Articles à lire, Entretiens

ARTICLES, interviews, PRESSE ...

 

Des articles de membres de l'association ou de personnes extérieures. Des interviews, des entretiens. Ils sont présentés dans l'ordre de réception du plus récent au plus ancien.

Ossip Mandelstam : il y a 80 ans Staline assassinait ce grand poète

 

Le 27 décembre 1938, Ossip Mandelstam, poète soviétique est mort de faim, de froid et du typhus, durant son transfert vers un camp de concentration stalinien.

Le site "MEDIAPART" lui rend hommage

 

Lire également :

Entretien avec Johan Faerber, à propos d’«Après la littérature»

 

Entretien paru sur le site de NONFICTION.fr le 22/08/2018 https://www.nonfiction.fr/article-9513-entretien-avec-johan-faerber-a-propos-dapres-la-litterature.htm

Johan Faerber, enseignant, critique et éditeur, qui est également l’un des cofondateurs de Diacritik, publie ces jours-ci un important travail de critique littéraire, même si celui-ci ne s’interdit pas la polémique comme on le verra. Il a accepté, très aimablement, de répondre à nos questions pour présenter son livre Après la littérature. Ecrire le contemporain aux lecteurs de Nonfiction.

L'entretien

 

Nonfiction : Vous identifiez dans la littérature française contemporaine un courant qui prend la fin de la littérature au sérieux et s’en empare pour recommencer à écrire. De quelle fin s’agit-il ? De quand la datez-vous et à quelles figures d’écrivains peut-on la relier pour la période qui précède ? 

Johan Faerber : « La littérature est morte » : tel est, en effet, le constat premier d’une fin de la littérature enfin prise au sérieux et réellement advenue à l’écriture qui a présidé à l’ensemble de ma réflexion dans Après la littérature. De manière générale, la mort de la littérature, dont on parle depuis la fin des années 1990, est toujours considérée par nombre d’écrivains comme une rumeur sans fondement qu’on peut aisément balayer d’un revers de main pour continuer à écrire comme si de rien n’était. Pourtant, selon moi, loin d’être une fable, la mort de la littérature a bel et bien eu lieu. De fait, ...

Deux écrivains s'expriment sur les "Gilets jaunes"

 

 

Edouard Louis

« Chaque personne qui insultait un gilet jaune insultait mon père »

Dans « les Inrockuptibles » du 4 décembre 2018

 

 

Annie Ernaux

« Il n’y a pas de nouveau monde, ça n’existe pas »

Dans « Libération » du 9 décembre 2018

Nicolas Mathieu : « Écrire, c’est faire la guerre au monde. »

 

Interview de Nicolas Mathieu par Georgia Makhlouf pour la revue "L'Orient Littéraire n°150 - décembre 2018

Le titre semble ancrer l’ouvrage dans une thématique de la transmission, puis on lit l’exergue et on comprend que ce n’est pas de cela qu’il s’agit, que ce serait même l’inverse, qu’il s’agit d’arracher à l’oubli ceux dont on n’a plus de souvenir.   Quand on se lance dans l’écriture, on se donne un cap et des modèles. Pour moi, ça a été Louons maintenant les grands hommes de James Agee, un livre d’anthropologie qui prend pour objet les métayers pauvres dans le sud des États-Unis au moment de la grande dépression. C’est à la fois un ouvrage superbement documenté et un poème épique, qui raconte des vies minuscules. Les quatre lignes tirées du « Siracide » (un des livres de l’Ancien Testament) que je cite en exergue et qui font écho à la démarche de Agee, ont été ma boussole. L’idée de fatalité qu’elles contiennent, mais aussi de destin social et d’éternel recommencement, m’a beaucoup accompagné. J’ai voulu moi aussi fixer ces vies qu’on dit petites au regard de l’histoire, en tentant de leur donner une dimension quasi mythique. Ce sont à la fois des vies de rien et des « statues » qu’on regarde en levant la tête. ..

Un « amour-idolâtrie » : Lettres de Joanne à Simone de Beauvoir

 

L'intervention de Marine Rouch le Samedi 24 novembre, lors de la présentation du Journal de Joanne dans le cadre du séminaire ABC

[Marine Rouch est doctorante en histoire contemporaine aux universités de Toulouse et de Lille. Sa thèse porte sur la réception et l’appropriation des œuvres de Simone de Beauvoir par son lectorat. Elle travaille à partir des milliers de lettres inédites que l’écrivaine a reçues de la part de ses lecteurs et lectrices depuis la fin des années 1940 jusqu’à sa mort en 1986.]

"C’est en tant que correspondante de Simone de Beauvoir que je souhaite aborder Blossom. D’abord il faut noter que Blossom est bien loin d’avoir été la seule à écrire à Simone de Beauvoir… Le fonds des lettres reçues de lecteurs, conservé à la BnF depuis 1995, contient environ 20 000 lettres, écrites par des hommes et des femmes, surtout par des femmes, qui ont lu et aimé l’œuvre de Beauvoir depuis années les 1940 jusqu’à sa mort en 1986. Simone de Beauvoir répondait à son public, et des correspondances suivies se mettaient en place, parfois ponctuées de rencontres. Blossom fait partie de celles qui ont eu la chance d’entretenir une riche et longue correspondance avec Simone de Beauvoir, et de la rencontrer lors de son séjour de plusieurs mois en France en 1958.

Blossom a une aisance d’écriture exceptionnelle. Chaque jour, et même chaque nuit, elle écrit son journal. Mais elle écrit aussi des lettres à ses amis, à sa mère et puis à partir de 1958, à Simone de Beauvoir. Ces écrits permettent une traversée du siècle : en effet, Blossom est un témoin privilégié du rayonnement des intellectuel.les d’après-guerre puisqu’elle sera une disciple existentialiste fidèle, témoin aussi de la guerre froide et de la menace d’une guerre nucléaire qui reconfigure les rapports internationaux – c’est une menace qui inquiètera Blossom toute sa vie et qui animera de nombreuses pages de son journal et de nombreuses lettres à Beauvoir. Lors de son séjour à Paris en 1958, c’est la guerre d’Algérie qui l’occupe et la révolte. Elle se lance dans l’écriture d’une pièce de théâtre sur la torture..."

Le journal de Blossom

 

L'intervention de Claudine Krishnan (membre de l'APA), le Samedi 24 novembre, lors de la présentation du Journal de Joanne dans le cadre du séminaire ABC

"D’abord un mot d’explication : on a annoncé une matinée sur le journal de Joanne, pseudonyme qu’a choisi Blossom à la suite du pseudonyme Joan que lui attribue Simone de Beauvoir dans La Force des choses. Or Blossom a décidé récemment d’abandonner ce pseudonyme et préfère que désormais soient utilisés ses véritables prénoms et noms : Blossom Margaret (second prénom) Douthat (le nom de son père) Segaloff (le nom de son mari).

Pour celles et ceux qui n’ont pas lu le dernier numéro de La Faute à Rousseau ni la présentation du journal qui précède les échos de lecture disponibles sur le site de l’APA (Association pour l’autobiographie et le Patrimoine Autobiographique) ou dans le Garde-mémoire, rappelons brièvement  comment ce journal est arrivé à l’APA. Il y a trois ans, Sylvie Le Bon de Beauvoir a contacté Philippe Lejeune pour faire don à l’APA d’un volumineux journal personnel qui se trouvait dans les archives de Simone de Beauvoir ; elle l’avait conservé et lu, en avait perçu tout l’intérêt, et nous la remercions d’avoir pensé à l’APA pour l’y déposer. Le groupe de lecture APA de Paris a décidé de lire ce journal (18 volumes, 20 classeurs, environ 8000 pages) et huit longues lettres qui se trouvaient dans l’un des classeurs, lettres adressées par l’auteure à Simone de Beauvoir pendant l’été 1958...."

Le journal ouvert

 

Entretien d'Amanda Robles avec Alain Cavalier. Paru dans "Entrelacs" - octobre 2018 (Édition électronique
URL : http://journals.openedition.org/entrelacs/2891)

"Dans ses Six Portraits XL qui sortent en salles à l’automne, Alain Cavalier renoue avec le geste documentaire. Comme dans les portraits de femmes réalisés pour la télévision en 1987 et 1991, il retrouve ici son appétit à filmer le travail (la nouvelle série compte un boulanger, un cordonnier, un acteur et un journaliste). Mais le dispositif est tout autre. Alors que les courts opus de la série précédente étaient tournés en une seule journée, cette fois les films font aussi état du travail du temps. C'est en revisitant ce qu'il aime appeler ses « tendres stocks1 », soit les milliers d'heures de son journal filmé, que le filmeur a ressuscité ces portraits au long cours, dont certains se dessinent, touche après touche, sur des dizaines d'années. Par sa fidélité aux personnes qu'il filme, Alain Cavalier est passé maître dans l'art de saisir l'émotion de l'instant mais aussi celle du temps qui passe. Au fil des années, son journal dépasse alors le projet autobiographique dans son aspect intime pour décrire aussi et surtout les autres, amis de toujours ou rencontres passagères. Le film qui marquait les premiers pas d’Alain Cavalier dans l’écriture autobiographique ne s’appelait-il pas La Rencontre ? Visites et rencontres rythment la vie et donc le journal du filmeur, l’activité de portraitiste devenant un geste régulier, familier qui dessine un autre territoire de l’intime : la fraternité...."

"Un amour de la route"

 

L'intervention de Philippe Lejeune le Samedi 24 novembre, lors de la présentation du Journal de Joanne dans le cadre du séminaire ABC

Le 10 juin 1958, Simone de Beauvoir, après avoir lu l’essentiel du journal de Blossom, l’a invitée à dîner et lui a conseillé d’abandonner la pratique du journal : elle devrait essayer plutôt d’écrire, c’est-à-dire de composer une œuvre de fiction. Nous connaissons cette conversation par le journal de Simone de Beauvoir, non par celui de Blossom qui, revenue chez elle, écrit seulement en grosses lettres : « FIN ». Apparemment, elle tiendra parole : elle restera dix ans sans tenir de journal. Mais non moins apparemment, elle désobéira : elle va pendant tout l’été et l’automne 1958 transformer ses lettres à Simone de Beauvoir en une sorte de chronique vertigineuse. Mais il faut y voir moins une coupable récidive de journal qu’une tentative pour construire une œuvre artistique en restant dans le champ autobiographique. C’est ce qui m’est vite apparu quand j’ai pris connaissance du classeur n° 17 et des lettres conservées par Simone de Beauvoir avec le journal. Du coup, j’ai décidé de lire en transcrivant tout, pour suivre plus intensément, grâce à ma propre lenteur, la progression de cette recherche d’une nouvelle forme.

Je vais essayer de vous en donner une idée en vous lisant d’abord « l’écho de lecture » que j’ai rédigé immédiatement après, puis un extrait de la première lettre, le récit à la fois plein de suspense et d’ellipse d’une nuit d’amour. ...

Comment défendre les livres ?

 

Le Centre national du livre a été créé, il y a 45 ans, pour soutenir auteurs, éditeurs et libraires. Son président tire un bilan de son action.

Président du Centre national du livre, Vincent Monadé est aujourd'hui candidat à sa reconduction à la tête de cette institution qui soutient à la fois les auteurs, les éditeurs, les libraires, les manifestations littéraires mais aussi des bibliothèques, au service de la lecture. Pour Le Point, il dresse un bilan de son mandat. (Propos recueillis par Baudouin Eschapasse)

Corinne Bacharach parle de l'exposition "Les contes cruels de Paula Rego"

 

Note publiée avec l'aimable autorisation de l'auteure et parue dans son blog le 26/11/2018

A l’heure où Paris offre au public un programme d’expositions impressionnant, où rivalisent des artistes majeurs tels Picasso à Orsay, Miro au Grand Palais, Basquiat et Egon Schiele à la Fondation Vuitton, Le Caravage à Jaquemart-André, Giacometti chez Dina Vierny, il est tout aussi réjouissant d’aller à la rencontre d’oeuvres ou d’artistes dont la renommée n’était pas encore parvenue jusqu’à soi.

C’est ce que nous propose le Musée de l’Orangerie et sa nouvelle directrice Cécile Debray en consacrant, jusqu’au 14 janvier, la première grande exposition en France à Paula Rego, artiste très reconnue au Portugal, où elle est née en 1935, et en Grande-Bretagne où elle vit depuis plus de cinquante ans.

On entre de plain-pied dans l’univers de l’artiste et c’est un choc....

« La lecture est la mère de toutes les batailles »

 

Les jeunes aiment lire. Une étude du Centre national du livre le confirme. Malgré la concurrence d'Internet et des jeux vidéo, la lecture résiste

À quelques semaines du lancement de la 4e édition de « Partir en livre » (du 11 au 22 juillet), manifestation qui promeut la lecture auprès de la jeunesse, le président du Centre national du livre décrypte pour Le Point l'étude que son institution a confiée à l'institut Ipsos pour mieux connaître le comportement des jeunes de 15 à 25 ans, en matière de consommation culturelle.(Propos recueillis par Baudouin Eschapasse)

les chatouilles

 

Après le pièce de théâtre, le film.
Plusieurs articles de presse :

à propos du livre d'Olga Tokarczuk "Les Livres de Jakób ou le Grand voyage"

 

A l'occasion de la publication de ce livre en France

1*- une conférence au MAHJ avec l'auteur (octobre 2018)

2*- un article de Jean-Yves Potel sur le site EAN (En Attendant Nadeau)

[Fiche du livre]

se former pour écrire des séries télé

 

Article paru le 12 novembe 2018 dans L'INVENTOIRE
Iris Ducorps, scénariste de séries, anime pour Aleph-Écriture l’atelier de 5 jours « Écrire des séries télé – Initiation » à Paris du lundi 26 novembre 2018 au vendredi 30 novembre 2018, puis du lundi 3 au vendredi 7 juin 2019. L’Inventoire a voulu en savoir plus sur le métier de scénariste mais également sur les liens entre l’écriture de séries et l’écriture littéraire.

Les festivals et salons du livre en danger ?

 

Dans un contexte de baisse des subventions publiques, les manifestations littéraires cherchent d’autres sources de financements. Pour rester à l’équilibre, les organisateurs sont contraints de se tourner vers le privé.

Camille contre claudel

 

Une note de Michèle Cléach à propos de la pièce d'Hélène Zidi actuellement au Théâtre du Roi René (12 Rue Edouard Lockroy, 75011 Paris)

Au début des années 80, il y a eu « Une femme » le livre d’Anne Delbée, et son adaptation au théâtre, livre et spectacle qui avaient fait polémique : Anne Delbée avait osé, entre autres, mettre en cause Paul Claudel dans le destin tragique de sa sœur Camille, et je me souviens d’une exposition au musée d’Orsay où, sur la table des libraires, manquait « Une femme », parce que le point de vue de l’auteure ne plaisait pas à la conservatrice du musée ! 

Depuis, il y a eu d’autres livres, d’autres spectacles, d’autres expositions, et le film de Bruno Nuytten avec Isabelle Adjani et Gérard Depardieu. Nul, alors, ne pouvait plus ignorer l’œuvre magnifique et la tragédie vécue par Camille Claudel ; ni son internement pendant 30 ans, injustifiable (sa mère refusa de la laisser sortir alors que les médecins l’avaient jugée guérie au bout de 6 ans) ; ni ses conditions d’internement (pas d’envoi ni de réception de courrier, aucune visite de sa mère, peu de vêtements, etc.)  infligées dès son entrée à l’hôpital psychiatrique, d’abord à Ville d’Avray puis à Mondevert, sur ordre de sa mère sans que son frère, pourtant bien placé, ne lève le petit doigt pour, au minimum, les améliorer ; ni sa mort, par dénutrition, en octobre 1943.

Car si Camille avait effectivement développé des symptômes paranoïaques, sa famille – et sa mère en particulier –, le rôle et la place dévolus aux femmes et encore plus aux femmes artistes à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle, sa relation avec Rodin, avaient largement participé de sa maladie psychique.

C’est ce qu’Hélène Zidi nous donne à voir aujourd’hui au Théâtre du Roi René à Paris, après trois festivals d’Avignon. ...

[La pièce de théâtre]

"Maintenant, le deuil est fini"

 

Un entretien avec LUZ à propos de la sorie de sa BD "Indélébiles". Entretien paru dans les INROCKS du 29/10/2018

"Après les attentats de janvier 2015 et Catharsis, le dessinateur Luz fait revivre ces collègues dans Indélébiles, une savoureuse suite de souvenirs souvent joyeux.

Quel a été le point de départ d’Indélébiles ? ..."

Kafka : la relève

 

Un entretien avec Jean-Pierre Lefebvre et Georges-Arthur Goldschmidt. Parution sur le site EAN, octobre 2018.

À l’occasion de la parution de deux volumes de la Pléiade qui rassemblent des nouvelles et des romans de Franz Kafka dans de nouvelles traductions, EaN a réuni autour de Tiphaine Samoyault le maître d’œuvre de cette édition, Jean-Pierre Lefebvre, et Georges-Arthur Goldschmidt, essayiste et écrivain, traducteur de Kafka lui aussi. Une occasion de sortir Kafka du kafkaïen en insistant sur sa puissance politique. C’est aussi ce que fait Krystian Lupa, mettant en scène le Procès de Kafka : moins bureaucratrique, plus près de nos inquiétudes.

La lecture en partage

 

Petit à petit, de Nevers à Rouen, de l'Allemagne au Canada, en ville et en campagne, les boîtes à livres ont éclos. Près de 4 000 boîtes sont déjà installées.

Ce sont de petites boîtes ou de grands kiosques, où les livres sont déposés par tout un chacun et offerts au partage.

Un principe simple comme bonjour ! Si l'envie vous prend de lire, cherchez une boîte à livres, fouillez, choisissez et repartez avec un livre. Si le coeur vous en dit, vous pouvez laisser en échange un autre livre, ou remettre celui que vous aviez pris quelque temps avant.
Mais même si vous n'avez aucun livre à donner, servez-vous quand même.

Entretien avec Pierre Bergounioux et Jean-Paul Michel

 

Propos recueillis par Nathalie Jungerman et publiés dans FLORILETTRES n° 197 - octobre 2018

Votre correspondance échangée entre 1981 et 2017 vient de paraître aux éditions Verdier. Dans une lettre datée de septembre 2016, en pensant à un éventuel « recueil de vos correspondances retrouvées », vous écrivez, Jean-Paul Michel : « Nous redeviendrions enfants, avec la colle et les ciseaux, et il passerait là-dedans plus de vie que dans quelque espèce de docte exposé que ce puisse être, touchant ce qu’auront été ces moments. (…) Et Daniel [1] renaîtra. » Redonner vie aux instants passés, aux amis disparus, c’est ce qui vous a décidé à publier cet ensemble de lettres ?

Samar Yazbek, la marcheuse syrienne

 

Un article sur le dernier roman de Samar Yazbek, article de Nadia Leila Aissaoui, paru dans L'ORIENT LITTERAIRE - Octobre 2018

Dans un contexte où la guerre en Syrie fait rage, Samar Yazbek nous livre un roman qui a valeur de témoignage. Elle y raconte à travers Rima, son personnage principal, le déroulement d’une tragédie humaine que le monde entier regarde avec impuissance, fatalisme et parfois indifférence. Son ouvrage est aussi une histoire de femmes dont on devine tout au long de l’ouvrage le rêve de liberté dans le rapport au corps, au savoir et au mouvement...

Les combats de Minuit

 

Une chronique de Corinne Bacharach sur son blog, parue le 14/10/2018, reproduite avec l'aimable autorisation de l'auteure.

"Proposer une exposition consacrée à une maison d’édition peut relever du pari impossible. Pourtant,  « Les combats de Minuit, dans la bibliothèque de Jérôme et Annette Lindon » proposé par la Bnf jusqu’au 9 décembre, relève le défi.

A la faveur du don à la Bnf de la bibliothèque de leurs parents, à la mort de leur mère en 2014, Irène, André et Mathieu Lindon nous permettent de parcourir, à travers une centaine de titres (sur les 900 donnés), une partie du catalogue exemplaire des éditions de Minuit. Mais aussi, et avant tout, grâce à de nombreuses dédicaces adressées par les auteurs à leur éditeur, à des manuscrits originaux (dont celui de En attendant Godot) ou des photographies souvent inédites, de revivre l’aventure humaine d’une maison d’édition et les « combats » de son fondateur, comme le titre de l’exposition l’indique judicieusement. Fondateur des éditions de Minuit,  le terme n’est pas exact, puisque Jérôme Lindon ..."

Salman Rushdie : « La fiction doit conduire à la vérité. »

 

Un entretien mené par William Irigoyen et paru dans L'ORIENT LITTERAIRE, n° 148-octobre 2018 Dans son nouveau roman, l'écrivain britannique raconte le déclin d'une riche famille de New York à la fin de la présidence Obama. Il y aborde les thèmes de la fuite, de la dissimulation d'identité, de la vérité et, en arrière-plan, du populisme. Rencontre à Paris.

EACWP : Conférence annuelle à Bruxelles, l’Europe des plumes ça existe !

 

Article paru dans L'INVENTOIRE, la revue électronique d'Aleph-Ecriture - 09/10/2018

L’EACWP (European Association of Creative Writing Programmes) est une belle association qui regroupe des écoles d’écriture et des universités qui enseignent l’écriture créative en Europe. Une trentaine d’institutions la font vivre, issues de seize pays. Aleph Ecriture en fait partie, assurant une présence et un engagement dans toutes ses actions. La conférence annuelle de l’EACWP pour 2018 s’est tenue à Bruxelles, du 13 au 15 septembre. Elle était organisée par l’équipe de Creatief Schrijven, l’école d’écriture belge néerlandophone, basée à Anvers....

Lire pour oublier l'enfer des camps de réfugiés

 

Un entretien paru dans la newsletter en date du 12 octobre 2018 de la revue "Le Nouveau Magazine Littéraire"

"À Lesbos, un réfugié irakien tient une petite bibliothèque aménagée dans une camionnette. Il y reçoit des lecteurs de toutes origines, avides de littérature ou désireux de perfectionner leur anglais. Les livres leur permettent de se détourner, pour quelques instants, de la violence et de la misère du camp.

Dana est Irakien. Arrivé à Lesbos par la mer en 2017, cet ancien livreur officie désormais comme bibliothécaire bénévole. Il travaille pour l'association One Happy Family, près du centre de Moria où plus de 6 000 réfugiés s'entassent dans des conditions inhumaines. Dans une camionnette aménagée en bibliothèque polyglotte, il fournit des livres aux migrants en attente d'un asile en Europe...."

UN PARCOURS COLLECTIF D'écriture

 

Article paru le 6 septembre 2018 dans L'Inventoire
Le parcours collectif d’écriture dont Pauline Olphe-Galliard nous parle ici est représentatif du travail en atelier, où le processus de création est encouragé par une dynamique de groupe. Ce qui fait l’originalité de l’expérience qu’elle nous raconte, c’est que les personnages des nouvelles des uns, vont se retrouver dans celles des autres. Une aventure passionnante qui donne lieu aujourd’hui à un travail d’édition des textes par les participants.

L'intégralité de l'article

"GUY, un film d’Alex Lutz" sur le blog de Corinne Bacharach

 

Article paru le 04/09/2018 et reproduit ici avec l'aimable autorisation de l'auteure.

"... La première raisons d’aimer ce film est de constater l’extraordinaire performance de Lutz, éternel jeune homme de pourtant 40 ans, à devenir ce pré-vieillard de plus de 70 ans, aux cheveux blancs, à la bedaine témoin du goût des bonnes choses, à la peau parsemée de tâches de vieillesse et de rides et à la bouche sans arrêt en mouvement, esquissant un mélange étrange de veulerie et de sensualité….

On apprend que, pour ce faire, Alex Lutz devait se plier à quatre heures quotidiennes de maquillage : « Je ne voulais pas de symétrie dans le visage de Guy :  une cicatrice là, car il s’est pris une porte, un soir, après un concert, à Agen. Je voulais qu’il n’ait pas seulement des poches sous les yeux, mais aussi des transferts de paupières jusqu’aux ras de cils, pour donner l’illusion de paupières tombantes, parce que c’est souvent l’acuité du regard qui ne colle pas dans les maquillages de vieillissement. », précise l’acteur-réalisateur dans une interview . Au-delà du maquillage, l’ensemble de ce que constitue le portrait du Guy est minutieusement construit et juste :  le rythme de la voix qui peut changer en fonction des situations, le ton mi-désabusé, mi-charmeur, le regard qui passe par l’interrogation un peu vide à l’ironie cynique mais aussi par l’émotion. Et puis bien entendu, tous les détails : la coiffure dont nous apprenons toute l’évolution aux fils des années -du flou ondulé aux bouclettes en passant par le brushing impeccable, l’indispensable bombe de laque Elnett dont Guy vante les mérites et qui semble faire partie intégrante de sa vie d’artiste, la chaîne en or et les gourmettes, discrets attributs de la réussite….."

Quatre articles et entrtetiens du site NONFICTION.fr

Interview de Philibert Muzima pour Golias magazine

 

Une interview  parue le 16/08/2018 sur le site "Entre les lignes, entre les mots". Publiée ici avec l'aimable autorisation du responsable du site.

Philibert Muzima est l’auteur du récit Imbibé de leur sang, gravé de leurs noms (Izuba Editions), préface de Philippe Basabose, rescapé

Question : Première surprise, ce titre énigmatique de votre livre, Imbibé de leur sang, gravé de leurs noms. Pas d’article, pas de nom pour orienter le lecteur, des participes passés déroutants, renvoyant à l’auteur, comme s’il était dépositaire de tout le sang versé sur les collines du Rwanda et habité par la mémoire de tous ses frères assassinés pour rappeler leur identité. Pouvez-vous nous dire quelle charge de sens porte ce titre ?

Réponse : Imbibé de leur sang, gravé de leurs noms est un titre pour nommer mon pays, le Rwanda et sa relation intime, profonde avec les victimes du génocide des Tutsi. Je vois donc le Rwanda comme un mur commémoratif où chaque moindre centimètre carré de son sol est imbibé de leur sang et gravé de leurs noms. Au niveau plus restreint, c’est de mon Mugombwa natal qu’il s’agit. C’est là où j’ai vu le sol imbibé du sang des miens, leurs corps se dessinant, gravant leurs silhouettes sur cette terre qui les avait vus naître et qui venait de les engloutir à tout jamais :« Je regarde aux alentours. Personne, rien que des cadavres. Je n’ai ni le temps ni l’envie de les dévisager. Pour la première fois, je réalise l’ampleur de l’horreur et l’étendue des massacres. Mon regard ne rencontre que des cadavres. Le sol est imbibé de sang. La ville s’est vidée. » C’est une ville fantôme, une ville cruelle, comme dirait Mongo Béti. J’erre au nord de la ville qui m’a vu naître comme le jeune Banda à Tanga-Nord, bien que, contrairement à Banda, je n’aie ni cacao ni personne pour m’accompagner. Je ne trouverai aucune Odilia pour m’aider et me consoler. Mon odyssée à moi n’aura pas de fin heureuse. Car, loin de se terminer, mon aventure ne semble que commencer et, de minute en minute, elle va de mal en pis....

 

 

L'omniprésente double-pensée du totalitarisme selon Orwell

 

Article de Tarek Abi Samra à propos de la nouvelle traduction de "1984" de George Orwell. Article paru dans la revue "L'ORIENT LITTERAIRE n°146-août 2018.  

"1984 n’est pas un roman à thèse. En l’écrivant, Orwell ne visait pas à démontrer une platitude, à savoir que le totalitarisme est mauvais. Rigoureusement parlant, son intention n’était même pas de dénoncer ce type de régime politique, mais plutôt de dévoiler les mécanismes intellectuels et psychologiques qui le sous-tendent et de faire voir que ceux-ci sont également à l’œuvre dans les démocraties libérales...."

"Ne le dis à personne"

 

Dans Nouvelobs.com et en liaison avec Rue 89, la journaliste Emilie Brouze publie une rubrique consacrée aux secrets de famille. Ce sont des histoires d'arbres généalogiques fallacieux, d'amour contrarié ou de silence entourant une cousine disparue. Ce sont des histoires qui révèlent des choses sur nous, nos tabous, nos relations sociales et familiales. Si vous aussi vous souhaitez partager votre témoignage, écrivez à ebrouze@rue89.com.

Théâtre et Histoires de vie

 

Titre complet : Théâtre et Histoires de vie - Se former à la rencontre de Soi et de l’Autre par la représentation de récits de vie transculturels

Intervention de Daniel Feldhendler, préparée pour le colloque international de Wroclaw à l'occasion du centenaire du "PAYSAN POLONAIS". Pour des raisons personnelles, Daniel Feldhendler n'a pu se rendre au colloque, mais on intervention sera reproduite dans les actes du colloque. Daniel Feldhendler est membre d'ASIHVIF.

Intervention reproduite ici avec l'aimable autorisation de l'auteur.

 

Résumé

Aller à la rencontre de l’Autre. Entrer dans une écoute sensible de son récit de vie. Faire représenter un fragment de son histoire. Se découvrir Soi-même comme un Autre. Créer des liens entre nos histoires de vie. Une telle démarche favorise la création d’un espace privilégié, un lieu pour dire son histoire et la relier à celle des autres. Le recours à la scène catalyse la mise en relation d’expériences singulières. Nous abordons ici un théâtre de récits de vie pour se dire et se voir, un théâtre pour devenir acteur et sujet de son histoire. La représentation de nos histoires de vie est anthropologie dynamique et herméneutique transculturelle. Elle s’ouvre à un imaginaire social riche en dynamique transformatrice.

Cette communication approfondit les enjeux de la représentation d’histoires de vie et ses potentialités en tant que vecteur de changement social. Le fait que cette démarche théâtrale se soit, depuis 1975, si rapidement développée dans le monde est une expression de sa modernité dans notre époque actuelle : elle s’avère être un instrument pertinent dans le dialogue social. La méthode crée un espace potentiel pour la rencontre d’individus et de groupes. Elle encourage au dialogue, en reliant les uns et les autres dans une affirmation de leur rôle de sujets co-créateurs de leur histoire et de leurs récits de vie. Les dimensions sociales et politiques sous-jacentes à ce processus deviennent apparentes : développer des formes de lien social qui prennent en compte les singularités et l’expression des individus en catalysant une dynamique de médiation comme reliance, mise en relation et synergie entre l’individuel et le social.

Est-ce qu’écrire s’apprend ?

 

Un entretien avec Philippe Djian, paru dans "SUD OUEST" du 29 avril 2018

 

Pourquoi il est urgent de (re)lire “King Kong Théorie”, de Virginie Despentes

 

Texte paru le 5/04/2018 dans TELERAMA

"Onze ans avant l’affaire Weinstein et le mouvement #MeToo, Virginie Despentes publiait son premier essai, autofiction pro-pornographie et pro-prostitution dans lequel elle analyse les mécanismes de la domination masculine. Un texte crucial, à mettre entre toutes les mains.

C'est un essai qui commence comme un morceau de rap. « J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. » King Kong Théorie, le sixième livre et premier essai publié par Virginie Despentes, est un manifeste féministe moderne et ravageur qui dynamite l’ordre social tenant le corps des femmes à disposition des hommes. A partir de son expérience personnelle – une jeunesse qu’elle qualifie de « virile » dans les milieux punk, un viol à 17 ans, une période de prostitution, avant le succès avec son premier roman Baise-moi –, l’écrivaine et réalisatrice nancéienne esquisse en 150 pages incisives une figure de femme en inadéquation avec les normes de genre...."

Valeria Milewski, biographe hospitalière : écrire la vie

 

Texte paru dans L'INVENTOIRE, le 2 juillet 2018. Par Delphine Tranier-Brard, à partir des propos de Valeria Milewski lors de la master Class du 9 juin 2018, animée par Delphine Tranier-Brard et Michèle Cléach.

"Après avoir formé une cinquantaine de biographes, nous avons souhaité, Michèle Cléach et moi, proposer une master class sur le sujet. Très vite, l’idée d’inviter Valeria Milewski, créatrice du métier de biographe hospitalière, s’est imposée. Son parcours nous intriguait. Passer de l’univers de la communication à celui de la biographie en hôpital, c’est un sacré chemin ! La richesse de son expérience serait précieuse, en réponse aux questions des participants de la formation de biographe, et de tous ceux qui s’intéressent au récit de vie.

Les premiers mots qui me sont venus en la rencontrant : la vie incarnée ! Puis d’autres mots, Quelle femme solaire ! Puis d’autres encore, comme s’il ne pouvait en exister de suffisamment neufs pour traduire la puissance avec laquelle dans un même élan, elle irradie la vie et en capte autour d’elle tous les signes. Le texte qui suit a pour vocation de garder trace de sa master class du 9 juin, si représentative du métier de biographe où écriture et relation à l’autre sont indissociables, d’en restituer un peu la lumière...."

"La persistance du désir de beauté"

 

Un entretien avec Ariane Mnouchkine, paru le 22 juin 2018 dans le journal "LA TERRASSE".

"Que de chemin parcouru depuis 1964, année de création du Théâtre du Soleil par Ariane Mnouchkine et les siens ! Utopie active abritée dans une maison-théâtre, le Théâtre du Soleil est un phare dans notre paysage théâtral. Figure majeure de la création contemporaine, Ariane Mnouchkine a depuis ses débuts présenté au Festival d’Avignon plusieurs spectacles, dont le plus récent fut Les Ephémères en 2007. Etonnamment, le Théâtre du Soleil est depuis lors absent du Festival, dont il représente pourtant l’esprit fondateur. 

En quoi votre rapport au théâtre a-t-il changé ? ..."

 

Interview au Théâtre du soleil [Union des Savoirs - le 5 mai 2018]

Karen Dalton, Jackson C. Frank, le salut par le livre ?

 

"Deux légendes du folk, deux vies tragiques, deux talents reconnus par leurs pairs mais demeurés obscurs. Deux petits ouvrages récents rendent hommage, l’un à la chanteuse indomptée, l’autre au songwriter empêché. Leurs styles diffèrent, leur but est sincère, leur démarche interroge...."

jacqueline Chebrou - une vie d'écriture et de transmission

 

Un article de Catherine Soudé paru dans la revue de l'APA "LA FAUTE A ROUSSEAU" - n° 78 juin 2018

" Avec ses formes épanouies, sa robe à fleurs et son sourire malicieux, elle ressemble à une vieille paysanne normande, du genre jovial. Elle marche avec une canne, ralentie par une polyarthrite invalidante dont il serait déplacé de faire état. Elle vient d'une époque où l'on garde ses misères pour soi. Elle a la voix bien timbrée de quelqu'un rompu à l'exercice de la parole. Enseigner, transmettre, ce fut son métier et sa passion. Elle doit avoir dans les 75 ans lorsque je la rencontre en 1999, aux Journées annuelles de l'APA. J'ai proposé un atelier pour raconter ses friches et greniers d'écriture. Elle est venue pour ça. Ses armoires débordent de papiers, de journaux, de notes, de cahiers pour lesquels elle souhaiterait un autre destin que l'oubli ou la destruction. Elle voudrait laisser des traces de son passage sur terre..."

[ fiche du livre "Une jeune fille raconte - Carnet de guerre 1939-1945" ]

[ Fiche du livre "Journal du Ciel" ]

Une vie de sage-femme

 

Un article de Michèle Cléach dans "La Faute à Rousseau" n° 78-juin 2018 pour le dossier "Femmes au travail"

"Lorsque nous étions enfants dans les années 60, descendre la rue de Siam avec notre mère, le jeudi après-midi ou le samedi, était une course d’obstacles. «  Votre mère est la meilleure sage-femme de la ville de Brest » disait mon père. Cette boutade avait un accent de vérité : nous ne comptions plus le nombre de fois où nous étions arrêtées par les femmes, les mères, les grands-mères de femmes qui avaient accouché avec elle et qui ne tarissaient pas d’éloge : elles n’oublieraient jamais sa gentillesse, son calme, son professionnalisme, son attention, etc. etc. Nous étions fières, bien sûr, d’entendre ces concerts de louanges, mais ennuyées d’être ainsi retardées dans nos sorties, et conscientes, surtout, que ces femmes ne connaissaient que la face positive de la médaille. Son revers, elles n’en avaient sans doute aucune idée.

Ma mère avait fait ses études de sage-femme pendant la guerre avec le projet de repartir à Hanoï y retrouver sa mère qu’elle avait quittée à l’âge de 15 ans ; son diplôme serait l’assurance qu’elle pourrait toujours  y trouver du travail. En cours de route, la rencontre avec mon père, veuf et déjà père de quatre enfants, en a décidé autrement. Ils se sont mariés en 44, et entre 1945 et 1955 la famille s’est agrandie de cinq enfants. Plus question pour ma mère de retour au Tonkin ! ..."