Critiques - Points de vue

A vos "plumes" !

 

Vous trouverez dans cette page des critiques, des points de vue de membres de l’association LE DIRE ET L'ECRIRE , d’ami.e.s ou même simplement lus sur la toile concernant des spectacles. Ces textes sont donc toujours personnels et ne reflètent pas "la pensée" de l'association.

Vous voulez présenter un film, une pièce de théâtgre, une émission de télévision que vous avez aimés ou voire détestés, vous voulez réagir à une critique, vous pouvez envoyer votre texte à cette adresse webmaster@ledireetlecrire.com.

Corinne Bacharach par le "douleur et gloire", le dernier film de Pedro Almodovar

 

Un article  de Corinne Bacharach paru sur son blog le 20 mai 2019, à propos du film "DOULEUR ET GLOIRE" de Pedro Almodovar.

Reproduit partiellemennt ici avec l'aimable autorisation de l'auteure.

"Il est des films où le générique arrive comme un arrachement : le dernier film de Pedro Almodóvar est de ceux-là. On quitte la salle les larmes aux yeux. On aimerait que la séance recommence pour repartir dans cette beauté.

Douleur et Gloire est son titre, un rien pompeux, l’inverse de ce film magnifique.

Ce que nous offre le cinéaste est une évidence, un flot puissant et apaisé, le contraire d’une démonstration hystérique ou narcissique. Il nous invite à l’accompagner dans une revisitation de (son) existence où grands bonheurs et grandes douleurs, vieillesse et maladies, absence et amour, inspiration et léthargie vont nous tenir, comme le personnage au début du film, entre deux eaux (d’une piscine), pour mieux nous faire sortir d’un bain qui aurait pu nous engloutir...."

«Monrovia, Indiana», train-train d’enfer

 

Dans LIBERATION, une critique de "Monrovia Indiana", film de Frederick Wiseman Poursuivant sa monumentale entreprise documentaire entamée en 1967, Frederick Wiseman a filmé le quotidien d’une bourgade trumpiste du Midwest, avec une intelligence du détail qui l’exonère de tout jugement moral ...

Corinne Bacharach parle du film "68, mon père et les clous"

 

Article paru sur son blog le 01/05/2019 et reproduit ici avec l'aimable autorisation de l'auteure.

Lorsqu’en 2006, Samuel Bigiaoui décide de filmer des moments de vie à l’intérieur de la boutique de son père, il n’a pas de projet précis. Il aime Bricomonge, cette quincaillerie ouverte en 1980 par Jean Bigiaoui, deux ans après sa naissance, qui devient durant son enfance, « son terrain de jeu », comme il aime à le dire.  

Le petit garçon devient un élève brillant, passe l’agrégation de mathématiques mais comprend vite que la question de l’espace comme prescripteur de sens l’intéresse au moins autant. Tout naturellement, il se tourne vers l’architecture, devenu depuis son métier, même s’il enseigne également les maths. Il aime le théâtre et le cinéma, s’inscrit un temps à des cours de théâtre mais finalement, c’est l’image qui prend le dessus et il réalise son premier film....

Camille contre claudel

 

Une note de Michèle Cléach à propos de la pièce d'Hélène Zidi actuellement au Théâtre du Roi René (12 Rue Edouard Lockroy, 75011 Paris)

Au début des années 80, il y a eu « Une femme » le livre d’Anne Delbée, et son adaptation au théâtre, livre et spectacle qui avaient fait polémique : Anne Delbée avait osé, entre autres, mettre en cause Paul Claudel dans le destin tragique de sa sœur Camille, et je me souviens d’une exposition au musée d’Orsay où, sur la table des libraires, manquait « Une femme », parce que le point de vue de l’auteure ne plaisait pas à la conservatrice du musée ! 

Depuis, il y a eu d’autres livres, d’autres spectacles, d’autres expositions, et le film de Bruno Nuytten avec Isabelle Adjani et Gérard Depardieu. Nul, alors, ne pouvait plus ignorer l’œuvre magnifique et la tragédie vécue par Camille Claudel ; ni son internement pendant 30 ans, injustifiable (sa mère refusa de la laisser sortir alors que les médecins l’avaient jugée guérie au bout de 6 ans) ; ni ses conditions d’internement (pas d’envoi ni de réception de courrier, aucune visite de sa mère, peu de vêtements, etc.)  infligées dès son entrée à l’hôpital psychiatrique, d’abord à Ville d’Avray puis à Mondevert, sur ordre de sa mère sans que son frère, pourtant bien placé, ne lève le petit doigt pour, au minimum, les améliorer ; ni sa mort, par dénutrition, en octobre 1943.

Car si Camille avait effectivement développé des symptômes paranoïaques, sa famille – et sa mère en particulier –, le rôle et la place dévolus aux femmes et encore plus aux femmes artistes à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle, sa relation avec Rodin, avaient largement participé de sa maladie psychique.

C’est ce qu’Hélène Zidi nous donne à voir aujourd’hui au Théâtre du Roi René à Paris, après trois festivals d’Avignon. ...

[La pièce de théâtre]

“Les Chatouilles”, une vraie oeuvre de résilience

 

Un article de Télérama à propos du film "LES CHATOUILLES" - sortie du film le 14 novembre 2018

"Eric Métayer et Andréa Bescond adaptent avec réussite le spectacle autobiographique  de cette dernière, sur une jeune femme, abusée pendant son enfance par un ami de la famille, qui cherche à se reconstruire..."

"GUY, un film d’Alex Lutz" sur le blog de Corinne Bacharach

 

Article paru le 04/09/2018 et reproduit ici avec l'aimable autorisation de l'auteure.

"... La première raisons d’aimer ce film est de constater l’extraordinaire performance de Lutz, éternel jeune homme de pourtant 40 ans, à devenir ce pré-vieillard de plus de 70 ans, aux cheveux blancs, à la bedaine témoin du goût des bonnes choses, à la peau parsemée de tâches de vieillesse et de rides et à la bouche sans arrêt en mouvement, esquissant un mélange étrange de veulerie et de sensualité….

On apprend que, pour ce faire, Alex Lutz devait se plier à quatre heures quotidiennes de maquillage : « Je ne voulais pas de symétrie dans le visage de Guy :  une cicatrice là, car il s’est pris une porte, un soir, après un concert, à Agen. Je voulais qu’il n’ait pas seulement des poches sous les yeux, mais aussi des transferts de paupières jusqu’aux ras de cils, pour donner l’illusion de paupières tombantes, parce que c’est souvent l’acuité du regard qui ne colle pas dans les maquillages de vieillissement. », précise l’acteur-réalisateur dans une interview . Au-delà du maquillage, l’ensemble de ce que constitue le portrait du Guy est minutieusement construit et juste :  le rythme de la voix qui peut changer en fonction des situations, le ton mi-désabusé, mi-charmeur, le regard qui passe par l’interrogation un peu vide à l’ironie cynique mais aussi par l’émotion. Et puis bien entendu, tous les détails : la coiffure dont nous apprenons toute l’évolution aux fils des années -du flou ondulé aux bouclettes en passant par le brushing impeccable, l’indispensable bombe de laque Elnett dont Guy vante les mérites et qui semble faire partie intégrante de sa vie d’artiste, la chaîne en or et les gourmettes, discrets attributs de la réussite….."

CHRIS MARKER à la Cinémathèque Française

 

Un article paru initialement, le 28 mars 2018, sur le blog de Corinne Bacharach

(reproduit avec l'aimable autorisation de Corinne Bacharach)

A l’heure où s’ouvre le 71ème Festival de Cannes, la Cinémathèque française présente une exposition consacrée à une figure singulière du monde du cinéma puisqu’à son nom, et surtout à son oeuvre, la qualité de réalisateur est parfaitement insuffisante. 

Le résistant, l’écrivain, le cinéaste, l’amateur d’art, l’anticolonialiste, le chroniqueur, l’ami des chats, le cinéphile, l’éditeur, le voyageur, le photographe, le documentariste, l’explorateur du temps, l’activiste, le monteur, l’homme des collectifs, l’historien, l’explorateur des techniques, l’archiviste, le compositeur, le passionné d’informatique sont autant de facettes de Chris Marker que les commissaires de l’exposition Christine Van Assche, Raymond Bellour et Jean-Michel Frodon, explorent dans un parcours chronologique qu’ils intitulent plutôt un voyage, un voyage dans l’espace et dans le temps, de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à la mort du cinéaste en 2012.

Voyage dans les engagements de Chris Marker : la résistance tout d’abord, puis son anti-colonialisme, ses soutiens aux mouvements politiques du siècle explorés dans plusieurs de ses documentaires tournés à Cuba ou en Israël (Description d’un combat), ses réflexions historiques (Le fond de l’air est rouge, le Tombeau d’Alexandre), son observation de la société dans le Paris de l’après guerre d’Algérie (Le joli Mai), ses réflexions sur l’engagement révolutionnaire, dont bien entendu Mai 68, mais aussi le Chili ou la Guinée Bissau....