La minute poétique

Des poèmes

 

La minute poétique : 12 poèmes écrits du 21 mars au 9 mai 2020

 

  1. Et soudain la terre s'est tue - 21 mars 2020
  2. Femme d’intérieur - 23 mars 2020
  3. Y’avait personne - 25 mars 2020
  4. La nouvelle Carte du Tendre - 28 mars 2020
  5. Alors on se souviendra - 1 avril 2020
  6. Jours d’apprêt - 7 avril 2020
  7. Menus plaisirs - 11 avril 2020
  8. T’as pas voulu voir Wuhan - 15 avril 2020
  9. Souviens-toi du 11 mai 2020 - 19 avril 2020
  10. Peut-être - 25 avril 2020
  11. Apéritif clandestin - mai 2020
  12. La tirade des oiseaux - 9 mai 2020

La tirade des oiseaux

 

Le 9 mai 2020

                           

A grandes enjambées

Les voilà qui décampent

Au ras du sol ils sont tout empressés

Ayant chanté comme cigales pendant toutes ces années

Nous les piafs rigoleurs accrochés aux culs-de-lampe

Rossignols martinets et bruants masqués

Sous la houlette magistrale d’une élégante grive

Palabrons depuis longtemps sur l’homme à la dérive

Nous voilà de nouveau tout épouvantés

Où vont-ils de la sorte

Celui-ci va travailler

Sous son costume bien repassé

Tête baissée on le voit venir avec ses gros sabots

Tapageur et tonitruant non mais quel culot

Aura-t-il l’idée de lever le nez

S’abandonnera-t-il à tendre l’oreille

Et celle-ci qui s’en retourne à sa porte

Ivre de grand air voulant se mettre au vert

Elle en avait oublié les  enfants ...

Apéritif clandestin

  

 

1er mai 2020

Allez en route et pas d’potin

Grande traversée dans le chenin

On en rêvait on l’avait combiné

Nous les Goûteurs de grands chemins

Tellement à cran d’être enfermés

Enfin conviés pour un apéritif clandestin

Une amie vigneronne en sa propriété

Promet bons verres même grand festin

Ses meilleures fioles et subtiles goulées

Grain de folie que ces plaisirs souterrains

Finis les e-apéritifs entre copains

On a tant trinqué nos écrans sont éclatés

Or par icelle invités à Savennières

On a décidé de se faire une première

Sus aux produits de prime nécessité

Sachez-le un grand cru ne se refuse guère

Mais morbleu pas question de se faire pincer

On a donc filé au petit matin

On peut même dire dès potron-minet

Des fois qu’on croiserait quelques poulets

Le gallinacée très volatile parfois replet

Pourrait bien qui sait avoir le même toupet

La maréchaussée elle fort bien attestée

Se plait dans les rangs de vigne à se cacher

Quand jadis tu mettais le vin en bouteille

Le grippe-coquin n’avait pas son pareil 

     

Tout chafouin qu’il était à vouloir te coincer 

Bien sûr ce jour-là tu n’avais pas ton congé

Il ne te restait plus que tes yeux pour pleurer

Et l’eau dans le vin ça n’a jamais fait d’bien

La seule façon en ce temps-là de pactiser

C’était de consentir tout sourire à partager

Ce matin en ce frais printemps confiné

Méfie-toi la brigade pourrait te mettre la pâtée

On la dit planquée au bout de chaque rang

A l’affût de tous ces bougres en mal de fûts

Une brigade aux ordres des plus hauts rangs

Petit doigt sur la couture de la préfecture

Si on se fait cueillir on saura expliquer

Qu’à force ces vins virtuels de les siroter

Nos palais s’en sont lassés même asséchés

 Ce qu’on veut c’est boire sans abus mais de visu

 Grâce à l’hôtesse tentatrice on a testé le grand cru

 Encensé la vigneronne puis on l’a portée aux nues

 Les papilles ressuscitées et l’œil enflammé

 Par ce vin savoureux issu de tris sur pied

 On s’est écrié mais c’est bien sûr elle l’a trouvé

 Arrêtez les recherches c’est confirmé

 Ce vaccin pour l’automne sera fin vinifié

 De se goberger entre amis il n’est rien de plus sain

 Jusque tard dans la nuit on se l’est inoculé

 Si bien qu’au bout du fût tous furent immunisés. 

 

 

Peut-être

 

Le 25 avril 2020

                       

Vrai

Vous allez sortir

Peut-être

Pas sûr

Sans doute

Souhaité

Peut-être

 

Verrez bien

Ça dépend

Retour à la normale

C’est viral

Ce n’est plus normal

Retour de manivelle

Peut-être

 

Que désirez-vous

Même chose que vous

Aller au théâtre

Guichets fermés

Un resto

Trop enfourné

Retourner à l’école

Temps fractionné

Faut partager

 

Alors un ciné

Ecran gelé

J’aimerais tant

Oui  j’hésite

To go to England

May be may be

To see Big Ben really

...

 

 

 

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Souviens-toi du 11 mai 2020

 

Le 19 avril 2020

Souviens-toi du 11 mai 2020

On était confinés depuis deux mois

Quand fut donné le coup d’envoi

A nous les grands ciels céruléens

Je m’en souviens je fus tout effaré

Moi j’avais un petit vélo dans la tête

Qui trop attelé n’était pas à la fête

Il fallait tellement pédaler dans le vide

Pour contourner détourner le covid

Mon petit vélo désirait le grand large

Aspirait à une vie saine sans arrogance

Oui je me rappelle ç’allait être Byzance

C’était un 11 mai nous conte l’Histoire

Et à ce qu’il parait la ville était belle

Le 11 mai 330 naquit Constantinople

Mon petit vélo voulait s’envoler la voir

Arpenter ses rues en roues libres

Dévaler la pente sortir de son abri reclus

Souviens-toi du 11 mai on était si engourdis

De tracer la route ça y est c’était permis

Sans attestation ni protestation

Il est vrai qu’on rouillait à l’intérieur

Alors mon petit vélo peureux s’est avancé

Assoiffé de partir heureux les roues ivres

Tout fringuant grisé de courants d’air

Oh là là ça va trop vite la descente

Dis tu ne crois pas qu’on va dérailler

T’inquiète disait-il tu sais c’est déjà fait

Alors on a étrenné de nouveaux timbres

Qui claironnaient une liberté javellisée

Et moi je tournoyais j’allais de traviole

Pourtant l’air était presque libre

Pour que joyeux tout le monde rigole

 

        

Moi libre je ne l’étais pas tout à fait

Alors que tous en avaient rêvé

Aurais-je envie de m’en retourner

Replier les roues dans mes foyers

J’hésitais je ne savais plus pédaler

Mon petit vélo rétrécissait dans ma tête

Souviens-toi du 11 mai comme on a dansé

Quand on est sortis j’étais tout étourdi

Fou des liens à renouer des mots à lier

J’avais tant de visages à toucher

Tant de corps déliés à embrasser

Le nez sur le guidon j’avançais masqué

Tout au souci des gestes barrières

Moi qui aimais tant aller de l’avant

On m’incitait à faire machine arrière

Etonnant comme vous êtes touchant

Mon cher et comme vous avez changé

Oh juste un peu bu aussi beaucoup mangé

Pourtant le même je vous trouve gonflé

C’est que dans les rues la mode avait changé

Le vélo du plus bel effet était très vénéré

Sur les rues et les routes comme s’il en pleuvait

Des vélos qui mimaient la Grande évasion

Au long des muguets on enfourchait la fiction

Chambre à air dilatant une âpre réalité

Las mon petit vélo était trop entêté

Et comme dans toute histoire il craignait la chute

Souviens-toi du 11 mai 2020 presque l’été

Alors mon petit vélo à bloc je l’ai regonflé

Et malgré l’avenir de grondants orages

Il fallait de la sortie ne rater aucun virage

Mes amis cramponnez-vous au porte-bagages

Vent debout on dirait qu’enfin on sort de nos cages.

 

T’as pas voulu voir Wuhan

 

  Le 15 avril 2020

              

Tu rêvais de visiter la Chine

Tu as contourné Wuhan

Le covid était là en premier

Des mois que ça a duré

Mais pas chez nous

Personne dans les rues

Mais pas chez nous

Tous masqués

Mais pas chez nous

Seulement pour la Mi-Carême

Ça sera une belle fête

Tu rêvais de voir Venise

Et toute l’Italie

Même les Etats-Unis

Tu peux faire grise mine

Le covid en tête de gondole

Mais pas chez nous

En France pas de pandémie

Jadis oui la grippe espagnole

Il y a si longtemps

La peste et le choléra

Mais pas chez nous

Seulement dans les livres

Ou derrière les écrans

Mais pas chez nous

Aïe c’est arrivé

Fièvres à tous les paliers

Plus personne ne rigole

Aïe c’est chez nous.

 

 

Menus plaisir

 

11 avril 2020

On peut très bien se tenir confiné  

Tout en goûtant des plaisirs raffinés

D’Ethiopie sirotons d’abord ce petit café

Mais que renferme ici ma drôle de raffinerie 

Moult menus plaisirs que vous ne devinez

J’ai vu le nez d’un rorqual lové au creux du lavabo

C’est assez lui fis-je j’aimerais ce matin me laver en solo

Puis un lézard lascif et masqué étendu sur le canapé

Veux-tu ne pas grignoter mes biscuits chocolatés

Que fais-tu au menu s’écrie rieuse l’hirondelle

Des rouleaux de printemps ça t’irait ma belle

Bientôt on arrive en mai alors fais ce qu’il te plait

Puisque c’est ainsi je ne fêterai pas mon anniversaire,

Bonne idée une année gagnée sans en avoir l’air

Mes cheveux en quatre je vais devoir couper

Préparer deux sous d’allure pour habiller l’été

Je scrute les bourgeons ils bâillent au grand jour

C’est décidé je mets de l’ordre dans mes gloses

J’hume dans le jardin la quintessence des roses

Sous la poussière du temps nichent tant de choses

Alors je me colle l’oreille contre un coquillage

Une troque mage oui tout à fait de mon âge

Oh comme on entend la mer et sans bouger

Toutes ses vagues à l’âme à l’approche de l’été

Où refluent les souvenirs écume sur les paupières

Mais j’ai les mains mouillées j’ai renversé mon verre

Allez encore un petit doigt d’alcool bien frappé

Relisant Homère je fomente d’imaginaires odyssées

Tandis que le temps s’enroule au fil de pages étirées

Je fais le mur pour m’évader grattant les mousses sur son dos

Et grimpe si haut pour respirer de merveilleux nuages

Grâce à mille livres emplis de mes plus belles rages

 

Jours d'apprêt

 

7 avril 2020

On finira bien par en sortir

De nos chambres recroquevillées

Nous finirons bien par écarter

Les barreaux de nos torpeurs

Tordre les rêves en proie à la peur

Qui trimballent des noirceurs troublées

De ces menaces avides qui étouffent

Quand la tragédie partout fait mouche

Il est temps de songer aux jours d’après

Lendemains et surlendemains des jours d’avant

C’est sérieux comment tu vas occuper la terre

C’est pas le tout de dire que le jour d’après

Ne sera plus comme les jours d’avant

Rabaissons nos ailes trop déployées

Il est urgent de lester nos têtes évaporées

Emportées à la vitesse d’egos dilatés

    

Il est temps d’emprunter d’autres rails

Filant au ras de frêles pâquerettes

Jusque là piétinées sur-le-champ on arrête

Cessons de mettre le monde à nos pieds 

Ou à notre main ivre de maîtrise

Quand la vie ne tolère nulle emprise

Icare voulait voler beaucoup trop haut

S’approchant du soleil toujours plus près

Alors il a brûlé ses ailes arrogantes

Nous faisons de même dans nos peaux de chagrin

Pétrissons des pains d’une autre nature

Pour des terres de désir levées au bon levain

Et tirant de nos poches des crayons affûtés

Nous tracerons des voies et chemins d’apprêt

Pour rechampir nos âmes et boire à l’avenir.

 

JoursDAppretJoursDAppret [78 Kb]

alors on se souviendra

02/04/2020

1 avril 2020

Alors on se souviendra

De ces vastes silences à couper à la serpe

Signant les rues des villes et les façades glacées

Sillonnant les routes de campagne désertées

Seul le paysan continue au champ d’œuvrer

De ces routes futiles empreintes d’inanité

Des silences striés au matin de chants d’oiseaux

Qui se réjouissent des lumières bleues épurées

Dans ces vastes ciels que les avions ont quittés

Et des brassées d’étoiles la nuit à embrasser

Alors on se souviendra

De ces hommes femmes et enfants éclipsés

De la peur fébrile cernant nos maisons confinées

Où l’on se serrait contre ce qui nous restait de certitudes

Tandis qu’à l’autre bout du monde aussi on était frappé

Alors on se souviendra

De grands livres ouvrant des horizons dépliés

Mythes, épopées, ineffables odyssées

Qui consolaient nos maigres pensées fissurées

On se souviendra de ces voix amies au bout d’un fil

De toutes nos solitudes des autres privées

On se souviendra qu’on suivait une fourmi du doigt

Pour qu’elle s’enivre de verdure se perde dans les bois

On se souviendra de ces vies qu’on a laissées au café

Le dernier jour où on s’est saoulé de bons mots et de bons vins

Alors on se souviendra

Ou bien on aura oublié.

 

La nouvelle Carte du tendre

 

28 mars 2020

                    

 

Ah les civilités avec ceux d’à côté

Ceux du palier qu’on avait toujours ignorés

Voici qu’on les trouve à présent bien élevés

Hola, mon voisin on ne se serre pas la main

Mais dites-moi comment ça va ce matin

Oh vous savez rien de neuf ça va, ça se maintient

Allez entre nous on ne prend pas de gants

Même si le virus trouve ça plus élégant

Et ceux que l’on hèle par-delà les haies

Alors un petit tour de jardin on prend le frais

Oui on joue plaisamment à chat perché

Les oiseaux, insectes et bestiaux hébétés

Nous observent vivement d’un air ahuri

Mais pourquoi les humains sont-ils ainsi tapis

Avant agités énervés parfois même abrutis

Maintenant les voici dans leurs airs confinés

Chaque jour un peu plus sentant le renfermé

Se mettent à danser, miment des gestes-barrière

Nous on se marre, on fait même marche arrière

Au supermarché, ils échangent moult urbanités

Aucune bousculade, ils ont le temps, aucun n’est pressé

Toute distance gardée est une santé protégée,

Mais comment vont vos amours désormais éloignées

Vous savez dit l’un, on ne se donne plus de baisers

Nos amours chamboulées sont aux placards remisées

Nos plus beaux sentiments vont-ils perdre en humanité

Les animaux paradent à leur tour empressés

Ils se moquent, se pâment jusqu’à nous rire au nez

C’est pas par dessus les haies qu’on se fait la cour

Dit l’autre atterré, c’est complètement démodé

Que va devenir le monde si vous ne faites plus l’amour

Allez-vous supporter autant de simagrées

Et jusques à quand tenter le baiser masqué

Voici les bons conseils par les bêtes prodigués

Nous devrions nous mettre d’urgence à les écouter

Plutôt que trop parler mieux vaut se la boucler

Et les entendre aux bois si joliment siffler.

 

Y’avait personne

 

Le 25 mars 2020

 

                           

Nous on est sortis  

On était bien contents

Y’avait personne

On en a bien profité

Mais y’a pas personne

Puisqu’il y a vous

En plus vous êtes deux

Oui c’est pour ça

On en a bien profité

Pourquoi y’avait personne

On comprend pas

 

      

Z’étaient où les autres

Ah z’étaient confinés

Ah c’est donc pour ça

On a bien fait alors

Si les autres avaient su ça

Su qu’ y avait personne

Seraient sans doute sortis

Tout contents eux aussi

Z’auraient fait comme nous

Croyez pas ?

 

 

Femme d'intérieur

 

Le 23 mars 2020

 

Jamais on ne me l’avait dit

Que j’étais une femme d’intérieur

Il y a tant à faire à l’intérieur

Tant de coins à visiter tant à s’affairer

Après ces intérieurs souvent négligés

Empoussiérés de mille souvenirs

Que les ans déposent et qu’on avait enfouis

D’une main attendrie on les effleure

Images vives sensations défroissées

C’est vrai courir c’est tellement excitant

Courir après le temps qui passe

Courir après le temps qui presse

Qui pourtant ne nous rattrapera guère

Car avant oui il y aura un avant et un après

Avant le sale virus nous minant mine de rien

On avait tellement à faire à l’extérieur

Maintenant je regarde la plante pousser

Dans le pot de grès rouge sur la margelle

    

Dire que j’avais oublié de l’arroser

Dans sa poussée printanière

J’arrache une herbe mesquine

Tu n’as vraiment rien d’autre à faire

Ça va merci les plantes sont en bonne santé

J’écoute le matin les oiseaux rassemblés

Guillerets et persiflants ils ont le dernier mot

Maintenant je trie je pense et je classe

J’ai sur les livres la tête inclinée

Bouche aspirée par les mots libérés

De ces livres anciens presque surannés

Allo Marcel voici Le Temps retrouvé

Demain promis je cuirai les confitures

Les dernières oranges de l’hiver

Qu’on goûtera en ce printemps amer

Je vous en garderai quelques cuillers

Pour sucrer vos langues et palais confinés

 

Et soudain la terre s’est tue

 

Le 21 mars 2020

 

 

                            

Et soudain la terre s’est tue

Rues bâillonnées, pas feutrés

Et bouches cousues

Villes soudainement étouffées

Campagnes assourdies

Dans un silence cantonné

Quand les avions replient leurs ailes

Seuls les oiseaux chantent en liberté

Le saviez-vous

Un ennemi commun nous est né

Une sorte d’étrange petite bête

Qui n’a rien d’un ange envoûté

De taille que l’on dit infinitésimale

Révisant ses multiplications à l’infini

Cherchant sans relâche à diffuser le mal

Se logeant au creux de nos poumons

Oui le poumon, vous dis-je

Covid 19 nom d’un bolide qui roule

Sans crier gare jusqu’au vertige

A beaucoup trop grande vitesse

Alors qu’on a désormais le temps

Il est trop avide, le Covid

Il nous viendrait de Chine passant par la Corée

Puis l’Europe, l’Italie avec voracité

Allemagne, Espagne et Portugal contaminés

Un grand sens du partage

Parfaitement mondialisé

Pour la sale petite bête nulle frontière

Première escale en France

Aux Contamines - Montjoie

Drôle de signe avant-coureur

Qui en février nous a offert le billet

Pour un long voyage immobile

Allez les enfants, rentrez vite à la maison

Vous déclinerez au présent et au futur le verbe confiner

Forme pronominale ou voix passive

Je me confine mais es-tu vraiment confiné ?

Je sais vous n’êtes pas habitués

On espère juste y arriver avant l’été

Allez une vie nouvelle on va s’inventer

 

Et soudain la terre s’est tue

Seules les bouches au téléphone émues

Se délient, allo, t’es là ?

Oui je suis chez moi, moi aussi

Quelle coïncidence

Alors,  comment va la vie arrêtée

Eh bien mon imaginaire se met à la danse

On pense aussi à vous, malades dans vos lits fiévreux

Entourés d’une blanche armée sanglée dans des blouses

L’armée vaillante peine hélas à avancer masquée

Elle assure, ploie parfois mais ne  rompt pas

 

Chantons pour eux à gorge déployée

Déployée oui, mais très, très éloignée

Pour tenir bon sans être gagnés par le blues

Serrons nos mains et même de loin

Pour étendre la solidarité

 

Et soudain on entendra dans tous les coins

La terre petit à petit se réveiller …