bibliothèque, évolution était déjà amorcée lors de l’enquête de 2005. 87% des Français de 15 ans et plus ont fréquenté une bibliothèque municipale au moins une fois dans leur vie, soit 15 points de plus qu’en 2005 (72%). Cette hausse importante résulte principalement de la progression de la fréquentation des bibliothèques municipales par les jeunes générations, qui pousse mécaniquement cet indicateur à la hausse. Autre résultat central de cette enquête : 40% de la population française a fréquenté une bibliothèque municipale au moins une fois lors des 12 derniers mois. Ce résultat est en très nette progression par rapport à 2005, supérieur de cinq points (35%) à celui de 2005 et de 14 points à celui observé en 1997 (25,7%). Le nombre d’usagers des bibliothèques municipales a augmenté de 23% depuis 2005, soit une hausse de plus de 4 millions d’usagers, alors que dans le même temps la population française ne s’est accrue que de 4%. ….

Simultanément à la hausse de la fréquentation des bibliothèques, le taux d’inscrits a connu un net recul, passant de 21% en 2005 à 16% en 2016. Si la place du livre et de l’emprunt demeure centrale dans l’activité des équipements de lecture publique, elle a fortement baissé au profit d’autres pratiques qui se répartissent sur la diversité de l’offre proposée par les bibliothèques. Ainsi, la progression du nombre d’usagers et la baisse du nombre d’inscrits synthétisent une tendance de fond au redéploiement des activités des bibliothèques municipales : en 1997, 69% des usagers étaient inscrits. En 2005, ce ratio n’était plus que de 59%. En 2016, il est tombé à 39% : si l’on continue à emprunter dans les bibliothèques, on vient aussi de plus en plus y faire tout autre chose. La meilleure prise en compte par les bibliothèques au cours de la dernière décennie de la qualité des lieux et de l’accueil en général a d’ailleurs été bien perçue par les usagers comme par les non usagers de ces équipements…

L'édition en France : une année 2018 en demi-teinte

 

A l'occasion de son Assemblée générale du 26 et 27 juin 2019, le SNE (le Syndicat National de l'Edition) a publié une étude sur l'état de l'édition en France en 2018. Le site ACTUALITTE en publie un large compre-rendu :

Le chiffre d'affaires des éditeurs français a connu une baisse de 4,38 % en 2018, passant de 2 792,3 millions € en 2017 à 2 670,1 millions €, révèle un rapport statistique du Syndicat national de l'édition qui prend en compte les données de 160 maisons d'édition. Les ventes de livres ont baissé, elles, de 4,88 % par rapport à 2017.

Avec 419 millions d'exemplaires vendus en 2018, contre 430 millions en 2017, l'année passée fut en demi-teinte, pour l'édition française, en témoigne également le chiffre d'affaires cumulé des éditeurs, qui passe de 2 792,3 millions € en 2017 à 2 670,1 millions € en 2018, soit une baisse de 4,38 %.

Si la réforme scolaire avait fait de 2017 une bonne année pour l'édition, le Syndicat national de l'édition explique que « la rentrée littéraire n’a pas su pleinement rencontrer les attentes du public », tandis que les mouvements sociaux, la baisse des ventes dans les clubs de livres et du temps accordé à la lecture ont eux aussi pesé sur les résultats de l'année...

Quelques points particuliers

« La lecture est la mère de toutes les batailles »

 

Les jeunes aiment lire. Une étude du Centre national du livre le confirme. Malgré la concurrence d'Internet et des jeux vidéo, la lecture résiste

À quelques semaines du lancement de la 4e édition de « Partir en livre » (du 11 au 22 juillet), manifestation qui promeut la lecture auprès de la jeunesse, le président du Centre national du livre décrypte pour Le Point l'étude que son institution a confiée à l'institut Ipsos pour mieux connaître le comportement des jeunes de 15 à 25 ans, en matière de consommation culturelle.(Propos recueillis par Baudouin Eschapasse)