L'Orient Littéraire

Une excellente et riche revue francophone libanaise

 

Créé à Beyrouth en 1929 par le poète Georges Schéhadé, repris en 1955 par Salah Stétié, puis en 2006 par Alexandre Najjar, L'Orient littéraire est aujourd'hui le supplément littéraire du quotidien libanais francophone L'Orient-Le Jour.

Il paraît le premier jeudi de chaque mois et est également consultable en ligne.

  • Les numéros depuis janvier 2008
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Entretien avec Minh Tran Huy à propos de son livre "Les Inconsolés"

 

Entretien avec Georgia Makhlouf, paru dans L'ORIENT LITTERAIRE - numéro 164 - février 2020

Après La Princesse et le pêcheur paru en 2007, récit d’une amitié sur fond de mémoire du Vietnam et d’exil, elle avait obtenu en 2010 le Prix Drouot et le Prix Pelléas pour La Double Vie d’Anna Song, histoire d’amour fou, de musique et d’imposture. Voyageur malgré lui (Flammarion, 2014) évoquait les voyages forcés des membres de sa famille. Pour cette rentrée, Minh Tran Huy signe avec Les Inconsolés son quatrième roman, paru chez Actes Sud comme les deux premiers. On y retrouve des thématiques et des références qui lui sont chères : la nostalgie du pays perdu, le Vietnam et ses drames, l’exil, le déracinement et la difficile transmission, le pouvoir des récits dans la construction de l’imaginaire, et… le jeu des références qui brouille les pistes et donne à ce roman, truffé de motifs empruntés aux contes et légendes, des allures de polar. Le tout emmené par une construction rigoureuse, une mécanique parfaitement huilée et la petite musique de son style délicat.

Entretien Georgia Makhlouf / Caroline Laurent (livre "Rivage de la colère")

 

Entretien paru dans L'Orient Littéraire (n° 163 - janvier 2020)

Caroline Laurent a fait une entrée singulière en littérature avec un livre à quatre mains. Co-écrit avec Evelyne Pisier dont elle était l’éditrice, Et soudain, la liberté (Les Escales, 2017) a obtenu le prix Marguerite Duras, le Grand Prix des Lycéennes de ELLE et le Prix Première Plume, et a été traduit dans de nombreux pays. Laurent signe à présent un nouveau roman Rivage de la colère qui plonge, on le devine tout de suite, dans sa mémoire personnelle et familiale.   Situé dans l’archipel des Chagos rattaché à l’île Maurice, le roman restitue un drame historique méconnu et une lutte qui reste vive cinquante ans après. En effet, lorsque Maurice accède à l’indépendance après 158 ans de domination britannique, les Chagos sont détachés de Maurice et l’île de Diego Gracia est « louée » par les Anglais aux Américains qui souhaitent y installer une base militaire. Elle est donc vidée de ses habitants qui seront déportés dans des conditions indignes.    Roman de l'exil, de l’amour impossible mais néanmoins de l'espoir, Rivage de la colère est un texte ambitieux et ample, écrit d’une plume sensible, qui restitue une tragédie géopolitique et humaine à travers des personnages crédibles et attachants....

entretietien avec Sylvain Prudhomme à propos de son ivre "Par les routes"

 

Entretien réalisé par Georgia Makhlouf pour 'L'Orient Littéraire" n° 162 - décembre 2019, avec Sylvain Prudhomme à propos de son ivre "Par les routes" 

Son dernier roman Par les routes vient d’obtenir le prestigieux Prix Femina, après avoir également été récompensé par le Prix Landernau des lecteurs et le Prix Summer de la fête du livre de Bron. Beau triplé pour Sylvain Prudhomme qui avait déjà été récompensé par le Prix Louis-Guilloux en 2012 pour Là, avait dit Bahi, le Prix littéraire de la Porte dorée en 2014 pour Les Grands, le Prix Révélation de la SGDL et le Prix François-Billetdoux en 2016 pour Légende. 

Luc Lang et la fin des paysages

  Entretien avec Luc Lang réalisé par Georgia Makhlouf (Octobre 2019 - L'Orient littéraire)   Romancier et essayiste, Luc Lang enseigne l’esthétique à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris-Cergy. Il est l’auteur d’une douzaine de romans et il a été récompensé par le Prix Goncourt des lycéens en 1998 pour son roman Mille six cents ventres. Par ailleurs Lang, qui est également un théoricien de l’art, est l’auteur de monographies d’artistes et de textes d’esthétique sur l’art contemporain, l’architecture et la littérature.   L'intérêt que porte Luc Lang à la création artistique nourrit une œuvre romanesque exigeante portée par une écriture somptueuse et l’amène à se renouveler constamment. Écrivain aussi discret qu’audacieux, tant sur la forme que sur le fond, il s’est lancé dans de singulières entreprises littéraires telles que de réécrire deux de ses livres, de la même manière que les grands maîtres reprenaient leurs tableaux. Il a également écrit un roman shakespearien, Mille six cents ventres, et joué avec les codes de la tragédie grecque dans Furies. Son précédent roman Au commencement du septième jour a été sélectionné pour le Prix Goncourt 2016 et il vient de publier La Tentation, magnifique histoire familiale marquée par la folie, la violence et la trahison. Lang occupe une place à part dans la littérature française contemporaine, qu’il juge par ailleurs trop cérébrale, trop théorisante. Il lui préfère la littérature américaine, ses grands espaces, sa matérialité. Rien d’étonnant puisqu’il est lui-même un grand écrivain des paysages et que pour construire ses personnages, il met de côté la psychologie pour se concentrer sur les métiers, sur la matérialité du faire, décrit avec une grande précision des gestes et des outils. Retour sur son « atelier » d’écrivain dans cet entretien plein de passion. 

Modiano, du temps perdu au temps révélé

  Une note de lecture à propos du livre de Patrick Modiano "Encre sympathique" (parue dans L'ORIENT LITTERAIRE" - octobre 2019)  Depuis La Place de l’étoile paru il y a 50 ans aux éditions Galimard jusqu’à Encre sympathique, son dernier opus, Patrick Modiano aura traqué tout au long de sa vie d’écrivain « les fantômes du passé ». Une existence est quelque chose de fragile. Mais peut-être est-ce l’art et le temps qui permettent d’en révéler la grandeur. Dans Encre sympathique, court roman d’à peine 130 pages, notre prix Nobel de littérature touche à la quintessence de son art...

"Jean-Luc Coatalem en quête d'aïeul"

 

Un entretien avec Jean-Luc Coatalem à propos de son livre "La part du fils". Entretien paru dans L'ORIERNT LITTERAIRE - octobre 2019  L'écrivain français dévoile un secret de famille : l'arrestation et la déportation de son grand-père, durant la Seconde Guerre mondiale. À mi-chemin entre le roman et le récit, son nouveau livre est tout autant un hommage au courage de générations disparues qu'une réflexion sur le silence. 

L'églantine et le muguet

 

Note de lecture de Georgia Makhlouf à propos du livre "L'EGLANTINE ET LE MUGUET" de Danièle Sallenave. Note parue dans la revue "L'ORIENT LITTERAIRE n°146-août 2018.

"Le dernier livre de Danièle Sallenave est un récit de voyage, nous dit-elle, voyage entrepris dans sa région natale, l’Ouest conservateur et clérical de l’Anjou, pour y retrouver « ce qui caractérisait l’éducation républicaine que j’y ai reçue, de parents instituteurs, au milieu du siècle dernier » et revisiter cette école « dressée contre le pouvoir de l’Église et des châteaux » dont Sallenave interroge les idéaux de justice et d'émancipation, le combat pour le progrès, mais aussi les limites, et les aveuglements..."

WAJDI MOUAWAD : ÉCRIRE LE FRACAS ET LA CLARTÉ DU MONDE

 

Note de lecture de Georgia Makhlouf à propos du livre "Tout est écriture" de Wajdi Mouawad (parue dans L'ORIENT LITTERAIRE n°135 - septembre 2017)

"L’ouvrage est passionnant. On peut le lire d’une traite ou le savourer, plonger puis le reprendre pour en relire certains passages. Pour qui s’intéresse au théâtre, au processus de création artistique, à la mise en branle de l’écriture, la matière qu’il livre est à la fois limpide et complexe, simple et foisonnante, nourrissante, féconde. Il est organisé en quinze courts chapitres, rédigés suite à des échanges entre Sylvain Diaz, maître de conférences en études théâtrales et directeur de l’action culturelle à l’université de Strasbourg et Wajdi Mouawad, en résidence sur le campus de l’université au mois de mars 2016 alors qu’il travaille à l’écriture d’un nouveau texte. Ces échanges, nommés « disputes » comme dans la tradition scolastique, avaient vocation à explorer de manière dialoguée « l’acte même de création » à travers trois thématiques : l’héritage, la quête, la scène. Ils témoignent d’un parcours singulier, à l’articulation de la page et de la scène, et montrent de manière éclatante de quelle manière Mouawad est sans cesse en recherche, ouvert à de multiples possibles, tentant sans relâche d’apporter des réponses « à l’insoluble énigme que constitue l’autre », désireux d’« apprendre l’autre – pour, peut-être, mieux se comprendre soi ».

Le parcours biographique de l’artiste, ..."

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à mon fils

 

Une note de Georgia Makhlouf, parue dans L'ORIENT LITTERIARE (février 2017) à propos du livre "LETTRE A MON FILS" de Fouad Elbouky paru en octobre 2016 chez Actes Sud

Le livre s’ouvre sur une série de planches contact qui toutes, sont des photographies intimes, familiales ; une mère avec son fils, dans des postures de grande proximité, joue contre joue le plus souvent, ou l’enfant, la tête contre le bras de sa mère. Sur chacune, il y a ce toucher, cette tendresse, ce corps-à-corps de la mère et de l’enfant. Et on se dit que c’est cela, en contrepoint, le sujet du livre. Les pères ne touchent pas ainsi leurs enfants, pas de cette façon là, pas dans cette proximité là, cette bulle sur eux refermée. Et c’est cela que recherche Fouad Elkoury, toucher lui aussi son fils, mais comme le font les pères, avec des mots, des mots qu’il lui adresse dans des lettres, envoyées par mail, entre le 5 février et le 12 mars 2015, à raison d’une par jour, accompagnée d’une photo. Soit trente-cinq missives pour raconter son parcours, la façon dont la photographie est devenue pour lui une passion, puis un métier. Car il n’est pas facile, écrit-il, de devenir photographe. « Tout comme il n’est pas facile d’aimer. Ça arrive, c’est tout. Et quand vient la révélation, il faut savoir discerner l’essentiel et avoir le courage d’aller jusqu’au bout. » ...