EntreLesLignesEntreLesMots

Entre les lignes entre les mots

 

Un blog de notes de lecture, débats et quelques notes de musique. Ce blog est aussi un blog de débats politiques.

En ce qui concerne l'aspect littéraire du blog, on peut lire dans sa présentation : "Donner envie de lire, susciter la curiosité et le désir de mieux cerner les réalités, en pointant des éventuelles difficultés ou les disputes souhaitables. Privilégier l’ouverture et ne pas être un substitut à la lecture, évitement de l’appropriation directe, même partielle, de l’ouvrage."

Nous publions dans cette page une sélection d'écrits (avec l'aimable autorisation du responsable du blog).

Philibert Muzima, résistant de la mémoire

 

Une note parue le 7/08/2018 sur le site "Entre les lignes, entre les mots". Publiée ici avec l'aimable autorisation du responsable du site.

A propos du livre "Imbibé de leur sang, gravé de leurs noms - Témoignage d’un survivant du génocide" de Philibert Muzima

"Les premiers experts du génocide (un million de morts en trois mois) perpétré contre les Tutsi du Rwanda, en 1994, ne sont pas toujours les historiens ou les journalistes, mais, parfois, les rescapé(e)s qui osent ne pas oublier, font un énorme travail de mémoire, et certains même, d’analyse approfondie. Ces survivants, devenus auteurs sous la pression d’événements exceptionnels, ne sont pas très bien accueillis par les chercheurs et les maisons d’édition ne leur ouvrent pas leurs portes, mis à part L’Harmattan et Izuba. Et pourtant, leurs témoignages sont précieux par leur authenticité…."

Une épopée et un travail de mémoire

 

Note de lecture à propos du livre "LE BRACELET" parue initialement le 13 juillet 2018 sur le site "Entre les lignes, entre les mots". Publiée ici avec l'aimable autorisation du responsable du site.

"Andrea Maria Schenkel a le talent particulier de faire renaître la mémoire des années de l’Allemagne sous le joug du nazisme. S’inspirant de faits réels, ici, dans « Le bracelet », la migration des Juifs allemands en 1938 en partance vers Shanghai. Ceux-là, les derniers à partir, n’avaient pas cru aux déclarations antisémites de Hitler pensant être protégés par, souvent, leur participation à la Première Guerre Mondiale ou leur conversion au protestantisme. Ils se sentaient de nationalité allemande. Ils n’étaient que des Juifs. La législation tatillonne de la bureaucratie nazie avait formulé des critères stricts pour déterminer qui était Juif et qui ne l’était pas.

La famille Schwarz est de celle là. Le père, Erwin, qui a vécu la guerre dans les tranchées, ne veut pas croire que le gouvernement allemand s’en prendra à lui. Dans « Le dictateur », Charlie Chaplin raconte la même histoire. Cette croyance était partagée par des intellectuels pourtant à même d’analyser les événements, l’idéologie du régime nazi. Adorno fut de ceux là. Plus tard, aux Etats-Unis, il dénoncera la propagande de masse due à la radio. ..."

[Fiche lu livre]

[Pour en savoir plus : "Etre juif en Chine - L'histoire extraordinaire des communautés de Kaifeng et de Shangai", livre de Nadine Perront]

Note à propos de la réédition du livre de Robert Antelme 'L'espèce humaine"

 

Note de lecture parue intialement le 15 juin 2018 sur le site "Entre les lignes entre les mots" et reproduite ici avec l'aimable autorisation du responsable du site.

A nous-mêmes, ce que nous avions à dire commençait alors à nous paraître inimaginable

Je me (re)plonge régulièrement dans la littérature concentrationnaire. Les témoignages sur cet univers, comme d’autres sur les génocides ou crimes contre l’humanité, restent une source de réflexion nécessaire. Dans le dénuement le plus extrême, certain·es parviennent à neutraliser la négation de ce qui les nient, à contester ce qui les conteste comme « homme, comme membre de l’espèce » 

L’existence de ces hommes et de ces femmes ne doit pas être oubliée, effacée, remisée aux commémorations bien souvent hypocrites. Il nous faut garder les yeux bien ouverts sur les agissement de cette espèce particulière qu’est – jusque dans les atrocités que ses membres commettent – l’espèce humaine et « son unité indivisible »....

Mais on peut aussi porter le deuil sans une robe noire

 

Une note de leture à propos du livre "Nous vivons cachés : Récits d'une Romni à travers le siècle" de Ceija Stojka

Note parue le 13/03/2018 sur le site "Entre les lignes entre les mots" - Reproduite ici avec l'aimable autorisation de son rédacteur Didier Epsztajn.

« A pied ou, de rares fois, en train, Ceija Stojka rentre avec sa mère au printemps 1945 du camp de Bergen-Belsen à Vienne ». Dans sa préface Karin Berger présente l’autrice et son parcours, sa volonté d’apprendre à lire et à écrire, « Etre en classe avec des enfants de sept ans alors qu’elle en a treize n’est pas facile pour elle, mais elle tient le coup jusqu’à de qu’elle sache lire et écrire », ses rencontres-dialogues avec elle, les effets de la publication de son premier livre, « Pour la première fois en Autriche, l’horreur que les Roms et Sinté ont vécue sous le régime nazi est plus largement sue et perçue, et Ceija elle-même devient un témoin historique important dans l’espace public »

Le témoignage de l’autrice est sans haine, elle ne réclame rien. Son écriture est une nouveauté en regard de sa culture de tradition orale, « Elle est issue d’une culture qui transmet l’histoire et les témoignages par le récit, le conte et le chant, qui sont de la même importance pour les Roms que pour nous les archives et les livres » ....